Bazar de la Charité

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Le Bazar de la Charité a été créé en 1885 par le journaliste britannique mondain Harry Blount. Il était présidé par le baron de Mackau : il s'agissait d'une organisation caritative dont l'objet était d'assurer la vente d'objets, lingeries et colifichets divers, au profit des plus démunis. Installé à Paris, il disparut après un incendie tristement célèbre le 4 mai 1897, lequel fit 129 victimes, dont la plupart étaient des femmes issues de la haute société parisienne. On retrouvera parmi les victimes, entre autres, son Altesse Royale la duchesse d'Alençon, née Sophie-Charlotte en Bavière, sœur de Sissi, impératrice d'Autriche et de la reine des Deux-Siciles, Madame de Valence et ses deux filles.

Le Bazar de la Charité n'est pas une vente destinée à une œuvre unique mais un consortium : de nombreuses œuvres de charité s'associent pour louer un local à frais communs, réduisant ainsi les dépenses et permettant de grouper acheteurs et invités.

Initialement installé au Faubourg Saint-Honoré, il s’installe en 1897 rue Jean-Goujon (no 17), dans le 8e arrondissement, sur un terrain mis gracieusement à disposition par Michel Heine[1]. Ce terrain était alors occupé par un hangar en bois de quatre-vingts mètres de long sur treize de large loué par le baron de Mackau le 20 mars 1897 au curé Delamaire[2],[3].

Le terrain de la rue Jean-Goujon sera acheté à Michel Heine peu de temps après l'incendie par le baron de Mackau « Le bazar de la Charité. Suivant acte reçu par MM. Meignen et Bertrand, notaires à Paris, le 6 août dernier, M. Michel Heine, M. Achille Fould, député, et Mme Achille Fould, née Heine, ont vendu à la Société civile immobilière de la rue Jean-Goujon représentée par le baron de Mackau, un terrain rue Jean-Goujon, no 23 présumé, d'une contenance de 800 mètres, moyennant le prix de 400 000 fr[4] ».

Sommaire

Installation [modifier]

Le 6 avril, le baron de Mackau réunit les responsables du Bazar de la Charité : Son Altesse Royale la duchesse d'Alençon, sa belle-fille, la duchesse de Vendôme (Henriette de Belgique, nièce du roi Léopold II et du roi Charles Ier de Roumanie), la duchesse d'Uzès, la marquise de Saint-Chamans, la comtesse Greffuhle, la générale Février, la marquise de Sassenay, et leur annonce que le Bazar sera décoré pour représenter une rue de Paris au Moyen Âge avec ses éventaires, ses échoppes aux enseignes pittoresques, ses étages en trompe-l'œil, ses murs tapissés de lierre et de feuillage.

En prime le Bazar proposera, sous un appentis, un spectacle de cinématographe où l'on pourra, pour cinquante centimes, voir les images animées des frères Lumière projetées par un appareil de 35 mm Normandin et Joly : La Sortie de l'usine Lumière à Lyon, l'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat et le film l'Arroseur arrosé. Le bâtiment est organisé de la façon suivante : une porte à double battant ouvre sur une vaste allée, bordée de 22 comptoirs en bois, d’une longueur de 80 mètres ; à gauche de l’entrée, une loggia accueille les bureaux, à droite se trouve le « salon des dames ».

Les comptoirs portent des noms évocateurs : À la tour de Nesle, À la truie qui file, Au lion d’or, Au chat botté. Face à l’entrée, se trouve un buffet, assorti d’une cuisine et d’une cave. L’arrière du hangar donne sur une cour intérieure, bordée par l’Hôtel du Palais ; adossé à la façade arrière du hangar se trouve un local abritant le cinématographe.

Monsieur Normandin, l'entrepreneur chargé des représentations cinématographiques n'est cependant pas très satisfait de ce local et s'en ouvre au baron de Mackau : « Je n'ai pas assez de place pour loger mes appareils, les tubes d'oxygène et les bidons d'éther de la lampe Molteni. Il faut aussi séparer le mécanicien du public. Les reflets de la lampe risquent de gêner les spectateurs. » « Nous ferons une cloison en toile goudronnée autour de votre appareil. Un rideau cachera la lampe. » « Et mes bouteilles et mes bidons ? » « Vous n'aurez qu'à les laisser sur le terrain vague, derrière votre local. »

Catastrophe [modifier]

Les ventes sont organisées les 3, 4, 5 et 6 mai 1897.

La première journée, le 3 mai 1897, sera honorée par la présence de Mlle de Flores, fille de l'ambassadeur d'Espagne. La vente du 4 mai sera, quant à elle, honorée de la présence de Sophie-Charlotte, duchesse d'Alençon. Belle-sœur de l'empereur d'Autriche, François-Joseph Ier et plus jeune sœur de la célèbre Sissi et de l'ex-reine des Deux-Siciles, ayant épousé un petit-fils du roi des Français, Louis-Philippe Ier, la princesse, qui vient de fêter ses 50 ans, est apparentée à tout le Gotha européen.

Les comptoirs sont tenus par des dames appartenant à la plus haute aristocratie française.

Le Bazar est béni par le nonce apostolique Mgr Domenico Ferrata dès 15 heures : celui-ci vient, fait un tour rapide et s'en va sans que la foule qui se presse là, s'en rende bien compte.

Vers 16 heures, la duchesse d'Alençon – qui préside le stand des Noviciats dominicains, situé à une extrémité de la galerie – murmure à une de ses voisines, Mme Belin : « J'étouffe… » Mme Belin observe : « Si un incendie éclatait, ce serait terrible ! ».

Le drame [modifier]

« Incendie du Bazar de la Charité. Le sinistre. »
Le Petit Journal du dimanche 16 mai 1897.

Vers 16 h 30 survient l'accident fatal : la lampe de projection du cinématographe a épuisé sa réserve d'éther et il faut à nouveau la remplir. Monsieur Bellac le projectionniste, demande à son assistant Grégoire Bagrachow[5], d'allumer une allumette mais l’appareil est mal isolé et les vapeurs d'éther s’enflamment.

Quelques instants après, alors que les organisateurs – parmi lesquels figurent le duc d'Alençon – ont été informés de l'accident et commençaient déjà à faire évacuer, dans le calme, les centaines de personnes présentes dans le hangar, un rideau prend feu, enflamme les boiseries puis se propage au vélum goudronné qui sert de plafond au Bazar. Un témoin dira : « Comme une véritable traînée de poudre dans un rugissement affolant, le feu embrasait le décor, courait le long des boiseries, dévorant sur son passage ce fouillis gracieux et fragile de tentures, de rubans et de dentelles. »

Au grondement de l'incendie répondent les cris de panique des 1 200 invités qui tentent de s'enfuir en perdant leur sang-froid. Certaines personnes tombent et ne peuvent se relever, piétinées par la foule des fuyards, pris de panique.

La duchesse d'Alençon dira à la jeune comtesse Mathilde d'Andlau : « Partez vite. Ne vous occupez pas de moi. Je partirai la dernière. »

À l'extérieur les pompiers arrivent sur les lieux cependant que des grappes humaines surgissent du bazar, transformé en brasier. Quelques-uns des visiteurs tentent de se sauver par la cour intérieure : ils seront sauvés grâce à l’intervention des cuisiniers de l’hôtel du Palais, MM. Gomery et Édouard Vaudier, qui descellèrent trois barreaux des fenêtres des cuisines pour les aider à s’extirper de la fournaise.

Un quart d’heure à peine après le début de l’incendie, tout est consumé : le hangar n’offre plus l’aspect que d’un amoncellement de poutres de bois calcinées, mêlées de cadavres atrocement mutilés et carbonisés.

« On vit un spectacle inoubliable dans cet immense cadre de feu formé par l'ensemble du bazar, où tout brûle à la fois, boutiques, cloisons, planchers et façades, des hommes, des femmes, des enfants se tordent, poussant des hurlements de damnés, essayant en vain de trouver une issue, puis flambent à leur tour et retombent au monceau toujours grossissant de cadavres calcinés[6]. »

— Figaro du 5 mai 1897

Les corps calcinés des victimes de l'incendie sont portés au Palais de l'Industrie afin que les familles puissent les identifier.

Mort de la duchesse d'Alençon [modifier]

Sophie-Charlotte, duchesse d’Alençon.

La duchesse d’Alençon figure parmi les victimes. Demeurée au comptoir du Noviciat en compagnie de quelques fidèles, elle tente un moment de s'enfuir par la porte principale, croyant y retrouver son époux puis elle rebrousse chemin.

Une religieuse vient s'effondrer à ses pieds : « Ô Madame, quelle mort ! » ; elle lui répond : « Oui, mais dans quelques minutes, pensez que nous verrons Dieu ! », qui seront ses dernières paroles. Elle mourra en compagnie de la comtesse de Beauchamp, qu'elle prendra dans ses bras pour lui masquer la mort qui l'attend.

Nul ne sait si elle mourut asphyxiée ou brûlée vive, mais les contractions de son corps montrent qu'elle avait dû souffrir atrocement. Son corps, méconnaissable, sera finalement authentifié par son dentiste qui, seul, pourra reconnaître ses dents immaculées et son bridge en or.

Après une messe funèbre célébrée le 14 mai en l'église Saint-Philippe-du-Roule, elle sera inhumée dans la chapelle funèbre des Orléans, à Dreux.

Les victimes : presque toutes des femmes [modifier]

Église Sainte-Rosalie, Paris. Plaque commémorative de la mort de la Vicomtesse de Saint-Perier et de Mademoiselle Antoinette de Mandal-Grancey, dans l'incendie du Bazar de la Charité.

Le nombre de victimes directes de l'incendie varie suivant les sources :

  • Le site officiel de l'association Mémorial du Bazar de la Charité donne 126 victimes[7] et une liste nominative de 124 victimes (118 femmes et 6 hommes)[8],
  • Dans La terrible Catastrophe du 4 mai 1897. Liste complète des victimes, des blessées et des blessés, des sauveteurs et des bienfaiteurs publié en juillet 1897 nous avons les noms de 132 victimes (123 femmes et 9 hommes) auxquels il faut ajouter 3 corps non identifiés[9]
  • Dans son édition du 14 mai 1897 Le Petit Journal publie les statistiques officielles des victimes, service de la statistique municipale, liste arrêtée au 8 mai au soir, 106 morts pendant l'incendie et identifiés, 10 morts des suites de l'incendie, 5 morts pendant l'incendie et non identifiés au 8 mai, soit un total de 121 personnes (110 femmes, 6 hommes, 5 non identifiés)[10].

Parmi les morts, on compte une très large majorité de femmes, quasiment toutes de souche aristocratique, un enfant, un groom de 12 ans et une petite poignée d'hommes (quatre en tout : trois vieillards, et un médecin volontaire), la galanterie faisant souvent place à une brutalité sauvage comme dans la majorité de catastrophes maritimes[11].

Parmi les institutions victimes de cette tragédie, se trouvait au comptoir no 17, l’Œuvre des saints-anges dont la présidente la Baronne douairière de Saint Didier et plusieurs autres membres périrent dans l’incendie. L’Œuvre des saints-anges survécut à ce drame et compte aujourd’hui parmi les rares institutions présentes lors de l'incendie du Bazar de la Charité encore en activité.

Une autre institution présente, de la famille de Saint-Vincent, n'a pas été épargnée : treize Dames de la Charité et trois Filles de la Charité ont péri dans les flammes[12].

Liste des victimes [modifier]

Plaque dans l'église Saint-Philippe-du-Roule.

D'après « La terrible Catastrophe du 4 mai 1897. Liste complète des victimes, des blessées et des blessés, des sauveteurs et des bienfaiteurs » qui donne de plus 5 victimes indirectes[9]:

  • Hélène Barassé (1874-1897)
  • Sophie-Charlotte en Bavière, duchesse d'Alençon (1847-1897)
  • Hélène Bernard-Dutreil (1878-1897)
  • Antonie de Bésiade d' Avaray, comtesse Audéric de Moustier (1825-1897)
  • Claire Beucher de Saint-Ange, générale Eugène Chevals (1829-1897)
  • Laure Beucher de Saint-Ange (1827-1897)
  • Élise Blonska (1835-1897)
  • Louise Boissié, Madame Eugène Chalmel (1835-1897)
  • Edmée Braun, Madame Étienne Moreau-Nélaton (1864-1897)
  • Clémence Capitaine, marquise d'Isle (1847-1897)
  • Cécile Carrière, Madame Edmond Cuvillier (1847-1897)
  • Pauline Carrière, Madame Frédéric Dillaye (1855-1897)
  • Jeanne Carteron (1862-1897)
  • Camille Chabot (1874-1897)
  • Madeleine de Clercq (1887-1897)
  • Marie de Commeau (1838-1897)
  • Dona Adélaïda Corradi y Anduga, Madame Florez (1847-1897)
  • Marguerite de Cossart d'Espiès (1847-1897)
  • Caroline Cosseron de Villenoisy (1828-1897)
  • Laure de Crussol d'Uzès, comtesse d'Hunolstein (1838-1897)
  • Ester Cuvillier (1892-1897)
  • Louise Dagneau, Madame Alphonse Gosse (1846-1897)
  • Amélie Daireaux, Madame Hugues de Carbonnel (1853-1897)
  • Claire Dalloyau, Madame Auguste Bouvyer (1838-1897)
  • Flore Damiens dit Fortin, Madame Paul Hauducœur (1845-1897)
  • Alfred David (1892-1897)
  • Lucie Dehondt, sœur Vincent des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul (1871-1897)
  • Hélène Delaune (1876-1897)
  • Suzanne Dephieu, Madame Alexandre Rabèry (1849-1897)
  • Berthe Deschamps, Madame Alfred Gohin (1862-1897)
  • Valérie Demazières, Madame Léopold Germain (1841-1897)
  • Thérèse Donon, baronne Maurice de Saint Didier (1857-1897)
  • Joseph Donon (1883-1897)
  • Marie du Quesne, vicomtesse de Bonneval (1857-1897)
  • Germaine Feulard (1887-1897)
  • Docteur Henri Feulard (1858-1897)
  • Alphonsine Fortin, Madame Eugène Vimont (1829-1897)
  • Jeanne Frémyn, Madame Léon Le Normand (1858-1897)
  • Annette Gabiot, Madame Firmin Goupil (1851-1897)
  • Eulalie Gariel, Madame Ferdinand Jauffred (1847-1897)
  • Juilie Garivet, sœur Marie-Madeleine des Sœurs aveugles de Saint Paul (1853-1897)
  • Louise Gérondeau (1870-1897)
  • Marie Gillet, Madame Louis Borne (1863-1897)
  • Anna Ginoux Defermon, sœur Marie des filles de la Charité de Saint Vincent de Paul (1863-1897)
  • Marie Glandaz, Madame Gustave Laneyrie (1854-1897)
  • Angèle Gosse (1877-1897)
  • Zoë Gosse (1878-1897)
  • Agnès de Gosselin, Comtesse Mimmerel (1874-1897)
  • Élisabeth Grenn de Saint-Marsault, baronne Caruel de Saint-Martin (1836-1897)
  • Marguerite Gros, Madame Gaston de Clermont (1850-1897)
  • Blanche Grossier, Madame Achille Chouippe (1852-1897)
  • Hélène Guérard, Madame Fernand Duclos de Varanval (1873-1897)
  • Marie Guérin, Madame Benjamin Delaune (1853-1897)
  • Elizabeth de Guillebon (1873-1897)
  • Léonie Guillemain (1868-1897)
  • Amélie Guyard-Delalain, Madame Alfred Carteron (1829-1897)
  • Hélène de Haber, comtesse de Horn (1831-1897)
  • Jenny Hartmann, Madame Nicolas Schlumberger (1828-1897)
  • Marie Louise Hatte de Chevilly (1876-1897)
  • Yvonne Hatte de Chevilly (1879-1897)
  • Madeleine Hauducœur (1870-1897)
  • Henriette d'Hinnisdael (1874-1897)
  • Marie Hoskier, Madame Eugène Roland-Gosselin (1858-1897)
  • Emma Hubert, Madame Eugène Legrand (1833-1897)
  • Hélène d'Isle (1875-1897)
  • Alice Jacqmin (1880-1897)
  • Emma Jaume, Générale Warnet (1830-1897)
  • Cécile Jullian, Madame François Buchillet (1845-1897)
  • Jeanne de Kergolay, vicomtesse de Saint+Perrier (1849-1897)
  • Angélique de la Briffe, Madame Eugène Huzar (1833-1897)
  • Isabelle de Lassus, Madame Joseph de Carayon-Latour (1834-1897)
  • Mathilde Leclerc de Juigné, vicomtesse de Damas (1828-1897)
  • Lina Lefèvre-Finucane (1873-1897)
  • Laure Lejeune, Madame Abel Brasier de Thuy (1828-1897)
  • Marie Le Royer de la Tournerie, Vicomtesse de Malézieu (1869-1897)
  • Suzanne Le Sourd, Madame Pierre Cordoën (1869-1897)
  • Alix Loubaresse, Madame Adolphe Rivière (1848-1897)
  • Louise Lourmand (1868-1897)
  • Isabelle Maison, Madame Albert Lefèvre de Vatimesnil (1845-1897)
  • Antoinette de Mandat de Grancet (1876-1897)
  • Marie de Marbot, Madame Victor de Valence (1848-1897)
  • Eugénie Marlé, Madame Louis Chapuis (1853-1897)
  • Albert Masure (1832-1897)
  • Christiane Meilhac (1882-1897)
  • Laura Meinell, Vicomtesse d'Avenel (1855-1897)
  • Mathilde Michel, Madame Jules Pierre (1866-1897)
  • Claire Moisson (1855-1897)
  • Ernestine Moreau (1862-1897)
  • Général Gustave-Joseph Munier (1827-1897)
  • Camille Moreau-Nélaton, Madame Adolphe Moreau (1840-1897), artiste peintre et céramiste
  • Suzanne Nitot (1855-1897)
  • Jeanne Odart de Rilly, comtesse Haward de la Blotterie (1850-1897)
  • Lydie Panon Desbassayns de Richemont, Madame Léon de Gosselin (1841-1897)
  • Louise Pedra, baronne de Saint-Didier (1816-1897)
  • Amélie Pellerin de Lastelle, Comtesse Sérrurier (1839-1897)
  • Marguerite Peretti, Madame Léon Valentin (1856-1897)
  • Pénélope Pétrocochino, Madame Vlasto (1836-1897)
  • Marie-Louise Picqué (1863-1897)
  • Hélène de Poggenpohl, Madame Jacques Haussmann (1854-1897)
  • Victor Potdevin (1825-1897)
  • Berthe Rabéry, Madame Louis Gentil (1873-1897)
  • Aline Ramboug, Madame Anatole Le Brun de Sesseval (1826-1897)
  • Marguerite Rémond, sœur Sainte Claire des sœurs aveugles de Saint Paul (1835-1897)
  • Louise de Rivière, comtesse Joseph-Louis de Luppé (1844-1897)
  • Docteur Ernest Rochet (1830-1897)
  • Marie Roubaud de Cournand, Madame Maurice Lafitte de Canson (1844-1897)
  • Adèle Sabatier, sœur Joseph des filles de la Charité de saint Vincent de Paul (1830-1897)
  • Joséphine Saintin, Madame Charles Monti (1851-1897)
  • Antoinette Senez, Madame Auguste du Verdier de Suze (1842-1897)
  • Marie-Thérèse Simon (1874-1897)
  • Émilie Stiebel, Madame Louis Kann (1849-1897)
  • Louise Terre (1849-1897)
  • Virginie Thomazeau, sœur Electa des Filles de la Croix Saint André (1826-1897)
  • Lucy Touttain, Madame Émile Nitot (1863-1897)
  • Valèrie Tuquet de La Boisserie, vicomtesse de Beauchamp (1867-1897)
  • Antoinette de Valence de Minardière (1877-1897)
  • Marguerite de Valence de Minardière (1880-1897)
  • Sabine de Vallin (1838-1897)
  • Élodie Van Biervelet (1877-1897)
  • Valérie Verhasselt (1876-1897)
  • Julia de Villiers de La Noue, marquise de Bouthillier Chavigny (1844-1897)
  • Justine Waller, comtesse Jules Couret de Villeneuve (1857-1897)
  • Mathilde de Weisweiller, Madame Théodore Porgès (1854-1897)
  • Élise Weyer, Madame Émile Hoskier (1836-1897)
  • Germaine d'Yrenne de Lalanne, comtesse d'Isoard Vauvenargues (1867-1897)

Victimes indirectes :

  • le général Léon de Poillouë de Saint-Mars, une des têtes de turc favorites d'Alphonse Allais, meurt d'une crise cardiaque en apprenant la mort d'une proche dans l'incendie ;
  • le duc d'Aumale est terrassé par une crise cardiaque le 7 mai, après avoir rédigé une vingtaine de lettres de condoléances aux familles des victimes de la noblesse.

Réactions et hommages [modifier]

Réactions de la presse et des contemporains [modifier]

La presse populaire exalte les sauveteurs et ironise sur les « chevaliers de la Pétoche », les « marquis de l'Escampette[13] ». À cette récupération politique s'ajoute la vision de la journaliste féministe Séverine qui titre un article « Qu'ont fait les hommes ? » en une de L'Écho de Paris du 14 mai 1897[14] et écrit dans Le Journal à propos de la fuite des hommes présents lors de la catastrophe.

Mais ces points de vue partisans sont toutefois contredits par l'analyse : l'incendie s'est propagé très rapidement du fait de l'absence totale de règles de sécurité, de la nature des matériaux des décors reconstituant une rue médiévale (bois blanc, papier-mâché, toile goudronnée, rideaux et surtout un velum goudronné, suspendu au-dessus du décor et qui en flammes, est tombé sur la foule) et de la mode féminine d'alors : les longues robes ont pris feu facilement et ont empêché une fuite rapide des femmes[15],[16].

Cet incendie est à l'origine des réglementations sur la sécurité, l'évacuation et les matériaux de construction des lieux publics[16].

On pensa que le cinématographe était condamné car à l'origine de la catastrophe mais les frères Lumière mirent au point un système de lampe électrique qui supprima le risque d'incendie[17].

Dans ses Mémoires d'enfance intitulées Comment j'ai vu 1900, la comtesse Jean de Pange, qui avait onze ans lors de la tragédie, écrit :

« J'entendis âprement discuter le sermon que fit le père Olivier à la cérémonie funêbre à Notre-Dame. Profitant de la présence des ministres et des ambassadeurs, il présenta le désastre comme un nécessaire holocauste offert au ciel en réparation des crimes du gouvernement. […] Les journaux d'opposition soutenaient cette thèse avec violence, mais je me souviens que mon père blâmait le père Olivier, disant que c'était maladroit de critiquer le gouvernement alors que les ministres anticléricaux faisaient un geste méritoire en assistant officiellement à une cérémonie religieuse. »

Chapelle Notre-Dame-de-Consolation [modifier]

Chapelle Notre-Dame-de-Consolation, mémorial du Bazar de la Charité.

Une souscription est lancée, à l'initiative du Cardinal Richard, archevêque de Paris, pour acheter le terrain où avait eu lieu l'incendie afin d’y construire une chapelle commémorative, celle-ci sera édifiée par l’architecte Albert Guilbert.

La première pierre est posée en mai 1898 et la Chapelle Notre-Dame-de-Consolation est inaugurée en mai 1900 sous l’égide du Cardinal Richard.

Cette chapelle d'expiation appartient à l'association Mémorial du Bazar de la Charité[18], composée de descendants des victimes de l'incendie du 4 mai 1897, et fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 19 février 1982[19].

Elle est dédiée aux victimes dont les 126 noms sont inscrits sur six plaques de marbre noir en lettres d'or dans la chapelle[8], et accueille la communauté catholique de langue italienne de Paris de 1953 à fin 2012. Le bail de location est alors renouvelé avec le « prieuré Saint-Denis » (communément appelé « chapelle Sainte-Germaine de Wagram ») de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X[20].

Monument au cimetière du Père-Lachaise [modifier]

Monument au cimetière du Père Lachaise.

L'arrêté préfectoral en date du 28 février 1899 octroie une concession gratuite aux victimes de l'incendie du 4 mai 1897.

La Ville de Paris fait élever un monument « Aux victimes non reconnues de l’incendie du Bazar de la Charité - 4 mai 1897 » au cimetière du Père-Lachaise dans la 92e division. Le monument est entretenu par la ville de Paris.

Impact sur le cinéma [modifier]

Une fois les résultats de l'enquête connue, beaucoup considèrent la carrière du cinéma comme terminée. Sous la pression de la haute société, les projections sont d'ailleurs interdites un temps[réf. nécessaire] avant que l'intérêt de l'invention et son développement à l'étranger ne passent outre le ressentiment des victimes endeuillées.

Dans le téléfilm La Maîtresse du président, on montre le président de la République Félix Faure s'inquiéter de l'hypothétique présence de sa maîtresse sur les lieux du drame.

Romans [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. Journal des débats politiques et littéraires du 6 mai 1897(p. 1), sur gallica.bnf.fr
  2. Journal des débats politiques et littéraires du 20 août 1897(p. 4), sur gallica.bnf.fr
  3. Journal des débats politiques et littéraires du 25 août 1897(p. 3), sur gallica.bnf.fr
  4. Journal des débats politiques et littéraires du 4 octobre 1897(p. 2), sur gallica.bnf.fr
  5. Par jugement rendu le 24 août 1897, Bagrachow est condamné à 8 mois de prison et 200 francs d’amende pour homicide par imprudence, mais il bénéficie du sursis pour sa bravoure pendant l’incendie. Par la suite, il mènera des recherches pour améliorer la sécurité des appareils de projections et d’éclairage : Biographoscope populaire Bagrachow avec lampe à incandescence en 1898, plaques photographiques remplaçant les pellicules hautement inflammables en 1899, etc.
  6. Figaro du 5 mai 1897, sur gallica.bnf.fr
  7. La chapelle Notre-Dame de Consolation sur le site officiel de l'association Mémorial du Bazar de la Charité, sur bazardelacharite.blog.free.fr
  8. a et b Liste des victimes sur le site officiel de l'association Mémorial du Bazar de la Charité, sur bazardelacharite.blog.free.fr
  9. a et b La terrible Catastrophe du 4 mai 1897. Liste complète des victimes, des blessées et des blessés, des sauveteurs et des bienfaiteurs - H. Perret (Paris) - 1897, sur gallica.bnf.fr
  10. Petit Journal du 14 mai 1897, sur gallica.bnf.fr
  11. (en) Mikael Elinder and Oscar Erixson, « Every Man for Himself ! Gender, Norms and Survival in Maritime Disasters », Research Institute of Industrial Economics, no 913, 2012, p. 1-69 [texte intégral] 
  12. ÉPHÉMÉRIDES de la Congrégation de la Mission et de la Compagnie des Filles de la Charité (4 mai 1897) (sur l'Internet Archive)
  13. Eure-et-Loir. L'incroyable histoire du gisant de la duchesse d'Alençon
  14. L'Écho de Paris du 14 mai 1897, sur gallica.bnf.fr
  15. L'incendie du 4 mai 1897
  16. a et b L’incendie du bazar de la charité : une terrible leçon
  17. La catastrophe du Bazar de la Charité
  18. CHAPELLE NOTRE-DAME-DE-CONSOLATION ET MÉMORIAL DU BAZAR DE LA CHARITÉ (sur l'Internet Archive)
  19. Notice no PA00088810, base Mérimée, ministère français de la Culture
  20. Installée depuis 1974 par Mgr François Ducaud-Bourget dans un ancien local commercial transformé en chapelle au fond d'une cour, 19, avenue des Ternes, la « communauté de Wagram » cherchait depuis près de 10 ans un nouveau lieu de culte plus digne de la Messe de saint Pie V qu'elle célèbre. L'installation de la communauté traditionaliste est prévue pour le 17 mars 2013, après qu'elle a effectué les travaux nécessaires et procédé à un ravalement. Elle entend y installer une véritable « paroisse », pendant de Saint Nicolas du Chardonnet sur la rive droite de la Seine, célébrant plusieurs messes chaque dimanche et également en semaine, et assortie de tous les services connexes : catéchismes, conférences, groupes de formation, etc.

Pour approfondir [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Marguerite Bourcet, Le Duc et la Duchesse d'Alençon : un couple de tragédie, 393 pages, Perrin, 1939 (Réédition : 2003 (ISBN 2-262-02069-8))
  • Dominique Paoli, Il y a cent ans : l'incendie du Bazar de la Charité, Paris, MDC, 1997.

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