François de Guise

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François Ier de Lorraine, duc de Guise. Portrait au crayon par François Clouet.

François Ier de Lorraine, 2e duc de Guise (17 février 1520, Bar-le-Duc - 24 février 1563, Saint-Hilaire-Saint-Mesmin), est un militaire et homme d’État français du XVIe siècle. Il fut l'un des meilleurs chefs d'armée du roi Henri II et le principal chef catholique pendant la première guerre de religion.

Il est comte, puis duc d'Aumale et pair de France, marquis de Mayenne, baron, puis prince de Joinville, grand chambellan, grand veneur, et grand maître (1559).

Compagnon d’enfance d'Henri d'Orléans (futur Henri II), François de Guise est un chef militaire de renom, à la tête d’un puissant lignage. Il gouverne la France sous le règne de François II de France (1559-1560) avec son frère Charles de Lorraine (1524-1574), et s’illustre comme le chef des catholiques durant la première guerre de religion. Il meurt assassiné pendant le siège d'Orléans, le 24 février 1563.

Biographie[modifier | modifier le code]

François Ier de Lorraine, duc de Guise, portrait par François Clouet.

François de Guise naît au château de Bar en 1520. Il est le fils aîné de Claude de Lorraine, premier duc de Guise et le petit-fils du duc de Lorraine René II. Sa mère Antoinette, est une princesse de la maison de Bourbon. Le 29 avril 1548, il épouse Anne d'Este, petite-fille de Lucrèce Borgia, fille d'Hercule II d'Este, duc de Ferrare, de Modène et de Reggio, et de Renée de France, la fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne.

En 1544, François de Lorraine prend part au siège de Boulogne contre les Anglais, au cours duquel il est grièvement blessé. Chef de guerre d'une grande audace, il est nommé gouverneur de Metz après l'annexion de la ville par Henri II. En 1552, il défend victorieusement la ville, assiégée par 55 000 Impériaux, obligeant Charles Quint à lever le siège. En 1554, il participe à la bataille de Renty, puis en 1556-1557, il prend la tête de l'expédition qui, en Italie, essaie vainement de reprendre Naples aux Espagnols. À son retour, il est nommé lieutenant général du royaume et reprend Thionville aux Impériaux. En 1558, il reprend Calais aux Anglais à la suite d'une manœuvre audacieuse : les marais autour de la ville étant gelés, il fait passer les canons français sur ceux-ci, et prend ses ennemis par surprise.

Sous le règne d'Henri II, le duc de Guise forme avec sa famille un parti hostile aux Montmorency. La prise de Calais en 1558 et le mariage la même année de sa nièce Marie Stuart (fille de sa sœur Marie de Guise) avec le dauphin François éclipsent momentanément le connétable de France de la faveur royale. Quand Henri II meurt, son fils aîné François II, époux de sa nièce, monte sur le trône. Le jeune roi laisse les oncles de son épouse gouverner. François de Guise et son frère, le cardinal de Lorraine, véritable tête politique de la famille, deviennent les maîtres du royaume. La famille des Guise est au summum de sa puissance tout en étant de plus en plus contestée. Fervent défenseur du catholicisme, le duc de Guise fait réprimer dans le sang, en 1560, la Conjuration d'Amboise, soutenue secrètement, sans doute, par Louis de Bourbon, prince de Condé.

La mort prématurée de François II en décembre 1560 écarte le duc de Guise et son parti de la cour et du pouvoir. Opposé à la nouvelle politique de tolérance menée par Catherine de Médicis, autorisant officiellement le culte réformé, il provoque, le 1er mars 1562 un massacre de Wassy sur ses terres en Champagne, au cours duquel plus de 30 protestants qui célébraient leur culte (interdit) dans une grange sont tués et 100 blessés par ses gens. Ce massacre provoque une prise d’armes des protestants et déclenche la première des guerres de religion. Commandant l'armée du roi, il est vainqueur des huguenots à Rouen, en octobre 1562, et à Dreux, en décembre de la même année. Puis il tente de reprendre Orléans. Pendant le siège d'Orléans, un gentilhomme protestant, Jean de Poltrot de Méré, lui tire un coup de pistolet le 18 février 1563. Grièvement blessé, le duc de Guise meurt quelques jours plus tard[1]. Après sa mort, dont les Guise accusent l'amiral Coligny, Théodore de Bèze et Jean V de Parthenay, le calme revient pour quelque temps dans le royaume.

Anna d'Este, après avoir intenté plusieurs procès contre les chefs protestants, qu'elle soupçonnait d'être les instigateurs de l'assassinat de son mari, se verra imposer le silence par le roi. Elle se remariera en 1566 à Jacques de Savoie, duc de Nemours, autre défenseur de la cause catholique.

Portrait de François de Guise avec son collier de St-Michel.

Enfants[modifier | modifier le code]

François de Guise et Anne d'Este eurent sept enfants, dont quatre survivants qui ont marqué leur époque :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éric Durot :
    • « François de Lorraine (1520-1563), duc de Guise et nouveau Roi Mage », in Histoire, Économie & Société, no 3, 2008, p. 3-16, [lire en ligne].
    • François de Lorraine, duc de Guise entre Dieu et le Roi, Paris, Classiques Garnier, coll. « Bibliothèque d'histoire de la Renaissance », 2012, 884 p.
  • David El Kenz, « La Mort de François de Guise : entre l'art de mourir et l'art de subvertir », in J. Fouilleron, G. Le Thiec et H. Michel (dir.), Sociétés et idéologies des Temps modernes. Hommage à Arlette Jouanna, Montpellier, Publications de l'université Montpellier III, 1996, t. 2, p. 629-662.
  • (en) David Potter, « The duc de Guise and the Fall of Calais, 1557-1558 », in The English Historical Review, vol. 98, no 388, juillet 1983, p. 481-512.
  • (en) Philip Benedict, « From Polemics to Wars : The Curious Case of the House of Guise and the Outbreak of the French Wars of Religion », in Historein, 2006, no 6, p. 97-105, [lire en ligne].
  • Jean-Pierre Babelon, « Les derniers moments du duc François de Guise. d'après un manuscrit de Lancelot de Carle (février 1563) », in Comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 1987, vol. 131, no 3, p. 597-608, [lire en ligne].
  • (en) Nicola Mary Sutherland, « The Assassination of François duc de Guise, February 1563 », in Princes, Politics and Religion, 1547-1589, Londres, The Hambledon Press, 1984, p. 139-155.
  • Alphonse de Ruble, L'assassinat de François de Lorraine, duc de Guise, 18 février 1563, Paris, Émile Paul et fils et Guillemin, 1897, 243 p., [lire en ligne].
  • Erich Marcks, « Catherine de Médicis et l'assassinat du duc François de Guise (1563) », in Bulletin historique et littéraire / Société de l'histoire du protestantisme français, 1891, t. 40, série 3, 10e année, p. 153-164, [lire en ligne].
  • Lucien Romier, Les origines politiques des guerres de Religion, tome I : Henri II et l'Italie (1547-1555), [lire en ligne], tome II : La Fin de la magnificence extérieure, le roi contre les protestants (1555-1559), [lire en ligne], Paris, Perrin et Cie, 1913-1914. Réimpression : Genève, Slatkine - Megariotis reprints, 1974, 2 volumes.

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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