Sibylle

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La Sibylle de Cumes, peinture florentine d'Andrea del Castagno (1419-1457) de la villa Carducci transférée aux Offices.

Une sibylle est une « prophétesse », une femme qui fait œuvre de divination.

Différences entre sibylle et pythie[modifier | modifier le code]

La Pythie[1] a un statut institutionnel, elle est associée au sanctuaire de Delphes.

La sibylle donne une divination occasionnelle, indépendante, nomade.

La Pythie n'est que le porte-parole du dieu, elle répond aux questions qui lui sont adressées, alors que la sibylle parle à la première personne, revendique l'originalité de sa prophétie et le caractère indépendant de ses réponses.

On représente la Pythie jeune (c'est, à l'origine, une jeune fille vierge), la sibylle mûre sinon vieille.

La Pythie apparaît en Grèce après la première sibylle (Hérophile), les Sibylles, à l'origine servantes de la grande déesse Cybèle (Agdistis), sont venues de Pessinonte, en Asie Mineure au VIIIe siècle av. J.-C. .

Malgré certaines images poétiques (Lucain, Virgile), la Pythie est plutôt posée, même si elle est en transe, alors que la sibylle « dit l'avenir d'une bouche délirante » dans le sens d'hermétique ou à la signification ambiguë nécessitant la possession de clés ou de capacités analytiques de décryptage.

Dans l’Antiquité[modifier | modifier le code]

Sibylle

Dans la mythologie grecque, la sibylle est une prêtresse d'Apollon qui personnalise la divination[2] et prophétise. Elles le faisaient dans un langage énigmatique permettant de nombreuses interprétations, ce qui les mettait à l'abri de toute contestation ultérieure. Fameuse est sa prophétie orale pour un soldat « Ibis redibis non morieris in bello ». Si une virgule est placée avant le « non », la phrase devient «Tu iras, tu reviendras, tu ne mourras pas en guerre », mais si la virgule était placée après le « non », la phrase est « Tu iras, tu ne reviendras pas, tu mourras en guerre ».

Cette pratique, ainsi que l'ambiguïté de leur apparence, a donné le qualificatif de « sibyllin » qu'on attribue à des écrits ou des paroles obscures, énigmatiques, mystérieuses ou à double sens. La sibylle figure l'être humain élevé à une dimension surnaturelle, lui permettant de communiquer avec le divin et d'en livrer les messages, tels le possédé, le prophète, l'écho des oracles, l'instrument de la révélation. Les sibylles furent considérées comme des émanations de la sagesse divine, aussi vieilles que le monde, et dépositaires de la révélation primitive : elles seraient à ce titre le symbole même de la révélation [réf. souhaitée]. Aussi n'a-t-on pas manqué de rapprocher [réf. souhaitée] le nombre des douze sibylles de celui des douze apôtres et de peindre ou de sculpter leurs effigies dans des églises.

Les sibylles témoignent de l'importance des croyances dans les pouvoirs divinatoires de certaines personnes dans l'Antiquité : prophètes, pythies, et oracles

Les origines du mythe ainsi que l'étymologie du terme sont incertaines et disputées. On a pu les chercher dans le monde indo-européen, par analogie avec des termes sanskrits par exemple, aussi bien que dans la Mésopotamie antique[3].

Les douze sibylles[modifier | modifier le code]

La sibylle de Delphes par Michel-Ange. Chapelle Sixtine (1509)

Au Ier siècle av. J.-C., on dénombre douze sibylles :

  • la sibylle d'Érythrées. Aussi appelée Hérophilé, la sibylle érythréenne vient de la ville d'Ionie. C'est la fille de Théodoros et d'une nymphe de l'Ida de Troade. Hérophilé a la particularité de donner ses prédictions en vers. Elle a vécu au temps des Argonautes et de la guerre de Troie. Elle est décédée à l'âge de cent-dix ans et est enterrée à Troade. Mais certains disent que cette Sibylle d'Érythrées serait la même que celle de Cumes…[4].
  • la sibylle tiburtine ou Albunéa (de Tibur, aujourd’hui Tivoli où se situent les ruines de son temple)
  • la sibylle hellespontine (en)Dardanie, sur l'Hellespont)
  • la sibylle phrygienne (en) (de Phrygie, région d'Anatolie)
  • la sibylle persique (en). Elle est la fille de Berosos et d’Erymanthé et on la nomme parfois Sabbé[5].
  • la sibylle libyque (exerce sa prophétie dans l'oasis de Siwa). C’est la fille du dieu Zeus et de la fille de Poséidon, la nymphe thessalienne Lamia. Elle fut appelée un peu plus tard Elissa.
  • la sibylle cimmérienne (en) (des bords de la mer Noire)
  • la sibylle delphique (en)Delphes)
  • la sibylle samienne (en) (donne ses oracles sur l'île de Samos)
  • la sibylle Agrippa (déformation probable d'Aegypta)
  • la sibylle de Marpessos (de la ville de Marpessos près de Troie). Elle s’exprimait, selon Héraclite, « d’une bouche délirante, sans sourire, sans ornements, sans fards et sa voix parvenant au-delà de mille années grâce au dieu »[6]. Elle rendait ses oracles sous la forme d'énigmes et les inscrivait sur des feuilles.
  • la sibylle de Cumes (près de Naples). Elle est aussi appelée Amalthée. Elle a vécu en même temps qu’Énée et on lui accorde une vie de mille ans. Le poète Ovide raconte dans ses Métamorphoses (XIV) qu’Apollon, épris des charmes de la sibylle de Cumes, offrit de réaliser son vœu le plus cher en échange de ses faveurs. Feignant d'accepter sa proposition, elle lui demanda autant d'années de vie que sa main contenait de grains de sable. Cependant, elle n'honora pas sa promesse. Or elle avait omis de formuler son vœu de manière à conserver toujours la fraîcheur de ses vingt ans et sa main contenait un millier de grains au moment de son vœu. Apollon l'exauça à la lettre, changeant ainsi le souhait en malédiction. Elle se mit à vieillir progressivement au fur et à mesure de son interminable existence, jusqu'à demeurer toute recroquevillée dans une bouteille suspendue au plafond de sa cave. Aux enfants qui lui demandaient ce qu'elle désirait, elle répondait : « je veux mourir ». Virgile décrit la descente d'Énée aux Enfers accompagné de la sibylle de Cumes ; elle lui avait montré où cueillir le rameau d'or (en), dans les bois sur les bords du lac d'Averne, rameau qui devait lui permettre de pénétrer dans le royaume d'Hadès.

Divination chez les Romains[modifier | modifier le code]

La Sibylle de Tibur, fresque dans l'église Saint-Jean-Évangéliste à Tivoli, 1483.

Les Romains conservaient pieusement dans le temple de Jupiter Capitolin les Livres sibyllins, qui auraient été vendus par une vieille femme (peut-être la Sibylle de Cumes) à Tarquin le Superbe, au VIe siècle av. J.-C. Celle-ci se rendit auprès du roi avec neuf livres oraculaires, et lui en demanda une énorme somme. Il se moqua d'elle et la renvoya ; elle brûla trois des livres, et lui offrit les six restants pour la même somme. Tarquin refusant toujours de payer, elle en brûla trois autres, et lui offrit les trois derniers, toujours au même prix. Cette fois-ci Tarquin consulta un conseil de prêtres, les Augures, qui déplorèrent la perte des six livres et lui conseillèrent d'acheter ceux qui restaient[7].

Les livres sibyllins ont par exemple été consultés durant l'année 194 avant J.-C. en raison de tremblements de terre[8].

Ces livres, confiés à la garde de deux prêtres particuliers appelés duumvirs, étaient consultés dans les grandes calamités, mais il fallait un décret du sénat romain pour y avoir recours, et il était défendu aux duumvirs de les laisser voir à quelqu'un sous peine de mort.

Ils ne contenaient pas de prophéties, mais des remèdes expiatoires à appliquer lorsque surviennent des « prodiges », événements exceptionnels particulièrement redoutés par les Romains. En réalité le texte des Livres sibyllins était d'une obscurité telle que des siècles plus tard, Cicéron, peu enclin à la crédulité, dira qu'on pouvait en tirer ce que l'on voulait au gré des circonstances.

Après l'incendie du Capitole (-83), plusieurs missions furent envoyées dans les pays supposés héberger des sibylles, afin de reconstituer les ouvrages perdus. Contrôlés et expurgés par Auguste et Tibère, ils furent finalement détruits par des fanatiques chrétiens quelques siècles plus tard, en l'an 406, sous l'empereur Honorius (395-423), en raison de la prédiction imputant à ces derniers la destruction de l'humanité.

Les sibylles, « prophétesses » du Christ ?[modifier | modifier le code]

La Sibylle tiburtine et l'empereur Auguste, gravure sur bois, Chronique de Nuremberg, 1493.

Parallèlement, circulent en Méditerranée, dès le IIIe siècle av. J.-C., une série de livres connus sous le nom d'Oracles sibyllins, dont certains sont parvenus jusqu'à nous via des copies datant des XIVe et XVIe siècles. Ces livres, au nombre de douze ou quatorze, comprennent des oracles antiques, des oracles juifs[9] et des écrits chrétiens.

Les Pères de l'Église n'ignoreront pas ces textes obscurs. À leur suite et pendant longtemps, les auteurs chrétiens chercheront, avec plus ou moins de bonheur, à voir dans les vaticinations des Sibylles des marques sans équivoque de l'attente du Messie sauveur par le monde païen [réf. souhaitée] .

Ainsi c'est dans le 8e livre des Oracles sibyllins que l'on trouve des vers, attribués à la Sibylle d'Érythrées, annonçant le second avènement du Christ le jour du Jugement Dernier. Cependant, Virgile, qui vécut au Ier siècle av. J.-C. se fit aussi l’écho de cette prophétie dans ces vers célèbres de ses Bucoliques : « Voici venir les derniers temps prédits par la sibylle de Cumes, et de nouveau l’ordre qui fut au commencement des siècles. Voici revenir la Vierge et voici l’âge d’or. Voici que va descendre du haut des cieux une race nouvelle. Diane pure et lumineuse, protège cet enfant qui va naître et fermant l’âge de fer ressuscitera sur toute la terre la génération du siècle d’or. »[10].

L'Empereur Auguste et la sibylle de Tibur. Konrad Witz, c 1435

Les premiers chrétiens vont peu à peu s'emparer de la sibylle et intégrer cette prophétie dans leur littérature religieuse. Eusèbe de Césarée (vers 340) recueille les vers de la Sibylle d'Érythrées, suivi de Saint Augustin un siècle plus tard, dans La Cité de Dieu. Il en offre alors une version particulière, traduite très approximativement du grec, comprenant 27 vers, soit 3×3×3, symbole de la Trinité. Elle commence ainsi : Iudicii signum : tellus sudore madescet (« le signe du jugement : la terre s'inondera de sueur… »). Cette version augustinienne présente un acrostiche (ensemble de vers dont les lettres initiales, lues dans le sens vertical, constituent un nom ou une phrase) : « Jesus Christus dei filius servator crux ». Elle est notamment citée dans un sermon du Moyen Âge visant à convaincre les incroyants, lu à la veille de Noël. On y invoque tour à tour des personnages de l'Ancien et du Nouveau Testament, puis des figures païennes : Virgile, Nabuchodonosor, et la Sibylle d'Érythrées.

De même, les Mirabilia Urbis Romae, sorte de guide de la Rome du milieu du XIIe siècle, rapportent que l'empereur Auguste (63 av. J.-C. à 14 ap. J.-C.) ayant interrogé la Sibylle de Tibur pour savoir s'il y aurait un homme plus grand que lui, une vierge lui apparut alors dans une grande splendeur sur l'autel du temple de Junon, tenant en ses bras un enfant, et une voix venant du ciel lui disant : « Voici la vierge qui va concevoir le sauveur du monde », puis, « celle-ci est la chère fille de Dieu »[11].

Des versions musicales du Iudicii signum ont été retrouvées dans des manuscrits [réf. souhaitée] des monastères Saint-Martial de Limoges (IXe et Xe siècles) et Saint-Oyand (XIIIe siècle). Ceci explique la mention dans le Dies irae de la Sibylle et qu'elle figure à Saint-Pierre de Rome sur la fresque de Michel-Ange.

Après le concile de Trente (1568), un nouveau bréviaire [réf. souhaitée] met fin à ces représentations de la Sibylle. Certaines régions [réf. souhaitée] ont conservé une tradition de voir une sibylle costumée chantant la nuit de Noël jusqu'au XVIIIe siècle, voire, à Majorque, jusqu'à nos jours.

Apparition dans l’iconographie chrétienne[modifier | modifier le code]

La Vierge entre la sibylle d'Hellespont et celle de Libye. Sacristie de la Sacra Capilla del Salvador à Ubeda (1540-1559).

Les sibylles apparaissent dans l'art de l'Occident chrétien vers le XIIe siècle [réf. souhaitée], pour fleurir à partir du XVe siècle quand on redécouvre l'Antiquité, comme en témoigne un ouvrage attribué à Jean de Paris qui fut copié entre 1474 et 1477 intitulé La Foi chrétienne prouvée par l'autorité des païens, où il est dit : « des vierges pleines de l'esprit de Dieu, qu'on appelait Sibylles, ont annoncé le Sauveur à la Grèce, à l'Italie, à l'Asie Mineure : Virgile, instruit par leurs livres, a chanté l'enfant mystérieux qui allait changer la face du monde. »

La pensée chrétienne qui avait recueilli les prophéties du peuple d'Israël conservées dans l'Ancien Testament s'étendait ainsi, mais dans une moindre mesure, aux peuples païens par l'entremise des sibylles. L'iconographie [réf. souhaitée] proposera en face des douze prophètes, les douze Sibylles, y associant parfois les douze apôtres, dans un souci d'harmonie où le visuel vient relayer le sens d'une symbolique religieuse profonde.

Pour les artistes du Moyen Âge, la Sibylle devint le symbole de l'attente des Gentils qui ont entrevu le Christ[12] ; une place lui fut réservée au portail des cathédrales, et la mystérieuse inspirée hanta longtemps encore l'imagination des poètes [réf. souhaitée] .

La diffusion dans l'Europe de la troupe des Douze Sibylles se fait au XVe siècle, à partir de l'ouvrage du dominicain italien Filippo Barbieri publié en 1481. En France, les sibylles profiteront de l'intérêt des grands imprimeurs parisiens qui ornent les livres d'Heures d'images partout [réf. souhaitée] .

Depuis lors, peintures, sculptures polychromes, tapisseries, émaux peints, témoignent de l'influence du personnage de la Sibylle sur l'art religieux occidental. Les Sibylles d'Érythrées, de Tibur et de Cumes sont les plus fréquemment représentées. La cathédrale de Sienne en représente dix sur son pavement (ci-dessous).

Attributs symboliques[modifier | modifier le code]

Elles ont été représentées sur les portails, les vitraux ou le mobilier des églises ou les cathédrales (cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, cathédrale Sainte-Marie d'Auch). Ces représentations sont nombreuses au XVe siècle et XVIe siècle. Les canons du concile de Trente censurèrent ces représentations dans les églises[13].

  • La sibylle Érythréenne : elle porte un grand rameau fleuri. Elle évoque l'Annonciation parce qu'elle a proclamé qu'une vierge doit enfanter.
  • La sibylle de Tibur ou Tiburtine : elle porte un gant, ou une main coupée qui symbolise la main du garde qui a souffleté le Christ au cours de la Passion.
  • La sibylle d'Hellespont ou Hellespontine : elle porte une grande croix en relation avec la crucifixion du Christ au Golgotha.
  • La sibylle Phrygienne : elle porte l'étendard du Ressuscité ou la Croix du Crucifié et sa victoire.
  • La sibylle Persique : on lui associe une lanterne symbolisant la lumière apportée par le Messie et elle foule au pied le serpent de Genèse qui a abusé Ève.
  • La sibylle Libyque : elle a un cierge allumé qui symbolise la Lumière que la naissance du Sauveur apporté au monde repousser les ténèbres. On peut la représenter avec trois clous rappelant la Passion du Christ. Elle aurait été mentionnée par Euripide, selon le pavement de la cathédrale de Sienne.
  • La sibylle Cimmérienne : elle porte un biberon en forme de corne symbolisant la Vierge allaitant son Enfant.
  • La sibylle Delphique ou Pythie : elle porte à la main une couronne d'épines, symbole de la Passion. Elle avait prophétisé « un Dieu viendra pour mourir et il sera plus grand que les immortels. »
  • La sibylle de Samos ou Samienne : elle porte un berceau parce qu'elle avait entrevu la Vierge couchant l'enfant dans une crèche.
  • La sibylle Agrippa ou Agrippine : elle porte un fouet symbolisant la flagellation du Christ.
  • La sibylle de Cumes ou Cuméenne : elle peut porter un coquillage qui représente la virginité de la Vierge. Elle porte le rameau magique et a annoncé qu'un enfant descendra du ciel.
  • La sibylle Europa ou Européenne : elle porte un glaive évoquant le massacre des Innocents et par association la fuite en Égypte.

Fresques[modifier | modifier le code]

La sibylle de Cumes par Domenichino (1581-1641)
Sibylle par Francesco Bacchiacca. Vienne (v. 1525-1550)
  • Les Sibylles avec les prophètes dans l'abbaye de Saint-Ange en Formis, Italie, XIIIe siècle.
  • Les Douze Sibylles dans la maison Romei à Ferrara, 1450, Italie.
  • Chapelle Sixtine de Michel Ange, où l’on retrouve les grands traits du platonisme : la révélation chrétienne complète harmonieusement la méditation païenne, et ne s'oppose pas à elle. C'est ainsi que sur la voûte, les prophètes de l'Ancien Testament sont exactement corrélés aux Sibylles : jamais on n'avait placé, avec autant d'audace, à égalité de taille et de dignité, la Révélation faite aux fils d'Israël avec la divination de l'ancien paganisme.
  • Sibylle de l'église Santa Maria della Pace (Rome). Raphaël, 1514.

Tableaux[modifier | modifier le code]

Sculptures et marqueterie[modifier | modifier le code]

  • Sur le pavement intérieur du Duomo de Sienne, qui compte en tout 56 panneaux de marqueterie de marbres de différentes couleurs et en niellage, par quarante artistes entre les XIVe et XVIe siècles, dix sibylles sont représentées. Chacune est identifiée, avec un livre à la main, son attribut éventuel, la source antique qui en fait mention et le texte prophétique qui lui est attribué. Ce texte reprend clairement le message chrétien, comme dans le livre que brandit la sibylle de Phrygie ci-dessus : « Solus Deus sum, et non est deus alius » (« Je suis le seul Dieu et il n'y a pas d'autre dieu »). On peut voir les sibylles de Libye, de Perse, de Delphes, d'Érythrées, de l'Hellespont, de Samos, d'Albunée, de Phrygie et de Cumes, cette dernière apparaissant en deux versions, en jeune femme et en vieille.
  • Au monastère de Brou, autour du tombeau de Marguerite d'Autriche et de Philibert le Beau (XVe siècle).

Vitraux[modifier | modifier le code]

La cathédrale d'Auch offre un ensemble étonnant de vitraux du XVIe siècle associant les douze prophètes aux douze sibylles. On retrouve ces mêmes personnages dans les stalles sculptées du chœur.

Tapisserie[modifier | modifier le code]

  • Auguste et la Sibylle, Anvers, XVIe siècle (conservée au musée du Moyen Âge de Cluny).

Émaux peints[modifier | modifier le code]

Statuettes polychromes[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

  • Dies iræ, poème souvent utilisé dans les Messes de Requiem :
« Dies iræ, dies illa / Solvet sœclum in favilla / Teste David cum Sibylla. »
« Jour de colère, ce jour-là (celui du jugement dernier) / dissoudra le monde en poussière / comme en témoignent David (auteur présumé des Psaumes) et la Sibylle. »
  • Le groupe néoclassique italien Ataraxia[14] revendique l'influence des sibylles : « Nous nous sentons sibylles, médiums de l'Histoire et du Temps qui sont notre Mère et notre Père et nous utilisent pour révéler quelques-unes de leurs nombreuses voix. »

Photographie[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Dans sa septième lettre à Héloïse, Abélard (1079/1142) écrit : « Pesez toutes les paroles de la Sibylle : quel résumé clair et complet de ce que la foi chrétienne doit croire de Jésus-Christ ! Elle n'a rien oublié, ni sa divinité, ni son humanité, ni son arrivée pour les deux jugements ; le premier dans lequel il a été injustement condamné aux tourments de la passion, le second dans lequel il viendra dans sa majesté juger le monde suivant les lois de la justice. Elle fait mention et de sa descente aux enfers et de la gloire de la résurrection ; et en cela, elle s'élève aux dessus des prophètes, que dis-je ? au-dessus des évangélistes eux-mêmes, qui de la descente aux enfers, ne disent presque rien. »
  • Dans son ouvrage De ira Dei, De la colère de Dieu, Lactance vers 320 après Jésus-Christ, pour prouver l'existence de la colère divine, écrit : « Il a existé de nombreuses sibylles, bon nombre de très grands auteurs l'ont rapporté : parmi les Grecs, Aristonicus et Apollodore d'Érythrée ; parmi les nôtres, Varron et Fenestella. Tous, ils rappellent que la sibylle d'Érythrées fut la plus remarquable et la plus connue » (Lactance 23,1).
  • Texte de Nicolas de Damas sur la mort de Crésus : « Kyrus fut touché du traitement qui se préparait pour Crésus ; mais les (soldats) Perses insistèrent pour que ce prince fût livré au feu, et ils s’empressèrent de lui dresser un vaste bûcher, où ils firent monter avec lui, quatorze des principaux seigneurs de sa cour. Kyrus, pour les dissuader, « leur fit lire un oracle de la sibylle » ; ils prétendirent qu’il était controuvé et ils allumèrent le bûcher » (Recherches nouvelles sur l’histoire ancienne par C.F. Volney, page 40, Paris, Parmantier, 1825.)
  • Poème de Malherbe Les Sibylles, sur la fête des alliances de France et d'Espagne. Ces fêtes furent célébrées au mois d'avril 1612.
  • Dans une œuvre posthume intitulée La Fin de Satan, Victor Hugo met en scène une Sibylle « d'Achlab » dialoguant avec Jésus lui-même.
  • Dans Delfica, cinquième sonnet des Chimères de Gérard de Nerval, le poète évoque dans le dernier tercet la « sibylle au visage latin ».
  • Marelle (en espagnol, Rayuela), roman de Julio Cortazar, met en scène un personnage féminin important, que le narrateur désigne par le surnom de la Sibylle (en espagnol, la Maga).
  • Pascal Quignard a publié en septembre 2006 chez Galilée un livre intitulé Requiem où « l'ombre de la Sibylle » joue un grand rôle. Cet ouvrage est une œuvre de collaboration avec le compositeur français Thierry Lancino qui en écrit la musique (2006-2008).
  • Publication d'un ouvrage de Micheline Galley, La Sibylle - De l'Antiquité à nos jours aux éditions Geuthner. Ce livre convie le lecteur à la rencontre d'une femme qui traverse le temps : la Sibylle. 205 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sabina Crippa, La voce et la visione, 1998. Citée in Plutarque, Dialogues pythiques, Garnier-Flammarion, 2006, p. 267, 414.
  2. J. Schmidt, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Larousse, Paris, 2000, p. 181
  3. V. Nikiprowetzky, « La sibylle juive depuis Charles Alexandre », ANRW, 2, 20,1, Berlin, 1987, p. 464-467
  4. Sibylle érythréenne
  5. Sibylle persique
  6. Citation reprise par Plutarque dans son De Pythiae Oraculis
  7. Ce récit nous est connu par Aulu-Gelle, Les Nuits attiques, livre I, ch. XIX.
  8. [Voir: http://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_romaine_(Tite-Live)/Livre_XXXIV#55 Histoire romaine de Tite-Live, Livre XXXIV de 195 à 193 avant J.-C., Chapitre 4 « Évènements de l’année 194 », paragraphe 55 «Tremblements de terre en série. Répartitions des postes pour 193», traduit par Désiré Nisard en 1864)]
  9. Écrits intertesmentaires, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1987, p. 1035-1140
  10. Virgile, Les Bucoliques, ÉGLOGUE IV: POLLION (texte et latin et traduction française en regard, sur le site Itinera electronica, consulté le 29 mai 2009).
  11. Mirabilia Urbis Romae, §11
  12. ÉMile Mâle, L'Art religieux du XIII siècle en France, Le livre de Poche, 1988, p. 608
  13. Société de Saint-Jean, L'église Saint-Vincent de Paul à Marseille - Les sibylles, dans Revue de l'art chrétien, Paris-Araas, 1867
  14. [1] notamment sa chanteuse Francesca Nicoli
  15. en collaboration avec Pascal Quignard Requiem

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jürgen Beyer, 'Sibyllen', Enzyklopädie des Märchens. Handwörterbuch zur historischen und vergleichenden Erzählforschung, tome 12, Berlin et New York : Walter de Gruyter 2007, col. 625-630.
  • Françoise Lecocq, La Sibylle Europa, ou la renaissance d’un symbolisme chrétien médiéval, Actes du colloque internat. D’Europe à l’Europe, III. La dimension politique et religieuse du mythe d’Europe de l’Antiquité à nos jours (Paris, ENS-Ulm, 29-30.11.2001), éd. O. Wattel de Croizant, coll. Caesarodunum, n° hors-série, 2002, p. 155-187.
  • Monique Bouquet et Françoise Morzadec (éds.), La Sibylle. Parole et représentation, Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2004, 301 p., 19 figs. (collection « Interférences »).
  • Jackie Pigeaud, Les Sibylles, Actes des VIIIes Entretiens de La Garenne Lemot, 18 au 20 octobre 2001, Nantes, 2005, 231 p., 5 pls. en couleur.
  • Jean-Michel Roessli, « Vies et métamorphoses de la Sibylle », Revue de l'histoire des religions, 2007/2 : Divination et révélation dans les mondes grec et romain, p. 253-271.
  • Micheline Galley, La Sibylle, de l'Antiquité à nos jours, Geuthner, 2010, 205 p., ill.

Liens externes[modifier | modifier le code]