Charles Le Brun

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Charles Le Brun

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Charles Le Brun

Nom de naissance Charles Le Brun
Naissance 24 février 1619
Paris
Décès 12 février 1690 (à 70 ans)
Paris
Activités artiste peintre et décorateur, premier peintre du roi Louis XIV, directeur de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture, et de la Manufacture royale des Gobelins
Maîtres Nicolas Lebrun, François Perrier, Simon Vouet, Nicolas Poussin
Élèves Claude I Audran, Jean Bérain père, Jean-Baptiste de Champaigne, Charles de La Fosse, Jean Hélart, René-Antoine Houasse, Jean Jouvenet, Hyacinthe Rigaud, François Verdier

Charles Le Brun, né le 24 février 1619 à Paris où il est mort le 12 février 1690 (à 70 ans), est un artiste peintre et décorateur français, premier peintre du roi Louis XIV, directeur de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture, et de la Manufacture royale des Gobelins. Il s'est surtout illustré dans la décoration du château de Versailles et de la galerie des Glaces.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles Le Brun commence par apprendre la sculpture auprès de son père Nicolas Le Brun. Il entre vers 1632 dans l'atelier du peintre François Perrier. Deux ans plus tard, il est remarqué par le chancelier Pierre Séguier, qui le recommande à Simon Vouet. Il apprend son métier dans l'atelier de ce grand maître, où il a comme condisciples Pierre Mignard, André Le Nôtre et Eustache Le Sueur. Il quittera Simon Vouet pour Nicolas Poussin[1]. En 1642, déjà reconnu à Paris et grâce à l’aide financière du chancelier, Le Brun part pour l'Italie, faisant le voyage de Lyon à Rome en compagnie de Poussin. Durant son séjour italien, Le Brun copie les antiques romains pour le chancelier Séguier, des tableaux du Guide, de Raphaël ainsi que la galerie Farnèse des Carrache. Il peint également plusieurs tableaux dont Mucius Scaevola devant Porsenna, Horatius Coclès au pont Sublicius et une Allégorie du Tibre.

Après quatre années passées en Italie, le peintre quitte Rome à la fin de l'année 1645 et rejoint Paris en mars 1646, après un court séjour à Lyon. De retour dans la capitale, Le Brun obtient plusieurs commandes importantes grâce à l'appui de Séguier. Dès l'année suivante, il est nommé "Peintre et Valet de chambre du Roy". Il est également choisi par la corporation des Orfèvres de Paris afin de peindre le May qu'ils offrent annuellement à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Le Brun représente alors Le martyre de Saint André (toujours conservé à Notre-Dame). Cette même année, Le Brun épouse Suzanne Butay.

Avec Philippe de Champaigne, il obtient de Mazarin la fondation de l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1648. Mazarin l'en nomme secrétaire. Le succès de cette académie est mitigé : la corporation des Peintres ne le suit pas. L'Académie n'en fournit pas moins théories et pratiques. Durant cette période, Le Brun réalise de grandes peintures, notamment sa célèbre Apothéose d'Hercule. Nicolas Fouquet, riche surintendant des finances du roi, lui demande de travailler à la décoration de son château de Vaux-le-Vicomte[1], qu'il réalisera entre 1656 et 1661. Le décor somptueux qu'il exécute, unique en son genre en France à l'époque, marque sa consécration.

En 1660, il peint La Famille de Darius au pied d'Alexandre et Le portrait équestre du Chancelier Séguier en l'honneur de son protecteur, et réalise le décor de l’entrée royale de Louis XIV à Paris. La même année, il concourt à la création de la Manufacture des Gobelins dont il est nommé directeur le 8 mars 1663. En 1667 les attributions de la manufacture sont étendues, intégrant la fabrication des meubles et autres objets d'art. Le Brun est confirmé dans sa charge, étant alors nommé directeur du Mobilier royal.

C'est à la fin des années 1650 que Mazarin (qui décède en 1661) le présente à Louis XIV. Le Brun jouit dès lors d'une solide réputation. La cour lui commande les œuvres les plus variées : scènes équestres, vastes fresques, décorations de jardins, cartons de tapisserie, meubles et objets décoratifs. Son grand talent, son énergie, son sens du grand décor et son style emphatique et pompeux, parfaitement en phase avec les goûts du roi, font de Le Brun un peintre très apprécié du souverain, qui est particulièrement séduit par les œuvres qu'il créa pour son entrée triomphale à Paris et les décorations réalisées à Vaux-le-Vicomte. Alors même qu'il prépare la disgrâce de Fouquet, parachevée de 1661 à 1664, Louis XIV fait appel à Le Brun pour la création d'une série de grands tableaux illustrant l'histoire d'Alexandre. En 1660, il lui commande La Famille de Darius aux pieds d'Alexandre (aujourd'hui au Louvre). À partir de ce moment, tous les chantiers royaux sont placés sous la direction de Le Brun.

Dès 1661 il est chargé de la décoration du château de Versailles, à laquelle il travaillera pendant 30 ans[2]. Il a sous ses ordres plusieurs centaines d'artistes et d'artisans[1]. Le roi est si satisfait qu'il anoblit Le Brun en décembre 1662. Cependant, sa participation propre se limite à l’escalier des Ambassadeurs (1674-1678, détruit sous Louis XV), à la galerie des Glaces (1678-1684), avec ses salons de la Paix et de la Guerre (1684-1687), et à un projet de chapelle en 1672, abandonné en 1679-1680 lorsque la décision est prise de construire d'aile du Midi du château. Il travaille aussi pour d’autres personnalités importantes du royaume.
En 1663, il est nommé directeur de l'Académie royale de peinture et de sculpture par Colbert, alors intendant des finances, qui souhaitait réorganiser cette académie.

Le Brun est nommé Premier peintre du Roi en 1664, une charge qui comprenait le versement d'une pension annuelle de 12 000 livres, c'est-à-dire du même montant que celle qu'il recevait quand il était au service de Fouquet. Cette même année, il obtient aussi la charge de garde général du Cabinet des tableaux du roi, une collection de tableaux commencée par François Ier mais peu développée jusqu'à Louis XIV[3].

En 1666, Colbert et Le Brun fondent ensemble l’Académie de France à Rome. En 1670 Colbert, devenu surintendant à la suite et sur la recommandation de Fouquet en 1664, également responsable des Bâtiments, Arts et Manufactures, achète le domaine de Sceaux. Il y fait faire de grands travaux, et au début des années 1670 Le Brun y travaille à la décoration du Pavillon de l'Aurore dont il orne la coupole d'une de ses plus grandes compositions, sur le thème de L’Aurore, précédant le lever du soleil.

À la mort de Colbert en 1683, François-Michel Le Tellier, Marquis de Louvois, son ennemi, lui succède au poste de surintendant des Bâtiments, Arts et Manufactures de France et impose son favori, Pierre Mignard, à la place de Le Brun, pourtant toujours apprécié par le roi. Se retirant peu à peu de la vie publique, bientôt malade, Le Brun s'éteint dans sa demeure parisienne le 12 février 1690 et est inhumé dans l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet de Paris.

Son style[modifier | modifier le code]

Galerie d'Apollon, Musée du Louvre
  • Peintre officiel, son style est au service de la monarchie absolue de Louis XIV. Sa peinture est typiquement aulique, avec des effets théâtraux et néanmoins une constante recherche d'équilibre et de clarté. Son art se fonde sur une parfaite maitrise du dessin et une utilisation des coloris qui vise l'harmonie. Le Brun est également l'archétype du peintre cultivé, à la fois praticien et théoricien des arts, qui considère la peinture au rang des arts libéraux. Dans sa volonté de célébrer le pouvoir absolu, Le Brun utilise des concepts et des symboles de pouvoir qu'il mélange : dans la galerie des Glaces, l'ordre français fait la synthèse des objets antiques et français (coq, lys). Le soleil devient l'allégorie du bon gouvernement. Il représente Louis XIV en prince parfait, comme l'aboutissement des princes précédents.
  • En tant que premier peintre du Roi, il réalise surtout des peinture de grand format ou des décors allégoriques pour des plafonds (en toile marouflée). Il a souvent développé des cycles historiques en plusieurs tableaux (par exemple L'Histoire d'Alexandre, conservée au Louvre).
  • Pour ce qui est des thèmes abordés, Le Brun se consacre principalement à la peinture d'histoire, placée au sommet de la hiérarchie des genres au XVIIe siècle par l'académicien André Félibien : ce sont des scènes tirées de l'histoire mythologique, de l'histoire réelle (comme à la galerie des Glaces qui est un exposé des dix-neuf premières années du règne de Louis XIV) ou de l'histoire sainte (peinture religieuse). Le Brun s'est aussi adonné au genre du portrait.
  • Le Brun représente aussi la centralisation de la commande artistique sous le règne de Louis XIV : des années 1660 à sa mort, il concentre en ses mains le programme iconographique de la monarchie. À la tête de l'Académie, Le Brun fournit des modèles non seulement pour les peintres de la cour mais aussi pour les sculpteurs, les ornemanistes ou les lissiers si bien que les arts issus des commandes royales se caractérisent par une grande homogénéité thématique et stylistique (ce que l'on appelé le classicisme louis-quatorzien) et portent indéniablement la marque de l'artiste.
Martyre de saint Jean l'Évangéliste à la porte Latine, Église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, Paris.

Charles Le Brun a eu entre autres pour élèves Claude I Audran, Jean Bérain père, Jean-Baptiste de Champaigne, Charles de La Fosse, René-Antoine Houasse, Jean Jouvenet, Hyacinthe Rigaud, François Verdier

Œuvres majeures[modifier | modifier le code]

Décorations
Tableaux
Le Sommeil de l'Enfant Jésus, 1665, Paris, musée du Louvre.
  • Bellone en fureur, huile sur toile, 45 × 96 cm, Versailles, Musée national des châteaux de Versailles et Trianon.
  • Thèse du roi en sa jeunesse, huile sur toile, 85 × 59 cm, collection particulière.
  • Vierge à l'enfant, huile sur toile, 29,5 × 25 cm, collection particulière.
  • La chute des anges rebelles, huile sur toile, 162 × 129 cm, Paris, Musée du Louvre.
  • Dieu dans sa gloire, huile sur toile, 130 × 161 cm, Le Mans, Musée de Tessé.
  • Dieu dans sa gloire, huile sur toile, 60 × 102 cm, Versailles, Musée national des châteaux de Versailles et Trianon.
  • Le char de l'Aurore, huile sur toile, 67 × 82 cm, collection particulière.
  • La création de Pandore, huile sur toile, 65,5 × 83 cm, Vic-sur-Seille, Musée départemental Georges-de-La-Tour.
  • Portrait de Turenne, huile sur toile, 67 × 82 cm, Versailles, Musée national des châteaux de Versailles et Trianon.
  • Entrée du Christ à Jérusalem, huile sur toile, 153 × 214 cm, Saint-Étienne, Musée d'art moderne.
Cartons de tapisserie
  • La mort de Méléagre, avec François Bellin, 1659, Paris, Musée du Louvre.
Dessins
  • Trois femmes drapées, Paris, Musée du Louvre.
  • La colère, pierre noire, vers 1678, Paris, Musée du Louvre.
  • La réparation de l'attentat des Corses, 1664, pierre noire avec rehauts de craie blanche, 178 × 156 cm, Paris, Musée du Louvre.
  • La Hollande secourue contre l'évêque de Munster, 1665, pierre noire avec rehauts de craie blanche, 184 × 156 cm, Paris, Musée du Louvre.
  • Victoire ailée, couchée sur des nuages, pierre noire avec rehauts de craie blanche, 170 × 280 cm, Paris, Musée du Louvre.
  • La fureur des duels arrêtée, 1662, pierre noire avec rehauts de craie blanche, 198 × 278 cm, Paris, Musée du Louvre.
Portrait de Louis XIV, pastel gris sur papier, Musée du Louvre.
  • Hercule assis tenant sa massue, pierre noire, 125 × 157 cm, Paris, Musée du Louvre.
  • Défaite des Turcs en Hongrie par les troupes du roi, 1664, 222 × 170 cm, Paris, Musée du Louvre.
  • Rétablissement de la navigation, 1663, pierre noire, 247 × 217 cm, Paris, Musée du Louvre.
  • L'Ordre rétabli dans les finances, 1662, pierre noire, 247 × 218 cm, Paris, Musée du Louvre.
  • Protection accordée aux Beaux-Arts, 1663, pierre noire, 247 × 218 cm, Paris, Musée du Louvre.
  • Cinq études de masques, pierre noire et trace de craie, 209 × 45,4 cm, Paris, Musée du Louvre.
  • La jalousie, pierre noire, plume et encre noire, 19,9 × 25,5 cm, Paris, Musée du Louvre.
  • Le pleureur, pierre noire, 26 × 21,3 cm, Paris, Musée du Louvre.
  • Étude d'anatomie pour la figure du roi dans le passage du Rhin, pierre noire avec rehaut de craie, 43,9 × 29,1 cm, Paris, Musée du Louvre.
  • L'Apothéose d'Hercule, pierre noire et lavis gris, 44,5 × 29,1, Paris, Musée du Louvre.
  • Le roy gouverne par lui-même, pierre noire et lavis gris, 80,7 × 53,3, Paris, Musée du Louvre.
  • Étude pour le Roy armé sur terre et sur mer, 1672, Versailles, Musée national des châteaux de Versailles et Trianon.
  • Thèse de Charles d'Orléans-Longueville, sanguine et lavis brun, 104 × 70 cm, Lille, Palais des beaux-arts.
  • Apothéose d'Hercule, pierre noire, plume, encre brune, lavis brun, lavis de sanguine et rehauts de blanc, 32,6 × 46 cm, Paris, Musée du Louvre.
  • Projet pour le plafond du salon ovale du Louvre, plume, encre brune, lavis gris, 65 × 80 cm, collection particulière.
Dessins préparatoires à des sculptures
  • Étude d'ensemble pour un monument à la gloire de Louis XIV, pierre noire et sanguine, Paris, Musée du Louvre.
  • Louis XIV à cheval, projet pour le médaillon du salon de la Guerre, pierre noire et lavis gris, Paris, Musée du Louvre.
  • L'enlèvement de Cybèle par Saturne ou la Terre, pierre noire et lavis, 33,7 × 21,4 cm, Paris, Musée du Louvre.
  • Les Quatre Saisons, pierre noire et lavis gris, 32,3 × 49,8 cm, Paris, Musée du Louvre.
  • L'Aristocratie, pierre noire et lavis gris, 27,1 × 11,6 cm, Paris, Musée du Louvre.
  • Dessin du monument de Julienne Le Bé, vers 1670, pierre noire et lavis, 44,3 × 33,5 cm, collection particulière.
Publications
  • Méthode pour apprendre à dessiner les passions (1698), livre posthume qui eut une grande influence sur l’art du XVIIIe siècle.

Redécouverte d'une œuvre de jeunesse[modifier | modifier le code]

Le 23 janvier 2013, la découverte du Sacrifice de Polyxène, œuvre de jeunesse de Le Brun, est annoncée par les conseillers artistiques du Ritz, Wanda Tymowska[4] et Joseph Friedman[5]. Le tableau, daté de 1647, ornait la suite Coco Chanel du célèbre palace parisien depuis semble-t-il plus d'un siècle[6],[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Le Brun.
  2. Le Brun dans le Larousse.
  3. Inventaire des tableaux du Roy rédigé en 1709 et 1710, publié pour la première fois avec des additions et des notes par Fernand Engerand.
  4. Wanda Tymowska
  5. Joseph Friedman Ltd.
  6. Toutelaculture.com, 23 janvier 2013
  7. Le Figaro, 23 janvier 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]