Cathédrale Saint-Étienne (Cahors)

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Cathédrale Saint-Étienne de Cahors
Image illustrative de l'article Cathédrale Saint-Étienne (Cahors)
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Diocèse de Cahors (siège)
Début de la construction 1080
1316 (façade)
Fin des travaux 1135
1324 (façade)
Style dominant Roman
Gothique (cloître de 1504)
Protection Logo monument historique Classée MH (1862)
 Patrimoine mondial (1998)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Lot
Commune Cahors
Coordonnées 44° 26′ 50″ N 1° 26′ 35″ E / 44.447222, 1.443056 ()44° 26′ 50″ Nord 1° 26′ 35″ Est / 44.447222, 1.443056 ()  

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Cathédrale Saint-Étienne de Cahors

La cathédrale Saint-Étienne[1] est une cathédrale catholique romaine située à Cahors, dans le département du Lot (France). Édifiée de 1080 à 1135, elle est un des premiers et des plus vastes édifices français à coupoles sur pendentifs.

Elle abrite la Sainte Coiffe qui enveloppait la tête du Christ, rapportée de Terre sainte vers 1113.

Cette cathédrale romane fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862[2]. Elle est également inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France depuis 1998.

Description[modifier | modifier le code]

Véritable joyau architectural, elle est édifiée au XIe siècle par l'évêque Géraud de Cardaillac, sur l'emplacement de l'ancienne église bâtie au VIIe siècle par saint Didier. Elle est bâtie et construite grâce aux libéralités de Dagobert, par l'évêque Géraud III vers 1090. Elle est consacrée par le pape Calixte II le 10 septembre 1119, et est achevée vers 1135.

L'entrée de la cathédrale
Le chœur de la cathédrale Saint-Étienne de Cahors
Plan actuel de la cathédrale.

C'est une église forteresse d'allure austère, militaire. Les évêques étaient aussi comtes et barons de Cahors.

La façade rajoutée entre 1316 et 1324 par Guillaume de Labroue, cousin de Jean XXII, renforce encore cette impression : lourde, ressemblant à la muraille d'un château, le narthex surmonté d'un beffroi encadré de deux tours, à peine est-elle aérée par six baies étroites, un portail à triple voussure surmonté d'une galerie et d'une rose.

L'intérieur frappe par l'absence de transept.

Elle appartient au style à coupole du sud-ouest. Avec une façade fortifiée romane, dont le portail roman, réalisé entre 1140 et 1150, forme un avant-corps sur la façade nord.

La nef[modifier | modifier le code]

Bien éclairée, elle se développe sur 20 m de large et quarante-quatre mètres de long. Deux puissantes coupoles sur pendentifs, de style byzantin, culminant à 32 mètres, reposent sur six forts piliers. Seule Sainte-Sophie de Constantinople dépasse l'amplitude de cette nef.

Une des coupoles est décorée de fresques du XIVe siècle[3], représentant la lapidation de saint Étienne et huit prophètes montés chacun sur un animal à la manière des dieux grecs ou hindous. Outre la fresque, de nombreux éléments de peinture médiévale ont été mis au jour sur les murs de l'édifice. Une des fresques représente saint Genou qui aurait évangélisé Cahors.

L'abside[modifier | modifier le code]

De style gothique sur fond roman, dans laquelle on peut voir huit colonnes à chapiteaux sculptés, est dotée de trois absidioles décorées de sculptures. L'ensemble forme une belle harmonie de couleurs où la blancheur de la nef contraste avec la coloration des peintures et des vitraux du chœur.

L'église comporte plusieurs gisants dont celui du bienheureux Alain de Solminihac et, dans la chapelle du chevet, une précieuse relique, la Sainte Coiffe qui enveloppait la tête du Christ et qui aurait été rapportée par Géraud de Cardaillac, évêque de Cahors, à son retour d'un voyage en Terre sainte vers 1113.

Le portail[modifier | modifier le code]

Tympan du portail septentrional de la cathédrale.

Sculpté en 1135 sur la façade nord, ce portail à voussures est surmonté d'un remarquable tympan dont les sculptures, rappelant celles de Moissac, sont d'un style transitoire entre le roman et le gothique. Le thème en est la Parousie du Christ. Jésus, debout, la main droite levée en signe de bénédiction, une bible dans la main gauche, est entouré d'une gloire ovale (ou mandorle) qui souligne le mouvement ascensionnel. De chaque côté du Christ, deux anges semblent expliquer le miracle aux apôtres, qui, sous leurs arcatures trilobées, entourent la Vierge.

À gauche, un personnage isolé dont l'attitude et le vêtement différent de ceux des apôtres, représente probablement le sculpteur qui signe ainsi son œuvre.

De part et d'autre des anges, est racontée l'histoire de saint Étienne, patron de la cathédrale, telle qu'elle figure dans les Actes des Apôtres. Au-dessus de la mandorle, quatre angelots accompagnent le Christ dans son ascension.

L’archivolte est ornée de personnages très maigres, très longs et se faisant face. Ils illustrent des scènes de chasse, le combat des vices et des vertus.

À remarquer aussi, les voussures sculptées et les corbeaux de la corniche.

Le cloître[modifier | modifier le code]

Le cloître de la Cathédrale Saint-Étienne de Cahors

Une porte, à droite du chœur, permet d'accéder au cloître gothique flamboyant qui fut édifié en 1504 par l'évêque Antoine de Luzech. Les sculptures profanes représentant des coquillards, des buveurs, des musiciens, un architecte au travail, ont peut-être été copiées sur celles de Cadouin.

On peut voir sur une pierre carrée se disputer deux pèlerins, l'un tenant une coquille.

Au nord-ouest, la petite Vierge sous son dais de coquilles, est une des rares représentations religieuses épargnées par les protestants.

Sur le côté ouest, la chapelle Saint Gaubert, dont la voûte est ornée de peintures de la Renaissance italienne et les murs, de fresques du XVe siècle, représentant l'enfer et le Jugement dernier, contient un musée d'art sacré. Des vêtements sacerdotaux et les portraits de 93 évêques de Cahors y sont exposés[4].

Curiosité : la surface de la cour intérieure est strictement égale à la surface de la galerie qui l'entoure, illustrant ainsi la duplication du carré et le nombre racine carrée de deux qui a fasciné mathématiciens et architectes depuis Babylone.

L'orgue[modifier | modifier le code]

Le premier orgue sur lequel il existe des documents est celui construit en 1712-1714 par le facteur d'orgues François L'Èpine (Lespine ou Lépine), facteur d'orgues d'abord établi à Bordeaux puis à Toulouse. C'était un instrument à quatre claviers sur lequel il n'y a pas d'autres informations. Il en est resté le buffet en noyer sculpté[5]. Pendant les cent années qui suivent, il n'y a pratiquement pas d'informations. En 1838, une demande de restauration est faite, sans suite.

La maison des facteurs d'orgue des frères Édouard et Eugène Stoltz, fondée en 1845 par Jean-Baptiste Stoltz, a réalisé la partie instrumentale de l'orgue pré-romantique en 1861-1863[6]. En 1876 des travaux importants ont entraîné un empoussièrage de l'orgue. Il a été « relevé » en 1878 pour le nettoyer sans modifications.

Entre 1939 et 1945 des travaux importants ont été faits sur l'orgue - électrification et reharmonisation par le facteur Troseille - mais sans modification de sa tuyauterie. Après la Seconde Guerre mondiale des demandes de relevage ont été faites mais sans suite. En 1984 l'orgue est devenu inutilisable.

Des découvertes de fresques du XIVe siècle ont été faites au cours du démontage de l'orgue. Cachées par l'orgue, ainsi que la rose occidentale, les propositions de restauration de l'orgue ont dû en tenir compte pour pouvoir les mettre en valeur. Le nouvel orgue a été restauré entre 1984 et 1993 par le facteur d'orgues Gérald Guillemin[7].

L'orgue a été classé au titre d'objet le 20 février 1979[8].

Les vitraux[modifier | modifier le code]

Les vitraux de la nef de la cathédrale Saint-Étienne de Cahors constitués jusqu'alors de verre clair losangé dans un mauvais état de conservation créaient un contraste avec le chœur de la cathédrale emmenant une sensation de "pauvreté" à l'édifice. En 2007, la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) a engagé un programme de création de vitraux contemporains et en relation avec le clergé affectataire. Une consultation a été lancée auprès d'artistss et de maîtres verriers. Trente et un artistes ont proposé leur candidatures, cinq d'entre eux ont été sélectionnés pour réaliser un projet détaillé des futurs vitraux et parmi ces candidats, Gérard Collin-Thiébaut artiste français vivant en Franche-Comté, et le maître verrier Pierre-Alan Parot installée en Bourgogne, ont été choisis.

Ce projet concernait 90 m2 de vitraux, répartis dans les deux travées de la nef, soit onze baies organisées en quatre groupes représentant chaque Evangéliste : Mathieu, Marc, Luc et Jean. Gérard Collin-Thiébaut affirme un parti pris figuratif afin de renouer avec la fonction pédagogique des vitraux. L'artiste a superposé des images tirées de tableaux, de fresques, de photogrammes et de photographies, juxtaposées sur chacune des baies. Jouant avec le chevauchement des images, les décalages des lignes et les strates de couleurs, parfois nettes ou pixelisées, appellent à être décryptées par le spectateur.

La réalisation de ces vitraux a nécessité de longues recherches techniques afin de restituer le projet de l’artiste, le maître-verrier ne pouvant  traduire ni avec les outils traditionnels de la peinture sur verre ni en sérigraphie les juxtapositions d’images en transparence et en translucidité sur le verre. Seule la technique de l’imprimerie a permis le résultat attendu : chaque maquette a été agrandie informatiquement à taille réelle puis découpée précisément à la forme et à la taille des panneaux. Les vues informatiques de chaque panneau ont ensuite été décomposées dans les couleurs primaires puis recomposées par une imprimante qui déposait sur le verre les émaux vitrifiables. Cette imprimante très complexe a été mise au point par un industriel et les impressions ont été réalisées dans une unité de Saint-Gobain en Allemagne, près de Munich. Préalablement, un étalonnage des valeurs et des intensités s’est avéré nécessaire pour chaque baie et chaque panneau. Les verres ainsi décorés ont été recuits à 760° C puis refroidis. Un réseau de plombs, défini par l’artiste, souligne les formes ou les plages de couleur. Cette seconde strate est un vitrail traditionnel qui vient se superposer à la feuille de verre préalablement imprimée[9].

Le samedi 8 juin 2013 ont été inaugurés les vitraux de la nef de la cathédrale Saint-Étienne par Jean-Pierre Cazenave-Lacrouts, préfet du Lot, et Norbert Turini, évêque de Cahors, en présence de l’artiste, du maître-verrier, de la Fondation d’entreprise GDF SUEZ représentée par Serge Pina délégué régional GDF SUEZ, de Henri-Michel Comet, préfet de la région Midi-Pyrénées, du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, du maire de Cahors et président du conseil général. 

Le rendu remarquable de cette réalisation ne manquera pas d'interpeller les nombreux visiteurs et touristes de la cathédrale Saint-Étienne de Cahors.  

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mireille Bénéjeam-Lère, La cathédrale Saint-Étienne, p. 9-69 dans Congrès archéologique de France. 147e session. Quercy. 1989, Société française d'archéologie, Paris, 1993
  2. « Notice no PA00094997 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Marie-Anne Sire, Cathédrale de Cahors. Les peintures murales du XIVe siècle récemment découvertes dans le massif occidental, p. 71-77, dans Congrès archéologique de France. 147e session. Quercy. 1989, Société Française d'Archéologie, Paris, 1993
  4. Georges Costa, Le trésor de la cathédrale de Cahors, p. 79-85, dans Congrès archéologique de France. 147e session. Quercy. 1989, Société Française d'Archéologie, Paris, 1993
  5. Patrimoines Midi-Pyrénées : buffet d'orgue
  6. Patrimoines Midi-Pyrénées : partie instrumentale de l'orgue
  7. Association des Amis de l'Orgue de la Cathédrale de Cahors : Histoire du Grand Orgue de la Cathédrale
  8. « orgue de tribune », base Palissy, ministère français de la Culture
  9. « Inauguration des vitraux de la cathédrale Saint-Étienne de Cahors », sur fondation-gdfsuez.com,‎ 11 juin 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marguerite Vidal, Jean Maury, Jean Porcher, Quercy roman, Éditions Zodiaque (collection « la nuit des temps » no 10), La Pierre-qui-Vire, 3e édition, 1979 pp. 195-234 (ISBN 9782736901431)
  • Raymond Rey, Cathédrale de Cahors, p. 216-265, dans Congrès archéologique de France. 100e session. Figeac, Cahors et Rodez. 1937, Société française d'archéologie, Paris, 1938 ; p. 570
  • Mireille Bénéjean-Lère, La cathédrale Saint-Étienne de Cahors, p. 9-69, dans Congrès archéologique de France. 147e session. Quercy. 1989, Société française d'archéologie, Paris, 1993 ; p. 544
  • Marie-Anne Sire, Cathédrale de Cahors. Les peintures murales du XIVe siècle récemment découvertes dans le massif occidental, p. 71-77, dans Congrès archéologique de France. 147e session. Quercy. 1989, Société française d'archéologie, Paris, 1993 ; p. 544
  • Georges Costa, Le trésor de la cathédrale Saint-Étienne de Cahors, p. 79-85, dans Congrès archéologique de France. 147e session. Quercy. 1989, Société française d'archéologie, Paris, 1993 ; p. 544

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]