Serrure

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Serrure de l'hôtel de ville de Mons en Belgique

Une serrure est un mécanisme de fermeture (d’une porte, d’un véhicule) qui ne peut être ouvert que par une clef ou une combinaison correspondante.

Histoire[modifier | modifier le code]

Serrure à moraillon

L’invention de la serrure suivit logiquement celle du verrou.

  • Les premières portes ont été sécurisées par l’invention du verrou[1], simple tige de bois (le pêne) poussée dans une ouverture dans le montant fixe (la gâche).
  • Ce verrou étant facilement manipulable, on eut l’idée de bloquer celui-ci par une cheville mobile de bois : c’est la naissance de la serrure.
  • Pour déverrouiller cette cheville, on fabriqua un outil comportant une dent (tige de fer) qui permettait de soulever la cheville. Puis, par déduction, on comprit alors que si cette tige avait plusieurs dents, elle pourrait soulever plusieurs chevilles : la clé était née.
Serrure de porte de grenier Dogon (Mali) et sa clé

Ce type de serrure connu dès le Néolithique en Europe, est encore employé dans les régions d’Afrique noire pour la fermeture des greniers à grain (au Mali et Burkina Faso notamment).

Des clés, datant du IIe millénaire av. J.-C. furent découvertes en Iran, Nouvelle-Guinée, Maroc, Inde, Afrique et en Chine. La serrure néolithique celtique évolue avec l'apparition de la clé à ressort puis de celle par retrait de lames à ressort et translation. Les Romains étaient déjà au fait du travail du fer et du forgeage des métaux et c'est à l'époque gallo-romaine que seront inventées la serrure dite "laconienne" puis la serrure à rotation encore utilisée[2].

Le dispositif est amélioré avec l'urbanisation progressive et la montée de la criminalité[réf. nécessaire]. Linus Yale Jr. perfectionne l’invention de son père, Linus Yale Sr., la serrure cylindrique à goupilles et déposé en 1861 un brevet pour la première serrure cylindrique équipée d’une clef plate crantée, similaire à celles que l’on utilise aujourd’hui.

Le forgeron-serrurier était appelé « Fèvre » (du latin faber qui signifie forgeron), par extension et le travail de l’or, ce forgeron devint orfèvre.

La serrurerie en France - XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

C’est au XVIIe siècle que la serrurerie acquiert ses lettres de noblesse[style à revoir] : l’artisan serrurier était alors seul maître de son art selon les règles corporatives édictées en 1650 sous le règne de Louis XIV[réf. nécessaire]. À cette époque les premiers ateliers de serrurerie voient le jour, notamment dans le Vimeu en Picardie qui devint le berceau de la serrurerie en France.

Jeton de la corporation des serruriers. La profession de serrurier a été l'objet d'une discipline très sévère dans tous les temps en raison de la gravité exceptionnelle des conséquences des abus ou de la négligence de ses membres

Saint Éloi[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Éloi de Noyon.

Éloi (Saint), (Eliglus en latin), évêque de Noyon apprit, sous la direction d'Abbon, maître de la monnaie de la ville de Limoges, la profession d'orfèvre, où il ne tarda pas à exceller.[réf. nécessaire]

Types de serrures[modifier | modifier le code]

Il existe différents types de serrures :

  • La serrure à garnitures utilise des pièces de métal fixes (les garnitures) dont la disposition doit correspondre au motif du panneton de la clef afin que celle-ci puisse tourner ;
  • La serrure à gorges est équipée de pièces métalliques montées sur un pivot (les gorges), levés à une certaine hauteur par la rotation du panneton de la clef.
  • La serrure à goupilles, encore appelée serrure de Yale (du nom de son inventeur), utilise une série de goupilles (broches) de différentes tailles, pour bloquer l’ouverture sans l’introduction de la clef correspondante ;
  • La serrure tubulaire est un type de serrure dans laquelle les goupilles sont disposées de façon circulaire par rapport au cylindre ;
  • La serrure à pompe souvent appelée serrure de sécurité, est un mécanisme cylindrique muni de plusieurs ailettes indépendantes coulissantes suivant l'axe du cylindre ;
  • La serrure à crémone est un élément de fermeture d’une fenêtre ;
  • La serrure biométrique est un système qui utilise les mesures d'empreinte, de rétine, de contour des mains ou tout autre mécanisme ayant pour clé principale un trait unique à une personne (on pourrait penser à l'empreinte vocale, l'adn, etc.) pour identifier les personnes ayant accès ;
  • La serrure à secret ou serrure à piège et à secret, est une serrure dont le fonctionnement de l’ouverture est seul connu du propriétaire ;
  • La serrure à disque est une serrure qui utilise des disques rotatifs comme mécanisme de déverrouillage au lieu de goupille.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les portes d'autrefois comportaient parfois une bobinette qui était une pièce mobile qui tombait quand on retirait la chevillette, autorisant ainsi l'ouverture de la porte. Un moyen permettait de bloquer la chevillette, empêchant (verrouillant) l'ouverture de la porte.
  2. Dossiers d'Archéologia no 335 sept oct 2009, p. 62,artisans et savoir-faire des gaulois

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Guarry, 400 ans de serrures. Répertoire raisonné des serrures sous toutes les formes, de 1450 à 1850, Argusvalentines, Luxembourg ; Vilo, Paris, 2005, 270 p. (ISBN 2-919769-17-0)
  • Marie Pessiot et al., La fidèle ouverture ou l'art du serruruier, Catalogue de l'exposition de Rouen, Musée Le Secq des Tournelles, 2007.
  • Mathieu Linlaud, Serrures médiévales, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2014, 343 p., ill.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]