Académie des inscriptions et belles-lettres

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L’Académie des inscriptions et belles-lettres a été fondée par Colbert en 1663. Connue sous le nom de « Petite Académie » avant sa création officielle, elle s'est appelée successivement « Académie royale des inscriptions et médailles », « Académie royale des inscriptions et belles-lettres », « Institut national des sciences et des arts, classe de littérature et beaux-arts » et « Institut national des sciences et des arts, classe d'histoire et littérature anciennes » avant de trouver le 21 mars 1816 son appellation actuelle. Elle fait partie de l'Institut de France.

Bureau pour 2014 : Roland Recht, président ; Robert Martin, vice-président ; Michel Zink, secrétaire perpétuel ; M. Zink a été élu secrétaire perpétuel lors du comité secret du 28 octobre 2011.

Histoire et attributions[modifier | modifier le code]

Gaston Maspero, célèbre égyptologue, mort à son banc à l'Académie, alors qu'il allait prendre la parole.

La mission de l'Académie était initialement d'établir les inscriptions et devises des monuments et médailles en l'honneur du roi Louis XIV. Elle devait, pour cela, étudier les médailles et autres raretés, anciennes et modernes, du cabinet du roi ainsi que les anciens monuments de la France.

Très rapidement, l'Académie s'est occupé d'archéologie et d'histoire au sens le plus large. L’ordonnance du 16 juillet 1701, sous l'impulsion de Jérôme Phélypeaux, secrétaire d'État à la Maison du Roi, la transforme en une véritable institution d'État. Son existence est confirmée par des lettres patentes de février 1713 données par Louis XIV au château de Marly.

De 1717, date de parution du premier volume, à 1793, date de sa dissolution, elle publie 317 mémoires historiques, la plupart consacrés à la Gaule et au Moyen Âge : études de géographie ancienne, de littérature, de sciences auxiliaires de l'histoire (épigraphie, numismatique, sigillographie, etc.), d'histoire des institutions, des mœurs et des coutumes.

Les travaux de l'Académie s'appuient dès le départ sur des documents archéologiques et sur des sources, et acquièrent ainsi une réputation de qualité et de sérieux. Plusieurs académiciens sont considérés parmi les fondateurs de la science historique en France : l'abbé Jean Lebeuf, Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye, Louis-Georges de Bréquigny, le comte de Caylus ou Nicolas Fréret par exemple. L'Académie acquiert ainsi un très grand prestige tout au long du XVIIIe siècle.

Le règlement du 22 décembre 1786 en tire la conclusion en faisant de la recherche historique en tant que telle le but principal de l'institution : « L'objet principal et direct de l'Académie étant l'histoire, elle s'attachera principalement 1) à l'étude des langues, particulièrement des langues orientales et des langues grecque et latine 2) à celle des monuments de tout espèce, médailles, inscriptions, etc., concernant l'histoire ancienne et l'histoire du Moyen Âge [...] 5) à l'étude des sciences, arts et métiers des anciens, en les comparant avec ceux des modernes... »

Sous la Révolution française, le décret du 27 novembre 1792 interdit aux Académies royales de pourvoir au remplacement des académiciens décédés, puis le décret du 8 août 1793 ordonne la suppression de « toutes les académies et sociétés littéraires patentées ou dotées par la Nation ». L'Académie royale des inscriptions et belles-lettres devient ainsi la 3e classe (d'abord « littérature et beaux-arts », puis « histoire et littérature anciennes ») de l'Institut de France établie par la Constitution de l'an III (1795).

L'ordonnance du 21 mars 1816 lui restitue l'appellation d'Académie des inscriptions et belles-lettres.

L'académie des sciences et belles-lettres est à l'origine de la création de l'Union académique internationale.

Aujourd'hui, les missions de l'Académie sont devenues plus larges, avec une prédilection pour l'histoire de France et des Gaules, la linguistique, l'archéologie et les études orientalistes.

Statut et organisation[modifier | modifier le code]

De quelques membres sous Colbert, l'institution a rapidement grandi. Le règlement de 1701, longtemps en vigueur, fixe le nombre de ses membres à 40 : 10 honoraires, 10 pensionnaires, 10 associés libres et 10 élèves. En 1715, on leur adjoint 6 associés étrangers.

L'Académie est une personne morale de droit public à statut particulier. Elle se compose normalement de 55 membres et de 40 associés étrangers. Un seul fauteuil est vacant au 1er mars 2014, celui de l'helléniste Philippe Gauthier (1935-2013).

Les séances se tenaient primitivement au Palais du Louvre, dans une salle du rez-de-chaussée au-delà du pavillon de l'Horloge. En 1805, elle fut transférée au Palais de l'Institut, avec les autres académies.

Publication[modifier | modifier le code]

L'Académie assure la publication de plusieurs revues notamment les Comptes rendus de l'Académie des inscriptions et belles-lettres et le Journal des Savants. Elle publie également l'Histoire littéraire de la France, ouvrage commencé en 1733 par les Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur. En 1814, le travail est poursuivi par l'Institut de France puis par l'Académie des inscriptions et belles-lettres, qui continue encore aujourd'hui la publication des volumes à un rythme qui paraît s'accélérer. Au nombre des nombreuses collections de l'Académie, notons les Mémoires de l'Académie (nouvelle série), qui comptent près de 50 volumes à la date du 12 février 2013 ; cette série au format in-4° remplace depuis 1975 les séries publiées auparavant sous les titres de Mémoires de l’Institut « Académie des Inscriptions et Belles-Lettres » et de Mémoires des Divers Savants. Elle accueille des travaux scientifiques de premier plan méritant d’être publiés chacun dans un volume.

Membres de l'Académie[modifier | modifier le code]

Voir la Liste des membres de l'Académie des inscriptions et belles-lettres

Lien externe[modifier | modifier le code]