Années 1830

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Années :

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18351836183718381839

Décennies :

1810 · 1820Années 18301840 · 1850

Siècles :

XVIIIe siècleXIXe siècleXXe siècle

Millénaires :

 Ier millénaireIIe millénaireIIIe millénaire 

Événements[modifier | modifier le code]


  • Uruguay : le pays dispose d’une constitution libérale et de ressources économiques provenant de son port de Montevideo et de ses exportations agricoles (élevage). Mais les disputes localistes divisent l’Uruguay en deux camps à partir de 1836. Les colorados, qui s’appuient sur la capitale, symbolisent la modernité et les idées libérales. Souffrant de la concurrence de Buenos Aires et commerçant avec le Brésil, ils sont fatalement anti-argentins. Les blancos défendent l’autorité des propriétaires terriens de l’intérieur et se méfient des visées expansionnistes du Brésil.

Afrique[modifier | modifier le code]

  • Les Masaï atteignent la latitude de Zanzibar.
  • Les marchands arabes établissent un relais à Tabora entre Zanzibar et les Grands Lacs.
  • Première incursion des traitants arabes dans le royaume lounda du Kazembe (à l’est de l’Angola). Habitués au système des tributs, les Lounda seront dépassé par l’esprit de libre entreprise des traitants, prélude à l’essor du grand commerce qui ne tarde pas à bouleverser les structures politiques du royaume.
  • Après la perte du Brésil, les Portugais reprennent une politique expansionniste en Angola. De 1836 à 1839, ils annexent les territoires de Matamba (en) et de Ginga et créent un poste à Duque de Bragança (pt) à 400 km à l’est de Luanda (1838).
  • Le monopole gouvernemental sur l’ivoire en Angola est aboli en 1834. Les prix augmentent de 300% à Luanda, provoquant un boom des exportations : 3000 livres en 1832, 105 000 en 1844, 190 000 en 1859. Dès 1850, elles dépassent en valeur celles des esclaves. Les Chokwe, qui se sont repliés pendant la période négrière dans les collines boisées aux sources du Kwango, du Kwilu et du Kasai (Angola), profitent du boom de l’ivoire pour s’enrichir. Ils achètent des fusils qui rendent la chasse plus rentable et leur permettent d’acheter des esclaves, surtout des femmes. Entre 1850 et 1890, l’épuisement des ressources de la chasse et de la cueillette et la pression démographique les poussent à migrer vers le nord et l’est de l’Angola, le sud de la République démocratique du Congo, de s’emparer de l’Empire Lounda et d’assujettir la plupart de leurs voisins[1].
  • En Afrique du Sud, la suppression de l’esclavage (1833), le contrôle du régime de la propriété et l’immigration anglaise détermine un grand nombre de Boers à émigrer vers les plateaux de l’intérieur[2].
  • Malgré son interdiction, la traite des esclaves continue : 60 000 départs par an vers 1830.

Personnages significatifs[modifier | modifier le code]

Inventions, découvertes, introductions[modifier | modifier le code]

Locomotive « Le Belge » issue des ateliers John Cockerill

Art et culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Décennie 1830 en arts plastiques.

Sport et loisir[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Années 1830 en sport.

Économie et société[modifier | modifier le code]

  • 1830 :
    • Mars : les Règlements organiques de Moldavie et de Valachie séparent la terre en réserves exploitées directement par les propriétaires (un tiers de la terre) et en tenures réservées aux paysans moyennant douze jours de corvée par an. En Valachie, on assiste à d’importants défrichements de la part des paysans et au développement de la culture du blé. En Moldavie, l’exploitation se fait davantage sous la forme directe par l’intermédiaire d’un fermier, qui est souvent juif.
    • Reprise de la pêche à la baleine par les Français : 15 bâtiments partent avec près de 500 hommes d’équipages, dont encore 20 % d’étrangers.
    • Extinction du dernier haut-fourneau à bois d’Angleterre.
    • Les manufactures dispersées, concurrencées par les manufactures concentrées, représentent encore les 2/3 de l’activité cotonnière britannique.
    • Hitel (Crédit), ouvrage de István Széchenyi préconisant le démantèlement de la féodalité pour favoriser le développement économique en Hongrie. Vivement critiqué, Széchenyi se consacre à ses entreprises ou ses projets de construction : régularisation fluviale à la Porte de fer pour la navigation sur le Danube, création d’une société de bateaux à vapeur, construction d’un pont suspendu entre Pest et Buda
    • Abolition de l’esclavage des Géorgiens et des Circassiens dans l’Empire russe.
    • Dans la République de Cracovie, la corvée est remplacée par une redevance en argent.
    • Le volume des importations d’opium par les occidentaux en Chine dépasse celui des exportations de thé et de soie. L’argent commence à sortir de Chine, avec des effets néfastes sur l’économie et les finances publiques.
  • 1831 :
    • développement de la construction de machines agricoles en Russie (Bunetop).
    • 150 000 habitants à Bagdad qui connaît une renaissance commerciale. Elle reçoit des produits de l’Inde, de Syrie, de Perse, de Turquie. L’influence européenne, notamment britannique, y est grandissante.
  • 1832 :
  • 1832-1834 : mauvaise récoltes et disette en Russie.
  • 1833 :
    • Jakob Friedrich Kammerer fonde en Autriche la première usine de production d’allumettes au phosphore, allumables par simple friction.
    • Création de la Lloyd, compagnie de commerce maritime à Trieste.
    • Russie : interdiction de la vente aux enchères de serfs sans terre pour acquitter des dettes privés, et des ventes dispersant les membres d’une même famille.
  • 1833-1837 : Grande Famine Tenpō au Japon. Dans le Nord du pays, la famine aurait fait un million de mort.
  • 1834 :
    • Portugal : poursuite de la baisse des prix agricoles en 1834 et 1851.
    • Modernisation des principautés danubiennes par la création de routes, l’organisation d’un système postal, l’ouverture d’école.
    • Belgique : fondation de la faïencerie de Wasmuel par Isidore Paulus[3].
    • Premières exportations d’arachides de Gambie vers l’Angleterre, les États-Unis et la France. Elles augmentent régulièrement pour dépasser 10 000 tonnes par an en 1850. La culture de l’arachide pour l’exportation se développe également dans les Rivières du Sud (régions entre la Gambie et la Sierra Leone) puis au Sénégal à partir de 1850.
    • Mohammed Chérif et son fils Ali favorisent les échanges transsahariens du Ouadaï avec Benghazi, en Cyrénaïque.
  • 1835 :
  • 16 juin 1836 (Publicité) : Girardin fait insérer pour la première fois dans son journal, la Presse, des annonces commerciales, ce qui lui permet d’en abaisser le prix.
  • 1836 :
  • 1837 :
    • L’archiduc Jean fonde à Graz l’Association pour la promotion de l’industrie et de l’artisanat en Autriche intérieure.
    • Le prince Anatole Demidov, maître de forge de l’Oural, confie à l’ingénieur français Le Play la mission d’étudier l’exploration du charbon du Donets.
  • 1839 :


  • Augmentation des exportations d’or de Gold Coast vers le Royaume-Uni, qui passent de 5 000 à 10 000 onces par an en moyenne. Elles demeurent très irrégulières et la Gold Coast connaît par conséquent une grande instabilité économique.
  • Maroc : prospérité du port de Mogador dans les années 1830-1840. Les produits licites du Soudan représentent un tiers des exportations.
  • Indes orientales néerlandaises : pour redresser la colonie après la Guerre de Java, le gouverneur Hollandais Johannes van den Bosch impose le système des cultures (Cultuurstelsel) qui oblige les paysans javanais à consacrer un cinquième de la terre et de leur travail aux cultures d’exportation (thé, café, épices, sucre, indigo) imposées par le gouvernement. Les produits ainsi obtenus sont la propriété de l’État.
  • Arrivée massive de main-d’œuvre tamoule à Ceylan. Les Britanniques l’exploitent pour développer les plantations de café sur les hautes terres, où ils obtiennent à très bas prix des terrains soustraits aux communautés villageoises. L’économie du centre de l’île est désenclavée par un réseau routier.

Démographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. John E. Flint, The Cambridge History of Africa, vol. 5, Cambridge University Press,‎ 1977 (ISBN 9780521207010, résumé)
  2. Joseph Lévesque, Colonisation et décolonisation, Éditions des écrivains,‎ 1998 (résumé)
  3. barbotine-belge.com
  4. Joëlle Allouche-Benayoun, Doris Bensimon, Juifs d'Algérie, Privat,‎ 1989 (ISBN 9782708953697, résumé)

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