Autel (christianisme)

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Autel de l’église d’Avenas (69) datant du XIIe siècle.

Un autel est une table consacrée qui, dans la liturgie chrétienne, est le lieu autour duquel se rassemble la communauté chrétienne pour célébrer l'eucharistie comme mémorial de la dernière Cène du Christ.

Histoire[modifier | modifier le code]

Pendant les premiers siècles du christianisme, les autels étaient généralement tournés vers l'orient dans la partie de l'Europe correspondant à l'Empire byzantin et au Proche-Orient ancien[1], en Gaule et dans la péninsule Ibérique; et, souvent tournés vers l'orient en Europe occidentale. À Rome et en Afrique du Nord, la situation était plus contrastée car il y existait plus d'autels tournés vers le peuple et l'orient en même temps (avec donc une abside à l'occident) tels qu'était le cas dans la première basilique Saint-Pierre. De plus, il n'existait pas de règle définie pour l'Église paléochrétienne[2] bien que les premiers siècles du christianisme esquissaient déjà une tendance nette à l'orientation de l'autel vers l'Orient[3].

Pendant le haut Moyen Âge, les églises de Rome adoptèrent progressivement l'autel disposé au fond du chœur contre l'abside et vers lequel était tourné le prêtre, orientation dite justement ad orientem. Puis, tout aussi progressivement et entre la fin du VIIe siècle et le milieu du Xe siècle, le Saint-Siège influença la généralisation de cette orientation, partout dans le reste de l'Europe occidentale où ce n'était pas déjà le cas, grâce à la diffusion des ordines romani successives. Lors de la période de la réforme grégorienne du XIe siècle, retables et chandeliers apparurent sur les autels[4]

Fonction[modifier | modifier le code]

Dans la tradition chrétienne, l'autel a acquis le double sens de table aussi bien sacrificielle que conviviale. Le rite eucharistique célébré sur l'autel est un mémorial du sacrifice unique de Jésus, expiant les péchés des hommes par sa mort sur la croix. L'autel eucharistique est également la table de convivialité autour de laquelle se rassemble la communauté des croyants qui dans la réception du corps (pain) et du sang (vin) du Christ en reçoivent force et grâce de son sacrifice salvateur de la croix.
Dans la forme extraordinaire du rite romain, le célébrant tourne le dos à l'assemblée des fidèles car fait face à la Croix au-dessus de l'Autel, dit Maître-Autel (souvent en fond d'Eglise aujourd'hui), les paroles qu'il prononce sont suivies par l'assemblée grâce à l'usage du Missel Romain (les paroles sont adressées à Dieu, l'assemblée y est associée, le calendrier suivi est le calendrier Grégorien établi sous l'autorité de Grégoire Le Grand v.540-604). Depuis la réforme liturgique du concile Vatican-II, l'autel s'est rapproché des fidèles, avec lequel le célébrant veut maintenir un contact direct, les associant de façon différente à la célébration. Certains peuvent y voir une perte de sacré, la pluralité des rites manifeste en tout état de cause la richesse des chemins permettant d'accéder à la Vérité.

Autel dans une église mexicaine

Composition et art[modifier | modifier le code]

D’abord meuble de bois plus ou moins ouvragé, que l’on déplaçait pour l’office (les premiers lieux de culte ne comportaient habituellement pas d’emplacement consacré), l'autel prend une place fixe, à partir du IVe siècle, dans l'abside des églises nouvellement construites. Il devient inamovible vers le XIIe siècle, étant alors fait de pierre ou de matériau noble, comme le marbre. Y sont insérées des reliques de saints, tout particulièrement - dans l'autel principal - des reliques du saint patron protecteur de l'église[5]. Lorsqu'une église contient plusieurs autels, le principal est appelé maître-autel.

Types d'autels[modifier | modifier le code]

Selon la fonction[modifier | modifier le code]

  • Maître-autel ;
  • Autel à armoire ;
  • Autel de chapelle ;
  • Autel de chœur de religieux ;
  • Autel des féries ;
  • Autel grégorien ;
  • Autel-itinéraire ;
  • Autel de jubé ;
  • Autel matutinal ;
  • Autel des morts ;
  • Autel papal ;
  • Autel portatif ;
  • Autel du privilège des sept autels ;
  • Autel privilégié ;
  • Autel du Saint-Sacrement ;
  • Autel secondaire ;
  • Autel-tombeau ;
  • Autel votif.

Selon la forme ou autre particularité[modifier | modifier le code]

Ci-dessous se trouvent aussi des autels auxquels a été attribuée une place spéciale mais sans qu'une fonction particulière ne la justifie.

  • Autel adossé ;
  • Autel-bloc ;
  • Autel-coffre ;
  • Autel composite ;
  • Autel de confrérie ;
  • Autel de contre-chœur ;
  • Autel droit ;
  • Autel galbé ;
  • Autel isolé ;
  • Autel à parement ;
  • Autel de retro ;
  • Autel en sigma ;
  • Autel-table ;
  • Autel en tombeau d’Agrippa ;
  • Autel en tronc de pyramide.

Éléments d'autels[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Architecture et liturgie, par Louis Bouyer, Paris, Éditions du Cerf, 1991.
  2. Article L'espace liturgique dans les églises paléochrétiennes dans La Maison-Dieu n°193 (page 11), par Noël Duval, Paris, Éditions du Cerf, 1993.
  3. Tournés vers le Seigneur (page 20), par Mgr Klaus Gamber, Le Barroux, Éditions Sainte-Madeleine, 1993.
  4. Versus ad Orientem. L'orientation dans les ordines romani du haut Moyen Âge. (page 460), par Cyril Vogel, Studi Medievali, Serie Terza I, 1960.
  5. Un indult de Pie XI du 15 juillet 1929 donne aux aumôniers scouts le privilège de l’autel portatif, un usage concédé aux missionnaires itinérants depuis au moins un siècle auparavant.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Créations contemporaines[modifier | modifier le code]