Années 1840

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Années :

18401841184218431844
18451846184718481849

Décennies :

1820 · 1830Années 18401850 · 1860

Siècles :

XVIIIe siècleXIXe siècleXXe siècle

Millénaires :

 Ier millénaireIIe millénaireIIIe millénaire 

Événements[modifier | modifier le code]

Afrique[modifier | modifier le code]

  • 1839-1842 : Mohamed-Ali organise des expéditions qui remontent le Nil Blanc. Elles permettent d’accroître un important commerce d’esclaves noirs capturés au Soudan et jusqu’aux frontières du Congo et de l’Ouganda.
  • À partir de 1840, des groupes ngoni venus du Zimbabwe menés par leur chef Zwangendaba (en), atteignent le sud de la Tanzanie actuelle. Après la mort de Zwangendaba en 1845, ils s’installent dans l’ouest et le centre du pays[1]. Leur invasion entraîne des destructions massives de biens et de personnes et un climat d’insécurité et de violence qui facilitent les ravages provoqués par la traite des esclaves. D’autre part, ils diffusent de nouvelles conceptions et techniques militaires et de nouvelles formes de d’organisation politiques héritées des Zoulous, dont s’inspireront des chefs nyamwezi comme Mirambo (en) et Nyungu ya Mawe.
  • Déclin du royaume de Cassange lorsque les Ovimbundus, vivant dans le centre de l’Angola, émigrent vers le nord et vers le royaume lounda. Les Ovimbundus, divisés en une douzaine de petits États dont le plus important contrôle le carrefour commercial de Bihe, atteignent leur apogée entre 1840 et 1890 pendant les cycles de la cire, de l’ivoire et du caoutchouc. Ils opèrent chez les Lounda à partir de 1840, au Katanga (1850), au Kasai et chez les Lozi du Zambèze.
  • L’islam pénètre au Bouganda par l’intermédiaire des marchands arabo-swahili et kharthoumiens.
  • Apogée de l’empire peul du Macina, dirigé par Cheikou Amadou, assisté du Conseil des quarante, dans une extrême austérité, tout dérèglement moral étant puni. Cheikou Amadou unifie les mesures, améliore le trafic fluvial, organise la fiscalité en un système moins féodal.

Europe[modifier | modifier le code]

Océanie[modifier | modifier le code]

Personnages significatifs[modifier | modifier le code]

Inventions, découvertes, introductions[modifier | modifier le code]

  • Timbre-poste.
  • Le premier bombardement aérien réussi de l'histoire a lieu en Italie, à Venise, où en 1848 les Autrichiens lâchent une bombe (50 pounds) sur la ville à partir d'un ballon[3].

Art et culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Décennie 1840 en arts plastiques.

Sport et loisir[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Années 1840 en sport.

Économie et Société[modifier | modifier le code]

  • 1840-1897, États-Unis : convois de bétail (jusqu’à 10 millions de têtes) du Texas aux lignes de chemin de fer du Kansas (Abilene) et du Missouri.
  • 1840-1849 : les exportations annuelles au Royaume-Uni sont de 55 millions de £.
  • 1840-1860 : la consommation de laine brute au Royaume-Uni double.
  • 1840 :
    • L’économiste allemand Friedrich List parle d’intégrer l’Autriche et la Hongrie dans un Zollverein élargi pour fonder une Europe centrale (Europe centrale) unie économiquement face à la Russie.
    • Le réseau ferré britannique compte 1 530 km.
    • Loi autorisant l’affranchissement des serfs d’entreprise en Russie. Essor du travail salarié dans l’industrie textile, mais maintient d’une important main-d’œuvre servile dans la métallurgie.
  • 1841 :
  • 1842 :
    • Après le traité de Nankin, le thé chinois importé par les Britanniques est moins cher que le thé acheminé par terre à Irkoutsk en Russie.
    • Loi sur les « paysans obligés » en Russie : contrat entre paysans et propriétaires.
    • Loi instaurant l'impôt sur le revenu au Royaume-Uni (income tax).
    • Rapport Chadwick sur les horreurs de la situation sanitaire en Grande-Bretagne.
    • Le gouvernement Robert Peel abolit les droits sur les produits finis et semi-finis, la laine et le coton brut au Royaume-Uni (1842 - 1844).
  • 1843 : en Grande-Bretagne, le gouvernement Robert Peel abolit l’interdiction d’exporter des machines hors du Royaume-Uni. La fin de l’interdiction d’exporter des machines à filer entraîne un grand développement des filatures russes.
  • 1843-1844 : échec d’un projet d’impôts léger sur la propriété présenté par Kossuth aux diétines des comitats et à la Diète nationale en Hongrie, qui se déroulent accompagnées d’actes de violence contre les libéraux.
  • 1843-1850 : le Cultuurstelsel provoque de grandes famines et de nombreuses révoltes dans certaines régions de Java.
  • 1844 :
    • Modernisation du port d’Akyab dans l’Arakan (Birmanie), qui devient le plus grand port mondial d’exportation de riz : les travaux de transformation des docks de chaume en jetées de briques sont réalisés par des bagnards.
    • Le prince de Serbie Alexandre Karađorđević s’attaque à la zagrouda (système de famille élargie qui possède des biens en collectivité). Il entend favoriser la propriété individuelle et l’indépendance des individus.
  • 1844-1848 : introduction progressive dans les provinces occidentales de l'empire russe d’inventaires fixant strictement les obligations des serfs et limitant la puissance des propriétaires polonais.
  • 1845-1851 : une grande famine ravage l'Irlande. Conséquence de la politique impériale britannique et de maladies qui s'abattent sur les récoltes, elle a un impact majeur sur la démographie de l'île. Elle aurait fait entre 0,5 et 1 million de morts et poussé de nombreux irlandais à émigrer vers le nouveau monde.
  • 1845-1846 : crise économique en France, due à de mauvaises récoltes de céréales aggravée par une maladie touchant la pomme de terre.
  • 1845-1847 : second boom du chemin de fer au Royaume-Uni, qui emploie jusqu’à 300 000 personnes.
  • 1845-1848 : sècheresse en Afrique occidentale.
  • 1845 :
  • 1846 :
  • 1846-1852 : famine de la pomme de terre dans les Highlands.
  • 1847 :
  • 9 novembre 1847 : autorisation donnée aux serfs russes d’acheter leur liberté si le domaine de leur maître est mis en vente pour dettes (effets limités).
  • 1848 :
  • 1849 :
    • Un projet de canal à travers l’isthme de Suez est repris à la mort de Méhémet Ali, qui s’y opposait.
    • Chantiers de construction navale à Sormovo (Russie).
    • Proudhon, après le premier échec de sa Banque d’échanges qui proposait un système dans lequel des produits étaient échangés contre d’autres, fonde une Banque du peuple, qui propose un crédit gratuit et échoue également malgré quelque 20 000 souscriptions.
    • Le socialiste français Étienne Cabet, accompagné de 280 de ses adeptes émigre pour les États-Unis, où il fonde à Nauvoo dans l’Illinois une communauté inspirée de son roman utopique, Voyage en Icarie. Mais la colonie ne comptera jamais plus de 1 800 membres et toutes les idées de Cabet n’y seront pas mises en pratique. En 1856, des dissensions au sein de la communauté l’obligeront à partir. Avec 180 fidèles, il ira fonder un nouvel établissement à Saint Louis dans le Missouri, mais cette communauté connaîtra des problèmes analogues. Le mouvement fondé par Cabet continuera d’exister aux États-Unis jusqu’en 1895.
    • Après un séjour à Paris en fin 1848 début 1849, Karl Marx s’installe à Cologne où il fonde un journal communiste, la Neue rheinische Zeitung (la Nouvelle Gazette rhénane) et où il dirige la section locale de la Ligue des communistes et fonde une association de travailleurs comptant sept mille adhérents. Accusé d’organiser des activités révolutionnaires, il est arrêté et jugé à Cologne pour incitation à l’insurrection armée. Il est acquitté, mais expulsé d’Allemagne. Après l’échec des révolutions en France et en Europe, il s’exile alors à Londres, où il passera le reste de sa vie.
  • États-Unis :
    • Série de grèves dans les usines textiles d’Allegheny, près de Pittsburgh, dans les années 1840. Les ouvrières exigent des journées de travail plus courtes.
    • La Frontière (frontier) atteint le 100 ° méridien. Quatre millions cinq cent mille personnes ont déjà franchit les Appalaches pour rejoindre la vallée du Mississippi.
  • Argentine : Les exportations argentines de laine passent de 1,6 million de kilos en 1840 à 45 millions en 1860, pour atteindre 100 millions en 1880 et 200 en 1890.
  • Antilles : Face à la pénurie de main-d’œuvre consécutive à l’abolition de l’esclavage, la Grande-Bretagne et la France recrutent des « travailleurs sous contrat » : des esclaves sont rachetés en Afrique ou saisis dans les navires négriers clandestins, proclamés libres et sont contraints d’accepter un contrat d’émigration. Les Antilles britanniques en reçoivent 36 000 entre 1841 et 1867, les Antilles françaises 15 000 entre 1857 et 1862.
  • Il n’y a aucun crédit prévu pour l’enseignement indigène en Indonésie. En 1840, sur un budget d’environ 40 millions de florins, seul 500 000 sont prévus pour le poste « agriculture, religion, art et science ».
  • Recul des productions traditionnelles (poivre, cannelle) à Java au profit du café, de la canne à sucre, et de l’indigo (troisième rang des bénéfices entre 1840 et 1864). La culture du tabac se développe se développe dans l’Oostkust (nord-ouest de Sumatra).
  • Le palmier à huile est cultivé dans la région de Buitenzorg. Sa culture s’organisera en vue de l’exportation au XXe siècle.

Afrique[modifier | modifier le code]

  • 1840-1860, Gold Coast : le négociant euro-africain Samuel Collins Brew, issu d’une lignée de négriers d’origine irlandaise et fanti, fait le commerce de l’or et de l’ivoire avec le pays ashanti à partir de Cape Coast.
  • 1843 : crise de la main-d’œuvre à l’île Maurice, qui n’est plus approvisionnée en esclaves africains depuis l’abolition de la traite et l’émancipation des esclaves présents (près des trois quarts de la population), décrétée en 1835. Pour cultiver la canne à sucre, les colons décident d’introduire dans l’île des « engagés » originaires des Indes.
  • 1846-1849 : chute brutale des exportations vers l’Europe occidentale suite à la crise économique. Leur croissance reprend à partir de 1854.
  • 1846 : récession commerciale à Saint-Louis du Sénégal, liée au marasme économique en France, à l’émancipation des esclaves, à la faiblesse des moyens financiers accordés par la métropole et à la maladresse du pouvoir central local. La crise, qui va en s’aggravant dans les cinq années suivantes, entraîne aussitôt un endettement massif des traitants européens, ainsi que la montée d’une tension entre les deux communautés raciales.
  • Égypte : Mohamed-Ali laisse un pays prospère ayant une économie moderne. Cette évolution est due en grande partie à des conseillers techniques français, tel Jumel, qui a introduit la culture du coton à longues fibres ou encore Linant de Bellefonds qui a fait construire le premier barrage sur le Nil.
  • Angola : Les marchands de Luanda ouvrent un port à Moçâmedes, au Sud de l’Angola, dans le but d’entrer directement en contact avec les producteurs d’ivoire. Une nouvelle route s’enfonce chez les Nkunde et chez les Ovambo, à la frontière actuelle de la Namibie (esclaves, gomme, cire, bétail). Boom des exportations de cire. À Luanda, elles passent de 52 690 livres en 1844 à 1,7 million en 1857. En 1845, les royaumes de Luanda et de Benguela comptent 400 000 personnes dont 1 832 Blancs (156 femmes), 5 789 mulâtres, 300 000 Noirs libres et 86 000 esclaves. La ville de Benguela compte 600 maisons, mais seulement 38 Blancs mâles et une femme. Dans l’arrière pays vivent six Blancs. En dehors des responsables politiques et des riches négociants, la plupart des Portugais sont des degradados, condamnés de droit commun venus de la métropole. La colonie souffre d’une crise financière permanente. L’armée, composé en grande partie de Noirs encadrés par quelques Blancs, est d’une médiocrité légendaire.
  • Zanzibar : Le sultan Seyyd Saïd ibn Sultan relance le commerce de l’ivoire, introduit le giroflier dans l’île de Zanzibar, y développe l’agriculture par l’utilisation d’esclaves et favorise la traite (15 000 esclaves sont importés chaque année de 1840 à 1870). L’établissement des commerçants indiens et européens est favorisé, des consulats sont installés.
    • Les plantations de giroflier nécessitent beaucoup de main-d’œuvre servile pour la récolte et en raison de la forte mortalité (de 22 à 30 % par an). À Zanzibar, elles sont de grandes dimensions et aux mains de l’aristocratie omani. Les plantations de petite et moyenne dimension, relativement nombreuses à Pemba et sur la côte mrima (30 à 100 esclaves), sont mieux distribuées entre les différents groupes (Omani, Swahili, Indiens).
    • Zanzibar exporte 210 000 kg d’ivoire en 1841, 375 000 kg en 1843, 435 000 kg en 1848, entre 297 000 kg et 437 500 kg jusqu’en 1856.
    • Zanzibar importe des produits d’Afrique orientale (ivoire, gomme copale, esclaves) pour les redistribuer. Trois axes principaux aboutissent sur la côte ; au Sud, de Kiloa vers le lac Nyassa par le pays Yao. Au Centre, de Bagamoyo et la côte mrina, face à Zanzibar, vers Tabora dans le pays Nyamwezi, jusqu’aux pays riverains des Grands Lacs, au Katanga et au cours supérieur du fleuve Congo. Au Nord, de Mombasa vers le lac Victoria et le mont Kenya par le pays Kamba.
    • Le commerce intérieur de Zanzibar porte sur des produits rares, fer, sel et cuivre. L’artisanat local persiste, malgré l’importation de tissus omani (dobwani), indiens (kamiki, bandar, assilia, barsati), américains (merikani) et européens à la fin du siècle, qui ruine l’artisanat textile. Les importations croissantes de fusils (5 000 à Zanzibar vers 1845, 100 000 en 1880) favorisent en revanche des ateliers de fabrication de poudre et de réparation ou de fabrication d’armes.

Démographie[modifier | modifier le code]

  • 1843 : Recensement de la République de Nouvelle-Grenade, qui compte 1 932 279 habitants[7].
  • 1846 : recensement en Hongrie. La population (Croatie et Slavonie non comprise) comprend 5 380 000 Hongrois magyars, 2 670 000 Roumains, 1 850 000 Slovaques, 1 480 000 Allemands, 1 030 000 Serbes et 480 000 Ruthènes. La Hongrie compte 240 000 Juifs. La noblesse, seule classe politique, représente 500 000 personnes sur 12 millions d’habitants. La future Budapest compte 120 000 habitants.
  • Onze millions d’Américains vivent dans des villes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Jolly, Histoire du continent africain : du XVIIe siècle à 1939, vol. 2, Éditions L'Harmattan,‎ 1996 (ISBN 9782738446886, présentation en ligne)
  2. Thomas Q. Reefe, The Rainbow and the Kings : A History of the Luba Empire to 1891, University of California Press,‎ 1981 (ISBN 9780520041400, présentation en ligne)
  3. Statistiques et archives sur les transports, INA, International Network archive
  4. Le Semeur, vol. 13, Paris, Au Bureau du Semeur,‎ 1844 (présentation en ligne)
  5. « Chronologie », Manière de voir (103), février-mars 2009, p. 12
  6. Boris Gorshkov, Russia’s Factory Children, University of Pittsburgh Press (ISBN 9780822973645, présentation en ligne)
  7. http://www.caracol.com.co/noticias/la-historia-del-censo-en-colombia/20050928/nota/207142.aspx

Sur les autres projets Wikimedia :