Thomas (apôtre)

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L'Incrédulité de saint Thomas, Rembrandt, 1634.

Thomas l'Apôtre ou saint Thomas est un des douze apôtres de Jésus. Son nom figure dans les listes d'apôtres des trois évangiles synoptiques et du livre des Actes des Apôtres. L'évangile selon Jean lui donne une place particulière. Il doute de la résurrection de Jésus-Christ, ce qui fait de lui le symbole de l'incrédulité religieuse. Diverses traditions le présentent comme envoyé (apostolos) en Adiabène à Nisibe, puis dans le royaume indo-parthe du Taxila. Il aurait porté la “Bonne nouvelle” jusqu'en Inde du Sud où il est considéré comme le fondateur de l'Église. Arrivé en Inde en 52, il y serait mort, martyr, aux environs des années 70, sur la colline qui s'appelle aujourd'hui Mont Saint-Thomas, près de Mylapore. Son tombeau se trouve dans la crypte de la basilique Saint-Thomas de Chennai. L'apôtre Thomas est présent dans la plupart des textes chrétiens antiques, et deux apocryphes lui sont attribués : l'évangile de Thomas et les Actes de Thomas.

Son nom, inconnu avant lui, signifie « jumeau » en araméen (Teʾoma), traduit en grec Didymos[1]. C'est pourquoi il est appelé Thomas le didyme dans l'évangile selon Jean[Note 1], et Judas Thomas dans la tradition syriaque[1] et les Pères de l'Église comme Eusèbe de Césarée[2]. L’Évangile attribué à Thomas le désigne sous le nom de Didyme Jude Thomas. Thomas ne semble pas être un nom avant le IIe siècle, il est donc probable que le prénom Thomas vienne du personnage historique des débuts du christianisme.

Depuis 1969, il est célébré le 3 juillet par les Églises catholique romaine et syriennes, spécialement en Inde où sa fête revêt une solennité toute particulière. Les Églises grecques le célèbrent le 6 octobre. Certaines Églises occidentales, comme l'Église anglicane, le fêtent toujours le 21 décembre. Il est le patron des chrétiens qui persévèrent dans la foi tout en connaissant le doute. Il était traditionnellement représenté portant une lance, pour évoquer la façon dont il a été tué et une équerre symbolisant sa fonction d'architecte. Cette fonction d'architecte fait référence à la construction du palais du roi indo-parthe du Taxila Gondopharès, qui selon les Actes de Thomas a obtenu de Jésus qu'il lui envoie Thomas.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Place dans les Évangiles[modifier | modifier le code]

Thomas l'incrédule (miniature du XIIe siècle)

Dans les évangiles synoptiques, Thomas n'est pas autrement mentionné que dans les listes d'apôtres[Note 2]. En revanche, dans l'évangile de Jean, il lui est donné une certaine prééminence. Il revèle d'abord fougue et générosité lorsqu'il réagit aux paroles de Jésus qui annonce sa mort : « Allons, nous aussi, et nous mourrons avec lui » (Jn 11:16). On perçoit aussi son esprit critique dans le dialogue qui suit la Cène. À Jésus qui dit « Quant au lieu où je vais, vous en savez le chemin » (Jn 14:4), Thomas répond avec vivacité : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas. Comment en connaîtrions-nous le chemin ? ».

Mais c'est son incrédulité qui lui donne une place unique dans le récit des apparitions de Jésus. Dans le même évangile, Thomas refuse de croire avant d’avoir vu les marques de la Crucifixion. « Thomas, appelé Didyme, l’un des douze, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : “Nous avons vu le Seigneur.” Mais il leur dit : “Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point.” Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta au milieu d’eux, et dit : “La paix soit avec vous !” Puis il dit à Thomas : “Avance ici ton doigt, et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais crois.” Thomas lui répondit : “Mon Seigneur et mon Dieu !” Jésus lui dit : “Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru !” » (Jn 20, 24-29).

Traditions chrétiennes[modifier | modifier le code]

Thomas et l'Assomption de Marie[modifier | modifier le code]

Dans plusieurs légendes, l'apôtre Thomas est témoin, avec les autres apôtres rassemblés pour assister aux deniers instants de Marie, la mère de Jésus, de l'Assomption de celle-ci. Une autre version, apparue dans le christianisme orientale au IXe siècle pour particulièrement prospérer au XIVe siècle est attribuée à Joseph d'Arimathie, qui raconte comment Thomas, absent de l'ensevelissement de la Vierge à Jérusalem par les apôtres, est transporté miraculeusement au jardin de Gethsémani où il assiste à l'élévation du corps de Marie et reçoit du ciel la ceinture avec laquelle les apôtres ont ceint le corps de la Vierge[3].

Les reliques de cette « Sainte Ceinture », portées par diverses légendes de transmissions, apparaissent en nombre en Occident au Moyen Âge. Suivant une version Toscane de cette transmission, Thomas, avant de retourner à sa tâche missionnaire en Inde, confie la ceinture à un prêtre hierosolymitain dont une des descendante, fille d'un prêtre oriental, épouse un aventurier de Prato avec la relique pour dot. Ainsi, le culte de la ceinture miraculeuse se développe particulièrement dans cette ville[3].

Saint Thomas par Georges de La Tour

La légende dorée et les Actes de Thomas[modifier | modifier le code]

Dans la Légende dorée de Jacques de Voragine, saint Thomas est envoyé par « le Seigneur » en Inde, alors qu'il se trouve dans la ville de Césarée[4]. Comme dans les Actes de Thomas, c'est Abanus, un ministre du « roi des Indes » Gondofarus qui demande à Jésus de lui désigner un « habile architecte »[5]. Thomas manifeste les mêmes réticences à partir en Inde que dans les Actes de Thomas, mais en revanche la Légende dorée ne contient pas le midrash par inversion où Jésus vend Thomas au ministre de Gondopharès, comme s'il était son esclave. Arrivé « en Inde » avec Abanus, Thomas trace « le plan d'un palais magnifique » destiné au roi[5]. Ce dernier remet à l'apôtre « de considérables trésors » et part ensuite « pour une autre province ». Durant les deux ans que dure son absence, Thomas donne « aux pauvres le trésor tout entier », se livre « avec ardeur à la prédication » et convertit « un monde considérable »[5]. À son retour, le roi le fait jeter en prison avec Abanus et le condamne à être écorché et brûlé. Mais l’apôtre est libéré après la résurrection de Gab frère du roi mort depuis quatre jours. Celui-ci révèle que pendant son voyage vers le paradis, il a pu voir le palais que Thomas avait construit au ciel pour le roi Gondopharès, mais dont désormais il était indigne[5]. Thomas est alors libéré et le roi lui demande pardon. Saint Thomas part alors pour l’Inde supérieure, où il fait de nombreux miracles et convertit même des femmes de la famille royale. Le roi de la région essaye alors de le forcer à adorer une idole, mais lui, continuant de vénérer le Christ, ordonne au démon présent dans l’idole de partir, qui se met à fondre comme de la cire. Le grand prêtre le transperce alors de son épée pour venger l’insulte faite à son dieu.

Selon une autre tradition du IVe siècle, Thomas annonce l’Évangile aux Parthes et aux Perses et décède en Perse.

Thomas, Thaddée-Addaï et Édesse[modifier | modifier le code]

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Selon la Tradition locale dont il existe de nombreux textes antiques et même des inscriptions lithiques à Éphèse et dans la ville de Philippe en Macédoine, Abgar V, « roi d'Édesse aurait écrit à Jésus pour l'inviter à prêcher dans son royaume[6]. » Celui-ci aurait répondu que pour le moment il ne pouvait pas s'y rendre, mais aurait promis d'envoyer un de ses disciples. Après la crucifixion de Jésus, Thomas aurait envoyé Addaï (appelé aussi Thaddée ou Juda thaddée par Jérôme de Stridon[réf. nécessaire]) un des disciples de Jésus, au roi Abgar. La tradition veut aussi que la communauté d'Édesse ait été fondée par ce disciple de l'apôtre Thomas, appelée Addaï[7], venu de Banyas en Palestine, vers 37.
Addaï aurait guérit et converti le roi ainsi que nombre de ses sujets, il serait alors parti en direction de l'Adiabène, après avoir confié l'église d'Édesse à Addée. Ce dernier aurait été martyrisé sous sanatruk Ier (roi d'Osroène de 91 à 109) et les rois d'Édesse seraient alors revenus au paganisme.

La plupart des spécialistes s'accordent pour rattacher l'Évangile selon Thomas au « christianisme syriaque » qui proviendrait d'un « courant araméen indépendant[8] » et qui « ne constitue en rien une réalité unifiée[9]. » Bien que cela soit contesté, pour de nombreux chercheurs cet évangile date probablement de la période de rédaction des évangiles canoniques (70 - 115) et contient même des éléments pré-synoptiques[9]. Les Odes de Salomon, les Actes de Thomas et l'ensemble des écrits regroupés sous le nom de « Légende » d'Abgar relèveraient du même milieu[9].

La ville où a été composé cet évangile pourrait-être Édesse, capitale du petit royaume d'Osrhoène[9] dont le roi Abgar V s'était converti au judaïsme et dont la tradition chrétienne ou nazôréenne indique que la forme de ce judaïsme était le christianisme. Les Abgar étaient des rois d'origine arabe, fortement hellénisé. Selon François Blanchetière, Édesse « a joué un rôle de plaque tournante dans l'expansion du nazôréisme vers l'Orient[9] », c'est-à-dire l'espace parthe, l'Adiabène et le sud de l'Arménie.

« En Syrie, la langue ne constituait pas une barrière culturelle[10] » parce que les deux langues, syriaque et grec, « constituaient l'expression et le véhicule d'une même et unique civilisation hellénistique, une tradition remontant aux origines de l'empire séleucide[11]. »

Le christianisme de cette région était « indépendant du christianisme hellénistique[9] » des Églises de Rome ou de la province romaine d'Asie, ainsi que de la prédication de Paul de Tarse. François Blanchetière lui préfère le nom de nazaréisme. Ce christianisme « concevait la foi comme une « Voie », une façon de vivre ; rien d'abstrait ou de dogmatique[9] ». Selon la tradition chrétienne, les successeurs d'Abgar V seraient revenus au paganisme. Au IIe siècle, ce courant chrétien sera illustré par Tatien le Syrien, Bardesane d'Édesse, et deux siècles plus tard par Aphraat et Éphrem le Syrien[9].

Thomas évangélisateur en Asie, selon les Actes de Thomas[modifier | modifier le code]

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Au Taxila[modifier | modifier le code]

Selon le texte des Actes de Thomas, pendant syriaque (dialecte de l'araméen) des Actes des apôtres mais absent du corpus du Nouveau Testament et déclaré apocryphe au VIe siècle, l’apôtre Thomas a d'abord quitté Antioche vers l'an 37 pour aller évangéliser Ninive en compagnie de Barthélémy[12] ou bar Tolmaï (fils de Tolmaï). Il crée des églises dans le nord de l'espace perse, dominé à l'époque par les Parthes, l'Adiabène et l'Arménie. Il fait ensuite la même chose dans le Gandhara (Taxila), où son roi Gondopharès Ier, accueille favorablement sa prédication, en dépit d'un conflit sur la façon de payer les ouvriers qui travaillent sous les ordres de Thomas à la construction d'un palais royal. Jusqu'en 1834, date à laquelle on a découvert des pièces frappées à son nom à Calcutta[13] le roi Gondopharès Ier n'était mentionné que dans le texte apocryphe chrétien appelé « Les Actes de Thomas ». L'existence de ce roi de Taxila était donc très fortement mise en doute, de même que les textes apocryphes chrétiens qui relatent l'évangélisation des régions au delà de l'Euphrate au Ier siècle sont qualifiés de « Légendes » — comme par exemple la « Légende d'Abgar » pour dénommer l'ensemble de textes qui parlent de la première évangélisation de la région d'Edesse —. Depuis cette découverte, d'autres éléments sont venus compléter nos connaissances et plus personne ne met en doute l'existence de ce roi[Note 3]. Thomas quitte le pays après la mort du roi (v. 48)[14],[15],[16], peut-être à cause de l'invasion des Yue-Tche (Yuezhi) en 51. Les traditions des Chrétiens de saint Thomas datent son arrivée à Cranganore au Kerala à la fin de l’an 52.

Carte du royaume indo-parthe (en orange).
Au Kérala[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Chrétiens de saint Thomas.

Un second voyage mène Thomas en Inde du Sud par bateau[17]. Il arrive à Cranganore au Kerala à la fin de l’an 52, où l'araméen était parlé et où vivait une communauté juive. Il tente de l'évangéliser, mais aurait eu plus de succès auprès des autochtones, et baptise de nombreuses personnes de la haute caste et de la famille royale, qui forment alors le noyau de la première communauté chrétienne en Inde. De 52 à 63, il fonde au total sept Églises au Kérala ainsi qu'au Tamil Nadu et au Sri Lanka, alors appelé Tabropane.

Thomas est, selon la tradition, martyrisé dans les années 70[Note 4], alors qu’il priait dans une grotte montagneuse à Mylapore, appelée aujourd'hui “Mont Saint-Thomas”, près de Madras[1]. Il aurait été tué d'un coup de lance dans le dos. La basilique Saint-Thomas (Archidiocèse de Madras-Mylapore) fut construite là où, d'après une ancienne tradition, se trouve le tombeau de saint Thomas.

Hypothèse de la Chine[modifier | modifier le code]

En 2008, Pierre Perrier qui s'intéresse particulièrement à l'oralité dans les évangiles, émet l'hypothèse d'une présence de Thomas en Chine. Celle-ci n'a toutefois reçu aucun accueil critique de chercheurs. Cette hypothèse est fondée sur l'analyse de la frise de Kong Wang Shan, une frise d'une vingtaine de mètres de large datant du Ie siècle et initialement considérée comme bouddhiste[18], de même que sur une littérature chinoise qu'il qualifie d'abondante.

Évangile attribué à Thomas[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Évangile selon Thomas.

On a découvert en 1945 dans une jarre de plus d'un mètre de haut, cachée dans un cimetière païen de Nag Hammadi[19] (Égypte) ou dans une grotte[20],[Note 5]. Aux côtés du codex sur lequel figurait cet évangile, se trouvaient onze autres codex en papyrus datant du IVe siècle rassemblant cinquante-deux écrits[20] que les hérésiologues chrétiens antiques qualifiaient de gnostiques. Comme les couvertures de certains des écrits étaient formés de papyrus documentaires dont certains étaient datés, il a été possible de déterminer précisément après quelle date ces manuscrits ont été cachés[21]. Les textes retrouvés dans cette amphore figuraient sur la liste d'un décret de l'évêque Athanase d'Alexandrie qui ordonnait leur destruction[21]. On estime donc qu'ils ont été cachés là à la fin du IVe siècle pour tenter de les sauver de la destruction après ce décret d'Athanase, confirmé par la suite par le Code théodosien (Théodose Ier).

C'est un recueil de « paroles secrètes » de Jésus dont on ne connaissait auparavant que quelques logia grâce à des fragments en grec datant du IIe siècle notamment ceux retrouvés dans des fouilles à Oxyrhynque[22]. Ces fragments sont considérés comme issu du probable original grec de la version complète en copte, retrouvé à Nag-Hammadi.

Le texte commence par : « Voici les paroles du secret, Jésus le Vivant les a dites, Didyme Jude Thomas les a transcrites[19]. »

Le deuxième logion, réputé comme résumant la démarche gnostique et invitant à la recherche et au doute, se trouvait aussi dans l'Évangile des Hébreux (totalement perdu)[23], d'après les citations qu'en donnent les Pères de l'Église comme par exemple Clément d'Alexandrie (IIe siècle)[19].

Reliques et culte[modifier | modifier le code]

Basilique of Saint Thomas en Ortona (Abruzzo), où ses reliques avaient été transférées

Liturgiquement, depuis 1969, il est célébré le 3 juillet par les Églises catholique romaine[24],[25] et syrienne[1], spécialement en Inde où sa fête a une solennité toute particulière. Les Églises grecques le célèbrent le 6 octobre[1] Certaines Églises occidentales, comme par exemple des Églises anglicanes le fêtent toujours le 21 décembre[1].

Lorsque la fête de saint Thomas a été insérée dans le calendrier romain au IXe siècle, elle a été affectée au 21 décembre, bien que le Martyrologe de Jérôme de Stridon (Saint-Jérôme, IVe siècle) mentionnait l'apôtre, le 3 juillet, date à laquelle la célébration romaine a été transféré en 1969, afin qu'elle n’interfère plus avec les principaux jours fériés de l'Avent[26]. C'est ce même jour que ses reliques avaient été transférées à partir d'un endroit le long de la côte de la plage de Marina à Mylapore près de Chennai (ancienne Madras en Inde) à la ville de Édesse.

Il est le patron des chrétiens qui persévèrent dans la foi tout en connaissant le doute.

Tombeau du saint dans la crypte de la basilique

Ses restes se trouveraient dans la crypte de la basilique Saint-Thomas à Chennai (Inde). Une partie de ses restes aurait été transférée, en l’an 392, dans la cité d’Édesse en Osroène où le souvenir de Thomas est vivace et où ont probablement été composés l'évangile selon Thomas[27] et les Actes de Thomas. Ces restes seraient aujourd'hui conservés dans une église de Mossoul (anciennement Ninive)[28] selon une tradition. Une tradition plus accréditée dans l'Eglise latine veut que les restes de saint Thomas se trouvent en Italie, à Ortona, où ils ont été conduits avec une pierre tombale de facture mésopotamienne en 1258, depuis l'île grecque de Chios, qui a son tour les avait reçues d'Édesse[29]. Ortona est une destination de pèlerinages provenant de l'Inde[30].

Représentation en peinture[modifier | modifier le code]

Plusieurs peintres ont représenté saint Thomas et de ce qu'on appelle son « incrédulité » lors de sa rencontre avec le Christ ressuscité. La version la plus connue et copiée est celle de Caravage (22 copies au XVIIe siècle). L'écrivain Glenn W. Most[31] en fait une analyse philologique, textuelle et artistique : saint Thomas touche avec le doigt la plaie du côté du Christ. Or l'Évangile de saint Jean XX/27[Note 6] dit « mets ton doigt dans le trou de ma main, mets ta main dans mon côté » ; et saint Thomas répond de suite « mon seigneur et mon Dieu », et il ne touche donc pas[Note 7] et croit en ayant simplement vu comme les autres disciples une semaine auparavant. C'est l'annonce de la foi de celles et ceux qui croiront sans toucher.

Peintres du genre[modifier | modifier le code]

Montrant Thomas touchant la plaie 
Montrant Thomas tendant la main sans toucher la plaie 

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Voir Jean 11, 16. Selon les versions, le grec est traduit ou non.
  2. Voir Matthieu 10, 2, Marc 3, 16 et Luc 6, 12.
  3. Il s'agit par exemple de l'inscription de Takht-i-Bahi Kharoṣṭhi qui a permis une datation précise du règne de Gondopharès (cf. (en) Encyclopædia Iranica, article Gondophares.). D'après celle-ci, l'année d'accession à la royauté de Gondopharès pour cette région est 20 ap. J.-C., un résultat jugé « parfaitement compatible avec les informations contenues dans les Actes de Thomas (cf. (en) Encyclopædia Iranica, article Gondophares. »)
  4. Beaucoup d'auteurs donnent l’an 72, comme année de sa mort.
  5. Les paysans qui ont découvert ces manuscrits ont donné plusieurs versions de cette découverte en sorte que si on est sûr de la localisation de Nag-Hammadi, son environnement précis n'est pas connue. Un des paysans a même reconnu avoir brûlé quelques-uns des manuscrits pour se réchauffer. cf. Bernadette Arnaud, Les trésors oublié du désert égyptien, Sciences et avenir, n° 791, janvier 2013, p. 47.
  6. Sacy : « Il dit ensuite à Thomas : Portez ici votre doigt, et considérez mes mains ; approchez aussi votre main, et mettez-la dans mon côté ; et ne soyez point incrédule, mais fidèle. »
  7. Comme dans L’incrédulité de saint Thomas de Rembrandt
Références
  1. a, b, c, d, e et f (en) « Saint Thomas (Christian Apostle) – Britannica Online Encyclopedia », Britannica.com (consulté le 16/01/2013)
  2. voir Eusèbe, HE 13,12
  3. a et b (en) Brendan Cassidy, « A Relic, Some Pictures and the Mothers of Florence in the Late Fourteenth Century », in Gesta, vol. 30, no 2, The University of Chicago Press, 1991, p. 93
  4. Jacques de Voragine, La Légende Dorée, Chronologie et commentaires Hervé savon, Trad. J.-B. M. Roze, Flammarion, Paris, 1967, p. 57-58.
  5. a, b, c et d Jacques de Voragine, La Légende Dorée, Chronologie et commentaires Hervé savon, Trad. J.-B. M. Roze, Flammarion, Paris, 1967, p. 60.
  6. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, I, XIII, 1-22, cité par François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 227.
  7. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 227.
  8. Koestler, 1965, p. 290-306, cité par François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 226.
  9. a, b, c, d, e, f, g et h François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 226.
  10. Drijvers, 1992, p. 126-127, cité par François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 226.
  11. Drijvers, 1985, p. 88-102, cité par François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 227.
  12. P. Perrier, Kong Wang Shan. L'apôtre Thomas et le prince Ying : l'évangélisation de la Chine de 64 à 87, éditions du Jubilé, 2012, annexe 2, p. 91
  13. (en) Samuel Hugh Moffett, A History of Christianity in Asia, Vol. 1 Orbis Books, New-York, 2003, p. 29.
  14. (en) Arthur Llewellyn Basham, Papers on the Date of Kaniṣka, éd. E. J. Brill, Leiden, 1968, p. 284.
  15. (en) Encyclopædia Iranica, article Gondophares.
  16. (en) Jason Neelis, Passages to India: Saka and Kusana migrations routes in historical contexts, p. 63
  17. P. Perrier, Kong Wang Shan. L'apôtre Thomas et le prince Ying : l'évangélisation de la Chine de 64 à 87, éditions du Jubilé, 2012, p. 89-90
  18. L'apôtre Thomas et le christianisme en Asie, avec la participation d'Ilaria Ramelli, Pierre Perrier et Jean Charbonnier, Éditions AED, p. 80
  19. a, b et c Jean-Yves Leloup, L'Évangile de Thomas, éd. Albin Michel, Paris, 1986.
  20. a et b Bernadette Arnaud, Les trésors oublié du désert égyptien, Sciences et avenir, n° 791, janvier 2013, p. 47.
  21. a et b Norman Golb, Qui a écrit les manuscrits de la Mer morte? : enquête sur les rouleaux du désert de Juda et sur leur interprétation contemporaine, Paris, Plon,‎ 1998 (ISBN 9782259183888)
  22. Pour le texte des logia retrouvé à Oxyrhynque, voir France Quéré, Évangiles apocryphes, éd. du Seuil, Paris, 1983.
  23. Jacques É Ménard, 'Alexandrie%22&hl=fr&pg=PA5#v=onepage&q&f=false L'Évangile Selon Thomas, éd. E. J. Brill, Leiden, 1975, p. 5.
  24. Voir saint Thomas sur Nominis
  25. Chantal Tanet et Tristan Hordé, Dictionnaire des prénoms, Paris, Larousse,‎ 16 septembre 2009, 675 p. (ISBN 978-2-03-583728-8), p. 607.
  26. Calendarium Romanum (Libreria Editrice Vatricana), 1969, p. 96.
  27. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, éd. du Cerf, Paris, 2001, p. 226.
  28. P. Perrier, Kong Wang Shan. L'apôtre Thomas et le prince Ying : l'évangélisation de la Chine de 64 à 87, éditions du Jubilé, 2012, annexe 2, p. 90
  29. http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/letters/2004/documents/hf_jp-ii_let_20041004_carlo-ghidelli_it.html
  30. http://www.tommasoapostolo.it/index.php/descrizione-cattedrale/lapostolo/traslazione
  31. Glenn W. Most, Thomas l'Incrédule, éditions le Félin, Paris, 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Actes de Thomas, texte araméen édité et traduit par G. Philips, Londres, 1889
  • A.C. Perumalil, The apostles in India:fact of fiction?, Patna (India), XTTI, 1971
  • P. Perrier et X. Walter, Thomas fonde l'Église en Chine, Éditions du Jubilé, Paris, 2008
  • Pierre Perrier, Kong Wang Shan. L'apôtre Thomas et le prince Ying : l'évangélisation de la Chine de 64 à 87, Éditions du Jubilé, 2012
  • L'apôtre Thomas et le christianisme en Asie, avec la participation d'Ilaria Rameli, Pierre Perrier et Jean Charbonnier, Éditions AED, juin 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]