Campanile

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Un campanile est une tour qui abrite des cloches servant à appeler les fidèles à la prière, isolée de l’église, ce qui la différencie du clocher. Le mot vient de l'italien campanile qui signifie « clocher », lui-même issu de campana qui veut dire « cloche ». Ce terme peut désigner une tour-lanterne ajourée, faisant office de clocher[1], mais il s'emploie surtout pour les édifices italiens de la Renaissance où le campanile est construit comme un élément à part entière, une tour campanaire ne faisant pas partie de l'église ou de la cathédrale, mais construite à côté. De forme carrée ou ronde, elle est généralement percée d'arcades sur plusieurs niveaux. À la Renaissance, le campanile devient l'objet de rivalité entre les villes italiennes et sa construction est souvent confiée à de grands artistes.

Exemples historiques[modifier | modifier le code]

On trouve deux anciens campaniles de forme ronde, construits entre le VIIe et le Xe siècle, près des basiliques Saint-Apollinaire-le-Neuf et Saint-Apollinaire-in-Classe, à Ravenne. La tour penchée de Pise (1174-1372), campanile roman de la cathédrale de Pise, en Toscane, est un exemple du genre. Le campanile de la cathédrale de Florence, de forme carrée, fut construit d'après les dessins de Giotto. Bel exemple d'architecture gothique, ce campanile de sept étages, aux façades de marbre de couleur, doit ses reliefs sculptés à Giotto, Andrea Pisano et Luca Della Robbia. Le campanile de la basilique Saint-Marc à Venise en est un autre exemple remarquable.

Avec l'apparition du dôme, triomphe de l'architecture et de l'ingénierie, les campaniles furent peu à peu abandonnés vers la fin de la Renaissance. Ce genre architectural réapparut cependant en Europe du Nord, vers la fin du XIXe siècle, lorsque l'éclectisme remit le passé au goût du jour. Parmi les plus remarquables exemples, on peut citer le campanile de la cathédrale de Westminster, à Londres, conçu par J.F. Bentley en 1897.

Un des plus célèbres campaniles du monde est la Tour penchée de Pise.

En France, le clocher de l'église abbatiale de Brantôme (XIe siècle) en Dordogne est certainement le plus ancien campanile du pays.

À Paris, c'est de très loin que l'on distingue le campanile carré de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.

On en trouve également beaucoup en basse vallée du Rhône entre Provence et Languedoc, notamment dans les départements du Var, de Vaucluse, des Bouches-du-Rhône, du Gard (comme la Tour Fenestrelle de la Cathédrale d'Uzès) ou encore de l'Hérault. Beaucoup de ces campaniles sont en fer forgé. La construction d'un campanile en fer était moins onéreuse quoique certains soient particulièrement travaillés. De plus, dans ces régions où le Mistral souffle régulièrement, parfois avec violence, un campanile en fer forgé offre beaucoup moins de prise au vent qu'un clocher « classique », en laissant passer l'air.

Clocher à campanile en fer forgé de Château-Gombert

Origine du nom[modifier | modifier le code]

La Campanie, région du sud de l'Italie, était célèbre dans les premiers siècles de l'ère chrétienne pour ses activités métallurgiques et en particulier la fabrication de cloches et de sonnailles destinées aux troupeaux ou aux activités publiques comme les assemblées ou les ventes à la criée. Les premiers monastères reprendront cet usage pour avertir les moines des diverses prières et l'utilisation des cloches s'associera petit à petit aux offices religieux. Les églises comporteront peu à peu des clochers ou des campaniles séparés pour l'installation de cloches de plus en plus grosses[2].

En France, l'acception du mot « campanile » est différente[réf. nécessaire]. Ce mot désigne « un clocher formant édicule sur le toit d'un bâtiment : il paraît posé sur celui-ci. Il est souvent construit en charpente. Il ne faut donc pas appeler « campanile » un clocher isolé »[3]. Selon le dictionnaire Le Petit Robert, il peut aussi s'agir d'une lanterne surplombant certains édifices civils.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Campanile » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. ARTICLE DE FORMATION : Le sens chrétien des cloches
  3. Vocabulaire de l'Architecture, Principes d'Analyse scientifique, Ministère des Affaires culturelles, Paris, Imprimerie nationale, 1972

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La France des campaniles, Équinoxe, coll. « L'imagier »,‎ 2010 (ISBN 978-2841357208). Sous la direction de François Mellé et Anne Marie Joubert, c'est un ouvrage particulièrement exhaustif présentant en photographies couleur plus de 800 campaniles à travers la France.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]