Cathédrale Notre-Dame de Rouen

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Cathédrale Notre-Dame de Rouen
Image illustrative de l'article Cathédrale Notre-Dame de Rouen
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Archidiocèse de Rouen
Début de la construction 1030 (cathédrale romane)
1145 (cathédrale gothique)
Fin des travaux 1506
Autres campagnes de travaux - flèche néo-gothique (1825-1884)
- reconstruction partielle et restauration (1944-1956)
Style dominant Architecture gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1862)[1]
Géographie
Pays France
Région Haute-Normandie
Département Seine-Maritime
Commune Rouen
Coordonnées 49° 26′ 25″ N 1° 05′ 41″ E / 49.440269, 1.094717 ()49° 26′ 25″ Nord 1° 05′ 41″ Est / 49.440269, 1.094717 ()  

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La cathédrale primatiale Notre-Dame de l'Assomption de Rouen est le monument le plus prestigieux de la ville. Elle est le siège de l'archidiocèse de Rouen, chef-lieu de la province ecclésiastique de Normandie. L'archevêque de Rouen portant le titre de primat de Normandie, sa cathédrale a ainsi le rang de primatiale.

C'est une construction d'architecture gothique dont les premières pierres remontent au haut Moyen Âge. Elle a la particularité, rare en France, de conserver son palais archi-épiscopal et les constructions annexes environnantes datant de la même époque.

Comme la plupart des grands édifices du gothique normand, la cathédrale est dotée d'une « tour-lanterne » sur la croisée du transept. La flèche en bois couverte en plomb de style Renaissance qui la couronnait fut détruite par un incendie allumé par la foudre en 1822. Elle est à présent surmontée d'une flèche en fonte, construite de 1825 à 1876 qui culmine à 151 mètres de hauteur. La cathédrale Notre-Dame de Rouen est la plus haute de France et était le plus haut bâtiment du monde au moment de son achèvement en 1876, et le restera jusqu'en 1880, détrônée par la cathédrale de Cologne (157 mètres). Elle est également la cathédrale qui, par la largeur de sa façade occidentale de 61,60 mètres, détient le record de France[2].

Considérée comme « la plus humaine des cathédrales » par le manque de symétrie de sa façade occidentale, elle est mondialement connue, notamment à travers les 30 tableaux de la série des Cathédrales de Rouen, peints par Claude Monet.

Située dans le secteur sauvegardé de la ville, la cathédrale, qui comprend également le cloître et les bâtiments du chapître, fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862[3]. L'archevêché, plus précisément l'ancien hôtel d'Estouteville et la cour de la maîtrise Saint-Évode, fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 6 février 1909[3]. La Maison de l'Œuvre fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 17 novembre 1927[3]. Les vestiges archéologiques de l'ensemble archiépiscopal et des édifices qui l'ont précédé, y compris ceux de l'ancienne église de la Madeleine, et les sols de la cour des Maçons et ceux de la cour d'Albane, jusqu'à l'alignement repris sur le cadastre napoléonien le long de la rue Saint-Romain, font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 10 mai 1995[3].

Sommaire

L'historique[modifier | modifier le code]

La légende[modifier | modifier le code]

D'après la légende dans la deuxième moitié du IIIe siècle, Saint-Mellon aurait implanté un lieu de culte dans une maison particulière, cédée par Præcordius[4]. Il est reconnu qu'à cette époque existait un quartier d’habitation en ce lieu[4]. Aux alentours de 260-280, un incendie détruit le quartier, au moment des premières invasions franques[5]. Les logements détruits sont remplacés, peut-être par des entrepôts publics, compris entre la rue Saint-Romain, la rue du Change et la rue des Carmes[5].

Le groupe cathédral paléochrétien[modifier | modifier le code]

La première mention attestée d’un évêque à Rouen remonte à l'an 314. Mais cette date, un an après l'autorisation du culte chrétien dans l'Empire romain, semble trop précoce pour imaginer l'existence d'un édifice religieux[5]. Par contre, quelques dizaines d'années plus tard, un sermon de l’évêque Victrice daté d’environ 395/396 sous-entend la présence d'une cathédrale dans la cité et évoque la construction d'une basilique à proximité. Saint Victrice participa au chantier[6]. En 1954, l’archéologue Georges Lanfry ouvrit un sondage au niveau de la dernière travée de la nef afin justement de découvrir l’antique église Notre-Dame. En fait, il mit au jour une crypte plus tardive de l'époque carolingienne. À la lumière de cette découverte, la supposition est que Notre-Dame était en ce temps un édifice bien plus petit qu’aujourd'hui (peut-être 60 m de long). En 1986, les fouilles menées par l’archéologue Jacques Le Maho ont permis de confirmer l’existence de cette dernière église. Elle se trouvait quelques dizaines de mètres au nord de la cathédrale actuelle. Comme beaucoup d'autres villes métropolitaines paléochrétiennes, le groupe épiscopal de Rouen se composait donc d'au moins deux basiliques :

  • un édifice principal implanté à l'emplacement de la nef de la cathédrale actuelle ;
  • une église martyriale dédiée peut-être à saint Étienne, (aujourd'hui la cour d'Albane) ;
  • probablement un baptistère entre les deux.

Au Ve siècle, les deux basiliques sont réunies par des galeries. L’introduction de la réforme de Saint-Chrodegang au milieu du VIIIe siècle affecte la basilique nord au chapitre canonial[5]. C’est à cette époque que la basilique du sud se trouve dédiée à Notre-Dame[5].

Vers 841, les destructions occasionnées par les raids vikings et l' incendie de Rouen provoquent des dommages importants qui seront réparés par la suite[5]. Au IXe siècle, on procéda à plusieurs réaménagements (palais épiscopal, logement canonial, ajout d’un Westwerk à l'église martyriale), mais en 841, le feu allumé par les hommes du nord détruisit le groupe cathédral. L’ensemble paraît remis en état d’une façon provisoire en attendant le retour de la paix dans la région. Au Xe siècle, après le Traité de Saint-Clair-sur-Epte (en 911), Rouen devint la capitale du jeune duché de Normandie, le chef viking Rollon aurait reçu le baptême en 912 (sous le prénom Robert) dans la basilique primitive. Nécropole de la première dynastie des ducs de Normandie, la cathédrale (le premier édifice carolingien) ne fut agrandie que sous le règne de Richard Ier, ce dernier mourant en 996[7].

La cathédrale romane[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

Façade restituée de la cathédrale de Rouen au XIIe siècle, dessinée par le sculpteur Jean-Baptiste Foucher en 1906.

Vers 1030, l’archevêque Robert le Danois reconstruisit le chœur dans un style roman et inséra une crypte en dessous afin d’agrandir la basilique Notre-Dame existante[8]. La construction de la cathédrale de Rouen menée par l’archevêque Robert, tout comme celle de l’abbatiale de Bernay, jette les fondements de l’école romane normande, prototypes de l’architecture religieuse en Normandie, puis en Angleterre[9]. Les travaux s'interrompent à la mort de l’archevêque Robert en 1037[10],[9]. Un autre archevêque, Maurille (1055-1067), achève le chantier ainsi que la reconstruction de la nef[10] en 1063[9]. Il est dit que Maurille aurait fait ériger une tour-lanterne en pierre en forme de pyramide qui aurait porté son nom[11],[Note 1]. Il procède à sa dédicace le 1er octobre 1063[12],[10],[Note 2], en présence du duc Guillaume[8],[10] et des évêques suffrageants Odon de Bayeux, Jean d'Ivry, Hugues d'Eu, Guillaume Flaitel, Yves de Bellême et Geoffroy de Montbray[13]. C'est à cette époque que sont transférés dans la cathédrale les corps de Rollon et de Guillaume Longue-Épée[12],[10].

Découverte archéologique de la crypte[modifier | modifier le code]

La cathédrale romane, de plan cruciforme, présente une nef et des collatéraux « de même longueur et de même largeur que la nef actuelle »[12],[14]. Son élévation semble se rapprocher de celle de l’abbatiale Notre-Dame de Jumièges dont la consécration (1067) est proche[12]. L'entreprise d'Armand Requier réalise des fouilles en 1887 pour l’installation d’un calorifère[15]. Elles permettent de retrouver sous le dallage du croisillon nord les vestiges d'un édifice antérieur, identifié en 1896 comme appartenant à la cathédrale de Maurille par le docteur Coutan, archéologue normand, hypothèse reprise par John Bilson, archéologue anglais en 1926[16]. Bilson souhaite compléter les relevés. Des recherches sont faites à sa demande par Georges Lanfry en septembre 1931 dans le croisillon sud, qui mettent au jour la travée occidentale du bas-côté sud de la crypte[17]. En 1935, Georges Lanfry poursuit les fouilles de Bilson et peut dégager le plan oriental de l’église : le chœur était composé de deux travées droites et d’un hémicycle[18],[14]. Un déambulatoire de cinq travées faisait le tour du chœur et ouvrait sur trois chapelles absidiales[19], formant chacune une travée droite et un hémicycle[18]. Il se trouvait surélevé de deux mètres au-dessus du sol du transept, sur une crypte qui suivait la même disposition[18],[14]. Les trois chapelles de la crypte possèdent des baies fortement ébrasées qui leur permettaient de prendre le jour extérieur[20]. La crypte annulaire est semblable à celle de la cathédrale de Chartres[19]. D’après les diverses fouilles, le transept était composé de la croisée, probablement surmontée d’une tour-lanterne, et de deux croisillons, comportant chacun trois travées inégales : une travée dans le prolongement du bas-côté du chœur, une travée centrale plus étroite et une travée de fond plus profonde qui ouvrait sur une absidiole à l'est[21]. Ce plan est jugé par Bilson comme particulier à la cathédrale[21]. Les vastes dimensions du transept semblent annoncer pour Bilson les églises anglo-normandes commencées à la fin du XIe siècle[22],[Note 3]. Contrairement à l'édifice actuel, le transept de l'édifice roman ne possède pas de bas-côtés[14].

Georges Lanfry fournit les dimensions de cet édifice[22] :

  • longueur du transept en œuvre : 46,50 m ;
  • largeur de la crypte avec bas-côtés en œuvre : 21,90 m ;
  • largeur de la crypte avec bas-côtés hors œuvre : 24,75 m ;
  • distance du centre de la croisée du transept au fond de l’hémicycle en œuvre : 26,20 m ;
  • distance du centre de la croisée de transept à l’extérieur de la chapelle rayonnante du grand axe : 32,90 m ;
  • longueur totale probable de l’édifice en œuvre : 98 m.

Malgré la construction de la cathédrale gothique subséquemment, la crypte qui abritait possiblement les reliques de la Vierge subsiste et peut être visitée. Le culte de Saint-Étienne est transféré dans le croisillon sud de la cathédrale avec l’introduction de la réforme grégorienne par Jean d'Ivry, qui sépare les chanoines des paroissiens[8]. Son successeur, Guillaume Bonne-Âme, démolit le reste de la collégiale Saint-Étienne[8]. Des fouilles réalisées en 1954 ont permis de retrouver la tombe de Maurille, qui est dite située à l’emplacement du « grand autel de l’église précédente aurait été à cet endroit » (Pommeraye), à la dernière travée de la nef, près de la croisée de transept[12]. À la suite des résultats des différentes fouilles, une maquette de la crypte sera réalisée[15].

Restitution de la façade[modifier | modifier le code]

Le sculpteur Jean-Baptiste Foucher a tenté en 1906 de restituer la façade occidentale de la cathédrale au milieu du XIIe siècle. Pour G. Lanfry, elle correspondrait davantage à la fin du siècle. Il présente trois portails romans séparés par deux contreforts plats, surmontés sur la longueur de la façade d'une frise d'arcatures aveugles en arcs brisés. Deux baies aveugles se trouve au-dessus des portails latéraux, tandis qu'une large baie en tiers point encadrée de deux baies aveugles surmonte le portail central. L'étage est couronné de quatre clochetons. Un pignon triangulaire inscrit entre deux des clochetons termine la façade[23].

La cathédrale gothique[modifier | modifier le code]

Clef de voûte de Durand déposée au musée des Antiquités

En 1144, Hugues III d'Amiens assiste à la dédicace de l'abbatiale de Saint-Denis[24] sur l'invitation de son ami Suger[25]. L'année suivante, il met en chantier la « Tour neuve »[24], un beffroi à six mètres au nord de l’ancien massif de la façade romane[12]. D'autres travaux sont authentifiés dans la cathédrale même, mais dans une lettre de 1145 dans laquelle il fait part de travaux à l'intérieur, mais sans en préciser la localisation ; néanmoins des fouilles de la crypte laissent à penser qu'il s'agissait de la décoration du chœur[25]. Mais il aurait pu aussi s'agir de travaux concernant la chapelle nord du déambulatoire, celle si devenant lieu où repose la dépouille d'Hugues d'Amiens[25]. Achevée en 1164, la tour Saint-Romain introduit l’art gothique pour la cathédrale de Rouen. Vers 1170, la façade principale est refaite, percée de trois portails : un central dédié à Saint-Romain (aujourd'hui disparu) et deux latéraux dédiés à Saint-Jean et Saint-Étienne[12]. Les travaux continuent avec la démolition de la nef romane et l’élévation des premières travées de la nef, commencée vers 1185 par l’archevêque Gautier de Coutances[24]. Le transept et le chœur encore debout restent ouverts au culte[12]. La nuit de Pâques 1200, un incendie détruit le quartier de la cathédrale[26], mais épargne la tour nouvellement construite, la façade et les nouvelles travées de la nef[8].

L’archevêque Gautier lance les travaux pour relever la cathédrale, notamment grâce aux dons de Jean sans Terre. L’allongement du chœur est envisagé, la crypte est arasée et comblée. En 1204, Philippe Auguste assiste à la célébration dans la nef reconstruite[24]. Le chœur de la cathédrale devait être utilisable en 1206 car c’était l’année de la consécration de l’évêque de Bayeux Robert des Ablèges[26]. Dès 1214, Enguerran, qui a succédé à Jean d’Andely, travaille sur la chapelle axiale[27]. La construction du chœur est en cours en 1220. La nef est achevée entre 1234 et 1237 avec la dernière clef de voûte signée du maçon Durand[27]. Vers 1237, la cathédrale semble être achevée lors de la consécration de l’archevêque Pierre de Colmieu et la vente de la maison qui abritait Jean d'Andely et Durand[26].

Vers 1265/1275, des chapelles sont ajoutées aux bas-côtés de la nef[12] sous la pression des confréries et corporations[28]. Le mur gouttereau est détruit et reconstruit quatre mètres plus loin, entre les culées des arcs-boutants[27]. En 1280, Guillaume de Flavacourt concède l’espace entre le transept nord et la rue Saint-Romain. Cette cession a permis la réalisation du portail des Boursiers (actuel portail des Libraires), précédé d'une avant-cour. Un portail est réalisé au sud du transept : le portail de la Calende. Ses deux réalisations sont l’œuvre de Jean Davy[29]. Les deux tours qui encadrent les portails, lesquels à l'origine devaient être coiffés de flèches, ne seront jamais réalisés[8]. C’est à cette période qu’est construit un cloître dans la cour d’Albane[Note 4], dont seule la galerie orientale surmontée de vastes salles et l'amorce de la galerie méridionale sont réalisés[28]. La cour d’Albane vient d’un collège fondé au XIIIe siècle par l’archevêque Pierre de Colmieu, nommé par la suite cardinal-évêque d’Albano. En 1302, Guillaume de Flavacourt décide la réalisation sur un plan plus vaste d’une nouvelle chapelle axiale dédiée à la Vierge[29].

Les travaux sur la façade occidentale reprennent à partir de 1370, pour se terminer vers 1450. C’est alors qu’une série d’arcatures sont construites et remplies de plus de 60 statues. Ce parti de remplir la façade de statues semble être une inspiration anglaise, comme il peut être vu à Wells, Lichfield ou Salisbury[8], œuvres de Jean Périer, poursuivie par Jean de Bayeux et Jenson Salvart. Jenson Salvart remplace les fenêtres hautes de la cathédrale afin d’y apporter davantage de lumière. Les nouveaux vitraux sont l’œuvre de Jehan de Senlis[30].

Guillaume Pontifs, qui devient maître-d'œuvre de la cathédrale en 1462, poursuit le travail de Jenson Salvart et Geoffroi Richier dans le réaménagement du fenestrage du croisillon nord du transept[30]. Il achève également la tour Saint-Romain par la réalisation d’un étage haut, couvert d’un toit en hache aux pans d'ardoise incurvés[28], de 1468 à 1478[29]. Elle abritait neuf cloches, auxquelles se sont ajoutés en 1467 la Marie d’Estouteville et en 1470, la Guillaume. La présence de ces nombreuses cloches y a donné le surnom de la « tour aux onze cloches »[30]. De 1477 à 1479, il reprend complètement la librairie des chanoines (bibliothèque du chapitre) réalisée par Jenson Salvart, et construit l’« escalier des Libraires » qui permet son accès depuis le transept de la cathédrale, en 1479. L’avant-portail de la cour des Libraires est achevé en 1484[30].

La façade occidentale, visuellement déséquilibrée par la présence unique de la tour Saint-Romain, Guillaume Pontifs commence fin 1485 une tour au sud de la façade, la tour de Beurre, sous l'archiépiscopat de Robert de Croismare[30]. Elle est financée par les aumônes versées pour compenser le droit d’user de laitages lors du Carême[12],[31].

De la Renaissance à la Révolution[modifier | modifier le code]

La cathédrale vue depuis la Haute Vieille Tour avant 1822, dessin de Capt' Batty

Jacques Le Roux[Note 5] achève la tour du Beurre en 1506. Seul le couronnement de la tour reste inachevé[27]. À sa base vient s’établir la paroisse Saint-Étienne en février 1497. La réalisation de la tour désordonne beaucoup la façade. Des fissures apparaissent et la rose de Jean Périer réalisée vers 1370 menace de se ruiner[30]. Elle cause la reconstruction du portail central entre 1508 et 1511 par Roulland Le Roux[Note 6],[2]. Le décor du portail et de son tympan est confié à Pierre des Aubeaux[30].

La flèche gothique d’origine, dite « l’aiguille » ou « tour grêle » du XIIIe siècle, subit un incendie le 5 octobre 1514. L’année suivante, Roulland Le Roux consolide la tour-lanterne, et y rajoute un étage en prévision d'une nouvelle flèche[30]. Son projet d'une flèche en pierre est refusée. Le charpentier darnétalais Robert Becquet réalise une flèche en bois en forme de pyramide, recouverte de plomb doré, du style Renaissance[27]. Commencée en 1538, achevée en 1557[27], elle culmine à 128 mètres de haut.

La cathédrale est saccagée par les huguenots en 1562. Les statues manquantes sont un témoignage de cette période troublée[2]. Les tombeaux du duc de Bedford et du cardinal d'Estouteville sont détruits, les statues de saints et d’archevêques sur la façade sont décapitées[12].

Un ouragan en 1683 dévaste la façade occidentale, détruit la rosace et renverse trois des quatre tourelles du couronnement qui crèvent les voûtes et ruinent l’orgue[12]. Un don de Louis XIV permet de restaurer ce qui a été détruit[32].

En 1736, le chapitre de la cathédrale entreprend de surélever le chœur et dégager les tombeaux qui l’encombrent[Note 7], comme pour la chapelle de la Vierge[Note 8],[12]. Le chœur est doté d’un nouveau maître-autel, œuvre de Cartault livrée le 14 décembre 1734[27]. Le trumeau du portail central est détruit pour laisser un passage au dais processionnel[27]. La clôture de cuivre jaune qui entourait le chœur depuis 1526 est remplacée par des grilles de cuivre doré[12]. Le jubé du XIIIe siècle disparaît en 1772[27] et est remplacé en 1775 par un jubé classique en marbre, œuvre de l’architecte Guillaume-Martin Couture[12].

Après 1789[modifier | modifier le code]

Incendie de la flèche en 1822 par Polyclès Langlois

Lors de la Révolution française, la cathédrale devient le temple de la Raison. Les cloches sont brisées et la Georges d’Amboise fondue[Note 9]. La Révolution conserve convenablement la cathédrale par l’utilisation de la chapelle de la Vierge comme grenier à foin, tandis que le reste de l’édifice a servi de salle de concert[27]. Elle retrouve son statut de cathédrale en 1796[33],[34].

La foudre frappe le 15 septembre 1822, brûlant la flèche de style Renaissance[Note 10]. L’architecte Alavoine propose la construction d’une flèche en fonte dans le style gothique. Commencée en 1825, elle est achevée en 1884 avec la pose de quatre clochetons en cuivre, œuvres de Ferdinand Marrou[34], en suivant des dessins de Barthélémy[12]. Diverses campagnes de restaurations sont entreprises au cours du XIXe siècle, menées par Alavoine, Barthélémy, Desmarest et Sauvageot. Elles se poursuivent au XXe siècle avec Chaîne, Colin et Auvray[12].

Au cours du XIXe siècle, différents travaux ont été réalisés pour valoriser la cathédrale. Le 26 novembre 1792, le mur d’enceinte qui clos le parvis est démoli[35]. Au fur et à mesure, les travaux sont interdits sur les maisons qui jouxtent la cathédrale. Deux maisons en 1822 sont détruites à la suite de l’incendie et de la chute de la flèche, leur reconstruction est refusée[35]. En 1851, le préfet signale au ministre « les inconvénients qui résultaient pour cet édifice du voisinage des maisons et échoppes qui y sont adossées »[35]. Le ministre lui répond qu’il « paraît convenable et même nécessaire de dégager un édifice, tel que la cathédrale de Rouen, des constructions parasites qui l’obstruent » ; réponse complétée, après un incendie en 1855 au pied de la tour Saint-Romain, par son désir de « dégager un monument aussi précieux »[35]. Un décret d’utilité publique est signé le 30 juillet 1861 en vue de l’expropriation des immeubles attenants à la cathédrale[35]. Ainsi, sont démolies toutes les constructions touchant la cathédrale, que ce soit la rue du Change et rue des Bonnetiers au sud, ou la rue des Quatre-Vents et rue Saint-Romain pour la cour d’Albane au nord. Seule, la maison de l’Œuvre attenante au cloître des chanoines est rescapée de cette opération.

De la Seconde Guerre mondiale à nos jours[modifier | modifier le code]

Incendie de la tour Saint-Romain le 1er juin 1944

Un incendie touche la charpente du bas-côté sud le 9 juin 1940 après l’incendie du quartier compris entre la cathédrale et la Seine. Dans la nuit du 18 au 19 avril 1944, la cathédrale est éventrée par sept torpilles dont une, tombée dans le chœur, n’explosera pas. Les bas-côtés de la nef et les chapelles du collatéral sud, sauf une, sont détruites[36]. De plus, un des quatre piliers soutenant la flèche est gravement endommagé[34]. Le pilier sera rapidement renforcé et étayé par l’entreprise Lanfry, pour empêcher la flèche de s’abattre sur l’ensemble de la structure. La nef restera debout grâce aux arc-boutants de la chapelle Sainte-Catherine qui l’ont soutenue à eux seuls. Le souffle des explosions éventre les grandes roses du transept et de la façade occidentale[36]. Lors de la semaine rouge, le 1er juin, la tour Saint-Romain s'enflamme[34], causant la chute des cloches[36]. L’incendie se propage aux bas-côtés, à la nef, jusqu'à la Cour des Libraires[36].

Les travaux de restauration sont menés par M. Albert Chauvel, architecte en chef des monuments historiques[37], des architectes Franchette et Grégoires et de l'entreprise de Georges Lanfry. Après déblaiements et consolidations, la restauration se met en place. La cathédrale est finalement rouverte, ainsi que le nouveau maître-autel consacré par l'archevêque Martin le 17 juin 1956[12] en présence de René Coty[37].

Le 26 décembre 1999, la tempête fait chuter le clocheton nord-est qui perce les voûtes du chœur[38]. L'écrasement au sol des voûtes du chœur et de la pointe du clocheton détruit une partie des stalles du XVe siècle[38],[39]. Une première phase de travaux d'urgence, lancée par la Conservation régionale des Monuments historiques et l'architecte des Bâtiments de France, a permis d'étayer les voûtes percées et déstabilisées, reconstruire l'arc doubleau et des voûtains, ainsi que raccommoder les fissures. Cette étape s'est achevée au début de l'été 2000[40].

Les principaux travaux de restauration sont désormais achevés. Cependant, l'érosion se poursuit et l'état du porche principal miné par l'humidité, le gel et la pollution atmosphérique se dégrade irrémédiablement. Le petit portail Saint-Siméon, dit aux « machons » (maçons), n'est toujours pas restauré et la flèche est rouillée de n'avoir pas été entretenue et repeinte depuis 1913, malgré d'importants travaux de consolidation dans les années quatre-vingt.

Une deuxième phase, commencée en 2010, doit permettre la reconstruction du clocheton détruit et la remise en état des charpentes, couvertures et arcs-boutants. Pierre-André Lablaude, architecte en chef des Monuments historiques, prévoit la restauration des trois clochetons encore en place et la reconstruction du clocheton disparu[41]. Le coût de cette opération, entièrement financée par l'état, est estimé à 7 600 000 euros[41].

Déposés après les bombardements de 1944, les tableaux (propriétés de l'État) qui ornaient l'ensemble de la cathédrale retrouvent leur place depuis les années 1970 après un programme de conservation-restauration. Neufs tableaux, restaurés pour un coût de 96 073 euros, ont ainsi été reposés dans la cathédrale, parmi lesquels se trouvent les toiles de Saint Jean-Baptiste au désert et la Mort de Saint Joseph, rapportés d'Avignon par Frédéric Fuzet. Il reste aujourd'hui encore quelques tableaux toujours en réserve qui attendent d'être remis en place[42].

Les maîtres-d'œuvre et architectes[modifier | modifier le code]

Les différents maîtres d'œuvre sont connus à partir de la reconstruction de la cathédrale après son incendie en 1200 :

  • Jean d'Andely
  • Enguerran[Note 11] (-1214).
  • Durand, pose la dernière clef de voûte de la nef.
  • Gauthier de Saint-Hilaire, 1251.
  • Jean Davy, 1278, réalise le portail du transept nord et peut-être la chapelle de la Vierge.
  • Guillaume de Bayeux et Jean Vassal, 1359.
  • Jean Périer (1362-1388), travaille au tombeau du cœur de Charles V et réalise en 1370 le grand portail occidental avec sa rose.
  • Jean de Bayeux[Note 12] (1388-1398).
  • Jenson Salvart[Note 13] (1398-1447), refait en 1407 la décoration du grand portail et agrandit les fenêtres hautes du chœur en 1430.
  • Jean Roussel (1448-)
  • Geoffroi Richier (1451-1462), réalise la fontaine de l’aître de la cathédrale.
  • Guillaume Pontifs (1462-1496), décore le portail de la Calende, réalise les fondements de la tour Saint Romain en 1463, la bibliothèque en 1477, la clôture du chœur et de la sacristie en 1480 et la tour du Beurre à partir de 1487.
  • Jacques Le Roux (1496-1508), achève la tour du Beurre.
  • Roulland Le Roux[Note 14] (1508-1526). Architecte du grand portail, il participe également à la réalisation du tombeau d'Amboise.
  • Simon Vitecoq (1526-1548), décore l'extérieur de la chapelle de la Vierge.
  • Pierre Vitecoq (1548-)
  • Jacques Pochon, 1684
  • Guillaume Tourmente (1595-1611)
  • Pierre Tourmente (1618-1619)
  • Noël Dyvetot (1624-1653)
  • Guillaume Gravois, 1654
  • Jacques Gravois, 1702
  • de La Motte, 1734
  • Jacques Cécile, 1734
  • Guillaume Couture, réalise le jubé
  • Cartaud, réalise le maître-autel

C'est à partir du XIXe siècle qu'une liste continue d'architectes apparaît avec les travaux de restauration de la cathédrale :

  • Jean-Antoine Alavoine (1822-1834), réalise la flèche de la tour-lanterne
  • Dubois et Pinchon (1834-1848)
  • Jacques-Eugène Barthélémy et Louis Desmarest (1850-1868), restaurent le portail des Libraires (1850-1857), la chapelle de la Vierge (1857-1860), l'avant-portail des Libraires (1858-1862), le portail des Calendes et autres travaux (1861-1868)
  • Louis Sauvageot (1894-1904), restaure le grand portail
  • Chaine, 1904, restaure le grand portail et la tour Saint-Romain
  • Pierre-André Lablaude

Les dimensions[modifier | modifier le code]

Plan de la cathédrale de Rouen, issu du Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle par Eugène Viollet-le-Duc en 1856.

Les dimensions figurant dans ce tableau ont été relevées sur place en 1977[43].

Longueur totale hors œuvre 144 m
Longueur totale dans œuvre 136,86 m
Largeur totale de la façade occidentale 61,60 m
Hauteur de la tour Saint-Romain 82 m
Hauteur de la tour de Beurre 75 m
Longueur de la nef (11 travées) 60 m
Largeur totale dans œuvre sans les chapelles 24,20 m
Largeur de la nef d'axe en axe des piliers 11,30 m
Hauteur sous voûte de la nef 28 m
Largeur des bas-côtés au nord (moyenne) 6,20 m
Largeur des bas-côtés au sud (moyenne) 6,70 m
Hauteur des bas-côtés 14 m
Profondeur des chapelles latérales au nord 3,15 m
Profondeur des chapelles latérales au sud 3,50 m
Longueur hors œuvre du transept 57 m
Longueur dans œuvre du transept 53,65 m
Largeur du transept (bas-côté compris) 24,60 m
Hauteur des croisillons 28 m
Hauteur sous voûte de la tour-lanterne 51 m
Hauteur totale de la flèche 151 m
Longueur du chœur 34,30 m
Largeur du chœur 12,68 m
Hauteur du chœur 28 m
Largeur du déambulatoire (variant de 6,32 m à 6,40 m) 6,35 m
Longueur de la chapelle de la Vierge 24,71 m
Largeur de la chapelle de la Vierge 8,80 m
Hauteur de la chapelle de la Vierge 19 m

La description exterieur de l'édifice gothique actuel[modifier | modifier le code]

Le parvis[modifier | modifier le code]

Place de la Cathédrale vue depuis la salle des Rois de la cathédrale

La place de la cathédrale est située au centre du castrum gallo-romain du IVe siècle, au croisement du cardo (actuelle rue des Carmes) et du decumanus (axe de la rue du Gros-Horloge)[4]. Le Livre des Fontaines de Jacques Le Lieur permet d'imaginer cette place vers 1525. En 1641, des croix de pierre sont installées aux deux extrémités du parvis. Elles seront abattues à la Révolution en même temps que les murs qui fermaient la place[44], qui avaient été élevés en 1537, sur délibération du conseil du 23 novembre 1792[45]. Le parvis est clos avec en son centre une fontaine. Cette fontaine, construite en 1450 est supprimée en 1856[44]. À la fin du XVIIIe siècle, le cimetière paroissial est supprimé[45]. En 1793, la place prend le nom de place de la Raison et en 1795 place de la République avant de reprendre son ancien nom[45]. Les bornes en fonte qui entourent le portail sont installées en 1823[46].

Alentour, les maisons avec des avant-soliers coexistent avec de nouvelles constructions comme le bureau des Finances. Les anciennes maisons au nord de la place sont détruites et sont remplacées par l'immeuble de la Mutuelle-Vie en 1899. Subissant des dommages pendant la Seconde Guerre mondiale, l'immeuble est finalement détruit en 1972. Le 30 mai 1976, le palais des Congrès, réalisation de l'architecte rouennais Jean-Pierre Dussaux, est inauguré par le maire de Rouen Jean Lecanuet. Fermé pour des raisons de sécurité en 1996, il est détruit en 2010[47].

Cette place fait face à l'ancien Bureau des Finances, remarquable pour ses façades sur rue et sur cour et ses toitures, qui fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 20 août 1928[48]. Construit de 1509 à 1540 à la demande du cardinal Georges d'Amboise, il s'agit du plus ancien monument Renaissance subsistant à Rouen[49], occupé depuis 1959 par l’office de tourisme de la ville. À côté, se trouve la Grande pharmacie du Centre, dans un immeuble style Art déco et ses ferronneries d’art de Raymond Subes[50]. Au nord de la place se trouve l'ancien Palais des Congrès qui laisse place à l'Espace Monet-Cathédrale, immeuble en construction, projet de l'architecte Jean-Paul Viguier[51] et à la valorisation de l'hôtel Romé[47]. Au sud se trouve la sortie du tunnel Saint-Herbland[52] et du parking souterrain de l'Espace du Palais[45].

La tour Saint-Romain[modifier | modifier le code]

La tour nord (tour Saint-Romain) est la partie la plus ancienne de la façade (XIIe siècle, premier gothique) et était couronnée d'une flèche en pierre à l'origine. Après la démolition de cette dernière, un autre niveau en style gothique flamboyant a été ajouté et doté d'un toit en charpente dit « en hache ». Il est très vraisemblable que cette tour fût isolée de la cathédrale et qu'elle servît de tour défensive avant d'être intégrée à la façade de la cathédrale[53].

Son édification débute vers 1145[26], lorsque l'archevêque Hugues d'Amiens décide de remplacer la cathédrale romane. Son soubassement est totalement aveugle sur le parvis[54]. Au-dessus se développent quatre niveaux de baies qui s'agrandissent progressivement jusqu'aux baies géminées des abats-son[54]. Son dernier étage se démarque par l'utilisation d'un style gothique flamboyant sur l'ensemble plus rude du premier gothique. La partie est de la tour accueille une tourelle carré qui renferme l'escalier en vis qui permet l'accès aux étages[55].

La maison du carillonneur qui était accolée à la tour Saint-Romain est détruite le 19 avril 1944[56]. La tour Saint-Romain brûle le 1er juin 1944, à la suite du bombardement allié du 31 mai. La fumée commence à s'élever vers 19 h[55]. À 19 h 25, les deux croix du sommet s'écroulent en même temps que la charpente du toit[55]. Les cloches ont fondu sur le sol du premier étage qui n'a pas cédé. Seuls les murs sont restés debout. Le fameux toit en « hache » recouvert d'ardoises et décoré de quatre soleils d'or n'a été restitué qu'à Pâques de l'année 1987[27],[28]. Au pied de la façade nord de la tour se trouve une porte romane à colonne prismatiques en pierre noire. Dans son embrasure est logée la statue d'un prophète, issue de la façade occidentale[57].

La tour de Beurre[modifier | modifier le code]

La tour sud est beaucoup plus récente puisqu'elle date du début XVIe siècle ; la première pierre est posée en 1485[58], le 10 novembre[59] par Mgr Robert de Croismare[Note 15], les travaux étant commencés par Guillaume Pontifs, maître d’œuvre[60]. En 1496, Guillaume Pontif est remplacé par Jacques le Roux qui achève la tour en 1506[58]. Elle est « couronnée », ce qui est caractéristique du style flamboyant, dite « de beurre », parce qu'elle a été financée avec les indulgences de carême, c'est-à-dire que des fidèles riches s'achetaient le droit de consommer du beurre et autres laitages pendant le carême[58] tout comme à la cathédrale de Bourges où existe également une tour de beurre[60]. Une autre explication à cette dénomination est que cette tour est d'une teinte plus jaune (pierre dure de Vernon dont la couleur pourrait faire penser que la tour a été sculptée dans une motte de beurre) que le reste de la maçonnerie en pierre blanche de Caumont[61]. Elle n'est construite qu'à partir de 1485 et le chapitre de la cathédrale connut de houleux débats entre les « anciens » et les « modernes » pour décider qui des partisans d'une flèche ou d'une couronne l'emporterait. Finalement les seconds l'emportèrent[60]. Sa construction qui coûta 24 750 livres tournois[62] était destinée à équilibrer au sud le volume de la tour Saint-Romain[58]. Elle se compose de quatre niveaux qui suivent un plan carré et d'un couronnement octogonal ponctué de pinacles[63].

La tour de Beurre dispose d'un carillon, compté parmi les plus grands de France. Créé en 1920, il est agrandi par la maison Paccard et totalise 50 cloches et 6 cloches « de volée »[64].

Ces deux tours, Saint-Romain et de Beurre, sont construites hors d'œuvre, c'est-à-dire qu'elles ne s'élèvent pas au-dessus des collatéraux, mais à côté.

La tour de Beurre a inspiré la construction d'un célèbre building de Chicago la Tribune Tower en 1923-1925[65].

La façade occidentale[modifier | modifier le code]

Le rythme de la façade est donné par les quatre tourelles et leurs flèches ajourées, centrées sur l'axe du portail Notre-Dame[66]. Les deux portails des bas-côtés, d'un style gothique primitif (se rapprochant encore du style roman) datent approximativement entre 1170 et 1180[67]. Cependant leurs tympans n'ont été ajoutés qu'à la première moitié XIIIe siècle[68]. Les tympans des portails sont historiés. Le porche principal est le dernier élément gothique adjoint à la cathédrale pour renforcer la façade qui avait été mise à mal par la construction de la tour de Beurre ; l'ancien portail principal (XIIIe siècle) était dédié à saint Romain[69]. La rosace au-dessus est la quatrième à cet endroit, la présente date de l'après-guerre. Des deux côtés, des niches accueillent des statues, alignées dans une galerie répartie dans trois fenestrages au sud et dans une autre galerie avec quatre fenestrages au nord[70],[Note 16]. Ces galeries sont uniques en France, mais communes en Angleterre, ce qui suggère une influence britannique. La partie supérieure de la façade est décorée de gables gothiques de style rayonnant alternativement pleins et ajourés[66](les quatre gables entourant la rose de la façade, œuvres de Jean Périer, entre 1386 et 1387 - ces gables sont décorés de quadrilobes ; les deux gables proches, encore quadrilobés mais différents des quatre précédents, de la tour de saint Romain sont attribués à Jehan de Bayeux et sont construits entre 1388 et 1398[71]) et un gable gothique flamboyant (fenestrages proches de la tour de Beurre - l'auteur est inconnu, mais des archéologues penchent soit pour Jehan de Bayeux soit pour Jenson de Salvart[69]). Le sommet de la façade est achevé par quatre pyramides (des sortes de pinacles), dont deux ne sont pas antérieures au début du XXe siècle.

Le portail Saint-Jean[modifier | modifier le code]

Le portail Saint-Jean au nord est le seul tympan qui soit intact parce qu'il a connu plusieurs campagnes de restauration dès 1769. Le tympan, divisé en deux parties, représente des évènements des vies de saint Jean Baptiste et de saint Jean l'Évangéliste. La partie supérieure représente le « Mystérieux passage » de Saint-Jean l'Évangéliste[72]. Le registre inférieur, de gauche à droite, raconte le festin d'Hérode, la danse de Salomé et la décollation de Saint-Jean-Baptiste[72]. Entre l'arc brisé et l'arc de décharge, dans le tympan haut du portail, se trouve le Baptême du Christ[72] au centre et des détails de la vie de Saint Jean en ombres chinoises. Cette technique de décoration, très originale, est un motif de « pierre de découpe », sur fond de fleurs de lys à l'origine dorées.

Le portail Notre-Dame[modifier | modifier le code]

Le portail central et le portail Saint-Étienne sont endommagés et cela depuis les guerres de religion, époque où les calvinistes, nombreux à Rouen, ont décapité et mutilé les statues de presque toutes les églises de la ville, en détruisant également le mobilier et les tombes à l'intérieur des édifices. Cependant, on reconnaît sur le tympan du portail Notre-Dame un arbre de Jessé[73] qui constitue une des rares représentations de ce thème dans la pierre. Cette réalisation du Rouennais Pierre des Aubeaux, sculptée en 1512-1513, a souffert des dégâts causés par les huguenots en 1562, et a été restaurée en 1626 par Nicolas Gugu ou Cucu[74]. Les voussures, de l'intérieur vers l'extérieur, sont agrémentées de statues de patriarches, de sibylles et de prophètes[73]. Les portes ont été réalisées en 1512 par Nicolas Castille[27]. L'étagement du portail est constitué d'un premier grand gable recoupant une galerie, la grande rose en retrait et une seconde galerie dite du « Viri Galilei »[66].

Le portail Saint-Étienne[modifier | modifier le code]

Saint Étienne est méconnaissable sur le portail du même nom au sud. Son tympan, comme pour celui Saint-Jean est divisé en deux parties : un Christ en majesté[72] dans une mandorle qui accueille fidèles et pèlerins car il n'a pas été mutilé par les protestants, et dessous la lapidation de Saint-Étienne[72] ; cette partie inférieure, outre les actes iconoclastes des protestants (surtout pendant la première guerre de Religion, avant l'arrivée de l'armée d'Élisabeth Ire en fin septembre 1562) des restaurateurs supprimèrent certains personnages de la scène du martyr de saint Étienne pour mettre en évidence le linteau de la porte[68]. La configuration du tympan (le Christ glorieux dans les cieux, entouré d'anges, sur la partie supérieure, et Étienne lapidé par ses bourreaux en présence de Saul) illustre le récit du martyr de saint Étienne « Je vois les cieux ouverts et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu » (Actes des Apôtres, chapitre 7, verset 56)[69]. Au-dessus du tympan est raconté la Cueillette des âmes[72].

Le portail Saint-Siméon[modifier | modifier le code]

Il est construit au XIIIe siècle sur la 8e travée du collatéral sud[75], au moment de la construction des chapelles entre les arcs-boutants[76]. Également appelé « porte des Maçons » ou « porte aux Machons », il donnait sur un jardin de la rue du Change nommé la « loge des maçons de la cathédrale » ou « aître Saint-Étienne »[77]. Il a remplacé un portail avec porche qui se trouvait au niveau de la 7e travée du bas-côté sud[76]. Masqué par des maisons, celles-ci sont détruites au cours du XIXe siècle, dont la dernière, la bijouterie Noël Sanguin, adossée à la tour du Beurre est démolie en 1895[77]. Le portail est détruit dans la nuit du 18 au 19 août 1944[75]. Son tympan représentait la présentation de la Vierge et de Jésus au Temple[75].

Les portails du transept[modifier | modifier le code]

Le portail des Libraires comme celui de la Calende, est surmonté d'un arc en tiers-point à voussure sculptée au-dessus duquel un gable se détache de la claire-voie vitrée[78]. La rose est surmontée d'un grand gable[78]. Les tours carrées qui encadrent les bras du transept largement évidées, construites au XIIIe siècle, devaient porter des flèches de pierre jamais réalisées[79].

Le portail des Libraires[modifier | modifier le code]

Ce portail, ouvert sur le croisillon nord du transept, a changé d'appellation au fil du temps. Sa première appellation, « portail de la Vierge », provient du Livre d'ivoire vers 1300[80]. Il prend ensuite le nom de « portail des boursiers » du fait que la douzaine d'échoppes qui donnent sur la cour dite des Libraires aujourd'hui étaient occupées au XIVe siècle par des artisans exerçant ce métier[80]. Il prend finalement le nom de « portail des Libraires » du fait de l’installation des libraires dans les échoppes de la cour[80] ou plutôt du fait d'être encadré par la librairie qui désignait au Moyen Âge et à la renaissance encore, la bibliothèque[81], alors que les marchands de livres se nommaient les « libratiers »[82], une confusion de termes se serait produite par la suite.

Le tympan du portail développe le Jugement dernier[29] sur deux niveaux : la résurrection des morts sortant de leurs tombeaux avant la séparation des justes et des damnés[83]. La partie supérieure, qui n'a jamais été sculptée, devait accueillir un Christ en majesté[83].

Les voussures sont peuplées d'anges, d'apôtres et de martyrs. Les vierges sages et les vierges folles encadrent la grande rose jusqu'à la base du gable du grand portail[83].

Le meneau central supporte dans une niche abritée sous un dais une statue de Saint-Romain, retaillée au XIXe siècle[84].

Le soubassement est constitué de médaillons dans des quadrilobes qui racontent pour sa partie supérieure la Genèse de la Création au meurtre d'Abel par Caïn, tandis que la partie inférieure est composée de personnages fabuleux et fantastiques[83]. Le parti d'orner les quadrilobes, inscrits dans les fenestrages à redents des ébrasements, de petites scènes ou de grotesques, est presque unique en France, seule la cathédrale de Lyon dispose également de cette alliance entre sculpture et architecture[84].

On suppose que l'ensemble des sculptures était peint au XIIIe siècle comme le prouvent des traces de couleur sur une statue provenant des parties hautes du portail[85].

Le portail de la Calende[modifier | modifier le code]

Statue supposée de Jean Gorren

L'origine du nom serait due aux réunions ecclésiastiques qui avaient lieu au moment des Calendes, et qui se tenaient dans une maison sur la place devant la façade[86]. Le nom de « portail de la Calende » est connu depuis le XVe siècle[86]. Ce portail, ouvrant sur le croisillon sud du transept, a également porté le nom de « portail aux degrés », nom lié à l'emmarchement nécessaire pour y accéder depuis la place[86]. Sa construction a été possible grâce au financement d'un riche bourgeois de Harfleur, Jean Gorren[87].

Viollet-le-Duc a dit de ce portail que « c'est un chef-d'œuvre d'une école de constructeur et d'appareilleurs, qui n'avaient pas alors son égale en France »[88].

Réalisée en pierre de Vernon, et par la délicatesse de ses éléments sculptés, une première intervention est attestée au XVIe siècle[89]. L'essentiel des restaurations se déroulera de 1861 à 1868[89]. La Seconde Guerre mondiale cause peu de dégâts, à part la vitrerie et la rose du XIXe siècle[89].

Le portail dispose d'un tympan sculpté qui développe sur trois niveaux le « mystère pascal »[83], la Passion et la rédemption de l'humanité[29]. Le registre médian traite de la Passion au gauche et de la mise au tombeau à droite[83]. Le registre supérieur représente la crucifixion alors que le registre inférieur traite de la Résurrection et de l'Ascension[83]. Le soubassement du portail comprend différents tableaux qui racontent l'histoire de Job, de Jacob, de Joseph, de Judith, la parabole du mauvais riche et la vie de saint Romain[90]. Son trumeau accueille le Christ[83]. Les voussures sont occupées par des évêques, des rois et des prophètes[83]. Son gable supérieur est dédié au Couronnement de la Vierge[29].

La grande rosace est formée de douze fenestrages, alternativement disposés pointe vers le centre et vers le périmètre du grand cercle. L'espace laissé vacant est formé de trilobes[91].

La tour-lanterne et sa flèche[modifier | modifier le code]

L'archevêque Maurille fait ériger une « pyramide de pierre, connue sous son nom »[92]. Elle a pu être détruite par la foudre en 1177[93], même s'il semble plus réaliste que sa destruction se rapporte à l'incendie de 1200 qui ravagea la cathédrale[94]. Une nouvelle flèche est construite en charpente, dont Jean Dadré rapporte dans sa Chronique des archevêques de Rouen qu'elle était « d'une pique ou de 15 pieds plus haute que celle qui vient d'être incendiée »[95]. Elle perdit sa croix et son coq lors d'un ouragan en 1353[96], remontés l'année suivante par le charpentier Pierre Viel[97].

Le 4 octobre 1514[98], à huit heures du matin[97], la flèche gothique dite « tour grêle »[2] ou « l'Aiguille de Rouen » est détruit dans un incendie causé par des plombiers lors de restaurations[99]. Détruite en moins d'une heure[100], la croix de fer qui la couronnait tomba sur la charpente et les voûtes du chœur, causant la destructions de quelques stalles[100]. L'incendie, qui dura cinq heures[97], détruisit la flèche, les quatre tourelles alentours formant une couronne impériale et la tour maçonnée sur laquelle elle était élevée[101]. Le 27 du même mois, des plans de reconstruction sont proposés au chapître[98]. Roulland Le Roux souhaite réaliser une flèche en pierre, mais se voit opposer un refus des chanoines. Pour la réédification d'une flèche à la croisée, Louis XII accorda la somme de 12 000 livres payables en six ans[102]. La mort du roi l'année suivante et le sixième de la somme touchée, François Ier accorde par lettres patentes du 18 août 1517 sur dix ans les fonds pour compléter le don de son prédécesseur[102]. Dès 1515, un beffroi en charpente y prenait place[103]. En 1543, le beffroi provisoire est descendu[104] et l'élévation de la nouvelle flèche commence le 13 septembre 1543[105] pour se terminer à la fin d'août 1544[101]. De nouveaux étages sont reconstruits en style gothique flamboyant et une nouvelle flèche en bois recouverte de plomb de style Renaissance nommée « la pyramide » la coiffe. Cette flèche en charpente couverte de plomb doré[2] est élevée par le maître-charpentier Robert Becquet[104]. Le coût total de sa construction est de 7 000 livres[106]. La croix de fer, haute de seize pieds et pesant 1 540 livres[107] fut posée le 12 septembre 1544[108] et le coq de 28 livres[107] le 12 octobre suivant[108]. La hauteur totale de cette flèche du sol jusqu'à la crête du coq était de 396 pieds[109], dont 115 pieds et six pouces pour l'obélisque seul[110]. La flèche subissant les dommages du temps et commençant à pencher, des travaux sont engagés pour s'achever en 1808 pour un coût de 30 000 francs[96]. La foudre frappe la flèche le 15 septembre 1822 à cinq heures du matin[111]. À sept heures, la flèche tombe[112].

L'architecte Jean-Antoine Alavoine présente ses premiers projets d'une flèche en fonte dès 1823[113]. Il débute en 1827 avec le coulage des premières pièces[113]. À la mort d'Alavoine en 1834, trois des cinq niveaux sont montés[113]. Les pièces des deux étages supérieurs sont usinées et prêtes à être posées[113]. Le chantier est repris par l'architecte Dubois secondé par Pinchon[113]. La révolution de 1848 stoppe le chantier, qui se trouve suspendu en 1849 par le ministère des Cultes[113]. Napoléon III décide en 1868 la reprise du chantier[113]. La guerre de 1870 cause des problèmes financiers à l'achèvement de la flèche[113]. La lenteur de réalisation de la flèche est due aux difficultés financières et aux différentes oppositions parmi lesquelles Gustave Flaubert qui la qualifie de « tentative extravagante de quelque chaudronnier fantaisiste »[34]. De nombreux artistes critiquent la flèche, comme c'est le cas pour Didron qui la qualifiera de « monstrueux accouplement du fer avec la pierre »[114], tandis que Guy de Maupassant dans Bel-Ami la décrit en ces termes « la flèche aigüe de la cathédrale, cette surprenante aiguille de bronze était laide, étrange, démesurée, la plus haute qui soit au monde »[115]. Eugène Noël la voit comme « un chemin de fer vers le ciel »[115],[Note 17]. La visite du président de la République Patrice de Mac Mahon en 1875 permet à la situation de se débloquer[113], tout comme la ténacité du chanoine Louis Robert[114],[Note 18]. L'achèvement de la flèche est confié à l'architecte Barthélémy[113]. Repris en mars 1876, la flèche est couronnée en novembre 1876[113].

Médaillon du premier clocheton posé sur la cathédrale comprenant sur sa tranche l'inscription : « CE MÉDAILLON A ÉTÉ OFFERT À L'ÉGLISE MÉTROPOLITAINE DE ROUEN PAR L'ARCHITECTE J.-E. BARTHÉLÉMY LE II FÉVRIER MDCCCLXXXI LD »

À la fin 1876, Barthélémy propose la construction de quatre clochetons pour encadrer la flèche d'Alavoine[113]. Approuvée en 1878, Ferdinand Marrou remporte le chantier[113]. Le premier clocheton est posé en 1881[113]. Un médaillon est à cette occasion disposé sous le pinacle du clocheton[113]. En 1884, le chantier est achevé[113]. Chaque clocheton, composé d'un corps principal octogonal et d'un pinacle pèse près de 30 tonnes et mesure 26 50 mètres[113]. Ils sont composés d'une structure de fer recouvert d'un décor néogothique en cuivre repoussé[113].

La tempête du 26 décembre 1999 entraîne la chute du clocheton nord-est sur la voûte et le chœur. Les trois autres clochetons ont été déposés en 2010. Ils ont été démontés, consolidés et sécurisés dans le hangar 108 sur la rive gauche. Les plus de 2 000 éléments, qui composent la structure et la décoration, ont été préparés en atelier. Après la repose du premier clocheton nord-est, la pose des trois autre clochetons a commencé le 1er octobre 2012[116].

Le chevet[modifier | modifier le code]

À l'extrémité de la cathédrale se trouve la chapelle de la Vierge. Ses fenêtres en arc brisé sont coiffées de gables compris entre les pinacles surmontant les contreforts[117]. Le faîtage est marqué par la présence d'une Vierge dorée, réalisée en 1541 par Nicolas Quesnel[117]. Le faîtage du chœur accueillait jusqu'à la fin du XVIIIe siècle une statue équestre en plomb doré représentant saint Georges terrassant le dragon[117]. Sur le flanc sud du chœur, rue des Bonnetiers, se trouve greffé des constructions du XIIIe siècle qui étaient des locaux à l'usage du chapitre comme la sacristie des chanoines, le revestiaire et le chartrier[117].

La visite intérieure[modifier | modifier le code]

La nef[modifier | modifier le code]

La nef reprend des éléments des parties romanes détruites par un incendie en 1200. Elle est composée de 11 travées, séparées par des piliers composés. Dans les quatre premières travées, les plus anciennes, les piles des grandes arcades de plan losangé comptent 16 colonnettes, tandis que le reste des piliers de la nef de plan circulaire en totalise 21 pour chaque pile. Elle est caractéristique du premier gothique parce qu'elle est construite sur quatre niveaux, contrairement au gothique postérieur qui n'en connaît que trois. Le revers de la façade comprend les tympans des baies de la coursière de l'étage découpés de rosaces polylobées, caractéristiques du premier gothique normand[118].

Son élévation comprend de grandes arcades brisées, les baies des fausses tribunes inscrites dans des arcs brisés qui communiquent avec le bas-côté. Contrairement à Notre-Dame de Paris, les tribunes n'ont jamais été réalisées, peut-être en raison d'une reconstruction plus tardive des collatéraux, supportées dès l'origine par des arc-boutants, ou d'une volonté de l'architecte depuis le début du projet de marquer leur emplacement sans les réaliser, comme c'est le cas pour la cathédrale de Rochester[119]. L'intention d'établir un niveau de tribune est admise par Alain Erlande-Brandenburg tandis que Lindy Grant fait remarquer la présence d'une vaste baie latérale appartenant au premier projet dans les bas-côtés de la première travée occidentale qui est incompatible avec des tribunes[119]. Le triforium est souligné par un bandeau de trèfles. Les sept premières travées sont inscrites sous des arcs de décharge surbaissés, tandis que les quatre suivantes prolongent le réseau des fenêtres hautes dans le style rayonnant. Les fenêtres hautes et agrandies vers 1370 sont composées de quatre lancettes deux par deux sous trois roses, exception faite de la fenêtre du début du XIIIe siècle à trois lancettes sous une rose dans la première travée nord.

Les voûtes d'ogives de plan barlong possèdent des clefs ornées de feuillages. La quatrième clef de voûte accueille une Vierge à l'Enfant tandis que la dernière reçoit un agneau pascal surmonté d'une croix signée « Durandus me fecit »[Note 19]. La chaire en fer forgé et cuivre doré est une réalisation de Raymond Subes[120].

Près de la croisée du transept, des épitaphes au sol sont dédiées à saint Maurille, archevêque de Rouen qui achève la construction de la cathédrale romane en 1063, à Guillaume d'Estouteville dont le cœur est déposé près de son prédécesseur et à Sibylle de Conversano, épouse du duc Robert II de Normandie :

« 

HIC
AD.AQVILONEM.IN.PACE.QYIESCIT
BEATAE.MEM.MAVRILLIVS
ARCHIEPISCOPVS.ROTOMAGENSIS
ILLA.QVI.SUPERIOREM.BASILICAM
IN.SUBTERRANEIS.QVIDEM.AD.HVC.SVPERSTITEM
PERFECIT.CONSECRAVITQUE
ANNO.M.L.XIII
ET.OBIIT.ANNO.M.LX.VII
EO.PONTIFICE.NORMANNI.GVILLELMO.DVCE
ANGLIA.POTITI.SVNT

 »
  • Épitaphe de Guillaume d'Estouteville[Note 21]

« 

IN.PROXIMO.COR.EST.RECONDITVM
GVILLELMI.CARDINALIS.DE.ESTOVTEVILLA
ARCHIEPISCOPI.ROTOMAGENSIS
ROMAE.QVI.OBIIT.ANNO.M.CD.LXXXIII
EO.PONTIFICE.AB.OMNI.CRIMINE
NON.QVINTEL.AN.M.CD.LVI
VINDICATA.EST.IONNA.DE.ARC

 »
  • Épitaphe de Sybille de Conversano[Note 22]

« 

SIBYLLA.DE.CONVERSANA
APVLLEM.ORTV
QVAM.DVCIT.VXOREM
ROBERTVS.BREVIS.OCREA.DICTVS
NORMANNORVM.DVX
INVICTI.FILLIVS.GVILLELMI.CONQVISITORIS
ACERBA.NIMIS.MORTE.PRAEREPTA
POST.BIENNIVM.CONVBI
AN.M.C.II
GENTIS.OLIM.DELICIVM.DEIN.DESIDERIVM
NVNC.CINIS
SERIVS.REVICTURA

 »

La tour Saint-Romain[modifier | modifier le code]

Le baptistère dans la salle basse de la tour Saint-Romain

Le premier niveau de la tour forme une salle basse contenant le baptistère[54]. La potence et le couvercle des fonts baptismaux, œuvres de Ferdinand Marrou, sont en fer forgé avec un décor végétal dans le style du XIIIe siècle[121]. Dans l'entrée se trouvent des statues d'Adam et Ève du XIVe siècle prélevées en 1911 du revers de la façade occidentale. Il s'y trouve également une statue de la Vierge à l'Enfant des XVIIe et XVIIIe siècles, provenant de l'hôpital de Beaucaire et offert par l'archevêque Fuzet ainsi qu'une plaque commémorative de Cavelier de la Salle en marbre noir et bronze d'Alphonse Guilloux. La salle du baptistère est couverte d'une voûte d'ogives octopartite[26]. Le deuxième niveau est une grande salle à deux registres de fenêtres[54], également voûtée d'ogives octopartite, qui a la particularité d'avoir un pont qui devait permettre d'accéder à la nef de la cathédrale romane[26].

Au-dessus se trouve l'étage du beffroi qui renferme actuellement la plus grosse des cloches de la cathédrale, la « Jeanne d'Arc ». Selon Henri Loriquet, la tour Saint-Romain serait le premier beffroi de Rouen et aurait à cette occasion abrité jusqu'en 1382, date de construction du beffroi du Gros-Horloge, les cloches communales, la Rouvel et la Cache-Ribaud. La tour Saint-Romain a abrité de 1470 à 1685 onze cloches : la Romaine, la Rigaud, Thibault, Nicolas, Petite Marie, Compiles, Grand Saint Benoît, Petit Saint Benoît, Robin de Luz, Marie d'Estouteville (fondue en 1467 à partir du Neuf-Saint) et Guillaume d'Estouteville. En 1685, Romaine, Petite Marie, Compiles et Guillaume d'Estouteville sont fondues pour former la Quatr'Une ou la Réunie. À la Révolution française, seule la Quatr'Une est conservée. Marie et Jean la rejoignent en 1804, Henriette-Caroline en 1826. En 1845, la Quatr'Une fêlée est fondue pour créer le bourdon Louis-Marie de Bailleul, remplacé en 1920 par le bourdon Jeanne d'Arc. Elles disparaissent en 1944 lors de l'incendie de la tour. Leur bronze est réutilisé pour concevoir la nouvelle Jeanne d'Arc, laquelle sera bénie en 1959[43].

Les collatéraux[modifier | modifier le code]

Ils se développent sur deux niveaux, les grandes arcades et les baies des tribunes, et voûtés d'ogives. Un tailloir en surplomb reçoit des colonnettes baguées qui supportent une coursière de circulation aménagée à la base des baies de tribunes jamais construites. Le troisième pilier sud présente sur son chapiteau des chimères et les têtes de Samson et Dalila.

Les chapelles sont ornées de piscines, éclairées de baies composées de quatre lancettes trilobées deux et deux, sous trois roses.

Les chapelles du bas-côté nord[modifier | modifier le code]

« Belles Verrières » de la chapelle Saint-Jean-de-la-Nef

Elles sont citées d'ouest en est.

La chapelle possède une statue de saint Nicaise de la fin XVIe siècle, début XVIIe siècle, provenant de l'église Saint-Herbland de Rouen, détruite en 1824. Les vitraux sont de Guillaume Barbe.
  • Saint-Jean-de-la-Nef
Elle possède des vitraux du XIIIe siècle, complétés par Guillaume Barbe en 1465/1470.
  • Saint-Sever
Cette chapelle, comme la précédente, possède des vitraux du XIIIe siècle, appelés dès le XIVe siècle les « Belles Verrières », complétés par Guillaume Barbe en 1465/1470.
  • Saint-Julien
La chapelle abrite le tympan mutilé du portail des maçons de la fin XIIIe siècle. Les vitraux de Guillaume Barbe représentent saint Michel, saint Julien, saint Guillaume et sainte Geneviève.
Les vitraux de Guillaume Barbe représentent saint Éloi, saint Laurent, saint Jean-Baptiste et saint Nicolas.
Chapelle Saint-Nicolas
  • Chapelle des Fonts
Elle possède un portail qui donne accès au cloître. Un retable de style espagnol en bois sculpté du XVIIe siècle, offert à la cathédrale en 1937, provenant de l'église désaffectée de Fudela l’agrémente.
  • Saint-Nicolas
Cette chapelle, close d'une grille en fer forgé donnée par la corporation des mariniers (XVIIIe siècle), abrite des vitraux de Guillaume Barbe représentant : sainte Marguerite, sainte Madeleine, saint Nicolas et la Vierge à l'enfant.
Les vitraux de Guillaume Barbe représentent sainte Claire, saint Évêque, sainte Madeleine et l'Éducation de la Vierge par Sainte Anne.

Les chapelles du bas-côté sud[modifier | modifier le code]

Elles sont citées d'ouest en est.

Priant de Claude Groulard
C'est une église paroissiale de 1496 à la Révolution. Elle est composée des anciennes chapelles Saint-Jacques (ouest) et Saint-Christophe (est), construites vers 1275, et prolongée au sud par le rez-de-chaussée de la tour du Beurre. Elle comprend deux gisants du XVIIe siècle : Claude Groulard[122], premier président du Parlement de Normandie et sa femme Barbe Guiffard[123]. Diverses pierres tombales ornent la chapelle : Denis Gastinel (1440), chanoine de la cathédrale, un des juges de Jeanne d'Arc et remarqué par sa dureté à son égard, Nichole Sarrazin (1505), Inguerran d'Étrépagny (2e moitié du XIIIe siècle), archidiacre d'Eu, Nichole Gibouin (1320), clerc de la ville de Rouen, Étienne de Sens (1282), archidiacre, ainsi que la pierre tombale dite des « Innocents des Andelys », trois jeunes Rouennais pendus en 1625.
  • Saint-Eustache
  • Saint-Léonard
Cette chapelle possède des vitraux de Max Ingrand qui représentent : l'entrée dans la Terre Promise, le paradis terrestre, Josué arrêtant le soleil et le déluge.
Les vitraux de Max Ingrand sont dédiés aux patrons des métiers du bâtiment : saint Joseph (patron des ouvriers du bois), le Christ de l'Ascension (fête des ouvriers maçons) et saint Éloi (maître des ferronniers). La chapelle accueille également une maquette en bois de la cathédrale pour les non-voyants.
Les vitraux de Max Ingrand représentent la culture du blé et les paraboles évangéliques.
Chapelle Sainte-Catherine
  • Sainte-Catherine
C'est la seule chapelle du collatéral sud à avoir été épargnée le 19 avril 1944. Sa présence a permis à la nef de tenir debout. Les vitraux sont de Guillaume Barbe et de son atelier, datés entre 1465 et 1470. La chapelle est recouverte de lambris qui représentent la vie de saint Brice, évêque de Tours au Ve siècle.
Autel et bas-relief Renaissance de la chapelle du petit Saint-Romain
  • Portail des Maçons, également appelé « portail Saint-Siméon ». Il donnait accès à la loge des maçons, détruite le 19 avril 1944.
  • Sainte-Marguerite
Elle abrite la pierre tombale du cardinal Léon Thomas, archevêque de Rouen de 1883 à 1894. Elle se trouve à l'emplacement du monument funéraire détruit en 1944.
Des tableaux du XVIe siècle représentent la vie de Saint Romain. L'autel orné d'un bas-relief Renaissance provient de dessous le maître-autel du chœur, découvert après la Seconde Guerre mondiale.

Le transept[modifier | modifier le code]

La croisée de transept accueille l'autel. La croisée, qui fait tour-lanterne, est composée de grandes arcades. Le premier étage est aveugle et comporte une coursière dans l'épaisseur des murs, derrière quatre arcatures pour chaque face. Un cordon souligné d'une frise de trêfles défoncée dans la pierre marque l'appui de la circulation. Des piles, baguées en leur milieu, divisent les baies. Les arcs géminés portent une rose à quatre feuilles. L'étage supérieur est éclairé. Il suit la même répartition que le niveau inférieur et est également parcouru d'une coursière[124]. Le tout est couronné d'une voûte octopartite[119]. Les branches d'ogive partent pour moitié des angles, s'appuyant sur les chapiteaux des hautes colonnettes qui partent de la base des piles de la croisée. L'autre moitié s'appuie au niveau de la deuxième coursière, au milieu de chaque côté, sur des culs-de-lampe décorés de têtes de Christ[124].

De la croisée partent deux croisillons, donnant chacun accès à un portail. Les croisillons sont flanqués de deux bas-côtés sur lesquels s'ouvrent les chapelles orientées. Au-dessus d'un soubassement formé d'arcatures aveugles reposant sur un banc de pierre, les fenêtres des bas-côtés ont conservé leur forme du XIIIe siècle à deux lancettes sous un oculus.

Les revers des pignons sont décorés de fenestrages aveugles surmontés de gables abritant des statues sous des dais. Au-dessus, une claire-voie bordée d'une balustrade précède les grandes roses[125].

Le bras nord du transept est accessible par le portail des libraires (au sens ancien de « bibliothécaires »), c'est un portail réservé aux chanoines à l'origine, leur permettant de regagner en toute sécurité le quartier où ils résidaient au nord de l'édifice. La rosace, œuvre de Guillaume Nouel de la fin du XIVe siècle[126], est la seule des trois rosaces de la cathédrale à avoir conservé un vitrail. Tout comme celle de la façade ouest, son remplage a été détruit pendant la Seconde Guerre mondiale et restitué selon le modèle d'origine. On a remonté son vitrail déposé en 1939, représentant en son centre le Christ, entouré des apôtres, des symboles des évangélistes, d'évêques, de rois et de martyrs[126].

Le croisillon nord a la particularité d'être complété par un escalier monumental. Il est connu sous le nom d'« escalier des Libraires », car il donnait accès à la bibliothèque (la librairie en moyen français) du chapitre. Les deux premières volées sont construites en 1479 par Guillaume Pontifs. Les deux suivantes sont réalisées en 1788, pour accéder au nouvel étage des archives[125], tout en respectant le style gothique initial.

Le bras sud du transept, accessible par le portail de la Calende, est décoré de deux vitraux de style Renaissance dans sa partie Est qui garnissent des remplages flamboyants. Ils sont tous deux en rapport avec l'évêque saint Romain, dompteur de la fameuse « Gargouille »[Note 23].

Le transept dispose de quatre chapelles, toutes orientées. Au croisillon nord, Notre Dame de la Pitié, dans l'angle nord-est et la chapelle Saint Joseph (ancienne chapelle du Grand Saint Romain), dans l'angle sud-est. Comme sa pendante au nord, elle possède une piscine du XIIIe siècle. Elle a en outre deux grands vitraux de la confrérie Saint Romain (1521). La baie ouest représente la vie de Saint Romain tandis que la baie sud-est un panégyrique de Saint Romain, donné par Jacques Le Lieur. Elle possède également deux absidioles : la chapelle du Saint Sacrement (ancienne chapelle Saint Jean-Baptiste-jouxte-les-fonds) et au croisillon sud, la chapelle Sainte Jeanne d'Arc. Ses vitraux de Max Ingrand racontent la vie de Jeanne d'Arc. La chapelle abrite le gisant de Frédéric Fuzet, archevêque de Rouen de 1899 à 1915, sculpté par Gauquié (1918).

Le chœur[modifier | modifier le code]

Le maître-autel

Le chœur, légèrement désaxé vers le nord, compte cinq travées droites et une abside en hémicycle à cinq pans. Il s'élève sur trois niveaux : de grandes arcatures au tracé très aigu reposant sur des piles cylindriques, couronnées de chapiteaux à feuilles ornés de têtes recevant les ogives ; un triforium aveugle aux fines arcades aigües, souligné d'un bandeau décoratif tréflé ; des fenêtres hautes refaites à partir de 1430 avec au rond-point un réseau de style flamboyant. Les bases aplaties des piles monocylindriques sont dégagées par l'architecte Albert Chauvel[127].

Le jubé médiéval fermait le chœur à la croisée, dont quelques fragments sont conservés au musée départemental des Antiquités[128]. En 1772, le projet de l'architecte Mathieu Le Carpentier est approuvé pour la réalisation d'un nouveau jubé, composé d'un portique ionique, comprenant six colonnes de marbre blanc qui soutient l'entablement[129], surmonté d'un Christ en plomb doré entre la Vierge et saint Jean[128]. Il abritait deux autels : sainte Cécile à gauche avec une statue de sainte Cécile de Clodion et du Vœu à droite avec une statue de la Vierge du Vœu de Félix Lecomte[129]. Démonté en 1884, certains éléments sont préservés[128],[Note 24].

Légèrement surélevé par rapport à la nef, il s'élève encore de quelques marches quand on s’approche du maître-autel. Celui construit par Sauvageot en 1890 disparaît dans les bombardements de 1944[130]. Le maître-autel est une table de marbre vert serpentine de la Vallée d'Aoste, reposant sur les symboles des évangélistes, en plomb doré, sculptés par André Bizette-Lindet[120] en 1955 surmonté d'un grand Christ en plomb doré du sculpteur Clodion, retiré des décombres en 1944[120]. Les deux anges en bronze doré sont du sculpteur Caffieri, réalisés en 1766 pour l'église des chartreux avant d'être placés dans l'église Saint-Vincent en 1792[131]. Au pied des marches se trouve une inscription, à l'emplacement du monument funéraire contenant le cœur de Charles V[Note 25].

« 

SVBTVS CONDITVR
COR
CAROLI V
FRANCORVM REGIS SAPIENTISSIMI
ANTEA DVCIS NORMANNIAE
QVI ECCLESIAM HANC METROPLOTANAM
VT PRAE CAETERIS VIVVS AMAVERAT
ITA MORIENS MELIORIS PARTIS SVI
HAEREDEM FECIT.
DEPOSITVM
ANNO REPARATAE SALVTIS MCCCLXXX
RECOGNITVM AC DENVO RECONDITVM
ANNO MDCCCLXII
[132]

 »

À la croisée de transept se trouve le maître-autel, installé après le concile de Vatican II, couvert d'un ornement brodé d'or[133], chape portée lors du couronnement de Charles X en 1824. Il y a également un lutrin pliant du XIVe siècle ainsi qu'une tapisserie d'Aubusson du XVIIIe siècle. Le mobilier, composé des grilles du chœur, du trône archiépiscopal, des sièges du sanctuaire et de la table de communion, est la réalisation de Raymond Subes en 1955[120].

Du 4 juillet au 23 octobre 2011, des travaux ont été réalisés pour achever l'aménagement du chœur lancé après-guerre[134]. Ces travaux consistent au remplacement de l'estrade en bois à la croisée de transept par un planum en pierre de Massangis et l'installation d'un nouvel autel en bronze[134]. Le 23 octobre, les évêques de Normandie ont été présents pour la consécration du nouvel autel[134].

Les stalles[modifier | modifier le code]

De part et d'autre du chœur se trouvent des stalles, qui comportent des miséricordes sculptées[34] illustrant la Bible et des sujets profanes[135]. Le cardinal d'Estouteville commande en 1441 96 stalles[136]. Ce chantier, en vue de renouveler les stalles du chœur, se tiendra de 1457 à 1471 sous la direction de Philippot Viard (1457-1468)[137] puis de Pierre Rémond (1468-1471)[138] avec l'assistance de huchiers flamands et français. Quelques dispositions vont voir la disparition de stalles comme l'installation de l'orgue de chœur avant le XIXe siècle et la suppression des stalles de retour[139]. La Révolution voit la disparition des hauts dossiers et des dais[135] tandis que le trône archiépiscopal est brûlé[129]. Les stalles sont restaurées par le sculpteur Deschamps[133]. La tempête de 1999 et la chute d'un clocheton ont endommagé huit stalles, leurs pare-closes et appuis-main[136]. Avec les stalles conservées dans le palais archiépiscopal[139], il reste aujourd'hui 66 stalles[136].

Le déambulatoire[modifier | modifier le code]

Statues de la façade disposées dans le déambulatoire

Il ouvre sur trois chapelles rayonnantes séparées par une grande fenêtre. Le déambulatoire donne accès du sud au nord à la chapelle Saint-André / Saint-Barthélémy du Revestiaire, la chapelle de la Vierge et la chapelle Saint-Pierre-Saint-Paul. Comme le transept, des arcatures courent au soubassement et ménagent un passage à la base des baies qui conservent des vitraux du XIIIe siècle[140]. Les arcatures aveugles abritent des statues originales provenant de la façade de la cathédrale.

Les gisants[modifier | modifier le code]

Le déambulatoire abrite des tombeaux à gisants, qui chacun dispose d'une épitaphe, du sud au nord.

  • Celui de Rollon (une copie du XIXe siècle du gisant d'Henri le Jeune) est vide. Sur le socle se trouve une épitaphe[Note 26] :

« 

IN.SINU.TEMPLI.ROLLO.QUIESCIT
A.SE.VASTATAE.CONDITAE.NORMANNIAE.PATER.AC.PRIMUS.DUX
LABORE.QUI.FRACTUS.OCCUBUIT.OCTOGENARIO.MAIOR.AN.CM.XXXIII

 »
Gisant XIIIe siècle de Richard Cœur de Lion, socle du XXe siècle

« 

HIC.COR.CONDITUM.EST.RICARDI
ANGLORUM.REGIS.QUI.COR.LEONIS.DICTUS
OBIIT.AN.M.C.XC.IX

 »
Le déambulatoire

« 

CUI.FRATER.FUIT.COR.LEONIS.DICTUS
HENRICUS.IUNIOR.SEDEM.IN.NORMANNIA.ARMIS.IURIQUE.NEGATAM
AN.M.C.LXXXIII.A.MORTE.TANDEM.HIC.AEGRE.TENUIT

 »

« 

H.S.E.GUILLELMUS.LONGA.DICTUS.SPATHA.
NORMANNIAM.QUI.SUIS.ROLLONIS.FILIUS.STATUIT.IN.FINIBUS
PRODITORUM.INSIDIIS.ANNO.CM.XLII.OCCISUS

 »

Proche du gisant d'Henri le Jeune, une plaque symbolise l'emplacement du tombeau de marbre noir où reposait Jean de Lancastre[141], duc de Bedford dit aussi « Jean Plantagenêt », considéré comme le « meurtrier » de Jeanne d'Arc. Une autre plaque est dédiée à la mémoire de Jehan Titelouze, organiste de la cathédrale (1588-1633) et déposée près du lieu présumé de son inhumation en face la chapelle de la Vierge[142].

Les gisants ont été installés à leur emplacement actuel en 1956[143]. Le gisant de Richard Cœur de Lion a été redécouvert le 30 juillet 1838 par Achille Deville[144], celui d'Henri le Jeune par l'abbé Cochet en 1866[144]. Ces deux gisants sont datés du début du XIIIe siècle[145]. Celui de Richard n'est toutefois pas l'original, car à l'origine son cœur était « enfermé dans de l'argent et de l'or »  [sic][145]. Cette chasse a été vendue en 1249 pour payer la rançon de Louis IX, prisonnier des Arabes[145]. C'est vers 1300 que les tombeaux de Henri le Jeune et de Richard Cœur de Lion ont reçu un nouveau gisant[146]. Ils sont vêtus du manteau royal, d'une couronne et pour Richard d'un sceptre[147]. Jusqu'en 1944, le gisant de Rollon était placé dans la chapelle du petit Saint-Romain (collatéral sud), tandis que celui de son fils Guillaume se trouvait dans la chapelle Sainte-Anne (collatéral nord).

Tombeau d'Hugues d'Amiens

Malgré la différence de statut, Guillaume Longue-Épée, seulement duc de Normandie, porte les mêmes attributs que Richard et Henri, exception faite de la couronne, qui se trouve sans pierres précieuses[147]. On suppose que le gisant de Guillaume date du troisième quart du XIVe siècle. Celui de Rollon, proche stylistiquement, devait dater de la même période mais l'original a été détruit[147].

Un autre tombeau à gisant, sous un arc en bâtière et encastré derrière les arcatures du soubassement du déambulatoire, du côté nord de la chapelle de la Vierge, est celui de Hugues d'Amiens, archevêque de Rouen (1130-1164). Du XIIe siècle, c'est le plus ancien gisant sculpté sur un tombeau[148]. De style roman et situé à l'origine dans la crypte, il est déplacé à la reconstruction de la cathédrale au XIIIe siècle. L'archevêque Maurice (mort en 1235), qui l'a démonté pour l'installer dans le déambulatoire, en a fait sa propre sépulture[149].

La chapelle Saint-André/Saint-Barthélémy du Revestiaire[modifier | modifier le code]

La chapelle est fermée par une clôture de pierre légèrement incurvée, l'œuvre de Guillaume Pontifs exécutée en 1479 à la demande de l'archidiacre Philippe de La Rose[27] et d'une porte de fer forgé[140]. Elle ouvre à l'est sur la grande sacristie dite « sacristie des chanoines » et à l'ouest au Revestiaire (vestiaire des chanoines), éclairé par un oculus ouvert sur le déambulatoire, qui donne accès à une salle haute, ancien trésor et chartrier de la cathédrale, qui ouvre sur le déambulatoire par deux baies[140].

La chapelle Saint-Pierre-Saint-Paul[modifier | modifier le code]

Une inscription sur le mur est de la chapelle évoque le souvenir de Mathilde l'Emperesse, grand-mère de Richard Cœur de Lion et d'Henri le Jeune, dont les ossements ont été transférés dans la cathédrale en 1871, alors qu'ils reposaient auparavant à l'abbaye du Bec[150], où ils avaient été découverts. Ils ont été rapportés à la cathédrale par les soins d'Achille Deville et de l'abbé Langlois, directeur de la maîtrise de la cathédrale[151]. La chapelle abrite la tombe du cardinal de Bonnechose.

La chapelle de la Vierge[modifier | modifier le code]

Chapelle de la Vierge

La chapelle axiale de la cathédrale est dédiée à la Vierge. Elle est constituée de trois travées droites et d'une abside à cinq pans. Elle est achevée entre 1305 et 1311[27]. À son chevet se trouve un autel et un retable en bois sculpté et doré de Jean Racine (1643-1645)[152], offert par la confrérie de la Sainte Vierge pour orner la chapelle axiale[152]. Ils sont agrémentés d'une huile sur toile de Philippe de Champaigne (1629), l'Adoration des Bergers[152]. Ce tableau a coûté à la confrérie 650 livres pour le peintre et 40 sous à un artiste rouennais pour l'achever[153].

Les baies qui possèdent des vitraux des XIVe et XVe siècles sont scandées par des faisceaux de fines colonnettes qui reçoivent les ogives : le remplage se poursuit sur les murs aveugles de la première travée. Les vitraux du chevet proviennent de l'église Saint-Vincent détruite en 1944, pour remplacer ceux du chevet de la chapelle disparus au XIXe siècle[126], consacrés à la Nativité et au couronnement de la Vierge[154]. Les vitraux nord et sud, représentant les saints évêques de Rouen, sont remontés en 1951 par le maître-verrier Gaudin[155]. Au nord, sont présentés dans la première fenêtre saint Marcellin, saint Maurice, saint Silvestre et saint Eusèbe[155]. La deuxième fenêtre accueille saint Ouen, saint Ansbert, saint Godard et saint Filleul[155]. Les fenêtres au sud représentent dans la première saint Romain, saint Évode, saint Victrice et saint Innocent et dans la deuxième saint Prétextat, saint Maurille, saint Rémi et saint Hugues[155].

De nombreux tombeaux ornent la chapelle :

Une épitaphe est présente concernant uniquement Georges d'Amboise : « PASTOR . ERAM . CLERI . POPULI . PATER . AUREA . SESE . LILIA . SUBDEBANT . QUERCUS . ET . IPSA . MICHI . MORTUUS . EN . JACEO . EXTINGUNTUR . HONORES . AT . VIRTUS . MORTIS . NESCIA . MORTE . VIRET. »[157],[Note 30]

  • Le gisant du cardinal prince de Croy, archevêque de Rouen (1824-1844), sculpté par Fulconis en 1856[158]. Épitaphe : « GVSTAV[us] MAXIMIL[ianus] IVSTVS, PRINCEPS A CROY, CARDINALIS, ARCHIEPISC[opus] ROTHOMAGEN[sis], NORMANN[niæ] PRIMAS, GREGE IN FIDE ET LENITATE ANNOS BIS DENOS PASTO[ravit] IMMORTALI MORTALEM. KAL[endas] IANVAR[i] M.DCCC.XLIV VITAM COMMVTAVIT ».
  • Le tombeau de Louis de Brézé (mort en 1531), sénéchal de Normandie, en albâtre, marbre noir et blanc[159], comprenant son transi. De la Seconde Renaissance milanaise du milieu du XVIe siècle, ce tombeau réalisé entre 1536 et 1544 sur la commande Diane de Poitiers son épouse, peut être attribué à Jean Goujon[160].
  • L'enfeu de Pierre de Brézé et de sa femme Jeanne du Bec-Crespin, de style flamboyant de la fin du XVe siècle[161].
  • L'orant en marbre blanc du cardinal de Bonnechose, du sculpteur Chapu (1891)[162].

Sur le mur sud sont apposées des plaques commémoratives des archevêques de Rouen[162].

La crypte[modifier | modifier le code]

L'accès à la crypte se fait depuis la chapelle Sainte Jeanne-d'Arc, dans le croisillon sud[163].

Arasée et comblée lors de la reconstruction du chœur gothique au début du XIIIe siècle[163], les premières preuves de l’existence de cette crypte sont apportées au XIXe siècle, par la découverte de vestiges dans la partie nord du déambulatoire et dans le bras nord du transept. Georges Lanfry démontra son existence dans les années qui ont suivi et la dégagea de ses décombres de 1931 à 1934[163]. Dès 1935, la crypte dégagée permet la célébration de la messe[164]. Pendant les travaux de restauration à la suite des destructions que la cathédrale a subies des bombardements de la Seconde Guerre mondiale, l'excavation de la crypte est entreprise. Elle est aménagée en 1956[163]. C'est à ce moment qu'est découverte la crypte rectangulaire[164]. Pour la conserver, une dalle en béton a été coulée sur laquelle repose le sol du chœur, permettant de conserver ces vestiges. La crypte rectangulaire conserve des chapiteaux datés des années 1150 qui seraient selon Lindy Grant des vestiges d'une reconstruction de la nef[26]. La crypte rectangulaire était séparée du déambulatoire qui ouvrait sur trois absidioles rayonnantes[163]. Un fragment conservé au musée départemental des Antiquités montre le pavage de la crypte au XIe siècle en pierre et marbre[163].

Une légende racontait avant leur découverte qu'il existait sous la cathédrale d'immenses souterrains et un lac sur lequel on naviguait en bateau[165].

Les vitraux[modifier | modifier le code]

Dès 1939 à l'initiative de Jean Lafond[166], historien du vitrail, la totalité des vitraux anciens sont déposés pour ne laisser en place que les vitraux du XIXe siècle[167],[Note 31] et envoyés pour l’essentiel dans la salle-basse du donjon de Niort[168] et quelques autres au château de Carrouges, les préservant de la destruction.

Au nord, deux chapelles du collatéral recèlent les vitraux les plus anciens conservés en place en Normandie[34]. Ces vitraux de 1200 surnommés depuis le XIVe siècle « les Belles Verrières »[34] sont célèbres pour leur couleur bleue « de Chartres ». Le vitrail dans le déambulatoire nord, auprès de la chapelle de la Vierge, racontant la vie du patriarche Joseph et offert par les tondeurs de drap, porte l'inscription dans un phylactère « Clément, verrier de Chartres »[169]. Les parties inférieures des deux baies des chapelles où se trouvent les « Belles Verrières » sont garnies de vitraux différents, datés du XVe siècle, œuvre de Guillaume Barbe, maître-verrier de la cathédrale.

Au sud, les chapelles du collatéral ne recèlent pas d'anciens vitraux, car la plupart d'entre-elles ont été détruites par les chanoines aux XVIIe et XVIIIe siècles pour attirer la lumière dans l'édifice assombri par ses anciens vitraux opaques[170]. Les verrières actuelles de la majorité des chapelles du collatéral sud sont des œuvres contemporaines du maître-verrier Max Ingrand réalisées dans les années cinquante[34], comme pour la chapelle sainte Jeanne-d'Arc dans le croisillon sud[167].

Un vitrail de la première moitié du XIIIe siècle au nord du déambulatoire, offert par la corporation des poissonniers[169], raconte la légende de saint Julien l'Hospitalier qui inspira par ailleurs Flaubert dans son ouvrage intitulé Trois Contes[34].

La cathédrale de Rouen et l'art[modifier | modifier le code]

La Cathédrale de Rouen (le portail et la tour Saint-Romain), harmonie bleu et or peinte par Claude Monet en 1893.

La cathédrale a inspiré de nombreux artistes, le plus connu restant Claude Monet.

Richard Parkes Bonington la représente dans Vue de Rouen depuis la Seine dans un tableau datant de 1822. David Roberts la peint en 1824. Joseph Mallord William Turner en a fait un petit tableau en gouache et aquarelle vers 1832[171]. William Parrott peint son chevet depuis la rue des Bonnetiers en 1860[172].

Plus tard, Camille Pissaro l'inclut en 1896 dans son tableau Les Toits du vieux Rouen, cathédrale Notre-Dame[173] et en 1898 dans La Rue de l'Épicerie à Rouen[174].

Par Claude Monet[modifier | modifier le code]

Article détaillé : série des Cathédrales de Rouen.

Durant les années 1890, Claude Monet travaille à plusieurs séries de peintures représentant le même sujet. La série la plus connue est peut-être celle qui représente la façade de la cathédrale de Rouen. Monet en peint 28 versions distinctes (les deux qui complètent la série, 30 en tout[175], représentent la cour d’Albane), réalisées avec une lumière variable en fonction des différentes heures du jour et des conditions climatiques de l'instant. Trois lieux distincts vont servir de points d'observation et de création à l'artiste[175], ce qui donne trois perspectives différentes : les deux premières toiles vont être peintes de la maison à colombage, aujourd'hui plâtrée, à l'angle de la rue du Gros-Horloge, les suivantes sont réalisées à partir d'une fenêtre au premier étage de l’ancien Bureau des Finances (office de tourisme) qui était à l'époque un grand magasin de vêtements. Les dernières toiles sont peintes d'une maison sise rue Grand-Pont, disparue avec la Seconde Guerre mondiale. Il termine en fait un certain nombre de ces peintures, plus tard, dans son atelier de Giverny[175]. En comparant ces toiles avec l'original de l'édifice contemporain, on note les changements survenus au cours du XXe siècle. Tout d'abord, à l'époque de Claude Monet, le sommet de la façade n'était couronné que de deux pyramides, aujourd'hui il y en a quatre, car les deux au centre ont été rajoutées au début du siècle précédent. Ensuite, le gable du porche central était décoré d'un cadran d'horloge. Pour terminer, l'espace entre les bas-côtés et les tours était occupé par des piliers flamboyants comme ceux du porche principal, aujourd'hui en très mauvais état.

Photos montrant l'évolution de la façade depuis l'époque de Monet et les trois modifications principales.

De 2004 à 2008, un spectacle monumental, intitulé La Cathédrale de Rouen, de Monet aux pixels, a été réalisé par les scénographes de l'agence Skertzò[176] en créant des éclairages sur la façade de la cathédrale rappelant les couleurs des tableaux de Monet[176]. Ces vues de la cathédrale ont notamment été utilisées pour servir de couverture à l'édition Folio d'À la recherche du temps perdu, de Marcel Proust[177]. En 2009 et 2010, un nouveau spectacle intitulé Les Nuits impressionnistes est projeté sur la façade de la cathédrale ainsi que sur la façade du musée des Beaux-Arts[178].

Par Roy Lichtenstein[modifier | modifier le code]

En 1969, le peintre américain Roy Lichtenstein réalisa un triptyque sur la cathédrale intitulé Rouen Cathedral Set V[179]. Cette toile réalisée à la peinture à l'huile et à la peinture acrylique est divisée en trois parties égales[179]. Chaque partie représente la façade vue de biais avec des couleurs vives (différentes pour chacun des trois éléments du triptyque) et de gros points, semblables à une trame, particulièrement caractéristiques du travail de l'artiste[179].

Les expositions d'art[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de Courant d'art 2011, l'artiste contemporain belge Mark Swysen[180] expose quelques œuvres contemporaines qui essaiment depuis le déambulatoire jusqu'à la chapelle de la Vierge. Ces sculptures ont pour vocation de faire redécouvrir avec un œil nouveau les lieux[181].

L'artiste Pierre Buraglio expose dans le déambulatoire et le transept nord sept œuvres dans le cadre de Courant d'art 2012[182].

La musique[modifier | modifier le code]

  • Le chœur

La maîtrise Saint-Évode est ancienne et réputée.

  • L'orgue

La cathédrale de Rouen est l'une des premières cathédrales d'Occident à avoir possédé un orgue. Elle en possédait un avant 1380[183]. Initialement installé dans le croisillon nord, près de la porte de l'archevêché, il trouve son emplacement actuel en 1493 sous l'archiépiscopat de Robert de Croismare[184]. Elle est le berceau de l'école française d'orgue grâce à Jehan Titelouze (mort en 1633), organiste de la cathédrale à partir de 1588. S'y sont aussi illustrés, entre autres : Jacques Boyvin et François d'Agincourt. La cathédrale dispose aujourd'hui de deux orgues, un grand orgue de tribune Jacquot-Lavergne et un orgue de chœur Cavaillé-Coll.

Les célébrités qui y sont venues[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon François Pommeraye, elle était semblable aux clochers de Chartres avec toutefois une dimension plus importante. Selon un manuscrit cité par Pommeraye, la pyramide était ornée de galeries et flanquée de quatre tourelles terminées en couronnes impériales. En 1117, la foudre tombe sur la pyramide.
  2. La dédicace du 1er octobre 1063 est la seule connue que connaîtra la cathédrale dans tout son historique.
  3. De vastes transepts existent à Saint-Alban, Ely, Durham et Winchester.
  4. La cour d’Albane vient d’un collège fondé au XIIIe siècle par l’archevêque Pierre de Colmieu, nommé par la suite cardinal-évêque d’Albano.
  5. Il succède à Guillaume Pontifs comme maître-d'œuvre de la cathédrale en 1496.
  6. Neveu de Jacques Le Roux, il lui succède en 1508. Il se retire en 1527 et est remplacé dans ses fonctions par Simon Vitecoq.
  7. Dans le chœur, se trouvaient les tombeaux du cœur de Charles V, d’Henri le Jeune, de Guillaume FitzEmperesse, du duc de Bedford, de Richard Cœur de Lion et du cardinal d’Estouteville.
  8. Les tombeaux des archevêques Eudes Rigaud, Guillaume de Flavacourt, Raoul Roussel et Robert de Croismare.
  9. Son battant est conservé au Musée des Antiquités.
  10. La croix en fer forgé qui surmontait la flèche repose aujourd’hui au pied de l’église de Pont-Saint-Pierre.
  11. Il est appelé en 1214 pour commencer la construction de l'abbatiale du Bec. Il réalise en 20 mois la moitié de l'édifice.
  12. Maître des œuvres de maçonnerie de la ville de Rouen, il construit une partie des murailles d'enceinte, la tour Guillaume-Lion et réalise les plans et fondations de la porte Martainville.
  13. Il devient à partir de 1418 maître de l'œuvre du nouveau palais d'Henri V à Rouen.
  14. Il est peut-être l'auteur du palais de justice.
  15. graphie moderne : Croixmare. Cf. le village de Croix-Mare, jadis Croismare
  16. Les niches de la partie nord comprennent des statues des premiers archevêques, des apôtres et de saintes femmes, tandis que celles dans la partie sud sont constituées d'une série de rois et de prophètes de l'Ancien Testament.
  17. Plus tard en 1926, Jean des Vignes Rouges dans son roman Rouen Orgueilleuse la décrit : « Avec quelle vigueur elle lance vers le ciel les vœux de ceux qui sont blottis à ses pieds. Suivez-la des yeux. La base est dans l'ombre. Un quadrilatère orné de clochetons forme une solide plate-forme. C'est de là que la matière jaillit. Admirons son élan. La charpente ajourée s'inscrit d'abord sur le fond sombre des hauteurs boisées qui forment l'arrière-plan du décor, dépasse la ligne d'horizon puis file en plein ciel, invraisemblable d'audace et de légèreté. »
  18. Louis Robert est un ancien élève de l'École polytechnique, architecte et intendant de la cathédrale.
  19. Cette clef de voûte est déposée au Musée des Antiquités.
  20. Traduction : « Ici tourné vers le nord repose en paix Maurille, archevêque de Rouen, qui acheva et consacra lui-même la basilique supérieure qui subsiste encore dans cette crypte souterraine, en l'an 1063 et mourut en l'an 1067 ; sous son pontificat, les Normands commandés par Guillaume conquirent l'Angleterre. »
  21. Traduction : « À proximité de ce lieu fut enseveli le cœur du cardinal Guillaume d'Estouteville, archevêque de Rouen, qui mourut à Rome en l'an 1483 ; sous son pontificat, le 7 juillet 1456 fut réhabilitée Jeanne d'Arc. »
  22. Traduction : « Sybille de Conversano, de souche apulienne, épouse de Robert dénommé Courteheuse, duc de Normandie, fils de Guillaume le Conquérant, l'invincible, prématurément enlevée par une mort trop cruelle après deux ans de vie conjugale, l'an 1102, bien aimée naguère, puis bien regrettée de son peuple, présentement réduite en cendres pour servir plus tard, victorieuse. »
  23. Un dragon qui vivait dans les marais de la ville et terrorisait la population. Saint Romain, bien décidé de se débarrasser du « mal », fit appel aux habitants pour lui prêter main-forte, mais nul ne vint, sauf un condamné à mort qui accepta cette tâche dangereuse. Avec son aide, l'évêque captura le terrible animal en lui enserrant le cou de son étole. À cause de cette légende, les chanoines de la cathédrale avaient le privilège de libérer un condamné à mort chaque année à l'Assomption, dans le cadre d'une cérémonie dite de « levée de la fierte », où un condamné à mort montait sur un podium (encore visible aujourd'hui et qu'on nomme « la fierte », de style Renaissance) et il devait soulever le reliquaire de l'évêque et présenter à la foule massée au pied de l'édifice la mitre et la crosse de l'ecclésiastique. À l'issue de la cérémonie, il recouvrait la liberté.
  24. La statue de sainte Cécile et le bas-relief de l'autel de Clodion sont présentés dans la chapelle saint Nicolas ; la statue de la Vierge de Lecomte se trouve dans la chapelle sainte Marguerite ; alors que 2 des 6 colonnes ont pris place au revers du portail des Maçons.
  25. Retirée du chœur, la boîte de plomb qui contenait son cœur est conservée dans la crypte.
  26. Traduction : « Au sein de ce temple, repose Rollon,
    père et premier duc de la Normandie, dévastée et fondée par lui.
    À bout de force de ce labeur, il succomba en 933, âgé de plus de 80 ans. »
  27. Traduction : « Ce lieu abrite le cœur de Richard,
    roi d'Angleterre qui fut dénommé Cœur de Lion,
    et mourut en l'an 1199. »
  28. Traduction : « Frère de Richard, dénommé Cœur de Lion,
    Henri le jeune, prétendant au siège de Normandie qui fut refusé à ses armes et à son bon droit,
    l'obtint enfin, ici-même, par sa mort, à son corps défendant en l'an 1183. »
  29. Traduction : « Ci-git Guillaume, dénommé Longue-Épée
    fils de Rollon. Il fixa les frontières de la Normandie et
    périt, victime des embûches de la trahison en l'an 942. »
  30. traduction du chanoine Derivière : « Je fus le pasteur du clergé, le père du peuple. Les lys d'or, le chêne d'or lui-même m'étaient soumis. Et me voici étendu sans vie : mais les honneurs passent, et dans la mort fleurit la vertu qui ne connaît pas la mort ». Le lys d'or représente le roi de France Louis XII et le chêne d'or, le pape Jules II, dont le nom de famille Rovere signifie chêne.
  31. Ces vitraux du XIXe siècle seront pulvérisés lors du bombardement de la cathédrale en 1944.

Références[modifier | modifier le code]

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  6. Carment-Lanfry et Le Maho 2010, p. 15-16. La page 16 présente une citation du De laude sanctorum (texte de saint Victrice), traduite par Georges Lanfry en 1963 : « Nous avons jeté les fondements, nous avons bâti les murs sur toute leur longueur. (…) J'aime rouler de mes mains, à porter mes épaules d'énormes pierres. »
  7. Carment-Lanfry et Le Maho 2010, p. 22
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  162. a et b Carment-Lanfry et Le Maho 2010, p. 185
  163. a, b, c, d, e et f Lescroart 2000, p. 57
  164. a et b Carment-Lanfry et Le Maho 2010, p. 25
  165. Edgar Naillon (préf. Pierre Chirol), Rouen, ville d'art & d'histoire : Églises - chapelles et cimetières à travers les Âges, Rouen, Imprimerie commerciale du « Journal de Rouen »,‎ 1936, « L'archevêché »
  166. Jean-Pierre Chaline (dir.), La cathédrale de Rouen : Seize siècles d'histoire, Rouen, Société de l'Histoire de Normandie,‎ 1996, 280 p. (ISBN 978-2-85351-008-0)
  167. a et b Lescroart 2000, p. 77
  168. Carment-Lanfry 1977, p. 51
  169. a et b Lescroart 2000, p. 71
  170. Carment-Lanfry 1977, p. 89
  171. (en) « Notice du tableau de Joseph Mallord William Turner », sur site de la Tate gallery (consulté en 17 août 2011)
  172. « Notice no 07290037280 », base Joconde, ministère français de la Culture
  173. Laurent Salomé (dir.), Une ville pour l'impressionnisme : Monet, Pissarro et Gauguin à Rouen, Skira Flammarion,‎ 2010, 396 p. (ISBN 9782081241923), p. 286-288
  174. Laurent Salomé, ibid., p. 306, 308, 314-315.
  175. a, b et c Sylvie Patin, Monet « un œil… mais bon Dieu, quel œil ! », Gallimard - Réunion des Musées nationaux, coll. « Découverte Gallimard »,‎ 2010, 175 p. (ISBN 978-2-07-034878-7), p. 113
  176. a et b « La Cathédrale de Rouen, de Monet aux pixels », sur Site officiel de l'agence Skertzò (consulté en ?)
  177. À la recherche du temps perdu sur le site Gallimard folio
  178. Les nuits impressionnistes sur le site Rouen impressionnée
  179. a, b et c (en) « Rouen Cathedral Set V », sur site du San Francisco Museum of Modern Art (consulté en 17 août 2011)
  180. « Accueil », sur Site de l'artiste Mark Swysen (consulté en 17 août 2011)
  181. « Mark Swysen - Cathédrale Notre-Dame de Rouen », sur site du diocèse de Rouen (consulté en 17 août 2011)
  182. Pierre Buraglio
  183. Lescroart 2000, p. 81
  184. Carment-Lanfry et Le Maho 2010, p. 89
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  188. Deville 1848, p. 50
  189. a et b Carment-Lanfry et Le Maho 2010, p. 53
  190. Le Journal de Rouen des 1er et 2 juin 1868
  191. Carment-Lanfry et Le Maho 2010, p. 72

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • Jean François Pommeraye, Histoire de l'Église cathédrale de Rouen : métropolitaine et primatiale de Normandie, Rouen, Imprimeurs ordinaires de l'archevêché,‎ 1686 (lire en ligne) ;
  • François Farin, Histoire de la ville de Rouen, Rouen, Louis du Souillet,‎ 1731 (lire en ligne), « Histoire de l'église cathédrale de Rouen » ;
  • Antoine Pierre Marie Gilbert, Description historique de la cathédrale de Rouen, Rouen, Édouard Frère,‎ 1837 (OCLC 406690933, lire en ligne) ;
  • Achille Deville, Revue des architectes de la cathédrale de Rouen jusqu'à la fin du XVIe siècle, Rouen, A. Lebrument,‎ 1848 (lire en ligne) ;
  • Pierre Laurent Langlois, Essai historique sur le chapitre de Rouen pendant la Révolution, Rouen, Fleury éditeur,‎ 1856 (lire en ligne) ;
  • Julien Loth, La cathédrale de Rouen : son histoire, sa description, depuis les origines jusqu'à nos jours, Rouen, Fleury,‎ 1879, 622 p. ;
  • Armand Loisel et Jean Lafond, La Cathédrale de Rouen, Paris, H. Laurens,‎ 1913, 136 p. (OCLC 458202556) ;
  • Léon Alfred Jouen (chanoine) (préf. André du Bois de La Villerabel), La cathédrale de Rouen : éditeur=Defontaine / Aug. Picard, Rouen et Paris,‎ 1932, LXXIV Pl. - 166 p. (LCCN 33024655) ;
  • Georges Lanfry, Bulletin des Amis des monuments rouennais, Rouen, Imprimerie Lecerf,‎ 1933, « La cathédrale de Rouen au XIe siècle », p. 117-134 ;
  • Edgar Naillon (préf. Pierre Petit de Julleville), Les églises de Rouen, Rouen, Éditions Henri Defontaine,‎ 1941, 225 p. ;
  • Georges Lanfry, La cathédrale dans la Cité Romaine et la Normandie Ducale, Rouen, Lecerf, coll. « Les cahiers de Notre-Dame de Rouen »,‎ 1956, 93 p. ;
  • Georges Lanfry, La façade occidentale de la cathédrale, Rouen, Lecerf, coll. « Les cahiers de Notre-Dame de Rouen »,‎ 1956, 35 p. ;
  • Georges Lanfry (photogr. Ellebé), « La cathédrale sauvée et restaurée », La revue de Rouen, Rouen, La revue de Rouen, no 2,‎ 1956, p. 9-40 ;
  • Georges Lanfry (photogr. Ellebé), « La cathédrale à la croisée des chemins », La revue de Rouen, Rouen, La revue de Rouen, no hors série,‎ 1956, p. 1-24 ;
  • Georges Lanfry, La cathédrale après la conquête de la Normandie et jusqu'à l'occupation anglaise, Rouen, Lecerf, coll. « Les cahiers de Notre-Dame de Rouen »,‎ 1960, 87 p. (LCCN ltf91045006) ;
  • Georges Lanfry, chanoine Derivière et Maurice Morisset, La cathédrale depuis quinze siècles au cœur de la cité, Rouen, Lecerf, coll. « Les cahiers de Notre-Dame de Rouen »,‎ 1963, 142 p.
  • Anne-Marie Carment-Lanfry, La cathédrale Notre-Dame de Rouen, Rouen, Société des Amis des Monuments Rouennais,‎ 1977, 257 p. ;
  • Jacques Le Maho, La Cathédrale primitive de Rouen, coll. « Les Dossiers d'archéologie » (no 144),‎ 1990 (ISSN 1141-7137)
  • Yvon Pailhès, Rouen, un passé toujours présent… : rues, monuments, jardins, personnages, Luneray, Éditions Bertout,‎ 1994, 285 p. (ISBN 2867432197) ;
  • Jean-Pierre Chaline, La cathédrale de Rouen : Seize siècles d'histoire, Rouen, Société de l'Histoire de Normandie,‎ 1996, 280 p. (ISBN 2-85351-008-5)
  • Yves Lescroart, La Cathédrale Notre-Dame de Rouen, Paris, Éditions du Patrimoine, coll. « Cathédrales de France »,‎ 2000, 96 p. (ISBN 978-2-85822-656-6) ;
  • Benoît Eliot et Stéphane Rioland (préf. Yves Lescroart), Rouen, la cathédrale invisible, Point de vues,‎ 2000, 96 p. (ISBN 978-2-9516020-0-7) ;
  • Yves Bottineau-Fuchs, Haute-Normandie gothique : architecture religieuse, Éditions A. et J. Picard,‎ 2001 (ISBN 2-7084-0617-5), « Cathédrale Notre-Dame », p. 286-322 ;
  • Maylis Baylé, L’architecture normande au Moyen Âge : les étapes de la création, t. 2, Luneray, Éditions Charles Corlet/Presses Universitaires de Caen,‎ 2001 (ISBN 2-84133-134-2 et 2-85480-950-5), « Rouen : cathédrale Notre-Dame », p. 185-191 ;
  • (de) Dorothee Heinzelmann, Die Kathedrale Notre-Dame in Rouen – Untersuchungen zur Architektur der Normandie in früh- und hochgotischer Zeit, Münster, Rhema-Verlag,‎ 2003, 391 p. (ISBN 978-3-930454-21-1) ;
  • François Lemoine et Jacques Tanguy, Rouen aux 100 clochers : Dictionnaire des églises et chapelles de Rouen (avant 1789), Rouen, PTC,‎ 2004, 200 p. (ISBN 2-906258-84-9, OCLC 496646300) ;
  • Yvon Pailhès, Rouen, un passé toujours présent… au passé perdu : les églises, les monuments - rues et places, Luneray, Éditions Bertout,‎ 2004, 230 p. (ISBN 2867435390)
  • Alain Erlande-Brandenburg (préf. Sylviane Tarsot-Gillery), 396-1996, XVIe centenaire de la cathédrale Notre-Dame de Rouen : Colloque international 5, 6 et 7 décembre 1996, Rouen, Connaissance du Patrimoine de Haute-Normandie, coll. « Images du Patrimoine »,‎ 2005, 312 p. (ISBN 2-910316-24-6) ;
  • Georges Lanfry (photogr. Bernard Lefebvre), Rouen, la cathédrale retrouvée, Point de vues,‎ 2006, 96 p. (ISBN 978-2-915548-10-5) ;
  • Frédéric Épaud, De la charpente romane à la charpente gothique en Normandie, Caen, CRAHM,‎ 2007, 613 p. (ISBN 978-2-902685-39-4)
  • Anne-Marie Carment-Lanfry et Jacques Le Maho (préf. Jacques Le Maho), La cathédrale Notre-Dame de Rouen : édition revue et complétée par Jacques Le Maho, Mont-Saint-Aignan, Publications des Universités de Rouen et du Havre,‎ 2010 (1re éd. 1977), 312 p. (ISBN 978-2-87775-477-4);
  • Jean-Charles Descubes (dir.) (préf. Jean-Charles Descubes), Rouen : Primatiale de Normandie, Strasbourg, La Nuée Bleue, coll. « La grâce d'une cathédrale »,‎ 2012, 511 p. (ISBN 978-2-7165-0792-9).

Sur les portails[modifier | modifier le code]

  • Markus Schlicht (préf. Vincent Juhel), La Cathédrale de Rouen vers 1300 : Portail des Libraires, portail de la Calende, chapelle de la Vierge, Caen, Société des Antiquaires de Normandie,‎ 2005, 426 p. (ISBN 2-9510558-3-8, OCLC 1279-6662) ;
  • Franck Thénard-Duvivier (préf. Peter Kurmann), Images sculptées au seuil des cathédrales : Les portails de Rouen, Lyon et Avignon, Mont-Saint-Aignan, Publications des Universités de Rouen et du Havre,‎ 2012, 338 p. (ISBN 978-2-87775-523-8).

Sur les tours[modifier | modifier le code]

  • François Verdier, Le beurre et la couronne. La Tour de Beurre et la Tour couronnée, deux chefs-d'œuvre de la fin du Moyen Âge à Rouen, In Situ, revue du patrimoine, année 2001, no 1 Texte

Sur la flèche[modifier | modifier le code]

  • Eustache-Hyacinthe Langlois, Notice sur l'incendie de la Cathédrale de Rouen, Rouen et Paris,‎ 1823 (lire en ligne) ;
  • Achille Deville, Lettre à M. Alavoine, architecte de la nouvelle flèche en fonte de fer de la cathédrale de Rouen, sur la flèche de Robert Becquet, incendiée le 15 septembre 1822, Rouen, Nicétas Périaux,‎ 1831 (lire en ligne)

Sur les stalles[modifier | modifier le code]

  • Espérance Langlois, Les 86 stalles sculptées du chœur de la cathédrale de Rouen : métiers, costumes, grotesques, en Normandie au XVe siècle, Rouen, P. et M. Mannschott,‎ 1987, 86 p.
    Reproductions de l'édition de 1838 des gravures d'Espérance Langlois.
  • Les Stalles de la cathédrale de Rouen : histoire et iconographie, Université de Rouen,‎ 2001 (ISBN 2-87775-351-4) ;
  • Eustache-Hyacinthe Langlois, Stalles de la cathédrale de Rouen, Rouen, Nicétas Périaux,‎ 1838 (lire en ligne) ;
  • Élaine C. Block et Frédéric Billiet, Les stalles de la cathédrale de Rouen : Histoire et iconographie, Mont-Saint-Aignan, Publications des universités de Rouen et du Havre,‎ 2003 (ISBN 2-87775-351-4, LCCN 2005455082, lire en ligne)

Sur les vitraux[modifier | modifier le code]

  • Achille Deville, Liste des peintres-verriers de la cathédrale de Rouen, Rouen, F. Baudry,‎ 1831 (lire en ligne).
  • Martine Callias Bey, Véronique Chaussé, Françoise Gatouillat, Michel Hérold, Corpus Vitrearum - Les vitraux de Haute-Normandie, p. 332-353, Monum, Éditions du patrimoine, Paris, 2001 (ISBN 2-85822-314-9) ; p. 495

Sur les tombeaux[modifier | modifier le code]

  • Achille Deville, Tombeaux de la cathédrale de Rouen, Paris, A. Lévy,‎ 1883 (lire en ligne) ;
  • Jacques Le Maho et Cécile Niel, Inhumations et édifices religieux au Moyen Âge entre Loire et Seine, Caen, Publications du CRAHM,‎ 2004, 219 p. (ISBN 2-902685-30-0, lire en ligne), « Observation sur la topographie funéraire de la cathédrale de Rouen (Xe ‑ XIVe siècle) », p. 93-119

Sur le parvis[modifier | modifier le code]

  • Nicétas Périaux, Dictionnaire indicateur et historique des rues et places de Rouen, revue de ses monuments et de ses établissements publics, Saint-Pierre-de-Salerne, Gérard Monfort,‎ 1819, p. 92-100 ;
  • Charles de Robillard de Beaurepaire, Notes sur le parvis de la cathédrale de Rouen,‎ 1873-1883 (lire en ligne).

Les fictions[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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