Relique

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Les reliques (du latin reliquiae, « restes »), sont les restes matériels qu'a ou qu'aurait laissés derrière lui une personne vénérée en mourant : soit des parties de son corps, soit d'autres objets qu'il a ou avait, pour les croyants, sanctifiés par son contact. La conservation et le culte de dulie relative de ces restes sont une pratique en vigueur dans plusieurs religions. Il en découle des croyances et des pratiques religieuses variées, mais aussi de vifs débats quant à leur authenticité, le commerce ou le culte quasi superstitieux dont elles ont été ou sont encore l'objet, les « détracteurs » des reliques qui pratiquent le scepticisme scientifique n’ayant souvent pas plus d’arguments décisifs pour prouver leur fausseté[1] ou cette superstition que les défenseurs pour prouver leur authenticité, leur virtus ou leur potestas réelles[2].

À partir du Siècle des Lumières qui voit les philosophes et écrivains de l'Encyclopédie combattre l'obscurantisme religieux, il y a un glissement des reliques de personnage Saint vers les reliques profanes de grands personnages historiques.

Sommaire

Les grandes religions face à la vénération des reliques[modifier | modifier le code]

Aussi bien au sein du bouddhisme que du christianisme et de l'islam, la vénération des reliques crée spontanément plusieurs clivages. Certains croyants accordent à ces objets une vénération naïve qui peut dans certains cas confiner à la superstition, voire à la pensée magique la plus archaïque. Les autres croyants se divisent eux-mêmes en trois groupes. Les premiers encouragent ce culte tout simplement par cupidité, vu que la possession de telles reliques peut engendrer des revenus non négligeables[3]. Les seconds le tolèrent, voire l'encouragent, dans la pensée qu'il faut garder prise sur la religiosité populaire en essayant de la canaliser vers des formes de vie religieuse plus évoluées[4]. Enfin un troisième groupe considère qu'il faut combattre la superstition sans complaisance, et sans hésiter à détruire les objets de la vénération populaire[5].

Il est évident que la relique remplit une fonction et que son existence répond à un besoin profond ou à une tendance de fond de la vie religieuse, puisque ce phénomène se manifeste spontanément au sein de sociétés très diverses, même antireligieuses. Ainsi, même le communisme athée soviétique conservait précieusement au Kremlin le corps momifié de Lénine dans un reliquaire de verre très semblable à celui de sainte Bernadette Soubirous, et on s'y rendait en pèlerinage de tous les coins de l'ex-Union soviétique.

À qui servent donc les reliques ? Plusieurs réponses sont possibles selon le point de vue où l'on se place : théologique, psychologique, ethnologique ou sociologique. Chaque religion développe à ce sujet des arguments proprement théologiques, qui généralement font débat (parfois de manière très animée, jusqu'à la destruction des objets considérés).

Les grandes reliques en tant que palladium[modifier | modifier le code]

L'esprit moderne, qui considère la religion comme une affaire personnelle, a tendance à comprendre le phénomène du seul point de vue de la psychologie et de la religiosité individuelle. Or cet aspect des choses n'est pas premier dans l'histoire des religions. L'existence des reliques répond d'abord à un besoin collectif d'identité et de sécurité.

Dans la tradition gréco-romaine le palladium est une statue de Pallas-Athéna tombée du ciel et récupérée par le fondateur mythique de la cité de Troie. Elle rendait inexpugnable la cité qui le détenait, Athéna étant la déesse des citadelles. Selon la tradition grecque, le palladium avait été dérobé par Ulysse et Diomède pour s'assurer de l'issue de la guerre. Selon la tradition romaine, il est emporté par Énée en Italie et sera placé plus tard dans le temple de Vesta, à Rome.

Par suite on appelle palladium tout objet symbolique et sacré dont la possession et le culte soudent le groupe d'un point de vue religieux, et le préservent des menaces extérieures. Corrélativement toute menace sur l'objet devient une menace pour le groupe. Si Charles Martel a été arrêter près de Poitiers, en l'an 732, les infidèles musulmans qui menaçaient depuis longtemps l'intégrité de l'empire chrétien, c'est parce qu'ils avaient pour objectif d'atteindre la basilique Saint-Martin de Tours, non seulement pour la piller, mais aussi pour y détruire les reliques du saint, protecteur de la Gaule, conservées dans ce qui était alors un des principaux lieux de pèlerinage de la chrétienté. Ainsi pour les reliques de saint Marc à Venise : elles ne sont pas seulement l'emblème de la cité, saint Marc est aussi le saint patron, c'est-à-dire le protecteur de l'État. C'est pourquoi aussi le roi David avait fait transférer à Jérusalem, la nouvelle capitale de l'état hébreu, l'arche d'Alliance.

Les reliques majeures et officielles de la cité ou de l'État sont sollicitées en cas de crise majeure, épidémie ou guerre. Ainsi en 911, les Normands qui ravageaient impunément toute la France du Nord échouèrent devant les murs de Chartres, derrière lesquels le clergé du lieu portait en procession la sainte tunique de la Vierge Marie. De même à Thessalonique, où l'on conservait les reliques du saint martyr Démétrius : aux dires du chroniqueur local Jean Caminiatès, « ce sauveur de la patrie l'avait soustraite à maint péril, lui avait offert la victoire et, plein de compassion, avait souvent empêché qu'elle ne connaisse la guerre »[6].

À titre prophylactique, on vénère régulièrement les reliques par des fêtes à date fixe, généralement par des processions, comme la Perahera de Kandy, au Sri Lanka, où une dent de Bouddha est promenée dans les rues de la ville sur un éléphant[7]. Ainsi à Étampes, aujourd'hui en Essonne, comme dans tant d'autres villes européennes, du XIe siècle jusqu'à la Révolution française on promenait dans la ville, en présence de toutes les autorités constituées, la châsse de trois saints martyrs d'Aquilée du IIIe siècle appelés, là comme ailleurs, les « Corps Saints »[8]. En Limousin, les ostensions limousines restent une manifestation populaire, qui tous les sept ans réunit religieux et habitants de plusieurs communes, qui à l'occasion décorent les villes et sortent les reliques de leurs saints.

Article détaillé : Procession (cortège).

Le sort des reliques est lié symboliquement à celui du groupe qui les révère. Ainsi, à Naples, si, lors de la fête annuelle et de l'ostension des reliques de saint Janvier, le sang de ce martyr conservé dans une ampoule ne se liquéfie pas, toute une partie de la population redoute une catastrophe dans l'année, tremblement de terre ou épidémie. Toute menace sur les reliques majeures est par ailleurs considérée comme une menace sur le groupe social ou sur le corps politique. Ainsi la disparition provisoire d'un poil de la barbe de Mahomet au sanctuaire de Srinagar plongea en 1963 le Cachemire dans le chaos. La destruction récente par une attaque terroriste du dôme de la mosquée de Samarra en Irak, où sont censées se trouver les reliques de l'imam Ali, visait le cœur de l'identité chiite.

Les reliques en tant que talisman[modifier | modifier le code]

L'individu autant que le groupe ressent un besoin profond de maîtriser son destin et les menaces qu'il sent confusément peser sur lui. Chez presque tous les peuples on constate le besoin multiforme de détenir et de manipuler des objets dotés de pouvoirs magiques, qu'on appelle, avec des distinguos qui varient selon les auteurs, amulettes, talismans, fétiches ou grigris, voire porte-bonheur. Ces talismans dans certains cas étaient partiellement composés de restes humains. Les grandes religions ont progressivement converti ces usages.

Au Tibet, les pèlerins rapportaient chez eux entre autres des lambeaux de vêtements qui avaient été portés par le Bandchan de Djachi-Loumbo[9].

En Gaule mérovingienne, les guerriers francs gagnés au christianisme faisaient grand usage de talismans chrétiens, os de saints ou poussière de leur tombeau, cette dernière parfois ingérée par les malades.

Au XIXe siècle et encore dans toute la première moitié du XXe siècle, le clergé catholique faisait une grande diffusion d'images pieuses où étaient collés un ou deux millimètres carrés d'une étoffe ayant touché les ossements d'un saint.

Vénération des reliques dans le bouddhisme[modifier | modifier le code]

Reliques du Bouddha Sakyamuni provenant du stupa de Kanishka à Peshawar, au Pakistan, et aujourd'hui conservée à Mandalay, Birmanie.

Le bouddhisme, du Japon au Tibet, et de la Birmanie au Sri Lanka, pratique le culte des reliques.

La tradition bouddhique rapporte que la mort de Bouddha fut suivie d'une guerre connue sous le nom de « Guerre des Reliques ». Son enjeu était la possession des reliques échappées du bûcher funéraire de Bouddha. C'est d'ailleurs l'un des thèmes de l'iconographie bouddhique traditionnelle[10].

Un élément traditionnel de l'architecture bouddhiste, le stûpa ou chörten[11] trouve aussi son origine dans le culte des reliques du Bouddha, dont les premiers furent conçus pour les abriter.

Au Sri Lanka, à Kandy, le Temple de la Dent passe pour abriter une molaire du Bouddha Sakyamuni. Édouard Charton a raconté en 1842 l'histoire étonnante de cette dent qui est un vrai personnage de roman[12]. La dent est considérée comme une représentation symbolique de la vie de Bouddha. Des rituels et des cérémonies diverses se sont développées autour de la relique.


On conserve aussi des dents du Bouddha en Chine au Temple de Ling Guang, à Taïwan au monastère de Fo Guang Shan, en Corée du Sud, au temple Tongdosa, près de Yangsan, et au Japon dans le sanctuaire Shari-Den du temple d'Engakuji à Kamakura.

Vénération des reliques dans l'Antiquité préchrétienne[modifier | modifier le code]

À Athènes, on rendait aux restes supposés d'Œdipe et de Thésée des honneurs qu'il est difficile de distinguer d'un culte. Le corps supposé de Thésée avait été triomphalement rapporté à Athènes par Cimon en 475 avant Jésus-Christ après la conquête de Skyros.

À Epidaure on rendait un culte à la dépouille d'Esculape.

En Macédoine on vénérait de même les restes de Perdiccas Ier.

Vénération des reliques dans le judaïsme ancien[modifier | modifier le code]

Dans le Temple de Jérusalem était conservée, du moins jusqu'au sac de cette ville par Nabuchodonosor, l'Arche d'alliance dont la construction avait été demandée par Dieu lui-même (Exode XXV), qui incarnait la présence et la faveur de Dieu (Premier livre de Samuel IV,3), et que Salomon avait placée dans le Saint des saints (Premier livre des Rois VIII). Selon certains textes scripturaires[13], cette arche n'aurait contenu que les deux Tables de la Loi écrites par Dieu lui-même; mais l'auteur inconnu de la Lettre aux Hébreux, juif du Ier siècle, nous informe des croyances juives de son temps[14], selon lesquelles l'Arche (alors disparue) avait également contenu un vase d'or plein de Manne, ainsi que la Verge d'Aaron qui avait refleuri[15].

D'après le Livre des Nombres, chapitre 21, Moïse avait confectionné sur l'ordre de Dieu en airain un « serpent » (en hébreu nahash), que devaient regarder ceux qui avait été mordus par un serpent. Après la construction du Temple de Jérusalem, on y révéra quelque temps cette relique des temps mosaïques, car, selon le Deuxième livre des rois, le roi Ézéchias, grand réformateur du judaïsme, le mit en pièces. En effet « les enfants d'Israël avaient jusqu'alors brûlé des parfums devant lui: on l'appelait Nehoushtan ». (XVIII,4)

Le prophète Elisée, successeur de son maître Élie, récupère son manteau, grâce auquel il renouvelle ses miracles (Deuxième livre des rois, II, 16).

Vénération des reliques dans le christianisme[modifier | modifier le code]

Aux origines du christianisme, le culte des reliques a deux sources très différentes. Il est de plus profondément influencé par des pratiques et des traditions d'abord gréco-romaines, puis celtiques et germaniques.

Origines premières du culte chrétien des reliques[modifier | modifier le code]

Gravure de Jan Luyken : Résurrection d'un mort qui avait touché les reliques du prophète Elisée (1770).

Le premier aspect est la croyance presque universellement répandue que les pouvoirs des thaumaturges se continuent dans les objets qui sont ou ont été en contact avec eux, et spécialement dans leurs ossements et dans leurs vêtements. On le voit déjà dans l'Ancien Testament lorsqu'un homme jeté en terre reprend vie après avoir touché les ossements d'Elisée (Deuxième livre des rois XIII, 21)[16]. Du vivant même de Jésus le contact de ses vêtements suffit à guérir : « Or une femme, atteinte d'un flux de sang depuis douze ans et que personne n'avait pu guérir s'approcha par derrière et toucha la frange de son manteau ; et à l'instant même son flux de sang fut guéri » (Évangile selon Luc, VIII, 43-44) ; et aussi du vivant de ses disciples tels que Paul, à la génération suivante : « Dieu opérait par les mains de Paul des miracles peu banals, à tel point qu'il suffisait d'appliquer sur les malades des mouchoirs ou des linges qui avaient touché son corps: alors les maladies les quittaient et les esprits mauvais s'en allaient » (Actes des Apôtres XIX, 11-12).

Le deuxième aspect est le culte rendu au Christ sur la tombe de ceux qui avaient préféré mourir que de le renier, et que l'on appelle pour cela les martyrs (en grec : « témoins »). Cette vénération des restes des martyrs est attestée dès la seconde moitié du IIe siècle par le texte du martyre de Polycarpe. Comme on pense d'une part que le corps des martyrs a été habité par le Saint-Esprit, et d'autre part qu'il est appelé à ressusciter corporellement au Jour du Jugement dernier, on considère qu'il est profitable de prier, puis de se faire enterrer à proximité de ces corps privilégiés pour tirer parti de la communion des saints. C'est l'origine première des basiliques construites généralement sur d'anciennes zones funéraires, à la périphérie des villes antiques.

Influences gréco-romaines puis barbares[modifier | modifier le code]

Deux facteurs facilitants d'origine différente interviennent ensuite, le premier dans le monde gréco-romain, le second dans le monde barbare germanique.

Le monde gréco-romain connaissait déjà une certaine forme de tourisme mi-religieux mi-culturel dont le réseau des sanctuaires chrétiens ne sera qu'une continuation, et de même pour la tradition des cabinets de curiosité. On le voit par exemple à une période de transition, à l'époque de saint Jérôme, qui signale en Palestine simultanément des lieux de mémoire païens et chrétiens.

D'un autre côté, le monde barbare celtique et germanique faisait grand usage de talismans qui seront progressivement remplacés, pendant la période mérovingienne, par les reliques. Ainsi la célèbre phrase de saint Remi, évêque de Reims, à Clovis lors de son baptême, longtemps rendue à tort par « Courbe la tête, fier Sicambre » (« Depone colla Sicamber ») doit en fait se traduire par « Enlève tes colliers », c'est-à-dire « tes talismans ». Cependant ces talismans ne seront pas purement et simplement supprimés. Ils seront tout d'abord, et pendant une longue période, seulement remplacés par des talismans chrétiens souvent d'origine très douteuse. Ainsi la Chanson de Roland, au milieu du XIe siècle, rapporte que Durandal, l'épée de Roland (personnage du VIIIe siècle), épée qui ne doit surtout pas tomber aux mains des infidèles, contient dans son pommeau d'or : « une dent de saint Pierre, du sang de saint Basile, et des cheveux de monseigneur saint Denis, et du vêtement de sainte Marie » (laisse 173).

Dent de sainte Apollonia (cathédrale de Porto, Portugal).

Développement et circulation des reliques dans le monde chrétien[modifier | modifier le code]

Les premières reliques des martyrs sont vénérées dans les cimetières en célébrant les saints mystères sur leurs tombes, les plus riches pouvant être inhumés ad sanctos (« près des Saints ») afin de bénéficier de leur virtus[17]. À partir du IVe siècle, des martyria construits en dehors des villes puis dans les centres urbains abritent des reliquaires ou des monuments dédiés les memoriae funéraires, nécessaires après la translation et la division des reliques (le nombre des martyrs diminuant après la conversion de Constantin Ier qui s'accompagne d'une christianisation de l'Empire), sur lesquels on construit les églises. Le développement du trafic de reliques dès cette époque est pour la première fois évoqué dans la constitution des empereurs Gratien, Vaientinien et Théodose, adressée au préfet d'Orient Cynegius Maternus, et promulguée à Constantinople le 26 février 386, constitutio qui défend de déterrer et de vendre les reliques. Interdiction peu appliquée comme en atteste son renouvellement dans le Code de Théodose en 438 et le Code Justinien en 529[18]. Le troisième Concile de Carthage en 397 autorise la coutume de construire des autels sur les corps des martyrs, ou d'enclore la place où ils avaient souffert. Le troisième concile de Constantinople ordonne de démolir tous les autels qui n'ont pas été édifié sur ces tombes. Face à la multiplication sauvage d'autels, le quatrième Concile de Carthage en 401 prend une position inverse car on déterrait les restes des martyrs pour en faire des reliques sur lesquels étaient construits ces autels[19].

À partir du Ve siècle en Afrique du Nord et du VIe siècle en Gaule, il s'agit de petits reliquaires sarcophages accessibles qui sont placés dans ou sous l'autel. Puis les reliquaires sont scellés dans une niche (le loculus) à l'intérieur de l'autel[20]. La châsse hermétique et scellée, n'est ouverte qu'en de très rares occasions, en présence d'un évêque, de sorte que la présence invisible du saint reste quelque peu abstraite et impalpable (de nos jours, elles sont parfaitement visibles à travers le reliquaire et exposées dans l'église). Le culte des saints succède au culte des martyrs au Moyen Âge. Le deuxième concile de Nicée en 787 affirme la nécessité de vénérer les images et les reliques. Puisqu'il fallait donner la preuve que l'église possédait réellement ces objets de vénération, dès le haut Moyen Âge on a trace de processions, lors desquelles la présence des reliques et leur fonction protectrice de la communauté étaient ritualisées, dans des parcours du territoire effectués en présence de toutes les corps constitués, religieux et aussi civils, chacun étant jalousement attaché à ses prérogatives en cette occasion. Les preuves sont plus difficiles à trouver lorsque ces communautés religieuses craignent qu'on leur ait vendu des fausses reliques (la population romaine, très réticente à disperser les reliques de la capitale des chrétiens, grande pourvoyeuse de restes de saints et martyrs, ne voit ainsi pas d'un mauvais œil la substitution des vraies par des fausses), ce qui est une des explications à l'indulgence manifestée par les autorités épiscopales envers le vol d'un butin aussi précieux, le vol pouvant garantir une plus grande authenticité[21].

Relique du « Sacré Berceau » dans la confessio de la Basilique Sainte-Marie-Majeure.

Dens les églises, les reliques sont placées dans une partie de l'autel appelée en Occident Sepulchrum ou Confessio (caveau sous l'autel puis reliquaire au-dessus à partir du VIe siècle)[22]. Ce besoin de mieux faire sentir la présence du saint et de ses reliques est par ailleurs à l'origine de deux innovations architecturales du Moyen Âge. D'abord apparaît, à partir de l'époque carolingienne, le déambulatoire, couloir qui tourne autour de l'autel et le sépare des chapelles de l'abside. Il permet aux pèlerins de circuler autour de l'autel principal, et simultanément d'accéder aux autels secondaires dont chacun a sa titulature et ses reliques propres. Cela crée une offre variée de dévotion et correspond au développement de la notion théologique de la Communion des saints, puisqu'on circule alors librement entre les reliques de saints d'époques très différentes. Ensuite, surtout à l'époque romane, la crypte, espace souterrain qui permet de s'approcher plus près de la châsse, autrement invisible[23]. Des ouvertures et systèmes d'évacuation au niveau des reliquaires ou des tombeaux des saints permettent, par apposition d'un tissu ou mise en contact d'eau ou d'huile, de les consacrer, le pèlerin pouvant ainsi emporter comme souvenir ces eulogies (telles les ampoules de pèlerinage (it) appelées aussi ampoules à eulogies) qui ont la valeur de reliques[24].

Les décennies qui suivent les peurs de l'an Mille voient un renouveau du culte des saints et des reliques qui sont particulièrement développées lors de la convocation des assemblées de paix tandis que les inventiones de reliques sont souvent réalisées à des moments cruciaux pour les communautés monastiques ou cathédrales, leur permettant de « sortir de difficultés financières, de réaffirmer le pouvoir d'un évêque, de défendre le bien-fondé d'une réforme, etc[25]. »

À partir du XIIe siècle, les châsses et autres reliquaires sont de plus en plus fréquemment exposés à la contemplation des fidèles, soit sur l'autel, ou bien sur des tribunes d'ostension spécialement conçues pour ce faire, ou encore dans des reliquaires portatifs appelés monstrances: après la Guerre de Cent Ans, bien des églises dévastées et appauvries en font usage lors de tournées destinées à collecter des fonds. Les stipulations de différents conciles et synodes suggèrent que le commerce des reliques est toléré par les autorités ecclésiastiques, l'interdiction ne touchant que leurs ostensions hors de leurs reliquaires ou la vénération de reliques nouvelles sans l'autorisation du pape[26].

On assiste aussi au développement des statues-reliquaires, dont un des premiers exemples est au Xe siècle celui de Sainte-Foy de Conques, mais surtout des reliquaires dits topiques, qui épousent la forme de la relique conservée: bras, tête ou jambe. Appelées « majestés », ces statues-reliquaires qui incarnent le saint le rendent alors plus autenthique aux yeux des fidèles[27].

Au XVIe siècle, la réforme protestante dénonce le trafic d'objets sacrés et reliques. Bien que cette simonie ait déjà été condamnée par le deuxième concile du Latran en 1139, le concile de Trente réaffirme, par un décret intitulé De invocatione, veneratione et reliquiis sanctorum et de sacris imaginibus du 3 décembre 1563, l'importance de la vénération des reliques pour que le Seigneur accorde ses bienfaits[28].

À l'époque baroque, reliques et reliquaires sont parmi les objets qui suscitent le plus la créativité des artistes, comme le montre l'exemple de Rubens[29]. L'usage de la vitre devient la règle quasiment générale pour les reliquaires. Les corps qui se sont bien conservés, en cas d'incorruption[30], sont maquillés et présentés dans des châsses vitrées comme dans le cas de Bernadette Soubirous.

Au XIXe siècle, après la destruction en 1793 de nombreux reliquaires anciens, apparaissent les reliquaires néogothiques vitrés, qui sont souvent fabriqués en série.

À l'époque contemporaine se pose la question de l'utilisation et de la valorisation de ces restes humains qui appartiennent en France aux communes mais dont les communautés catholiques sont allocataires de droit. Comment présenter harmonieusement ces collections parfois hétéroclites à la curiosité des uns autant qu'à la dévotion des autres ? Il y faut l'intervention d'artistes contemporains comme le montre le cas de la collection de Notre-Dame de Longpont-sur-Orge, mise en valeur par Karine Lasserre en 2009.

Actuellement, des reliques de martyrs et d’autres saints sont le plus souvent scellées dans l’autel des églises lors de leur dédicace[31].

Rituel et scénographie des reliques à travers le monde chrétien[modifier | modifier le code]

Les reliques font l'objet d'un processus ritualisé chrétien : invention de reliques (du latin inventio, il s'agit de la découverte du corps du saint ou de ses reliques), élévation des reliques (du latin elevatio, il s'agit de l'exposition du corps du saint dans un sarcophage, une châsse ou de ses reliques — des parties de son corps ou des objets en lien avec lui — dans un reliquaire), réception (du latin receptio) des reliques dans son lieu d'accueil définitif qui est à l'origine de nombreuses célébrations et de beaucoup de pèlerinages, enfin déposition (du latin depositio) en faisant inhumer ses restes sous la table de l'autel du lieu de culte, dans un tombeau dans une crypte ou à partir du XIe siècle, dans une châsse ou un reliquaire élevés dans le chœur de l'église qui se trouve ainsi sanctifié.

L'invention de reliques (au sens technique du mot, c'est tout simplement leur découverte) était considérée comme un événement si important qu'il était parfois commémorée par une fête liturgique spéciale. Ainsi la liturgie orthodoxe autant que catholique célèbre l'Invention de la Vraie Croix le 3 mai, date anniversaire de sa découverte providentielle par sainte Hélène, mère de l'empereur Constantin, en 326.
Le prestige des saints était si grand qu'on ne craignit pas d'en découvrir, voire d'en forger toujours davantage (le commerce des reliques culminant au XIIIe siècle), sur la foi de songes et de révélations toujours bienvenues, soit pour appuyer une cause politique, ou religieuse, ou institutionnelle (tel saint Louis qui dépensa pour la Couronne du Christ trois fois plus que pour édifier la Sainte Chapelle destinée à la recevoir), voire tout simplement parce que la possession de telles reliques était source de prestige et de revenus substantiels, en générant notamment des pèlerinages. Ainsi on retrouve deux têtes (déclarées authentiques par le Vatican) et 32 doigts de saint Pierre, 8 bras de saint Blaise, 11 jambes de saint Matthieu, 14 saints prépuces et de nombreux morceaux du cordon ombilical de Jésus-Christ[32].

Chapiteau de la translation des reliques de saint Étienne, église Saint-Étienne de Lubersac, en Limousin

La translation des reliques, c'est-à-dire leur transfert d'un lieu à un autre, était un événement presque aussi important que leur Invention, et pouvait également être commémorée par une fête liturgique. À partir d'une certaine époque en effet, on commença à transporter les restes des martyrs et les autres reliques pour différentes raisons. D'abord pour fonder des autels là où il n'y avait pas de restes de martyrs. Puis, lorsque la religion chrétienne devient officielle, pour augmenter le prestige de certaines métropoles : et surtout Byzance, arbitrairement désignée par Constantin comme nouvelle capitale de l'Empire.

En tant qu'objets précieux, voire de convoitise, les reliques furent régulièrement l'objet au Moyen Âge de dons et de généreux partages, mais aussi de vols (fréquent voire admis en Occident, notamment lors des croisades[33]) voire de razzias : lors de la Quatrième croisade eut lieu la prise de Constantinople, la ville aux nombreuses reliques : les croisés firent main basse sur les trésors (reliques et pierreries) de Constantinople, butin remis entre les mains de l'évêque de Troyes, Garnier de Trainel, dans laquelle on trouvait un morceau considérable de la vraie Croix, du sang du Christ, le Saint Calice de la Cène, mais aussi le chef de saint Philippe, le bras de saint Jacques le Majeur ou le corps entier de sainte Hélène vierge[34]. L'église de Saint-Zacharie dans le Var, possède le San Sabatoun, chausse devenue relique ayant appartenu à Marie, et rapportée par un croisé.

Inversement, on a déplacé continuellement des reliques en Europe au IXe siècle pour les soustraire aux pillages des Vikings qui les détruisaient ou les revendaient à prix d'or[35].

Ces rites sont à l'origine d'un genre littéraire caractéristique de la littérature hagiographique, le récit de translation ou d’invention de reliques (les translationes) qui forment avec les miracula (recueils de miracles) des recueils indépendants se développant à côté de la traditionnelle vita[36].

Le droit canon interdit strictement le commerce des reliques, qui est un blasphème[37]. Quant aux reliques les plus significatives, il est absolument interdit de leur faire subir quelque aliénation ou transfert définitif que ce soit sans l'approbation du Saint-Siège[38]. En revanche les reliques de la troisième classe sont distribuées libéralement aux simples fidèles, sous forme par exemple de tout petits fragments d'étoffes ayant été touchées par un saint ou par ses ossements.

Pratiques cultuelles et justifications théologiques[modifier | modifier le code]

L'Invention de la Croix, Agnolo Gaddi, Florence, 1380.

L'usage majeur des reliques dans la tradition cultuelle orthodoxe et catholique est leur utilisation quasiment obligatoire lors de la consécration d'un autel, sur la base d'un texte scripturaire très précis, Apocalypse VI, 9 : « Je vis sous l'autel les âmes de ceux qui furent égorgés pour la Parole de Dieu et le témoignage (martyre) qu'ils avaient donné ».

La théologie orthodoxe et catholique insiste sur le fait que le culte rendu aux saints en présence de leurs reliques est un culte de dulie et qu'il ne doit en aucun cas dériver en latrie ou adoration, réservée à Dieu seul. Dès l'époque carolingienne, Jonas d'Orléans ou Dungal avancent des justifications théologiques en s'appuyant sur les autorités patristiques mais Claude de Turin nie l'efficacité du culte des reliques, des pélerinages sur les tombeaux des martyres et du pouvoir d'intercession des saints, les assimilant à des pratiques païennes[39].

Les théologiens catholiques précisent encore que le culte voué aux reliques est un « culte relatif », c'est-à-dire qu'il doit s'adresser non pas à la chose, mais à la personne qui lui est relative. Par exemple, le culte rendu à la colonne de la flagellation est un culte de latrie relatif (parce qu'on adore l'homme-dieu qui a été attaché à cet objet pour y être fouetté), tandis que le culte rendu aux ossements de sainte Thérèse est seulement un culte de dulie relatif (parce qu'il s'adresse non aux os eux-mêmes mais à la personne de la sainte, qu'il faut révérer sans l'adorer).

Plus concrètement par ailleurs, comme on attribue à la relique des propriétés surnaturelles, on l'insère à certaines époques au moins dans trois sortes d'objets : dans les regalia, comme les sceptres et les couronnes ; dans le pommeau de l'épée des chevaliers, comme la mythique Durandal dont on a déjà parlé ; et enfin, plus normalement, dans des reliquaires et des châsses souvent richement décorés, qui sont destinées à la vénération des fidèles dans les lieux de culte.

Touriste se faisant "débrediner" pour vénérer les reliques de saint Menoux.

Il est également d'usage tout au long du Moyen Âge de prêter serment en étendant la main sur des reliques, dans la pensée que le saint sur les restes duquel on prête serment ne manquera pas de se venger des parjures qui l'auraient pris à témoin. Helgaud, ami et biographe du roi Robert II le Pieux, le roi de l'an Mil, raconte que pour éviter tout blasphème compromettant l'honneur des saintes reliques le roi avait trouvé un pieux subterfuge : il faisait prêter serment aux puissants sur un reliquaire vide, à leur insu ; quant aux humbles, il leur faisait prêter serment sur un œuf de griffon de sa collection, talisman profane qui était sans doute un œuf d'autruche[40]. Il est aussi d'usage de passer sous la châsse du saint pour se placer sous sa protection[41].

Il est encore bien d'autres usages des reliques dans la tradition catholique, par exemple, la diffusion à grande échelle de fragments d'étoffes ayant été en contact avec tel ou tel saint ou avec ses ossements (ainsi dès avant les canonisations de Thérèse de Lisieux ou de Bernadette Soubirous). On en espère des miracles qui augmenteront la gloire du saint, voire accélèreront sa canonisation.

Des procédures d'authentification et de certification sont nécessaires, concernant des objets parfois de petite taille qu'on peut facilement contrefaire et qui peuvent se perdre au cours des âges. Deux principes ont été en concurrence au Moyen Âge. Le premier est d'origine populaire: c'est la pouvoir de susciter des guérisons miraculeuses ou d'autres prodiges; mais ce principe est rejeté par les théologiens, qui soulignent que les démons sont parfois les instigateurs de prodiges destinés à égarer les fidèles, comme déjà au XIe siècle Guibert de Nogent, auteur de De Sanctis et pigoribus eorum, premier traité de reliques dans l'histoire chrétienne[42]. Le deuxième est d'origine cléricale : la relique doit être certifiée après contrôle par l'évêque (qui délivre parfois une charte à ses détenteurs), munie d'un parchemin et conservée dans un reliquaire scellé, qui est contrôlé à certains intervalles de temps.

Différentes catégories de reliques chrétiennes[modifier | modifier le code]

Les reliques qui ont été livrées à la piété des fidèles au cours des siècles sont d'une très grande variété, car elles ont parfois proliféré d'une manière déconcertante. Il ne faut pas oublier, en considérant la liste hétéroclite qui suit, qui n'en constitue qu'un infime échantillon, que les motivations et l'usage de ces collections bizarres furent eux aussi d'une grande variété, et qu'on n'attendit pas la Réforme pour s'en moquer ni en douter. Quoi qu'il en soit, le plus simple pour s'y retrouver dans cet océan d'objets de toutes sortes est encore de les classer dans l'ordre chronologique de l'Histoire sacrée.

Reliques vétéro-testamentaires[modifier | modifier le code]

Dès l'époque paléochrétienne, on montrait aux touristes-pèlerins qui faisaient le voyage de la Terre Sainte différentes reliques des temps bibliques. certaines d'entre elles passèrent ensuite dans les collections des églises, ou des particuliers d'Europe occidentale.

  • Poils de la barbe de Noé, qu'Auguste Ier de Saxe était fier, dit-on, de montrer dans sa collection.
  • Verge d'Aaron. Selon l'Epître aux Hébreux, ce bâton était conservé dans l'Arche d'alliance, et, selon le Deuxième livre des Maccabées (II, 4-5), le prophète Jérémie avait dissimulé la dite Arche dans une grotte du mont Nébo. Néanmoins la verge d'Aaron passait aussi pour être conservée en divers lieu de l'Europe chrétienne: en Italie dans l'église romaine de Saint-Jean-de-Latran en même temps que dans la cathédrale de Florence; en Espagne; à San Salvador; en France dans la Sainte Chapelle de Paris en même temps que dans la cathédrale de Bordeaux[43].

Reliques de Marie et de la Sainte Enfance[modifier | modifier le code]

Staurothèque byzantine du début du IXe siècle contenant des fragments de la Sainte-Croix.

Reliques attribuées à Jésus[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Reliques attribuées à Jésus.
Reliques de la vie publique de Jésus[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Saint Graal.
Reliques de la Passion[modifier | modifier le code]
Chaînes de Saint Pierre, conservées à Saint-Pierre-aux-Liens (San Pietro in Vincoli), à Rome.
Reliques du Christ postérieures à sa Résurrection[modifier | modifier le code]
  • Empreintes de ses pieds laissées lors de l'Ascension[44] et conservées sur le Mont des Oliviers.
  • Empreinte de ses pieds laissées lors de son apparition légendaire à saint Pierre à Rome lors de l'épisode du Quo Vadis.
  • Larme versée par une statue du Christ en 998 dans l'église orléanaise de Saint-Pierre-du-Puellier.

Reliques de l'âge apostolique[modifier | modifier le code]

Reliques de saints martyrs[modifier | modifier le code]

Les martyrs chrétiens, dont certains ont existé, et dont les autres sont imaginaires, sont innombrables, et on en a encore inventé un grand nombre au XIXe siècle sur des bases prétendument archéologiques.

  • Les restes des saints Can, Cantien et Cantienne, par exemple, martyrisés au IIIe siècle près d'Aquilée, étaient conservés au Moyen Âge en différents endroits tels que San Canzian d'Isonzo, Milan, Heidelberg et Étampes. Chacun de ces lieux, semble-t-il, pensait détenir l'ensemble ou du moins la plus grande partie des reliques de ces martyrs[46].
  • Le crâne de sainte Foy à Conques.
  • Le sang de saint Janvier (San Gennaro) dans la cathédrale de Naples : le sang contenu dans l'ampoule se liquéfie deux fois par an (début mai et le 19 septembre) ; si le « miracle » ne se produit pas, la tradition veut que des malheurs s'abattent sur la ville de Naples.

Reliques des Pères de l'Église[modifier | modifier le code]

Un bras de saint Jean Chrysostome était autrefois conservé à Étampes (Essonne), dans l'église Notre-Dame.

Les reliques de saint Augustin, conservées originellement à Hippone, dans l'actuelle Algérie, passent pour avoir été transférées lors d'une invasion barbare, sans doute celle des Vandales, en Sardaigne. Les Sardes, à leur tour menacés par l'invasion deux siècles plus tard, les cédèrent au roi Lombard Luitprand moyennant 60 000 écus d'or, qui les transféra à Pavie, sa capitale, où elles furent retrouvées le 1er octobre 1695. Elles sont depuis conservées dans la cathédrale de cette ville.

Reliques de saints du Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Procession de reliques de Sainte-Thérèse de Lisieux, le samedi 29 septembre 2007, entre la basilique Notre-Dame des Victoires et la chapelle Sainte-Thérèse, ici au Louvre

Les restes de saint Benoît passaient pour être détenus par les moines de Fleury, alias Saint-Benoît-sur-Loire, qui les auraient récupérés dans les ruines de l'Abbaye du Mont-Cassin. Mais on les retrouva aussi au dit Mont Cassin lorsque le site fut réoccupé, et la controverse fit rage entre ces deux monastères pendant plusieurs siècles.

La châsse contenant le corps entier momifié naturellement de sainte Rita est à Lucques en Italie.

Reliques de saints modernes[modifier | modifier le code]

Reliques de saints contemporains[modifier | modifier le code]

Une pratique contemporaine étonnante, concernant une sainte récente comme Thérèse de Lisieux (1873-1897), canonisée en 1925, est, plutôt que le démembrement traditionnel entre plusieurs lieux de culte, qui répugne à l'esprit moderne, la circulation à travers le monde de la dépouille du saint ou de ses reliques.

Reliques de 2e et 3e classes

Autres principes de classification[modifier | modifier le code]

Les textes du droit canonique établissent une hiérarchie précise entre trois types de reliques[48] :

  • les reliques dites « insignes » : corps du saint ou partie de son corps telle que « la tête, l’avant-bras, le cœur, la langue, la main ou la jambe (mais pas le tibia) ou la partie du corps dans laquelle le saint a subi le martyre, pourvu qu’elle soit entière et pas petite ».
  • les reliques dites « notables » : reliques corporelles provenant de parties du corps moins valorisées (sont ainsi exclus les membres) que les premières (doigt, côte, mâchoires, etc.) ou plus fragmentaire.
  • les reliques dites « minimes » : reliques corporelles qui ne sont que de petits fragments pouvant être contenus dans des reliquaires, des médaillons.

Outre les « reliques corporelles » (appelées aussi « reliques réelles »), la doxa étend leur définition aux « reliques représentatives » (appelées aussi « reliques secondaires » ou reliques de contact), objets en rapport avec le Christ, le martyr ou le Saint, qu'ils aient été en contact avec son corps ou mis en contact avec son tombeau (notamment le brandeum, linceul entourant le cadavre du saint ou linge posé volontairemet sur le tombeau). On distingue alors trois classes de reliques[49] :

  • La première classe est constituée d'objets directement associés à la vie terrestre du Christ (crèche, clous et croix de la crucifixion, linceul, etc.) ou bien de restes physiques d'un saint (corps ou fragment de corps, sang, etc.). Ces reliques sont catégorisée selon leur provenance (expression en latin du type reliquia ex corpore, « relique du corps »)
    • ex ossibus - des ossements
    • ex carne - de la chair
    • ex corpore - du corps
    • ex praecordis - de l'estomac ou de l'intestin
    • ex piliis - des cheveux (cheveux, barbe ou moustache)
    • ex cineribus - des cendres (martyr brûlé)
    • ex exuviis - des cendres ou de la poussière (recueillie sur la dalle du martyrium)
    • ex tela imbuta sanguine - de tissu trempé dans le sang
    • ex tela imbuta cineribus - de tissu imprégné de cendres
    • ex lignum Crucis D.N.J.C. - du bois de la croix de Domini Nostri Jesu Christi (Notre Seigneur Jésus-Christ)
    • ex rupe presepij - de la grotte de la Nativité
    • ex pelle - de la peau
    • ex sanguine - du sang
    • ex sindonis D.N.J.C. - du linceul de Domini Nostri Jesu Christi
    • ex sudarii - du suaire
  • La seconde classe est constituée d'objets qu'un saint a porté (chemise, gant, crucifix, etc.) ou utilisé quotidiennement (livres, crucifix, etc.) :
    • ex pallio - du manteau
    • ex velo - du voile
    • ex indumentis - du vêtement (l'expression fait parfois référence à une relique de troisième et quatrième classe)
    • ex arca sepulchralis - de l'arche sépulcrale (tombeau ou cercueil quadrangulaire en forme de coffre et fermé par un couvercle aux formes variées)
    • ex fune - dalla corda (che gli appartenenti ad alcuni ordini religiosi regolari portano attorno alla vita sopra la veste)
    • ex cilicio - du cilice
  • La troisième et quatrième classe est formée d'objets qui ont été en contact respectivement avec des reliques de la première et deuxième classe :
    • ex domo - de la maison
    • ex indumentis

D'autres principes sont en vigueur pour évaluer l'intérêt des reliques de la première classe.

  • Les restes de martyrs sont plus prisés que ceux des autres saints.
  • On apprécie aussi fort les corps qui paraissent avoir été miraculeusement préservés de la corruption.
  • L'intérêt de certains ossements est parfois majoré par la signification symbolique du membre conservé. Ainsi le bras d'un roi comme saint Étienne de Hongrie sera spécialement considéré, ou la tête d'un théologien comme Thomas d'Aquin.

Les reliques peuvent enfin être classées selon une typologie foncionnelle : relique thaumaturge, relique protectrice ou tutélaire, relique de pouvoir, sans qu'il soit toujours possible d'établir une distinction nette entre ces différents types[50].

Collections célèbres de reliques chrétiennes[modifier | modifier le code]

Certaines collections de reliques sont célèbres entre toutes.

  • Reliques de la Sainte-Chapelle, assemblées par saint Louis.
  • Reliques de l'Escurial. Dans le cadre de la Contre-Réforme, Philippe II d'Espagne constitua dans son palais-monastère de l'Escurial l'une des plus grandes collections de reliques du monde catholique: on y trouve quelque 7 500 reliques abritées dans 570 reliquaires répartis dans tout le monastère mais spécialement dans la basilique Saint-Laurent.
  • Reliques de la basilique romaine de Saint-Jean-de-Latran et spécialement de sa chapelle papale appelée Sancta Sanctorum.
  • Reliques de Saint-Sernin à Toulouse. Il s'agit d'une antique et vénérable collection, constituée essentiellement au XIVe siècle[51].
  • Reliques de Notre-Dame de Longpont (Essonne). Cette magnifique collection de reliques, la première en importance en France, est actuellement sous la responsabilité de Frédéric Gatineau, prêtre catholique et érudit spécialiste des lieux de culte de l'Essonne. Bien mise en valeur, elle suscite un intérêt croissant dans un lieu de culte qui tend à devenir le centre spirituel de l'Essonne catholique.
  • Reliques de l'église abbatiale de Saint-Antoine l'Abbaye (Isère). Siège d'un prestigieux ordre hospitalier antonin aujourd'hui disparu, cette église renferme les reliques de Saint Antoine le Grand, anachorète du Ier siècle qui vécut en Égypte (procession annuelle des reliques le jeudi de l’Ascension), ainsi que des reliques de plus de 80 saints martyrs conservés dans de nombreux reliquaires[52].

La tradition critique dans le monde occidental[modifier | modifier le code]

Louis-Joseph Fanelli-Semah (1804 - 1875): Le corps de saint Fulcran profané par les protestants (cathédrale saint-Fulcran de Lodève, 1834)

Le monde chrétien est traversé au cours des siècles par une tradition critique qui s'exprime, concernant la question des reliques, de diverses manières.

  • Les évêques dès le départ revendiquent un discernement qui l'emporte sur la piété populaire mal éclairée, et même sur les pouvoirs éventuellement thaumaturgiques des reliques vénérées par leurs ouailles. Ainsi saint Martin de Tours, dès le IVe siècle fit-il jeter aux ordures les restes d'un personnage injustement vénéré[53].
  • Le culte des reliques est dévalorisé dès le haut Moyen Âge par des auteurs tels que Claude de Turin au IXe siècle et Guibert de Nogent au XIe[54] .
  • La Réforme protestante se situe dans cette tradition critique, à la suite de Jean Calvin qui dans son Traité des reliques[55] (1543) rejette la vénération des reliques comme un dévoiement inexcusable du christianisme authentique. Les protestants remettent violemment en cause le culte des reliques, n'hésitant dès qu'ils en ont l'occasion à détruire les restes vénérés des saints en même temps que les statues ou autres représentations iconographiques. Dès lors la tradition n'est plus continuée que par les catholiques et les orthodoxes.
  • La Contre-Réforme catholique qui s'ensuit, par la voix du concile de Trente, réaffirme la légitimité du culte voué aux reliques, comme aux tombeaux et aux images; mais elle place la dévotion populaire sous le contrôle étroit de l'évêque, chargé d'en expurger toute superstition, notamment lors de ses visites pastorales dans les paroisses. Le clergé jette alors en effet un regard de suspicion sur l'individualisme du pèlerin et ses dévotions indécentes[56].
  • Lors de la Révolution française, de nombreuses reliques sont à nouveau sauvagement détruites comme des vestiges du « fanatisme ».
  • Enfin, à partir des années 1960, le catholicisme est gagné à son tour par une certaine indifférence, sinon même par une certaine hostilité dans une partie de son clergé, et de nombreux reliquaires sont dès lors livrés à l'abandon, voire à la décharge. Certaines reliques de la première classe se retrouvent en vente sur Internet.

Vénération des reliques dans l’islam[modifier | modifier le code]

D'une manière générale l'islam reproduit en la matière les traditions antérieures du judaïsme ancien et du christianisme de son temps. La plus grande collection de reliques musulmanes est conservée au palais de Topkapi à Istanbul, et continue à sa manière la tradition antérieure byzantine.

Reliques pillées aux chrétiens[modifier | modifier le code]

Reliques de Mahomet[modifier | modifier le code]

Vestigium pedis en Islam : l'empreinte des pieds du Prophète conservée au musée Topkapi à Istanbul.
Reliquaire de la barbe de Mahomet à Konya
  • Collection de reliques du palais de Topkapi à Istanbul. Byzance, capitale d'un vaste empire chrétien, avait possédé de nombreuses et précieuses reliques, qui furent pour la plupart pillées par les croisés. Après la prise de la ville par les Turcs, la ville devint sous le nom d'Istanbul la capitale de l'Empire ottoman et les sultans eurent à cœur de constituer à leur tour une prestigieuse collection de reliques musulmanes, qui comprend aujourd'hui plus de 600 pièces conservées au palais de Topkapi à Istanbul : épées de Mahomet (sabres de combat et deux épées en or enrichies de pierres précieuses), manteau de Mahomet, cheveux et poils de sa barbe, trace de ses pas, etc.
  • Rituel en vigueur à Topkapi. Bien que la plupart de ces reliques soient exposées en permanence, les plus importantes d'entre elles ne le sont que pendant le mois du Ramadan. Le Coran est récité de manière ininterrompue auprès de ces reliques depuis qu'elles ont été transférées à Topkapi.
  • Poils de la barbe de Mahomet. On en conserve en différents lieux du monde islamique. Les uns sont à Topkapi. Un autre également en Turquie, dans le mausolée Mevlana de Konya. Un autre poil de la barbe de Mahomet est conservé en Inde dans la mosquée Azratbal de Srinagar, la capitale de l'État de Jammu et Cachemire. En 1963, le vol de cette relique mit toute la région à feu et à sang pendant une semaine, jusqu'au retour soudain et mal expliqué de la relique. En 1993, des militants armés s'y sont barricadés avec des otages quand la police s'est aperçue qu'on avait endommagé le cadenas fermant la porte du lieu où il était conservée.
  • Une paire de chaussures de Mahomet, très sacrée pour les pèlerins musulmans, qui se trouvait à Lahore au Pakistan a été volée en 2002[57].

Reliques chiites[modifier | modifier le code]

Reliques de saints marabouts[modifier | modifier le code]

  • Dans certaines régions du Maghreb et du Sahel, le marabout est un saint local reconnu dont le tombeau est l'objet d'un culte populaire. C'est aussi le nom donné au tombeau lui-même. Il s'ensuit un certain nombre de pratiques et de croyances populaires contaminées par des pratiques ancestrales que condamne vivement l'Islam intégriste, comme on l'a constaté en 2013 au Mali lors de la destruction de plusieurs mausolées par des bandes armées de musulmans fondamentalistes.

Reliques profanes[modifier | modifier le code]

Belgique[modifier | modifier le code]

À Liège, le cœur d'André Grétry (1741-1813), musicien originaire de la ville, a été placé dans le socle de la statue lui consacrée, édifiée devant l'Opéra royal de Wallonie. Son corps repose au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

France[modifier | modifier le code]

Reliquaire du cœur d'Anne de Bretagne, Musée Dobrée, Nantes
  • L'usage de l'ancienne France était de conserver par exemple le cœur des rois à part, et le plus souvent dans une autre église que le reste de leur dépouille. Aussi a-t-on appelé reliquaires les récipients où on les conservait, par analogie avec ceux des saints.
  • À l'époque romantique ont fleuri des reliquaires napoléoniens, destinés à honorer le souvenir de l'empereur Napoléon Ier.
  • On cite aussi comme une bizarrerie inexpliquée le reliquaire gothique en cuivre doré découvert par les héritiers de Vivant Denon (1747-1826), contenant entre autres des fragments d'os d'Héloïse et d'Abélard, une partie de la barbe d'Henri IV arrachée à sa tombe en 1793, une dent de Voltaire, et quantité de restes d'autres personnages historiques : il est conservé actuellement à l'hôtel Bertrand de Châteauroux[58].
  • À la même époque on a souvent conservé dans différentes sortes de reliquaires des souvenirs familiaux ou galants, tels que, par exemple, la boucle de cheveux d'une personne chère et trop tôt disparue.

Italie[modifier | modifier le code]

Les Italiens vénérant les reliques des saints, leur assimilent certains hommes illustres tels que Galilée :

  • Au Musée de la Storia della Scienza (Histoire des Sciences) de Florence, près des Offices, dans une des vitrines consacrées à de nombreux instruments de Galilée, on trouve également la relique momifiée de l'index de Galilée, celui-là même ayant désigné les astres qu'il voyait avec sa lunette.
  • À Padoue, l'université de « la Bô » conserve, à l'académie, l'épine dorsale de Galilée ; ce qui fait écrire à André Suarès, dans son Voyage du Condottière : "Peuple à reliques : ils ont aussi l'épine dorsale de Galilée, à l'Académie, en rien différente d'une autre épine, un os à moelle pour le pot-au-feu du dimanche. Il faudrait mettre le tout dans un tronc à la Sainte Science ou à Saint Antoine"[59].

Russie[modifier | modifier le code]

  • Dans un mausolée de granit rouge situé à Moscou sur la place Rouge, repose Lénine, révolutionnaire et homme politique soviétique. Son corps embaumé (selon une méthode exclusive) est exposé au public depuis 1924, l'année de sa mort. Le mausolée est maintenu à une température de 16,6 degrés, le taux d'humidité y est de 70 %. Selon une étude récente, après plus de 80 ans de conservation, l'état du corps de Lénine reste excellent.

Autres applications du terme « relique »[modifier | modifier le code]

La langue française use du terme « relique » dans d'autres acceptions que strictement religieuses.

  • Dans le langage littéraire, il désigne (seulement au pluriel) « les débris de quelque chose de grand » (définition de Littré). Ce sens s'appuie directement sur l'étymologie sans passer par le sens usuel du mot, c'est un pur latinisme.
  • Reliques dites d'affection. Il s'agit d'objets auquel on accorde moralement un grand prix, tels que la boucle de cheveux d'une personne aimée. À l'époque romantique, on a usé de véritables reliquaires personnels pour conserver ce type d'objets. Ce sens s'appuie sur l'analogie, par extension du sens le plus usuel du mot.
  • On parle aussi de reliques pour désigner les objets que détiennent et vénèrent les fans d'une vedette à laquelle ils vouent un véritable culte, tel que le maillot qui a été porté par un grand joueur. Cet emploi est métaphorique.
  • Dans les jeux de rôle en vogue depuis la fin du XXe siècle, le mot « relique » désigne toutes sortes de talismans censés accroître les pouvoirs magiques du personnage dont on joue le rôle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Si la fausseté de certaines reliques est bien établie (comme en attestent les deux têtes (déclarées authentiques par le Vatican), et les 32 doigts de saint Pierre, les 12 têtes et 60 doigts de saint Jean, les 15 bras de saint Jacques, les 30 corps de saint George, les 8 bras de saint Blaise, 11 jambes de saint Matthieu, 14 saints prépuces et de nombreux morceaux du cordon ombilical de Jésus-Christ), les reliques les plus anciennes, telle la Vraie Croix ou les Saint-Suaires manquent de données historiques fiables pour trancher entre authenticité ou légende, les textes sur les reliques évangéliques ou hagiographiques pouvant mêler les deux aspects. Source : Pierre Saintyves, Les reliques et les images légendaires, Mercure de France,‎ 1912, 334 p.
  2. Edina Bozoky et Anne-Marie Helvetius, Les Reliques. Objets, cultes, symboles, Brepols,‎ 1999, 336 p. (ISBN 978-2-503-50844-3)
  3. Cette tendance est déjà combattue au sein du christianisme au XIe siècle par Guibert de Nogent au sujet d'une dent de lait de Jésus.
  4. C'est par exemple le cas du clergé catholique de l'âge classique.
  5. C'est le cas surtout des protestants du XVIe siècle, à partir de Luther et Calvin
  6. Jean Caminiatès, Eustathe de Thessalonique et Jean Anagnostès, Thessalonique, chroniques d'une ville prise, textes présentés et traduits du grec par Paolo Odorico, Paris, Anarchasis, 2005, p.66. La ville fut prise pour la première fois en 1185.
  7. Somptueuses processions religieuses à Esala Perahera, Kandy, Sri Lanka
  8. Voyez par exemple dom Basile Fleureau, Description de la Châsse (1668), édité par le Corpus Étampois.
  9. Huc, Souvenir d'un voyage dans la Tartarie, le Tibet et la Chine pendant les années 1844, 1845 et 1846, 2e édition, Paris, Le Clere, 1853, tome II, p. 278. En revanche la conservation et la vénération des excréments du dalaï-lama est dénoncé par le même auteur, ibid., p. 314-315.
  10. Par exemple sur le portail ouest du stūpa n° 1 de Sāñcī, en Madhya Pradesh, sous la dynastie Maurya ; ou encore dans la grotte 70 de Touen-Houang, d'époque Tang, décrite par Roger Grousset, La Chine et son art, 1952, p. 137.
  11. Les chôrtens sur le site de Jean Dif
  12. Édouard Charton, «Procession de la dent de Bouddha à l’île de Ceylan », in ID., Magasin pittoresque, 10/31 (juillet 1842), p. 241-242, dont une réédition par la BNF sur son site Gallica
  13. Deuxième livre des Rois VIII, 8; Deuxième livre des Chroniques V, 10
  14. LM. Petit, "Le contenu de l'Arche d'alliance: génération et addition de thèmes" in Hellenica et Judaica. Hommage à Valentin Nikiprowetzky, Parisn Peeters, 1986 (l'auteur prouve qu'il s'agit d'une tradition juive aussi attestée par les Antiquités Bibliques de Flavius Josèphe, le Targoum et les Talmuds.
  15. Hébreux IX, 4.
  16. Les figures bibliques d'Élie et d'Elisée sont familières aux rédacteurs des Évangiles, qui racontent certains miracles de Jésus dans des termes qui en sont d'évidentes réminiscences, que personne n'a jamais contestées.
  17. Yvette Duval, Auprès des saints corps et âme. L'inhumation ad santos dans la chrétienté d'Orient et d'Occident du IIIe au VIIe siècle, Études augustiniennes,‎ 1988, 230 p. (ISBN 2-85121-096-3)
  18. Nicole Herrmann-Mascard, Les Reliques des saints : formation coutumière d'un droit, Editions Klincksieck,‎ 1975, p. 31
  19. Voltaire, Dictionnaire philosophique, Cosse et Gaultier-Laguionie,‎ 1838, p. 843
  20. Edina Bozóky, La politique des reliques de Constantin à Saint Louis : protection collective et légitimation du pouvoir, Beauchesne,‎ 2007 (lire en ligne), p. 26
  21. Hippolyte Delehaye, Sanctus : essai sur le culte des saints dans l'antiquité, Jules de Meester et Fils,‎ 1927, p. 204
  22. Lazare-André Bocquillot, Traité historique de la liturgie sacrée ou de la messe, Anisson,‎ 1701 (lire en ligne), p. 84
  23. Joseph Alexandre Martigny, Dictionnaire des antiquités chrétiennes, L. Hachette et Cie,‎ 1865, p. 202
  24. Mathijs Lamberigts, Louis Reekmans, Peter van Deun, La pluralité, Peeters Publishers,‎ 1995, p. 193
  25. Michèle Gaillard, « Les Reliques. Objets, cultes, symboles », Médiévales, vol. 20, no 40,‎ 2001, p. 168-169
  26. Hubert Silvestre, « Commerce et vol de reliques au Moyen-Âge », Revue belge de philologie et d'histoire, vol. 30, no 3-4,‎ 1952, p. 726
  27. Edina Bozoky, « Voyages de reliques et démonstration du pouvoir aux temps féodaux », Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public, vol. 26, no 26,‎ 1996, p. 273
  28. Thierry Blot, Darío Castrillón Hoyes, Le curé, pasteur : des origines à la fin du XXe siècle : étude historique et juridique, Editions Pierre Téqui,‎ 2000, p. 202
  29. Victor Ieronim Stoichiţă, L'instauration du tableau: métapeinture à l'aube des temps modernes, Droz, 1999, p. 107 cite le cas d'un contrat de 1606 entre les Oratoriens de Rome et Rubens, à qui ils commandent un tableau dans lequel encastrer une image de la Vierge qui aurait saigné après avoir été lapidée par un hérétique.
  30. Une page catholique en ligne liste plus de trois cents cas de saints dont les corps auraient été miraculeusement préservés de la corruption.
  31. La célébration de la dédicace d’une église
  32. Clémentine Portier-Kaltenbach, Histoires d'os et autres illustres abattis, Lattès,‎ 2007, 264 p. (ISBN 978-2709628303, lire en ligne)
  33. Jean Flori, Les croisades : Origines, réalisations, institutions, déviations, Editions Jean-paul Gisserot,‎ 2001, p. 52
  34. Source
  35. Voir une liste intéressante en ligne de ces transferts continuels.
  36. Olivier Biaggini, Miracles d'un autre genre : récritures médiévales en dehors de l'hagiographie, Casa de Velázquez,‎ 2012 (lire en ligne), p. 7
  37. The Code of Canon Law §1190 §1
  38. The Code of Canon Law §1190 §2
  39. (en) The Oxford Dictionary of the Christian Church, Oxford University Press,‎ 1997 (ISBN 0-19-211655-X), p. 359
  40. « Vie de Robert le Pieux », traduite du latin par François Guizot, en ligne sur le « Corpus Etampois ».
  41. Jacques Baudoin, Grand livre des saints : culte et iconographie en Occident, Éditions Créer,‎ 2006 (lire en ligne), p. 37
  42. Abel Lefranc, « Le traité des reliques de Guibert de Nogent et les commencements de la critique historique au Moyen Âge » in Études d'histoire du Moyen Âge dédiées à Gabriel Monod (Paris, 1896), p. 285-­306
  43. J.-A.-S. Collin de Plancy, Dictionnaire critique des reliques et des images miraculeuses (3 vol.), 1821, t. I, p.1.
  44. Représentées par exemple par une enluminure d'un graduel de Saint-Dié du début du XVIe siècle, mise en ligne par l'I.R.H.T..
  45. d'après Jérôme Carcopino.
  46. Dom Basile Fleureau, "Des Reliques des Saints Martyrs Can, Cantien & Cantienne, Freres & Sœur, communement appellez les Corps Saints", in Antiquitez d’Estampes, chap. II, 8, vers 1668 (dont une bonne réédition en ligne par le Corpus Etampois).
  47. D'après un site officiel catholique.
  48. Dictionnaire de la théologie catholique, Éd Letouzey et Ané, 2005, article relique
  49. (en) Peter Klein, The Catholic Source Book : A Comprehensive Collection of Information about the Catholic,‎ 1999, 512 p. (ISBN 0159506530)
  50. Philippe George, Reliques & arts précieux en pays mosan : du haut Moyen Age à l'époque contemporaine, Editions du CEFAL,‎ 2002, p. 28
  51. Les inventaires anciens et modernes sont édités par Célestin Douais, éd., Documents sur l’ancienne province de Languedoc, t. 2, Trésor et reliques de Saint-Sernin (1246-1657), Paris-Toulouse, 1904.
  52. Antonianae historiae compendium d'Aymar de Falco - L'église abbatiale de Saint-Antoine de Dom Dijon.
  53. Sulpice Sévère, Vie de saint Martin, chapitre VIII.
  54. Jacques Chaurand, « La conception de l'histoire de Guibert de Nogent », Cahiers de civilisation médiévale, vol. 8, no 31-32,‎ 1965, p. 381-395 (lire en ligne)
  55. http://www.info-bible.org/histoire/reforme/traite-des-reliques-jean-calvin.htm Jean Calvin, traité des reliques
  56. Bernard Heyberger (maître de conférences à l'université de Haute-Alsace / Mulhouse), in Dictionnaire de l'Ancien Régime, sous la direction de Lucien Bély, Paris, PUF, 1996
  57. (en) BBC, « Pakistan police probe relic theft »,‎ 1er aout 2002 (consulté le 20 juin 2010)
  58. Clémentine Portier-Kaltenbach, Histoire d'os et autres illustres abattis, Paris, Lattés, 2007, cité par la page "Vivant Denon et son reliquaire".
  59. Éditions Émile-Paul, page 119.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Bourrit, "Martyrs et reliques en Occident" dans Revue de l'histoire des religions, Armand Colin, 2008.
  • Philippe Cordez, "Les reliques, un champ de recherches. Problèmes anciens et nouvelles perspectives", in: Bulletin d'information de la Mission Historique Française en Allemagne, 43, 2007, p. 102-116, www.ifha.fr/aallemagne/Reliques.pdf.
  • J.-A.-S. Collin de Plancy, Dictionnaire critique des reliques et des images miraculeuses (3 vol.), 1821, dont une saisie mise en ligne par Google.
  • Boussel, Patrice, Des Reliques et de Leur Bon Usage, 1971.
  • Claude Gauvard, Alain de Libera, Michel Zink, Dictionnaire du Moyen Âge, article « reliques », page 1198.
  • Xavier Kawa-Topor, Pierre Lançon, Trésors et routes de pélerinages dans l'Europe médiévale, Conques, Centre Européen d'Art et de Civilisation Médiévale, 1994, 136 p.
  • Edina Bozoky, Le Moyen Âge miraculeux, Riveneuve Éditions, 2010.
  • Bernard Berthod, Reliques et Reliquaires, l'émotion du sacré, CLD éditions , 2014.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]