Abraham

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Abraham

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Abraham et le sacrifice d'Isaac
peint par Le Dominiquin (1628-29)

אַבְרָהָם

Naissance Mésopotamie[1]
Décès Pays de Canaan[2]
Nationalité Israélite
Activité principale
Patriarche du judaïsme, du christianisme et de l'islam
Autres activités
Inventeur du monothéisme
Ascendants
Terah (père)
Conjoint
Sarah (sa demi-sœur et épouse)
Agar (servante de Sarah)
Ketourah
Descendants
Ismaël
Isaac
Zimran
Yokshan
Medan
Madian
Ishbak
Shouah
Famille

Abraham (en hébreu : אַבְרָהָם /av.ra.'ham/, en guèze : አብርሃም /ab.ra.'ham/, en arabe : إبراهيم /ib.ra.'him/) est un des personnages majeurs des religions juive, chrétienne et islamique. Figure centrale du livre de la Genèse, elle est reprise dans le Coran sous le nom d'Ibrahim. Il est l'un des principaux patriarches du judaïsme et du christianisme, l'un des quatre grands prophètes de l'Islam (avec Moïse, Jésus et Mahomet). Il est présenté comme l'ancêtre des peuples arabes et hébreux et comme le père du monothéisme.

Diverses études pointent des incohérences entre le récit biblique sur Abraham, et les données archéologiques. Elles en concluent que le récit biblique est légendaire[3]. La question de l'existence d'un personnage réel derrière ces légendes reste sans réponse[4].

Selon la Genèse, Abraham est enterré dans le Tombeau des Patriarches, à Hébron[5].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le récit de la Genèse (17:5)[6] offre concernant le nom d'« Abraham » (en hébreu : אַבְרָהָם) une explication étymologique populaire[7] qui reste largement répandue[8], selon laquelle il signifie « père d’une multitude [de nations] » mais qui n'en est pas moins inexacte[9] même s'il contient effectivement un jeu de mot avec un terme hébreu signifiant « la foule »[10]. L'origine du premier nom du patriarche biblique, « Abram » (אַבְָרם), est, pour sa première partie (ab- ou av- :אב) une racine sémitique bien établie signifiant « père » et, pour sa seconde (-ram : רם), soit dérivée de l'akkadien ra’âmu (« aimer ») ou du sémitique occidental rwm (« être élevé »)[7].

Le nom peut dès lors avoir signifié, suivant la première possibilité, « Il aimait le père » ou « le père aime » ou, suivant la seconde, peut-être plus convaincante, « il s'est élevé par rapport au père » marquant un lignage distingué[7]. Un autre sens proposé habituellement par les exégètes est le « père est élevé »[11], et « père exalté [ou haut] » ou « exalté par le père » sont également possibles[7] ; le terme de « père » réfère probablement alors à la divinité vénérée par le porteur du nom[10]. Quoi qu'il en soit, le nom « Abram », s'il n'est présent qu'à quatre reprises dans la Torah[7] - dans la Genèse 11:26 et 17:5, le Livre de Néhémie 9:7 et le Premier livre des Chroniques 1:26 -, semble avoir été relativement populaire dans le Proche-Orient antique depuis le deuxième millénaire avant l'ère chrétienne[11].

A contrario, on rencontre le nom « Abraham » - dont on ne connait pas de dérivatif en hébreu - à d'innombrables reprises dans la Bible, concernant exclusivement le patriarche[7], et une partie de la recherche s'accorde pour considérer qu'il soit en fait une simple variante dialectale d'« Abram » par ajout du h (ה) aux racines verbales, un phénomène connu en araméen et dans d'autres langues[7]. Il est également possible que les noms de deux ancêtres différents aient été fusionnés par les rédacteurs bibliques et que le nom « Abraham » ait été privilégié pour précisément distinguer le patriarche hébreu d'avec les multiples « Abram »[12]. Certains spécialistes ont essayé de mettre Abraham en relation avec une tribu « R(w)hm » mentionnée dans une stèle égyptienne découverte à Beït Shéan (vers 1300)[13]. Une autre conjecture onomastique identifie ce nom au lexème rhn apparaissant dans des textes d’exécration (fin IIIe, début IIe millénaire), rapprochant Abraham d'un dénommé Aburahana, prince de Samhuna, en Galilée. Abraham signifierait alors « Père de la tribu rhn »[14]. Toutes ces conjectures sont cependant hasardeuses, le récit de la Genèse (17:5) étant un énoncé performatif par laquelle Dieu fait d'Abraham la figure par excellence de l'ancêtre[15].

Récit biblique[modifier | modifier le code]

Le cycle d'Abraham et de ses deux fils se trouve en Genèse 11,27 à 25,31[16]. Elle suit immédiatement l'histoire des origines et précède la geste de Jacob et l'histoire de Joseph[17].

Abram[modifier | modifier le code]

Abraham, qui est d'abord nommé « Abram » (en hébreu  : אַבְרָם, ābram), est un descendant de Sem, fils de Noé[18]. Il est fils de Terah et a deux frères, Nahor et Haran. Haran meurt en laissant un fils, Loth. Abram épouse sa demi-sœur Saraï (Sarah), qui est stérile[19].

Un jour, Abram quitte Ur (appelée dans la Bible Ur-Casdim) avec Terah, Saraï et Loth, son neveu[20]. Ils s'installent à Harran, où Terah meurt. À l’âge de 75 ans, sur ordre de Dieu, Abram quitte Harran avec Saraï, Loth, ses bergers et ses troupeaux[21], et va dans le pays de Canaan, à Sichem[22] puis au chêne de Mambré, où Dieu lui promet de donner ce pays à sa descendance. Abram y construit un autel, construit un autre autel entre Béthel et où il fait une invocation, puis atteint le Néguev d’où une famine le chasse vers l’Égypte.

Sur la route, Abram demande à Saraï de déclarer aux Égyptiens qu'elle est sa sœur, car il pense être tué s'il se présente comme mari d'une si belle femme, tandis qu'avoir une belle sœur lui vaudra d'être bien traité. À leur arrivée, le Pharaon s'attribue Saraï pour femme, et Abram reçoit de nombreux cadeaux. Mais Dieu inflige de grands maux au Pharaon, qui après avoir reproché son mensonge à Abram, les congédie.

Abram passe par le Néguev pour refaire une invocation à l'autel qu'il avait construit entre Béthel et . Abram et Loth sont devenus si riches en troupeaux que le pays ne subvient plus à l'ensemble de leurs besoins. Une querelle éclate entre leurs bergers, et Abram recommande à Loth de se séparer de lui pour préserver leur fraternité. Loth s’installe à Sodome ; Dieu redit à Abram qu'il lui donne le pays de Canaan et l'incite à le parcourir, puis Abram s'établit au chêne de Mambré, près d'Hébron, et y construit un autel[23].

Un jour, Abram apprend la capture de Loth lors d'un sac de Sodome mené par Kedorlaomer, roi d'Élam et maître de cette ville qui se rebellait. Abram poursuit les ravisseurs avec 318 vassaux, les assaille de nuit à Dan, les bat et les poursuit jusque vers Damas, d'où il ramène Loth parmi d'autres prisonniers, et les biens confisqués lors du sac. À son retour, Abram est béni par Melchisédech, prêtre de Dieu et roi de Salem, à qui il donne la dîme de tout ce qu'il a. Puis le roi de Sodome lui dit de conserver les biens récupérés, ce qu'il refuse personnellement, laissant les vassaux qui l'ont accompagné prendre leur part[24].

Après ces évènements, Dieu s'adresse à Abram par une vision et conclut avec lui une alliance. Abram se plaint de ne pas avoir d'enfant, d'avoir pour seul héritier son serviteur Éliézer de Damas, et Dieu lui promet une pléiade de descendants. Lorsque Abram lui demande comment il saura que le pays de Canaan lui appartient, Dieu lui donne une liste d'animaux à lui procurer. Abram les coupe en deux, sauf les oiseaux, puis chasse des rapaces qui fondent sur les cadavres. Dieu ajoute alors que ses descendants seront pendant 400 ans esclaves d'un autre pays, dont ils sortiront avec de grands biens pour revenir dans le pays de Canaan qu'il leur a donné, et qui s'étend du Nil à l’Euphrate. À Abram, Dieu prédit une heureuse vieillesse[25].

Abraham recevant Agar

Abram accepte la proposition de Saraï qui, pour avoir un fils, lui donne sa servante égyptienne Agar comme femme. Tombée enceinte, Agar méprise Saraï, qui s'en plaint à Abram. Comme il répond qu'elle peut faire d'Agar ce qu'elle veut, elle la maltraite et provoque sa fuite. Après avoir vu un ange, Agar revient et donne naissance à Ismaël[26].

L'alliance d'Abraham[modifier | modifier le code]

Treize ans après, Abram a 99 ans, Dieu apparaît et lui propose à nouveau une alliance. Il le nomme Abraham, car il lui promet de nombreux descendants[27] parmi lesquels des rois qui régneront sur le pays de Canaan. En échange, Abraham et ses descendants devront le reconnaître comme leur Dieu, et pratiquer la circoncision à l'âge de huit jours de tous leurs mâles, esclaves et étrangers compris. Dieu change le nom de Saraï en Sarah et promet qu'elle enfantera dans un an Isaac, par lequel passera l'alliance, puis s'éloigne après avoir prédit d'Ismaël qu'il engendrera douze princes et une grande nation. Le jour même, Abraham circoncit tous ses mâles, dont lui-même, Ismaël et ses esclaves[28].

Abraham recevant la visite de l’Éternel par Gustave Doré.

Dieu réapparaît pendant la visite de trois hommes passant près des chênes de Mambré, à qui Abraham offre l'hospitalité. Il réitère l'annonciation de la grossesse de Sarah, qui en rit à cause de son âge, ce que Dieu reproche à Abraham[29]. Puis les hommes partent pour Sodome et Gomorrhe.

Sodome et Gomorrhe[modifier | modifier le code]

Dieu annonce qu'il va à Sodome et Gomorrhe pour juger ces villes, dont on s'est beaucoup plaint. Abraham le supplie de ne pas détruire Sodome s'il y trouve 50 justes. Dieu accepte, puis Abraham négocie jusqu'à obtenir que 10 justes sauvent la cité. Dieu s'éloigne, et Abraham rentre chez lui[30]. Le lendemain, Abraham voit de loin la fumée qui s'élève de Sodome anéantie, mais Dieu a épargné son neveu Loth[31].

Un jour, Abraham va dans la ville de Guérar, et présente Sarah comme sa sœur au roi Abimelech. Le roi enlève Sarah, mais avant qu'il la touche, Dieu lui apparaît en songe et le menace de mort s'il ne rend pas sa femme à Abraham. Le lendemain, Abraham déclare que Sarah est sa demi-sœur par son père, et qu'il pensait être tué à cause de sa femme dans cette ville impie. Abimelech rend Sarah, offre des présents au couple, puis Abraham intercède auprès de Dieu qui avait rendu stériles les compagnes d'Abimelech[32].

Naissance et sacrifice d'Isaac[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ligature d'Isaac.
L’ange intervient pour stopper le sacrifice d’Isaac, peinture du Caravage

Isaac[33] naît, puis est circoncis à l'âge de huit jours. Alors qu'on fête le sevrage d'Isaac, Sarah demande à Abraham de chasser Ismaël, pour qu'Isaac n'ait pas à partager l'héritage avec Ismaël. Abraham en est contrarié, mais Dieu lui dit de toujours écouter Sarah car l'alliance passe par Isaac, et prédit qu'il fera une nation d'Ismaël. Alors Abraham chasse Agar et Ismaël[34].

Abraham renvoyant Agar.

Abraham et Abimelech, roi de Guérar, se jurent amitié. Les serviteurs d'Abimelech s'accaparent le puits de Beer-Sheva ; Abraham s'en plaint, et donne du bétail à Abimelech, dont sept agnelles pour témoigner qu'il a lui-même creusé le puits. Ils concluent ainsi une alliance à Beer-Sheva[35].

Un jour, Dieu dit à Abraham d'offrir Isaac en holocauste sur le Mont Moriah. Abraham fend des bûches, et part avec Isaac, un âne et deux serviteurs. Après trois jours de marche, il demande aux serviteurs de garder l'âne et leur dit qu'il va se prosterner plus loin avec son fils. Il charge Isaac des bûches. Sur la route, Isaac demande où est l'agneau qui sera brûlé, et Abraham répond qu'il s'en remet à Dieu. Une fois arrivés, Abraham élève un autel, dispose les bûches et lie son fils au bûcher. Alors qu'il tend la main pour immoler Isaac, un ange (le messager de YHWH[36]), convaincu de la crainte que Dieu lui inspire, crie à Abraham d’épargner Isaac. Un bélier[37], qu'Abraham voit pris au piège dans un fourré, est sacrifié à sa place[38]. L'ange bénit Abraham et s'engage à faire proliférer sa descendance, promettant que toutes les nations de la terre se béniront en elle. Puis Abraham retourne à Beer-Sheva[39].

Sépulture de Sarah et mariage d'Isaac[modifier | modifier le code]

Un jour, Sarah meurt à Hébron, et Abraham la pleure à ses funérailles. Il demande aux fils de Het, aussi appelés Hittites, propriétaires du lieu, un tombeau à Hébron pour y enterrer Sarah. Ils lui proposent de choisir parmi tous leurs tombeaux celui qu'il préfère, car ils craignent d'offenser Dieu en lui refusant quelque chose. Abraham choisit la grotte de Makpéla, près de Mambré. Son propriétaire, Éphron, veut la lui donner avec le champ qui l'entoure, mais Abraham tient à payer le champ. Éphron estime la terre à 400 sicles[40] d’argent, qu'Abraham paye[41] « au cours du marchand »[42]. Puis Abraham enterre Sarah[43].

Un jour, Abraham, vieilli, demande à son plus ancien serviteur de ramener de son pays une femme de sa famille pour Isaac. Le serviteur part pour Aram. Là, le soir venu, il fait s'accroupir les chameaux près du puits et voit Rébecca, petite-nièce d'Abraham, charmante et vierge, y remplir sa cruche. Elle accepte de lui donner à boire, remplit spontanément l'abreuvoir pour désaltérer ses chameaux et lui propose l'hospitalité. Le serviteur dévoile alors l'identité de son maître. Chez eux, Laban, frère de Rébecca, et son père Betouel, acceptent qu'elle devienne femme d'Isaac. Le serviteur d'Abraham leur offre de nombreux présents, et part le lendemain avec Rébecca. Dès leur retour, Isaac aime et épouse Rébecca[44].

Puis Abraham épouse Ketourah qui lui donne six fils : Zimran, Jokschan, Medan, Madian, Jischbak et Schuach. Abraham leur fait des dons et les envoie vers l'est, loin de son fils Isaac. Il meurt heureux à 175 ans. Isaac et Ismaël l'enterrent dans la grotte de Makpéla, à côté de Sarah[45].

Exégèse biblique d'Abraham[modifier | modifier le code]

Genres littéraires et thèmes[modifier | modifier le code]

Le récit biblique des traditions abrahamiques, probablement collecté et mis par écrit à Hébron à partir du VIIe siècle av. J.-C., est constitué de l'alternance de plusieurs genres littéraires : histoires légendaires (récits ethnologiques et étiologiques), listes (itinéraires et généalogies), discours et dialogues. Les principaux thèmes du cycle d'Abraham sont le cheminement du patriarche et de sa famille et les promesses divines[46].

Ce récit commence par le « toledot de Térah », la cohérence du système généalogique des toledots ayant été renforcée par un rédacteur du milieu sacerdotal[47].

Abram quitte Ur (cité du dieu lunaire) pour Harran, à la demande de Dieu qui condamne l'idolâtrie lunaire de Térah, son père polythéiste qui adorait sans doute la divinité Sîn. Cette émigration légendaire (Abram semble en effet, d'après les textes les plus anciens du livre de la Genèse, une figure autochtone qui a toujours vécu dans la terre de Canaan, les textes les plus récents ayant reconstruit une figure exodique sur le modèle de l'exode hors d'Égypte[48]) vers Harran correspondrait au transfert du culte lunaire de la ville d'Ur vers le nord de la Mésopotamie tandis que le rédacteur biblique aurait opéré un syncrétisme entre la divinité lunaire (Abram peut être originellement un dieu lunaire démythologisé dans la Bible) et Yahweh, le dieu d'Abraham[49].

La transhumance d'Abram se poursuit à Sichem, lieu de rassemblement des tribus de Palestine centrale à l'époque prémonarchique et à Béthel, capitale religieuse de l'Israël du Nord où Jéroboam Ier construit son temple royal, elle s'achève à Hébron, capitale du Royaume de Juda. Elle correspond ainsi au transfert de l’idéologie royale sur Abram, la Torah étant écrite dans une perspective sudiste[50]. Son cheminement est jalonné de nombreux centres commerciaux importants, comme Sichem et surtout Harran, connu pour être un grand centre caravanier. Les éléments les plus anciens du livre de la Genèse ne le présentent cependant pas comme un riche caravanier mais comme un éleveur semi-nomade de chèvres, de moutons et même de vaches[51].

Thèses sur la signification du sacrifice demandé[modifier | modifier le code]

Laurent de La Hire, Abraham sacrifiant Isaac (1650), Musée des Beaux-Arts d’Orléans.
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En obéissant à l’ordre divin, Abraham "reconnaît ainsi Celui dont il tient l’enfant. Comme le jeune garçon, au verset 7, l’appelle aby, « mon père », et que lui répond bény, « mon fils », ils se sont aussi reconnus mutuellement."

Mais plutôt que cette triple reconnaissance, les enseignements religieux voient dans cet épisode un acte de foi, de confiance totale en Dieu. Le sacrifice demandé à Abraham est ainsi rapproché de deux autres épisodes :

  • La loi juive qui demande que tout premier né soit consacré à Dieu, les hommes sont rachetés ainsi que les animaux impurs, les animaux purs sont sacrifiés (Nombres 18 versets 15 à 17). Dans ce cadre, le sacrifice d’Isaac est l’application de cette loi qui sera ensuite formalisée par Moïse.
  • La mort de Jésus sur la croix : Abraham était prêt à sacrifier son fils Isaac pour Dieu, fils se soumettant à son père ; Dieu a de même sacrifié Jésus pour sauver les hommes, Jésus s’est soumis à la volonté de Dieu (Philippiens 2:8). Cet acte serait donc une image du futur sacrifice de Jésus.

On a aussi avancé que le sacrifice d’Abraham signifierait la fin des sacrifices humains, pratique qui aurait perduré chez d’autres peuples sémitiques. Les Phéniciens (carthaginois en particulier) continuèrent à sacrifier les premiers nés mâles en gage de fécondité dans les sanctuaires de Tanit et de Baal Hamon. Les lieux où se pratiquaient ces sacrifices sont appelés « tophets ». Ce rite se serait prolongé jusqu’au IIe siècle av. J.-C. d’après les fouilles effectuées en Sardaigne, en Sicile et à Carthage. Dans cette perspective, Abraham aurait accompli un rite ethnique cohérent avec la promesse d’une nombreuse descendance.

D’autres récits relatent la pratique des sacrifices humains ; le plus remarquable est l’histoire de Tantale : confronté à la même situation qu’Abraham, il réagit en refusant le sacrifice et en truquant le rite. Le résultat de cette révolte contre (les) dieu(x) n’apparaît pas convaincant puisque, si on en croit la mythologie, Tantale sera durement châtié et les sacrifices humains perdureront dans sa lignée et plus généralement chez les Grecs : Iphigénie devra être sacrifiée par Agamemnon par exemple.

De façon plus générale, le geste d'Abraham, bien qu'il ne soit resté qu'intentionnel, constitue historiquement un des premiers exemples de soumission à l'autorité et prend à ce titre valeur d'archétype.

La tradition juive place ce sacrifice interrompu sur le Mont Moriah, à l’emplacement actuel du Dôme du Rocher à Jérusalem. La tradition musulmane situe le sacrifice, non pas d’Isaac, mais d’Ismaël, dans le désert.

Dans la tradition juive, le sacrifice d’Abraham est plutôt désigné comme la « ligature » d’Isaac (akeda). Le souvenir de ce sacrifice est commémoré à chaque nouvelle année juive, lors de la fête de Rosh Hashana. Dans la tradition musulmane, le sacrifice d’Abraham est l’acte fondateur de l’abandon total de la créature à son créateur : le symbole de la confiance absolue en la volonté divine. Son souvenir est commémoré chaque année par la fête du sacrifice ou Aïd al-Adha où l’on sacrifie rituellement un mouton. Car Abraham sacrifia un mouton à la place de son fils.

Cette scène est souvent représentée dans l’iconographie chrétienne (Rembrandt, Jean Goujon…)[52].

Sacrifice d'Isaac contesté par une partie des musulmans[modifier | modifier le code]

At-Tabarî et Ibn Kathîr s'opposent sur le fait qu’Isaac ou Ismaël soit le fils conduit par Abraham au sacrifice[53]. Parmi les arguments avancés (entre autres) Genèse 22.2 : « Dieu dit : Prends ton fils, ton unique », Isaac ne pourrait être fils unique d’Abraham puisque Ismaël - son demi-frère né d'une servante - est plus âgé que lui de quatorze ans selon la Bible[54]. Les questions portent simplement sur la définition qui aurait été donnée à l'époque de "fils" : naturel, ou bien légitime.

Dans la tradition islamique, bien que le Coran ne le désigne pas nommément et que son nom n'apparaisse pas dans la sourate 37, Abraham tente de sacrifier Ismaël, et non pas Isaac.[réf. nécessaire]

Abraham dans les religions monothéistes[modifier | modifier le code]

Abraham dans la tradition juive[modifier | modifier le code]

Dans la tradition juive, Abraham est appelé Avraham Avinou (en hébreu : אברהם אבינו), « notre père Abraham », signifiant qu'il est à la fois le progéniteur des Juifs (y compris les convertis) et le père du judaïsme[55]. Sa vie peut être évoquée dans les sections hebdomadaires (parasha) du cycle annuel juif de lecture de la Torah, principalement dans les Lekh Lekha, Vayeira, Hayei Sarah et Toledot.

La brit milah, circoncision au huitième jour, est une cérémonie qui perpétue l'alliance que Dieu a conclue avec Abraham et sa descendance.

Le miniane, le quorum nécessaire à toute cérémonie juive, est de dix membres ; le même nombre de dix personnes intègres aurait permis à Sodome et Gomorrhe de ne pas être détruites.

Le serviteur anonyme d'Abraham qui va chercher Rébecca, est assimilé par le Midrash à Éliézer de Damas.

Abraham dans la tradition chrétienne[modifier | modifier le code]

Abraham se prosterne devant les trois Anges (mosaïque de la cathédrale de Monreale, XIIe siècle)

Abraham (en grec: Ἀβϱαάμ ; en latin: Abraham) est considéré comme un patriarche de l'Ancien Testament, prototype au plus haut degré de la piété de l'Ancien, comme du Nouveau Testament. Selon Jean Chrysostome, Abraham est le protecteur et le maître de son peuple entouré de païens[56]. Augustin d'Hippone, quant à lui, écrit dans La Cité de Dieu que la promesse de Dieu faite à Abraham de multiplier sa descendance et sa bénédiction[57] s'étend à chaque homme sur lequel descend la bénédiction divine[58]. Lorsque Abraham est béni après qu'on eut apporté le vin et le pain au grand prêtre Melchisédech, les chrétiens à la suite des Pères de l'Église y voient une préfiguration de l'Eucharistie. La prosternation d'Abraham à Mambré devant les trois Anges est un épisode particulièrement médité par les Églises d'Orient, orthodoxes ou non[59]. Grégoire de Nysse dans son Sur la divinité du Fils et de l'Esprit et la louange d'Abraham le Juste considère que l'ange au moment du sacrifice d'Isaac est une manifestation de la Trinité. Traditionnellement le sacrifice d'Isaac est reçu par le christianisme primitif comme une annonce du sacrifice de Jésus. Jean Chrysostome fait l'éloge du courage d'Abraham[60].

L'Église d'Orient fête deux fois la mémoire d'Abraham: le 9 octobre avec son neveu Loth[61], et le deuxième dimanche avant Noël. Le martyrologe romain fête Abraham également le 9 octobre[62].

Abraham dans le Coran[modifier | modifier le code]

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Sur une enluminure ottomane, Gabriel arrête le bras d’Abraham prêt à sacrifier son fils que la tradition islamique apparente à Ismaël.
Article détaillé : Ibrahim.

Abraham, vocalisé Ibrahim par les musulmans est un des prophètes de l'islam les plus importants[63] ; il est appelé « Père » ou « Abouna » par les musulmans qui sont également ses descendants, à la fois en tant que prêcheur du monothéisme et en tant que père d’Ismaël. Le Coran revendique pour Ismaël fils d'Abraham et d'Agar, la « paternité » des Arabes déjà indiquée avant le Coran dans le livre des Jubilés alors qu’Isaac, fils légitime, reçoit celle des Juifs, Juda étant fils de Jacob, lui-même fils d’Isaac et petit-fils d’Abraham (Jacob engendre douze fils, pères des douze tribus d'Israël).

Le Hajj (l’un des cinq piliers de l’islam) suit les traces d’Ibrahim, Agar et Ismaël alors qu’ils erraient dans le désert jusqu’à La Mecque.

Sur le point de mourir de soif dans le désert Agar ("Hajar" chez les Musulmans) et son fils sont sauvés par l’intervention divine par une source que les musulmans situent près de la Kaaba et nomment Zamzam.

L’Aïd al-Adha, l'une des deux fêtes principales de l’islam avec Aïd el-Fitr, termine le Hajj et commémore le sacrifice d’Ismaël qu’Abraham voulait faire en signe d’obéissance et de soumission à la volonté de Dieu. Les musulmans sacrifient, dans la mesure de leurs moyens, un mouton, une brebis, une chèvre, une vache ou un chameau pour rappeler le sacrifice d’Abraham et en partagent la viande en famille et, en signe de charité se doivent de donner une partie du mouton aux plus démunis.

Les musulmans tiennent ses fils Ismaël et Isaac pour deux prophètes d'une importance égale. Ils soutiennent aussi que l’identité du fils qu’Abraham doit sacrifier à son Dieu est bien Ismaël. Selon eux, c’est ce dernier qui fut la victime propitiatoire, car selon les écrits bibliques, Dieu demanda à Abraham le sacrifice de son fils « unique » et Ismaël étant aîné, il serait donc le « fils unique » jusqu’à la naissance d’Isaac. Le Coran, quant à lui, ne nomme pas le fils « sacrifié » de façon explicite lorsqu'il rapporte l'histoire du sacrifice d'Abraham malgré le fait que les évènements relatés tendent de façon unanime à ce que ce soit Ismaël, ce qui est affirmé par les récits du prophète (Hadiths) à plusieurs reprises.

Les musulmans considèrent qu'Ismaël est l'un des ancêtres des Arabes. Ismaël reconstruisit avec son père Abraham la Ka'aba dont il ne restait que les fondations, alors que ce dernier avait au moins un siècle d'âge.

Les douze fils d’Ismaël dont il est fait mention dans la Bible ont été repris par la religion musulmane. Il est dit que deux d’entre eux s’établirent à La Mecque, où ils fixèrent leur demeure, à savoir : Nebaioth (en) (Nebajoth) et Kédar. Kédar est l’ancêtre des Quraychites, la tribu de Mahomet.

Le Coran qualifie Ismaël par deux fois « d’endurant ».

Travaux des historiens[modifier | modifier le code]

La question de l’historicité du personnage biblique Abraham a fait l’objet d’un travail scientifique considérable par les archéologues. Jusque dans les années 1980, les biblistes tels que Roland de Vaux[64] défendaient l'historicité de l'époque 
patriarcale (en) même si ils n’étaient pas d’accord sur l’époque précise, proposant des dates entre 2000 et 1300 avant notre ère. Ils se fondaient sur quatre arguments traditionnels infondés : « les histoires des Patriarches seraient le reflet des grandes migrations amorrites du début du deuxième millénaire ; les coutumes et les modes de vie des Patriarches s’expliqueraient dans le contexte socio-historique attesté par des documents de l’époque du Bronze moyen ou récent[65] ; les noms divins et les concepts religieux de Gn 12-50 garderaient les traces d’une religion pré-yahwiste ; les noms des Patriarches sont attestés au deuxième millénaire »[15].

L’existence d’archives extraordinairement abondantes (tablettes d’argile) a permis de conclure depuis que le nom « Abraham » se retrouve à différentes époques et en différents lieux de Mésopotamie, sans qu’aucune utilisation particulière à Ur puisse être notée[66]. De plus, les migrations en Mésopotamie sont désormais assez bien connues et aucune ne correspond[67] au trajet du récit biblique, depuis Ur jusqu’en Palestine. Les archéologues constatent également que la géographie de la Palestine à l'époque supposée d'Abraham ne correspond pas au récit biblique (la ville de Beer Sheva ou le nom d'Ur-Casdim n'existaient par exemple pas au XIXe siècle av. J.-C.). Abraham ne pouvait pas avoir de chameaux à cette époque car ils n'étaient pas domestiqués. Ces anachronismes et le fait qu'il n'y ait pas
 d’indications
 chronologiques 
dans
 les 
récits bibliques rend ainsi 
inadéquate l’idée d’une 
période 
patriarcale
[68].

Le livre de la Bible dans lequel l'histoire d'Abraham est racontée a vraisemblablement été rédigé entre les VIIe et Ve siècles av. J.-C., combinant des récits de provenances diverses réunies par plusieurs rédacteurs[10]. Cela semble traduire une origine tardive par rapport à d'autres figures patriarcales plus anciennes comme celle de Jacob[69] et l'idée d'un personnage ayant vécu au deuxième millénaire est abandonnée par la plupart des chercheurs[70]. La conclusion des études scientifiques[3] est la non-historicité d’Abraham, personnage biblique, donc, et non pas personnage historique[71],[72].

Une stèle de Séthi Ier datant de 1289 av. J.-C. et trouvée à Bet-Shéan cite une tribu de Raham. Selon Mario Liverani, les membres de cette tribu se définissaient comme les « fils de Raham » (Banu Raham) et ils avaient pour ancêtre éponyme un « père de Raham » (Abu-Raham), c'est-à-dire Abraham[73]. Ainsi, « Abraham est à l'origine [...] l'éponyme d'une tribu de Banu Raham attestée en Palestine centrale au XIIIe siècle pour disparaitre ensuite en tant que telle, mais en laissant des traces dans les généalogies tribales[74] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Abraham et les trois anges, préfiguration selon les chrétiens de la Trinité
  1. Genèse 11,28
  2. Genèse 25,7-10
  3. a et b Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée. Les nouvelles révélations de l’archéologie, Bayard,‎ 11 avril 2002), 431 p. (ISBN 978-2-227-13951-0), p. 47-50 et p. 361-367
  4. "Un mystère rassembleur", entretien avec Israël Finkenstein pour le Monde des religions
  5. Ge 23. 16-18 ; Ge 25. 9-10
  6. Gn 17. 5
  7. a, b, c, d, e, f et g (en) Nahum M. Sarna, « Abraham », dans Fred Skolnik (éd.), Encyclopaedia Judaica, vol. 1, Thomson Gale,‎ 2007, p. 280-281
  8. voir par exemple Pierre Norma, Dictionnaire encyclopédique de la Bible, Maxi-Livres, La Flèche, 2001, (ISBN 978-2-7434-6267-3), p. 10.
  9. Albert de Pury, « Genèse 12-26 », dans Introduction à l'Ancien Testament, Labor et Fides,‎ 2009, p. 234
  10. a, b et c Thomas Römer, « Itinéraire d'un riche éleveur », Historia, no 770,‎ février 2011, p. 20
  11. a et b Lévi Ngangura Manyanya, La fraternité de Jacob et d'Esaü (Gn 25-36), Labor et Fides,‎ 2009, p. 144-145
  12. Thomas Römer, « Qui est Abraham ? : Les différentes figures du patriarche dans la Bible hébraïque », dans Abraham : Nouvelle jeunesse d'un ancêtre, Labor et Fides, coll. « Essais bibliques »,‎ 1997, chap. 28, p. 13-33
  13. (it) M. Liverani, « Un “ipotesi” sul nome di Abramo », Hen., t. 1, 1979, p. 9-18
  14. (de) M. Görg, « Abraham – Historische Perspektiven », BiNo 41, 1988, p. 11-14
  15. a et b Thomas Römer, Cours et travaux du Collège de France. Annuaire 109e année, Collège de France, Paris, mars 2010, p. 669-687. ISBN 978-2-7226-0083-6
  16. Albert de Pury, Introduction à l'Ancien Testament, 2004, p.217-218
  17. Albert de Pury, op. cit., p.198, 219-220, 242-243
  18. Gn 11,10-29
  19. la septième section (Gn 11,27 - Gn 25,11) est appelée « toledot de Térah ».
  20. Genèse 11,31
  21. Genèse 12,5
  22. Genèse 12,6
  23. Gn 13
  24. Gn 14
  25. Gn 15,1-19
  26. Gn 16
  27. en hébreu, « foule » se dit hamon, et ham est la fin du mot Abraham et le début du mot hamon
  28. Gn 17
  29. Gn 18,1-15
  30. Gn 18,16-33
  31. Gn 19,27-29
  32. Gn 20
  33. Le nom d'Isaac (en hébreu « rire, joie ») est lié à toutes les sortes de rires que provoque l’annonce de l’enfant : joie, émerveillement, mais aussi étonnement, incrédulité de Sarah qui est ménopausée et ne couche plus avec son mari.
  34. Gn 21,1-21
  35. Gn 21,22-34
  36. Genèse 22, Chouraqui
  37. Thomas Römer, Dieu obscur : Cruauté, sexe et violence dans l'Ancien Testament, éd. Labor et Fides, p. 60, extrait en ligne
  38. Dictionnaire encyclopédique du judaïsme [détail des éditions], 1996, p. 83
  39. Gn 22
  40. שקל, shekel
  41. Eber, ŒBR עבר (de ŒBR עובר, ‘Over, passer) est l’ancêtre d’Abram l’Hébreu, ABRM HŒBRY אברם העברי, Avram ha’Ivry.
  42. ŒBR, over, littéralement « passant » chez le marchand) De même que l’hébreu, la langue, « passe » de l’un à l’autre, l’argent « passe » de main en main.
  43. Gn 23
  44. Gn 24
  45. Gn 25,1-18
  46. Jean-Louis Ska, Jean-Pierre Sonnet, André Wénin, L'analyse narrative des récits de l'Ancien Testament, Éditions du Cerf,‎ 1999, p. 10-13
  47. Michel Quesnel, Philippe Gruson, La Bible et sa culture. Ancien testament, Desclée de Brouwer,‎ 2000, p. 84
  48. Jean Louis Ska, « L'appel d'Abraham et l'acte de la naissance d'Israël. Genèse 12,1-4a », in M. Vervenne et J. Lust (ed.), Deuteronomy and Deuteronomic Literarture. Festschrift C.H.W. Brekelmans (BEThL 133), Leuven : Peeters, 1997, pp. 367-389
  49. (en) W. F. Albright, « Was the Patriarch Terah a Canaanite Moon-God ? », Bulletin of the American Schools of Oriental Research, no 71,‎ 1938, p. 35-40
  50. Jacques Vermeylen, La loi du plus fort. Histoire de la rédaction des récits davidiques de 1 Samuel 8 à 1 Rois 2, Peeters Publishers,‎ 2000, p. 535
  51. Luc Aerens, Jean-Philippe Deprez, Danielle Yannart, Le règne de Dieu est proche, De Boeck,‎ 1997 (lire en ligne), p. 98
  52. Le dossier pédagogique de la BNF
  53. Qui est le fils de Abraham qui faillit être sacrifié : Isaac ou Ismaël ?
  54. Genèse 16,16 : Abram était âgé de 86 ans, lorsque Agar lui enfanta Ismaël - 21, 5 : Abraham était âgé de 100 ans lorsque Isaac son fils vint au monde
  55. (en) Jon Douglas Levenson, Remembering Abraham : Culture, Memory, and History in the Hebrew Bible : Culture, Memory, and History in the Hebrew Bible, Princeton University Press,‎ 2012, p. 3
  56. Jean Chrysostome, Commentaire du livre de la Genèse
  57. Genèse 12, 1-3
  58. Saint Augustin, La Cité de Dieu, XVI, 15
  59. L'Église y voit une annonce du mystère de la Sainte Trinité
  60. Entretien 48 dans le commentaire sur la Genèse
  61. Saints pour le 9 octobre du calendrier ecclésiastique orthodoxe
  62. Voir Abraham sur Nominis
  63. Comment Abraham aurait-il pu être un "musulman", alors que le Coran n'était pas encore révélé à son époque ?
  64. Roland de Vaux, « Les patriarches hébreux et l'histoire », Revue Biblique, no 72,‎ 1965, p. 5-28
  65. Voir tablettes cunéiformes de Nuzi.
  66. Cf. article « Chaldée »
  67. Dominique Charpin dans La Bible dévoilée (épisode 1 Les Patriarches), coffret 2 DVD, Thierry Ragobert, Éditions montparnasse (22 février 2006). (ASIN B000EBFVNG)
  68. (en) G.A. Buttrick, The Interpreter's Bible Dictionary, Abingdon Press,‎ 1962, p. 490-491
  69. Philippe Abadie, Abraham, celui qui enracine Israël dans le monde, in Le Monde de la Bible no  192, mars-avril-mai 2010, p. 32
  70. Patrick Banon, La circoncision signe d'alliance avec le divin, in Historia no  770, février 2011, p. 38
  71. 1800 avant J.-C. : Abraham inaugure l’Histoire des Hébreux
  72. Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, Flammarion, coll. « Champs essais »,‎ 2010 (ISBN 978-2-08-122882-5)
  73. Mario Liverani, La Bible et l'invention de l'histoire, p. 54
  74. Mario Liverani, La Bible et l'invention de l'histoire, p. 356

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Historiens et chercheurs[modifier | modifier le code]

  • Robert Martin-Achard, Actualité d'Abraham, Labor et Fides, 1969
  • (de) Thomas Römer
    • Israels Väter. Untersuchungen zur Väterthematik im Deuteronomium und in der deuteronomistischen Tradition (OBO 99), éd. Academic Press/Vandenhoeck & Ruprecht, Fribourg/Göttingen, 1990
    • Qui est Abraham ? Les différentes figures du patriarche dans la Bible hébraïque, iAbraham. Nouvelle jeunesse d'un ancêtre, coll.Essais bibliques no 28, éd. Labor et Fides, 1997, p. 13-33
  • Walter Vogels
    • Abraham et sa légende, éd. du Cerf , 1996
    • Abraham « notre père », éd. du Cerf , 2010
  • (en) John Van Seters, Abraham in History and Tradition, New Haven, Yale University Press, Fribourg/Göttingen, 1975

Essais[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Liens vers le récit biblique[modifier | modifier le code]

Livre de la Genèse

  • Généalogie, Ur, Harran Ge 11. 26-32
  • Canaan, Égypte Ge 12
  • Séparation d’avec Loth Ge 13
  • Défaite des rois de Sodome et Gomorrhe, victoire d’Abram, Melchisédek Ge 14
  • Alliance avec l’Éternel Ge 15
  • Naissance d’Ismaël, fils d’Abram et d’Agar Ge 16
  • Renouvellement de l’alliance, Abram devient Abraham, Saraï devient Sarah, circoncision des mâles Ge 17
  • Chênes de Mamré, annonce de la naissance d’Isaac, annonce de la destruction de Sodome et Gomorrhe Ge 18
  • Sodome, sauvetage de Loth, statue de sel, Inceste de Loth et de ses filles Ge 19
  • Abimélec roi de Guérar, Abraham fait à nouveau passer Sarah pour sa sœur Ge 20
  • Naissance d’Isaac, conflit de Sarah avec Agar et Ismaël, promesses de Dieu envers Ismaël Ge 21
  • Sacrifice d’Isaac, renouvellement de l’alliance Ge 22
  • Mort et sépulture de Sarah Ge 23
  • Mariage d’Isaac et de Rebecca Ge 24
  • Fin de la vie d’Abraham, Ketourah Ge 25. 1-10
  • le Temps des Patriarches (1948 / 2255 : Les "Chlochach Avoth" ou les Trois Patriarches : Avraham, Isaac, Jacob)

Liens vers les parachiot[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]