Denis Diderot

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Denis Diderot, né le 5 octobre 1713 à Langres et mort le 31 juillet 1784 à Paris, est un écrivain, philosophe et encyclopédiste français des Lumières, à la fois romancier, dramaturge, conteur, essayiste, dialoguiste, critique d'art, critique littéraire, et traducteur.

Diderot est reconnu pour son érudition, son esprit critique et un certain génie. Il laisse son empreinte dans l'histoire de tous les genres littéraires auxquels il s'est essayé : il pose les bases du drame bourgeois au théâtre, révolutionne le roman avec Jacques le Fataliste, invente la critique à travers ses Salons et supervise la rédaction d'un des ouvrages les plus marquants de son siècle, la célèbre Encyclopédie. En philosophie également, Diderot se démarque en proposant plus de matière à un raisonnement autonome du lecteur plutôt qu'un système complet, fermé et rigide. Rien en fait ne représente mieux le sens de son travail et son originalité que les premiers mots de ses Pensées sur l'interprétation de la nature (2e éd., 1754) :

« Jeune homme, prends et lis. Si tu peux aller jusqu'à la fin de cet ouvrage, tu ne seras pas incapable d'en entendre un meilleur. Comme je me suis moins proposé de t'instruire que de t'exercer, il m'importe peu que tu adoptes mes idées ou que tu les rejettes, pourvu qu'elles emploient toute ton attention. Un plus habile t'apprendra à connaître les forces de la nature ; il me suffira de t'avoir fait essayer les tiennes. »

Mal connu de ses contemporains, tenu éloigné des polémiques de son temps, peu enclin à la vie des salons et mal reçu par la Révolution, Diderot devra attendre la fin du XIXe siècle pour recevoir enfin tout l'intérêt et la reconnaissance de la postérité dans laquelle il avait placé une partie de ses espoirs.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse (1713-1728)[modifier | modifier le code]

Statue de Denis Diderot à Langres, place Diderot

Denis Diderot naît à Langres[1], dans une famille bourgeoise le 5 octobre 1713 et est baptisé le lendemain en l'église Saint-Pierre-Saint-Paul de Langres[2], la cathédrale étant réservée aux baptêmes de nobles[3].

Portrait supposé de Didier Diderot, maître coutelier de Langres (artiste inconnu), Musée d'art et d'histoire de Langres

Ses parents mariés en 1712 eurent six enfants dont seulement quatre atteignirent l'âge adulte. Son père Didier Diderot (1675-1759), maître coutelier, était réputé pour ses instruments chirurgicaux, scalpels et lancettes notamment. Son grand-père Denis Diderot (1654-1726), coutelier et fils de coutelier, s'était marié en 1679 à Nicole Beligné (1655-1692), de la célèbre maison de coutellerie Beligné[4]. Sa mère Angélique Vigneron (1677-1748) était la fille d'un maître tanneur[5].

Diderot était l'aîné de cette fratrie dont chaque membre tint un rôle important dans la vie de l'écrivain. Angélique (1720-1749), ursuline, mourut jeune au couvent et inspira La Religieuse[réf. nécessaire] ; Didier-Pierre (1722-1787) embrassera la carrière ecclésiastique et sera chanoine de la cathédrale de Langres. Les relations entre les deux frères seront toujours conflictuelles, au-delà même du décès de Denis[6]. Denise (1715-1797), enfin, également restée au pays, sera le lien permanent et discret entre Diderot et sa région natale.

De 1723 à 1728, Denis suit les cours du collège jésuite, proche de sa maison natale. À douze ans (1725), ses parents envisagent pour lui la prêtrise et, le 22 août 1726, il reçoit la tonsure de l'évêque de Langres et prend le titre d'abbé dont il a la tenue. Il doit succéder à son oncle chanoine à Langres, mais sa mort prématurée sans testament ne peut faire bénéficier son neveu de sa prébende[7].

Premières années parisiennes (1728-1745)[modifier | modifier le code]

Peu intéressé par la carrière ecclésiastique, ni davantage par l'entreprise familiale et les perspectives de la province, il part étudier à Paris en 1728. Il ne reviendra plus guère à Langres que quatre fois, en 1742, à l'automne 1754, en 1759 et en 1770 et essentiellement pour régler des affaires familiales.

Ses premières années parisiennes sont mal connues. De 1728 à 1732, il suit sans doute des cours au collège d'Harcourt puis étudie la théologie à la Sorbonne. En tous cas, le 6 août 1735, il reçoit une attestation de l'université de Paris qui confirme qu'il a étudié avec succès la philosophie pendant deux ans et la théologie durant trois ans.

Les années 1737-1740 sont difficiles. Diderot donne des cours, compose des sermons, se fait clerc auprès d'un procureur d'origine langroise, invente des stratagèmes pour obtenir de l'argent de ses parents, au désespoir de son père.

Ses préoccupations prennent progressivement une tournure plus littéraire. Il fréquente les théâtres, apprend l'anglais dans un dictionnaire latin-anglais[8], et donne quelques articles au Mercure de France — le premier serait une épître à M. Basset, en janvier 1739. À la fin des années 1730, il annote une traduction d'Étienne de Silhouette de l'Essay on man d'Alexander Pope et se tourne vers la traduction.

Diderot rencontre Jean-Jacques Rousseau à la fin de 1742. Une forte amitié naît entre les deux hommes. C'est sur la route du Château de Vincennes, où est enfermé Diderot, que Rousseau a la fameuse illumination qui lui inspirera le Discours sur les sciences et les arts. Diderot lui-même n'est d'ailleurs pas étranger à certaines idées du texte[9]. Par l'intermédiaire de Rousseau, Diderot rencontre Condillac en 1745. Ils forment à trois une petite compagnie qui se réunira souvent.

Premiers écrits (1743-1749)[modifier | modifier le code]

Entre 1740 et 1746, Diderot déménage fréquemment sans jamais s'éloigner du quartier latin[10]. En 1740 on le trouve rue de l'Observance puis rue du Vieux-Colombier et rue des Deux-Ponts.

En 1742, il effectue un premier retour à Langres pour solliciter auprès de son père le droit de se marier[11]. Il essuie un refus. Au début de l'année 1743, s'opposant au mariage qu'il projette malgré son refus et sans doute fatigué des frasques de son fils, son père le fait enfermer quelques semaines dans un monastère près de Troyes. Denis s'en échappe et ayant atteint sa majorité matrimoniale (30 ans à l'époque) en octobre, épouse secrètement en novembre Anne-Antoinette Champion (1710-10 avril 1796[12]) en l'église Saint-Pierre-aux-Bœufs[13] le 6 novembre 1743[14]. Le jeune couple s'installe rue Saint-Victor (1743).

La clandestinité du mariage peut laisser penser à un mariage d'amour, mais cette union ne sera pas heureuse longtemps. Diderot oublie rapidement son épouse très éloignée sans doute de ses considérations littéraires ; sa première liaison connue, avec Madeleine de Puisieux, est attestée en 1745. Mais, en dépit de ses écarts conjugaux, Diderot aura toujours soin de protéger les siens ; et, de son couple, naîtront quatre enfants dont seule la cadette, Marie-Angélique (1753-1824), atteindra l'âge adulte.

L'année 1743 marque le début de la carrière littéraire de Diderot, par le biais de la traduction. Il traduit The Grecian history de Temple Stanyan, puis, surtout en 1745 paraît sa traduction, largement augmentée de ses réflexions personnelles, de An inquiry concerning virtue or merit de Shaftesbury, sous le titre Essai sur le mérite et la vertu[15], premier manifeste du glissement de Diderot de la foi chrétienne vers le déisme.

En 1746, le couple se trouve rue Traversière puis, en avril, rue Mouffetard, (avril 1746)[16] C'est l'époque de la publication de sa première œuvre originale, les Pensées philosophiques en 1746.

De 1746 à 1748, il collabore avec Marc-Antoine Eidous et François-Vincent Toussaint à la traduction du Medicinal dictionnary de Robert James. En 1748 il publie Les Bijoux indiscrets, conte orientalisant parodiant entre autres la vie à la cour et des Mémoires sur différents sujets de mathématiques, ces derniers jetant les bases de sa notoriété, comme mathématicien...

Il rencontre à cette époque Jean-Philippe Rameau et collabore à la rédaction de sa Démonstration du principe de l'harmonie (1750).

Château de Vincennes (24 juillet au 3 novembre 1749)[modifier | modifier le code]

Le no 3 de la rue de l'Estrapade où vivait Diderot de 1747 à 1754, à l'époque de son arrestation.

Les positions matérialistes de sa Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient, qui paraît en 1749, achèvent de convaincre la censure que leur auteur, surveillé depuis quelque temps, est un individu dangereux. L'œuvre est condamnée et Diderot est arrêté chez lui, rue de l'Estrapade[17] et emmené au château de Vincennes où il sera incarcéré trois mois sur ordre de Berryer.

À son domicile on saisit le manuscrit de La Promenade du sceptique et on cherche vainement le manuscrit de L'Oiseau blanc : conte bleu.

Durant sa détention, Diderot reçoit la visite de son ami Jean-Jacques Rousseau qui, en chemin, a eu la fameuse illumination qui l'amènera à écrire, sans doute avec l'aide de Diderot son Discours sur les sciences et les arts. Sa pénible détention traumatise Diderot[18] et l'incite à une grande prudence dans ses publications, préférant même réserver certains de ses textes à la postérité (voir chapitre Réception de l'œuvre de Diderot, ci-dessous).

L'Encyclopédie (1747-1765)[modifier | modifier le code]

À l’origine, l’Encyclopédie ne devait être que la traduction en français de la Cyclopædia d’Ephraïm Chambers, dont la première édition date de 1728, mais Diderot, auteur polygraphe dont la pensée philosophique ne cesse de s'accentuer dans le sens de l'athéisme, du matérialisme, mais aussi de l'évolutionnisme, préfère entreprendre l'œuvre d'une vie[19].

L'année 1747 marque le début des pleines responsabilités de Diderot dans le vaste projet éditorial de l'Encyclopédie. Il s'installe alors rue de l'Estrapade sur la montagne Sainte-Geneviève. Le Prospectus paraît en 1750 et le premier volume l'année suivante. Il consacrera 20 ans de sa vie à ce projet qu'il n'achève qu'en juillet 1765, rempli de l'amertume due au manque de reconnaissance, aux errements de l'édition et au comportement des éditeurs (Le Breton en particulier).

Cette période de travail intense, avec ses charges, ses menaces, ses satisfactions et ses déceptions est également marquée par quelques événements privés importants.

En 1750, il est nommé à l'Académie de Berlin. Et en 1753 naît Marie-Angélique, seul de ses enfants qui lui survivra.

Les finances s'améliorent, et, en 1754, la famille Diderot s'installe aux 4e et 5e étage d'un logis de la rue Taranne et n'en bougera plus. Cette maison a disparu à la fin du XIXe siècle, mais une statue de Jean Gautherin rappelle son emplacement approximatif au niveau du numéro 145 du boulevard Saint-Germain.

En 1755 il rencontre Sophie Volland, peut-être par l'intermédiaire de Rousseau. Cette liaison, clandestine, qui se prolongera jusqu'à la mort de celle-ci, est à l'origine d'une abondante correspondance qui apparaît aujourd'hui comme essentielle pour la connaissance de l'écrivain.

À partir de 1757, ses idées commencent à diverger de celles de Jean-Jacques Rousseau, entre autres sur la question de la valeur de l'homme dans la société. Diderot en effet comprend mal le principe de solitude exprimé par Rousseau et écrit dans Le Fils naturel, que « l'homme de bien est dans la société, et qu'il n'y a que le méchant qui soit seul ». Rousseau se sent attaqué et s'offusque. La brouille a également pour origine les indiscrétions que Rousseau attribue à Diderot au sujet de sa liaison avec Louise d'Épinay[20]. Dans la version de 1760 du Contrat social dite « Manuscrit de Genève », Rousseau introduit une réfutation de l'article « Droit naturel » publié en 1755 dans l'Encyclopédie. La polémique avec Diderot[21] le conduit à supprimer le chapitre « La Société générale du genre humain », contenant la réfutation[22]. C'est le début d'un éloignement qui ne fera plus que se marquer davantage.

Le décès de son père, en 1759, impose un voyage à Langres pour régler la succession. C'est l'occasion pour Diderot de retrouver sa terre natale et de repenser à l'intégrité de son père. Il en sortira des textes importants, comme le Voyage à Langres et l'Entretien d'un père avec ses enfants.

Dès 1761, Diderot pense à vendre sa bibliothèque pour doter correctement sa fille − qui n'a alors que 8 ans. Catherine II intervient et achète le bien. Non seulement elle l'achète « en viager » pour permettre au philosophe d'en garder l'usage jusqu'à sa mort mais en plus elle le nomme bibliothécaire de ce fond et le rétribue en tant que tel. À la suite d'un retard de paiement, l'impératrice lui paye même 50 années d'avance. Cette vente et ces largesses permettront au philosophe de mettre sa fille et ses vieux jours à l'abri du besoin, mais aura un impact important sur la réception de son œuvre.

Critique et négociant (1765-1773)[modifier | modifier le code]

À partir de 1769, Grimm confie plus largement la direction de la Correspondance littéraire à Diderot[23] et Louise d'Épinay. Ce sera l'occasion pour Diderot de développer une activité de critique d'une part littéraire et d'autre part artistique par le biais des neuf salons qu'il rédigera entre 1759 et 1781. La Correspondance littéraire sera également le premier mode de diffusion, manuscrit et très restreint, de nombreux textes du philosophe.

Article détaillé : Salons (Diderot).

Au printemps 1769, Diderot devient l’amant de Jeanne-Catherine Quinault (dite madame de Maux, du nom de son mari), nièce de la comédienne Jeanne-Françoise Quinault et amie de Louise d'Épinay.

Les divergences avec Rousseau s'affirment depuis quelques années déjà, la dispute s'amplifie jusqu'à la rupture totale en 1770. Rousseau considère dès lors Diderot comme un ennemi. L'un et l'autre alimenteront une grande amertume de cette rupture. Ainsi, dans sa Lettre sur les spectacles, Rousseau écrit : « J'avais un Aristarque sévère et judicieux, je ne l'ai plus, je n'en veux plus ; mais je le regretterai sans cesse, et il manque bien plus encore à mon cœur qu'à mes écrits . » Et Diderot répond, dans l'Essai sur les règnes de Claude et de Néron : « Demandez à un amant trompé la raison de son opiniâtre attachement pour une infidèle, et vous apprendrez le motif de l'opiniâtre attachement d'un homme de lettres pour un homme de lettres d'un talent distingué. »

À cette époque également, Diderot négocie des tableaux pour Catherine II. Grande amatrice d'art, l'impératrice chargeait ses principaux contacts, dont Diderot, d'acheter des œuvres européennes alors introuvables en Russie. C'est Diderot, par exemple, qui se charge en personne de l'achat du cabinet de Pierre Crozat en 1772.

Le 9 septembre 1772 sa fille unique se marie avec Abel François Nicolas Caroillon de Vandeul.

Voyage à Saint-Pétersbourg (1773-1774)[modifier | modifier le code]

Catherine II

Depuis plus de 10 ans, Diderot était invité par Catherine II dont les largesses imposaient la reconnaissance. Peu enclin aux mondanités et d'un caractère casanier, ses obligations éditoriales et familiales incitaient Diderot à reporter le déplacement. Ce n'est qu'en 1773, après avoir terminé l'Encyclopédie et conclu le mariage de sa fille qu'il entreprit enfin ce voyage[24].

Diderot effectue ainsi l'unique voyage hors de France de sa vie du 11 juin 1773 au 21 octobre 1774. Ce voyage sera marqué d'un séjour à Saint-Pétersbourg, de ses entretiens avec Catherine II[25] et deux longs séjours à La Haye, dans les Provinces-Unies de l'époque[26].

Diderot avait pris avant son départ les dispositions nécessaires en prévision de son décès éventuel avec son ami Jacques-André Naigeon. Il revint indemne, des projets plein la tête, mais très affaibli ; les conditions du voyage et les rigueurs de l'hiver russe ont pu écourter sa vie de quelques années...

Trajet de Denis Diderot

Séjours à La Haye (1773-1774)[modifier | modifier le code]

À l'aller et au retour de son voyage, Diderot passe deux longs séjours à La Haye, dans les Provinces-Unies[27]. Son Voyage en Hollande est une synthèse de ses observations et de ses lectures sur le pays.

En 1774, Diderot rencontre l'éditeur Marc-Michel Rey. Il envisage avec lui une édition complète de ses œuvres qui ne verra pas le jour[28]. À partir de l’été 1773, Diderot se rend à La Haye avant de rejoindre l’impératrice russe Catherine II à Saint-Pétersbourg. Des années plus tôt, celle-ci lui avait acheté sa bibliothèque et lui en avait laissé le bénéfice. Il l’en remercie en apportant ses lumières sur l’éducation en Russie.

Dernières années (1774-1784)[modifier | modifier le code]

Dès son retour, il ralentit progressivement sa vie sociale, sa santé se dégrade et il l’accepte mal. Il multiplie et allonge les séjours à Sèvres, dans la maison de son ami le joaillier Étienne-Benjamin Belle[29] où il vient régulièrement pendant les dix dernières années de sa vie[30] et au château du Grandval[31] (Sucy-en-Brie), chez d'Holbach, parfois en famille. En 1781, il collabore un peu à l'Encyclopédie méthodique de Charles-Joseph Panckoucke et Jacques-André Naigeon.

Château du Grandval, où Diderot fit plusieurs séjours à l'invitation du baron d'Holbach (carte postale de 1907).

À partir de 1783, Diderot met de l'ordre dans ses textes et travaille avec Naigeon à établir trois copies de ses œuvres : une pour lui, une pour sa fille et la dernière pour Catherine II. Sophie Volland décède le 22 février 1784. Le 15 mars 1784, le décès prématuré de sa petite-fille lui est peut-être caché pour le ménager.

Plaque sur l'immeuble du 39 rue de Richelieu.

Le 1er juin 1784, il déménage au 39 de la rue de Richelieu à Paris, dans l'hôtel dit de Bezons[32], grâce aux bons soins de Melchior Grimm et de Catherine II qui souhaitaient lui éviter les 4 étages d'escalier de son logis de la rue Taranne. Il ne profite que deux mois de ce confort et y décède, le 31 juillet 1784.

Il est autopsié, à sa demande et inhumé à l’église Saint-Roch, dans la chapelle de la Vierge, le 1er août 1784.

« L’an 1784, le 1er août, a été inhumé dans cette église M. Denis Diderot, des académies de Berlin, Stockholm et Saint-Pétersbourg, bibliothécaire de Sa Majesté Impériale Catherine seconde, impératrice de Russie, âgé de 71 ans, décédé hier, époux de dame Anne-Antoinette Champion, rue de Richelieu, de cette paroisse, présents : M. Abel-François-Nicolas Caroilhon de Vandeul, écuyer, trésorier de France, son gendre, rue de Bourbon, paroisse Saint-Sulpice ; M. Claude Caroilhon Destillières, écuyer, fermier général de Monsieur, frère du Roi, rue de Ménard[33], de cette paroisse ; M. Denis Caroilhon de la Charmotte, écuyer, directeur des domaines du Roi, susd. rue de Ménard, et M. Nicolas-Joseph Philpin de Piépape, chevalier, conseiller d’État, lieutenant général honoraire au bailliage de Langres, rue Traversière, qui ont signé avec nous (...), Marduel, curé. »

— Extrait du registre paroissial de l'église Saint-Roch à Paris[34].

Après 1784[modifier | modifier le code]

En juin 1786, sa bibliothèque et ses archives sont envoyées à Saint-Pétersbourg, où elles ne recevront pas l’attention accordées à celles de Voltaire : les pertes, les disparitions et l'absence de tout inventaire nuiront également à la connaissance et la bonne réception de l'œuvre de Diderot.

Panthéon, Monument a Denis Diderot

Durant la Révolution, les tombes de l’église Saint-Roch sont profanées et les corps jetés à la fosse commune. La sépulture et la dépouille de Diderot ont donc disparu, contrairement à celles de Voltaire et Jean-Jacques Rousseau, tous deux inhumés au Panthéon de Paris, comme se plaît à le souligner Raymond Trousson.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Œuvres de Denis Diderot.

Diderot a touché à tous les genres littéraires, en s'y montrant souvent novateur.

Roman, conte et théâtre[modifier | modifier le code]

En tant qu'écrivain de fiction, Diderot s'est illustré dans le roman et au théâtre. Dans ces deux genres, malgré une production limitée il est parvenu à marquer l'histoire de la littérature par son style qui modernise le roman et le développement d'un nouveau genre théâtral, le drame bourgeois. Le Fils naturel ou Les épreuves de la vertu, sont écrits et représentés pour la première fois en 1757.

Encyclopédiste[modifier | modifier le code]

À partir de 1747, à 34 ans, Diderot dirige et rédige, avec D'Alembert, l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. Il s'investira dans la rédaction, la collecte, la recherche et la réalisation des planches de 1750-1765. Il a personnellement rédigé le Prospectus (paru en 1750) et plus d'un millier d'articles.

Critique d'art[modifier | modifier le code]

Diderot a mené une importante activité de critique publiée surtout dans la Correspondance littéraire, philosophique et critique. Il a rédigé de nombreux comptes rendus de lectures pour la Correspondance littéraire, philosophique et critique. Mais il a également rédigé plusieurs ouvrages ou « postface » à portée critique qui traitent de ses conceptions du théâtre ou d'auteurs en particulier.

Article détaillé : Salons (Diderot).

Correspondance[modifier | modifier le code]

On conserve de Diderot deux importants corpus de correspondance, outre sa correspondance générale. Le premier se constitue des 187 lettres conservées adressées à son amante, Sophie Volland[35]. Dans l'une d'elles, datée du 1er octobre 1768, Diderot aurait enrichi la langue française du mot calembour[36]. Le second est un échange avec Falconet sur l'immortalité de l'artiste, l'art et la postérité.

Traducteur[modifier | modifier le code]

Diderot a entamé sa carrière littéraire par des traductions, qui étaient, initialement le moyen de subvenir aux besoins de sa famille.

Contributions[modifier | modifier le code]

Travailleur infatigable, sans doute éternel insatisfait, relecteur attentif, toujours prêt à rendre service, par amour, amitié ou obligeance, ou encourager le débutant, Diderot a consacré une grande énergie aux œuvres d'autrui. Une part de son œuvre est ainsi éparpillée, voire difficilement discernable dans les publications de son entourage littéraire : Madeleine de Puisieux, D'Holbach, Raynal, Galiani, madame d'Epinay, Tronchin, ... Diderot ne manque toutefois pas de nier sa contribution, ou d'en réduire l'importance, de bonne ou de mauvaise foi.

Style[modifier | modifier le code]

Dialogue[modifier | modifier le code]

Loin de la recherche d'un système philosophique cohérent, Diderot rassemble les idées et les oppose. C'est donc, avant ses idées personnelles, surtout une incitation à la réflexion qui se dégage de son œuvre. Cette démarche, volontaire, se retrouve dans la forme de dialogue qu'il donne à ses œuvres principales (Le Neveu de Rameau, Le rêve de D'Alembert, Supplément au Voyage de Bougainville...) avec cette particularité qu'aucun des personnages ne représente à lui seul la pensée de l'auteur. Cette pluralité se retrouve d'ailleurs dans ses titres (les pensées, les principes, ...). Quand il ne conçoit pas de dialogue, il répond — fut-ce fictivement —, ajoute (Supplément au voyage de Bougainville), renie (Réfutation d'Helvetius). Diderot retravaille aussi fréquemment ses textes et, même, dans la seconde moitié de sa vie, rédige quelques Additions (aux Pensées philosophiques, à la Lettre sur les aveugles, ...) pour rendre compte de l'évolution de ses propres réflexions.

Commentaire[modifier | modifier le code]

Diderot développe souvent ses œuvres à partir du canevas de l'œuvre d'un tiers, pour le commenter. C'est le cas du Paradoxe sur le comédien où Diderot développe ses idées sur le théâtre à partir de Garrick ou Les acteurs anglais de Sticotti ; c'est le cas des Salons qui suivent le catalogue de l'exposition. Dans le même esprit, Diderot s'appuie souvent sur l'œuvre d'un tiers pour développer ses idées, pour contredire (Supplément au Voyage de Bougainville), pour s'inscrire dans un contexte ou une polémique (Suite de l'Apologie de M. l'abbé de Prades).

Digression[modifier | modifier le code]

La digression est le principe même de Jacques le Fataliste que l'on pourrait centrer sur ses amours que Jacques ne raconte jamais et autour desquelles gravitent une série de récits qui constituent l'œuvre.

La digression c'est aussi des détails sans rapport avec le contenu du texte et qui servent à l'introduire, à alléger le propos, ... Ainsi, la première réplique du Paradoxe sur le comédien est : « N'en parlons plus ».

Mise en abyme[modifier | modifier le code]

La mise en abyme est utilisée par Diderot, pour pouvoir mener de front une théorie et son application. L'exemple flagrant est Le Fils naturel où sont mêlés la pièce et son commentaire. La pièce de théâtre est en fait l'incise dans un exposé d'une théorie du théâtre (Les entretiens). Diderot d'ailleurs se met en scène occupé à assister à une représentation théâtrale privée à laquelle participe la personne avec laquelle il discute.

Idées[modifier | modifier le code]

Chez Diderot, les idées s'effacent un peu devant la méthode (voir ci-dessus). Il est moins question d'imposer ses vues personnelles que d'inciter à la réflexion personnelle sur base de différents arguments, donnés, par exemple, par les intervenants des dialogues. Les idées personnelles de Diderot ont de plus évolué avec l'âge.

Plutôt que philosophe, Diderot est avant tout un penseur. Il ne poursuit en effet ni la création d'un système philosophique complet, ni une quelconque cohérence : il remet en question, éclaire un débat, soulève les paradoxes, laisse évoluer ses idées, constate sa propre évolution mais tranche peu.

Pour autant, des thèmes apparaissent récurrents dans la pensée de Diderot et des orientations générales peuvent être dégagées de ses écrits.

Religion[modifier | modifier le code]

La position de Diderot à l'égard de la religion évolue dans le temps, en particulier dans sa jeunesse. Ses parents le vouaient à une carrière ecclésiastique et il reçut la tonsure de l'évêque de Langres. Arrivé à Paris, son parcours académique se fait dans des institutions d'obédience catholique, comme la Sorbonne. C'est au gré de ses lectures que sa foi va s'étioler et qu'il semble évoluer vers le théisme, le déisme et enfin souscrire aux idées matérialistes. C'est cette évolution que l'on constate des Pensées philosophiques à la Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient. Plus tard, ces positions sont confirmées dans le Supplément au voyage de Bougainville qui évoque la religion naturelle et un dialogue très représentatif, l'Entretien d'un philosophe avec la maréchale de ***. À l'instar des Lumières, Diderot rejette plus les excès de la religion que la religion elle-même. Toute sa vie, il fut en conflit avec son frère sur ces questions.

Morale[modifier | modifier le code]

La morale[37] est une préoccupation récurrente de Diderot. Le thème apparaît dans ses critiques artistiques (voir ci-dessous), dans son théâtre (voir ci-dessus) et dans quelques textes (contes et dialogues), rédigés en 1771-1772, autour du thème de la morale, inspirés par un retour dans sa région natale, imprégnée de la droiture morale de son père décédé.

Art[modifier | modifier le code]

Les contacts de Diderot avec les peintres et leurs œuvres lors des salons parisiens l'amènent à développer une pensée concernant l'art pictural qu'il expose dans ses Essais sur la peinture et dans ses Pensées détachées sur la peinture.

Éducation[modifier | modifier le code]

Synthèse[38]

Œuvres principales

Politique[modifier | modifier le code]

Diderot ne s'est pas engagé directement dans les débats politiques de son temps. On ne trouve pas non plus chez lui de traité de politique proprement dit. Les réflexions et les engagements politiques de Diderot se lisent surtout entre les lignes dans son œuvre et s'expriment de manière plus concrète à partir des années 1770, peut-être au contact de Guillaume-Thomas Raynal ou Ferdinando Galiani. Avant cela, Diderot, qui a tâté de la prison, qui s'était engagé à modérer ses écrits et qui avait rusé pendant 20 ans pour contourner la censure s'en était tenu à une certaine prudence.

L'édition Hermann (dite DPV) de ses œuvres complètes proposent un volume qui porte le titre général de « Politique » (n°XXIV) ; il contient le Voyage de Hollande, les Observations sur Hemsterhuis, et la Réfutation d’Helvétius. D'autres œuvres, plus clairement politiques, auraient pu être retenues, tels l′Essai sur les règnes de Claude et de Néron ou ses contributions au Dialogues sur le commerce des blés et à l′Histoire des deux Indes[40].

À côté de ces textes strictement personnels, il faut isoler quelques écrits qui portent sur des questions politiques concrètes ou des projets et qui sont des œuvres de commande.

Trois préoccupations importantes de Diderot sont le rejet du despotisme, le rôle de l'enseignement non religieux dans le bonheur et le développement de la société et le développement du droit d'auteur[41] — sans préjudice à la circulation du savoir.

Sciences[modifier | modifier le code]

Diderot est également auteur ou coauteur de quelques ouvrages scientifiques. En tant que matérialiste, la compréhension des phénomènes naturels est une préoccupation importante que l'on retrouve à travers toute son œuvre.

Bibliographie

Postérité et réception critique[modifier | modifier le code]

La réception de l'œuvre Diderot a une histoire particulière car l'image du philosophe a évolué avec le temps, au gré de la révélation progressive de son œuvre. Cette révélation progressive apparait clairement dans le tableau de synthèse de l'article Œuvres de Denis Diderot.

Diderot, de son vivant, s'est montré prudent face à la censure. Après son incarcération de 1749, il ne voulait plus prendre de risque ni en faire courir à sa famille. Il va donc lui-même reporter la publication de certains textes, parfois de plusieurs années après les avoir écrits. Par ailleurs, certains textes ne sont parus que dans la Correspondance littéraire de Grimm. La publication manuscrite de ce périodique ne permettait pas d'assurer une connaissance publique de l'œuvre de Diderot.

En 1765, Catherine II de Russie, bibliophile, achète à Diderot sa bibliothèque personnelle en viager contre 15 000 livres et une pension annuelle de trois cents pistoles[42]. Diderot en garda l'usage et perçoit une rente en tant que bibliothécaire, mais l'accord impliquait que le fond et tous ses manuscrits seraient transférés à Saint-Pétersbourg à sa mort. Ce qui fut fait en juin 1786. Cet éloignement n'a pas favorisé la publication des textes soigneusement cachés par Diderot. De plus, sur place, les documents n'ont pas eu les égards de ceux de Voltaire (transférés dans des circonstances similaires), n'ont pas été catalogués et se sont éparpillés. Certains n'ont réapparu qu'au XXe siècle...

De son côté, sa propre fille, catholique et conservatrice, a sans doute, malgré l'admiration qu'elle vouait à son père, cherché à orienter la publication de ses œuvres, « corrigeant » si nécessaire les textes qui ne respectaient pas assez ses valeurs, la bienséance ou les intérêts commerciaux de son mari. Un exemple concret[43] est le grattage systématique des noms de personnes dans les manuscrits de Ceci n'est pas un conte. Dans d'autres textes, certains noms seront remplacés ou ramenés à leur initiale. Même le fidèle secrétaire, Naigeon n'obtiendra pas sa collaboration pour l'édition des Œuvres complètes qu'il préparait avec Diderot à partir de 1782 et qui ne paraitra qu'en 1800 (voir ci-dessous).

Les vicissitudes de l'histoire ont également porté atteinte à l'image de Diderot. En 1796 parait l'Abdication d'un roi de la fève ou Les éleuthéromanes. Le public tient des passages de ce texte pour responsables de certains excès de la Révolution française et les reproche à Diderot. Ces dispositions n'inciteront ni à l'étude, ni à la publication ni à la découverte de textes durant tout le XIXe siècle.

Dans la première partie du XIXe siècle, les œuvres de Diderot sont toujours contestées et interdites à de nombreuses reprises. On notera que le 31 mai 1826, à Paris, le Tribunal Correctionnel de la Seine, ordonne la destruction du roman de Denis Diderot "Jacques le Fataliste et son maître" et condamne l'éditeur à un mois de prison. D'autres œuvres de Diderot connaîtront la censure étatique pour outrage à la morale publique dont "La Religieuse" (en 1824 et 1826), où encore les "Bijoux Indiscrets" (en 1835)[44].

Il faut en fait attendre le bicentenaire de sa naissance pour rencontrer un regain d'intérêt et avoir une vision considérée comme complète de ses écrits.

L'image de Diderot a donc évolué avec le temps en fonction de l'idée que l'on pouvait se faire de l'intégralité de son œuvre. Ses contemporains le connaissaient essentiellement comme l'éditeur de l'Encyclopédie, le promoteur d'un nouveau genre théâtral (le « drame bourgeois »), l'auteur d'un roman libertin (Les Bijoux indiscrets) et de quelques textes philosophiques critiqués. Après sa mort, il est assez symptomatique de voir les éditions d'« Œuvres complètes » s'enrichir avec le temps.

À l'occasion du tricentenaire de la naissance de Diderot, sa ville natale, Langres, inaugure la Maison des Lumières Denis Diderot, seul et unique musée consacré à l'encyclopédiste, bien que ce dernier n'y soit revenu que quatre fois après s'être installé à Paris, en raison notamment des relations conflictuelles avec son frère Didier-Pierre, chanoine de la cathédrale de la ville[45].

Entourage[modifier | modifier le code]

Voir aussi : Connaissance de Denis Diderot et L'Académie de Berlin.

L'analyse de l'entourage de Diderot souligne, autant que la diversité de son œuvre, son côté éclectique. Les personnages repris ici n'entretenaient bien sûr pas tous les mêmes rapports avec Diderot : si tous ont eu un impact sur sa vie ou son œuvre, ces contacts ont pu n'être alimentés que sporadiquement ou ponctuellement.

Écrivains et philosophes[modifier | modifier le code]

Diderot passe son premier séjour à Granval (Sucy-en-Brie[46]), sur son invitation en 1759.

Lettres connues à Voltaire : 11 juin 1749 (Lettre sur les aveugles), 19 février 1758, 28 novembre 1760, 29 septembre 1762, 1766. Diderot lui a manifestement adressé un exemplaire de la Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient. Voltaire lui répond et marque son intérêt pour l'ouvrage. Voltaire collabore à l'Encyclopédie avec quelques articles. Respect mutuel mais l'éventuelle unique rencontre, en 1778, n'est pas confirmée. Dans une lettre à Palissot du 4 juin 1760, Voltaire dit : « sans avoir jamais vu M. Diderot (...) j'ai toujours respecté ses profondes connaissances. »

La rencontre date de 1765 : l'attention de Diderot est attirée par le Philosophe sans le savoir, présenté au public le 2 décembre 1765, qu'il apprécie tout particulièrement.

Diderot remanie son Catilina au point d'en modifier la focalisation et de devoir changer le titre en Terentia en 1775.

Peintres[modifier | modifier le code]

Étienne Maurice Falconet, Anna Dorothea Therbusch, Charles Van Loo, Jean-Honoré Fragonard, Claude Joseph Vernet (qui lui offre son tableau Fin de tempête en 1768), Allan Ramsay (rencontré en septembre 1765).

Famille[modifier | modifier le code]

Son père, Didier Diderot (1685-1759)

Article détaillé : Didier Diderot.

Malgré les tensions avec son fils, Didier lui transmettra ses préoccupations morales et un intérêt pour la technique, qui aidera Diderot dans sa rédaction de l’Encyclopédie.

Sa fille, Marie-Angélique (1753-2 décembre 1824). Elle est aimée de son père et lui témoigne une grande admiration[47]. Elle donne en 1797 une notice historique sur Sedaine, à la Correspondance littéraire[48]. Il existerait (ou aurait existé) un portrait d'elle par Jacques Augustin Catherine Pajou et Louis Léopold Boilly. Claveciniste talentueuse, son père lui rapportera des partitions inédites de Carl Philipp Emanuel Bach, rencontré à Hambourg en revenant de Saint-Pétersbourg. Pieuse et soucieuses des intérêts financiers de son mari (Abel Caroillon de Vandeul), elle finira par nuire volontairement à la réception de l'œuvre de son père. Il existe une copie manuscrite (inédite) de 160 de ses lettres adressées à son ami Drevon[49], juge du tribunal à Langres entre 1805 et 1822[50].

Liaisons extra-conjugales[modifier | modifier le code]

Alice M. Laborde, Diderot et madame de Puisieux, Anma Libri (ISBN 978-0-915838-54-7)
Alice M. Laborde, Diderot et l'amour, Anma Libri (ISBN 978-0-915838-22-6)
Michel Corday, La vie amoureuse de Diderot, Paris, Ernest Flammarion, coll. « Leurs amours »,‎ 1928, 187 p.

Monde politique[modifier | modifier le code]

Le monde politique n'est pas représenté dans les proches de Diderot (voir ci-dessous ses écrits en ce domaine). Toutefois, Diderot a pu profiter à différentes périodes de soutiens plus ou moins affichés. Lors de sa détention à Vincennes, on notera par exemple de l'intervention de Madame de Pompadour et l'édition de l'Encyclopédie bénéficiera du soutien de Malesherbes.

Contributeurs de l'Encyclopédie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Encyclopédistes.

Ennemis[modifier | modifier le code]

N'ayant pas vraiment eu d'ennemis personnels, les opposants[51] de Diderot sont essentiellement ceux de l'Encyclopédie et du parti philosophique en général : Charles Palissot de Montenoy, Élie Fréron, Abraham Chaumeix, ...

Article connexe : Cacouac.

Francs-maçons[modifier | modifier le code]

Bien qu'il ne semble pas avoir été initié, Diderot est entouré de francs-maçons[52] : Louis de Jaucourt, André Le Breton, Montesquieu, Jean-Baptiste Greuze, Claude-Adrien Helvétius, Friedrich Heinrich Jacobi, Voltaire[53], Otto Hermann von Vietinghoff, Carlo Goldoni...

On notera également l'intérêt particulier qui lui est porté par des françs-maçons qui ne le connaitront pas de son vivant : Goethe, Guizot, Frédéric Bartholdi...

Autres[modifier | modifier le code]

Diderot fut par ailleurs lié à Jacques-Henri Meister, Galiani[54], Damilaville, d'Holbach, Guillaume Le Monnier, l'abbé Raynal, André Le Breton, madame Geoffrin qui lui offre fin 1768 la trop luxueuse robe de chambre qui lui fera regretter l'ancienne, l'orfèvre Étienne-Benjamin Belle, chez qui il fera quelques séjours (à Sèvres), David Garrick, Roland Girbal (son copiste[55]).

  • Rencontres en 1765

La princesse de Nassau-Sarrebruck, Julie de Lespinasse (amie de D'Alembert, qui s'offusquera d'être un personnage du Rêve de d'Alembert), Suzanne Curchod, Jacques-André Naigeon, Jean Jodin[56].

  • Rencontres en 1769

Dom Léger Marie Deschamps, moine bénédictin, auteur d’un Vrai système que Diderot critique sévèrement dans la Correspondance littéraire pour ne pas avoir assez lu entre les lignes, comme lui expliquera l’auteur.

Lieux de Diderot[modifier | modifier le code]

Diderot était un sédentaire. Il n'aimait guère les voyages[57].

Séjours en France[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Devenu célèbre grâce à l'Encyclopédie, Diderot a souvent été représenté en peinture ou en sculpture à partir des années 1760. Voici une liste chronologique – dont il est difficile de garantir l'exhaustivité – des portraits de Diderot effectués de son vivant et parfois, quand l'original fait défaut, les gravures qui en découlèrent. Cet aperçu participe à la connaissance de sa réception. Les références sont complétées par l'avis du modèle sur son image, quand il nous est connu[58].

Jean-Baptiste Garand, 1760[59].

« Je n'ai jamais été bien fait que par un pauvre diable appelé Garand, qui m'attrapa, comme il arrive à un sot qui dit un bon mot. Celui qui voit mon portrait par Garand, me voit »

— Salon de 1767.

Claude Bornet, portrait, 1763[60].

Carmontelle, Grimm et Diderot, dessin à la mine de plomb et aquarelle, 1760[61].

Étienne Maurice Falconet, buste, antérieur à 1767.

« Je dirais seulement de ce mauvais buste, qu'on y voyoit les traces d'une peine d'âme secrète dont j'étais dévoré quand l'artiste le fit »

— Salon de 1767.

Marie-Anne Collot, différents bustes antérieurs à 1767.

« Il[62] est bien, il est très bien. Il a pris chez lui[63] la place d'un autre, que son maître, M. Falconet[64], avait fait, et qui n'était pas bien. Lorsque Falconet eut vu le buste de son élève, il prit un marteau, et cassa le sien devant elle »

— Salon de 1767.

Louis Michel van Loo, portrait, 1767.

« Moi, j’aime Michel, mais j’aime encore mieux la vérité. Assez ressemblant; très vivant ; c’est sa douceur, avec sa vivacité ; mais trop jeune, tête trop petite, joli comme une femme, lorgnant, souriant, mignard, faisant le petit bec, la bouche en cœur ; et puis un luxe de vêtement à ruiner le pauvre littérateur, si le receveur de la capitation vient l’imposer sur sa robe de chambre. L’écritoire, les livres, les accessoires aussi bien qu’il est possible, quand on a voulu la couleur brillante et qu’on veut être harmonieux. Pétillant de près, vigoureux de loin, surtout les chairs. Du reste, de belles mains bien modelées, excepté la gauche qui n’est pas dessinée. On le voit de face; il a la tête nue; son toupet gris, avec sa mignardise, lui donne l’air d’une vieille coquette qui fait encore l’aimable; la position d’un secrétaire d’État et non d’un philosophe. La fausseté du premier mouvement a influé sur tout le reste. C’est cette folle de madame Van Loo qui venait jaser avec lui, tandis qu’on le peignait, qui lui a donné cet air-là et qui a tout gâté. […] Il fallait le laisser seul et l’abandonner à sa rêverie. Alors sa bouche se serait entrouverte, ses regards distraits se seraient portés au loin, le travail de sa tête fortement occupée se serait peint sur son visage, et Michel eût fait une belle chose. Mon joli philosophe, vous me serez un témoignage précieux de l’amitié d’un artiste, excellent artiste, plus excellent homme. Mais que diront mes petits-enfants, lorsqu’ils viendront à comparer mes tristes ouvrages avec ce riant, mignon, efféminé, vieux coquet - là ! Mes enfants, je vous préviens que ce n’est pas moi. J’avais en une journée cent physionomies diverses, selon la chose dont j’étais affecté. J’étais serein, triste, rêveur, tendre, violent, passionné, enthousiaste ; mais je ne fus jamais tel que vous me voyez là. J’avais un grand front, des yeux très vifs, d’assez grands traits, la tête tout à fait du caractère d’un ancien orateur, une bonhomie qui touchait de bien près à la bêtise, à la rusticité des anciens temps. »

— Salon de 1767.

« Je n'ai pas encore vu les Vanloo, mais je les verrai demain. Michel m'a envoyé le beau portrait qu'il a fait de moi ; il est arrivé, au grand étonnement de Madame Diderot qui le croyait destiné à quelqu'un ou quelqu'une. Je l'ai placé au-dessus du clavecin de ma petite bonne [sa fille]. Je l'aimerais bien autant ailleurs. Mme Diderot prétend qu'on m'a donné l'air d'une vieille coquette qui fait le petit bec et a encore des prétentions. Il y a bien quelque chose de vrai dans cette critique. Quoi qu'il en soit, c'est une marque d'amitié de la part d'un excellent homme, qui doit m'être et me sera toujours précieuse. »

— Lettre à Sophie Volland, 11 octobre 1767.

Louis Michel van Loo, dessin sur papier brun, sans date, musée du Louvre[65].

Jean-Baptiste Greuze

Anna Dorothea Therbusch, représentation de Diderot torse nu, vers 1767. Le portrait original est perdu mais il a été reproduit en émail par Pierre Pasquier et gravé ensuite par Pierre François Bertonnier pour l'édition Brière des Œuvres de Diderot (1825). Brière a offert l'émail de Pasquier à M. François Guizot[66].

« Ses autres portraits sont froids, sans autre mérite que celui de la ressemblance, excepté le mien, qui ressemble, où je suis nu jusqu'à la ceinture, et qui, pour la fierté, les chairs, le faire, est fort au-dessus de Roslin et d'aucun portraitiste de l'Académie. Je l'ai placé vis-à-vis celui de Van Loo, à qui il jouait un mauvais tour. Il était si frappant, que ma fille me disait qu'elle l'aurait baisé cent fois pendant mon absence, si elle n'avait pas craint de le gâter. La poitrine était peinte très-chaudement, avec des passages et des méplats tout à fait vrais »

— Salon de 1767.

Jean-Antoine Houdon

Marie-Anne Collot, buste en marbre, 1772, Musée de l'Ermitage[69]

Jean Huber

  • Un dîner de philosophes[70], 1772 ou 1773. Il s'agit d'une scène fictive mais Diderot est reconnaissable, de profil à droite du tableau.
  • Le souper des philosophes[71], eau-forte sur papier bleu. Scène fictive. Bien que manifestement inspiré par le tableau précédent (Un dîner de philosophe), Diderot n'est pas aussi clairement reconnaissable, à gauche du tableau.

Jean Simon Berthélemy, non daté (XVIIIe siècle, sans doute après 1770), musée Carnavalet (Paris)[72].

Anonyme, XVIIIe siècle, musée Antoine Lécuyer (Saint-Quentin)[73].

Dmitri Levitsky, 1773 ou 1774[74], huile sur toile, 58 x 48,5 cm, Musée d'Art et d'Histoire de Genève[75].

Jean-Baptiste Pigalle, buste, bronze, 41 cm (h.) x 34 cm (l.) x 25 cm (p.), 1777, musée du Louvre[76]. Au revers, cette inscription « En 1777. Diderot par Pigalle, son compère, tous deux âgés de 63 ans. »

Gabriel-Jacques de Saint-Aubin, portrait d'après Louis Michel van Loo, connu d'après une gravure anonyme non datée conservée au musée national de la Coopération franco-américaine (Blérancourt)[77].

Jean Honoré Fragonard, portrait désormais rejeté[78], huile sur toile, vers 1769, musée du Louvre[79],[80].

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

On ne reprend ici que les ouvrages généraux qui évoquent la vie de Diderot ou son œuvre dans une vision transversale ou thématique. Les ouvrages qui évoquent un texte en particulier trouvent leur place dans l'article qui lui est consacré. De nombreux ouvrages du début du XXe siècle ont été réédités dans les années 1960.

Les ouvrages qui évoquent l'Encyclopédie sont rassemblés dans la bibliographie de l'article qui lui est consacré.

Voir aussi : la Bibliographie des Lumières.

  • Frederick A. Spear, Bibliographie de Diderot : répertoire analytique international, Genève, Droz,‎ 1980
    Un second volume qui couvre les années 1976 à 1986 est paru chez le même éditeur en 1988.

Revues et sociétés savantes consacrées à Diderot[modifier | modifier le code]

Biographies et généralités[modifier | modifier le code]

  • Jacques Attali, Diderot ou le bonheur de penser, Paris, Fayard,‎ 2012 (ISBN 978-2213668451)
  • Pierre Chartier, Vies de Diderot, Paris, Hermann,‎ 2012 (ISBN 978-2705680336, OCLC 779519414)
  • Anne-Marie Chouillet (dir.), Les ennemis de Diderot : colloque, Klincksieck,‎ 2000 (ISBN 978-2-25202880-3)
  • Michel Delon (dir.), Album Diderot, Paris, Gallimard, coll. « La Pléiade »,‎ 2004
  • Charly Guyot, Diderot par lui-même, Paris, Éditions du Seuil,‎ 1957
  • Dominique Lecourt, Diderot. Passions, sexe et raison, Paris, Presses universitaires de France,‎ 2013 (ISBN 978-2130620730)
  • Jacques-André Naigeon, Mémoires historiques et philosophiques sur la vie et les ouvrages de Denis Diderot, Paris,‎ 1821
  • Maurice Tourneux, Diderot et Catherine II, Paris,‎ 1899
  • Raymond Trousson et Roland Mortier (éd.), Dictionnaire de Diderot, Paris, Honoré Champion,‎ 1999
  • Raymond Trousson, Denis Diderot ou le vrai Prométhée, Paris, Tallandier,‎ 2005
  • Raymond Trousson, Diderot jour après jour : chronologie, Paris, Champion,‎ 2006
  • Gerhardt Stenger, Diderot. Le combattant de la liberté, Paris, Perrin,‎ 2013, 795 p. (ISBN 978-2-262-03633-1)
  • Franco Venturi, La jeunesse de Diderot : 1713-1753, Paris, Albert Skira,‎ 1939
  • Arthur M. Wilson, Diderot : sa vie et son œuvre, Paris, Robert Laffont,‎ 1985
    Il s'agit de la traduction française de cet ouvrage de référence initialement publié en anglais.

Sur l'Œuvre de Diderot en général[modifier | modifier le code]

Correspondance de Diderot[modifier | modifier le code]

  • Lester Gilbert Krakeur, La correspondance de Diderot : son intérêt documentaire, psychologique et littéraire, New York,‎ 1939
  • Benoît Melançon, Diderot épistolier : contribution à une poétique de la lettre familière au XVIIIe siècle,‎ 1996 (lire en ligne)
  • Jean Varloot et Georges Roth, Denis Diderot : correspondance, éditions de Minuit,‎ 1955-1970

Pensée de Diderot[modifier | modifier le code]

  • Urs App, The Birth of Orientalism, Philadelphia, University of Pennsylvania Press,‎ 2010 (ISBN 978-0-8122-4261-4), p. 133-187
    sur le rôle de Diderot dans la découverte européenne du bouddhisme et de l'hindouisme
  • Hajo Brugmans, Diderot (1713-1784) : aan de bron van het moderne denken, Amsterdam,‎ 1937
  • Manlio D. Brusnelli, Diderot et l'Italie : reflets de vie et de culture italiennes dans la pensée de Diderot, Paris, Champion,‎ 1925
  • Ida Hisashi, Genèse d'une morale matérialiste : les passions et le contrôle de soi chez Diderot, Paris, Champion, coll. « Les dix-huitièmes siècles »,‎ 2001
  • Ivan Kapitonovic Luppol, Diderot : ses idées philosophiques, Paris,‎ 1936
  • Henri Lefebvre, Diderot ou les affirmations fondamentales du matérialisme, Paris,‎ 1949
  • Robert Loyality Cru, Diderot as a disciple of English thought, New York,‎ 1913
  • Jean Oestreicher, La pensée politique et économique de Diderot, Vincennes,‎ 1936
  • Paolo Quintili, La pensée critique de Diderot : matérialisme, science et poésie à l’âge de l’Encyclopédie (1742-1782), Honoré Champion,‎ 2001, 576 p. (ISBN 978-2-7453-0423-0)
  • Alice Scheyer, Diderot als universaler Denker, Berlin,‎ 1932
  • Joszef Szigeti, Diderot. Une grande figure du matérialisme militant du 18e siècle, Budapest, Akadémiai Kiadó,‎ 1962
  • Jean Thomas, L'humanisme de Diderot, Paris,‎ 1932

Art, esthétique, critique[modifier | modifier le code]

  • Jean-Michel Bardez, Diderot et la musique, Paris, Champion,‎ 1975
  • Yvon Belaval, L'esthétique sans paradoxe de Diderot, Paris,‎ 1950
  • [colloque] Diderot : les beaux-arts et la musique : actes du colloque international, Aix-en-Provence, 14, 15 et 16 décembre 1984, Aix-en-Provence, Publications de l’Université de Provence, Centre aixois d’études et de recherches sur le XVIIIe siècle,‎ 1986, 324 p. (ISBN 2-85399-143-1)
  • [colloque] Diderot et Greuze, Actes du colloque de Clermont-Ferrand (16 novembre 1984) réunis par Antoinette et Jean Ehrard (Université de Clermont II, Centre de recherches révolutionnaires et romantiques), Clermont-Ferrand, Adosa, 1986 (ISBN 2-86639-049-0)
  • René Crevel, Le clavecin de Diderot, Paris,‎ 1932
  • R. L. Evans, Diderot et la musique, Birmingham,‎ 1932
  • Werner Leo, Diderot als Kunstphilosoph, Diss. Erlangen,‎ 1918
  • François-Marie Mourad, Quelques réflexions sur l'article « Beau » écrit par Diderot pour l'Encyclopédie (lire en ligne).
  • Bessie Roberts, Les idées de Diderot sur la poésie, Liverpool,‎ 1941
  • Marie-Luise Roy, Die Poetik Diderots, Munich,‎ 1966
  • Anne-Elisabeth Sejten, Diderot ou Le défi esthétique: les écrits de jeunesse : 1746-1751, Vrin,‎ 1999 (ISBN 978-2-7116-1365-6)
  • Kate E. Tunstall, Diderot, Chardin et la matière sensible (lire en ligne).

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Alain Ménil, Diderot et le drame : théâtre et politique, Presses universitaires de France,‎ 1995 (ISBN 978-2-13-047057-1)

Sciences[modifier | modifier le code]

  • Fernand Paitre, Diderot biologiste, Lyon,‎ 1904

Éducation[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Dolle, Diderot et les problèmes de l'éducation, Vrin,‎ 1973

Réception de Diderot[modifier | modifier le code]

  • Manlio Duilio Busnelli, Diderot et l'Italie : reflets de vie et de culture italiennes dans la pensée de Diderot, avec des documents inédits et un essai bibliographique sur la fortune du grand encyclopédiste en Italie, Paris,‎ 1925
  • Raymond Trousson, Images de Diderot en France : 1784-1913, Paris, Champion,‎ 1997

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Une plaque en pierre (posée à tort en 1880 par la Société Républicaine d’Instruction) signale la naissance de Diderot sur la façade du no 6 (au niveau du premier étage) de la place Diderot qui s'appelait alors place Chambeau - renommée place Diderot à l'occasion du centenaire de sa mort et de l'installation de la statue de Frédéric Bartholdi. Il s'agit plus exactement de la maison d'enfance de Diderot (achetée en 1714 par son père, il y vit jusqu’à son départ pour Paris en 1728) qui est en fait né au no 9 de la même place, au coin de la rue du Grand-Cloître (in Raymond Trousson, Denis Diderot, Paris, Tallandier, 2005, p. 19.)
  2. Petite église aujourd'hui disparue.
  3. Extrait du registre des baptêmes de l'église Saint-Pierre-Saint-Paul de Langres (1713), disponible aux archives départementales de la Haute-Marne : Le 6 octobre 1713 a été baptisé Denis, né d'hier, fils du légitime mariage de Didier Diderot, maître coutelier, et d'Angélique Vigneron, ses père et mère. Le parrain Denis Diderot, coutelier, la marraine Claire Vigneron, et qui ont signé avec le père de l'enfant. Sur la date exacte de sa naissance, voir George R. Havens, « The Dates of Diderot's Birth and Death » in Modern Language Notes, vol. 55, no 1 (janvier 1940), p. 31-33. L'église où il fut baptisé se trouvait sur l'actuel square Henriot.
  4. Jean-Pierre Martin, Instrumentation chirurgicale en France. Des origines au XIXe siècle, Éditions L'Harmattan,‎ 2013 (lire en ligne), p. 116
  5. Jacques Floch, Denis Diderot, le bonheur en plus, Éditions de l'Atelier,‎ 1991 (lire en ligne), p. 12
  6. Sur Didier-Pierre et ses relations avec son frère, consulter : Marcel Louis, Le frère de Diderot : Didier-Pierre Diderot : chanoine de la cathédrale et grand archidiacre du diocèse, fondateur des écoles chrétiennes de Langres, Paris, Champion, 1913 (disp. à la Bibliothèque nationale de France).
  7. Compte-rendu du Congrès International sur le Siècle des Lumiéres, Institut et musée Voltaire,‎ 1983, p. 56
  8. Jean-Claude Polet, Patrimoine littéraire européen : Vol. 9 - Les Lumières, de l'Occident à l'Orient (1720 - 1778), De Boeck Supérieur,‎ 1997 (lire en ligne), p. 705
  9. Franck Salaün (dir.), Diderot Rousseau : un entretien à distance [colloque], Desjonquères,‎ 2006 (ISBN 2-84321-082-8) cité par Nathalie Kremer, "Les frères ennemis", fabula.org [en ligne].
  10. Pour un aperçu plus large des lieux parisiens associés à Diderot, voir ce rescencement.
  11. La majorité n'était alors fixée qu'à 30 ans
  12. Son testament du 25 septembre 1786
  13. Alors située sur l'île de la Cité, cette église du XIIIe siècle est aujourd'hui détruite. L'église Saint-Séverin a hérité de son portail, toujours visible, donc. Saint-Pierre-aux-Bœufs partageait avec quelques rares paroisses le privilège des mariages quasi-clandestins, qui n'avaient pas reçu le consentement des parents.
  14. Extrait du registre paroissial de l'église Saint-Pierre-aux-Bœufs à Paris : Denis Diderot, bourgeois de Paris, fils majeur de Didier Diderot, maître coutelier, et d'Angélique Vigneron et Anne-Toinette Champion, demeurant rue Poupée, paroisse Saint-Séverin furent unis le 6 en présence de Marie Maleville, demeurant rue Saint-Séverin, de Jacques Bosson, vicaire de Saint-Pierre-aux-Bœufs, de Jean-Baptiste Guillot, ancien chanoine de Dôle, et d'un voisin de l'épouse. (Registre détruit par l'incendie de 1871 mais acte partiellement transcrit par l'archiviste Auguste Jal dans son Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, Paris, Henri Plon, 1867, page 495).
  15. Philippe Folliot propose ici une traduction du texte de Shaftesbury suivi du texte de Diderot.
  16. Chez le sieur Guillote, exempt du prévost de l’Isle de France, premier étage à droite. Voir : Georges Roth, Diderot : correspondance, Paris, éd. de Minuit, 1955–70, I, p. 53) ; Almanach Royal, 1757.
  17. Actuel n° 3 de la rue, au 2e étage.
  18. Malgré les soutiens extérieurs, comme celui de Voltaire et les interventions d'Émilie du Châtelet qui parvient à faire assouplir ses conditions de détention.
  19. Philippe Salvadori, La vie culturelle en France aux XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles, Éditions Ophrys,‎ 1999, p. 172
  20. Jean-Jacques Rousseau, Les confessions, Th. Lejeune,‎ 1827, p. 171
  21. Jean-Pierre Marcos, « La Société générale du genre humain, Reprise et critique rousseauiste de la réponse de Diderot au « raisonneur violent » dans l'article Droit naturel de L'Encyclopédie », Les Papiers du Collège international de philosophie, Papiers n° 28, février 1996, lire en ligne
  22. Raymond Trousson, Jean-Jacques Rousseau, Tallandier, p. 452
  23. Correspondance littéraire, 15 février 1769, Paris, Furne, 1829, vol. VI, p. 157.
  24. Sur ce voyage consulter : Maurice Tourneux, Diderot et Catherine II, Paris, C. Lévy,‎ 1899
    Disponible dans Gallica.
     ; Roland Mortier, Diderot en Allemagne : 1750-1850, Paris, Presses universitaires de France,‎ 1954
    Lire en particulier les pages 30 à 47.
     ; Denis Diderot, Voyage en Hollande, La Découverte,‎ 1982 (ISBN 978-2-7071-1279-8) ;

    Gilles Dutertre, Les Français dans l’histoire de la Lithuanie, L’Harmattan,‎ 2009 ; Denis Diderot, introd. et notes d'Yves Benot, Over Holland : een journalistieke reis 1773-1774, Amsterdam, Antwerpen, Contact,‎ 1994 ; Paul Ledieu, « Le voyage de Saint-Pétersbourg », Revue des vivants, no 2,‎ 1928, p. 933-950

  25. Entretiens regroupés dans les Mélanges philosophiques pour Catherine II aux éditions Hermann.
  26. Paul Vernière, Diderot : ses manuscrits et ses copistes, Klincksieck,‎ 1967, p. 7
  27. http://blog.kb.nl/diderot-op-de-kneuterdijk-1
  28. Ne pas confondre avec l'édition de 1772, du même éditeur, mais qui ne fut pas envisagée avec Diderot.
  29. Louis Marcel: Un petit problème d'histoire religieuse et d'histoire littéraire. La mort de Diderot d'après des documents inédits (suite) In : Revue d'histoire de l'Église de France, tome 11, n° 51, 1925, p. 202-226 ; Maurice Tourneux, Diderot et Catherine II, Slatkine, 1970, p. 517.
  30. Il pourrait s'agir du bâtiment qui est toujours situé à cette adresse. Voir : [1].
  31. Le château de Grand-Val.
  32. L'immeuble, bâti en 1780, est toujours visible en 2014.
  33. Rue du Capitaine-Ménard ?
  34. Le registre fut détruit par l'incendie de 1871 mais l'acte fut heureusement recopié par l'archiviste Auguste Jal dans son Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, Paris, Henri Plon, 1867, page 496).
  35. Voir à ce sujet Hubert Juin, Diderot : lettres d'amour, in Magazine littéraire n° 204 (février 1984).
  36. Le mot est effectivement utilisé dans la lettre mais il reste difficile de prétendre qu'il s'agit bien d'une invention de Diderot. Consulter l'article calembour pour les détails sur l'histoire de ce mot.
  37. Pierre Hermand, Les idées morales de Diderot, Georg Olms Verlag, 1972 (ISBN 3-487-04346-7).
  38. Avédik Mesrobian, Les conceptions pédagogiques de Diderot, Ayer Publishing, 1972 (ISBN 0-8337-4270-1 et 9780833742704) ; Roland Mortier, The philosophes and public education. In : Yale French Studies, no 40, Literature and Society: Eighteenth Century (1968), p. 62-76.
  39. R. R. Palmer, A mystery explored: the De l'éducation publique attributed to Denis Diderot. In : The Journal of Modern History, vol. 57, no 1 (Mar., 1985), p. 1-23.
  40. « Une histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les Indes orientales et occidentales », sur World Digital Library,‎ 1798 (consulté le 2013-08-30)
  41. http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=RHLF_051_0079
  42. Sophie Boutillier, Dimitri Uzunidis, La Russie européenne : du passé composé au futur antérieur, Éditions L'Harmattan,‎ 2008, p. 36
  43. Rapporté par Michel Delon dans sa notice présentant Ceci n'est pas un conte, Œuvres complètes de Diderot, vol. 1 : Contes et romans, Paris, Gallimard, bibliothèque de la Pléiade, 2004.
  44. Source : http://epheman.perso.neuf.fr/mai31.html#censurediderot
  45. Jean-Francois Lixon, « Les temps forts du tricentenaire de Denis Diderot à Langres », sur France TV,‎ 7 octobre 2013
  46. Ce château fut presque entièrement détruit en 1949. Il n'en reste que la ferme, qui date du XVIIe siècle et qui abrite aujourd'hui le centre culturel communal.
  47. Voir J. Massiet du Biest, La fille de Diderot, Tour, 1949 ; Corinna Gepner, Angélique Diderot ou l'amour d'un père. In : Lunes (revue éditée à Evreux), 2002, n° 18, p. 41-47.
  48. La correspondance littéraire, vol. 16. Paris, Garnier Frères, 1882. P. 234.
  49. Il s'agit vraisemblablement de Joseph-Claude Drevon, avocat, exerçant à Langres, député suppléant pour le tiers-état du bailliage de Langres, cousin éloigné de Diderot.
  50. La copie, soignée date de 1925; elle compte plus de 200 pages in-4. Voir : le lot 24 de ce catalogue de vente de 2007
  51. Anne-Marie Chouillet (dir.), Les ennemis de Diderot (colloque), Klincksieck,‎ 2000 (ISBN 978-2252028803).
  52. Sur les rapports de Diderot avec les francs-maçons, consulter France Marchal, La culture de Diderot, Paris, Honoré Champion, 1999, p. 104-118.
  53. Voltaire ne fut admis à la Loge des Neuf Sœurs que peu de temps avant sa mort. Au cours de sa vie, il n'a jamais intégré la confrérie bien que ses idées en furent proches.
  54. Voir Rosena Davison, Diderot et Galiani : étude d'une amitié philosophique, Oxford, Voltaire Foundation at the Taylor Institution, 1985.
  55. Voir : De Booy, Diderot et son copiste Roland Girbal. In : French Studies, 1962, vol. XVI, p. 324-333.
  56. Un ami horloger genevois décédé en 1761, auteur de Les échappemens à repos comparés aux échappemens à recul, Lausanne, chez Marc Chapuis, 1762.
  57. Voir : [2].
  58. À propos de ces commentaires, consulter Marc Buffat, "Ecco il vero pulcinella" in Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie, 1995, no 18-19, p. 55-70.
  59. image en ligne sur le site de l'université d'Exeter.
  60. Portrait par Claude Bornet
  61. Ancienne collection Zarine.
  62. Le dernier buste de la série.
  63. Melchior Grimm
  64. Son maître à elle, pas à Grimm.
  65. dessin sur papier brun de Louis Michel van Loo
  66. La gravure de Bertonnier est reprise dans M.-C. Sahut, N. Volle, Diderot et l'art de Boucher à David, catalogue exposition Hôtel de la Monnaie, 5 octobre 1984-6 janvier 1985, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux (ISBN 2-7118-0283-3).
  67. image en ligne
  68. image en ligne.
  69. buste en marbre par Marie-Anne Collot
  70. Un dîner de philosophes
  71. image en ligne
  72. image en ligne
  73. Le musée ; image en ligne
  74. Durant le séjour de l'écrivain à Saint-Pétersbourg, en tous cas.
  75. image en ligne
  76. image en ligne
  77. portrait d'après Louis Michel van Loo
  78. Le fait qu'il s'agisse de Diderot est contesté, entre autres parce que le philosophe avait les yeux bruns et non bleus comme sur ce portrait. Voir : Marie-Anne Dupuy-Vachey, Fragonard : les plaisirs d'un siècle, catalogue de l'exposition, Paris, Musée Jacquemart-André, 2007, Culturespaces, 2007. À l'occasion de son envoi au Louvre Lens, le musée du Louvre prend acte de l'erreur et ne le présente plus comme un portrait de Diderot
  79. portrait supposé par Jean Honoré Fragonard
  80. Le Figaro, 21 novembre 2012

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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