Archange

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Dans les religions juive, chrétienne et musulmane, les archanges sont une catégorie d'anges. Ils constituent l'un des neuf chœurs des anges. Dans la hiérarchie des anges, les archanges forment le second niveau, juste au-dessus des anges eux-mêmes (comme l'indique le préfixe arch qui signifie supérieur).

Le mot archange vient du grec ἀρχάγγελος / arkhángelos composé de ἀρχι- / du grec arkhè qui veut dire à la fois « commandement » et « commencement » (c'est, en quelque sorte la « tête ») et de ἄγγελος / ángelos « messager ».

Dans la Bible[modifier | modifier le code]

Dans l'Ancien Testament, il n'y a pas d'angéologie organisée, pas de hiérarchie céleste. Dans ces textes anciens, la vision des anges est avant tout un ensemble d'expressions et d'images parlant des relations que Dieu noue avec les hommes au moyens d'anges. Il n'existe donc pas d'archange à proprement parler[1].

Le Nouveau Testament mentionne un « chef des anges » : Michel (Jd 1,9). Le terme n'est par ailleurs employé, toujours au singulier, qu'en une autre occurrence (1Th 4,16).

Dans la tradition[modifier | modifier le code]

Les archanges connus par leurs noms sont :

Cependant Gabriel et Raphaël ne sont pas mentionnés dans la Bible comme étant archanges. Seul Michel porte ce titre. Selon la signification du terme « le plus puissant, le premier », il y en avait sept au début dont quatre furent bannis.

Lucifer et Belzébuth, avant leur chute, étaient également des archanges. On parlait de Lucifer Archange et de Belzébuth Archange, Lucifer étant le frère de Saint Michel dans les premiers temps. Aujourd'hui, Lucifer et Belzébuth incarnent les deux visages du diable (Lucifer en est le visage violent et haineux, Belzébuth la face perverse et incestueuse).[réf. nécessaire]

En guise de rétribution pour son attitude face à la rébellion de Lucifer, Michel est autorisé à agir sans la permission de Dieu. Il est le seul à avoir ce pouvoir.[réf. nécessaire]

Il existe deux expressions pour désigner un archange :

  • « l'archange saint Michel », comme dans la phrase « L'archange saint Michel a terrassé le dragon. »
  • « saint Michel archange », comme dans la phrase « Saint Michel archange, priez pour nous. »

Cette dernière expression étant une forme honorifique où l'on insiste sur le rang d'archange.

Le grand théoricien de la hiérarchie céleste reste le Pseudo-Denys l'Aréopagite, dans sa Hiérarchie céleste (vers 490).

L'Un
Les Séraphins
Les Chérubins
Les Trônes
HIÉRARCHIE
CÉLESTE
Les Dominations
Les Vertus
Les Puissances
Les Principautés
Les Archanges
Les Anges
L'Evêque
Le Prêtre
Le Diacre
HIÉRARCHIE
ECCLÉSIASTIQUE
Les Moines
Les Chrétiens baptisés
Les Catéchumènes

Saint Grégoire le Grand (vers 540-604), Pape et docteur de l'Église, précise dans ses Homélies sur l'Évangile (34, 8-9) le rôle des archanges par rapport aux anges :

« Qu'il y ait des anges, beaucoup de pages de la Sainte Écriture l'attestent... Mais il faut savoir que le mot « ange » désigne leur fonction : messager. Et on appelle « archanges » ceux qui annoncent les plus grands événements. C'est ainsi que l'archange Gabriel a été envoyé à la Vierge Marie. Pour ce ministère, pour annoncer le plus grand de tous les événements, l'Incarnation du Verbe de Dieu, il s'imposait d'envoyer un ange du plus haut rang.

Pareillement, lorsqu'il s'agit de déployer une puissance extraordinaire, c'est Michel qui est envoyé. En effet, son action comme son nom, qui veut dire : « Qui est comme Dieu  », font comprendre aux hommes que nul ne peut faire ce qu'il appartient à Dieu seul de réaliser. L'antique Ennemi, le diable, qui a désiré par orgueil de se faire semblable à Dieu, disait : « J'escaladerai les cieux ; au-dessus des étoiles j'érigerai mon trône ; je serai semblable au Très Haut » (Is 14,13). Mais l'Apocalypse nous dit qu'à la fin des temps, lorsqu'il sera laissé à sa propre force, avant d'être éliminé par le supplice final, il devra combattre contre l'archange Michel : « Il y eut un combat dans le ciel : Michel et ses anges combattirent contre le Dragon. Et le Dragon lui aussi combattait avec ses anges ; mais il n'eut pas le dessus ; il fut précipité en bas » (Ap 12,7).

À la Vierge Marie, c'est donc Gabriel, dont le nom signifie « Force de Dieu », qui a été envoyé. Ne venait-il pas annoncer celui qui a voulu se manifester dans une condition humble, pour triompher de l'orgueil du démon ? C'est donc par la « Force de Dieu » que devait être annoncé celui qui venait comme « le Dieu des armées, le vaillant des combats » (Ps 23,8). Quant à l'archange Raphaël, son nom signifie « Dieu guérit ». En effet, c'est lui qui a délivré de la cécité les yeux de Tobie, (Tb 11,17), méritant d'être appelé « Dieu guérit ». »

Cependant, dans le Nouveau Testament, aucun « archange » n'est mentionné en dehors de Michel, et ce, toujours au singulier (1 Thessaloniciens 4,16 et Jude 9). De plus en vertu de l'autorité attribuée à cet archange (terme signifiant « ange en chef »), il sera comme le bras de Jésus-Christ lors de son retour dans la gloire (voir Apocalypse 12,7; 19,14-16; 1pierre 3,22...). (MT). L'Ancien Testament, de son côté, évoque l'existence d'autres archanges que Michel (qui y est désigné comme l'un des « premiers » ou « principaux » princes - Daniel 10,13), mais n'identifie par ailleurs aucun des autres « Premiers Princes » qu'implique indubitablement la tournure de la phrase.

Kabbale[modifier | modifier le code]

La tradition de la Kabbale hermétique associe un archange à chaque Sephira[2] :

Sephira Archange
1 Kether Metatron
2 Hokhmah Ratziel
3 Binah Tsaphkiel
4 Hessed Tsadkiel
5 Gebourah Khamaël
6 Tiphéreth Michel
7 Netzach Haniel
8 Hod Raphaël
9 Yesod Gabriel
10 Malkouth Sandalphon

Les autres archanges[modifier | modifier le code]

Selon la religion et la tradition, il est parfois fait mention d'autres archanges. L'Apocalypse (8,2) parle de « sept anges qui se tiennent devant Dieu » sans préciser toutefois leur rang. La tradition orthodoxe fait aussi mention de sept archanges. Les noms qui reviennent le plus couramment sont : Uriel, Barachiel Sealtiel et Chamuel. La tradition juive compte encore plus d'archanges et ajoute : Zadkiel, Jophiel, Haniel. En Éthiopie, les archanges sont au nombre de sept. Ce sont : Mikâ’él (Michel), Gabre’él (Gabriel), Rufâ’él (Raphaël), ‘Urâ’él (Uriel), Râgu’él (Raguël), Suryâl (ou Saryal) et Fânu’él[3].

Seuls les noms de Michel, Gabriel et Raphaël, sont mentionnés dans la Bible.

Le Livre apocryphe d'Hénoch cite les archanges à plusieurs reprises

« Alors Michel, Ouriel (ou Sariel), Raphaël et Gabriel jetèrent leurs regards vers le sanctuaire céleste. »[4]
« Voici les noms des anges des puissances : »
« Ouriel (ou Uriel), l'un des saints anges, est préposé au monde et au tartare. »
« Raphaël, l'un des saints anges, est préposé aux esprits des humains. »
« Ragouël, (ou Raguel) l'un des saints anges, châtie le monde des luminaires. »
«  Michel, l'un des saints anges, est préposé aux hommes de bien et au peuple. »
« Sariel (ou Saraquiel), l'un des saints anges, est préposé aux esprits qui pèchent contre l'esprit »
« Gabriel, l'un des saints anges, est préposé au paradis, aux dragons et aux chérubins. »
« Remiel (ou Ramiel), l'un des saints anges, est chargé par Dieu du soin des ressuscités.  »[5]

On trouve aussi pour eux : Barachiel, Jéhudiel et Seatiel[réf. nécessaire].

Samaël et Lucifer sont parfois aussi considérés comme des archanges.[réf. nécessaire]

Azraël, traditionnellement connu comme l'ange de la mort est considéré comme un archange dans la tradition coranique, ainsi que Uriel dans la tradition orientale.

La distinction entre ange et archange n'est pas toujours clairement précisée.

Le suffixe ël relatif à Dieu est toujours utilisé pour désigner un ange ou un archange.

On cite aussi souvent (à tort) Ézéchiel, qui n'est pas un ange mais un prophète.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Tavard, Les anges, Paris, Cerf, coll. « Histoire des dogmes » (no 12),‎ 1971, 247 p. (notice BnF no FRBNF35294949), p. 11 & 19
  2. La Cabale Mystique - Dion Fortune - Éditions Adyar - 1996.
  3. Cf. Rempart de la Croix, (Ms. Abbadie 162, fol. 23 r°a et fol. 29 r°a), in : Déborah Lifchitz, Textes éthiopiens magico-religieux, Travaux et mémoires de l’Institut d’ethnologie XXXVIII, Paris 1940, Institut d’ethnologie, p. 102-103 et 126-127. I Hénoch, traduction d’André Caquot, in : La Bible, Écrits intertestamentaires, sous la direction d’André Dupont-Sommer et Marc Philonenko, « Bibliothèque de la Pléiade », Paris 1987, Éditions Gallimard. Ce texte est conservé principalement en éthiopien ancien. Raphaël est parfois remplacé par Sadâkâ’él (nom rendu ailleurs par Sadâkyâl, Sâqu’él, Saraqi’él ou Araqi’él) et parfois dédoublé en Salâtyâl, comme dans la prière Rempart de la Croix. Fânu’él est aussi le nom d’un des vingt-quatre prêtres célestes de l’Apocalypse selon A. Z. Aeškoly, « Les Noms magiques dans les apocryphes chrétiens des Éthiopiens », Journal asiatique, t. 220, janvier-mars 1932, p. 109. Salathiel est le nom du narrateur de IV Esdras (III, 1 et note p. 1399) ; il est donné comme le père ou l’oncle de Zorobabel. Suryâl alterne dans les mss. de I Hénoch avec Uriel.
  4. I Hénoch IX, 1.
  5. I Hénoch XX.

Voir aussi[modifier | modifier le code]