Pietà

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Pietà de Luis de Morales

Pietà, ou Vierge de Pitié, est un thème artistique de l'iconographie en sculpture et peinture chrétienne représentant la Vierge Marie en Mater dolorosa (expression latine), mère pleurant son enfant qu'elle tient sur ses genoux, en l'occurrence Christ descendu mort de la Croix avant sa mise au tombeau, événement placé avant sa Résurrection, précédant son Ascension. Les exemples les plus anciens se trouvent en Italie et en Allemagne, notamment au sein de la tradition du Vesperbild (les images de dévotion pour l’office des vêpres). La scène de la Déploration du Christ est quant à elle traitée de manière plus ample et représente, en plus du Christ et de sa Mère, les autres personnages qui étaient auparavant au pied de la Croix.

Historique[modifier | modifier le code]

Ce thème chrétien de souffrance et de mort est le premier exprimé après les épisodes de la Passion du Christ, avant sa Résurrection. Il est en vigueur entre les années 1350-1500 (des XIVe et XVe siècles) très marquées par de graves périodes d'épidémies et de pandémies de peste noire.

Il complète d'autres thèmes de Madone, ou « Vierge à l'Enfant », plus traditionnellement inscrits dans la petite enfance de Jésus.

Strictement le thème ne doit comporter, dans sa représentation, que deux des personnages de la chronologie de la Vie du Christ : lui-même mort et Marie sa mère éplorée. Comme dans beaucoup d'autres représentations sacrées, certains personnages (des saints, le donateur ou le commanditaire) peuvent « anachroniquement » assister à la scène comme on peut le voir également dans les Conversations sacrées.

Sculpture[modifier | modifier le code]

En province, ces sculptures sont contenues dans des calvaires qui représentent la caverne sous le Golgotha où elle le pleura, comme le prétend la mythographie évangélique. Les Pietà de Michel-Ange figurent parmi les œuvres les plus connues.

Les sculptures de pietà sont présentes dans de nombreuses églises.

Les Pietà de Michel-Ange[modifier | modifier le code]

Pietà de Michel-Ange.

Les travaux de restauration font apparaître sur la main gauche de la Vierge le monogramme de Michel-Ange resté caché pendant près de 500 ans : un M dessiné sur la paume avec les lignes de la main. Après sa restauration, la Pietà est désormais protégée par une vitre blindée.


Pietà laïque[modifier | modifier le code]

Des sculpteurs ont utilisé cette image emblématique de Pietà dans des œuvres laïques pour symboliser la douleur des hommes. On retrouve nombre de ces sculptures dans les monuments aux morts dont celui de Strasbourg. La femme représente l'Alsace pleurant ses deux enfants, le Français et l'Allemand, dont les corps sont nus, dévêtus de l'uniforme qui en faisait des ennemis.

D’autres exemples fort connus de pietà consacrées aux soldats morts à la guerre, où la mère incarne en fait une allégorie de la patrie, sont le Monument aux Morts installé en 1935 le long de l’avenue Joffre à Metz (sculpture de Paul Niclausse) et le Monuments aux héroïques Défenseurs de Léningrad érigé en 1970 à Saint-Pétersbourg. Il ne s’agit pourtant pas d’interprétations laïques des pietàs chrétiennes. L’iconographie de la pietà semble en effet avoir précédé de plusieurs siècles la religion chrétienne. L’exemple le plus antique est une sculpture archaïque en bronze conservée au Museo Archeologico Nazionale de Cagliari, en Sardaigne, qui représente une mère tenant sur ses genoux le corps inanimé d’un soldat encore armé. L’œuvre remonte au VIIIe-Ve siècle avant J.-C.

Peinture[modifier | modifier le code]

La pietà fait partie des thèmes de la peinture religieuse chrétienne.

Sculpture[modifier | modifier le code]

De nombreuses églises et chapelles possèdent des statues de piétà ; c'est un thème fréquent du style saint-sulpicien, par exemple :

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Le thème en photographie[modifier | modifier le code]

Le photographe polonais Gregor Podgorski a réinterprété le thème de la Pietà en 1998 à travers une série de 500 clichés. Pour cette œuvre, il demanda à des couples de tous horizons de prendre la pose en s'inspirant de la Pietà, et plus précisément de la version de Michel Ange. Les mises en scène qui créent à chaque fois un univers différent transposent le sujet initial de la mort à l'émotion et parfois même à l'humour. Il intègre parfois, en plus de la référence à la Pietà des éléments reconnaissables d'autres grandes toiles comme La Mort de Marat, ou La Liberté guidant le peuple[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Thèmes artistiques.