Jean-François Lesueur

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Jean-François Lesueur

Description de l'image  Jean-Francois Lesueur.jpg.
Naissance 15 février 1763
Drucat, Drapeau de la France France
Décès 6 octobre 1837 (à 74 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale Compositeur
Maîtres abbé Roze
Élèves Hector Berlioz, Ambroise Thomas, Charles Gounod, Xavier Boisselot, Louis Désiré Besozzi, Antoine François Marmontel
Récompenses Académie des beaux-arts
Distinctions honorifiques chevalier de la Légion d'honneur

Jean-François Lesueur, né au hameau de Drucat près d'Abbeville, le 15 février 1763 et mort à Paris le 6 octobre 1837, est un compositeur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Petit-neveu du célèbre peintre Eustache Lesueur, Jean-François Lesueur est issu d'une illustre et ancienne famille de Picardie. Enfant de chœur à la collégiale d'Abbeville, puis à la cathédrale d'Amiens, Lesueur fait ses études au collège d'Amiens. En 1778, il est nommé maître de chapelle de la cathédrale de Sées, puis vient à Paris pour étudier l'harmonie auprès de l'abbé Roze, maître de chapelle des Saints-Innocents[1]. Il est nommé maître de chapelle à la cathédrale de Dijon (1779), puis du Mans (1782), puis à Saint-Martin de Tours (1783) avant de succéder à l'abbé Roze aux Saints-Innocents à Paris. En 1786, il est reçu après concours au poste de directeur musical de Notre-Dame de Paris.

Pour la fête de l'Assomption, il a l'idée d'ajouter l'orchestre à sa musique et remporte un très grand succès. Il recommence pour les fêtes de Pâques, de la Pentecôte, et de Noël, attirant à chaque fois une telle foule qu'on ne tarde pas à appeler la cathédrale Notre-Dame l'« opéra des gueux », mais suscite la controverse dans le monde ecclésiastique et musical. Il réplique à la polémique dans une brochure intitulée Exposé d'une musique imitative et particulière à chaque solennité (1787). Le chapitre décide finalement de réduire le budget de la musique ce qui contraint Lesueur à renoncer aux importantes masses orchestrales qu'il affectionne et l'amène à démissionner en 1788. Il voyage à Londres puis, de 1788 à 1792, loge chez le chanoine Bochard de Champigny.

Il revient à Paris en 1792 et donne avec succès trois opéras au théâtre Feydeau : La Caverne ou le Repentir (1793), Paul et Virginie ou le Triomphe de la vertu (1794), Télémaque dans l'île de Calypso ou le Triomphe de la sagesse (1796).

Nommé professeur de l'École de la Garde nationale le 21 novembre 1793, il est élu, en 1795, membre de la Commission des études et nommé Inspecteur au Conservatoire, nouvellement fondé. Avec Étienne Nicolas Méhul, Honoré Langlé, François-Joseph Gossec et Charles Simon Catel, il rédige les Principes élémentaires de la Musique et des Solfèges du Conservatoire. Ne parvenant pas à faire accepter ses opéras Ossian ou Les Bardes et la Mort d'Adam, auxquels l'Opéra préfère la Sémiramis de Catel, Lesueur publie un violent pamphlet, Projet d'un plan général de l'instruction musicale en France, dans lequel il attaque le Conservatoire, ses méthodes et son directeur. Cette charge lui vaut sa révocation le 23 septembre 1802.

Privé de ses appointements, Lesueur se trouve presque réduit à la misère lorsqu'en 1804, Bonaparte le nomme maître de la chapelle des Tuileries, en remplacement de Giovanni Paisiello. Temporairement différé par Nicolas Dalayrac dont Le Pavillon du Calife tombe[2], il donne alors son œuvre la plus célèbre, Ossian ou Les Bardes, qui remporte un immense succès à l'Opéra et devient l'opéra préféré de l'Empereur, qui accorde au compositeur la croix de chevalier de la Légion d'honneur. Lesueur compose ensuite la Marche triomphale du couronnement de Napoléon et, à cette occasion, dirige à Notre-Dame une messe de Paisiello et un Vivat de l'abbé Roze. En 1813, il est nommé membre de l'Académie des beaux-arts en remplacement d'André Grétry.

À la Restauration, il est nommé compositeur de la chapelle de la cour et chef d'orchestre de l'Opéra. Le 1er janvier 1818, il est chargé de la classe de composition au Conservatoire où il a comme élèves Hector Berlioz, Ambroise Thomas, Charles Gounod, Xavier Boisselot, Louis Désiré Besozzi et Antoine François Marmontel. En 1825, il est chargé d'organiser et de composer la musique pour le sacre de Charles X dans la cathédrale de Reims.

Une école publique de la ville d'Amiens porte son nom, elle est située rue Dupuis.

Œuvres lyriques[modifier | modifier le code]

Dans ses ouvrages lyriques, note Émile Vuillermoz, « Lesueur recherche des effets scéniques nouveaux, exige des décors compliqués, une figuration considérable, des accessoires saisissants, des animaux dressés, et dépense une érudition déconcertante dans le domaine de l'antiquité classique et dans celui d'un exotisme plus ou moins conjectural. Il est hanté par les présentations grandioses et les instrumentations exceptionnelles[3] » Il annonce ainsi, dans une forme encore classique, le grand opéra romantique, comme les essais d'exotisme des tragédies de Lemierre annoncent le drame romantique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Essai historique sur la cathédrale et le chapitre de Sées par H. Marais, Alençon 1876.
  2. Marc Pincherle, Musiciens peints par eux-mêmes : Lettres de compositeurs écrites en français (1771-1910), publiées par Marc Pincherle, Paris, P. Cornuau,‎ 1939, In-8, 253 p. (notice BnF no FRBNF32531148), p. 57.
  3. Émile Vuillermoz, Histoire de la musique, Paris, Arthème Fayard, « Les grandes études historiques », 1949, 8e édition, p. 168-170. [1].

Liens externes[modifier | modifier le code]