Henri Bouchard (sculpteur)

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Portrait du sculpteur Henri Bouchard, par Carolus-Duran (1906), Roubaix, La Piscine, Musée d'art et d'industrie[1].

Henri Bouchard[2], né le 13 décembre 1875 à Dijon et mort le 30 novembre 1960 à Paris, est un sculpteur et graveur médailleur français[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un menuisier dijonnais, Henri Bouchard entre comme apprenti chez un décorateur ornemaniste où il apprend les rudiments de la sculpture. Il suit dans le même temps les cours de l'École des beaux-arts de sa ville natale, avant de s'inscrire à l'Académie Julian et d'entrer à l'École nationale supérieure des arts décoratifs, où il est l'élève d'Hector Lemaire de 1889 à 1894. Il y est élève de François Dameron. Il entre ensuite à l'École nationale supérieure des beaux-arts dans l'atelier du sculpteur Louis-Ernest Barrias de 1895 à 1901.

En 1901 il remporte le grand prix de Rome pour son œuvre intitulée Exil d'Œdipe. De 1902 à 1906, il est pensionnaire à la villa Médicis à Rome, d'où il envoie des œuvres comme le Faucheur (1904)[4]., Débardeur du Port de Naples, Fillette à la cruche ou Jeune danseuse romaine. Il envisage un temps de dédier un monument au travail et aux travailleurs.

Il voyage de 1903 à 1905. Outre l'Italie, il visite la Tunisie en 1903, le Maroc en 1904 et la Grèce (en 1905). Ces années aiguisent son goût pour la vie quotidienne et le labeur des petites gens.

1906-1924 : retour en France, il vit et travaille dans le quartier Montparnasse à Paris où, dans la lignée de Jules Dalou ou de Constantin Meunier, il développe son approche naturaliste du monde des travailleurs. Il reçoit sa première commande de l'État en 1907. De 1910 à 1917, il est nommé professeur à l'Académie Julian. Son art devient plus stylisé, rythmé, plus décoratif aussi. Il crée de petites pièces décoratives et reçoit de nombreuses commandes d'œuvres monumentales et de reliefs.

Bouchard voyage en 1912 vers le nord : en Angleterre, Belgique et aux Pays-Bas.

En 1913, il épouse l'artiste peintre Suzanne Schneller dont il modèle le buste[5]. Il élèvera avec elle 3 enfants. Entre 1914 et 1918, il est mobilisé dans la section du camouflage de l'armée française à Amiens. En 1911 il effectue un voyage en Allemagne, où il réalise un portrait de Claus Sluter. Démobilisé, Bouchard rentre à Paris en février 1919.

Pour répondre aux nombreuses commandes qui lui sont passées, il se fait construire en 1924 un atelier à Paris dans le quartier d'Auteuil, qui deviendra le Musée Henri Bouchard, fermé en mars 2007, pour être transféré à Roubaix. Il participe au salon des arts décoratifs de 1925. De 1928 à 1929, il est nommé professeur à l'École nationale supérieure des arts décoratifs, puis de 1929 à 1945, il devient professeur et chef d'atelier à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.

En 1930, il est élu membre agrégé étranger à l'Académie royale d'Anvers (au fauteuil du sculpteur Antoine Bourdelle). En 1933, il devient membre de l'Académie des Beaux-Arts de Paris. Il est nommé membre associé de l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles en 1939. De 1940 à 1945, Bouchard est président du Salon des artistes français.

Il fait partie du voyage en Allemagne en 1941 sur l'invitation de l'occupant nazi, avec 11 autres artistes[6] Il signe un article sur ce voyage dans la revue L'Illustration.

En 1942, suite à la loi du 11 octobre 1941 sur la récupération des métaux non ferreux, trois de ses sculptures en bronze sont détruites pour la refonte : le Monument au maire de BeauneBeaune), Défrichement à Charleville-Mézières et Le Faucheur à Aspet).

Il réalise Père Jacques, l'une de ses dernières grandes sculptures, en 1948. Le 5 novembre 1958, il prononce l'éloge funèbre de son confrère Paul Niclausse en l'église Saint-Germain-des-Prés.

Henri Bouchard meurt à Paris en 1960, laissant un atelier garni de nombreuses esquisses, plâtres et sculptures. Il est inhumé au cimetière d'Aiserey (Côte d'Or) au côté de son épouse Suzanne Schneller.

Il est chevalier de la Légion d'honneur[7].

En décembre 2006 est décidé, par décret, le transfert de l'atelier du sculpteur, préservé dans le 16e arrondissement de Paris depuis sa mort ainsi que 1 300 de ses œuvres, au musée de La Piscine à Roubaix[8]. L'atelier du sculpteur y sera remonté à l'identique et sera accessible au public en 2016 ou 2017.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sculptures[modifier | modifier le code]

Monuments funéraires[modifier | modifier le code]

Médailles[modifier | modifier le code]

  • République française, Ministère de l'agriculture, Concours central hippique Paris. Bronze Date inconnue. Diamètre : 50 mm, 62 grs.

Élèves[modifier | modifier le code]

(liste alphabétique, non exhaustive)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Bouchard, Marie Bouchard et Antoinette Le Normand-Romain, Bouchard, l'atelier du sculpteur : À la découverte du musée Bouchard, préfacé par Antoinette Le Normand-Romain et Olivier Meslay, Paris, Association des Amis d'Henri Bouchard, 1995, 1 vol.(120 p.) : ill, 22 cm
  • Karine Thiébault, Une histoire Bourguignonne : L'ascendance du sculpteur Henri Bouchard, Éditions Généalogiques de la Voûte, 2004.

Expositions[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Didier Rykner, « Deux œuvres de Carolus-Duran pour Roubaix et pour Lille », La Tribune de l'Art, 23 juin 2007.
  2. Né Louis-Henri Bouchard
  3. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, 1976, tome 2, p.207.
  4. Musée des beaux-arts de Dijon.
  5. Buste de Madame Bouchard.
  6. Charles Despiau, Vlaminck, Friesz, André Dunoyer de Segonzac, Van Dongen, Derain, Paul Landowski et Paul Belmondo.
  7. « Notice no 19800035/1282/48014 », base Léonore, ministère français de la Culture, dossier non communicable.
  8. Le Monde, édition du 15-16 juin 2008
  9. a, b et c Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, 1976, tome 2, p. 207.
  10. Il ne reste sur l'île que l'homme et la charrue.
  11. Philippe Besnard, Souvenances (mémoires), p.135 sq., Editions de l'Université d'Ottawa, 1975, (ISBN 0-7766-4254-5)

Liens externes[modifier | modifier le code]