Te Deum

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Le Te Deum est une hymne chrétienne, titre abrégé des premières paroles en latin, Te Deum laudamus (« Dieu, nous te louons »). Cette prière, dont l'origine est mal connue mais datant sans doute du Moyen Âge, peut être chantée le dimanche et certains jours de fête, mais également lors d'occasions festives comme les processions ou les victoires.

Sommaire

Histoire[modifier]

Origines[modifier]

L'origine de cette hymne est inconnue, bien qu'on puisse la faire remonter au moins au Moyen Âge. La tradition lui attribue différents créateurs :

La première mise en mélodie du Te Deum daterait du XIIe siècle, et la première mise en musique polyphonique du XIVe siècle[1]. Il peut être chanté de différentes manières : dans la liturgie des heures, il est psalmodié par deux chœurs qui alternent les versets, comme dans la psalmodie, sur une mélodie grégorienne, ou encore être chanté en polyphonie savante à plusieurs voix, parfois accompagnée d'un orchestre et entrecoupé d'intermèdes instrumentaux (écouter Tonus Sollemnis).

Sens et usage[modifier]

Usage courant[modifier]

Dans les rites latins, le Te Deum est chanté ordinairement durant la liturgie des heures, à l'office de matines, les dimanches et à certaines fêtes, après la proclamation de l'évangile. Dans l'Église anglicane, il est chanté tous les jours de l'année. Il est aussi chanté comme hymne d'action de grâce liturgique lors de certaines circonstances particulières, au choix et jugement de l'ordinaire du lieu.

Traditionnellement, on chante le Te Deum le 31 décembre. (Par exemple, les fidèles de l'Opus Dei le chantent ou le récitent le dernier jour de l'année avant la Messe de Minuit ou durant l'Exposition du Saint Sacrement [2]).

Mais on peut aussi le faire en remerciement d'une faveur particulière comme un baptême, l'élection d'un pape (comme de fut le cas le 19 mars 2013 lors de la messe d'entrée en fonction du pape Francois[3]), la consécration d'un évêque, la profession d'un religieux, la publication d'un traité de paix, un couronnement ou une victoire militaire.

Par exemple : après leur victoire lors de la Bataille de Turin en 1706 sur les troupes de Louis XIV, le duc Victor-Amédée II de Savoie et le prince Eugène, à leur entrée en libérateurs dans Turin, firent célébrer, suivant l'usage, un Te Deum pour commémorer cette victoire[4][5]. En 1212, après la Bataille de Las Navas de Tolosa l'archevêque de Tolède et les croisés entament un Te Deum pour rendre grâce à Dieu de cette victoire[6].

Dans l'Europe de l'époque moderne[modifier]

Au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle, la composition de Te Deum connut en Europe une grande vogue. Cette mode est due à la signification clairement politique que prit ce chant religieux. Il était systématiquement chanté lors de fêtes en l'honneur du souverain : la célébration d'un Te Deum était alors clairement identifiée avec la volonté d'honorer le souverain en place. Ainsi, un Te Deum était chanté dans toutes les églises de France à la suite d'une victoire royale : le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier rappelle une victoire - mal identifiée - de Louis XIV datant de 1690 ou 1693. Lors de la Révolution de 1789, une difficulté apparaît lorsque les nouveaux citoyens demandent la célébration d'un Te Deum, censé célébrer un heureux événement royal, le retour du roi à Paris. Les citoyens contestent le monopole royal de cet usage et l'accord est donné par les députés[7]. La Réforme calviniste supprime quant à elle le Te Deum au XVIe siècle alors que l'Église anglicane le maintient, mais en langue vulgaire. Il est réintroduit dans les Églises de Suisse romande suite aux modification de la liturgie initiées par Jean-Frédéric Ostervald au début du XVIIIe siècle. Il s'impose ensuite sous la forme du cantique "Grand Dieu, nous te bénissons", inspiré de la version allemande qu’en donne Ignaz Fränzl en 1768 (Großer Gott, wir loben dich). Un Te Deum est organisé deux fois par an en Belgique, lors de la Fête Nationale (le 21 juillet) et lors de la Fête du Roi (le 15 novembre, appelée aussi "Fête de la Dynastie"). Il se tient obligatoirement dans la cathédrale (sinon l'église principale) de chaque province, en présence des corps constitutés locaux, des unités militaires locales (obligatoire pour les Officiers) et de tous les citoyens qui le désirent. Localement, un certain nombre de communes plus petites l'organisent aussi, mais il s'agit toujours d'un acte officiel de l'État ou de l'une de ses subdivisions. On y prie pour le Souverain, et la cérémonie se termine invariablement par l'hymne national ("La Brabançonne"). C'est un moment important de l'année pour un catholique royaliste.

Dans les pays latino-américains[modifier]

Célébration du Te Deum Ecuménico de Fiestas Patrias, à Santiago du Chili (18 septembre 2006).

Dans plusieurs pays d'Amérique latine, tels que l'Argentine, la Colombie, le Guatemala, Panama, le Paraguay ou le Pérou, on célèbre un Te Deum lors de la fête nationale. En Équateur, et plus particulièrement dans la ville de Cuenca, on le chante deux fois l'an, lors de les fêtes de la fondation et de l'indépendance, en présence du maire, et des principales autorités civiles, religieuses et militaires de la ville.

Au Chili, les fêtes patriotiques chiliennes du 18 septembre sont l'occasion d'une grande fête à caractère œcuménique, connue comme le « Te Deum œcuménique des Fêtes patriotiques » (Te Deum Ecuménico de Fiestas Patrias). Célébré dans la cathédrale de la capitale, Santiago du Chili, à 11 heures, en présence du président de la République, de l'archevêque et des principaux représentants des églises chrétiennes - catholiques ou non - du pays.

Compositeurs[modifier]

Beaucoup de compositeurs, tels que Lully, Purcell, Campra, Graun, Mozart, Berlioz, Liszt, Bruckner ont mis cette prière en musique. C'est le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier qui reste cependant la version la plus connue. Le prélude a servi de générique à certaines émissions de l'Union européenne de radio-télévision, indicatif de l'Eurovision.

Musique de la Renaissance[modifier]

Musique baroque[modifier]

Musique classique viennoise[modifier]

Musique romantique[modifier]

Musique moderne[modifier]

  • Max Reger (1873–1916) : « Fantaisie sur Te Deum laudamus », 3e partie des Drei Orgelstücke opus 7 (1892) ; « Te Deum » tiré des Zwölf kleine Stücke für die Orgel opus 59 (1901) ;
  • Wilhelm Furtwängler (1886–1954) : Te Deum pour solistes, chœur et orchestre (1910) ;
  • Charles-Marie Widor (1844-1937) : Te Deum 4ème mouvement de la symphonie antique pour solistes, chœur, orgue et orchestre (1911);
  • Walter Braunfels (1882–1954) : Te Deum op. 32 pour soprano, ténor, chœur, grand orchestre et orgue (1920/1921) ;
  • Ralph Vaughan Williams (1872–1958): Te Deum in sol majeur pour chœur, orgue et orchestre (1928) ; Festival Te Deum pour chœur, orgue et orchestre (1937) ;
  • Benjamin Britten (1913–1976) : Te Deum in ut majeur (1934) ; Festival Te Deum opus 32 pour chœur et orgue (1944) ;
  • Hermann Schroeder (1904–1984) : Te Deum op. 16 (1934) ;
  • Zoltán Kodály (1882–1967) : Budavári Te Deum (1936) ;
  • Heinz Schubert (1908-1945) Hymnisches Konzert pour soprano, ténor, chœur, orgue et orchestre (1939) ;
  • Joseph Haas (1879–1960) : Te Deum opus 100 für Soli, gem. Chor und Orchester (1945) ;
  • William Walton (1902–1983) : Coronation Te Deum für Chor, Orchester und Orgel (1952–53) ;
  • Ernst Pepping (1901–1981) : Te Deum (1956) ;
  • Jeanne Demessieux (1921-1968): Te Deum, op. 11 pour orgue (1959) ;
  • Walter Kraft (1905–1977) : Te Deum (?) ;
  • Günter Gerlach (1928–2003) : Te Deum, cycle pour orgue (1961) ;
  • Percy Young (1912–2004) : Festival Te Deum (1961) ;
  • Heinrich Sutermeister (1910–1995) : Te Deum (1975) ;
  • Krzysztof Penderecki (1933- ) : Te Deum pour solistes, chœur et orchestre (1980) ;
  • Hans Posegga (1917–2002) : Oratorio Te Deum Benediktoburanum (1981) ;
  • Petr Eben (1929–2007) : Prager Te Deum (1989) ;
  • Pēteris Vasks (1946- ) : Te Deum (1991) pour orgue ;
  • Arvo Pärt (1935- ) : Te Deum pour trois chœurs, piano, cordes et bande magnétique (1992) ;
  • Xavier Benguerel (1931- ) : Te Deum pour solistes, chœur et orchestre (1993) ;
  • Jan Sandström (1954- ) : Te Deum pour chœur et orchestre (1996) ;
  • Ruth Zechlin (1926–2007) : Te Deum (2001) ;
  • Heinrich Poos (1928- ) ;
  • Steve Dobrogosz (1956- ) ;
  • Siegfried Matthus (1934- ) : Te Deum pour solistes, chœur et orchestre (2005, composé à l'occasion de la fin des travaux de rénovation de la Frauenkirche de Dresde) ;
  • Winfried Nowak (1965- ) : Te Deum pour soprano et chœur à trois voix a capella (2006) ;
  • Jeanne Barbey (1977- ) : Te Deum (2006, composé en faveur de l'abbaye Sainte-Marie de Lagrasse).

Paroles[modifier]

Texte latin original Texte français (version traduite) Texte français (traduction officielle)[9] Traduction française du Te Deum approuvée par le cardinal Ratzinger (imprimatur 10 novembre 1990, Rome).

Te Deum laudamus,
te Dominum confitemur.
Te aeternum Patrem,
omnis terra veneratur.

Tibi omnes angeli,
tibi caeli et universae potestates,
tibi cherubim et seraphim,
incessabili voce proclamant :

« Sanctus, Sanctus, Sanctus
Dominus Deus Sabaoth.
Pleni sunt caeli et terra
maiestatis gloriae tuae. »

Te gloriosus Apostolorum chorus,
te prophetarum laudabilis numerus,
te martyrum candidatus laudat exercitus.

Te per orbem terrarum
sancta confitetur Ecclesia,
Patrem immensae maiestatis;
venerandum tuum verum et unicum Filium ;
Sanctum quoque Paraclitum Spiritum.

Tu rex gloriae, Christe.
Tu Patris sempiternus es Filius.
Tu, ad liberandum suscepturus hominem,
non horruisti Virginis uterum.

Tu, devicto mortis aculeo,
aperuisti credentibus regna caelorum.
Tu ad dexteram Dei sedes,
in gloria Patris.

Iudex crederis esse venturus.
Te ergo quaesumus, tuis famulis subveni,
Quos pretioso sanguine redemisti
Aeterna fac cum sanctis tuis
in gloria numerari[10].

Salvum fac populum tuum, Domine,
et benedic hereditati tuae.
Et rege eos
et extolle illos usque in aeternum.

Per singulos dies benedicimus te ;
et laudamus nomen tuum in saeculum,
et in saeculum saeculi.

Dignare, Domine, die isto
sine peccato nos custodire.
Miserere nostri, Domine,
miserere nostri.

Fiat misericordia tua, Domine, super nos,
quemadmodum speravimus in te.
In te, Domine, speravi :
non confundar in aeternum.

Nous te louons, Dieu,
Nous t'acclamons, Seigneur.
Père éternel,
Toute la Terre te vénère.

C'est pour toi que tous les anges,
les cieux, toutes les puissances,
les chérubins et les séraphins
chantent inlassablement :

« Saint, Saint, Saint,
Dieu, Seigneur de l'univers ;
le ciel et la terre sont remplis
de la gloire de ta majesté. »

C'est toi que les Apôtres glorifient,
toi que proclament les prophètes,
toi dont témoignent les martyrs.

C'est toi que par le monde entier
l'Église annonce et reconnaît ;
Nous t'adorons, Père infiniment saint,
ton Fils unique et bien-aimé,
et aussi le Saint Esprit.

Toi, Christ, tu es Seigneur de la gloire,
Tu es le Fils de Dieu,
Toi, pour libérer l'humanité captive,
Tu n'as pas craint le corps d'une vierge.

Par ta victoire sur la mort,
tu as ouvert à tout croyant le Royaume des Cieux ;
tu sièges à la droite de Dieu
dans la gloire du Père.

Nous croyons que tu viendras en juge.
Aussi, défends tes serviteurs,
sauvés par ton sang :
prends-les avec tous les saints
pour jouir avec eux de la gloire éternelle.

Sauvez ton peuple, Seigneur,
et bénis ceux qui ont recueilli ton héritage.
Et conduis-les
Et donne-leur l'éternité.

Chaque jour nous te bénissons ;
Nous louons ton nom pour toujours,
Et pour les siècles des siècles.

Pitié, Seigneur, aujourd'hui,
garde nous du péché.
Prends pitié de nous, Seigneur,
prends pitié de nous.

Que ta miséricorde, Seigneur, soit sur nous,
ainsi que nous l'espérons.
C'est en toi, Seigneur, que j'ai espéré.
Que je ne sois jamais confondu.

A Toi, Dieu, notre louange !
Nous t'acclamons : tu es Seigneur !
A Toi, Père éternel,
L'hymne de l'univers.

Devant Toi se prosternent les archanges,
Les anges et les esprits des cieux ;
Ils Te rendent grâce ;
Ils adorent et ils chantent :

Saint, Saint, Saint, le Seigneur,
Dieu de l'univers ;
Le ciel et la terre sont remplis
De Ta gloire,

C'est Toi que les Apôtres glorifient,
Toi que proclament les prophètes,
Toi dont témoignent les martyrs ;

C'est Toi que par le monde entier
L’Église annonce et reconnaît.
Dieu, nous T'adorons : Père infiniment saint,
Fils éternel et bien-aimé,
Esprit de puissance et de paix.

Christ, le Fils du Dieu vivant,
Le Seigneur de la gloire,
Tu n'as pas craint de prendre chair
Dans le corps d'une vierge pour libérer l'humanité captive.

Par ta victoire sur la mort,
Tu as ouvert à tout croyant les portes du Royaume ;
Tu règnes à la droite du Père ;
Tu viendras pour le jugement.

Montre-Toi le défenseur et l'ami
des hommes sauvés par Ton sang ;
Prends-les avec tous les saints
Dans Ta joie et dans Ta lumière.

Sauve ton peuple, Seigneur,
Et bénis Ton héritage.
Dirige les tiens
Et conduis-les jusque dans l'éternité.

Chaque jour nous te bénissons
Et nous louons Ton nom à jamais
Et dans les siècles des siècles.

Daigne, Seigneur, en ce jour,
Nous garder de tout péché.
Aie pitié de nous, Seigneur,
Aie pitié de nous.

Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur,
Car nous avons mis en Toi notre espérance.
En Toi, Seigneur, j'ai mis mon espérance :
Que je ne sois jamais confondu.

Nous vous louons, ô Dieu !
Nous vous bénissons, Seigneur.
Toute la terre vous adore,
ô Père éternel !

Tous les Anges,
les Cieux et toutes les Puissances.
Les Chérubins et les Séraphins
s'écrient sans cesse devant vous :

Saint, Saint, Saint est le Seigneur,
le Dieu des armées.
Les cieux et la terre,
sont plein de la majesté de votre gloire.

L'illustre chœur des Apôtres,
La vénérable multitude des Prophètes,
L'éclatante armée des Martyrs,
célèbrent vos louanges.

L'Église sainte publie vos grandeurs,
dans toute l'étendue de l'univers,
Ô Père dont la majesté est infinie !
Elle adore également votre Fils unique et véritable ;
Et le Saint-Esprit consolateur.

Ô Christ ! Vous êtes le Roi de gloire.
Vous êtes le Fils éternel du Père.
Pour sauver les hommes et revêtir notre nature,
vous n'avez pas dédaigné le sein d'une Vierge.

Vous avez brisé l'aiguillon de la mort,
vous avez ouvert aux fidèles le royaume des cieux.
Vous êtes assis à la droite de Dieu
dans la gloire du Père.

Nous croyons que vous viendrez juger le monde.
Nous vous supplions donc de secourir vos serviteurs,
rachetés de votre Sang précieux.
Mettez-nous au nombre de vos Saints,
pour jouir avec eux de la gloire éternelle.

Sauvez votre peuple, Seigneur,
et versez vos bénédictions sur votre héritage.
Conduisez vos enfants
et élevez-les jusque dans l'éternité bienheureuse.

Chaque jour nous vous bénissons ;
Nous louons votre nom à jamais,
et nous le louerons dans les siècles des siècles.

Daignez, Seigneur, en ce jour,
nous préserver du péché.
Ayez pitié de nous, Seigneur,
ayez pitié de nous.

Que votre miséricorde, Seigneur, se répande sur nous,
selon l'espérance que nous avons mise en vous.
C'est en vous, Seigneur, que j'ai espéré,
je ne serai pas confondu à jamais.

Anecdotes[modifier]

Notes et références[modifier]

  1. Présentation du « Prélude » du Te Deum de Charpentier par la Médiathèque de la Cité de la musique [1]
  2. De spiritu et de piis servandis consuetudinibus - Del Espíritu y de las Costumbres, Roma, 1990 9ième édition- n° 100
  3. article du Figaro "Des milliers de fidèles à la messe d'installation du Pape"
  4. Biographie universelle, ancienne et moderne ou Histoire, par ordre alphabétique, de la vie Publique et privée de tous les hommes .... , Paris, L-G Michaud, 1827, Volume 48 (de Vau à Villa), Note de bas de page, à la page 389, dispo sur Google Books
  5. Le siège de Turin sur le site du Museo Pietro Micca.it, chapitre "Les phases finales"
  6. (es)La batalla de las Navas de Tolosa: España junta, sola y vencedora
  7. Compte-rendu à l'Assemblée nationale par M. le Comte de Vioménil, page 23.
  8. Vierteljahrsschrift für Musikwissenschaft. Herausgegeben von Friedrich Chrysander, Philipp Spitta und Guido Adler. Fünfter Jahrgang, Leipzig, Breitkopf und Härtel, 1889.
  9. A.E.L.F. pour la traduction francophone autorisée (PTP p. 581).
  10. Dans certains rites, ce verset est chanté à genoux ou incliné sur les miséricordes des stalles.

Lien externe[modifier]