Judée

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31° 41′ 56″ N 35° 18′ 23″ E / 31.69889, 35.30639

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Judée
Image illustrative de l'article Judée
La vallée d'Elah dans la Shephelah de Judée

Pays Israël, Cisjordanie
Ville(s) principale(s) Jérusalem, Bethléem, Hébron, Jéricho
Coordonnées 31° 41′ 56″ N 35° 18′ 23″ E / 31.698889, 35.30638931° 41′ 56″ Nord 35° 18′ 23″ Est / 31.698889, 35.306389  
Géologie roches crayeuses qui recouvrent une couche calcaire
Relief Monts de Judée, Désert de Judée, Shéphélah
Cours d'eau Jourdain

Image illustrative de l'article Judée
Situation de la Judée parmi les régions antiques d'Israël et de Palestine

Géolocalisation sur la carte : Palestine (relief)

(Voir situation sur carte : Palestine (relief))
Judée

Géolocalisation sur la carte : Israël

(Voir situation sur carte : Israël)
Judée

La Judée (de l'hébreu יהודה, Yehudah) est le nom historique et biblique d'une région montagneuse qui correspond aujourd'hui à une partie de la Cisjordanie et du sud d'Israël. Son nom vient de la tribu de Juda dont elle constituait le territoire. Dans l'Antiquité, c'était une région plutôt reculée au relief escarpé. La Judée a été le centre de plusieurs royaumes et provinces antiques : le royaume de Juda à l'âge du Fer, la province perse de Yehoud Medinata, les royaumes hasmonéen et hérodien puis la province romaine de Iudaea.

Les monts de Jérusalem au centre des monts de Judée
Le nahal Darga dans le désert de Judée
La Judée dans l'empire romain

Nom[modifier | modifier le code]

Le territoire de la Judée est aussi traduit en français par Juda, nom de l'un des deux royaumes de l'Israël antique à l'âge du Fer.

Dans le Nouveau Testament, le nom Judée a deux sens :

En 135, l'empereur Hadrien changea le nom de la province de Judée en Syria Palaestina (Syrie Palestine).

Géographie[modifier | modifier le code]

La Judée est délimitée au nord par la Samarie, au sud par le Néguev, à l'ouest par la plaine côtière et à l'est par la vallée du Jourdain. C'est une région aride et montagneuse. L'altitude maximale se trouve sur le Mont Hébron à 1 020 mètres, l'altitude minimale se trouve à 400 mètres au-dessous du niveau de la mer, au bord de la Mer Morte.

La Judée se divise en trois sous-régions[1] :

Les limites de la Judée ayant évolué au cours de l'histoire, la plaine côtière située entre Tel Aviv-Jaffa au nord et Ashkelon au sud peut aussi être considérée comme faisant partie de la Judée. C'est pourquoi les établissements juifs qui s'y sont développés à partir du XIXe siècle portaient le nom de moshavot de Juda.

Les monts de Judée eux-mêmes peuvent se diviser entre trois zones, avec du nord au sud :

  • les monts de Béthel, avec au centre Béthel et Ramallah
  • les monts de Jérusalem constituent la zone la moins élevée de monts de Judée. Son altitude maximale est 895 m
  • les monts de Hébron

La Judée est aujourd'hui divisée entre Israël et la Cisjordanie.

Acception moderne du terme[modifier | modifier le code]

Les termes de Judée et Samarie sont aujourd'hui utilisés par le gouvernement israélien pour désigner en hébreu la Cisjordanie. L'Organisation des Nations unies les a utilisés en 1948 pour se référer à une partie du sud des actuels Cisjordanie et Israël[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire/Protohistoire[modifier | modifier le code]

La présence humaine dans cette région est attestée depuis l'âge de la pierre.

Les paléoanthropologues pensent que la région était sur la route des grandes migrations des Homo sapiens, il y a 100 000 ans.

L'archéologie a révélé que la ville de Jéricho existe depuis plus de 11 000 ans.

Âge du fer[modifier | modifier le code]

Le royaume d'Israël selon la Bible, à l'époque de David. La Judée est au centre de celui-ci, et en son cœur, Jérusalem.

L'histoire des Israélites est relatée par la Bible selon laquelle, après la sortie d'Égypte des Hébreux, conduits par Moïse, les tribus d'Israël arrivent en Terre promise, et s'y répartissent. La tribu de Juda s'installe dans une zone comprenant les actuels Néguev, Shéphélah et désert de Judée, ainsi que la région autour de Jérusalem[3]. Les tribus s'unissent en un seul et même royaume d'Israël, ayant pour capitale Jérusalem, pour rois successivement Saül, issu de la tribu de Benjamin, David puis son fils Salomon, issus de la tribu de Juda. Un schisme entre le nord et le sud crée un Royaume d'Israël et un Royaume de Juda.

Le Nord subsiste deux siècles, avant d'être envahi par les Assyriens. La chute du royaume du sud vient en 586 av. J.-C., lorsque la Judée est envahie par les Néo-Babyloniens.

La Judée perse puis grecque[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Yehoud Medinata.

Après l'Exil à Babylone, c'est la domination des Perses Achéménides puis des Grecs Séleucides.

Le royaume des Hasmonéens[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hasmonéens.

La résistance des hasmonéens (cf. Livres des Macchabées) donna lieu un temps à un royaume indépendant, le royaume de Judée, gouverné par des ethnarques, grands-prêtres hasmonéens.

La fin de l'indépendance, de 37 av. JC à 1948[modifier | modifier le code]

La période romaine puis byzantine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Judée (province romaine).

La Judée tomba ensuite sous domination romaine en 63 av. J.-C. : Hyrcan II et Aristobule, fils de la reine Alexandra, se disputant le trône, Aristobule fit appel à Pompée. Le comportement d'Aristobule déplut à Pompée, et il mit Hyrcan sur le trône à sa place. La Judée devint un État-client, indépendant de jure mais dominé de facto. Quand Pompée fut vaincu par Jules César, Hyrcan fut mis de côté et le pouvoir effectif fut donné à Antipater, l'un de ses ministres, qui gouverna jusqu'à sa mort en 44 av. J.-C. En 40, Hyrcan II fut tué et son neveu, Antigone II Mattathiah, monta sur le trône. Dernier des Hasmonéens, il fut tué en 37 av. J.-C. sur l'ordre d'Hérode (fils d'Antipater, tétrarque de Judée depuis 41 nommé par Rome), et de Marc Antoine.

En 37 av. JC, Hérode prit le titre de roi, il nous est connu sous le nom d'Hérode Ier le Grand. Les Romains l'appelèrent « roi, allié et ami du peuple romain » (rex socius amicusque populi Romani). À sa mort en 4 av. JC, il partagea son royaume entre ses enfants, parmi lesquels Hérode Archélaos, qui gouverna si mal qu'il fut déposé en l'an 6 de l'ère chrétienne par Auguste, à l'appel de sa propre population, et Hérode Antipas, époux d'Hérodiade, dont il est question dans le Nouveau Testament. Désormais, la Judée était directement sous contrôle romain : elle devient un district dépendant du gouverneur de Syrie et administré par un préfet, de l'Ordre équestre seulement à cause de la moindre importance de la province. Ponce Pilate fut l'un de ces préfets, en charge probablement de 26 à 36. En évidence du titre praefectus de Pilate, il y a une inscription en pierre découverte à Césarée. La capitale passa de Jérusalem à Césarée, bâtie sous Hérode le Grand.

La Judée regagna un peu d'indépendance entre 41 et 44, quand Hérode Agrippa reçut le titre de roi de l'empereur Claude, puis quand son fils, Hérode Agrippa II, monta sur le trône en 48. Pendant son règne eut lieu la première grande révolte de Judée, en 6670: elle fut matée par Titus, qui fit raser le Temple de Jérusalem. À la mort d'Hérode Agrippa II, la province revint sous contrôle romain direct. Deux révoltes eurent encore lieu :

À la suite de cette dernière révolte qui fit subir de lourdes pertes aux armées romaines, Hadrien changea le nom de la province en « Syrie Palestine », Syria Palæstina, et Jérusalem fut rebaptisée en Ælia Capitolina, pour humilier les Juifs. Selon l'historien chrétien Eusèbe, Hadrien interdit aux Juifs d'habiter la polis ou colonia de Ælia Capitolina, bien que les Juifs aient continué d'habiter les autres parties du pays, sous son nouveau nom de Syrie Palestine. Il est erroné de croire qu'Hadrien expulsa les Juifs de toutes les parties de l'ancienne Judée. Le frère dominicain et historien Félix Abel, de l'École Biblique à Jérusalem, fait autorité sur cette période de l'histoire du pays, ainsi que l'historien israélien Michael Avi-Yonah.

De 395 à 638, la région devient une province de l'Empire byzantin.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Jérusalem, troisième ville sainte de l'Islam, est conquise. Les Arabes abbassides s'y installent. Ils laissent les chrétiens faire leur pèlerinage. En 1078, les Turcs seldjoukides délogent les Arabes de Jérusalem, et bloquent le pèlerinage chrétien. Les croisades débuteront en 1095 (cf. Croisades), plusieurs royaumes chrétiens latins seront fondés dans la région, dont le Royaume de Jérusalem, ayant pour épicentre Jérusalem et la Judée. Il tombera en 1187.

En 1516 débute la période ottomane, qui s'achève en 1917 avec la Première Guerre mondiale.
Entre-temps, pendant le XIXe siècle, des Juifs sionistes viennent s'installer sur la Terre promise, mais moins souvent en Judée.
De 1917 à 1948, la Judée fait partie de la Palestine mandataire.

Depuis 1948 : la Judée dans Israël et dans les territoires arabes[modifier | modifier le code]

Le Plan de partage de la Palestine de 1947 prévoyait que la majeure partie de la Judée fasse partie de l'État arabe. S'ensuit la Guerre civile de 1947-1948 en Palestine mandataire. En mai 1948, l'État d'Israël est proclamé, commence alors la Guerre israélo-arabe de 1948-1949. Les jeunes armées israéliennes repoussent les frontières du jeune État, une partie de la Judée devient israélienne, l'autre jordanienne. La guerre de 1967 donne le contrôle de toute la Judée à Israël mais les accords d'Oslo de 1993 en confient l'administration d'une partie aux Palestiniens, alors que la question des implantations juives dans les territoires occupés devient très sensible.

Des Bédouins vivent dans l'ancien désert de Judée

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Caroline Arnould-Béhar, La Palestine à l'époque romaine, (ISBN 978-2-251-41036-4)
  2. Résolution 181 de l'ONU (Plan de Partage de la Palestine)
  3. Josué 15, trad. Segond

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]