Paganisme

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Paganisme est un terme générique employé depuis le VIe siècle par des chrétiens pour désigner la religion de ceux qui ne sont ni chrétiens, ni juifs. Il remonte au latin paganus (païen). Au VIe siècle, ce mot pouvait servir à désigner les habitants des campagnes par opposition à ceux des villes ou bien les civils par oppositions aux militaires. D'abord employé comme sobriquet populaire par des chrétiens pour désigner ceux qui ne sont pas baptisés[1], le terme a ensuite été adopté dans la littérature chrétienne[2]. Même s'il y désigne toujours ceux qui ne sont pas chrétiens, son acception y est cependant ambiguë. Il est parfois employé de façon péjorative pour désigner ceux qui sont tenus pour être des ignorants, parfois de façon neutre pour désigner les philosophes grecs, parfois encore pour désigner des chrétiens jugés mal convertis ou tièdes dans leur foi[3]. À partir de 370, des lois impériales regroupées au Ve siècle dans le code théodosien emploient le terme paganus pour désigner ceux qui pratiquent la magie, ceux qui sont considérés comme superstitieux ou dans l'erreur. Le terme a depuis conservé une connotation péjorative[4].

De nombreux Pères de l'Église ayant écrit « contre les païens », le paganisme a eu une première existence sous forme de fiction littéraire[5], comme s'il s'agissait de la religion de ceux qui ne sont pas chrétiens. Le paganisme tel qu'il a été exposé par les Pères de l'Église n'était cependant pas à proprement parler une religion[6], il s'agit plutôt de l'ensemble sans homogénéité des positions philosophiques et des croyances rejetées par les Pères de l'Église. Le paganisme est ainsi, dans l'antiquité tardive, une attitude combattue par des chrétiens puis par les autorités, mais elle n'est revendiquée par personne. C'est surtout à l'époque moderne, avec l'essor de l'histoire des religions que le paganisme commence à être perçu et étudié comme une religion parmi d'autres. Le paganisme peut aujourd'hui être revendiqué sous forme de néo-paganisme, ou bien comme une position philosophique tel que l'a fait Marc Augé dans Le génie du paganisme[7].

Le mot paganus n'a pas son correspondant chez les écrivains chrétiens de langue grecque qui utilisent le terme moins péjoratif de « nations » ou « religions nationales » (ethnikoï) (décalque de l'hébreu).

Histoire du concept[modifier | modifier le code]

Premiers emplois du mot paganus dans le sens de « non-chrétien »[modifier | modifier le code]

La première attestation de l'emploi de ce terme pour désigner ceux qui ne sont pas chrétiens se trouve sur l'épitaphe de la tombe d'une enfant de Sicile, Julia Florentina, ayant vécu quelques mois durant les premières décennies du IVe siècle[8]. L'épitaphe fait état de sa brève vie en indiquant qu'elle est née païenne (nata pagana), puis qu'à l'âge de 18 mois, quelques heures avant son dernier souffle, elle fut baptisée. L'épitaphe évoque ensuite la douleur des parents et l'inhumation par un prêtre dans un lieu où reposaient des martyrs. Ce que signale cette inscription à propos du terme paganus est que, selon un usage du début du IVe siècle, des gens naissent « païens » tandis qu'ils peuvent devenir chrétiens par le baptême.

Au milieu du VIe siècle, Marius Victorinus est le premier auteur chrétien à employer le terme paganus en son sens nouveau. Alors qu'il commente un passage de la lettre de Paul aux Galates où il est question des Juifs et des Grecs[9], Marius Victorinus précise : « les Grecs, c'est-à-dire les païens (apud Graecos, id est apud paganos)[10] ». À cette époque, ceux qui sont désignés comme « les Grecs » sont les anciens philosophes dont les œuvres sont à la base de toute éducation littéraire. Marius Victorinus identifie ainsi les païens aux hommes unanimement reconnus comme comptant parmi les plus savants de l'histoire. Au VIIe siècle, Isidore de Séville reprendra cette idée en proposant une étymologie fantaisiste du terme païen. Il affirme que paganus vient du grec pagos, comme dans Aréopage. Le nom pagos aurait ainsi, selon Isidore, désigné les habitants d'Athènes. Mais en fait, dans Aréo-pagos, le grec pagos signifie simplement « colline », l'Aréopage étant la « colline de Mars ». Le terme paganus vient quant à lui du latin pagus qui désignait les paysans ou ce qui est de la campagne, et certainement pas les habitants d'Athènes. Augustin écrit pour sa part qu'il nomme païens : « les adorateurs de la multitude des faux dieux[11] ». Orose considère tout simplement que les païens sont des paysans. Pour ce qui concerne les textes législatifs, le terme apparaît en premier lieu dans une loi promulguée en 370 par l'empereur Valentinien, il est ensuite assez fréquemment employé dans un ensemble de lois religieuses promulguées de 381 à 423 et regroupées dans le livre XVI du code de Théodose. Selon ces lois, les païens sont ceux qui pratiquent la magie, qui sont considérés comme superstitieux ou dans l'erreur.

Débats étymologiques[modifier | modifier le code]

L'origine du terme paganus est sujette à polémique. Pour certains, paganus signifiait « civil », pour d'autres, « paysan ».

Dans le premier cas, les chrétiens se considèrent comme des soldats du Christ (les païens étant alors ceux qui sont exclus de cette armée[12]). Tertullien (v.150~v.230) valorise les milites christi, « les soldats du Christ, les chrétiens » contre les pagana fides « ceux qui croient au pays, les fidèles de la religion impériale »[13]. C'est la référence morale de l'« Opus Dei » catholique, de l'« Armée du Seigneur » orthodoxe et de l'« Armée du salut » protestante, ainsi que des anciens ordres de moines-soldats.

Dans le second cas, les chrétiens sont identifiés aux citoyens romains vivant en collectivité (et « paganus », dans le sens d'« homme du pays », d'« indigène » non-citoyen conservant les religions antérieures, apparaît dans la langue littéraire à la fin du IVe siècle, sans qu’il y ait de connotation dépréciative). Le premier auteur à utiliser paganus est Marius Victorinus[12]. Paganus fonctionne toujours en rapport d’opposition à l'idée d'association, de collectivité, de communauté, et c’est à travers cela qu’il faut chercher l’origine du sens médiéval de païen. D'ailleurs, le paganisme n'était pas spécifiquement rural et il est resté longtemps bien ancré dans les villes et fort répandu dans les élites intellectuelles. C'est le cas en particulier à Rome où le Sénat était encore à majorité païenne sous Théodose Ier. Ce n'est donc pas au sens de « paysan » que paganus a été utilisé dans le domaine religieux. Jusqu'à une époque assez tardive, une bonne partie du clergé chrétien des régions occidentales est d'origine orientale et souvent rurale : grecque, syrienne, égyptienne, et paganus ne semble donc pas s’opposer pas à urbanus et n’est pas un synonyme de rusticus. Le terme n’a rien à voir avec le monde paysan, sauf en de rares cas, comme chez Paul Orose.

Philastrius utilise ce terme en donnant une explication qui confirme qu’à la fin du IVe siècle « Paganus » est un équivalent d’« Hellène » (terme par lequel les Grecs du Moyen Âge désignaient leurs ancêtres polythéistes, alors qu'eux-mêmes se définissaient comme Rhômaioi : « Romées », signifiant : « Romains chrétiens »). Chez St-Augustin, on trouve un rapprochement entre « pagani » et « gentiles », mais, en général l’évêque d’Hippone emploie paganus sans explication, pour désigner les non-chrétiens. Dans le code de Théodose II, empereur romain d'Orient, en (409), païen remplace définitivement l'ancien terme de « gentils », pour désigner toutes les croyances non-chrétiennes[14].

Le néopaganisme[modifier | modifier le code]

Il y a tendance actuellement à confondre volontairement ou involontairement le "paganisme" ou religion des Gentils avec diverses tendances religieuses hétéroclites actuelles.

Le paganisme réel, dont parlaient les pères de l'Église, désignait les grandes religions des Romains et des Grecs, pas très différentes de l'Hindouisme actuel. La religion romaine, basée sur la Pietas, la Devotio, la Fides, la Virtus, l'Amor generis humani, la Castitas, la Dignitas, le Ius, le Sacrum, le Fas et le Nefas, le culte des ancêtres intercesseurs, croyant en des forces invisibles, universelles, bienfaisantes et immortelles qui dirigent le monde et que l'on sait se rendre favorables par la prière (prex), ou par une offrande (dont on se prive soi-même) et qui sont appelées sous le nom de Divi (les Saints ou les Dieux), desservie par un clergé de flamines, d'arvales et de vestales et par des collèges de pontifes est tout à fait aux antipodes de ce que certains mouvements actuels désignent sous le nom de paganisme. Il n'est d'ailleurs pas erroné de dire que la Religion Romaine a déteint sur le catholicisme naissant.

On peut néanmoins noter que la "religion des Gentils" (ou religion des Goyim), se résumait à la vision qu'avaient les juifs et les premiers chrétiens des religions des "Autres". Ce qui recouvrait essentiellement à cette époque les religions grecque, romaine et égyptienne. On ne saurait donc limiter le monde à la perception qu'en avaient les juifs et les premiers chrétiens.

Ainsi, les Germains n'avaient pas de caste sacerdotale et ne croyaient, selon César[15], qu'aux divinités dont ils voyaient les effets. Quant aux Gaulois et aux Celtes, leur société s'organisait autour de la caste des druides, présidant à la fois au sacré et au temporel, puisqu'en plus d'intercéder auprès des divinités, ils présidaient au règlement des contentieux entre individus.

À l'heure actuelle, le terme désigne toute résurgence des anciennes religions de l'Europe pré-chrétienne. La déchristianisation dans les pays occidentaux s'accompagne en effet de la renaissance ou de l'apparition de courants religieux ou philosophiques très divers et souvent désignés par le terme générique « néopaganisme ».

Ce terme est bien sûr basé sur l'ignorance de ce qu'était la vraie religion hellénique ou romaine présentée comme étant basée sur l'hédonisme, le vice, le libertinage[16], la débauche et le stupre voire le culte des démons[17] par les apologètes[Qui ?][réf. nécessaire] de la nouvelle religion chrétienne hostiles à l'ancienne croyance.

On pourra citer à titre d'exemple de religion néo-païenne, l'Ásatrú, signifiant littéralement « foi, croyance en les Æsir[18] » en islandais moderne. Ce courant a été reconnu comme une religion à part entière en 1973 en Islande, en 2003 au Danemark.

Il peut aussi s'agir de « religions naturelles », c'est-à-dire basées sur le culte de la Nature, ou Cosmos, réalité englobante sacrée d'où proviennent les dieux et les hommes et au sein de laquelle dieux et hommes évoluent et se rencontrent dans un rapport différencié, mais en l'absence de toute transcendance ou de tout commencement absolu. Les dieux et les autres entités spirituelles sont immanents au monde et à l'homme qui participe souvent d'ailleurs de ce domaine sacré par son origine ou une part de sa constitution.

Dans le domaine philosophique, on considère souvent que la pensée de Nietzsche est un des fondements du néopaganisme[réf. nécessaire] car directement opposée au judéo-christianisme, bien que Nietzsche n'ait voulu fonder aucune religion ni idéologie.

La crédibilité du néopaganisme a souffert de ce qu'au début du XXe siècle, il a été utilisé par les idéologies fasciste et nazie comme un moyen de lutte contre le christianisme par le biais du culte de la force, de la virilité, du chef, de l'État[réf. nécessaire] : autant de cultes condamnés par les encycliques Non abbiamo bisogno en 1931, contre le culte de l'État fasciste et Mit brennender Sorge en 1937, contre le culte du chef et de la race (le pape avait cependant accepté un concordat avec Mussolini lors des accords du Latran du 11 février 1929).

Aujourd'hui, les néopaganismes sont surtout par exemple, des courants de pensée « New Age », tout comme des renaissances druidiques ou de cultes germaniques, indépendants et indifférents au judéo-christianisme.

La résurrection de l'hellénisme[modifier | modifier le code]

Assemblée des Dieux.
Illustration du codex Vergilius romanus, folio 234, Ve ou VIe siècle, Bibliothèque apostolique vaticane

Selon les porte-parole du mouvement « Ellinaïs »[19], le seul paganisme authentique, ayant survécu en Grèce et se redéveloppant aujourd'hui, serait celui des Έλληνες (« Hellènes », désignant les rares grecs restés fidèles aux dieux de l'Olympe, à l'époque où les autres grecs, christianisés et sujets de l'Empire byzantin, se définissaient comme Ρωμαίοι = « Romées », qui a donné « Roumis » chez les Turcs). Ρωμαίοι (« Romées ») vient du nom officiel de l'Empire byzantin : Ρωμανία (« Romania »)[20]. Mais ces Έλληνες (« Hellènes »), devenus esotériques et clandestins, n'ont jamais dépassé quelques milliers d'initiés avant le XXe siècle. « Ellinaïs » actuellement revendique 150 000 fidèles, mais selon la police grecque, ils seraient une trentaine de milliers au plus. Le mouvement réclame à l'état grec sa reconnaissance officielle comme culte, au même titre que les autres. Une jurisprudence récente les considère comme un mouvement religieux légal devant les tribunaux. La grande prêtresse de ce culte, Doreta Pepa, considère que la religion grecque antique a été persécutée depuis 1600 ans par la religion chrétienne, et qu’il n’est que justice que le culte soit exercé dans les anciens temples, et que les « présentations au temple» (correspondant au "baptême", cérémonie n'existant pas dans l'ancien hellénisme), mariages et funérailles olympiens soient reconnus comme actes juridiques. Pour faire admettre cela, elle a porté plainte contre l'État grec devant la CIJ.

En revanche, selon la plupart des historiens hellénistes actuels, ainsi que selon les autorités et l'Église orthodoxe grecque (98 % de la population), le mouvement des « Hellènes » serait en fait un « hellénisme » réinventé moderne et d'origine savante, déconnecté des traditions historiques antiques, ne donnant aucune preuve crédible d'une survie clandestine de l'ancienne religion hellénique, et à considérer comme une secte. La principale raison avancée par le gouvernement pour refuser l’ouverture des sites religieux antiques au culte olympien moderne, est la protection du patrimoine historique. L'administration des monuments historiques s'oppose, par exemple, à ce que les « Hellènes » pratiquent leurs rituels dans des sites comme le temple de Zeus olympien d'Athènes, où ils veulent fêter le nouvel an antique selon un calendrier commençant en 776 avant notre ère. Malgré cela, le côté “exotique” et spécifiquement grec de ce culte olympien, dit aussi « dodécathéiste », lui donne dans les médias grecs un côté sympathique qui le rend attractif pour de nouveaux adeptes[21].

Autres paganismes[modifier | modifier le code]

De nos jours, on qualifie aussi de paganisme, du moins avec le regard de la culture chrétienne d'Europe, des religions lointaines qui n'ont jamais participé à la fondation du mot, comme l'hindouisme.

Dans le cadre de la mondialisation, les mouvements néopaïens modernes ont fait leur jonction en 1998 avec les autres religions polythéistes, au sein du Congrès mondial des religions ethniques (WCER), et espèrent être reconnus. À une époque où le développement de l'islam en Europe, le rejet du christianisme et l'essor de l'évangilisme remettent en question les équilibres établis depuis le XIXe siècle, le propos n'est plus utopique.

La question de la transformation des temples païens anglais en églises d’après les instructions de Grégoire le Grand permet de réfléchir au concept de païen. Le terme « paganus » ne se trouve que dans le Registre des lettres du pape où, clairement pagani est synonyme de gentiles. Grégoire ne considère pas les païens forcément d’une façon négative. À l'époque carolingienne, la correspondance d’Alcuin révèle un réel souci chez le conseiller de Charlemagne pour la conversion des païens. Lors des campagnes militaires contre les Saxons, il préconise toujours la persuasion, rappelant à plusieurs reprises qu’on ne saurait donner la foi à un païen par la violence. Mais dans les faits il ne fut guère suivi et cela n'empêcha pas en 785 Charlemagne de promulguer le capitulaire De partibus Saxoniæ : les païens doivent se convertir sous peine de condamnation à mort[22].

Historique[modifier | modifier le code]

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  • 800 av. J.-C. - 750 av. J.-C. : rédaction des textes homériques
  • 776 av. J.-C. : création des Jeux olympiques en Grèce
  • 753 av. J.-C. : fondation de Rome
  • vers 700-600 av. J.-C. : prêche de Zarathoustra (Zoroastre) en Perse
  • vers 530 av. J.-C. : mort du roi perse Cyrus le Grand, fidèle de Mithra
  • vers 399 av. J.-C. : condamnation à mort de Socrate pour impiété
  • 323 av. J.-C. : mort d’Alexandre le Grand, fils de Zeus et nouvel Héraclès et Dionysos
  • 303 av. J.-C. : chez les stoïciens, identification des dieux avec les forces de la nature
  • 167 av. J.-C. : le roi séleucide Antiochos IV Épiphane cherche à convertir les Juifs à l’hellénisme, suscitant une guerre ; il veut transformer le temple de Jérusalem en temple de Zeus olympien.
  • 65 av. J.-C. : Pompée entre à Jérusalem et entre dans le temple de Salomon, commettant ainsi un acte d’impiété
  • 52 av. J.-C. : Crassus s’empare des richesses du temple de Salomon pour financer sa guerre contre les Parthes
  • 44 av. J.-C. : assassinat de Caius Iulius Caesar (Jules César), fils de Mars et de Vénus
  • 21 av. J.-C. : Auguste interdit les cultes orientaux à Rome.
  • 8 av. J.-C. : naissance de Yeshua Ben Yosef à Bethléem (Jésus de Nazareth), fils du charpentier Yosef (fils de Dieu, selon les chrétiens) et de son épouse Myriam
  • 2 av. J.-C. : construction du Forum Augusti à Rome, au cœur duquel se trouve le temple de Mars Vengeur (Ultor)
  • 14 : mort de l’empereur Auguste
  • 19 : l'empereur Tibère interdit le judaïsme en Italie
  • 42 : Claude expulse les Juifs de Rome
  • 52 : Caligula veut faire placer sa statue dans les synagogues et dans le temple de Jérusalem ; révolte juive
  • 67 : l’empereur Néron persécute les chrétiens, accusés d’avoir mis le feu à Rome
  • 70 : destruction par Titus, fils de l'empereur Vespasien, du temple de Jérusalem
  • 95 : l’empereur Domitien fait condamner des familiers convertis au judaïsme et au christianisme
  • 117 : politique antijuive en Égypte et Mésopotamie de l’empereur Trajan. Les communautés juives d’Alexandrie, de Chypre et de Libye sont décimées.
  • 132 : lutte de l’empereur Hadrien contre la révolte juive de Bar Koshba ; Jérusalem devient Aelia Capitolina. Les Romains construisent un temple dédié à Jupiter Capitolin sur les ruines du Temple.
  • 251 : l’empereur Dèce interdit le christianisme
  • 252-259 : l’empereur Valérien interdit le christianisme
  • 260 : édit de tolérance de Gallien en faveur des chrétiens
  • 274 : l’empereur Aurélien construit un temple dédié à Sol Invictus à Rome
  • 297-301 : conversion du roi arménien Tiridate III par Grégoire l'illuminateur
  • 305 : décret d’interdiction du christianisme par l’empereur Dioclétien
  • 306-312 : l’empereur Maxence prend à Rome la tête d’un mouvement traditionaliste païen mené par les prétoriens
  • 311 : l’empereur Galère tolère le christianisme au moment de sa mort
  • 312 : victoire de Constantin Ier sur Maxence lors de la bataille du pont Milvius ; Constantin attribue sa victoire à Sol Invictus et au dieu chrétien
  • 313 : Constantin et Licinius tolèrent le christianisme ; mort de l’empereur réformateur païen Maximin Daia
  • 314 : conversion du roi d'Albanie (Aghbanie, devenue Azerbaïdjan) Urnayr au christianisme par Grégoire l'Illuminateur.
  • 317 : conversion du roi d’Ibérie (Géorgie) Mirian III et de son épouse Nana par l'évangéliste Nino
  • 324 : victoire de Constantin le chrétien sur Licinius le païen
  • 337 : mort de l’empereur Constantin, baptisé sur son lit de mort
  • 337 : conversion du roi d’Ibérie (Géorgie) Mirian par sainte Nino
  • 361-363 : règne de l’empereur païen Julien, assassinat de ce dernier probablement par un chrétien
  • 365 : règne du païen Procope, cousin de Julien
  • 379 : Gratien abandonne le titre païen de pontifex maximus
  • 392 : L'empereur byzantin Théodose invente le mot « païen » pour désigner les religions autres que le monothéisme chrétien.
  • 392 : décret de Théodose interdisant le paganisme dans tout l’Empire
  • 392-394 : réaction païenne à Rome de l’empereur Eugène, du franc Arbogast et du Sénat ; qui est écrasée lors de la bataille de la Rivière froide (Frigidus)
  • 394 : interdiction des Jeux olympiques par Théodose
  • 399 : destruction du Serapeum (temple de Sérapis) à Alexandrie
  • 415 : assassinat par une foule chrétienne de la philosophe néoplatonicienne Hypatie à Alexandrie
  • 399-420 : règne de Yazdagard Ier, roi perse prochrétien puis devenu antichrétien
  • 421 : persécution des chrétiens sous le roi perse Varhran V
  • 438-459 : règne de Yazdagard II
  • vers 450 : début de la christianisation de l’Irlande par le mythique saint Patrick
  • 472-475 : règne de l’empereur païen d’Occident Anthemius
  • 476 : bref règne du dernier empereur romain, probablement païen, Romulus Augustule, surnommé Augustulus
  • 488 : révolte à Byzance de l’Isaurien païen Illous avec l’aide de son ami le poète païen Pamprépios
  • 498 : conversion du roi franc Clovis Ier au christianisme
  • 529 : l’empereur byzantin Justinien interdit l’enseignement de la philosophie païenne à Athènes. Les philosophes, dont Damascios et Simplicius de Cilicie, quittent Byzance et sont accueillis à la cour du roi perse Khosro Ier (Khosro Anushirvan).
  • Vers 530 : fermeture du temple d’Isis à Philæ
  • 550 : fermeture de l’école philosophique païenne d’Alexandrie
  • 562 : grande persécution contre les païens de Constantinople
  • 565 : mort du dernier roi païen irlandais, Diarmat McCerbaill (restauration païenne de 559-565), et fermeture du sanctuaire druidique de Tara
  • 580 : fermeture du temple de Baal Shamin, dieu du ciel, à Baalbek
  • 630 : le concile de Reims condamne les augures et les rites païens
  • vers 650 : fermeture définitive du sanctuaire d’Ammon-Rê, assimilé à Zeus depuis Alexandre, à Siwah
  • 652- vers 1000 : résistance païenne iranienne face à l’islam
  • 653 : conquête de la Perse par le calife Omar ; l’islam devient religion officielle et le shah Yazdagard III est assassiné
  • vers 650-700 : fin de la christianisation des Anglo-Saxons
  • 745 : le concile de Soissons recommande aux évêques de préserver le peuple du paganisme environnant
  • 772 : Les Francs attaquent le temple païen des Externsteine en Basse-Saxe.
  • 774 : Par les capitulaires de Paderborn, Charlemagne interdit sous peine de mort la fréquentation du Thing, les cultes païens et les coutumes associées, y compris la consommation de viande de cheval, ainsi que ceux qui refusent le baptême chrétien[23].
  • 782 : Massacre de prêtres et nobles païens à Verden qui refusent le baptême.
  • 798 : conversion forcée des Saxons de Witukind par Charlemagne
  • vers 840 : révolte des derniers Saxons païens
  • vers 850-860 : conversion du roi Boris Ier de Bulgarie
  • 889-893 : réaction païenne du roi Vladimir de Bulgarie, fils du précédent
  • à partir de 950 environ : début de la christianisation des Basques
  • 950-998 : conversion de la Laconie (autour de Sparte) par l’Arménien saint Nicôn
  • 960 : conversion du roi danois Harald à la Dent bleue
  • 966 : conversion du prince polonais Mieszko Ier
  • 976 : conversion du roi Boleslaw et de la Bohême
  • 978 : mort du roi irlandais Domnal Hua Neill, dernier roi ayant des druides à sa cour
  • 989 : conversion du roi russe Vladimir le Rouge
  • 995 : début de la christianisation de la Norvège par le roi Olaf Trygvasson
  • 999 : conversion de l’Islande au christianisme
  • 1000 : conversion du roi hongrois Vaîk (Étienne), fils de Geza et petit-fils d'Arpad, fondateur du royaume
  • vers 1000 : réaction païenne russe à Novgorod
  • 1008 : conversion du roi suédois Olof Skötkonung
  • 1037 : réaction païenne du peuple polonais[réf. nécessaire]
  • 1046 : réaction païenne du peuple hongrois[réf. nécessaire]
  • vers 1050 : fermeture de l’école philosophique païenne d’Harran en Mésopotamie (Carrhae) par les autorités musulmanes
  • 1071 : réaction païenne en Russie, à Souzdal et dans plusieurs autres villes, menée par les prêtres païens (volkhvy)
  • 1079 : exécution dans l’Empire byzantin du philosophe néoplatonicien Jean Italos
  • 1080-1083 : réaction païenne du roi suédois Blot Sven ; à sa mort, assassiné, le temple d’Uppsala est détruit et remplacé par une église
  • 1083- environ 1120 : réaction païenne du suédois Erik, fils de Blot Sven, en Ost Gotland et en Samland (Laponie)
  • 1165 : conversion forcée des Finnois par les Suédois
  • 1194-1250 : règne de Frédéric II Hohenstaufen, empereur du Saint-Empire romain germanique ; mena une politique culturelle païenne[réf. nécessaire], rejetant personnellement le christianisme.
  • Vers 1220 : conversion de l’Estonie et de la Lettonie par les chevaliers teutoniques
  • 1227 : nouvelle réaction païenne à Souzdal. Quatre prêtres païens sont immolés.
  • 1238-1248 : révolte païenne finlandaise
  • 1261 : apostasie du duc lituanien Mindaugas et réaction païenne
  • 1263-1265 : réaction païenne du roi lituanien Trenoita
  • 1265-1268 : conversion du roi lituanien Vaisvilkas
  • 1270-1282 : réaction païenne du roi Traidenis
  • 1316 : conversion du roi lituanien Gediminas
  • 1386 : début de la christianisation de la Lituanie par Jogaila (Jagellon)
  • 1452 : mort du philosophe grec néopaïen Georges Gémiste Pléthon à Mistra
  • vers 1500-1600 : conversion réelle de la Lituanie, mais des noyaux païens subsistent jusqu’au XXe siècle

Paganisme arabe[modifier | modifier le code]

Le paganisme arabe existait depuis longtemps sur la péninsule Arabique. Il y avait plusieurs religions préislamiques chez les Arabes[24]. Les spécialistes soulignent trois groupes importants dans l'Arabie méridionale, centrale et septentrionale. Le Coran conteste plusieurs divinités de cette époque parmi celles-ci : (Hubel, Quzeh, Al Ozzâ, Wadd (l'Amour), Amm, Yagût, Nasr, les considérant comme fantasque ou les assimilant aux djinns. Tous les Arabes n'étaient pas des païens : les communautés israélites et chrétiennes (notamment nestoriennes) étaient nombreuses en Arabie, et Mahomet le messager d'Allah a d'ailleurs tenu à leur accorder un statut de dhimmis (« Gens du Livre protégés ») au sein de l'islam.

Il existait différents cultes des morts chez les Arabes, mais ils sont mal connus. Les tombeaux étaient des lieux saints, et on y accomplissait des rituels de vénération ou propitiatoires. La Ka'ba était déjà vénérée par certains Arabes païens et elle devint par la suite le lieu de pélerinage principal de l'Islam lors du [ [ Hajj ] ] un des cinq pilliers de l'Islam.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Zeiller, « Paganus. Sur l'origine de l'acception religieuse du mot » dans Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 84e année, N. 6, 1940. pp. 540-541. La dimension d'abord populaire de l'usage d'appeler paganos les non-chrétiens est signalée par Augustin, Lettre 184, « vel Gentiles, vel iam vulgo usitato vocabulo Paganos appellare consuevimus » (Les Gentils, ou bien ceux que l'on appelle d'habitude païens selon le terme communément employé), texte latin sur Augustinus.it ; ainsi que par une loi de 409 reprise dans le code de Théodose, XVI, 5, 46, quos vulgo paganos appellant, Texte latin sur The Latin Library.
  2. Maijastina Kahlos, Debate and dialogue : Christian and pagan cultures c. 360-430, Ashgate Publishing, 2007, p. 24.
  3. Voir l'usage du terme chez Salvien de Marseille
  4. Définitions lexicographiques et étymologiques de « païen » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  5. Lucien Jerphagnon qualifie le paganisme combattu par Augustin dans La Cité de Dieu contre les païens de « paganisme de papier ». Lucien Jerphagnon, « Préface » de Saint Augustin, La Cité de Dieu, Gallimard, La Pléiade.
  6. Pierre Gisel, Qu'est-ce qu'une religion ?, p. 62. Pour Pierre Gisel : « Paganisme et christianisme ne s'opposent pas comme deux systèmes de croyances. »
  7. Marc Augé, Génie du paganisme, Gallimard, Paris, 1982. (ISBN 2-070-23094-5) ; voir aussi Alain de Benoist, Comment peut-on être païen ?.
  8. Jacques Zeiller, « Paganus. Sur l'origine de l'acception religieuse du mot » dans Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 84e année, N. 6, 1940. pp. 540-541
  9. Lettre de saint Paul aux Galates, 4 ,3.
  10. Marius Victorinus, Epistola Pauli ad Galatas, Libro II, 4, 3. Texte en latin de l'édition Migne sur Documenta Catholica Omnia, col. 1175.
  11. Augustin, Rétractations,
  12. a et b Impies et païens entre Antiquité et Moyen Âge, sous la dir. Lionel Mary et Michel Sot, Paris, Picard, 2002 ; (ISBN 2-7084-0670-1)
  13. De corona militis, De la couronne du soldat, 11, Apud hunc tam miles est paganus fidelis quam paganus est miles fidelis, « Avec lui, le citoyen croyant devient soldat, et civil celui qui croit à l'armée. »
  14. Dictionnaire historique de la langue française, dir. Alain Rey, dictionnaires Le Robert
  15. César, Guerre des Gaules, chapitre 6.
  16. Pour donner un exemple de la haute morale païenne, l'on voit Sénèque exhorter le sage à exclure les relations sexuelles qui n’ont pas pour but de procréer avec sa femme (Lettres à Lucilius, 94.26).
  17. Julien Ries, Cultes païens et démons dans l'apologétique chrétienne de Justin à Augustin, dans : Anges et démons, Centre d'histoire des religions, Louvain-la-Neuve, Belgique : Résumé de l'article : L'apologétique chrétienne marquait son opposition au culte païen des idoles. Les Pères de l'Eglise se sont attaqués à ces idoles et ont voulu démontrer qu'à travers elles, les païens adoraient les démons. Augustin a fait une vraie étude des fondements de l'idolâtrie". Lire aussi : Dom Augustin Calmet, Commentaire litteral sur tous les livres de l'ancien et du nouveau Testament : « Les Pères ont crû avec raison que les Démons se faisoient rendre par les Gentils un culte sacrilège dans les Idoles »
  18. Snorri Sturluson, L’Edda, récits de mythologie nordique, éditions Gallimard, traduit par François-Xavier Dillmann, p. 51, (ISBN 2-07-072114-0).
  19. Kostas Stathopoulos dans Associated Press, Zeus Worshippers Demand Access to Temple. The New York Times, 19 janvier 2007
  20. (el) http://www.megarevma.net/ellin_i_romios.htm
  21. Le "renouveau païen en Grèce"
  22. Jean Mabire, Pierre Vial, les Vikings à travers le monde, éditions l’Ancre Marine, 2004, p. 14
  23. Réfléchir et Agir (Revue autonome de désintoxication idéologique), n°10, hiver 2001, Verden an der Aller, un grand symbole, par Robert Dun, p. 66-67.
  24. Identités et stratégies politiques dans le monde arabo-musulman. De Laurent Chabry, Annie Chabry. L'Harmattan, 2001, ISBN 2-7475-0905-2. p. 32

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc Augé, Génie du paganisme, Gallimard, Paris, 1982. (ISBN 2-070-23094-5).
  • B. Ribémont, «Impies et païens entre Antiquité et Moyen Âge», Cahiers de recherches médiévales, comptes rendus dans [1].
  • Pierre Gisel, Qu’est-ce qu’une religion ?, Paris, Librairie Philosophique J. Vrin (coll. « Chemins philosophiques »), 2007

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]