William Bouguereau

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William Bouguereau

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Autoportrait, Salon de 1895.

Nom de naissance Adolphe-William (ou William-Adolphe) Bouguereau
Naissance 30 novembre 1825
La Rochelle
Décès 19 août 1905 (à 79 ans)
La Rochelle
Nationalité Drapeau de la France Française
Activités Peintre
Formation École des beaux-arts de Paris
Maîtres François-Edouard Picot
Élèves Elizabeth Jane Gardner Bouguereau
Gustave Doyen
Guillaume Seignac
Mouvement artistique Peinture académique
Mécènes Paul Durand-Ruel
Influencé par Ingres
Récompenses second Prix de Rome (1848), premier Prix de Rome (1850), Grand officier de la Légion d'honneur

Œuvres réputées

Zénobie retrouvée par les bergers sur les bords de l'Araxe
La naissance de Vénus

William Bouguereau, né le 30 novembre 1825 à La Rochelle où il est mort le 19 août 1905, est un peintre français représentatif de la peinture académique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dante et Virgile, 1850, musée d'Orsay, Paris.

Son acte de naissance[1] indique Adolphe Williams Bouguereau, mais la dénomination d'usage est celle de la signature de ses tableaux, William Bouguereau.

Il est le fils d'un négociant en vins de Bordeaux et sa famille, de confession catholique, a des origines anglaises.

Il apprend le dessin à l'école municipale de dessins et de peintures de Bordeaux. En 1846, il entre aux Beaux-arts de Paris dans l'atelier de François-Édouard Picot sur la recommandation de J. P. Allaux. Il remporte le second prix de Rome ex æquo avec Gustave Boulanger pour sa peinture Saint Pierre après sa délivrance de prison vient retrouver les fidèles chez Marie (1848).

Il remporte le Premier Prix de Rome en 1850 avec Zénobie retrouvée par les bergers sur les bords de l'Araxe.

En 1866, le marchand de tableaux Paul Durand-Ruel s'occupe de sa carrière et permet à l'artiste de vendre plusieurs toiles à des clients privés. Il a ainsi énormément de succès auprès des acheteurs américains, au point qu'en 1878 lors de la première rétrospective de sa peinture pour l'exposition internationale de Paris, l'État ne peut rassembler que douze œuvres, le reste de sa production étant localisée aux États-Unis[2]. Il passe aussi un contrat avec la maison d'édition Goupil pour la commercialisation de reproductions en gravure de ses œuvres.

Professeur en 1888 à l'école des beaux-arts de Paris et à l’Académie Julian, ses peintures de genre, réalistes ou sur des thèmes mythologiques sont exposées annuellement au Salon de Paris pendant toute la durée de sa carrière. Il travaille aussi à de grands travaux de décoration, notamment pour l'hôtel de Jean-François Bartholoni, et fait aussi le plafond du Grand-Théâtre de Bordeaux.

En 1876, il devient membre de l'Académie des beaux-arts, mais l'année suivante est marquée par des deuils successifs, d'abord deux de ses enfants et ensuite son épouse décèdent.

En 1885, il est élu président de la Fondation Taylor, fonction qu'il occupera jusqu'à la fin de sa vie. Il obtient la médaille d'honneur au Salon[3].

À un âge assez avancé, Bouguereau épouse, en deuxièmes noces, une de ses élèves, le peintre Elizabeth Jane Gardner. Le peintre use également de son influence pour permettre l'accès des femmes à beaucoup d'institutions artistiques en France.

Il meurt en 1905 à La Rochelle.

Un peintre de la femme[modifier | modifier le code]

Naissance de Vénus, 1879, musée d'Orsay, Paris.

Ses tableaux sur la mythologie grecque foisonnent et renvoient aux thèmes déjà repris par la Première Renaissance et le néo-classicisme, périodes qui ont influencé sa peinture, il a notamment abondamment traité des sujets allégoriques. De nombreuses scènes idylliques, champêtres et bucoliques constituent son répertoire.

Un bon nombre de ses tableaux illustrent également les thèmes des liens familiaux et de l'enfance.

Entre toutes ses peintures, son thème de prédilection revient à l'image de la femme. Avec Cabanel, Gervex et Gérome son nom est associé au genre du nu académique. Sa Naissance de Vénus est emblématique, d'une peinture sensuelle profondément influencée par les vénus d'Ingres. C'est avec ce genre qu'il connaîtra le plus de succès mais rencontrera aussi le plus de critiques. À cause de la texture lisse et minutieuse de sa peinture, Joris-Karl Huysmans dira à son encontre : « Ce n'est même plus de la porcelaine, c'est du léché flasque! »[réf. nécessaire]. Le peintre impressionniste Edgar Degas invente le verbe « bouguereauter » pour désigner ironiquement l'action de fondre et de lisser le rendu pictural de cette manière.

Après le deuil qu'il subit en 1877 il se tourne vers une peinture à thème religieux et délaisse les thèmes en rapport avec l'Antiquité de ses débuts.

Postérité[modifier | modifier le code]

Les Nymphes et le Satyre, 1873, Clark Art Institute, Williamstown, Massachusetts.

Déconsidéré en Europe peu après sa mort et jusque vers la fin du XXe siècle, son œuvre y est redécouvert tardivement. De son vivant, les toiles de Bouguereau sont très recherchées par de riches Américains qui les achètent à des prix élevés, de sorte qu'une grande partie de ses œuvres a quitté la France.

Dans le contexte du XXe siècle, où l'influence du modernisme grandit en histoire de l'art pour en devenir finalement le courant officiel[4], l'art académique se trouva discrédité, dévalué[5], sévèrement critiqué par une pensée moderniste favorable à l'art d'avant-garde[6] et mis à l'index[7]. Les artistes académiques comme Bouguereau connurent alors une dévaluation très significative. Pendant des décennies, le nom du peintre a même fréquemment disparu des encyclopédies généralistes et des enseignements artistiques ou fut simplement mentionné comme celui d'un exemple à ne pas suivre[8], objet de moqueries[9] (souvent appuyées sur des citations de Zola ou de Huysmans) et entaché par des rumeurs diffamantes[10]. On reprocha au peintre sa participation aux jurys des Salons officiels de peinture du XIXe siècle qui étaient majoritairement opposés à l'admission des œuvres relevant des mouvements modernes de la peinture (Cézanne surnommait le Salon « Salon de Bouguereau »[11]).

À partir des années cinquante, Salvador Dalí manifeste son admiration pour l'art de Bouguereau, qu'il oppose à Picasso, et contribue à sa redécouverte. Dans Les cocus du vieil art moderne[12], Salvador Dali écrit : « Picasso qui a peur de tout, fabriquait du laid par peur de Bouguereau. Mais, lui, à la différence des autres, en fabriquait exprès, cocufiant ainsi ces critiques dithyrambiques qui prétendaient retrouver la beauté »[13].

Depuis l'exposition rétrospective de ses œuvres organisée au Petit Palais à Paris en 1984, la réputation de Bouguereau s'est progressivement améliorée, sur fond de controverse entre partisans et opposants au retour en grâce de la peinture académique. Ainsi, à l'ouverture du musée d'Orsay, à Paris en 1986, l'exposition d'œuvres académiques est sévèrement critiquée par une majorité de critiques d'art[7],[14]. En 2001, Fred Ross, président du Art Renewal Center qui promeut la réhabilitation de Bouguereau, fustige ce qu'il estime être une « propagande » du modernisme ayant conduit, selon lui, au « système de pensée le plus oppressif et restrictif de toute l'histoire de l'art »[15]. Il édite un catalogue raisonné de l'œuvre peint de Bouguereau écrit par Damien Bartoli.

En 2006-2007 a lieu au Philbrook Museum of Art une exposition[16] consacrée au peintre et à ses élèves américains. La cote élevée de ses peintures témoigne du regain d'intérêt des collectionneurs d'art pour son œuvre[17] et du goût du public pour ses peintures dans les musées[18].

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Argentine[modifier | modifier le code]

  • Premier Deuil, 1888, musée national des beaux-arts, Buenos Aires

Canada[modifier | modifier le code]

  • Parure des champs, 1884, musée des beaux-arts de Montréal, Québec

Cuba[modifier | modifier le code]

  • Le Crépuscule, 1882, National Museum of Art, La Havane

Espagne[modifier | modifier le code]

  • Baigneuse, 1870, musée Gala-Salvador Dali
  • Après le Bain, 1875, Museo Teatro Salvador Dali, Figueiras

États-Unis[modifier | modifier le code]

  • Amour Fraternel, 1851, Museum of Fine Arts, Boston
  • La Bataille des Centaures et des Lapithes, 1853, Virginia Museum of Fine Arts, Richmond
  • Le Printemps, 1866, Joslyn Art Museum, Omaha, Nebraska
  • Premières Caresses, 1866, Lyndhurst, National Trust for Historic Preservation, New York
  • L'art et la Litterature, 1867, Arnot Art Museum, New York
  • La Tricoteuse, 1869, Joslyn Art Museum in Omaha, Nebraska
  • La Sœur aînée, 1869, musée des beaux-arts de Houston
  • Homère et son guide, 1874, Milwaukee Art Museum, Milwaukee
  • La Charité, 1878, Smith College Museum of Art, Massachusetts
  • Jeune fille se défendant contre Éros, 1880, Getty Center, Los Angeles, Californie
  • Les Noisettes, 1882, Detroit Institute of Arts, Detroit
  • Enfant au Bain, 1886, Henry Art Gallery, University of Washington
  • Les Petites Mendiantes, 1890|, Syracuse University of Art Gallery
  • Fille, 1895|, Carnegie Institute Museum of Art, Pittsburgh
  • L'admiration, 1897, Museum of Art, San Antonio, Texas
  • Inspiration, 1898, Columbus Museum of Art, Columbus, Ohio
  • Idylle Enfantine, 1900, Denver Art Museum, Colorado
  • Jeune Prêtresse, 1902, Memorial Art Gallery of the University of Rochester

Grande-Bretagne[modifier | modifier le code]

Inde[modifier | modifier le code]

Prix, récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1848, second prix de Rome pour Saint Pierre après sa délivrance de prison, vient retrouver les fidèles chez Marie .
  • 1850, premier grand prix de Rome pour Zenobie retrouvée par les bergers sur les bords de l'Araxe .

Élèves[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte no 412 du 1er décembre 1825, consultable aux Archives Départementales de Charente-Maritime (Collection du greffe)
  2. James Harding Les peintres pompiers, p. 25.
  3. Henry Havard (ill. Goupil & Cie), Salon de 1885, Paris, Ludovic Baschet,‎ 1885 (OCLC 5867680)
  4. Corinne Robins, The Pluralist Era American Art, 1968-1981, Harper & Row, 1984, p. 2
  5. Academic American Encyclopedia, 1989, Grolier Academic, ISBN 0-7172-2024-9 p. 69
  6. Tim Barringer, "Rethinking Delaroche/Recovering Leighton", 22 septembre 2001
  7. a et b Michael Kimmelman, "Forgiving the popular paintings"[1], November 12, 1989
  8. Mark Roth, "Gifted artist? Bouguereau's work controversial more than a century after his death" [2] In Pittsburgh Post-Gazette, August 21, 2007.
  9. Lisa Small
  10. Damien Bartoli
  11. http://hist-geo.ac-rouen.fr/pdg/art/orsay242.htm
  12. Grasset et Fasquelle, 1956.
  13. Salvador DALI : Les cocus du vieil art moderne.
  14. Andrea Kupfer Schneider, "Creating the Musée D'OrsayThe Politics of Culture in France", Penn State Press, 1998, p. 56
  15. http://www.arthistory.sbc.edu/senior-seminar06/ross.pdf
  16. In the Studios of Paris: William Bouguereau & His American Students
  17. Carly Berwick: Who Is Buying All Those Bouguereaus?New York The sun, October 20, 2005 [3]
  18. Sarah Hall, director of Curatorial Affairs for the Frick Art & Historical Center [4]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • Devenir peintre au XIXe siècle: Baudry, Bouguereau, Lepneveu, exposition du musée municipal de La Roche-sur-Yon du 13 octobre 2007 au 5 janvier 2008, Fage éditions, 128 p. ISBN 978 2 84975 061 2
  • (en)Albert Boime, The Academy and French Painting in the Nineteenth Century Londres, 1971.
  • Aleska Celebonovic, Peinture kitsch ou réalisme bourgeois, l'art pompier dans le monde Seghers, 1974, Paris.
  • (en)Art Pompier: Anti-Impressionism. New York, The Emily Lowe Gallery, Hofstra University, 1974.
  • (en)Louise d'Argencourt et Douglas Druick, The Other Nineteenth Century, Ottawa, The National Gallery of Canada, 1978.
  • James Harding, Les peintres pompiers, Flammarion, 1980, Paris.
  • (en)Robert et H.W. Jason Rosenblums, 19th Century Art, New York, Harry N. Abrams, 1984.
  • Cécile Ritzenthaler, L'école des beaux-arts du XIXe siècle, édition Mayer, 1987.

Monographies[modifier | modifier le code]

  • (en)Fronia E. Wissman, Bouguereau, édition Pomegranate Communications, 1996.
  • (en)James F. Peck, In the Studios of Paris : William Bouguereau & His American Students, éditions Philbrook Museum of Art, 2006.

Catalogues[modifier | modifier le code]

  • R. Jullian Œuvres italiennes de Bouguereau, avril-juin 1948, édition Association des Amis du Musée de Lyon, 1948.
  • (en)Mario Amaya, Robert Isaacson, William Adolphe Bouguereau, New York, New York Cultural Center, 1974.
  • (en)Louise d'Argencourt et Mark Steven Walker, William Bouguereau, Montreal, Canada, The Montreal Museum of Fine Arts, 1984.
  • (en)William Adolphe Bouguereau, L'Art Pompier, Borghi & Co., New York, 1991.

Articles[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]