Hôpital des Enfants-Trouvés

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L'hôpital des Enfants-Trouvés ou Hospital des Enfants-Trouvés fut une institution destinée à recueillir les enfants trouvés ou abandonnés dans plusieurs villes et capitales européennes. Le mot hôpital était utilisé dans un sens plus général qu'on ne lui donne aujourd'hui, il indiquait que ces institutions accordaient l'hospitalité aux déshérités.

Londres[modifier | modifier le code]

Foundling Hospital de Londres au XVIIIe siècle.

Le Foundling Hospital (Hôpital des Enfants-Trouvés) de Londres fut fondé en 1739 par le philanthrope Capitaine Thomas Coram. Il recueillait les enfants abandonnés et assurait leur éducation et leur entretien.

Les premiers enfants furent admis le 25 mars 1741, en un lieu temporaire, une maison située à Hatton Garden. On ne posait alors aucune question concernant l'enfant ou les parents mais souvent les parents déposaient avec l'enfant un signe distinctif. Il s'agissait le plus souvent de pièces marquées, de babioles, de morceaux d'étoffe ou de rubans, de vers écrit sur un morceau de papier. Ces signes et les vêtements (si l'enfant en portait) étaient soigneusement enregistrés. L'une de ces inscriptions disait par exemple, "Papier sur la poitrine, guenille sur la tête". Comme les enfants déposés se faisaient plus nombreux, on mit au point un système de tirage au sort, constitué de boules rouges, blanches et noires.

Les enfants, n'étaient que rarement admis après l'âge de douze mois. À leur arrivée, ils étaient envoyés chez une nourrice à la campagne, où ils restaient jusqu'à l'âge de quatre ou cinq ans, avant de revenir à l'hospital. À seize ans, les filles étaient généralement apprenties domestique pour quatre années ; à quatorze ans les garçons étaient apprentis dans divers métiers pour sept années.

En septembre 1742, la première pierre du nouvel Hospital fut posée en un lieu nommé Bloomsbury, au nord de Great Ormond Street et à l'ouest de Gray's Inn Lane. L'Hospital fut dessiné par Theodore Jacobsen comme un bâtiment en briques pleines comportant deux ailes et une chapelle, construites autour d'une cour. L'aile ouest fut achevée en octobre 1745. L'aile est fut ajoutée en 1752 "afin que les filles puissent être séparées des garçons". Le nouvel Hospital fut décrit comme "le monument le plus imposant érigé en dix-huit siècles de bienveillance" et devint l'œuvre de charité la plus populaire de Londres.

Paris[modifier | modifier le code]

L'hôpital des Enfants-Trouvés de Paris est, à partir de 1670, une section de l'Hôpital général de Paris créé en 1656.

L'assistance aux enfants abandonnés est une obligation seigneuriale découlant du droit d'épave qui fait du seigneur l'héritier des "bâtards" nés, possédant des biens dans sa seigneurie et décédés sans enfants ni testament. En regard des lois et des usages de l'époque les enfants abandonnés ou trouvés sont des "bâtards". Beaucoup de seigneurs essaient d'échapper au financement de l'assistance et tentent de s'en décharger sur les établissements hospitaliers ou sur les communautés d'habitants comme le prescrit l'ordonnance de Moulins de 1556. Cela occasionne de nombreux procès. En 1572, un arrêt du parlement de Paris oblige les seigneurs hauts-justiciers à pourvoir à l'entretien "des pauvres enfants trouvés".

Certaines communautés ont organisé l'assistance. Ainsi la Bretagne où les enfants sont financés par la paroisse où ils ont été trouvés. En Provence, les communautés payent un abonnement de 120 livres environ par enfant accueilli dans les hôpitaux locaux. Mais pour alléger la charge fiscale on se débarrasse des bébés dans les paroisses limitrophes, et on fait des recherches de paternité souvent par dénonciation.

L'Église catholique romaine grâce à des legs ou des dons prend aussi en charge les enfants abandonnés. En 1579 un arrêt du parlement de Paris fait obligation aux curés de secourir les enfants abandonnés de leur paroisse (à défaut des parents ou du seigneur). À la fin du XIIe siècle l'Ordre hospitalier du Saint-Esprit fondé par Guy de Montpellier, est créé pour soulager les pauvres infirmes, les pèlerins et les enfants abandonnés. À la fin du XIVe siècle il possédait près de cent maisons en France. En 1672 il fusionnera avec l'Ordre de Saint-Lazare[1].

En 1633, Vincent de Paul fonde l'Ordre des Filles de la Charité pour aider les enfants parisiens trouvés. Grâce à sa persuasion il arrive à convaincre des "dames charitables" de financer une institution qui centralisera l'action.

En 1638 est alors fondée la Maisons de Couche de Paris qui sera en 1670 rattachée à l'Hôpital Général. Louis XIII le financera pour 4 000 livres, Louis XIV pour 8 000 livres, 120 000 livres lui seront allouées par le roi en 1767.

Une étude détaillée des entrées et sorties à la maison de la Couche entre 1747 et 1756 laisse soupçonner que l'établissement fut au centre d'un gigantesque trafic d'enfants que l'affaire de l'Hôpital général voulut masquer au public et aux autorités[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. La Marche rouge, Marion Sigaut.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]