Cathédrale Saint-Étienne de Toul

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Cathédrale Saint-Étienne
Image illustrative de l'article Cathédrale Saint-Étienne de Toul
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Diocèse de Nancy-Toul
Début de la construction XIIIe siècle
Fin des travaux XVe siècle
(XVIe siècle chapelles Renaissance)
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Meurthe-et-Moselle
Commune Toul
Coordonnées 48° 40′ 31″ N 5° 53′ 40″ E / 48.675278, 5.894444 ()48° 40′ 31″ Nord 5° 53′ 40″ Est / 48.675278, 5.894444 ()  

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Cathédrale Saint-Étienne

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Cathédrale Saint-Étienne

La cathédrale Saint-Étienne de Toul est un édifice de style gothique remarquable par sa façade occidentale, chef-d'œuvre du gothique flamboyant, et par son cloître gothique, le deuxième plus grand de ce style en France, et deux chapelles Renaissance. C'est, avec Notre-Dame-de-l'Annonciation de Nancy, l'une des deux cathédrales du diocèse de Nancy-Toul.

Architecture[modifier | modifier le code]

Les tours de la façade mesurent 65 m de haut[1], la nef, 100 m de long pour une hauteur de voûte de 30 mètres (32 mètres avant rehaussement le du dallage) et le transept 56 m de large.

Malgré une construction sur plus de trois siècles, l'édifice (hors façade) présente une grande homogénéité de style. Le XIIIe siècle voit l'édification du chœur, du transept, de la dernière travée de la nef et de la première travée de la galerie est du cloître. Un élément remarquable lors de la construction du transept est la création de verrières surmontées de roses qui ouvrent le mur du transept sur la majeure partie de sa hauteur. Cet effet de mur vitré sera repris à la cathédrale de Metz lors de la création de la façade occidentale, un siècle plus tard ainsi qu'au XVI° lors de la reconstruction du transept tout comme à la basilique Saint-Vincent de Metz. Au XIVe siècle, les quatre travées suivantes de la nef sont construites. Au XVe siècle, la magnifique façade de style gothique flamboyant est construite ainsi que les deux premières travées de la nef. Au XVIe siècle, deux chapelles Renaissance sont ajoutées à l'avant des collatéraux nord et sud de la nef, la chapelle de Tous-les-Saints, devenue la sépulture de Jean Forget, chapelain et chantre du chapitre des chanoines, et la chapelle des Évêques avec sa voûte plate à caissons, supportée par de simples arcs surbaissés - fermée depuis cinquante ans, en attente de restauration.

La Révolution française fait quelques dégâts notables (destruction des personnages sculptés de la façade). Un bombardement lors de la Seconde Guerre mondiale anéantit la toiture et l'orgue. Une importante campagne de restauration commence dans les années 1980.

Plan de la cathédrale au XVIII° siècle par Dom Calmet

D'une manière générale la cathédrale est une synthèse de l'influence de la cathédrale de Verdun pour la conception du chœur sur crypte et flanqué de tours et de Reims pour la façade « à la française » dont est également reprise l'idée des tympans vitrés des trois portails.

Une École Touloise[modifier | modifier le code]

Deux tours d'aspect inachevé encadrent le chœur ce qui traduit une influence héritée probablement de la cathédrale romane (l'une des tours s'était effondrée peu après sa construction, mais elle étaient coiffées de flèches ajourées gothiques). On retrouve ce plan roman-rhénan sur d'autres édifices religieux lorrains, champenois et rhénans. La cathédrale de Toul est en effet le premier chantier gothique commencé en Terre d'Empire et, de ce fait, a évidemment influencé de nombreux édifices du Saint-Empire, en commençant par la Lorraine et même en Champagne :

Alain Villes dans son ouvrage sur la Cathédrale de Toul définit les prémices d'une école Touloise qui crée le modèle gothique du XIII° siècle qui sera en grande partie repris en terres d'empire notamment via l'Église Notre-Dame de Trèves ou l'église des franciscains de Cologne, la collégiale de Wimpfen-im-Tal...

Une autre influence touloise apparait lors de l'édification de la vaste façade de style gothique flamboyant. Si la décoration des tours de la cathédrale sont probablement inspirée de celles de l'église Saint-Martin de Pont-à-Mousson, le style des clochers et a définitivement influencé l'architecture de la collégiale Saint-Gengoult de Toul, dont le chantier fut contemporain de la cathédrale ainsi que de l'église Saint-Léon de Nancy de style néo-gothique. La structure globale de la façade de structure "à la rémoise" mais dans une style flamboyant de la façade de style Français, ainsi l'influence la plus nette est à la Basilique de Saint-Nicolas-de-Port même si les lignes annoncent déjà la Renaissance, tandis que les portails de la Basilique Notre-Dame de l'Épine reprennent la structure avec gâble présentant un Christ en Croix au-dessus du portail principal.

La chapelle des Évêques[modifier | modifier le code]

La sublime chapelle des évêques est une étonnante chapelle Renaissance dont le plafond unique, en voute plate, ne contient aucune structure de maintien. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la chapelle attend une restauration et sa réouverture au public[2].

La chapelle Jean Forget

Histoire[modifier | modifier le code]

La cathédrale fut probablement construite à l'emplacement d'un temple romain vraisemblablement détruit lors du passage des Huns. Réédifiée à plusieurs périodes, l'édifice actuel, contemporain de la Cathédrale de Reims est la sixième cathédrale édifiée à Toul.

Le groupe cathédral[modifier | modifier le code]

La première cathédrale, dédiée à saint Étienne et Notre-Dame, est édifiée dans la seconde moitié du Ve siècle. Le groupe épiscopal comprend à l’origine trois églises, l’une consacrée à la Vierge, la deuxième à saint Étienne et la troisième, qui servait de baptistère, à saint Jean-Baptiste.

La cathédrale romane[modifier | modifier le code]

Entre 963 et 967, l'évêque Gérard de Toul fait entreprendre la construction d'une cathédrale romane sur l'emplacement des trois basiliques du Ve siècle qui ne formeront plus qu'un seul édifice. Aux XIe siècle et XIIe siècle la cathédrale subit diverses reconstructions avec probablement établissement d'un plan roman-rhénan (chœur flanqué de tours...).

La reconstruction gothique[modifier | modifier le code]

Vue sur le chœur de la cathédrale de Toul (première moitié du XIII° siècle) et ses chapelles attenantes.

Entreprise rapidement après le début des travaux de reconstruction gothique de Reims, le chantier de la cathédrale gothique de Toul débute entre 1207 et 1221, avant ou pendant l'épiscopat de l'évêque Eudes II de Sorcy (1219-1228), la construction de l'édifice que nous pouvons contempler s'étale sur trois siècles pour s'achever en 1561, la cathédrale romane étant détruite petit à petit pour laisser place à l'élévation gothique. Le gros-œuvre du chantier débute par le chœur, flanqué de deux tours de chevet dites « harmoniques », adaptation du plan-type de l’église gothique avec la tradition romane de l'ancien édifice (comme à la cathédrale de Verdun). Le chœur est achevé rapidement, dès 1235. La construction du transept et des cinq dernières travées de la nef dure de 1331 à 1400, en parallèle avec la destruction progressive de la nef romane. Le cloître est alors édifié par Pierre Perrat (mort en 1400) ainsi que le portail occidental. Entre 1400 et 1460, les travaux sont interrompus à cause de la guerre entre le duc de Bourgogne et le duc de Lorraine.

Achèvement flamboyant[modifier | modifier le code]

En 1460, le chapitre de la cathédrale s'étant adressé au pape et au roi de France, il reçoit du pape un don de 1 000 livres, et du roi 1 500 livres qui permettent la reprise des travaux. La construction d'une partie de la façade, jusqu'au niveau de la rosace, et de la première travée de la nef est entreprise par Jacquemin de Lenoncourt. On démolit le massif occidental de la cathédrale romane du XIe siècle. La façade gothique est aux armes de Warry de Dommartin, évêque de Verdun, et de René II de Lorraine. Les seconde et troisième travées de la nef sont achevées dans le style gothique flamboyant. Suit le raccord entre la façade construite à partir de 1460 et la quatrième travée de la nef achevée à la fin du XIVe siècle. Le 9 mars, le chapitre de Toul commande à Tristan de Hattonchâtel le dessin de la façade occidentale en se réservant le droit de la faire construire par l'architecte de son choix. En 1496, la construction du portail occidental de la cathédrale est complétée par le couronnement fleurdelisé des deux tours de style gothique flamboyant, en 1497 sonnent les premières cloches dans la tour Nord. Entre la fin XVe siècle et le début XVIe siècle, l'autel des reliques est édifié dans le collatéral sud. De style composite, il combine avec harmonie le style gothique flamboyant et le style renaissant. Il est orné des armes des mécènes, Nicolas le Sane, chanoine de la cathédrale de Toul et archidiacre de Port, encadré par les armes des évêques de Toul et du blason du chapitre canonial de Toul. 1503 voit la réalisation par un certain I.V. (Jehan le Verrier ?) de la verrière du Couronnement de la Vierge, dans le croisillon nord du transept de la cathédrale[3]. Il est orné des armes des mécènes, le blason de Nicolas le Sane, le blason du cardinal Raymond Perrauld, évêque de Gurk et administrateur apostolique du diocèse de Toul, le blason des évêques de Toul ainsi que le blason du chapitre canonial de Toul.

Apports Renaissance et Baroque[modifier | modifier le code]

Chapelle des Évêques (édifiée après 1533)

À la Renaissance, la cathédrale se voit complétée par la construction du dôme dit « à la Boule d'Or », sur la toiture, à la croisée du transept. Vers 1530, la construction de deux clochers surmontant les tours du chevet est achevée. Avant 1533, l'évêque Hector d'Ailly (1524-1532) passe commande de la chapelle des évêques, de style Renaissance, dans le collatéral nord de la nef ; sa voûte plate dallée a la plus grande portée jamais réalisée (8 mètres)[4]. En 1534, le campanile, entre les deux tours du portail occidental de la cathédrale, est édifié dans le style Renaissance. Il comporte une colonnade, des chapiteaux corinthiens, des arcs en plein-cintre et un dôme. La cloche date de 1536. En 1537, sous l'épiscopat d'Antoine Pélegrin (1537-1542), la partie supérieure du grand meuble de sacristie est installée. Avant 1549, le chantre Jean Forget passe commande de la chapelle de Tous-les-Saints, dans le style Renaissance. Édifié dans le collatéral sud de la nef de la cathédrale, il comporte un dôme surmonté d'un lanternon et utilise le procédé de la perspective en trompe-l'œil de Jean Pèlerin dit « le Viator », chanoine de la cathédrale. 1561 voit l’effondrement de l'étage supérieur de la tour sud du chevet. Les chanoines de la cathédrale font abattre l'étage supérieur de la tour nord du chevet par sécurité et pour une restauration symétrique selon la sensibilité du XVIe siècle font ajouter des toitures en bonnet-de-prêtre.

Fresque de saint Gérard de Toul

Entre 1625 et 1725, l'abside est décorée de marbres et de tableaux représentant des saints  : les saints patrons de la cathédrale, saint Étienne, saint Jean-Baptiste, saint Gérard de Toul ; des saints évêques de Toul, saint Mansuy, saint Amon, saint Gauzelin ; les Pères de l'Église, saint Ambroise, saint Grégoire, saint Jérôme, saint Augustin ; d'autres saints très vénérés dans le Toulois, universels, saint Joseph et sainte Ursule, ou plus locaux, saint Léon IX, sainte Aprône ; les saints Apôtres du Christ, saint Pierre et saint Paul. Certaines de ces peintures à l'huile sur toile seraient de Rémond Constant. Tous ces panneaux peints étaient amovibles à l'origine et servaient de portes d'armoires où les reliquaires des saints correspondants étaient conservés. La Vierge Marie, « mère de Dieu » ou Théotokos, est sculptée dans l'albâtre, et sa statue se trouve sous la baie d'axe du chœur, derrière le maître-autel.

Deux cathédrales pour un diocèse[modifier | modifier le code]

En 1648, l'annexion définitive de l'évêché de Toul au Royaume de France, est entérinée à la suite des traités de Westphalie qui mettent fin à la guerre de Trente Ans. Cette date marque le début d’une longue et lente décadence et mise à l'écart de Toul en tant que centre spirituel. En 1776, le diocèse de Toul qui recouvrait les trois-cinquièmes du duché de Lorraine est démembré pour créer ex nihilo les évêchés de Nancy et Saint-Dié. En 1790, l'évêché de Toul qui existait depuis le IVe siècle est supprimé au profit de Nancy. Le XVIIIe siècle voit la construction de chapelles latérales, de la tribune d'orgues (1750). En janvier 1794, par arrêté municipal et à l'insistance de Paris, on supprime les statues qui garnissaient les niches des portails de la façade occidentale, du jubé, des stalles, et divers ornements dont les sculptures du cloître. Il est cependant possible de se donner une idée de la statuaire en allant admirer le portail de l'église Saint-Martin de Pont-à-Mousson, fortement inspiré du portail principal de la Cathédrale de Toul et dont la statuaire fut refaite après la Révolution.

En 1824, l'évêché de Nancy devient l'évêché de Nancy-Toul. Les verrières du XIIIe siècle de l'abside du chœur sont déposées en 1836 en parallèle au réaménagement des absidioles de part et d'autre du chœur, sous les tours de chevet. En 1840, la cathédrale est classée sur la première liste des monuments historiques. Casimir de Balthasar de Gachéo réalise, en 1863, la verrière de saint Étienne, dans le croisillon sud du transept de la cathédrale. En 1870, la façade occidentale (dont la verrière de la grande rosace du début du XVIe siècle) et le côté sont endommagés par les tirs prussiens. En 1874, Émile Boeswillwald, architecte en chef des monuments historiques, entreprend la restauration de la cathédrale. Son fils Paul Boeswillwald lui succède. Les verrières de l'abside du chœur de la cathédrale sont installées en 1874-1876.

Le 19 juin 1940, la tour sud de la façade occidentale ainsi que l'orgue et la totalité des toitures sont anéanties par un bombardement. Une couverture provisoire est mise en place pour mettre hors-d'eau et protéger les voûtes. La restauration réelle de la toiture à hauts combles fut tardive, ainsi cette installation provisoire dura plus de quarante ans !

La restauration[modifier | modifier le code]

Chapelle des évêques (état en 2005)

Suite à l'incendie de juin 1940, la cathédrale fut dépourvue d'une charpente pendant plusieurs années et donc à la merci des intempéries. Après guerre, sous la direction de Dominique Bortoluzzi, la tour Sud, la rosace et la tribune d'orgue furent restaurées. Dès 1960 il fut possible de songer au projet d'un nouvel orgue pour la cathédrale.

Malheureusement, la toiture provisoire mise en place après guerre donna rapidement des signes de faiblesse. En 1978, les toitures de la cathédrale ne sont toujours pas restaurées et on doit même fermer l'édifice par mesure de sécurité. Le siège du diocèse de Nancy et de Toul ayant été transféré à Nancy en 1790, la cathédrale de Toul appartient à la commune qui assume la lourde charge de restaurer l'intérieur de l'édifice.

C'est seulement à partir de 1981 que les toitures sont reconstruites en reprenant la géométrie d'avant 1940 (couverture en ardoises sur une haute charpente métallique). Cette restauration des parties extérieures de la cathédrale à l'exception de la façade occidentale s'achève en 1995.

Suivent ensuite successivement la restauration partielle de la façade occidentale avec ses deux tours (2003), les travées de la nef principale y compris la polychromie de la nef principale et des clefs de voute (2004-2005), ainsi que la riche polychromie du chœur et du transept (2006-2008), les toitures du cloître (2009-2010) recouvert depuis 60 ans par un toit provisoire en tôle ondulée, et la chapelle des Évêques (2015-2017 ?). Les bas-côtés de la nef attendent encore une future restauration qui sera consécutive à la restauration des toitures des collatéraux.

La cathédrale en chiffres[modifier | modifier le code]

Galerie Est du cloître
  • Longueur extérieure de l'édifice : 100 m
  • La longueur intérieure totale (du chœur jusqu'à la façade ouest) est de 89,81 m
    • dont 52,58 m pour la nef.
  • Le transept possède une longueur intérieure de 47,78 m pour 16,45 m de large (au Nord).
  • Le corps principal de la façade fait 37 m de large pour une hauteur de 40 m (les tours culminent à 62, et les flèches, jamais réalisées auraient dû culminer à 90 m).
  • La hauteur du chœur, surélevé sur la crypte atteint 28,23 m tandis que la hauteur sous voutes de la nef principale varie de 29,23 m sur la première travée jusqu'à 29,60 m (initialement 32m avant la surélévation du sol du transept) ; les nefs latérales sont hautes de 16,77 m.
  • Le cloître est considéré comme l'un, voire le plus vaste de France (157 m linéaires répartis sur 3 galeries).

Le cloître gothique[modifier | modifier le code]

Cloître de la cathédrale depuis la tour Sud

La construction du cloître a commencé vers 1240, d'abord par la galerie Est, dans un style gothique rayonnant, aux grandes baies ouvertes et très simples. L'évacuation de l'eau par les gargouilles s'effectue via des chéneaux, une avancée technologique très moderne pour l'époque et étudiée par Viollet-le-Duc. L'intégralité du cloître a été terminée avant la fin du XIIIe siècle. Au XIVe siècle, la salle du chapitre a été aménagée dans la galerie Nord du cloître, contre la nef de la cathédrale, et fermée par une vaste verrière gothique rayonnante donnant dans le jardin. Il est considéré comme le deuxième plus grand cloître gothique de France, avec 65 mètres pour la galerie Est qui compte dix travées, de l’entrée extérieure du cloître jusqu'au portail communiquant avec l'intérieur de la cathédrale, avec 40 mètres pour la galerie Sud qui est percée de six baies, avec 52 mètres pour la galerie Ouest qui compte huit travées. Les cloîtres gothiques sont en général plus petits que les cloîtres romans, mais il pourrait s'agir ici d'un cas d'adaptation avec harmonie d'une élévation gothique innovante sur un plan de tradition romane. Ce cloître a été construit à la taille d'un des évêchés les plus grands de tout l'Occident chrétien, pendant tout le Moyen Âge, et à la taille d'un chapitre cathédral en conséquence.

Les orgues[modifier | modifier le code]

Grand orgue de la cathédrale Saint-Étienne
Orgue néoclassique Curt Schwenkedel
Orgue néoclassique Curt Schwenkedel
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Meurthe-et-Moselle
Commune Toul
Édifice Cathédrale Saint-Étienne de Toul
Latitude
Longitude
48° 40′ 31″ Nord 5° 53′ 40″ Est / 48.67528, 5.8944 ()  
Facteurs
Construction Curt Schwenkedel (1963)
Caractéristiques
Jeux 63
Claviers 4
tuyaux 4713
Les Grandes Orgues Dupont (1755).

La cathédrale disposait d'un orgue au moins depuis le XIVe siècle. Il connut plusieurs aménagement successifs. À partir de 1740, les chanoines de la cathédrale s'adressèrent à plusieurs facteurs en vue d’édifier un grand instrument sur la tribune, en remplacement du précédent, qui datait du XVIe siècle : François Thierry, Charles Cachet et Jean-André Silbermann furent ainsi sollicités. Ils confièrent finalement le marché en 1751 à Nicolas Dupont, qui construisait alors les orgues de l’église Saint-Jacques de Lunéville, et dont ils avaient pu apprécier sur place le travail. La réception des travaux eut lieu le 14 juillet 1755. Les sculptures du buffet furent réalisées par Athanase Lacourt, de Toul. L'instrument avait quatre claviers et quarante et un jeu. Le premier titulaire fut Jean-Baptiste Nôtre (1732-1807), auteur d'un Livre d'orgue manuscrit. Comme il l’avait écrit dans son devis rédigé en 1751 pour les chanoines, l’ambition de Nicolas Dupont avait été de doter la cathédrale d’un instrument « comparable avec le plus grand nombre des grandes orgues de France, dans lequel on trouvera les jeux pour jouer tous les couplets qui peuvent se faire selon le bon goût du tems, et pouvoir les diversifier pendant tout un office, sans être obligé de répéter deux fois les mêmes meslanges ».

L’instrument de Nicolas Dupont, plusieurs fois modifié par la suite, fut complètement détruit le 20 juin 1940 dans l’incendie de la cathédrale, et remplacé par un instrument de style néoclassique dû à Curt Schwenkedel, inauguré le 23 juin 1963 par Gaston Litaize.

Grandes Orgues de la cathédrale de Toul, par Curt Schwenkedel

Positif

ut 1 à sol 5

Grand-Orgue

ut 1 à sol 5

Récit expressif

ut 1 à sol 5

Écho

ut 1 à sol 5

Pédale

ut 1 à sol 3

Montre 8'
Bourdon 8'
Prestant 4'
Flûte 4'
Nazard 2' 2/3
Doublette 2'
Tierce 1' 3/5
Larigot 1' 1/3
Fourniture IV rgs
Cymbale III rgs
Trompette 8'
Cromorne 8'
Clairon 4'

Montre 16'
Montre 8'
Bourdon conique 8'
Flûte 8'
Prestant 4'
Flûte à chem. 4'
Doublette 2'
Quarte 2'
Flûte 1
Nazard 2' 2/3
Sesquialtera II rgs
Fourniture V-VI rgs
Cymbale IV rgs
Bombarde 16'
Trompette 8'
Clairon 4'

Quintaton 16'
Flûte à chem. 8'
Dulciane 8'
Voix céleste 8'
Octave 4'
Doublette 2'
Cornet V rgs
Carillon III rgs
Plein-Jeu IV-V rgs
Trompette 8'
Basson-Hautbois 8'
Clairon 4'

Bourdon en bois 8'
Flûte à chem. 4'
Principal 2'
Flûte 2'
Tierce 1' 3/5
Sifflet 1'
Cymbale III rgs
Ranquette 16'
Voix humaine 8'
Chalumeau 4'

Principal 32'
Principal 16'
Soubasse 16'
Principal 8'
Flûte à fuseau 8'
Principal 4'
Flûte 4'
Bourdon 2'
Rauschpfeiffe III rgs
Grosse mixture V rgs
Bombarde 16'
Trompette 8'
Douçaine 8'
Clairon 4'

Accouplements
Pos./G.O.
Réc./G.O.
Tirasses
Pos., G.O., Réc., Echo.
Tutti. 5 combinaisons libres.

Le Festival Bach de Toul[modifier | modifier le code]

Johann Sebastian Bach - Les Variations Goldberg BWV 988

Depuis, la commune organise le Festival Bach de Toul consacré à Johann Sebastian Bach. La première édition voit la participation de François-Henri Houbart, organiste de la Madeleine à Paris, Suzanne Ramon, lauréat du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, Yeon-Ju Kim, du quatuor de saxophone Versax, de Pascal Vigneron, Christine Auger et de Karolos Zouganelis dans les variations Goldberg BWV 978. L'édition 2011 voit la participation de Pierre Méa, organiste de la cathédrale de Reims, Véréne Westphal, violoncelliste, Thierry Ospital, lauréat du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, Manuel Roque Cardoso, pianiste, lauréat de l’École normale de musique de Paris, Le quatuor de clarinette Clarias, la mezzo soprano Anne Maugard, Le claveciniste Pieter-Jan Belder, le pianiste Dimitri Vassilakis. Le directeur artistique du Festival Bach de Toul est Pascal Vigneron. Les lieux des concerts sont la cathédrale Saint-Étienne, la collégiale Saint-Gengoult, le musée de Toul, la chapelle de l'hôpital Saint-Charles.

Les vitraux[modifier | modifier le code]

Vitrail du Transept Nord daté 1503

Riche de la tradition verrières et des vitraillers Lorrains, la cathédrale conserve des vitraux depuis son édification (XIII° siècle) jusqu'aux créations du XIX° siècle.

Le chœur fut orné de vitraux commandé par l'évêque Roger de Mercy en 1235, ces vitraux représentent des scènes bibliques ou de la vie de Saint et furent déplacée dans les absidioles attenantes au chœur au XIX° siècle suite à la conception de nouveaux vitraux par Casimir de Balthazar de Gachéo. Ce dernier composa de beaux vitraux pour habiller les trois fenêtres à doubles lancettes de 26 mètres de haut éclairant le chœur : dans un style historiciste, l'artiste présente 14 scènes de la vie du christ dans la verrière centrale ; des scènes de l'ancien testament dans celle de gauche ; des épisodes clefs de la vie de l'Église dans cette de droite.

L'œuvre majeure de Balthazar de Gachéo est le grandiose vitrail du transept Sud posé en 1863. Cette vaste verrière habille la plus vaste ouverture gothique d'en seul tenant de France (28 m de haut - 216m²). Le registre supérieur évoque l'invention des reliques de Saint-Étienne tandis que la partie inférieure représente quatre des plus célèbres évêques de Toul : le premier, Saint-Mansuy ; Saint-Epvre ; Saint-Gérard et Saint Léon-IX évêque puis Pape et les scènes de vies qui leur sont associés.

Le vitrail du transept Nord date du XV° siècle et représente une très beau couronnement de la Vierge, thématique intéressante puisqu'il rappelle notamment la double consécration de la cathédrale de Toul à Notre-Dame en plus de Saint-Étienne. Ce vitrail de 1503 est signé I.V. pour Jean le Verrier et comme pour le transept Sud possède des proportions remarquables.

Les fenêtres hautes de la nef quant-à elles présentent des grisailles aux liserets bleutés du XV° siècle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur l'édifice[modifier | modifier le code]

  • Marie-Claire Burnand, La Lorraine gothique, Paris, 1989 (Les monuments de la France gothique), p. 310-321.
  • Jacques Choux, La cathédrale de Toul avant le XIIIe siècle, Annales de l'Est, no 6, 1955, p. 99-143.
  • Alain Villes, La Cathédrale de Toul, Histoire et Architecture, Éditions "Le Pélican",‎ avril 1983, 252 p.
  • Michel Hérold, Les vitraux de la cathédrale de Toul, dans Congrès archéologique de France. 149e session. Les Trois-Évêchés et l'ancien duché de Bar. 1991, p. 363-374, Société Française d'Archéologie, Paris, 1995
  • Jean-Louis Jolin, Toul, la Collégiale Saint-Gengoult, la Cathédrale Saint-Étienne, Nancy, éditions Serpenoise,‎ août 2004, 111 p. (ISBN 2-87-692-617-2)

Sur les orgues[modifier | modifier le code]

  • Gustave Clanché, La Musique, le chœur, le bas-chœur de la cathédrale de Toul (documents historiques), Toul, 1936.
  • Olivier Douchain, « Quinze années d’histoire de l’orgue à la cathédrale de Toul (1744-1755) », Annales de l’Est, 1971, p. 157-205 ; du même auteur, « Les organistes laïques du diocèse de Toul aux XVIIe et XVIIIe siècles », Recherches sur la musique française classique, t. 20, 1981, p. 77-181, t. 21, 1983, p. 43-117 et t. 22, 1984, p. 164‑218
  • Orgues de Lorraine : Meurthe-et-Moselle, dir. Christian Lutz et René Depoutot, Metz, 1990, p. 410‑420.
  • Jean-Luc Gester et Damien Vaisse, « Jean-Baptiste Nôtre, organiste de Toul, et son Livre d’orgue », Études touloises, no 109, 2004, p. 29-39 ; article republié avec quelques compléments dans La Tribune de l’orgue. Revue suisse romande, t. 57/1, 2005, p. 10-23.

Discographie[modifier | modifier le code]

Paraphrases sur Les Jours de l'Apocalypse d'Armel Guerne - création septembre 2008.

Liens externes[modifier | modifier le code]