Cathédrale Saint-Apollinaire de Valence

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Cathédrale Saint-Apollinaire de Valence
Image illustrative de l'article Cathédrale Saint-Apollinaire de Valence
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Diocèse de Valence
Début de la construction XIe siècle
Protection Logo monument historique Classée MH (1862)[1].
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Drôme
Commune Valence
Coordonnées 44° 55′ 54″ N 4° 53′ 22″ E / 44.93167, 4.88944 ()44° 55′ 54″ Nord 4° 53′ 22″ Est / 44.93167, 4.88944 ()  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Cathédrale Saint-Apollinaire de Valence

La cathédrale Saint-Apollinaire est le plus ancien monument de la ville de Valence dans le département de la Drôme. Elle se situe sur la place des Ormeaux dans le Vieux Valence.

Histoire[modifier | modifier le code]

C'est l'évêque Gontard (1063-1099) qui impulse la construction de cet édifice dans le quartier historique du Vieux Valence. Elle a été consacrée le 5 août 1095 sous le triple nom de saints Cyprien, Corneille et Apollinaire par le pape Urbain II qui se rendait au concile de Clermont pour prêcher la première croisade. On peut toujours voir la pierre de dédicace dans le mur sud de la cathédrale.

En 1281, la foudre touche le clocher qui sera remplacé par une flèche en charpente recouverte d'ardoises. Au XVe siècle, une nouvelle chapelle est édifiée à la place de l'abside du transept sud (c'est l'actuelle sacristie. Détruite lors des guerres de religion, elle est reconstruite au XVIIe siècle et son clocher, qui menaçait ruine après avoir été de nouveau foudroyé, est remplacé au XIXe siècle.

L'architecture de cette cathédrale l'apparente à d'autres monuments d'Auvergne et du Velay, notamment les décors en pierres polychromes. Elle possède un déambulatoire, permettant le passage des pèlerins et confirmant son rôle d'église étape sur le chemin vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

Elle a été incendiée à deux reprises, en 1562 et 1567, par les Huguenots et reconstruite à l'identique à partir de 1604.

En 1799, le pape Pie VI est exilé et envoyé en France. Il est octogénaire, très affaibli et sa course s'arrête à Valence, où il meurt le 29 août. D'abord inhumé à Valence, son corps est ramené à Rome, mais les Valentinois réclament son cœur et ses entrailles, qui sont restitués et toujours conservés dans la cathédrale. Le passage du pape et de ses gardes suisses incita un pâtissier à créer un gâteau en forme de personnage, le suisse, qui est toujours une spécialité de Valence.

La cathédrale est classée monument historique depuis 1862.

Architecture[modifier | modifier le code]

La cathédrale se situe en partie haute de la vieille ville, dominant les anciens remparts et les bas quartiers du bord du Rhône. Une petite terrasse se trouve devant le clocher-porche, dont l’entrée n’est plus utilisée. Au sud, elle est bordée par la place des Ormeaux, dont l’ancien évêché occupe la partie opposée, aujourd’hui musée des Beaux-Arts de la ville de Valence. On entre dans la cathédrale par une porte latérale de cette place, ou du côté nord par une autre porte donnant sur la petite place du Pendentif où se trouve ce monument célèbre pour sa voûte caractéristique. À cet endroit se trouvait le cloître.

L’ensemble de l’édifice, bien que presque entièrement reconstruit au XVIIe siècle, conserve toutes les caractéristiques de la première cathédrale romane.

Nef[modifier | modifier le code]

La longue et haute nef, divisée en sept travées, est voûtée en berceau sur arcs doubleaux reposant sur des demi-colonnes adossées à des piliers carrés. À l'extrémité ouest une tribune supporte l'orgue, ouverte sur la nef par une grande arcade en plein cintre avec une clé ornée d'un blason. De chaque côté de la nef se trouvent des collatéraux voûtés en berceaux croisés qui communiquent avec la nef par des arcs en plein cintre. Les collatéraux ne comportent pas de chapelles. La nef est assez sombre, l’éclairage ne venant que des baies en plein cintre des collatéraux. Un déambulatoire entoure le chœur, rappelant que la cathédrale était une étape vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

Transept[modifier | modifier le code]

Chœur[modifier | modifier le code]

Le chœur en demi-cercle suit directement le transept sans travée intermédiaire, il est entouré de colonnes cylindriques qui supportent, par des chapiteaux, de petits arcs surhaussés. Au-dessus, trois baies l’éclairent, enfin une voûte en cul-de-four coiffe l’ensemble. L'abside est polygonale et s'ouvre sur des absidioles semi-circulaires dont chacune abrite une chapelle. Une baie en plein cintre s'ouvre dans chaque chapelle et dans les pans de murs droits qui les séparent.

Les remplois de la cathédrale[modifier | modifier le code]

Milliaire de la via Agrippa (cathédrale de Valence, Drôme)

Plusieurs blocs de pierre de la cathédrale Saint-Apollinaire sont des remplois de constructions gallo-romaines de la cité de Valentia.

On peut encore voir aujourd'hui une des 22 bornes milliaires de la via Agrippa dans le déambulatoire du chœur, 2e pilier de droite (voir photographie ci-contre). Daté de 274 ou 275 ap. J.-C., il serait le IIIe mille ou IVe mille et porte l'inscription suivante[2] :

IMP(ERATOR) CAESAR L(VCIVS) DOMIT[IVS]
AVRELIANV[S] P(IVS) [F(ELIX)] INV[I]CT[VS]
[AV]G(VSTVS) P(ONTIFEX) MA(XIMVS) GER[MANIC(VS) MAX(IMVS)]
[GO]THIC(VS) MA[X(IMVS) CARPIC(VS) MAX(IMVS)] ?
[PAR]THIC(VS) MA[X(IMVS) TRIB(VNICIA) POT(ESTATE) VI CO(N)S(VL)] ?
[III] P(ATER) P(ATRIA) PROCO(N)[S(VL) PACATOR ET RES]
[TITVT]OR ORB(IS) [REFECIT ET]
[R]ESTITVIT […]
MILIA [PASSVVM]
I[I] II ?

L'empereur César
Lucius Domitien Aurélien,
pieux, heureux, invicinble, auguste,
souverain pontife, Germanique très grand, Gothique très grand,
Carpique très grand, Parthique très grand, revêtu de la puissance
tribunicienne pour la… fois, consul … fois,
père de la patrie, proconsul, restituteur et
pacificateur de l'univers,
a réparé la route.
3 (ou 4 ?) milles (de Valence).

Orgues[modifier | modifier le code]

On sait qu'un orgue existait déjà à Saint-Apollinaire en 1392. De 1751 à 1753 le facteur lyonnais Louis Scherrer construit un nouvel orgue, qui se trouve en très mauvais état à la Révolution. Il est restauré par Joseph Collinet, puis démonté pendant des travaux de réfection de la cathédrale. En 1898, les ateliers de Cavaillé-Coll, sous la direction de Charles Mutin, installent un nouvel instrument dans le buffet de Scherrer. L'orgue est enfin restauré en 1984 par Y. Koenig.

La cathédrale abrite également un orgue de chœur placé dans le transept sud.

Clocher[modifier | modifier le code]

Le clocher est détruit par la foudre en 1836. Dans son journal de voyage en 1838, Stendhal mentionne la démolition en cours. Il est reconstruit dans le style roman, et on lui donne une plus grande hauteur.

Il est de plan carré et est maintenu par des contreforts perpendiculaires aux angles. À la base, il s'ouvre sur trois côtés par de grandes arcades en plein cintre sur le portail d'entrée. Au-dessus, un étage percé de petites baies est surmonté d'un étage très haut, aveugle, orné de lésènes qui divisent chaque côté en trois et sont jointes par trois petites arcatures. L'étage final, coiffé d'un toit de tuiles à quatre pentes de faible inclinaisont, est percé sur chaque face de trois baies à arcs imbriqués de pierres de deux couleurs, comme les baies des collatéraux.

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00117085 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. cf. Philippe Ravit, Le paysage valentinois, de la fondation de la colonie de Valentia (Valence) au IIIe siècle apr. J.-C., Lyon 3, 2007, 202 p. (mémoire)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guy Barruol, La cathédrale romane Saint-Apollinaire de Valence, pp. 301-315, dans Congrès archéologique de France. 150e session. Moyenne vallée du Rhône. 1992, Société Française d'Archéologie, Paris, 1995

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]