Cathédrale Saint-Étienne de Sens

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint-Étienne (homonymie).
Page d'aide sur l'homonymie Cette primatiale n’est pas la seule cathédrale Saint-Étienne.
Cathédrale
Saint-Étienne de Sens
Image illustrative de l'article Cathédrale Saint-Étienne de Sens
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Archidiocèse de Sens-Auxerre (siège)
Début de la construction 1135
1490 (transept)
Fin des travaux 1534 (tour)
1517 (transept)
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Département Yonne
Commune Sens
Coordonnées 48° 11′ 52″ N 3° 17′ 01″ E / 48.1979, 3.2837 ()48° 11′ 52″ Nord 3° 17′ 01″ Est / 48.1979, 3.2837 ()  

Géolocalisation sur la carte : Bourgogne

(Voir situation sur carte : Bourgogne)
CathédraleSaint-Étienne de Sens

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
CathédraleSaint-Étienne de Sens

La cathédrale Saint-Étienne de Sens, de son vrai titre cathédrale métropolitaine et primatiale Saint-Étienne de Sens est une cathédrale catholique romaine française, située dans la ville de Sens du département de l’Yonne.

Elle est considérée comme la première des cathédrales gothiques (la basilique Saint-Denis qui lui dispute ce titre est consacrée en 1140, mais n’est pas à cette époque une cathédrale ; elle ne le devient qu’en 1966). C’est vrai pour ce qui concerne la date de début des travaux (1135) et la date de sa consécration (1163). Sa tour ne fut cependant achevée que fort tard (1532–1534). Quant au transept, qui date des années 1490–1515, il constitue un des plus beaux chefs-d’œuvre du gothique flamboyant.

La cathédrale fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[1].

Sommaire

Historique de la construction de la cathédrale[modifier | modifier le code]

Massif occidental. Remarquez la différence de style entre la tour nord (à gauche) plus ancienne et le reste de la façade reconstruit après l'effondrement de 1268.
Plan de la cathédrale de Sens

Les origines de la cathédrale actuelle[modifier | modifier le code]

La construction de la cathédrale actuelle (XIIe siècle)[modifier | modifier le code]

L'archevêque Henri Sanglier décide de remplacer la cathédrale du Xe siècle, par un édifice grandiose et digne de l'importante métropole sénonaise. Au moment où s'élèvent partout des constructions romanes, Henri Sanglier appelle un architecte novateur (Guillaume de Sens) qui va proposer une conception révolutionnaire du voûtement, la croisée d'ogives.

Naît alors une cathédrale ample, d'un volume simple et continu, constituée d'un vaisseau central et de deux collatéraux. En 1164, le sanctuaire est consacré par le pape Alexandre III (réfugié à Sens de 1162 à 1165[2]). Le chantier ne s'achève à la façade occidentale qu'à la fin du XIIe siècle. En 1268, l'effondrement de la tour sud détruisit la plus grande partie de la façade occidentale, ce qui nécessita une reconstruction.

Les aménagements du gothique tardif (XVe siècle) et l’œuvre de Martin Chambiges[modifier | modifier le code]

Celle-ci fut longtemps interrompue par la Grande Peste et par la Guerre de Cent Ans, mais l'homogénéité de l'ensemble fut toujours préservée par les différents maîtres d'œuvre. Entre 1490 et 1517, on entreprend la construction, dans un gothique flamboyant, d'un grand transept dont les travaux sont confiés à un important maître d'œuvre parisien, Martin Chambiges.

Le temps des cardinaux et les aménagements de l'époque moderne[modifier | modifier le code]

Tristan de Salazar, archevêque de Sens (1475 –1518) fit don de la rose du Jugement dernier (et de la légende de saint Étienne) qui orne le croisillon sud du transept. Vers 1510, à la mémoire de ses parents, il fit ériger une chapelle où il fut inhumé.

Mais la reconstruction de la grandiose tour sud ne se termina qu'en 1532, après quoi on la dota d'un petit campanile achevé en 1534.

Au total l'édification du sanctuaire s'étend sur une période de quatre siècles.

Destructions et restaurations[modifier | modifier le code]

Un lieu chargé d'histoire[modifier | modifier le code]

Jusqu’en 1622, la province ecclésiastique de Sens se nommait CAMPONT, acronyme correspondant aux évêchés suffragants de Sens : Chartres, Auxerre, Meaux, Paris, Orléans, Nevers et Troyes, témoin de la grandeur passée de cet archevêché. L'archevêque de Sens possédait à ce titre l'hôtel de Sens à Paris.

Le refuge de saint Thomas Becket[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle, Thomas Becket[3] se réfugia à Sens pour se protéger de la colère du roi Henri II d'Angleterre. Il retourna par la suite en Angleterre où il fut assassiné.

Le mariage de saint Louis (Louis IX)[modifier | modifier le code]

Le mariage de Saint Louis eut lieu dans la cathédrale de Sens[4].

Le siège de la lutte entre les archevêques et les chanoines[modifier | modifier le code]

Au sein des établissements religieux de la ville de Sens, il y eut des conflits de préséances entre les chanoines et l'archevêque.

Le tombeau du dauphin, fils de Louis XV[modifier | modifier le code]

Le tombeau du Dauphin (Louis Ferdinand, mort en 1765) s'élevait au milieu du chœur, avant d'être déplacé dans une chapelle axiale en 1852 (voir plus bas). Une dalle funéraires placée dans le chœur, marque toujours l'emplacement ancien du tombeau et l'entrée du caveau profané en 1793, où les restes des princes furent replacés à la Restauration.

L'extérieur de la cathédrale : architecture et sculpture[modifier | modifier le code]

Quelques dimensions[modifier | modifier le code]

  • L'intérieur de la cathédrale a une longueur de 113,5 mètres (cathédrale Notre-Dame de Paris : 128)
  • Longueur extérieure : 122 mètres
  • Hauteur de la tour sud : 78 m. (Paris : 69 m.)
    • dont hauteur de la terrasse : 66 m.
  • Largeur de la façade : 48,5 m. (Notre-Dame de Paris : 44 m.)
La nef
  • Hauteur de la nef : 24,4 m. (Paris : 33,5)
  • Largeur du vaisseau central de la nef : 15,25 m. (Paris : 13,5 m.)
  • Largeur de la nef avec ses deux bas-côtés : 27,5 m.
Le transept
  • Longueur intérieure du transept : 48 m.
  • Hauteur sous voûte du croisillon nord du transept : 27,5 m.
  • Hauteur sous voûte du croisillon sud du transept : 27 m.
  • Diamètre des roses du transept : 11 m. (Notre-Dame de Paris : 13,1 m.)
  • Hauteur des verrières des deux façades du transept : 18 m.

Autres mesures et dimensions[5]:

Statue de Saint Étienne sur le trumeau du portail central de la façade occidentale (fin du XIIe siècle)
La cathédrale Saint-Étienne : vue de la tour sud. Avec ses 66 mètres de hauteur au niveau de la terrasse et ses 78 mètres au niveau du campanile, elle ne dépasse pas la hauteur des tours de façade de Notre-Dame de Paris
La superbe façade sud et son portail. On doit ce chef-d'œuvre du gothique flamboyant à l'architecte Martin Chambiges

La façade occidentale[modifier | modifier le code]

La tour Nord (tour de Plomb) et son portail[modifier | modifier le code]

La partie la plus ancienne de la façade occidentale est la tour nord ou tour de Plomb, appelée ainsi, car recouverte jusqu'en 1845 d'une flèche recouverte de lames de plomb.

À sa base, son portail est dédié à Saint Jean Baptiste. Le tympan le baptême du Christ, le festin d'Hérode et la décapitation du saint. Dans les voussures se trouvent d'autres scènes de la légende du Précurseur : annonce de l'ange à son père, imposition du nom, circoncision... Cette partie de la façade date de la fin du XIIe siècle et fut notamment financée par le roi Philippe-Auguste (1180-1223).

La portail central[modifier | modifier le code]

Le portail central est en grande partie rescapé de l'effondrement de 1268, et fait donc partie de la portion ancienne de la façade (voir photo[6] ). Il présente sur son trumeau une statue de Saint Étienne. Les grandes statues des piédroits ont été fracassées à la Révolution et n'ont jamais été reconstituées. Seule celle de saint Étienne a échappé au massacre, quelqu'un ayant eu la bonne idée de la coiffer d'un bonnet phrygien. Sur les faces latérales de ce trumeau on peut voir de très beaux rinceaux. Les pied-droits du portail montrent les vierges sages et les vierges folles. Deux médaillons situés au-dessus du portail dans les écoinçons, terminent cette parabole. À gauche, les vierges sages trouvent les portes du ciel ouvertes, tandis qu'à droite elles restent fermées aux vierges folles.

Au soubassement on peut voir trois étages de bas-reliefs sculptés. Le niveau inférieur refait au XIXe montre des motifs géométriques, le niveau intermédiaire présente à gauche des animaux et êtres fabuleux, et à droite les Vices et les Vertus (partie hélas fort abîmée). Quant à l'étage supérieur gauche, il nous montre les sept Arts libéraux et la Philosophie, tandis qu'à droite sont représentés les travaux des 12 mois de l'année.

Enfin le tympan du portail central, qui fut victime de la catastrophe de 1268 et reconstruit ultérieurement, représente le martyre de Saint Étienne.

Le reste de la partie centrale de la façade y compris la grande fenêtre et les parties supérieures à celle-ci ont été reconstruites après 1268 et datent de la fin du XIIIe et du début du XIVe siècles, à l'exception du motif du Christ en majesté installé tout en haut et qui est un ajout du 19ieme Siècle

La tour sud (tour de Pierre) et son portail[modifier | modifier le code]

On l'appelle aussi tour de Pierre. Son portail est consacré à la Vierge Marie. Sur son linteau, on peut admirer la représentation de la Dormition et de l'Assomption. Sur le tympan : couronnement de la Vierge par Jésus Christ.

On remarque au troisième étage de la tour un groupe de cinq statues. Elles font partie d'une galerie de dix sculptures représentant dix archevêques de Sens et correspondent à un groupe équivalent, au même niveau, sur la face postérieure de la tour. Elles ont été placées là au XIXe siècle. Ce niveau, correspondant à la partie supérieure du massif de la façade fut reconstruit au début du XIVe. On put s'engager alors dans la reconstruction de la tour proprement dite ou clocher. Mais tout s'arrêta avec la guerre de cent ans et ce n'est qu'au début du XVIe que les travaux reprirent. Le clocher est de ce fait de style gothique flamboyant. L'ouvrage se termine par un petit campanile octogonal de style Renaissance construit dans la foulée (1534).

Les façades latérales[modifier | modifier le code]

Façade sud[modifier | modifier le code]

La façade sud comprenant le superbe portail de Moïse date des années 1490-1500 et est l'œuvre du grand architecte Martin Chambiges, lequel travailla aussi à Senlis, Troyes et Beauvais. Cette façade de style gothique flamboyant donne dans la cour du Palais des Archevêques qui jouxte la cathédrale. Les parties inférieures de la façade datent cependant du XIVe siècle, époque où sa construction débutée avait été abandonnée (guerre de Cent Ans).

Le portail sud est consacré à la Vierge. Son tympan représente la dormition et le couronnement.

Les voussures du portail et les claveaux sculptés qui les composaient ont été vandalisés à la Révolution. Il en va de même des grandes statues des piédroits dont les niches sont désormais totalement vides. Quelques heures ont suffi aux vandales de l'armée marseillaise qui passait par là, pour saccager toute la statuaire de l'édifice le 7 novembre 1793.

Le portail est surmonté d'une immense verrière haute de 18 mètres et comprenant une superbe rosace à six branches, la rosace du Jugement Dernier (voir plus loin "le transept").

Façade nord[modifier | modifier le code]

Vue du chevet de la cathédrale et de ses arcs-boutants sans système d'évacuation des eaux (gargouilles). L'ensemble est très harmonieux.

Les arcs-boutants[modifier | modifier le code]

Le premier architecte de la cathédrale ou Maître de Sens fut le premier, semble-t-il, à avoir utilisé la technique des arcs-boutants externes pour soutenir la haute nef de l'édifice. Au milieu du XIIe siècle, cette technique était encore imparfaite, car tout à fait empirique. On ne savait pas avec précision à quel endroit du mur gouttereau de la nef les appliquer, ni quelle courbure leur donner. À Sens, il s'agit d'arcs-boutants simples, à un seul niveau. Le dos ou extrados des chaperons des arcs-boutants primitifs de la cathédrale ne sont pas encore munis d'une rigole d'évacuation des eaux de pluie de la toiture, et ne sont donc pas dotés de gargouilles. Ce système n'apparaîtra pour la première fois que vers 1220-1230, à Notre-Dame de Paris.

L'usage des arcs-boutants sera grandement amélioré à la cathédrale de Soissons avec la mise au point d'arcs-boutants à deux niveaux.

Le chevet[modifier | modifier le code]

L'intérieur de la cathédrale[modifier | modifier le code]

La nef - on distingue bien, tant à droite qu'à gauche l'alternance entre piliers forts et colonnes faibles. La voûte est sexpartite

La nef[modifier | modifier le code]

La nef très large (15,25 mètres) (13,5 mètres à Paris) est lumineuse et peu élevée (24,4 mètres). On remarque l'alternance entre piliers forts et piliers faibles, ces derniers étant constitués de simples colonnes cylindriques géminées. À part la première qui est rectangulaire, les travées sont de plan carré et correspondent à une voûte sexpartite. Dans ce type de structure, caractéristique du premier âge gothique, le pilier faible ne soutient qu'un arc doubleau de la nef (plus un des côtés de chaque grande arcade qui le borde, ainsi que les petites ogives des collatéraux), tandis que le pilier fort reçoit en outre deux ogives diagonales, ce qui permet de diviser la voûte d'une travée en 6 parties. La nef compte ainsi quatre travées carrées et une rectangulaire. Les bas-côtés ou collatéraux ont sept travées de plan carré. La nef a une élévation à trois étages : grandes arcades, triforium aveugle et fenêtres hautes.

Au début de la nef à droite, le premier pilier faible a été remplacé par un pilier fort supplémentaire, témoin de l'effondrement de la tour droite (sud). On remarque aussi à cet endroit que les arcs brisés des ogives sont plus aigus, ce qui montre l'évolution des techniques du gothique survenue entre construction et réparation de la nef. Au nord, sur le premier pilier se trouve une petite tête en pierre sculptée et représentant Pierre de Cognières, alias Jean du Cognot[7].

La première travée du collatéral sud ou chapelle Sainte-Croix, placée sous la tour du clocher, est aussi appelée « chapelle des cloches », car elle se trouve juste sous les deux bourdons de la cathédrale.

La rosace nord du transept de la cathédrale ou rosace du Concert Céleste, comporte cinq branches et date de 1516

Le transept[modifier | modifier le code]

Œuvre de l'architecte Martin Chambiges et de style gothique flamboyant, l'élévation du transept ne comporte plus que deux étages : grandes arcades et fenêtres hautes. Le triforium a été supprimé conformément aux règles de l'époque, ce qui visait à accroître la dimension des fenêtres hautes. De plus l'architecte suréleva la voûte qui atteint ici 27 mètres au sud et 27,5 au nord (contre 24,4 ailleurs).

Avec ses deux gigantesques et splendides verrières qui l'illuminent aux deux extrémités, le transept apparaît comme un énorme vaisseau de lumière et apparaît comme l'un des plus beaux chefs-d'œuvre du gothique flamboyant.

Les deux bras du transept sont bordés à l'est d'une vaste absidiole, chapelle ouverte aussi sur la partie correspondante du déambulatoire du chœur. Chacune des absidioles est composée d'une travée carrée et d'une abside semi-circulaire orientée à l'est.

Le bras sud du transept[modifier | modifier le code]

Le bras sud du transept, se termine par une immense verrière de 18 mètres de hauteur. Celle-ci fut offerte par l'archevêque Tristan de Salazar. Ce sont des verriers troyens qui exécutèrent les vitraux de 1500 à 1502. La partie inférieure de la verrière est constituée d'une claire-voie consacrée à la vie et au martyre de saint Étienne.
Au-dessus et dominant le tout se trouve l'énorme rosace à six branches, représentant le Jugement Dernier et la résurrection des morts.
Les fenêtres latérales occidentales du croisillon prolongent le thème de saint Étienne. Les fenêtres latérales orientales nous offrent notamment un bel arbre de Jessé, ainsi qu'une Vierge à la Licorne. On y trouve aussi la vie de saint Nicolas, une série de scènes bibliques, etc.

La chapelle du bras sud du transept ou chapelle Notre-Dame communique avec le déambulatoire du chœur. Elle renferme un autel surmonté d'une Vierge à l'enfant datée de 1334 (voir photo). On trouve sur le piédestal de la statue trois scènes sculptées : l'Annonciation, la Visitation de la Vierge Marie et la Nativité.

Le bras nord du transept[modifier | modifier le code]

Il est le pendant du bras sud du transept, et tout aussi beau que lui. Il est éclairé par une verrière de quinze mètres de haut composée d'une claire-voie de cinq fenêtres à lancettes géminées, surplombée par la rosace dite du Concert Céleste qui comporte cinq branches. Offerte par le doyen du chapitre Gabriel Gouffier, on doit cette verrière aux maîtres verriers Jean Hympe père et fils.

La claire-voie inférieure montre cinq apparition de l'archange Gabriel patron du donateur. Les vitraux du côté est du croisillon racontent l'histoire biblique de Joseph, ainsi que les images de 16 archevêques de la ville ayant pris rang de saints (canonisés). Du côté ouest, on peut voir des scènes de la vie d'Abraham, ainsi que celles des saints protecteurs de la ville. Tous ces splendides vitraux datent du début du XVIe siècle sauf l'un réalisé au siècle suivant.

Vue du chœur de la primatiale avec sa superbe grille de fer forgé, œuvre de Guillaume Doré

Le chœur[modifier | modifier le code]

Le chœur comporte cinq travées droites à voûtes sexpartites, et un rond-point à cinq pans. L'élévation à trois étages est semblable à celle de la nef.

Le chœur est fermé par de superbes grilles dues à Guillaume Doré, serrurier parisien. Elles datent de 1762. Sous la croisée du transept repose la dépouille du maréchal de Muy, ministre de la Guerre de Louis XVI, qui désirait être inhumé non loin du dauphin Louis-Ferdinand de France, fils de Louis XV qui reposait sous le chœur.

Le maître-autel date de 1742 et est l'œuvre de Servandoni. Il est surmonté d'un baldaquin orné de colonnes de marbre rouge. Derrière le maître-autel se trouve l'autel des Saints-Pierre-et-Paul.

Au sud, la chapelle Notre-Dame communique avec le croisillon sud du transept.

La chapelle du Dauphin[modifier | modifier le code]

Le dauphin Louis, fils de Louis XV mourut de la tuberculose le au château de Fontainebleau. Selon ses dernières volontés son corps fut inhumé dans la cathédrale de Sens[8]. La dépouille de la dauphine Marie Josèphe morte deux ans plus tard du même mal, fut également transportée à Sens.
Le mausolée fut réalisé par Guillaume Coustou sur des dessins de Cochin et des propositions de Diderot[9]. Il est composé de groupes allégoriques évoquant les vertus du prince : l'Immortalité et la Religion et le Temps et l'amour conjugal. Achevé en 1776, le mausolée fut exposé au Salon de 1777, puis installé au milieu du chœur de la cathédrale de Sens en décembre 1777.
Ne pouvant rester caché aux yeux des vandales révolutionnaires, on décida de démonter le monument en 1793. Le travail fut confié à un sculpteur du nom de Pierre Person, élève de Bridan, qui abrita les morceaux démembrés dans la chapelle Sainte Colombe[10]. Les sculptures subirent quelques mutilations. La tombe elle même fut profanée et les dépouilles princières jetées en fosse commune. À la Restauration, Louis XVIII ordonna la réparation et la remise en place du tombeau de ses parents, qui retrouva sa place au milieu du chœur.
Au milieu du XIXe siècle, le clergé et les fidèles de la cathédrale tombèrent d'accord pour juger que le mausolée gênait considérablement la vue du maître autel et pour décider son transfert dans une chapelle latérale. En 1852 il retrouva donc la chapelle Sainte Colombe, une des chapelles axiales, de plan ovale construite entre 1704 et 1710. C'est selon cette même disposition de 1852 que la sculpture de Coustou peut être admirée aujourd'hui, en ayant conservé une bonne partie de ses éléments d'origine.
Une dalle funéraires placée dans le chœur, marque l'emplacement ancien du tombeau et l'entrée du caveau où les restes des princes furent replacés à la Restauration.

Le déambulatoire[modifier | modifier le code]

Le déambulatoire ouvre sur six chapelles, dont trois sont rayonnantes et donnent sur le rond-point : la chapelle axiale est du XIIIe siècle, les deux autres sont des XVIe et XVIIIe siècles. Les trois autres sont latérales, deux d'entre elles se trouvent au sud et sont du XIVe, la dernière au nord-est aussi du XIVe siècle.

Au nord, on trouve une série d'arcatures aveugles encore de type roman, présentant de fort beaux chapiteaux et qui datent du XIIe siècle. Sous l'une de ces arcatures : statue de Thomas Beckett.

Le décor[modifier | modifier le code]

Un décor à la romaine[modifier | modifier le code]

Le monument de Salazar[modifier | modifier le code]

Les vitraux[modifier | modifier le code]

Le vitrail du Fils Prodigue[modifier | modifier le code]

Le vitrail du Bon Samaritain[modifier | modifier le code]

Le vitrail de Thomas Becket[modifier | modifier le code]

Divers éléments[modifier | modifier le code]

Les cloches[modifier | modifier le code]

La tour sud porte toujours les deux pièces les plus importantes de la sonnerie médiévale très réputée, les deux cloches bourdons[11] :

– la Savinienne fondue en 1560, d'un diamètre de 2,60 m, elle donne le Ré#2 [12] ;
– la Potentienne fondue en 1560, d'un diamètre de 2,33 m, elle donne le Fa2 [13].

Leur nom est un hommage rendu aux deux premiers évêques de Sens, saint Savinien et saint Potentien.

Si autrefois beaucoup de grandes cathédrales avaient deux bourdons, Sens est la seule où ils aient tous deux échappé au creuset révolutionnaire.

Deux autres cloches se balancent dans le beffroi, sous les bourdons :

– la cloche des morts, d'un diamètre de 1,14 m, en mi bémol, fondue en 1819 par Pierre Cochois ;
– la cloche de l'angélus, d'un diamètre de 0,81 m, en ut bémol, fondue au XIVe siècle par Jean Jouvente.

Le campanile situé au-dessus de la tour porte trois cloches fixes d'horloge :

– Marie, cloche des heures fondue en 1376 par Jean Jouvente d'un diamètre de 1,5 m ;
– François et Pierre, les deux cloches des quarts fondues en 1377 également par Jean Jouvente.

L'orgue[modifier | modifier le code]

Importance de la cathédrale de Sens dans l'histoire de l'art[modifier | modifier le code]

Une influence normande[modifier | modifier le code]

Le berceau de l'art gothique[modifier | modifier le code]

L'influence de la cathédrale sur d'autres églises[modifier | modifier le code]

Première grande cathédrale gothique de la chrétienté, l'influence de la cathédrale de Sens fut fort importante. Elle le fut particulièrement lors de la reconstruction en style gothique du chœur et du transept oriental de la cathédrale de Cantorbéry, suite à l'incendie de 1174. L'architecte chargé de ces travaux s'appelait Guillaume de Sens et dirigea le chantier de 1175 à 1179[14], date à laquelle il rentra en France, gravement blessé par une chute survenue sur le chantier. Son successeur et élève, un certain anglais nommé William (Guillaume l'Anglais) termina le chœur, le chevet, la chapelle de la Trinité et la chapelle dite de la couronne de Becket. Or cette extrémité orientale conserve toutes les caractéristiques de l'abside de la cathédrale de Sens, non-seulement dans son plan, mais dans sa construction et sa sculpture d’ornement, avec plus de finesse et de légèreté, ce qui s’explique par l'intervalle de quelques années qui sépare la construction des deux édifices. Viollet-le-Duc émettait l'hypothèse que ce Guillaume de Sens aurait été également l'architecte (inconnu) de la cathédrale Saint-Étienne de Sens.

L'architecture de la cathédrale de Sens eut aussi une forte influence sur l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem, ainsi que sur la cathédrale de Nicosie à Chypre.

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Divers[modifier | modifier le code]

  • Peu après sa consécration en 1164, la cathédrale de Sens accueillit un prestigieux réfugié politique : l'archevêque de Cantorbéry, Thomas Becket. Ce dernier était en conflit avec le roi d'Angleterre Henri II. Il resta en Bourgogne jusqu'en 1170 et séjourna aussi à l'abbaye de Pontigny. De retour en Angleterre, il se fit assassiner dans sa cathédrale de Cantorbéry le 29 décembre 1170.
  • Le 27 mai 1234, Saint-Louis, roi de France, épousa dans la cathédrale Saint-Étienne Marguerite de Provence, laquelle y fut sacrée reine le lendemain.
  • Le dauphin Louis-Ferdinand, fils de Louis XV y est inhumé en 1765; bientôt suivi par son épouse Marie-Josèphe de Saxe.
  • La cathédrale n'a pas seulement souffert des affres des armées révolutionnaires de la république. Le XIXe siècle regorge de soi-disant spécialistes du gothique qui commirent bien des méfaits. Ainsi l'architecte-vandale Robelin, chargé de « restauration » de l'édifice, détruisit purement et simplement les chapelles latérales pour les remplacer par d'autres de sa conception…
  • Le peintre-verrier Émile Hirsch réalisa des travaux de restauration des verrières de la façade orientale des bras du transept et de plusieurs chapelles du chœur entre 1881 et 1884 à la demande de l'architecte Charles Laisné[15]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00113853 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. C'est ce même pape Alexandre III qui posera la première pierre de Notre-Dame de Paris en 1163, en présence du roi Louis VII
  3. http://pecas.free.fr/Sens.htm La ville de Sens et l'Angleterre]
  4. Voir le livre "le roman de Saint Louis" écrit par Philippe de Villiers aux éditions Albin Michel pages 128 et 135
  5. Plan détaillé de la cathédrale, avec échelle métrique
  6. voir photo du portail sur le site Architecture religieuse en occident - Saint-Étienne de Sens
  7. Pierre de Cognières ou Jean du Cognot était un avocat qui avait attaqué les privilèges du clergé devant le roi Philippe VI. Il n'eut pas gain de cause, et afin de le ridiculiser, on sculpta sa tête que l'on exhiba dans la cathédrale. Elle s'y trouve toujours (photo : Architecture religieuse - Saint-Étienne de Sens)
  8. Lettre du Dauphin à son père le roi Louis XV, écrite de Fontainebleau et datée du 14 novembre 1765
  9. François Souchal, "le monument funéraire du Dauphin" in Études sur l'ancienne France, offertes en hommage à Michel Antoine. Paris, École des Chartes 2003, pp. 370 et ss
  10. François Souchal, "le monument funéraire du Dauphin" in Études sur l'ancienne France, offertes en hommage à Michel Antoine. Paris, École des Chartes 2003, p.375
  11. [vidéo] plenum de la cathédrale primatiale Saint-Étienne de Sens : 2 bourdons + 2 cloches sur YouTube.
  12. [vidéo] La Savinienne, cathédrale de Sens, volée de noël sur YouTube.
  13. [vidéo] Sonnerie de la potentienne, « petit » bourdon de la cathédrale de Sens sur YouTube.
  14. Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, Eugène Viollet-le-Duc
  15. Les Vitraux de Bourgogne, Franche-Comté et de Rhône-Alpes, Corpus vitrearum, Recensement III, 1986, p. 175.
Plan du chœur et des chapelles du transept par Viollet-le-Duc

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • Alain Erlande-Brandenburg, Histoire de l'architecture française, tome 1, Éditions du Patrimoine, Mengès, Paris, (ISBN 2-85620-367-1), 1995.
  • (en) Whitney S. Stoddard, Art & Architecture in Medieval France, Icon Éditions (Harper & Row Publishers), New York (États-Unis), (ISBN 0-06-430022-6), 1972; pp. 112–119.

Ouvrages sur la cathédrale de Sens[modifier | modifier le code]

  • Lucien Bégule, La Cathédrale de Sens, Lyon,‎ 1929
  • Théodore Tarbé, Recherches sur la ville de Sens, Paris, éditions de la Tour Gile,‎ 1888
  • Denis Cailleaux, La Cathédrale de Sens, Ouest-France,‎ 1987
  • Bulletin de la Société archéologique de Sens, nouvelle série, tome V : Études nouvelles sur la cathédrale de Sens, Sens, Société archéologique de Sens,‎ 2006
  • Maximilien Quantin, Mémoire sur l'organisation et le régime économique et financier de l'ancien chapitre cathédral de Sens, Yonne, 1869
  • Bernard Brousse, Claire Pernuit, François Perrot, Antoine Philippe (photographe), Les vitraux de la cathédrale de Sens, Éditions À Propos, Garches, 2013 (ISBN 978-2-915398120) ; p. 223
  • (de) Irene Plein, Die frühgotische Skulptur an der Westfassade der Kathedrale von Sens. Rhema-Verlag, Münster 2005, (ISBN 978-3-930454-40-2)

Articles[modifier | modifier le code]

  • François Collombet, Les Plus Belles Cathédrales de France, Sélection du Readers Digest, Paris, (ISBN 2-7098-0888-9), 1997, pp. 206–209.
  • Notice historique sur la construction de la cathédrale de Sens, rédigée sur les documents originaux existant aux Archives de la préfecture, Maximilien Quantin, imprimerie de Gallot-Fournier, 1842