Cathédrale Saint-Étienne de Sens

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Cathédrale
Saint-Étienne de Sens
Image illustrative de l'article Cathédrale Saint-Étienne de Sens
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Archidiocèse de Sens-Auxerre (siège)
Début de la construction 1135
1490 (transept)
Fin des travaux 1534 (tour)
1517 (transept)
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Département Yonne
Commune Sens
Coordonnées 48° 11′ 52″ N 3° 17′ 01″ E / 48.1979, 3.2837 ()48° 11′ 52″ Nord 3° 17′ 01″ Est / 48.1979, 3.2837 ()  

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CathédraleSaint-Étienne de Sens

La cathédrale Saint-Étienne de Sens, de son vrai titre cathédrale métropolitaine et primatiale Saint-Étienne de Sens est une cathédrale catholique romaine française, située dans la ville de Sens du département de l’Yonne. Saint Etienne est considéré être le premier martyre : son culte est associé à Sens à celui de Saint Jean-Baptiste et de la Sainte Vierge Marie.

Elle est considérée comme la première des cathédrales gothiques (la basilique Saint-Denis qui lui dispute ce titre est consacrée en 1140, mais n’est pas à cette époque une cathédrale ; elle ne le devient qu’en 1966). C’est vrai pour ce qui concerne la date de début des travaux (1135) et la date de sa consécration (1163). Sa tour sud, le clocher, n'est cependant achevée que fort tard (1532–1534). Quant au transept, qui date des années 1490–1515, il constitue un des plus beaux chefs-d’œuvre du gothique flamboyant. La cathédrale est au cœur d’un complexe qui comprend en outre un palais synodal et un palais archiépiscopal.

Première grande cathédrale gothique de la chrétienté, l'influence de la cathédrale de Sens est importante. Elle se devine dans le choeur de Saint-Germain-des-Prés. Elle est attestée lors de la reconstruction du chœur et du transept oriental de la cathédrale de Cantorbéry, suite à l'incendie de 1174. Guillaume de Sens dirige le chantier de 1175 à 1179[1], date à laquelle il rentre en France, gravement blessé par une chute survenue sur le chantier.

L’énergie et les moyens déployés pour la cathédrale est due à l’importance de l’archidiocèse de Sens au Moyen-Age qui comprend dans son périmètre Paris, avec laquelle des relations étroites sont entretenues. Saint Louis se marie à Sens et y prend plus tard possession des reliques acquises pour être vénérées dans la Sainte-Chapelle. Ainsi l’archevêque Tristan de Salazar fait construire un hôtel à paris, qui subsiste encore aujourd’hui fortement restauré (voire reconstruit). Le cardinal Nicolas de Pellevé est un des meneurs à paris de la résistance à Henri IV de 1592 à 1594. Après Jacques et Jean Davy du Perron, dont la cathédrale abrite encore le monument funéraire, l'archidiocèse est démembré en 1622 : Paris est élevé au rang d’archevêché. Au XVIIIe siècle encore, le cardinal Paul d'Albert de Luynes est le premier aumonier de la dauphine Marie-Josèphe de Saxe (1731-1767) et accueille le monument funéraire de son ami le dauphin Louis-Ferdinand, père des rois Louis XVI,Louis XVIII et Charles X.

Historique de la construction de la cathédrale[modifier | modifier le code]

Massif occidental. Remarquez la différence de style entre la tour nord (à gauche) plus ancienne et le reste de la façade reconstruit après l'effondrement de 1268.

la province ecclésiastique de Sens se nommait CAMPONT, acronyme composé de la première lettre des évêchés suffragants de Sens :

Plan de la cathédrale de Sens

Un projet initial novateur[modifier | modifier le code]

L'archevêque Henri Sanglier décide de remplacer la cathédrale du Xe siècle, par un édifice grandiose et digne de l'importante métropole sénonaise. Au moment où s'élèvent partout des constructions romanes, Henri Sanglier appelle un maître novateur qui va proposer une conception révolutionnaire du voûtement, la croisée d'ogives.

En 1164, le sanctuaire est consacré par le pape Alexandre III (réfugié à Sens de 1162 à 1165[2]). Le chantier ne s'achève à la façade occidentale qu'à la fin du XIIe siècle.

Dans sa première version, l’édifice consiste en une nef doublée d’un collatéral unique qui enrobe l’abside, en l’absence de transept. Suivant le dispositif antérieur à la nouvelle construction, l’abside elle-même est bordée au nord et au sud par deux chapelles considérées comme externes et dédiées à Saint Jean-Baptiste et à la Sainte Vierge.

L’élévation est déjà à trois niveaux mais les fenêtres hautes sont de plus petite taille : la luminosité est moindre mais les effets de clair-obscur sont de nature à mettre en relief l’arcature sexpartite des voûtes. L’intérieur est divisé en abside réservée à l’évêque, deux travées réservées aux chanoines et séparées par un jubé des cinq autres travées.

Un développement classique vers une luminosité optimale[modifier | modifier le code]

En 1268, l'effondrement de la tour sud détruit la plus grande partie de la façade occidentale, ce qui nécessite une reconstruction. A cette occasion, les fenêtres hautes sont agrandies pour obtenir une plus grande luminosité. Des chapelles sont construites tout le long de la nef. Les travaux sont longtemps interrompus par la Grande Peste et par la Guerre de Cent Ans et se terminent en 1532 ; la tour est encore dotée d'un petit campanile achevé en 1534.

Entre 1490 et 1517, l’archevêque Tristan de Salazar entreprend la construction d'un grand transept dans le style gothique flamboyant, dont les travaux sont confiés à Martin Chambiges. La réalisation de ce transept contribue à assoir la réputation de ce maître dont l’activité est également connue à Beauvais, Paris et Troyes.

Au total l'édification du sanctuaire s'étend sur une période de quatre siècles mais l'homogénéité de l'ensemble est préservée par les différents maîtres d'œuvre.

De la dégradation à la restauration[modifier | modifier le code]

Au fur et à mesure de leur détérioration ou des réaménagements, les verrières du XIIIème siècle sont enlevées et leurs restes sont remontés en vrac sur les trois fénêtres au fonds de la chapelle axiale du choeur : le visiteur peut encore admirer une série assez complète de scènes relatives à la vie de Saint Paul mais disposées dans le désordre.

Divers aménagements sont réalisés au XVIIIème siècle pour mettre l’édifice au goût de l’époque, principalement dans le chœur. L’orgue est d'ailleurs déplacé de l’entrée du chœur sur une tribune en bois au revers de la façade principale. Le sol de l’édifice est pavé et à cette occasion le labyrinthe situé à l'entrée ainsi que les dalles funéraires des chanoines sont supprimés.

Le 7 novembre 1793, il suffit de quelques heures aux vandales de l'armée marseillaise qui passent à Sens pour saccager toute la statuaire de l'édifice. La cathédrale ne souffre pas seulement des affres des armées révolutionnaires de la république. Au nom de l'unité de style, sont ainsi purement et simplement détruites les chapelles latérales pour les remplacer par d'autres plus discrètes.

La cathédrale fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[3].Le peintre-verrier Émile Hirsch réalise des travaux de restauration des verrières de la façade orientale des bras du transept et de plusieurs chapelles du chœur entre 1881 et 1884 à la demande de l'architecte Charles Laisné[4]

Quelques dimensions[modifier | modifier le code]

  • L'intérieur de la cathédrale a une longueur de 113,5 mètres (cathédrale Notre-Dame de Paris : 128)
  • Longueur extérieure : 122 mètres
  • Hauteur de la tour sud : 78 m. (Paris : 69 m.)
    • dont hauteur de la terrasse : 66 m.
  • Largeur de la façade : 48,5 m. (Notre-Dame de Paris : 44 m.)
La nef
  • Hauteur de la nef : 24,4 m. (Paris : 33,5)
  • Largeur du vaisseau central de la nef : 15,25 m. (Paris : 13,5 m.)
  • Largeur de la nef avec ses deux bas-côtés : 27,5 m.
Le transept
  • Longueur intérieure du transept : 48 m.
  • Hauteur sous voûte du croisillon nord du transept : 27,5 m.
  • Hauteur sous voûte du croisillon sud du transept : 27 m.
  • Diamètre des roses du transept : 11 m. (Notre-Dame de Paris : 13,1 m.)
  • Hauteur des verrières des deux façades du transept : 18 m.

Autres mesures et dimensions[5]:

La façade principale[modifier | modifier le code]

Les portails[modifier | modifier le code]

Statue de Saint Étienne sur le trumeau du portail central de la façade occidentale (fin du XIIe siècle)

Les trois portails de la façade sont dédiés du nord au sud respectivement à Saint Jean-Baptiste, Saint Etienne et Sainte Marie. Les voussures ont été sculptées les premières au XIIe siècle : la liberté des attitudes et des draperies des personnages marque une évolution dans l’art de la sculpture médiévale. Les tympans ont été montés ultérieurement.

La partie la plus ancienne de la façade occidentale est la tour nord ou tour de Plomb, appelée ainsi car recouverte jusqu'en 1845 d'une flèche recouverte de lames de plomb. Dans la partie basse du portail se font face deux allégories : la charité qui ouvre sereinement ses coffres et l’avarice qui tient fiévreusement les siens fermés. Le tympan représente le baptême du Christ, le festin d'Hérode et la décapitation du saint. Dans les voussures se trouvent d'autres scènes de la légende du Précurseur : annonce de l'ange à son père, imposition du nom, circoncision... Cette partie de la façade date de la fin du XIIe siècle, financée notamment par le roi Philippe-Auguste (1180-1223).

Le portail central est en grande partie rescapé de l'effondrement de 1268, et fait donc partie de la portion ancienne de la façade (voir photo[6] ). Les grandes statues des piédroits ont été fracassées à la Révolution et n'ont jamais été reconstituées. Seule celle de Saint Étienne au trumeau a échappé au massacre, quelqu'un ayant eu la bonne idée de la coiffer d'un bonnet phrygien. Les pied-droits du portail montrent à gauche les vierges sages trouvant les portes du ciel ouvertes qui restent fermées à droite aux vierges folles. Deux médaillons situés au-dessus du portail dans les écoinçons, terminent cette parabole. Au soubassement est figuré le monde terrestre : un bestiaire, les Arts libéraux et les travaux des 12 mois de l'année. La liaison avec le monde céleste représenté dans les voussures par des étoiles et des anges est censée être assurée par les statues des apôtres (aujourd'hui disparues). le tympan du portail central représente le martyre de Saint Étienne. Le reste de la partie centrale de la façade y compris la grande fenêtre et les parties supérieures à celle-ci ont été reconstruites après 1268 et datent de la fin du XIIIe et du début du XIVe siècles, à l'exception du motif du Christ en majesté qui est un ajout du XIXe siècle.

Le portail Sud est consacré à la Vierge Marie. On peut admirer la représentation :

  • de la Dormition et de l'Assomption sur son linteau,
  • du couronnement de la Vierge par Jésus Christ sur le tympan.

La tour Sud : le clocher[modifier | modifier le code]

La cathédrale Saint-Étienne : vue de la tour sud. Avec ses 66 mètres de hauteur au niveau de la terrasse et ses 78 mètres au niveau du campanile, elle ne dépasse pas la hauteur des tours de façade de Notre-Dame de Paris

On l'appelle aussi tour de Pierre. On remarque au troisième étage de la tour un groupe de cinq statues. Elles font partie d'une galerie de dix sculptures représentant dix archevêques de Sens et correspondent à un groupe équivalent, au même niveau, sur la face postérieure de la tour. Elles ont été placées là au XIXe siècle. Le clocher est de style gothique flamboyant.

La tour sud porte toujours les deux pièces les plus importantes de la sonnerie médiévale très réputée, les deux cloches bourdons[7] :

– la Savinienne fondue en 1560, d'un diamètre de 2,60 m, elle donne le Ré#2 [8] ;
– la Potentienne fondue en 1560, d'un diamètre de 2,33 m, elle donne le Fa2 [9].

Leur nom est un hommage rendu aux deux premiers évêques de Sens, saint Savinien et saint Potentien.

Si autrefois beaucoup de grandes cathédrales avaient deux bourdons, Sens est la seule où ils aient tous deux échappé au creuset révolutionnaire.

Deux autres cloches se balancent dans le beffroi, sous les bourdons :

– la cloche des morts, d'un diamètre de 1,14 m, en mi bémol, fondue en 1819 par Pierre Cochois ;
– la cloche de l'angélus, d'un diamètre de 0,81 m, en ut bémol, fondue au XIVe siècle par Jean Jouvente.

Le campanile situé au-dessus de la tour porte trois cloches fixes d'horloge :

– Marie, cloche des heures fondue en 1376 par Jean Jouvente d'un diamètre de 1,5 m ;
– François et Pierre, les deux cloches des quarts fondues en 1377 également par Jean Jouvente.

L'intérieur de la cathédrale[modifier | modifier le code]

La nef - on distingue bien, tant à droite qu'à gauche l'alternance entre piliers forts et colonnes faibles. La voûte est sexpartite

La nef[modifier | modifier le code]

La nef très large (15,25 mètres) (13,5 mètres à Paris) est lumineuse et peu élevée (24,4 mètres). On remarque l'alternance entre piliers forts et piliers faibles, ces derniers étant constitués de simples colonnes cylindriques géminées. La première travée est rectangulaire, les quatre suivantes sont de plan carré et correspondent à une voûte sexpartite. Dans ce type de structure, caractéristique du premier âge gothique, le pilier faible ne soutient qu'un arc doubleau de la nef (plus un des côtés de chaque grande arcade qui le borde, ainsi que les petites ogives des collatéraux), tandis que le pilier fort reçoit en outre deux ogives diagonales, ce qui permet de diviser la voûte d'une travée en 6 parties. Les bas-côtés ou collatéraux ont sept travées de plan carré. La nef a une élévation à trois étages : grandes arcades, triforium aveugle et fenêtres hautes.

Au début de la nef à droite, le premier pilier faible a été remplacé par un pilier fort supplémentaire, témoin de l'effondrement de la tour droite (sud). On remarque aussi à cet endroit que les arcs brisés des ogives sont plus aigus, ce qui montre l'évolution des techniques du gothique survenue entre construction et réparation de la nef. Au nord, sur le premier pilier se trouve une petite tête en pierre sculptée et représentant Pierre de Cognières, alias Jean du Cognot[10].

La première travée du collatéral sud ou chapelle Sainte-Croix, placée sous la tour du clocher, est aussi appelée « chapelle des cloches », car elle se trouve juste sous les deux bourdons de la cathédrale.

Le transept[modifier | modifier le code]

La rosace nord du transept de la cathédrale ou rosace du Concert Céleste, comporte cinq branches et date de 1516

Œuvre de l'architecte Martin Chambiges et de style gothique flamboyant, l'élévation du transept ne comporte plus que deux étages : grandes arcades et fenêtres hautes. Le triforium a été supprimé conformément aux règles de l'époque, pour accroître la dimension des fenêtres hautes. De plus l'architecte a surélevé la voûte qui atteint ici 27 mètres au sud et 27,5 au nord (contre 24,4 ailleurs).

Avec ses deux gigantesques et splendides verrières qui l'illuminent aux deux extrémités, le transept apparaît comme un énorme vaisseau de lumière.

Le bras sud du transept[modifier | modifier le code]

Le bras sud du transept, se termine par une immense verrière de 18 mètres de hauteur exécutée par des verriers troyens de 1500 à 1502.

La partie inférieure de la verrière est constituée d'une claire-voie consacrée à la vie et au martyre de saint Étienne.
Au-dessus et dominant le tout se trouve l'énorme rosace à six branches, représentant le Jugement Dernier et la résurrection des morts.

Les fenêtres latérales occidentales du croisillon évoquent l'invention (=découverte) et le transfert des reliques de Saint Etienne. Les fenêtres latérales orientales nous offrent un bel arbre de Jessé ainsi qu'une Vierge à la Licorne.

On y trouve aussi la vie de saint Nicolas offerte par la confrérie des gens de justice de l'évêque, qui officient dans le palais synodal mitoyen. Ils sont représentés en bas du vitrail par un official (magistrat écclésiastique), un juge, un notaire et un avocat, avec d'autres saints protecteurs tel Saint Yves. L'archevêque est juge au spirituel mais aussi au temporel en tant que vicomte de Sens. Nicolas, evêque de Myrne, est représenté intervenant pour sauver de la décapitation trois officiers injustement condamnés.

Le bras nord du transept[modifier | modifier le code]

Il est éclairé par une verrière de quinze mètres de haut composée la rosace dite du Concert Céleste, dans lequel 62 anges jouent de 32 instruments de musique différents. Elle comporte cinq branches et surplombe une claire-voie de cinq fenêtres à lancettes géminées montrant cinq apparitions de l'archange Gabriel. Ce dernier est le patron du donateur ,le doyen du chapitre Gabriel Gouffier, qui l’a commandée aux maîtres verriers Jean Hympe père et fils.

Les vitraux disposés côtés Est et Ouest de la rosace représentent l'histoire biblique des patriarches Abraham, Isaac, Jacob et Joseph. Ils racontent divers évènements, du départ d'Abraham pour Canaan à la réussite de Joseph auprès du pharaon qui confond ses frères de passage en Egypte, alors qu'ils l'avaient vendu naguère comme esclave.

Les deux vitaux les plus intérieurs représentent les 16 archevêques de la ville ayant pris rang de saints (canonisés) et 6 saints protecteurs de la ville de Sens, dont Sainte Colombe. Tous ces vitraux datent du début du XVIe siècle, sauf le dernier réalisé au siècle suivant.

Le chœur[modifier | modifier le code]

Plan du chœur et des chapelles du transept par Viollet-le-Duc

L'élévation à trois étages est semblable à celle de la nef.

Le déambulatoire et les chapelles[modifier | modifier le code]

Le chœur est bordé par un déambulatoire qui comporte de chaque côté cinq travées droites à voûtes sexpartites, reliées par un rond-point à cinq pans.

Plusieurs chapelles sont disposées autour du déambulatoire :

  • la première chapelle latérale nord est un baptistère dédié à Saint Jean-Baptiste qui a conservé un cœur roman
  • la première chapelle latérale sud abrite une statue de Notre Dame du XIVe au culte de laquelle elle est consacrée
  • la très lumineuse chapelle axiale du XIIIe siècle évoque Saint Savinien, premier évêque de Sens : le vitrail relatant la vie du saint est masqué par une sculpture du XVIIIe siècle représentant sa décollation

La chapelle axiale est encadrée par deux autres chapelles des XVIe et XVIIIe siècles, l’une d’elle abritant le mausolée funéraire du père des trois derniers Bourbon.

Au nord, on trouve une série d'arcatures aveugles encore de type roman, présentant de fort beaux chapiteaux et qui datent du XIIe siècle. Sous l'une de ces arcatures : statue de Thomas Beckett.

Les vitraux du XIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Les paraboles[modifier | modifier le code]

Dans la partie nord du déambulatoire, un vitrail décrit la parabole du bon samaritain en faisant un parallèle à chacun de ses trois stades avec l’histoire religieuse :

  • l’agression et la chute du voyageur avec l’échec des premiers hommes par le pêché originel,
  • la non-assistance par un prêtre de passage avec l’échec de Moïse à détourner les israëlites de l’idolâtrie,
  • l’intervention du bon samaritain qui confie le voyageur à un hôtelier avec le sacrifice du Christ.

Un autre vitrail évoque l’histoire du fils prodigue. Un fils demande sa part d'héritage à son père qui la lui accorde. Il fréquente les prostituées er mène une vie de fêtard. Mais bientôt ruiné, il en est réduit à garder les pourceaux avant de revenir vers son père. Celui-ci le recueille et fait égorger le veau gras pour un banquet. Le second fils apprend le retour de son frère et s'en offusque, son père intervient pour qu'il réintègre la maison.

Thomas Becket parmi les martyres de l' Église[modifier | modifier le code]

Un vitrail commémore la venue au XIIe siècle de Thomas Becket, archevêque de Canterbury qui[11] se réfugie à Sens pour se protéger de la colère du roi Henri II d'Angleterre, contre lequel il défendait les privilèges notamment judiciaires de l'Eglise. Il retourne par la suite en Angleterre où il est assassiné par des envoyés d’Henri II. L’autorité morale du roi est grandement affectée par ce meurtre qui lui est imputé.

Dans le Choeur, un vitrail relatif à Saint Etienne est associé à deux autres vitraux évoquant d'une part la nativité, d'autre part la passion du Christ :

  • les représentations autour du thème de la nativité se concentrent sur le rôle de la Vierge et l'adoration des rois mages,
  • celles relatives à la passion ne s'attardent pas sur les étapes de l'histoire pour montrer les sévices subis par le Christ.

Saint Etienne prêche le nouvel évangile à Jérusalem, rencontrant l'hostilité des tenants de la tradition juive. Il est condamné par les autorités, puis conduit hors de la ville pour être lapidé.

Le décor du XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Vue du chœur de la primatiale avec sa superbe grille de fer forgé, œuvre de Guillaume Doré

A l’instigation du cardinal Paul d’Albert de Luynes et du chapitre, les grilles qui clôturent actuellement l’entrée du chœur sont réalisées en 1762 par le serrurier parisien Guillaume Doré . Un nouveau Jubé remplace également de celui du XIIIe siècle. Il a été supprimé en 1868 mais une maquette ainsi que les statues qui l’ornaient (Foi, Espérance, Charité et Justice) ont été conservés au musée archéologique de Sens, dans le palais archiépiscopal voisin.

Le maître-autel date de 1742 et est l'œuvre de Servandoni. Il est surmonté d'un baldaquin supporté par quatre colonnes de marbre rouge provenant du monument dédié à Louis XIV place de la victoire à paris. Derrière le maître-autel se trouve l'autel des Saints-Pierre-et-Paul.

La chapelle du Dauphin Louis-Ferdinand[modifier | modifier le code]

Le dauphin Louis, fils de Louis XV mourut de la tuberculose le 20 décembre 1765 au château de Fontainebleau. Selon ses dernières volontés son corps fut inhumé dans la cathédrale de Sens[12]. La dépouille de la dauphine Marie Josèphe morte deux ans plus tard du même mal, fut également transportée à Sens.
Le mausolée fut réalisé par Guillaume Coustou sur des dessins de Cochin et des propositions de Diderot[13]. Il est composé de groupes allégoriques évoquant les vertus du prince : l'Immortalité et la Religion et le Temps et l'amour conjugal. Achevé en 1776, le mausolée fut exposé au Salon de 1777, puis installé au milieu du chœur de la cathédrale de Sens en décembre 1777.
Ne pouvant rester caché aux yeux des vandales révolutionnaires, on décida de démonter le monument en 1793. Le travail fut confié à un sculpteur du nom de Pierre Person, élève de Bridan, qui abrita les morceaux démembrés dans la chapelle Sainte Colombe[14]. Les sculptures subirent quelques mutilations. La tombe elle même fut profanée et les dépouilles princières jetées en fosse commune. À la Restauration, Louis XVIII ordonna la réparation et la remise en place du tombeau de ses parents, qui retrouva sa place au milieu du chœur.
Au milieu du XIXe siècle, le clergé et les fidèles de la cathédrale tombèrent d'accord pour juger que le mausolée gênait considérablement la vue du maître autel et pour décider son transfert dans une chapelle latérale. En 1852 il retrouva donc la chapelle Sainte Colombe, une des chapelles axiales, de plan ovale construite entre 1704 et 1710. C'est selon cette même disposition de 1852 que la sculpture de Coustou peut être admirée aujourd'hui, en ayant conservé une bonne partie de ses éléments d'origine.
Une dalle funéraire placée dans le chœur marque l'emplacement ancien du tombeau et l'entrée du caveau où les restes des princes furent replacés à la Restauration.

Autour de la cour Sud[modifier | modifier le code]

La façade sud de style gothique flamboyant donne dans une cour bordée côté Est par le palais archiépiscopal et côté Ouest par le palais Synodal.

La façade sud[modifier | modifier le code]

La superbe façade sud et son portail. On doit ce chef-d'œuvre du gothique flamboyant à l'architecte Martin Chambiges

La façade sud comprenant le superbe portail de Moïse date des années 1490-1500 et est l'œuvre du grand architecte Martin Chambiges, lequel travaille aussi à Senlis, Troyes et Beauvais. Les parties inférieures de la façade datent cependant du XIVe siècle, époque où sa construction débutée a été abandonnée (guerre de Cent Ans).

Le premier architecte de la cathédrale ou Maître de Sens est le premier, semble-t-il, à avoir utilisé la technique des arcs-boutants externes pour soutenir la haute nef de l'édifice. Au milieu du XIIe siècle, cette technique est encore imparfaite, car tout à fait empirique. On ne sait pas avec précision à quel endroit du mur gouttereau de la nef les appliquer, ni quelle courbure leur donner. À Sens, il s'agit d'arcs-boutants simples, à un seul niveau. Le dos ou extrados des chaperons des arcs-boutants primitifs de la cathédrale ne sont pas encore munis d'une rigole d'évacuation des eaux de pluie de la toiture, et ne sont donc pas dotés de gargouilles. Ce système n'apparaîtra pour la première fois que vers 1220-1230, à Notre-Dame de Paris.

Le palais archiépiscopal[modifier | modifier le code]

Au sud du chœur, un escalier communique au-dessus de la sacristie avec les appartements de l’archevêque d’où il est possible de suivre les offices à partir d’une tribune. Le palais du XVIe siècle est disposé en angle avec le chœur, entre cour et jardin. Il abrite aujourd’hui le musée archéologique de la ville de Sens.

La chapelle de l'archevêque expose le trésor de la cathédrale. Parmi les habits sacerdotaux et les objets de culte figurent en particulier :

  • deux parements d’autel : le couronnement de la Vierge et l’adoration des rois mages
  • un manteau royal brodé de fleurs de lys et bordé d’hermine pour les offices funéraires à la mémoire du dauphin Louis-Ferdinand et de son épouse Marie-Josèphe de Saxe.

La tapisserie de l'adoration des rois mages est vivante et colorée. Près de la Vierge se tient modestement Joseph, autour d'elle les trois rois mages habillés de riches étoffes sont chacun à une étape différente d'une même action d'adoration, sous le regard de gardes et de badauds aux visages triviaux et expressifs.

Le palais synodal[modifier | modifier le code]

En angle avec le côté sud de la façade de la cathédrale est édifiée au XIIIe siècle une construction à deux niveaux destinée à abriter les activités religieuses :

  • un rez-de-chaussée dédié au fonctionnement de l’officialité (tribunal religieux)
  • à l’étage une grande salle couverte de 6 voûtes à croisée d’ogives, pour les synodes.

Ce bâtiment est par la suite dénaturé. L’effondrement de la tour sud détruit les voûtes que sont pas rétablies. La grande salle est morcelée en un réseau de pièces desservi par un escalier central.C’est Eugène Viollet-le-Duc qui parvient à convaincre l’Etat d’acquérir le palais et qui en mène à bien la restauration à l’état originel.

Le toit de tuiles à motifs peints est bordé de créneaux et aux quatre angles de tours basses. Les gargouilles ont des formes animales dont certaines représentent notamment la luxure ( sexe masculin en érection et sexe féminin béant) ainsi que l’avarice.

La façade sur le parvis est percée de 6 fenêtres géminées entre lesquelles les contreforts sont décorés de statues :

Le mariage de Saint Louis[modifier | modifier le code]

Le 27 mai 1234, le mariage de Louis IX de France, dit « Saint Louis », et de Marguerite de Provence est célébré en la cathédrale de Sens, par Gauthier le Cornu. Les personnages importants du royaume sont présents et la suite de Louis comprend sa mère Blanche de Castille, ses frère Robert et Alphonse, son cousin Alphonse de Portugal, de nombreux nobles dont le fidèle Barthélemy de Roye et plusieurs dames qui assurent la suite de Marguerite[15]. La cérémonie se déroule en deux temps.

Dans la première phase, une cérémonie extérieure devant l'église, commence par la jonction des mains des fiancés par Guillaume de Savoie, évêque de Valence et oncle de Marguerite, symbolisant leur consentement, puis les anneaux sont échangés et, enfin, elle se termine par la bénédiction et l'encensement des époux[16].

La seconde phase est essentiellement une messe lors de laquelle sont lus et chantés plusieurs textes[17]. Au moment de l'invocation, le roi reçoit un baiser de l'archevêque qu'il va porter à sa jeune épouse, lui promettant ainsi amour et protection.

Enfin, vient la bénédiction de la chambre nuptiale, rite soulignant leur devoir de procréer[18]. Le lendemain du mariage, le 28 mai 1234, la jeune Marguerite est couronnée reine[19].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, Eugène Viollet-le-Duc
  2. C'est ce même pape Alexandre III qui posera la première pierre de Notre-Dame de Paris en 1163, en présence du roi Louis VII
  3. « Notice no PA00113853 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. Les Vitraux de Bourgogne, Franche-Comté et de Rhône-Alpes, Corpus vitrearum, Recensement III, 1986, p. 175.
  5. Plan détaillé de la cathédrale, avec échelle métrique
  6. voir photo du portail sur le site Architecture religieuse en occident - Saint-Étienne de Sens
  7. [vidéo] plenum de la cathédrale primatiale Saint-Étienne de Sens : 2 bourdons + 2 cloches sur YouTube.
  8. [vidéo] La Savinienne, cathédrale de Sens, volée de noël sur YouTube.
  9. [vidéo] Sonnerie de la potentienne, « petit » bourdon de la cathédrale de Sens sur YouTube.
  10. Pierre de Cognières ou Jean du Cognot était un avocat qui avait attaqué les privilèges du clergé devant le roi Philippe VI. Il n'eut pas gain de cause, et afin de le ridiculiser, on sculpta sa tête que l'on exhiba dans la cathédrale. Elle s'y trouve toujours (photo : Architecture religieuse - Saint-Étienne de Sens)
  11. http://pecas.free.fr/Sens.htm La ville de Sens et l'Angleterre]
  12. Lettre du Dauphin à son père le roi Louis XV, écrite de Fontainebleau et datée du 14 novembre 1765
  13. François Souchal, "le monument funéraire du Dauphin" in Études sur l'ancienne France, offertes en hommage à Michel Antoine. Paris, École des Chartes 2003, pp. 370 et ss
  14. François Souchal, "le monument funéraire du Dauphin" in Études sur l'ancienne France, offertes en hommage à Michel Antoine. Paris, École des Chartes 2003, p.375
  15. Le Goff 1996, p. 155
  16. Le Goff 1996, p. 156
  17. Le Goff 1996, p. 157
  18. Le Goff 1996, p. 158
  19. Le Goff 1996, p. 159

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

Ouvrages sur la cathédrale de Sens[modifier | modifier le code]

  • Lucien Bégule, La Cathédrale de Sens, Lyon,‎ 1929
  • Théodore Tarbé, Recherches sur la ville de Sens, Paris, éditions de la Tour Gile,‎ 1888
  • Denis Cailleaux, La Cathédrale de Sens, Ouest-France,‎ 1987
  • Bulletin de la Société archéologique de Sens, nouvelle série, tome V : Études nouvelles sur la cathédrale de Sens, Sens, Société archéologique de Sens,‎ 2006
  • Maximilien Quantin, Mémoire sur l'organisation et le régime économique et financier de l'ancien chapitre cathédral de Sens, Yonne, 1869
  • Bernard Brousse, Claire Pernuit, François Perrot, Antoine Philippe (photographe), Les vitraux de la cathédrale de Sens, Éditions À Propos, Garches, 2013 (ISBN 978-2-915398120) ; p. 223
  • (de) Irene Plein, Die frühgotische Skulptur an der Westfassade der Kathedrale von Sens. Rhema-Verlag, Münster 2005, (ISBN 978-3-930454-40-2)

Articles[modifier | modifier le code]

  • François Collombet, Les Plus Belles Cathédrales de France, Sélection du Readers Digest, Paris, (ISBN 2-7098-0888-9), 1997, pp. 206–209.
  • Notice historique sur la construction de la cathédrale de Sens, rédigée sur les documents originaux existant aux Archives de la préfecture, Maximilien Quantin, imprimerie de Gallot-Fournier, 1842