Incendie du forum de Planoise

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Le Forum, vue arrière


L'incendie du forum de Planoise est un incendie criminel[Note 1] qui eut lieu dans le quartier de Planoise à Besançon, le 3 novembre 2005 lors des émeutes en France. Ce sinistre aura coûté la vie à un gardien d'immeuble et blessé grièvement deux étudiants étrangers.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Le 2 novembre 2005, les émeutes dans les banlieues françaises font rage aux quatre coins de l'hexagone, jusqu'au 17 novembre 2005. En Franche-Comté, les émeutes sont particulièrement dures dans les grandes agglomérations, notamment à Montbéliard et sa banlieue ainsi qu'à Besançon dans les quartiers de Planoise, Montrapon-Fontaine-Écu et des Clairs-Soleils. Dans le quartier de Planoise, un événement particulièrement dramatique viendra mettre un terme aux violence urbaines : l'incendie du forum, dans le secteur de Cassin.

Dans la nuit du 2 au 3 novembre 2005, trois voitures sont incendiées dans le hall d'immeuble du « Forum », dans le secteur de Cassin. L'épaisse fumée que dégagea la combustion s'engouffra rapidement dans la cage d'escalier et menaça directement la centaine d'étudiants logés dans le bâtiment, principalement des étrangers. Salah Gaham, le veilleur de nuit du bâtiment, craignant d'assister à un drame, décide de porter secours aux locataires et se saisit d'un extincteur pour affronter directement les flammes. Au bout de quelques minutes, le jeune homme s'effondre après avoir inhalé trop de fumée. Les pompiers le retrouvèrent inanimé au cœur du brasier et tentèrent alors de le sauver, mais il était déjà trop tard. Salah Gaham décéda durant la nuit du 3 novembre 2005, à l'âge de 34 ans. Malgré l'intervention rapide des pompiers de Besançon et l'arrivée des renforts de la région durant la nuit, on dénombre un mort et plus de 14 blessés dont deux graves. Salah Gaham fut le premier mort des émeutes de 2005[1],[2],[3]. Le 11 juillet 2008, un homme de 60 ans a été interpellé dans le cadre de l'affaire, sans que de suites aient été données[4].

Bilan[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Salah Gaham.

Le bilan de ce drame est très lourd : un mort (Salah Gaham) ainsi que deux blessés graves : une étudiante taïwanaise hospitalisée dans un état critique au service des grands brûlés à Lyon, qui par miracle a survécu. Une étudiante, prise de panique, avait également sauté du 3e étage de l'édifice, et fut opérée par la suite à l'hôpital Jean-Minjoz avec succès. Plusieurs autres étudiants ont aussi été soignés pour des brûlures plus légères, mais restent cependant traumatisés par l'événement[5]. On compte au total un mort et quatorze blessés[4].

Rapidement, l’Université et la Ville de Besançon ont mis en place une cellule de crise afin d’accompagner les étudiants choqués et de tenter de les reloger dans une résidence universitaire du CROUS à la Bouloie.

Réactions[modifier | modifier le code]

La presse régionale télévisée a sommairement parlé de l'incident en évoquant les dégâts de l'incendie, le nombre de blessés et de morts. La presse nationale n'a quant à elle jamais parlé de l'affaire, aussi bien dans les journaux que dans la presse nationale télévisée. Seul L'Est républicain a fait de cet événement ses gros titres.

Politiquement, seul le maire de la ville Jean-Louis Fousseret ainsi que quelques élus locaux ont décidé de traiter l'affaire avec fermeté. Peu après l'incident, un renforcement sans précédents des forces policières fut dépêché sur place. Une cellule de crise municipale eut lieu le même mois, révélant ainsi le bilan de ces émeutes.

Les planoisiens, choqués après ce drame, ont massivement répondu à l'appel pendant la commémoration de la place Salah Gaham, au moins 500 personnes étaient réunies lors de cet événement[6],[7]. Dans beaucoup d'associations, une information était dédiée à cette catastrophe, beaucoup exprimaient aussi le « ras le bol » général des habitants. Aujourd'hui encore, ce drame est dans toutes les mémoires des planoisiens et des bisontins.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Officiellement, aucune preuve n'est venue étayer la piste criminelle bien que les enquêteurs étaient persuadés qu'un ou plusieurs incendiaires étaient à l'origine du sinistre, notamment par rapport à l'endroit où le feu s'est déclaré (des voitures, au sous-sol) ainsi que par rapport au contexte (émeutes de 2005)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Compte-rendu du conseil municipal concernant les émeutes (consulté le 19/09/09)
  2. La Passerelle, numéro 96 (édition septembre, octobre et novembre 2009) hommage à Salah Gaham.
  3. www.besancon.fr (consulté le 19/09/09)
  4. a et b « Du nouveau dans l'affaire de l'incendie mortel de Besançon Planoise » sur MaCommune.info (consulté le 26 décembre 2010).
  5. Le drame sur le site de l'Université de Franche-Comté (consulté le 7 février 2010)
  6. Planoise-reflexion (consulté le 19/09/09)
  7. BVV décembre 2005 (consulté le 7 février 2010)