Joseph Lakanal

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Joseph Lakanal

Description de l'image  Joseph Lakanal.jpg.
Naissance 14 juillet 1762
Serres-sur-Arget
Décès 14 février 1845 (à 82 ans)
Paris

Joseph Lakanal est un homme politique français né le 14 juillet 1762 à Serres-sur-Arget et mort le 14 février 1845 à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Buste de Lakanal par David d'Angers (1839).

Il fut professeur de rhétorique puis de philosophie chez les Pères de la Doctrine Chrétienne dans diverses villes de France avant de se rallier à la Révolution. Il fut député de l'Ariège à la Convention, où il siégea parmi les Montagnards, et vota la mort de Louis XVI.

Membre du Comité de l'Instruction publique de la Convention, Lakanal remit un rapport sur les Écoles militaires, signalant celle de Paris comme « un des monuments les plus odieux élevés par le despotisme à l'orgueil et à la vanité ». C'est également sur son rapport que, le 19 juillet, la Convention rendit le décret relatif à la propriété des auteurs d'écrits en tous genres, des compositeurs de musique, des peintres et dessinateurs ; c'est lui qui fit accorder à Claude Chappe, l'inventeur du télégraphe, le titre d'ingénieur appointé comme lieutenant du Génie et qui fit construire la première ligne télégraphique.

Sur sa proposition, le 18 novembre 1794, la Convention décide la fondation de 24 000 écoles primaires. En 1795, il fit voter l'organisation des écoles normales et d'un projet d'instruction publique. Il y développe les idées chères aux idéologues sur l'enseignement : « L'analyse seule est capable de recréer l'entendement, et la diffusion de sa méthode détruira l'inégalité des lumières. »

Nommé député à deux reprises par le département de Seine-et-Oise en 1798, il refusa cet honneur. L'année suivante il fut envoyé à Mayence en qualité de commissaire pour organiser les nouveaux départements réunis à la France[1].

Il fit à la Convention un rapport sur l'établissement d'une École publique des langues orientales vivantes.

On lui doit aussi la conservation du Jardin des Plantes, qu'il fit réorganiser sous le nom de Muséum national d'histoire naturelle.

Réélu au Conseil des Cinq-Cents, Lakanal présenta le règlement de fondation d'un Institut national, qui deviendra bientôt l'Institut de France, et proposa la liste des membres qui devaient en former le noyau complété par des élections. Ce corps savant contenait trois classes : la première s'occupait des sciences physiques et mathématiques, la seconde des sciences morales et politiques, la troisième de la littérature et des beaux-arts. Lakanal fut élu membre de la deuxième classe dont il devint secrétaire.

Sous l'Empire, il accepta la chaire de langues anciennes à l'École centrale de la rue Saint-Antoine, aujourd'hui Lycée Charlemagne, et fut plus tard attaché au lycée Bonaparte comme économiste. En 1809, il devint inspecteur des Poids et Mesures. Il prépara une édition des œuvres de Rousseau et rédigea un traité d'économie politique.

À la Restauration, il partit pour les États-Unis et finit après quelques pérégrinations par devenir président de l’université de Louisiane à La Nouvelle-Orléans, puis planteur en Alabama, où en 1817, plusieurs centaines de réfugiés de Saint-Domingue, menés par deux ex-généraux de Napoléon Bonaparte, fondent la Vine and Olive Colony, et obtiennent 370 kilomètres carrés du gouvernement américain. Très vite, ces colons, dont fait partie aussi l'éditeur de presse Jean-Simon Chaudron, abandonnent le vin et les olives pour devenir des pionniers de l'histoire de la culture du coton.

Après la Révolution de Juillet, il attendit trois ans pour regagner Paris et siéger de nouveau à l'Académie des sciences morales et politiques.

Il mourut le 14 février 1845, laissant sa jeune épouse et leur enfant démunis malgré sa longue carrière et fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Sa tombe située dans la 11e division, est une concession gratuite par arrêté préfectoral en date du 16 février 1847.

Citation[modifier | modifier le code]

Charles de Rémusat : « Député à la Convention nationale, Lakanal s'est uni à toutes les pensées de cette assemblée. Au milieu de ces crises orageuses, il songea aux intérêts des Lettres et des Sciences. Il s'efforça, bien souvent en vain, d'arracher à la mort ces hommes dont le savoir et les talents illustraient leur pays et ne le désarmaient pas. Il lutta obstinément contre une barbarie systématique qui menaçait nos arts, nos monuments nationaux, nos grands établissements d'éducation. ».

Château de Sainte-Alvère[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, Firmin Didot Frères, 1861

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcus (pseudonyme de Toussaint Nigoul), Lakanal, C. Lacour, Nîmes, 2003, 160 p. (ISBN 2-7504-0301-4)
  • Édouard Guillon, Lakanal et l'instruction publique sous la Convention, C. Lacour, Nîmes, 2003, 155 p. (ISBN 2-7504-0318-9)
  • Marcel Boussioux, Joseph Lakanal (1762-1845) : un combat pour la République et pour l’école, Toulouse, CRDP Midi-Pyrénées, 2003, 262 p. (ISBN 2-86565-358-7)
  • Louis Claeys, "Deux siècles de vie politique dans le Département de l'Ariège 1789-1989", Pamiers 1994