Cathédrale Saint-Mammès de Langres

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Cathédrale Saint-Mammès
de Langres
Façade de la cathédrale Saint-Mammès
Façade de la cathédrale Saint-Mammès
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Diocèse de Langres (siège)
Début de la construction 1150
Fin des travaux 1196
Style dominant Roman -Gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1862)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Département Haute-Marne
Commune Langres
Coordonnées 47° 51′ 51″ N 5° 20′ 07″ E / 47.86417, 5.33528 ()47° 51′ 51″ Nord 5° 20′ 07″ Est / 47.86417, 5.33528 ()  

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Cathédrale Saint-Mammès de Langres

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Cathédrale Saint-Mammès de Langres

La cathédrale Saint-Mammès est une cathédrale catholique romaine située à Langres, dans le département champenois de la Haute-Marne, en France. Elle est édifiée entre 1150 et 1196 au centre du quartier canonial. Elle est dédiée à saint Mammès, martyr de Cappadoce au IIIe siècle. Son style conjugue harmonieusement les volumes romans bourguignons et gothiques avec ses voûtes d'ogives, sa façade occidentale reconstruite au XVIIIe siècle se distinguant par son style classique.

La cathédrale Saint-Mammès fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Aux environs de 1140, l'évêque Geoffroy de La Roche-Vanneau (1139-1162), compagnon de Saint Bernard, prit la décision de reconstruire la cathédrale. La construction commença par le chœur. L'élévation à trois niveaux fut reprise de celle de l'église de Cluny III. Les arcs-boutants du chœur étaient cachés sous les combles mais ceux de la nef étaient visibles de l'extérieur. En 1170, une bulle du pape Alexandre III, réfugié à Sens de 1163 à 1165, nous apprend que la construction était fort avancée. Il ne devait manquer que les premières travées de la nef et la grande façade.

En 1190, suite à l'achat des terrains situés à l'ouest, une dernière campagne fut entreprise en vue de terminer la construction de la cathédrale. Celle-ci fut dédicacée en 1196. Il semble qu'à cette date seules les voûtes de la nef étaient encore à édifier.

En 1209, la pieuse relique du chef de saint Mammès fut confiée à la cathédrale de Langres. Le XIIIe siècle vit la construction du cloître dont il reste actuellement deux galeries, ainsi que l'édification, sous l'impulsion du chanoine de Vergy, de la chapelle de la Vierge dans l'axe de l'abside (1282).

En 1314, un incendie détruisit la toiture de la nef. Les chapelles rayonnantes datent des années 1324 à 1366.

Au XVIe siècle, de 1547 à 1551, le chanoine Jean d'Amoncourt, vicaire général de Claude de Longwy de Givry, évêque de Langres et cardinal de Givry, fit construire la superbe chapelle de la Sainte-Croix située du côté gauche de la nef. En 1562, eut lieu un nouvel incendie dû à la foudre.

En 1746, la façade occidentale menaçant de s'effondrer, décision fut prise de la démolir. Elle fut reconstruite de 1761 à 1768 en style classique, suivant le projet de Claude-Louis d'Aviler datant de 1758. Les travaux furent dirigés par l'architecte Jean-Antoine Caristie.

Le 12 décembre 1790, la cathédrale fut fermée, mais rouverte en 1791 au profit de l'évêque constitutionnel Hubert-Antoine Wandelaincourt. Ce dernier fit détruire le jubé en 1792.

Au XIXe siècle, les parties hautes de la cathédrale furent refaites par l'architecte Alphonse Durand, à partir 1852. Ce dernier construisit aussi la sacristie, de 1857 à 1862.

Description générale[modifier | modifier le code]

La cathédrale relève du style dit clunisien, qui est développé à Cluny III, construite entre 1088 et 1130. En effet, l'abbaye de Cluny était immunitaire, ce qui fait qu'elle ne dépendait pas de l'évêque. La réutilisation du style de Cluny à la cathédrale de Langres peut signifier une diffusion esthétique des motifs dans la région, mais aussi certainement une volonté de se rapprocher des papes par le biais de Cluny.

Plan de la partie médiévale de la cathédrale (hors bloc façade)

Le plan général de l'édifice, roman, est beaucoup plus modeste que celui de Cluny III, et ce malgré l'importance du diocèse. Un chœur en plein cintre est entouré d'un déambulatoire. Le transept unique est saillant. La nef se compose d'un vaisseau central et de deux collatéraux. La cathédrale de Langres est donc loin des dimensions exceptionnelles de Cluny III.

L'élévation est directement inspirée de Cluny. La cathédrale présente de la même manière trois niveaux, avec des grandes arcades en arc brisé, un niveau d'arcatures sous combles obscur et des baies hautes, uniques, brisées. Comme à Cluny, les niveaux sont séparés par une importante corniche mais celle-ci, n'intervient plus, comme à Cluny, dans l'équilibre des forces. Enfin, les supports sont inspirés de Cluny : un pilastre sur fort dosseret est entouré de deux colonnettes, ce qui correspond au support du deuxième niveau de Cluny III. Il n'y a plus non plus, comme à Cluny, différenciation des supports en fonction des niveaux. Le pilastre porte à la naissance des voûtes un chapiteau pseudo-corinthien. Le vocabulaire pseudo antique inspiré de Cluny se retrouve également au niveau des arcatures sous combles, où un pilastre, cette fois cannelé et surmonté d'un chapiteau pseudo-corinthien, soutient la corniche.

En résumé, la cathédrale de Langres utilise le vocabulaire dérivé de l'Antique qui était présent à Cluny III. Elle renonce à certaines subtilités architecturales, nécessaires à Cluny en raison des dimensions exceptionnelles de l'église, mais qui n'étaient plus nécessaires ici. Il y a donc simplification et réinterprétation de l'architecture clunisienne dans la cathédrale de Langres.

La cathédrale de Langres reste également attachée à la sculpture monumentale, fort usitée en Bourgogne et en Champagnes-Ardennes. Dans le chœur et dans la première travée de la nef, une frise sculptée court sous la corniche du premier niveau. Les chapiteau dans les bas-côtés abritent également un programme iconographique.

La voûte en berceau à caissons sculptés de la chapelle de la Sainte-Croix (1549).

L'église fut voûtée au cours du XIIIe siècle, en ogives selon les habitudes architecturales de l'époque. Cependant, les bas-côtés sont voûtés en arêtes.

La façade primitive, qui menaçait ruine, fut remplacée, au XVIIIe siècle, par une façade classique, laquelle contraste avec la partie médiévale du sanctuaire.

Quelques dimensions[modifier | modifier le code]

  • Longueur intérieure : 94,3 mètres
  • Hauteur sous voûte de la nef et du chœur : 23 mètres
  • Largeur du vaisseau central de la nef entre l'axe des colonnes : 11,36 mètres
  • Largeur totale de la nef y compris les bas-côtés : 24,4 mètres
  • Diamètre des colonnes de la nef : 1,25 mètre
  • Largeur du transept : 13 mètres
  • Longueur intérieure du transept 41,6 mètres
  • Hauteur des tours : 45 mètres. Il y a 227 marches pour accéder au sommet de la tour sud (visitable).

L'intérieur[modifier | modifier le code]

Vue de la nef de la cathédrale.

L’intérieur mêle habilement les dernières influences romanes bourguignonnes (volumes, élévation, décor) aux premières et timides pratiques gothiques (voûtement, contrebutement).

Chef-d’œuvre de la Renaissance, la Chapelle de la Sainte-Croix, située du côté gauche de la nef, date de 1549 : sa voûte en berceau à caissons sculptés, son autel et son dallage en faïence polychrome de Rouen sont remarquables.

Deux galeries d’architecture gothique du XIIIe siècle forment le cloître ; aujourd’hui siège de la bibliothèque municipale.

À l’intérieur les proportions sont grandioses : long de 94 mètres, le sanctuaire a une largeur de 43 mètres au transept et s’élève à 23 mètres dans la nef.

Ornementation[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, Claude de Longwy de Givry, cardinal de Givry, fit don à la cathédrale de huit splendides tapisseries, figurant la légende de saint Mammès, dont deux sont exposées dans son transept (une troisième est déposée au musée du Louvre à Paris).

Le trésor[modifier | modifier le code]

La salle du trésor contient de nombreux objets d'art de grande valeur. Parmi eux, on trouve :

  • un buste-reliquaire contenant le crâne de saint Mammès, que la cathédrale reçut jadis de Constantinople ;
  • un reliquaire provenant de l'abbaye de Clairvaux, contenant un morceau présumé de la vraie Croix du Christ ;
  • une petite statue en ivoire, datant du XVe siècle et représentant saint Mammès se tenant les entrailles. Rappelons que, selon la légende, les lions refusèrent de dévorer le jeune Mammès, livré aux fauves par les Romains, qui décidèrent alors de l'étriper au moyen d'un trident.

Illustrations[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hubert Collin, Champagne romane, La Pierre-qui-Vire (France), Zodiaque,‎ 1981 ;
  • Jean-Marie Pérouse de Montclos, Le guide du Patrimoine : Champagne-Ardenne, Paris (France), Hachette,‎ 1995 (ISBN 2-85822-614-8) ;
  • (de) Wilhem Schlink, Zwischen Cluny und Clairvaux, Berlin (Allemagne), W. de Gruyter,‎ 1970
    Le titre se traduit par « Entre Cluny et Clairvaux ».