Adam
Adam (hébreu אָדָם, arabe آدم) est un personnage du Livre de la Genèse et du Coran. Dans ces textes, qui fondent la mythologie biblique et les croyances juives, chrétiennes et musulmanes[1], il est le premier homme, créé par Dieu à son image (la création d'Adam à l'image de dieu concerne la croyance juive et chrétienne). Il meurt à 930 ans (Genèse : 5-5). Il est également le compagnon d'Ève, qui est créée à partir de son corps.
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Dans la Bible [modifier]
Récit [modifier]
Selon la Bible, au livre de la Genèse, Adam (en hébreu « אדם », du mot « אדמה », la terre) est le premier homme et a été créé par Dieu lors du sixième jour de la Création à partir de la poussière de la terre qu'il façonna à son image, avant de l'animer de son souffle.
Comme Dieu considérait qu'il n'était pas bon pour l'homme d'être seul, il modela des animaux qu'il amena à Adam pour voir comment il les appellerait. Adam donna un nom à chacun d'entre eux, mais ne se trouva pas de compagnie qui lui convienne. Alors Dieu l'endormit, et lui créa une femme à partir d'une de ses côtes [d'Adam[2].] Adam reconnut la femme comme chair de sa chair et os de ses os, c'est-à-dire "tirée de lui". Adam reconnut la femme pour sa compagne, et Dieu leur commanda d'être féconds, de soumettre les animaux et de manger des végétaux. Le premier couple fut placé par Dieu dans le jardin d'Éden, pour qu'Adam cultive le sol et garde le jardin.
Dieu avait tout permis à Adam sauf, sous peine de mort, la consommation du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Le Serpent (Nahash en hébreu) apparut et dit à la femme qu'ils n'en mourraient pas, mais que leurs yeux s'ouvriraient et que leur nouvelle connaissance les apparenterait à des dieux. La femme mangea du fruit défendu et en donna à Adam qui en mangea à son tour. Mais après avoir goûté à ce fruit ils virent qu'ils étaient nus et lorsque Dieu interpella Adam, celui-ci se cacha à cause de sa nudité, et dut avouer la faute.
Alors Dieu prononça le jugement, énumérant les conséquences de la transgression : le serpent devra ramper, Dieu mettant l'hostilité entre la femme et le serpent, entre la race de la femme et la race du serpent ; la femme à cause de la faute, enfantera dans de grandes souffrances, sera avide de son homme et lui, dominera sur elle comme chef. Enfin l'homme fut condamné à travailler durement le sol maudit à cause de lui pour se nourrir. Adam donna à sa femme le nom « Ève » 'la vivante' car elle fut la mère de tous les vivants. Puis Dieu revêtit le couple de tuniques de peau. Il les chassa alors du jardin d'Eden pour les empêcher d'accéder à l'arbre de vie qui les rendrait immortels, maintenant qu'ils avaient la connaissance du bien et du mal ; Il les renvoya sur la terre commune, et posta des chérubins pour garder le chemin de cet arbre.
Le récit attribue d'abord trois fils à Adam et Ève : Caïn, Abel et Seth, puis d'autres enfants dont le nom n'est pas donné[3]. Il meurt à 930 ans.
La suite du livre de la Genèse raconte que, neuf générations après Adam et Ève[4], l'humanité née du premier couple a disparu sous le déluge, à l'exception de Noé et sa famille (sa femme, ses fils Japhet, Sem, Cham et leurs femmes), à qui Dieu a confié la tâche de refonder l'humanité. Dans la Bible, Noé est donc le plus récent ancêtre commun à toute l'humanité.
Traditions juives et chrétiennes [modifier]
Adam est animé par le souffle de Dieu (le grec πνεύμα pneuma comme l'hébreu ru'ah signifient aussi bien "vent" qu'"esprit"), selon le principe commun aux mondes grecs et hébreux selon lequel un être animé est un être qui respire et qui possède une âme.
La faute qui entraîne l'exclusion du jardin d'Eden est appelée péché originel, et sa doctrine est extrêmement débattue depuis ses origines, a pris des formes bien distinctes dans les différentes confessions chrétiennes.
Selon des légendes juives non mentionnées dans la Bible hébraïque, Adam connut Lilith avant de connaître Ève.
Origine du nom d'Adam [modifier]
L'explication populaire, qui le fait venir d'Adama (ʾĀḏāma), ne tient pas compte du mode de formation des mots de la langue hébraïque : du plus court au plus long, parallèlement à l'élaboration des notions. C'est donc Adam qui donne Adama et pas le contraire. Dans le texte, la terre n'est nommée adama qu'après la formulation par Dieu du projet de faire Adam. Auparavant, elle s'appelle aretz.
Le midrash propose plusieurs commentaires sur le nom Adam
- ADAM, c'est ED (l'Ed, siège de la terre) et DAM (le sang, siège de l'âme)
- ADAMA, c'est ADAM MA, l'homme-quoi, l'homme qui pose des questions
- ADAM, c'est ADAMA (la terre) et EDAME (je ressemblerai, Isaïe 14:14). C'est celui qui peut s'élever si haut qu'il devient à la ressemblance de Dieu, et descendre si bas qu'il est plus bas que le végétal, voire le minéral.
- Il existe un notarikon d'ADaM, Abraham, David, Messie (Avraham David Mashia'h)
Du mot Ed est dérivé ADeret (la cuirasse), ADon (le dominateur), ADir (le fort). En clair, Ed est indice de l'énergie vitale. D'Ed vient Adam, bien sûr, mais aussi Adom (rouge), le rouge étant la couleur la plus vive.
Une autre hypothèse sur l'étymologie d'Adam provient des tablettes d'Ougarit. Ces tablettes révèlent qu'en langue ougaritique, l'humanité se dit « adm » qui aurait donné en hébreu « Adam », le premier homme.
Au début, Adam représente le mâle et la femelle (« Dieu créa Adam à Son image, à l'image de Dieu Il le créa, mâle et femelle Il les créa »).
Adam et Ève dans l'islam [modifier]
Le Coran donne une version de l'histoire d'Adam, avec sourate Al-Baqara. Créé par Dieu en lui donnant l'image la plus harmonieuse parmi ses créatures, à partir de Terre glaise (salsaal), Adam reçoit la connaissance des noms de toutes choses par toutes les langues (Al-Baqara, 28-31).
Quand Dieu annonça aux anges qu'il comptait déléguer la propriété de la terre à une autre espèce, ils lui demandèrent s'il allait la déléguer à d'autres meurtriers et destructeurs (faisant allusion aux djinns (habitant la terre, et pouvant être bon ou mauvais) selon certaines interprétations du verset 35 de sourate Al-Baqara.).
Le Coran ne nomme nulle part Ève et ne précise ni quand ni comment elle fut créée. En revanche les détails légendaires se multiplient chez les commentateurs du Coran. Ils sont le plus souvent adaptés de la Genèse, des sources rabbiniques et du récit chrétien syriaque La Caverne des Trésors[5].
Contrairement à la Bible (Genèse 2-21.22) et sans base dans le texte même du Coran, ces commentaires évoquent que "Hawwa'e" (Ève) a été créé après Adam à partir de son corps et décrit à plusieurs reprises comment les humains furent créés, Adam se retrouva seul au Paradis (Jardin d'Eden), il y vécut en reclus, il se sentit seul, il lui manquait quelque chose, ou "quelqu'un". Eve fut créée à partir de la côte gauche d’Adam (certains disent sorti de l'endroit où se trouve la côte et non pas créé à partir de la côte), près du cœur exactement, pendant qu’il dormait. Quand il se réveilla, il la vit à côté de lui, il lui demanda : "Qui es-tu" ? Une femme. "Comment t’appelles-tu?" : Eve. "Pourquoi fus-tu créée ?" : Pour que tu vives avec moi en tranquillité. »
Une femme : C’est que l’équivalent du terme “femme” en arabe, à savoir “Imra’a”, provient étymologiquement du terme “Mar’e” qui se traduit par "individu" ou “homme”. La femme “imra’a” est donc une partie de l’homme ou du “Mar’e”, c’est pourquoi son nom et le sien sont apparentés par étymologie.
Eve : en arabe c’est “Hawwa'e”, provient tu terme arabe “Haï” qui veut dire “vivant”. Et “Hawwa’e” fut effectivement créée d’un vivant, à savoir, la côte d’Adam, d’où provient son nom.
Vous vous demanderez : Pourquoi fut elle créée alors qu’il dormait? Pour qu’il ne ressente pas la douleur de sa création, et qu’il ne se retourne pas contre elle. Pour qu’il arrive à la traiter avec tendresse. À ce sujet, l’Imam Al Qortoby a fait un agréable commentaire : « Pour qu’Adam ne souffre pas lors de la création d’Eve, elle fut créée pendant son sommeil afin d’éviter qu’il la déteste. C’est que l’émotion chez lui n’était pas prédominante ainsi. S’il avait éprouvé une sensation de douleur à l’instant où elle fut créée de lui, il ne l’aurait pas portée dans son cœur parce qu’elle fut la source de ce sentiment douloureux. Or, la femme pendant l’accouchement, ressent-elle la douleur ou pas ? C’est que l’émotion chez la femme prédomine. Tant elle éprouve la douleur, tant ses émotions l’agitent de plus en plus ».
Allah dit dans son Saint livre : « ...Et parmi Ses signes, Il a créé de vous, pour vous, des épouses pour que vous viviez en tranquillité avec elles et Il a mis entre vous de l’affection et de la bonté. Il y a en cela des preuves pour des gens qui réfléchissent. » (Sourate 30 :21)
Pourquoi Eve été créée d’Adam ? Allah Taala dit : « Ô hommes! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et qui de ces deux là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d’hommes et de femmes. Craignez Allah au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang. Certes Allah vous observe parfaitement. » (Sourate 4: 1)
Pourquoi Allah a-t-Il évoqué ceci comme étant une grâce qu’Il nous a octroyée ? C’est pour qu’Adam sente qu’Eve est une partie de lui, ce qui explique le dernier testament du Prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) : “Soyez bienveillants à l’égard des femmes”
Notons qu’Adam fut créé de la poussière de la terre, et Eve de la côte d’Adam. Chacun d’eux fut donc créé de ce dont il se chargera. Adam se chargera de la terre, soit comme agriculteur, soit comme gladiateur, soit comme guerrier défendant sa propre terre, etc. alors qu’Eve se chargera des enfants, des maris, maternité. Allah Exalté a donc voulu que chacun d’entre eux soit créé conformément à la nature de ce dont il sera responsable[6].
Pourquoi d’une côte courbée ? Le Prophète Mohammad (Salla Allah'u ‘alayhi wa Sallam) a dit : « Soyez bienveillants à l’égard des femmes, car la femme a été créée d’une côte, or la partie la plus courbée de la côte est son sommet, si tu cherches à la redresser, tu la briseras, et si tu la laisses, elle demeurera courbée. Soyez donc bienveillants à l’égard des femmes »
Eve fut créée de la côte gauche d’Adam, laquelle est courbée parce que la fonction de cette côte gauche est de protéger le cœur contre les chocs, il fallait avoir une côte qui entoure le cœur pour le protéger et elle devait être courbée. L’adjectif “courbée” ne dénote donc pas un mauvais comportement. Chez la femme, c’est l’émotion qui est prédominante, et très souvent elle surpasse la raison, et ce pour lui permettre de remplir son rôle, à savoir la tendresse et l’affection. Cette courbure est donc innée afin de permettre à la femme d’assumer sa responsabilité.
Les Anges interrogèrent Adam sur Eve: "L’aimes-tu, Adam ?" Oui, répondit Adam. "L’aimes-tu, Eve ?" demandèrent les Anges. Non, répondit-elle, pourtant, l’amour que son cœur éprouvait pour Adam redoublait l’amour d’Adam pour elle. Al imam Al Qortobi a dit: « Si une femme serait sincère en exprimant son amour à son mari, il vaudrait mieux “qu’Eve le soit.” »
La sortie d’Adam et d’Eve du paradis : Allah Taala dit : « Et quand Nous dîmes aux Anges: «Prosternez-vous devant Adam», ils se prosternèrent, excepté Iblis qui refusa. Alors Nous dîmes: «Ô Adam, celui-là est vraiment un ennemi pour toi et ton épouse. Prenez garde qu’il vous fasse sortir du Paradis, car alors tu seras malheureux. Car tu n’y auras pas faim ni ne seras nu, Tu n’y auras pas soif ni ne seras frappé par l’ardeur du soleil». Puis le Diable le tenta en disant: «Ô Adam, t’indiquerai-je l’arbre de l’éternité et un royaume impérissable?». » (Soura 20 : 116-120)
Allah Taala dit aussi : Ô Adam, habite le Paradis, toi et ton épouse; et ne mangez en vous deux, à votre guise; et n'approchez pas l'arbre que voici; sinon, vous seriez du nombre des injustes. Puis le Diable, afin de leur rendre visible ce qui leur était caché - leurs nudités - leur chuchota, disant: Votre Seigneur ne vous a interdit cet arbre que pour vous empêcher de devenir des Anges ou d'être immortels ! Et il leur jura: Vraiment, je suis pour vous deux un bon conseiller. Alors il les fit tomber par tromperie. Puis, lorsqu'ils eurent goûté de l'arbre, leurs nudités leur devinrent visibles; et ils commencèrent tous deux à y attacher des feuilles du Paradis. Et leur Seigneur les appela: Ne vous avais-Je pas interdit cet arbre? Et ne vous avais-Je pas dit que le Diable était pour vous un ennemi déclaré? Tous deux dirent: Ô notre Seigneur, nous avons fait du tort à nous-mêmes. Et si Tu ne nous pardonnes pas et ne nous fais pas miséricorde, nous serons très certainement du nombre des perdants. Descendez, dit [Allah], vous serez ennemis les uns des autres. Et il y aura pour vous sur terre séjour et jouissance, pour un temps. Là, dit (Allah), vous vivrez, là vous mourrez, et de là on vous fera sortir. (Soura 7: 19-25)
Iblis qualifia l’arbre interdit de “l’arbre de l’éternité” alors qu’il n’y a point d’arbre qui porte ce nom. Il les trompa, et continue à nous tromper encore et toujours. Et il leur jura qu’il est un bon conseiller, il leur prêta serment, ce qui représente donc le second des péchés majeurs qu’Iblis a commis après “l’orgueil”, à savoir : “le faux serment au nom d’Allah”; ce qui prouve qu’Adam ne consentit pas aux tentations d’Iblis du premier coup, mais c’est ce dernier qui se mit à essayer avec eux sans cesse jusqu’à ce qu’il du prêter faux serment.
S4-V1 (Al-Nissa) "Ô humains ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’une seule âme, et de celle-ci son double, et qui de ces deux-là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d’hommes et de femmes. Craignez Dieu au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang. Certes Dieu vous observe parfaitement." (cf aussi S16-72 et S39-6 ). Le Coran insiste donc sur la notion de couple, ou de binome et sur la simultanéité de la création des deux humains qui deviennent par la suite sexués au moment de devenir mortels, juste après le péché. Et c'est parce qu'ils deviennent mortels qu'ils deviennent sexués, en vue de la procréation[7],[8].
Être comblé de la création, avantagé par l'aptitude au savoir et de l'apprentissage Adam après avoir reçu l'enseignement de la part de Dieu, a su dénommer d'autres créatures, tandis que les anges, n'en étant pas mieux enseignés par Dieu, n'arrivèrent pas à les nommer. Dieu déclara à ce sujet qu'il savait ce qu'ils (les anges) ne sauraient savoir. Ainsi les anges et Iblis (il avait un bon statut auprès de Dieu bien qu'il était un Djinn d'où sa désobéissance car les Anges obéissent strictement sen aucun refus à Dieu) reçurent l'ordre de s'incliner devant Adam pour le saluer, ils s'y appliquèrent immédiatement, à l'exception d'Iblis (Satan) parmi les djinns, qui s'enfla d'orgueil en arguant le fait qu'il était fait de matière plus noble que la terre (le feu) dont est fait Adam, il désobéit aux ordres du Seigneur et refusa de s'incliner, il fut compté depuis, comme infidèle parmi les serviteurs du Seigneur et chassé à jamais de Sa miséricorde. Iblis (Satan) jura pour l'avoir maudit d'œuvrer à faire désobéir Adam et sa future progéniture, les recommandations du seigneur par la tentation[9].
Par la tentation d'Iblis, Ils désobéirent au commandement divin et mangèrent le fruit de l'arbre interdit. Dieu pardonna à Adam son acte dû à sa nature de faiblesse envers les tentations de Satan et de la caractéristique de l'oubli avec laquelle il a été naturellement conçu, il reçut des paroles de Dieu et fut pardonné en contrepartie de ces mots acceptés par Adam à l'issue desquels il fut sorti avec Iblis (Satan) du Paradis et descendu par les anges vers la terre pour y vivre lui et sa progéniture en ennemis avec Iblis, en qualité de nouveau maître de la terre, " et telle fut la volonté de Dieu, comme annoncé au début par Dieu aux anges".
Tradition [modifier]
Premier homme et prophète ainsi que père, ancêtre, héritier de la terre après les djinns (le sens du vrai mot « Khalifa » cité dans le Coran - c.f. sourate al Baqara verset 30 à 34 -, le mot héritier est à utiliser avec précaution: la signification du mot Khalifa est extrêmement liée à la notion de « confier aux humains la faculté de juger des différents juridiques qui les opposent » sur Terre, bien entendu selon la loi et la justice dictées par Dieu).
Selon l'exégète de l'Islam Ibn Kathir dans son ouvrage Contes de prophètes la terre a été peuplée avant Adam de djinns une autre espèce de créatures non terriennes anéanties par les guerres et les destructions dont fut rescapé un de leur illustre savant et chef : Iblis (Satan). Notons que cette théorie n'a jamais été confirmée ni fait l'unanimité des scientifiques et théologiens de l'Islam. Selon la majorité des théologiens musulmans (Ibn Kathir emet également des doutes quant à la confiance de la chaîne de transmission par laquelle cette l'histoire est rapportée et qu'il cite dans son ouvrage), la Terre n'a été habitée pour la première fois que par Adam et sa progéniture. Les djinns et Iblis l'ont habité en même temps qu'Adam quand ils ont été exclus de l’Éden.
Dans la loi d'Adam, il était permis au frère d'épouser sa sœur née d'un autre accouchement pour que la descendance des humains puisse se propager sur terre (ce qui a changé plus tard). Aussi Ève donnait le jour à chaque accouchement à un garçon et à une fille ; quarante fois dans sa vie
Adam dans diverses conceptions théologiques [modifier]
Les bahá'ís voient en Adam le prophète de Dieu (le terme utilisé est « manifestation de Dieu ») le plus ancien selon l'Histoire connue, et n'excluent pas la possibilité de prédécesseurs oubliés[10]. Adam a débuté le cycle adamique, un sous-ensemble de la révélation progressive, il y a 6 000 ans, qui a culminé avec Bahá'u'lláh[11] L'histoire biblique d'Adam et Ève est allégorique, selon l'explication de ‘Abdu’l-Bahá[12].
Dans l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, la narration biblique d'Adam et Ève y est considérée en partie littérale et en partie symbolique, avec explications dans le Livre de Moïse[13] et dans le Livre de Mormon[14]. Dans Doctrine et Alliances, Adam est nommé l'archange Michaël (27:11 et 107:54).
Chez les Druzes, Adam représente l'esprit universel et Ève l'âme universelle, « les parents spirituels d'où les âmes Adamiques détiennent leurs identités »[15].
Les historiens francs-maçons ont affirmé qu'Adam et Ève étaient les premiers francs-maçons de l'histoire [16]. Selon ce récit, Adam avait fait bâtir une loge dont Ève avait été exclue car elle était une femme. Ces thèmes sont représentés dans les écrits de Martines de Pasqually, Claude de Saint-Martin et Willermoz. Il y aussi la légende d'Adam Kadmon, qui est une figure du courant rosicrucien. Le rite de York, certains Vénérables du 28e degré prennent le nom d'Adam. Ce récit maçonnique ressemble à celui des musulmans en un point : la croyance en une religion adamique, quelle qu'elle soit.
Le récit confronté à la science [modifier]
Aspect scientifique [modifier]
Le récit d'Adam, quelle que soit son origine, se base sur le concept du premier homme et s'oppose donc directement à la théorie de l'évolution, mais est accepté par les principaux courants de la doctrine créationniste. Lorsque Darwin publia en 1860 son livre De l'origine des Espèces en 1859, il souleva un tollé général et l'Église éleva les protestations les plus vives. Il publia en 1871 le livre The Descent of Man and Selection in Relation of Sex traitant de la généalogie de l'Homme, où il conclut que les hommes et les singes descendent d'un ancêtre commun, ce qui est à l'opposé du récit de la Bible[17]. Cette théorie de l'évolution humaine est aujourd'hui majoritairement acceptée par l'Église catholique, situant Adam dans un monde symbolique, où il représente le passage du préhumain à l'humain, au moment où les premiers hommes prennent conscience qu'ils sont d'une autre nature que l'animal (Adam faisant défiler les animaux devant lui n'y trouve pas une compagnie qui lui soit associée), que certains actes leur sont « défendus ».
Bien qu'il soit courant de parler d'ancêtre commun dans la théorie de l'évolution, il ne peut être relié à la notion d'ancêtre commun de la Bible, qu'il s'agisse d'Adam ou de Noé. L'ancêtre commun est un être hypothétique à partir duquel diverge deux espèces, mais la séparation entre les espèces nécessite de nombreuses générations pour être effectives. Si tous les membres de ce groupe ont donc au moins un ancêtre commun, il n'est pas possible d'isoler un individu unique comme représentant premier de la nouvelle espèce. Les traits d'une nouvelle espèce sont en effet l’agrégation de mutations apparues chez divers individus, une mutation donnée pouvant être apparue chez un individu unique ou un groupe d'individu, cette apparition ne dépendant que des lois probabilistes. Les mutations non dommageables à l'individu dans sa capacité à procréer peuvent se propager dans le temps, en particulier si ces mutations offrent un avantage reproductif à l'individu. L'étude de la généalogie des espèces s'appelle la Phylogénie. Cette lente apparition des espèces peut s'observer dans la ressemblance entre les bagages génétiques de deux espèces proches. Ainsi, il y a 99 % de gènes communs entre l'homme et le chimpanzé[18], ce qui signifie que nous avons une proportion significative d'ancêtres communs avec des espèces vivantes non-humaines. Une petite partie de l'ensemble de nos ancêtres communs se trouvent dans les groupes des premiers humains, dont les hommes modernes.
Le monophylétisme de l'espèce humaine est bien démontré. L'espèce Homo sapiens (l'homme moderne) est née de la souche Homo erectus à la fois par mutation, et par sélection naturelle, qui a survécu, il y a environ 200 000 ans, quelque part en Afrique. Le peuplement de la Terre aurait commencé il y a 50 à 100 000 ans à partir de là[19]. En condamnant ce qu'elle nomme le "polygénisme" , l'Église catholique a rejoint Darwin.
Il était admis que l'Homo sapiens ne descendrait absolument pas de l'Homo neandertalensis son cousin, une espèce qui se serait éteinte, il y a environ 28 000 ans, sans laisser de postérité. Rappelons également que la séparation phylétique entre les simiens (quadrupèdes) et les Hominini (bipèdes) ancêtres de l'homme moderne, remonterait à quelque 5 à 7 millions d'années, et qu'aucun croisement n'aurait été possible entre ces deux lignées. Cette théorie est cependant remise en question par certains scientifiques, notamment Svante Pääbo, il semble que les Européens et les Asiatiques ont eu des ancêtres Néandertal, même si les cas de métissages ont semble-t-il été rares.
Certains chercheurs se sont intéressés, grâce à la génétique, à identifier des ancêtres communs. Le professeur Richard Dawkins s'est intéressé à ce thème de d'ancêtre commun à toute l'humanité. Allan Wilson et ses collègues de l'université de Berkeley, ainsi que le généticien anglais Bryan Sykes ont fait des recherches sur l'ADN mitochondrial, qui n'est transmis que par la mère. Ces recherches ont permis d'identifier plusieurs ancêtres communs femelles, qu'ils ont appelées Ève mitochondriale par association d'idée avec la Genèse. L'Ève mitochondriale aurait vécu en Afrique il y a environ 150 000 ans[19], et est une (parmi d'autres) des ancêtres communes à toutes les femmes. Un groupe de sept autres a été identifié (appelées « Les sept filles d'Ève »); chacune représente un clan duquel la plupart des Européens seraient issus[20].,[21].
Des recherches sur le chromosome Y ont permis d'identifier un ancêtre masculin à la plupart des hommes (hors exception telle qu'Albert Perry et la population Mbo). Cet individu, le plus récent ancêtre patrilinéaire commun, appelé Adam chromosome Y, vivait aussi en Afrique, et daterait de 142 000 ans environ. En 2011, Fulvio Cruciani et al. ont calculé par la diversité de l'ADN du chromosome Y que le plus récent ancêtre patrilinaire commun daterait d'environ 142 000 années[22].
Mais ni cette Ève mitochondriale, ni cet Adam chromosome Y (qui ont vécu à la même époque), ne sont l'Adam et l'Ève de la Bible et ils étaient chacun enfant de deux parents de la même espèce, membre de leur espèce et de leur groupe social, au sein duquel chacun s'est accouplé avec un membre de son espèce qui avait des parents distincts. Ils ne furent pas les premiers Homo sapiens ni les plus anciens humains ou plus anciens ancêtres communs humains. Leur position dans l'arbre généalogique humain est celle du plus récent ancêtre commun par lignée maternelle pure (pour l'Ève mitochondriale) et par lignée paternelle pure (pour l'Adam chromosome Y).
Point de vue actuel de l'Église Catholique [modifier]
Comme il a été dit avec des références à Paul VI et Jean-Paul II, l'Église Catholique et son chef Benoît XVI[23] continuent d'enseigner, et de considérer comme une « vérité de Foi », l'existence d'un premier homme, duquel nous descendons tous. Bien que toutes les « vérités définies de Foi » soient importantes et intangibles, celle-ci joue un rôle important, car sans elle on ne peut comprendre la doctrine relative au péché originel, et par voie de conséquence la doctrine de la Rédemption.
Pour l'Église, l'homme étant doué d'une âme immortelle, contrairement aux animaux, il n'est pas possible de passer progressivement de l'absence d'une âme immortelle à la présence d'une âme immortelle. Il a fallu un saut considérable, qui ne peut être que l'intervention de Dieu. Comment cette intervention s'est passée, l'Église ne le précise pas : on est libre de penser que Dieu a pu créer de toutes pièces l'homme, ou bien utiliser un ou des êtres vivants[24].
L'Église Catholique ne s'oppose pas forcément à toutes les théories de l'évolution, restant sauf la manière dont Dieu a construit le monde[25]. Elle déclare que Dieu est le seul créateur, qu'il a créé le monde par amour, mais que l'esprit ne peut pas être le fruit d'une évolution de la matière[26].
Le pape Benoît XVI a résumé le point de vue de l'Église catholique en avril 2007 : le christianisme croit en « la raison créatrice au début de tout et principe de tout ».
L'Homme n'est pas le fruit du hasard [modifier]
Pour l'Église, le principal enseignement du récit de la Création est que l'Homme est une créature divine. La façon dont Dieu a opéré pour créer l'Homme est secondaire et sa présentation dans la Bible ne pouvait être qu'allégorique.
En la matière, la manière dont Dieu a procédé est l'objet de la science, que la création de l'Homme soit le fruit d'une volonté divine est celui de la foi.
L'Église catholique rejette la seconde option possible, celle de « la priorité de l'irrationnel selon laquelle tout ce qui fonctionne sur la Terre et dans nos vies serait seulement occasionnel et un produit de l'irrationnel et affirme que « chacun de nous est le fruit d'une pensée de Dieu » », tout en rejetant le principe de sélection naturelle[27].
Notes et références [modifier]
- Voir par exemple le Credo du peuple de Dieu de Paul VI, § 16, Motu proprio du 30 juin 1968, disponible (en anglais, espagnol, italien, latin, portugais) sur le site du Vatican ; ou encore le message de Jean-Paul II pour Noël 2000
- Genèse II,21-II,22
- Genèse V,4
- Genèse V,6-V,29
- Dictionnaire du Coran, sous la direction de Mohammad Ali Amir-Moezzi, éditions Robert Laffont, 982 pages, 2007.(ISBN - 978-2-22-109956-8) Article Ève, p 291.
- Sur ce type de commentaires misogynes postérieurs au Coran lui même lire pages 15 à 28 de(en)Qur'an and Woman|Rereadind the Sacred Text from a Woman's Perspective, Amina Wadud, Oxford University Press, 1999, 118 pages (ISBN| 978-0-19-512836-9)
- Mohamed Talbi. reflexions sur le coran. Ed seghers. 1989 p120.
- Soura 7 v11-27 Al-A'raf récit et chronologie de la création de l'être humain.
- Mohamed Talbi. reflexions sur le coran. Ed seghers. 1989 p120. l'homme choisit la liberté
- (en) Adib Taherzadeh, The Covenant of Bahá'u'lláh, Oxford, George Ronald, 1972 (ISBN 0-85398-344-5), p. 32
- Lettre écrite au nom de la Maison Universelle de Justice, adressée à un croyant, le 13 mars 1986. Publiée dans (en) The Universal House of Justice; Hornby, Helen (Ed.), Lights of Guidance: A Bahá'í Reference File, New Delhi, Bahá'í Publishing Trust, 1983 (ISBN 81-85091-46-3) [lire en ligne], chap. XLI (« Prophets - Manifestations of God »), p. 501
- Laura Clifford Barney (trad. Hippolyte Dreyfus), Les leçons de Saint-Jean-d'Acre [« An-Núru’l-Abbá fí-Mufávaḍát Ḥaḍrat-i ‘Abdu’l-Bahá »], Paris, Presses universitaires de France, 1982, 315 p. (ISBN 2-13-037588-X) [lire en ligne], partie II, chap. XXX
- Perle de Grand Prix, Moïse 3-5
- 2 Nephi 2
- (en) The Night of Departure from Eternity, Gnosis of the Book of Life, Druzenet, 2005. Consulté le 2008-01-04. « Adam and Eve stand for The Wholly Mind and The Wholly Soul – the spiritual parents from where Adamic souls derive their identities. »
- Origines de la Franc-Maçonnerie D'après Ch. Bernardin du Grand Orient de France
- Jostein Gaarder, Sofies Verden « Le Monde de Sophie », 1991
- "Nature", citée dans : Futura Sciences [lire en ligne]
- James Shreeve, « L'Épopée de l'Humanité », dans National Geographic France, François Marot (dir.), n°78 (03/2006)
- Les sept filles d'Ève, par Bryan Sykes, éditions Albin Michel, 2001
- La malédiction d'Adam, par Bryan Sykes, Albin Michel, 2003
- (en) Fulvio Cruciani et al., « A Revised Root for the Human Y Chromosomal Phylogenetic Tree: The Origin of Patrilineal Diversity in Africa », The American Journal of Human Genetics, vol. 88, no 6, 19 mai 2011 [texte intégral, lien DOI (pages consultées le 11 juin 2011)]
- Site du Vatican
- Par exemple faire qu'un croisement entre deux espèces de pré-hominiens proches produise un bébé humain, ou bien prendre un pré-hominien adulte très évolué et lui accorder un passage au statut d'homme parfait, avec un esprit désormais capable de prendre conscience des réalités morales ou de l'existence de Dieu. Encore une fois, cela n'est pas précisé par cet enseignement. Voir Pie XII, Encyclique Humani Generis, http://www.vatican.va/holy_father/pius_xii/encyclicals/documents/hf_p-xii_enc_12081950_humani-generis_fr.html , ou Denzinger-Bannwart 3027.
- http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/pcb_documents/rc_con_cfaith_doc_19480116_fonti-pentateuco_fr.html
- http://www.hominides.com/html/theories/jean_paul_evolution.php
- Le Figaro – Actualité en direct et informations en continu.
Annexes [modifier]
Bibliographie [modifier]
- 2009 : Adam ou l'innocence en personne par Jean-Marc Rouvière, Édition L'Harmattan.
- 2003 : La malédiction d'Adam par Bryan Sykes, Éditions Albin Michel
- 2006 : Brèves méditations sur la création du monde par Jean-Marc Rouvière, Édition L'Harmattan
- 2006 : L'Épopée de l'Humanité par James Shreeve du mensuel n°78 de National Geographic France (ISSN 1297-1715)
- 1991 : Le Monde de Sophie par Jostein Gaarder, Édition Seuil, 626 p. (ISBN 2.02.055076.8)
- Morgan Guiraud, article « Adam » in M. Ali Amir-Moezzi (dir.) Dictionnaire du Coran, éd. Robert Laffont, 2007, p. 22-26.
Articles connexes [modifier]
- Adamites, Pomme d'Adam, Pont d'Adam, Pic d'Adam
- Préadamite
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