Louis Vierne

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Louis Vierne

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Louis Vierne vers 1910

Nom de naissance Louis Victor Jules Vierne
Naissance 8 octobre 1870
Poitiers, Drapeau français France
Décès 2 juin 1937 (à 66 ans)
Paris, Drapeau français France
Activité principale orgue
Lieux d'activité grandes orgues de Notre-Dame de Paris
Formation Conservatoire de Paris
Maîtres Charles-Marie Widor
Enseignement Schola Cantorum

Louis Victor Jules Vierne, né à Poitiers le 8 octobre 1870 et mort à Paris le 2 juin 1937, est un compositeur et organiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naît à Poitiers le 8 octobre 1870, son père est journaliste de tendance bonapartiste. Atteint d'une cataracte congénitale, il est opéré à l'âge de 6 ans et recouvre un peu de vision, ce qui est toutefois insuffisant pour qu'il puisse suivre des études dans des conditions ordinaires. Il entre donc à l'Institut national des jeunes aveugles.

En 1884 le compositeur César Franck le remarque lors d'un examen de piano et l'incite à suivre des cours au Conservatoire de Paris, où il est admis en 1890. Après la mort de César Franck qui survient peu après, Louis Vierne continue sa formation musicale avec Charles-Marie Widor. Il en devient par la suite le suppléant. Il est ensuite le suppléant d'Alexandre Guilmant.

En 1899 Louis Vierne épouse Arlette Taskin, dont le père est chanteur à l'Opéra-Comique. Ils auront trois enfants. Ils se sépareront en 1909, en raison de l'infidélité d'Arlette, qui le trompera avec Charles Mutin, un facteur d'orgues alors réputé.

En 1900, un concours est organisé afin d'attribuer la place de titulaire des grandes orgues de Notre-Dame de Paris. Louis Vierne le remporte devant 50 autres candidats, avec les félicitations du jury. Il conservera ce poste jusqu'à sa mort en 1937.

En 1911, à la mort de Guilmant, Louis Vierne souhaite lui succéder dans sa classe d'orgue au Conservatoire de Paris, mais il se heurte à une opposition, à la suite d'une dispute entre Widor et Gabriel Fauré, alors directeur du Conservatoire. Il prend donc en 1912 une classe d'orgue à la Schola Cantorum, établissement créé par son ami Vincent d'Indy.

En 1916, Louis Vierne part quelque temps en Suisse pour soigner un glaucome. Revenu à Paris en 1920, il fait ensuite des tournées dans toute l'Europe et aux États-Unis (en 1927). En 1932, il inaugure avec Widor le nouvel orgue de Notre-Dame, restauré à sa demande.

Louis Vierne perd deux de ses trois fils : André meurt de la tuberculose en 1913, à l'âge de 10 ans, et Jacques, engagé volontaire à l'âge de 17 ans, et vite révolté devant l'horreur de la guerre, meurt "fusillé pour l'exemple" en novembre 1917 ( officiellement "mort au combat" le 11 novembre)[réf. nécessaire]. La nouvelle de cette dernière mort lui parvient à Lausanne, où il est en traitement pour son glaucome qui menace de le rendre définitivement aveugle. Profondément touché, révolté devant la guerre qui dure depuis près de quatre ans et torturé par le sentiment de responsabilité après avoir autorisé l'engagement volontaire de son fils, il compose son quintette pour piano et cordes op.42. Il confie à son ami Maurice Blazy, le 10 février 1918 :

« J’édifie en ex-voto un quintette de vastes proportions dans lequel circulera largement le souffle de ma tendresse et la tragique destinée de mon enfant. Je mènerai cette œuvre à bout avec une énergie aussi farouche et furieuse que ma douleur est terrible, et je ferai quelque chose de puissant, de grandiose et de fort, qui remuera au fond du cœur des pères les fibres les plus profondes de l’amour d’un fils mort… Moi, le dernier de mon nom, je l’enterrerai dans un rugissement de tonnerre et non dans un bêlement plaintif de mouton résigné et béat. »

Louis Vierne meurt le 2 juin 1937 d'une embolie cardiaque à l'âge de 66 ans. Il décède alors qu'il se trouve aux claviers de son orgue lors de son 1750e concert à Notre-Dame de Paris juste après avoir interprété sa Stèle pour un Enfant Défunt. Il est enterré au cimetière du Montparnasse section 13.

Tombe de Vierne au cimetière de Montparnasse, Paris

Parmi les élèves de Louis Vierne, on compte plusieurs grands organistes : Alphonse Schmitt, Augustin Barié, Lili Boulanger (1re femme à gagner le Prix de Rome), André Fleury, Maurice Duruflé, Gaston Litaize, Adrien Rougier, Édouard Mignan, Henri Nibelle, Henri Gagnebin, Geneviève de la Salle, Noëlie Pierront, Édouard Souberbielle, etc., et de nombreux élèves étrangers comme les Américains William C. Carl et Edward Shippen Barnes.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Musique pour orgue[modifier | modifier le code]

Musique pour piano[modifier | modifier le code]

  • 1893 : Trois pièces, op.29
  • 1899 : Suite bourguignonne, op.17
  • 1915-1916 : Trois Nocturnes, op.35
  • 1915 : Douze Préludes, op.36
  • 1916 : Poème des cloches funèbres, op.39 n°2 (le n°1 est perdu)
  • 1918 : Silhouettes d'Enfants, op.43
  • 1918 : Solitude, op.44
  • Sans date : Deux pièces, op.7

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

  • 1895 : Deux pièces pour alto (ou violoncelle) et piano, op.5
  • 1896 : Largo et Canzonetta pour hautbois et piano, op.6
  • 1894 : Quatuor à cordes, op.12
  • 1905-1907 : Sonate pour violon et piano, op.23
  • 1909 : Rhapsodie pour harpe, op.25
  • 1910 : Sonate pour violoncelle et piano, op.27
  • 1918 : Quintette pour piano et cordes, op.42
  • 1928 : Soirs étrangers, op.56

Musique symphonique[modifier | modifier le code]

  • 1907-1908 : Symphonie en la mineur, op.24
  • 1925 : Poème pour piano et orchestre , op.50
  • 1926 : Ballade pour violon et orchestre, op.52

Musique vocale[modifier | modifier le code]

  • 1901 : Messe solennelle en ut # mineur, pour Chœur à quatre voix mixtes et deux orgues. Op. 16, créée avec Louis Vierne et Charles-Marie Widor aux deux orgues de Saint-Sulpice ;
  • 1903 : Praxinoé : légende lyrique pour orchestre, soli et chœurs ;
  • 1912 : Les Djinns de Victor Hugo : poème symphonique pour chant et orchestre ;
  • 1914 : Psyché de Victor Hugo : poème symphonique pour chant et orchestre ;
  • 1916 : Eros d'Anna de Noailles : poème symphonique pour chant et orchestre ;
  • 1917 : Dal Vertice de Gabriele D'Annunzio : ode lyrique pour ténor solo et orchestre ;
  • non daté : La Ballade du Désespéré.

Mélodies[modifier | modifier le code]

  • 1895 : A Elle, poème de Paul Gobillard ;
  • 1896 : Fini de rire de Maurice Léna ;
  • 1896 : Beaux papillons blancs de Théophile Gautier ;
  • 1986 : Donc ce sera pour un clair soir d'été de Paul Verlaine ;
  • 1896 : Qu'as-tu fait de ta jeunesse ? de Paul Verlaine ;
  • 1897 : L'heure du berger de Paul Verlaine ;
  • 1897 : Ô triste, triste était mon âme de Paul Verlaine ;
  • 1897 : Le Rouet de Charles Leconte de Lisle ;
  • 1898 : Dors, chère Prunelle de Catulle Mendès ;
  • 1899 : Chanson d'automne de Paul Verlaine ;
  • 1899 : Lied d'amour de Carly Timun ;
  • 1899 : Extase de Victor Hugo ;
  • 1903 : Soleils couchants de Paul Verlaine ;
  • 1903 : Nox de Charles Leconte de Lisle ;
  • 1903 : Adieu de Villiers de l'Isle Adam ;
  • 1912 : Stances d'amour et de rêve, op.29 de Sully Prudhomme ;
  • 1916 : Spleens et Détresses, op.38 de Paul Verlaine ;
  • 1921 : Cinq poèmes de Charles Baudelaire, op.45 ;
  • 1924 : Poème de l'amour, op.48 de Jean Richepin ;
  • 1929 : Les angélus de Jehan le pauvre ;
  • 1930 : Quatre poèmes grecs, op.60 d'Anna de Noailles ;
  • non daté : Vocalise étude pour voix grave et piano ;
  • non daté : Les roses blanches de la lune de Jean Richepin ;
  • non daté : Deux chansons populaires roumaines.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Fichier audio
Vierne, final symphonie n°1 (info)

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  • L'Œuvre intégrale pour orgue par Wolfgang Rübsam. Enregistrée à St. François-de-Sales, Lyon, St. Antoine-des-Quinze-Vingts, Paris, et à Rockefeller Memorial Chapel, University of Chicago. Saarbrücken: IFO Records, 2008 (en préparation). 8 CD.
  • 4 symphonies pour Orgue par Marie-Claire Alain aux grandes orgues Cavaillé-Coll, Abbaye aux Hommes de Caen (Erato 2292-45485-2) ;
  • Les six symphonies par Pierre Cochereau;
  • Les six symphonies par Ben Van Oosten (Digital Recording MD+GL 3211/12, MG+GL3213/14) ;
  • Les 24 pièces de fantaisie, par Olivier Latry (BNL 112742) ;
  • 2e et 3e symphonies par Olivier Latry (BNL 112741).
  • L'ORGUE Revue trimestrielle Cahiers et Mémoires Louis Vierne "Mes souvenirs et journal fragments" Réimpression de 1995 des numéros III et IV de 1970 ; ISSN 0030-5170 ; n° 950545 dépôt légal : juin 1995.

Pour écouter[modifier | modifier le code]

Symphonie No. 1: Finale
Carillon de Westminster

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Partitions gratuites[modifier | modifier le code]