Cathédrale de la Sainte-Trinité de Laval

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Cathédrale
de la Sainte-Trinité de Laval
Le chevet de la cathédrale.
Le chevet de la cathédrale.
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Diocèse de Laval (siège)
Début de la construction XIe siècle
Fin des travaux XXe siècle
Style dominant Roman, gothique, Renaissance
Protection Logo monument historique Classée MH (1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Mayenne
Commune Laval
Coordonnées 48° 04′ 05″ N 0° 46′ 25″ O / 48.068056, -0.7736148° 04′ 05″ Nord 0° 46′ 25″ Ouest / 48.068056, -0.77361  

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La cathédrale de la Sainte-Trinité de Laval est une cathédrale catholique romaine située dans la ville de Laval, chef-lieu du département de la Mayenne, en France. Elle se trouve dans le centre-ville, entre la place Hardy-de-Lévaré et la place de la Trémoille.

Commencée au XIe siècle, elle a subi de nombreuses modifications au cours des siècles, avant de recevoir son aspect actuel au début du XXe siècle. Ces multiples transformations lui donnent un caractère riche en styles, sans véritable cohérence.

Tout d'abord simple chapelle, puis église paroissiale, elle ne devint cathédrale qu'en 1855, lors de la création du diocèse de Laval. Elle a été choisie avec 1 034 autres monuments antiques et médiévaux pour être classée monuments historiques en 1840[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La nef et ses voûtes angevines du XIIe siècle.
Les différentes étapes de construction de l'église.

La cathédrale a été fondée en tant que chapelle paroissiale au XIe siècle. La ville de Laval était alors en train de naître autour de son château, et le territoire relevait du prieuré de Notre-Dame de Pritz, situé à quelques kilomètres au nord. Ce prieuré relevait lui-même de l'abbaye de la Couture, près du Mans[2]. Ce sont donc les moines de la Couture qui ont lancé la construction de la chapelle, vers 1070[3]. L'époque et les circonstances de la fondation de l'église de la Trinité sont l'objet d'une controverse historique étudiée par Isidore Boullier, provenant d'une erreur contenue à l'origine dans le Dictionnaire topographique historique généalogique et bibliographique de la province du Maine d'André René Le Paige.

Une note de dépenses, écrite au XIe siècle par un moine de l'abbaye de la Couture dans un manuscrit contenant des opuscules de Rémi d'Auxerre, de saint Augustin et de saint Ambroise contient la première mention écrite de l'église de la Trinité. Ce document renseigne sur l'époque de la construction de l'église ainsi que sur son plan primitif[4].

L'église construite au XIe siècle était de petite taille et de style roman. Elle se trouvait à l'intérieur des remparts, et à cause de l'exigüité du terrain disponible, elle ne put être orientée vers l'est. À la place, les architectes adoptèrent pour une orientation sud-est. Par ailleurs, le chœur dut être construit sur un terre-plein en terre[2].

Des agrandissements ont lieu à la fin du XIIe siècle, après que l'édifice ait été élevé au rang d'église paroissiale, entre 1150 et 1185[2]. Des voûtes gothiques angevines sont ajoutées afin de surélever l'édifice, et le clocher est refait[2],[3]. L'avènement de Guy X de Laval en 1333, selon Couanier de Launay[5] aurait été célébré avec une pompe inaccoutumée, et serait à l'origine d'un sinistre : l'incendie suite à un feu grégeois de la flèche de l'église[6]. La flèche fut reconstruite sur le même plan.

L'église primitive avait une nef qui faisait approximativement la même taille que celle visible aujourd'hui. Le transept était étroit, ouvert par un grand arc en plein-cintre encore visible, ainsi que par des passages berrichons. Le clocher était situé sur la croisée du transept, soit au même endroit qu'aujourd'hui. Enfin, le chœur comprenait une abside en cul-de-four encadrée par deux absidioles[2],[3].

Parmi les catastrophes qui ont marqué les esprits, figure l'incendie de 1383 : déclenché par la foudre, il fait fondre le plomb de la toiture qui se met à couler en ruisseaux[7].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Le portail du XVIe siècle.

Pendant la guerre de Cent Ans, Laval est assiégée par les Anglais, qui s'en emparent, puis reprise par les Français. La ville est endommagée par le conflit, et des grands travaux de reconstruction ont lieu pendant la seconde moitié du XVe siècle, notamment au château. La ville se relève très vite du conflit, et le commerce de toiles lui assure une certaine prospérité et une croissance démographique[2].

L'église de la Trinité profite de l'essor de la ville, puisque de nombreuses améliorations sont entreprises. Les travaux commencent avec la construction d'une sacristie, accolée au mur sud-ouest de la nef, en 1462, et d'un nouveau porche en 1465. Le chœur roman fut abattu en 1482 pour être reconstruit sur une surface plus importante. Cette surface avait été prise sur un ancien cimetière. Le nouveau chevet était plat et comptait deux chapelles latérales[2].

Au XVIe siècle, l'église est encore agrandie. Comme la place manque, il n'est possible de prolonger l'édifice que sur l'ancien cimetière et sur la rue Renaise. Au sud-ouest, l'église est bordée par les remparts qui forment un obstacle infranchissable. Les paroissiens de la Trinité ont beaucoup fait pour améliorer leur église[8] C'est à cette époque que les paroissiens s'opposent au comte Guy XVI de Laval en lui refusant le titre de fondateur[9], et lui font un procès (voir Guy XVI de Laval). Une insurrection se souleva et se porta en 1516 contre le château de Laval, contraignant le comte à fuir.

Il est fait construire aux frais des paroissiens deux chapelles au nord-ouest du chœur[10]. Construites entre 1517 et 1541, elles sont en rupture complète avec le reste de l'église, puisqu'elles adoptent l'architecture de la Renaissance. Les détails les plus caractéristiques sont la coupole ovale et le portail. Le comte de Laval ou les membres de la famille de Laval ne vinrent en aide aux paroissiens que pour l'acquisition des vitraux :

  • Guy XVII de Laval et sa femme donnèrent en 1542 « deux belles vitres peintes, l'une représentant le grand-prêtre Melchisedech offrant du pain et du vin à Abraham, et l'autre la forte Judith »[11].
  • Simon de Heemsce exécute pour l'église deux verrières désormais disparues: une datée de 1543[12] sur une commande de François de Laval qui effectue un don pour l'une des chapelles récemment bâties, la seconde datée de 1556[13], pour la vitre de la chapelle de Notre-Dame-de-Pitié.

Le 16 janvier 1563, entre h et h de l'après-midi, la flèche de l'église prend feu[14] est une seconde fois détruite. L'église est très endommagée[15]. La flèche n'est pas reconstruite, elle est rempacée par une petite tour carée. L'autel est rétabli comme précédemment.

Le portail n'a été terminé qu'en 1597. Les travaux avaient en effet été interrompus par les guerres de religion entre 1583 et 1595.

Le 28 mai 1600, le curé Antoine Besnier est tué à l'autel d'un coup d'arquebuse tiré de la porte de la nef[16].

Un escalier d'accès fut construit devant en 1734[2]. En 1701, une tempête le 2 février abat 40 pieds de la haute charpente de la nef. Une partie s'écroule sur la voûte, l'autre sur une maison voisine[17]. La voûte de la Trinité ne s'écroule pas[18]. On retrouve la relation[19] de cet évènement dans l'ouvrage d'Isidore Boullier, Recherches historiques sur l’église et la paroisse de la Trinité de Laval, Laval, 1845, p. 310-313. Des actes de décès concernent trois femmes[20] tuées lors du mouvement de panique de la foule. Il est probable que d’autres personnes encore sont décédées plus ou moins longtemps après cette journée, des suites de leurs blessures.

Pendant les travaux d'extension, l'intérieur de l'église est lui-aussi embelli[21]. Il faut aussi réparer et consolider car l'église avait beaucoup plus souffert de l'ouragan de 1701 qu'on ne l'avait d'abord pensé[22]. Avant la Révolution, l'église compte ainsi quinze autels et plusieurs grands retables[23]. On place au milieu du XVIIIe siècle le grand autel, les marches et les crédences de marbre. On élève la grande tribune du bas de la nef en 1770 et on y place un orgue.

Depuis la Révolution[modifier | modifier le code]

Pendant la Révolution, l'église est dégradée, mais les destructions restent minimes. Vers 1840, les remparts situés près de la cathédrale sont démolis, et ils laissent un vaste espace à construire. L'église peut donc être étendue vers le sud-ouest, et un bras de transept néo-roman ainsi qu'un collatéral du chœur sont édifiés entre 1847 et 1850. Ils permettent de rétablir une symétrie avec les extensions du XVIe siècle, qui se trouvent de l'autre côté[2].

L'église devient cathédrale en 1855, mais aucune extension n'est projetée. Des travaux de rénovation sont cependant conduits à partir de 1885. L'église avait souffert d'un ouragan en 1702, et les piliers et les contreforts de la nef sont renforcés. La façade sud, lézardée, est refaite en style néo-roman entre 1889 et 1900. La nouvelle sacristie, construite en 1897, est la dernière extension apportée à la cathédrale. En 1900, les piliers soutenant le clocher sont remplacés par des colonnes en granit, plus fines, et le clocher est lui-même surélevé d'un étage en granit entre 1904 et 1905[2],[3].

Plan de la cathédrale, avec les époques de construction.

Architecture[modifier | modifier le code]

Nef[modifier | modifier le code]

La nef.

La cathédrale présente un plan en croix latine irrégulier. La nef a gardé ses dimensions du XIe siècle, mais elle a été largement modifiée au XIIe siècle, avec l'ajout de voûtes gothiques. Elle ne compte qu'un seul vaisseau ainsi que trois travées carrées. Les vestiges de l'église du XIe siècle sont rares, et la cathédrale compte peu de traces romanes. Les derniers éléments les plus visibles sont l'arc qui séparait la nef du transept, ainsi que les passages berrichons qui l'encadrent[2].

Depuis les travaux du XIIe siècle, la nef comprend deux niveaux. Les voûtes sont inspirées de celles de la cathédrale Saint-Maurice d'Angers, qui ne possède elle-aussi qu'un seul vaisseau. Elles reposent sur des croisées d'ogives très bombées, qui caractérisent le gothique angevin. La surrélévation de la nef a nécessité le renforcement des piliers du XIe siècle. Ceux-ci font environ un mètre de saillie intérieure et extérieure[2].

L'éclairage de la nef suit aussi le modèle de la cathédrale d'Angers. Chaque travée est éclairée par deux fenêtres géminées en plein-cintre. La travée extérieure est la seule dont les voûtains sont décorés de liernes. Sa clef est par ailleurs ornée d'un Agnus Dei. Ces différences de traitement montrent que cette travée est la dernière à avoir été construite, et que les travaux commencèrent par le transept[2].

Transept[modifier | modifier le code]

Le bras du transept construit au XVIe siècle.

Le transept actuel date des XVIe et XIXe siècles. Il ne se trouve pas au même emplacement que le transept du Moyen Âge, qui a disparu lors de l'extension du chœur. En effet, celui-ci se trouvait derrière le grand arc roman, alors que le transept actuel se trouve devant. Il réutilise donc la dernière travée de la nef, qui fait office de croisée du transept.

Le bras du XVIe siècle se trouve au nord-est et sa construction a entraîné la démolition d'une partie du mur de la nef. Il est construit en tuffeau et coiffé par une voûte en forme de coupole ovale. Cette coupole, divisée en caissons géométriques, comprend une ouverture en son centre. Elle était à l'origine munie d'un vitrail qui permettait un éclairage zénithal[2].

Le bras du XIXe siècle, situé au sud-ouest, a non seulement nécessité la démolition d'une partie du mur de la nef, mais aussi d'une partie de la sacristie du XVe siècle. Ce bras est symétrique à celui du XVIe siècle, mais il adopte un style néo-roman[2].

Chœur[modifier | modifier le code]

Le chœur.

Le chœur est le résultat de multiples extensions et c'est la partie de la cathédrale qui possède le moins de cohérence. Il ne reste que quelques piliers du chevet roman, et la structure générale est donnée par le chevet construit au XVe siècle. Ce chevet, qui était plat et de style gothique, était encadré de deux chapelles rectangulaires. Il a été élargi sur les côtés aux XVIe et XIXe siècles, et il fait aujourd'hui presque la même largeur que le transept. Le déambulatoire du XVIe siècle se caractérise par des petites voûtes présentant des clefs plates et rondes, qui rapellent l'ovale du bras du transept construit à la même période[2].

La croisée du transept du XIe siècle, qui était étroite et obstruait le chœur, fut dégagée au début du XXe siècle en remplaçant les vieux piliers par des colonnes en granit de Louvigné-du-Désert[2].

Clocher[modifier | modifier le code]

La façade sud-ouest, avec le clocher, le portail du bras sud du transept à gauche et la sacristie du XIXe siècle à droite.

Le clocher, de plan carré, est situé sur la croisée du transept, une place qu'il occupe depuis le XIe siècle. L'édifice actuel date pour sa partie inférieure du XIIe siècle. Celle-ci est ouverte par des baies géminées et entourées de voussures. Cette partie inférieure était à l'origine coiffée d'une flèche. Incendiée en 1353 et en 1563, elle n'a jamais été reconstruite. À la place, un dernier étage a été édifié en 1905. Il est en granit et il est lui-aussi ouvert par des baies géminées, mais elles sont plus larges que celles du XIIe siècle. Cet ajout, avec son toit en ardoises, rappelle le clocher de l'église Saint-Germain-des-Prés, à Paris[2].

Portails[modifier | modifier le code]

Les portails du transept sont les plus remarquables. Celui du XVIe siècle présente la transition entre l'art de la Renaissance et le style classique. Il présente des registres et des ornements antiques, comme des colonnes corinthiennes et des entablements, ais aussi des détails médiévaux, comme l'arc roman qui surmonte la porte. Son agencement rappelle les retables lavallois qui ont été réalisés au XVIIe siècle. Les niches étaient à l'origine occupées par des statues de pierre. Elles ont été enlevées pendant la Révolution. D'autres statues les ont remplacées en 1853. Faites en terre cuite des Agets (près de Saint-Brice), elles ont été déposées dans la cathédrale en 2010 et des copies ont pris leur place. Elles représentent des Saints : Ambroise, Léon, Bernard, Augustin, Grégoire et Benoît[2].

le portail du bras sud, réalisé au XIXe siècle, est de style néoroman, tandis que celui de la nef, roman, date du Moyen Âge. Il est difficilement visible car il donne directement sur une rue étroite.

Les statues du portail du bras nord :

Mobilier[modifier | modifier le code]

Mobilier liturgique[modifier | modifier le code]

La cathédrale possède un certain nombre d'éléments du XVIIIe siècle, comme la tribune, qui date de 1770. Elle soutient l'orgue et possède un garde-corps en fer forgé sur des colonnes corinthiennes. En dessous, le baptistère ovale en marbre rouge date de la même époque. Le crucifix qui fait face à la chaire est lui aussi du XVIIIe siècle, il est en bois polychrome. La chaire date de 1803. La cathédrale renferme un second bénitier, en marbre, datant de 1554. C'est peut-être la première œuvre en marbre jamais réalisée à Laval[2].

L'orgue de tribune est un Cavaillé-Coll de style néogothique. Il a été acheté après une souscription lancée en 1852. Le grand orgue d'origine fut vendu à la paroisse de Saint-Pierre-d'Oléron où il est resté depuis[24].

Retables[modifier | modifier le code]

Le grand retable.

Avant la Révolution, l'église de la Trinité possédait plus d'une dizaine de retables. Seul le grand retable a survécu, les deux autres plus petits provenant de l'église des Cordeliers. Le grand retable est caractéristique de l'école lavalloise qui s'est développée au XVIIe siècle et a rayonné dans tout l'ouest de la France. Il est l'œuvre de Pierre Corbineau et possède trois étages. Le gros œuvre en calcaire, tandis que les colonnes et les incrustations sont en marbre. L'ensemble comporte des statues en terre cuite représentant Saint Jean, Saint Pierre et la Trinité. L'ensemble fait huit mètres de haut[2],[25].

L'autel de la Communion, placé en 1812 dans le collatéral, est surmonté d'un retable qui a été assemblé à partir d'éléments provenant de l'église des Cordeliers. Ce retable comprend deux paires de colonnes de marbre soutenant des petits entablements et un fronton brisé curviligne[2].

L'autel du Saint-Sacrement possède lui-aussi un retable. Il date du XVIIe siècle et possède deux paires de colonnes posées sur des plans différents et soutenant une frise sculptée ainsi qu'une corniche et une guirlande. Les colonnes sont en marbre noir de Louverné. Au sommet se trouve un bahut abritant une statue de la Vierge. Il est entouré de corbeilles de fleurs et de fruits. La peinture centrale est la copie d'un tableau de Pierre Mignard. Elle représente Charles Borromée distribuant la communion aux pestiférés. Le peintre a représenté l'abbé Matagrin, premier curé concordataire de la Trinité, sous les traits du vieillard barbu qui suit le Saint[2].

Peintures[modifier | modifier le code]

Le triptyque de Pieter Aertsen.

La cathédrale possède un tableau de Louis Boullogne, peintre du XVIIe siècle. Il illustre l'Adoration des Mages. On y trouve aussi une Cène, attribuée à Philippe de Champaigne[2].

L'église renferme également un triptyque de Pieter Aertsen, peintre hollandais du XVIe siècle. Il est consacré à Saint Jean-Baptiste. Le panneau du milieu montre la décollation de Saint Jean. La scène se passe dans une ville flamande et les personnages qui y assistent illustrent la société du XVIe siècle, avec des hallebardiers et des médecins coiffés de bonnets. Le panneau de gauche représente la prédication de Saint Jean dans le désert, et celui de droite, le Baptême du Christ. Enfin, l'extérieur illustre le martyr du Saint, plongé dans l'huile bouillante à Rome. Ce triptyque montre par ailleurs la technique du clair-obscur[2].

Statuaire[modifier | modifier le code]

Sainte Anne instruisant la Vierge.

En face se trouve une Vierge à l'Enfant en bois polychrome, de provenance inconnue, qui se trouvait dans les halles de Laval. Les halles se trouvaient non loin, sur la place de la Trémoille, et elles ont été démolies au milieu du XIXe siècle. La statue a été installée dans la cathédrale en 1892 et porte toujours le nom de Vierge-des-Halles[2].

Une autre statue de la Vierge est visible dans le collatéral du chœur. Elle est baptisée Vierge du Magnificat et a été donnée à l'église en 1683, par un marchand de Laval. Réalisée en marbre de Carrare, elle est inspirées du travail du Bernin. Lors de la Révolution, elle fut rebaptisée Déesse de la Raison, afin de la sauver de la destruction[2].

Le retable de la Communion est entouré de deux statuettes en terre cuite, typiques de l'école du Mans et qui proviennent sans doute du couvent de Patience. Elles représentent Saint François et Sainte Claire d'Assise[2]. Elles sont attribuées à Charles Hoyau, un sculpteur manceau[26].

La cathédrale possède aussi un statue en bois naturel du XVIIIe siècle qui représenterait Tugdual de Tréguier, Saint-Patron de Laval, ainsi qu'une statue en pierre polychrome du XVIIe siècle illustrant Sainte Anne instruisant la Vierge[2].

Le tambour qui masque la porte du portail du bras du transept nord date de 1709. Il est bois sculpté et illustre des pilastres corinthiens cannelés qui soutiennent à chaque angle une corniche saillante. Chacune forme en son milieu un arc de cercle contenant un triangle rayonnant, symbole de la Trinité. Le tambour possède aussi un bahut supportant une corbeille de fleurs[2].

Un bas-relief en bois du XVIIIe siècle illustre le Baptême du Christ. Il provient d'une chapelle privée qui avait été construite en 1701 et détruite en 1944. Un autre bas-relief illustre les 14 martyrs de Laval[2]. Deux statues en bronze (J. Blanchard, sculpteur ; Thiébaut frères, fondeurs) représentent deux évêques de la fin du XIXe siècle : Casimir Alexis Joseph Wicart (1799 1879) agenouillé, implorant (1898) et Émile Bougaud (1823 – 1888), gisant.

Tapisseries[modifier | modifier le code]

La nef et trois des six tapisseries.

La cathédrale possède un ensemble de six tapisseries, exposées dans la nef. Elles illustrent le Livre de Judith, qui fait partie l'Ancien Testament. Ces tapisseries ont été réalisées pendant la seconde moitié du XVIIe siècle par un atelier de Felletin, un village près d'Aubusson. Les pièces ont des dimensions inégales et elles ont probablement été réalisées pour le couvent de Bénédictins qui se trouvait sur la place de Hercé avant la Révolution[2],[27].

Les pièces illustrent Judith suppliée par les Béthuléens, Judith en prière, Judith se rendant au camp d'Holopherne, Judith devant Holopherne, la décapitation d'Holopherne et Judith de retour à Béthulie. Les personnages sont en tenue orientale et le personnage de Judith est clairement identifiable et toujours vêtu de la même manière[2],[27].

Les tapisseries ont été volées le 24 octobre 1991, puis retrouvées le 7 novembre de la même année. Elles ont été remises en place en 1996[27].

Curés[modifier | modifier le code]

Sépultures[modifier | modifier le code]

Le gisant de Guillaume Ouvrouin.

Un certain nombre de personnes reposent dans la cathédrale. le gisant visible dans la nef appartient à Guillaume Ouvrouin, évêque de Rennes mort en 1347. Le tombeau se trouvait à l'origine dans un cimetière, et il n'a été transféré dans la cathédrale qu'en 1808. L'enfeu qu'il occupe contenait auparavant les restes d'un couple de bourgeois lavallois du XIVe siècle[2].

Liste des évêques inhumés dans la cathédrale :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00109523 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa, ab, ac, ad, ae, af, ag et ah « Église de la Trinité - Cathédrale de Laval », Paroisse La Trinité-Avesnières-Cordeliers
  3. a, b, c et d « Chapelle puis église paroissiale de la Trinité, actuellement cathédrale de la Saint-Trinité », base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. L'église de la Trinité de Laval : sa construction et son plan primitif, in La Province du Maine, Abbé Angot, 1898, p. 42-50
  5. Étienne-Louis Couanier de Launay, Histoire de Laval 818-1855, Godbert, 1856, [détail de l’édition], p. 94,
  6. Cette analyse est contradiction avec les vers de Guillaume Le Doyen qui situe l'incident 50 ans plus tard, en 1383. Bucquet donne la même analyse que Couanier de Launay dans ces manuscrits écrits, ainsi qu'Isidore Boullier dans Recherches sur la Trinité, p. 143.
  7. Jean-Pierre Leguay, Les catastrophes au Moyen Âge, Paris : J.-P. Gisserot, 2005, collection « Les classiques Gisserot de l'histoire », 224 p., ISBN 2-87747-792-4., p. 27.
  8. Ils permettent la recouverture d'une charpente nouvelle et son agrandissement. Des vitraux sont donnés par Michel Le Mercier, Yves Transon, abbé de Clairmont, Pierre Letourneur et Guillaume d'Astillé ; on y voyait les portraits des donateurs.
  9. La litre, ceinture funèbre, peinte en noir et chargée des armoiries seigneuriales, ne pouvait être placée que par le seigneur fondateur de l'église. La montrée faite à la Trinité par Jean Duchesne, pour servir au procès, constate l'existence d'une litre autour de cette église.
  10. Elles sont construites sur les emplacements de petites maisons qui joignaient le chevet de l'église, et sur une partie de l'ancien cimetière.
  11. Une des verrières données par le comte contenait son portrait et celui de Claude de Foix sa femme, ainsi que l'écusson de leurs armoiries mi-partie de Laval-Montmorency et de Foix et Béarn.
  12. Isidore Boullier, Recherches sur la Trinité de Laval, p. 365. « On voit dans l'inventaire Jardin la mention du marché qu'il fit pour cette vitre avec Me Simon, peintre et vitrier, demeurant à Moulay, près Mayenne, pour la somme de 120 livres ».
  13. « Le 19 février 1556, maître Simon fit marché, au prix de 150 livres, avec le procureur de fabrique de la Trinité de Laval ». Isidore Boullier, Recherches sur la Trinité de Laval, p. 156.
  14. L'incendie est provoqué par la foudre, et dure plus de 12 h. Les flammes sont arrêtées par des torrents de pluie.
  15. Le plomb, dont la flèche était couverte, coule dans la rue Renaise, les cloches sont tombées et brisées. Elles ont entraînées dans leur chute le maître-autel qui se trouvait alors placé au milieu du chœur, au-dessous du clocher.
  16. L'autelétait alors au milieu du chœur, ce qui rendait plus facile la perpétration du crime.
  17. Tous les habitants de la paroisse étaient en ce moment à la grand'messe que célébrait le curé Pierre Bureau. Ils s'épouvantèrent ; 3 000 personnes se lèvent, se poussent, se précipitent pour sortir de l'église, persuadées qu'elle va s'écrouler. Le prêtre cependant, toujours à l'autel, tantôt s'efforçait de rassurer la multitude ou de l'engager du moins à ne sortir qu'avec ordre, tantôt se prosternait devant le Saint-Sacrement et le suppliait de détourner les malheurs réels qu'allait causer la précipitation insensée de la foule, en voulant fuir un péril imaginaire. On ne commande pas à la peur. Les paroissiens parvinrent à quitter l'église; mais pendant que le courageux pasteur achevait le Saint-Sacrifice, on releva trois cadavres écrasés. Beaucoup de personnes furent grièvement blessées, deux moururent dans l'après-midi. Quelques-unes succombèrent les jours suivants.
  18. On ne s'aperçoit même pas d'abord qu'elle est endommagée, mais un peu plus tard on découvre une fissure le long de l'arc doubleau transversal de la travée du milieu. Il faut le solidifier par deux fois. La réparation des dégâts coûte 3 000 livres aux paroissiens.
  19. « Le deuxieme jour de fevrier mil sept cent et un jour de la Purification de la Sainte Vierge il s'est elevé dans l'air un furieux orage venant du costé de la Bretagne, passa par Rennes, Victré, cette ville de Laval, Le Mans, Paris jusques à Strasbourg et dans l'Alemagne ; sa force se fit ressentir à Rennes sur les dix heures du matin, à Laval sur les dix heures et demie qui coupa environ quarante piedz de couverture et la charpente de cette eglise au-dessus de la voûte du bas de l'eglise et des fonds, le pignon resista à la violence et retint huit à dix pieds de la couverture et de la charpente qui y estoient attachés. Une partie tomba sur la voûte qui y résista et l'autre sur une maison voisine. L'église estoit alors remplie de monde pour la solennité du jour. Me Pierre Bureau docteur de Sorbonne et curé disoit la grande messe, sur le point de chanter la Preface, lorsque le bruit de la chute de la couverture jetta l'epouvante dans toutte la nef et chascun courant à la grande porte pour se sauver la foulle empescha de l'ouvrir et elle fut si grande à la petite porte de la grande que plusieurs personnes y furent foulés aux piedz ; trois y perdirent la vie et d'autres fort incommodés. M. le curé ne quitta point l'autel ; tantost il elevoit la voix pour rassurer le monde tantôt il se prosternoit devant le Saint Sacrement, prioit à l’exemple de Moyse et ensuitte il continua la sainte messe. »
  20. http://www.lamayenne.fr/complementad53/AeACRPREC/130_m_laval-trinite.htm
  21. Par les soins de Le Jeay des Astelais, la Trinité reçoit une chaire en fer doré et ciselé en 1733. En 1734, le même fait remplacer l'escalier étroit et dangereux qui donnait accès à la porte latérale du côté de la rue Renaise, par celui qu'on y voit encore.
  22. Les visites que les paroissiens font faire de toute la construction dévoilent des détériorations nombreuses. Les experts constatent un faible écartement des voûtes de deux travées de la nef et des fissures en plusieurs parties de murs. Plusieurs restaurations sont faites aux murailles ; dans la fente des voûtes on fait entrer des briques et du ciment pour combler un problème auquel on ne pouvait remédier.
  23. Michèle Ménard, Une histoire des mentalités religieuses aux XVIIe et XVIIIe siècles : 1 000 retables de l'ancien diocèse du Mans, Beauchesne,‎ 1980 (ISBN 2701010144), p. 41
  24. « Orgue de tribune », base Palissy, ministère français de la Culture
  25. « Autel, retable, 3 statues : La Trinité, Saint Pierre, Saint Jean l'Evangéliste (maître-autel) », base Palissy, ministère français de la Culture
  26. « Statue : Saint François », base Palissy, ministère français de la Culture
  27. a, b et c « 6 pièces murales : Judith suppliée par les Béthuléens, Judith en prière, Judith se rend au camp d'Holopherne, Judith devant Holopherne, Décapitation d'Holopherne, Judith de retour à Béthulie », base Palissy, ministère français de la Culture
  28. Une liste est présente dans l'ouvrage d'Isidore Boullier : Recherches historiques sur l'église et la paroisse de la Trinité de Laval. Il a utilisé pour ceci les informations du docteur Bucquet, le recueil des Insinuations ecclésiastiques du Diocèse du Mans
  29. Dans la cathédrale de Laval, sur le gisant de l'évêque Louis Bougaud (1888), on peut lire l'inscription :
    HIC IN PACE QVIESCIT
    LUDOVICVS BOVGAVD EPISCOPUS VALLEGVIDONENSIS. DECESSIT VII IDVS NOVEMB(RIS) AN(NO) MDCCCLXXXVIII [1888]
    ANNOS NATVS LXV.M.V.III.D.VII.
    VIVAS IN DEO.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Angot, « L'église de la Trinité de Laval : sa construction et son plan primitif », La Province du Maine, Laval, tiré-à-part, Goupil,‎ 1898, p. 42-50 (lire en ligne)
  • Mémorial de la Mayenne, Godbert, Laval, 1845, p. 119-123 ; p. 168-188.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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