Cathédrale Notre-Dame de Noyon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Cette cathédrale n’est pas la seule cathédrale Notre-Dame.
Cathédrale
Notre-Dame de Noyon
Image illustrative de l'article Cathédrale Notre-Dame de Noyon
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
(cathédrale jusqu'en 1790)
Rattachement Diocèse de Beauvais
Début de la construction 1145
Fin des travaux 1235
(quelques travaux par la suite)
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Oise
Commune Noyon
Coordonnées 49° 34′ 56″ N 3° 00′ 02″ E / 49.5821, 3.0006 ()49° 34′ 56″ Nord 3° 00′ 02″ Est / 49.5821, 3.0006 ()  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Cathédrale Notre-Dame de Noyon

Géolocalisation sur la carte : Picardie

(Voir situation sur carte : Picardie)
Cathédrale Notre-Dame de Noyon

La cathédrale Notre-Dame de Noyon est une cathédrale catholique romaine située dans la ville de Noyon, dans l'Oise, en Picardie. Auparavant, elle était le siège de l'évêché de Noyon. Ce dernier fut aboli lors du concordat de 1801 et son territoire incorporé au sein du diocèse de Beauvais.

La cathédrale Notre-Dame de Noyon représente l'un des premiers jalons de l'architecture gothique.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'édifice que nous voyons actuellement n'est pas la première cathédrale de la ville de Noyon. Quatre cathédrales ont été construites avant l'actuelle. Celle-ci fut édifiée à partir de 1145 sur le site d'une église romane incendiée en 1131, et est chronologiquement la deuxième cathédrale gothique construite en France, après la cathédrale de Sens (1135) et avant les cathédrales de Laon et Paris.

Le chantier de l'actuelle Notre-Dame de Noyon débute par la construction des chapelles rayonnante après 1150. Une deuxième campagne conduit à édification partielle du chœur et du transept (1160-1170). Puis le chantier se poursuit par le début construction de la nef et l'achèvement du chœur (1170-1185). Enfin, une quatrième campagne termine l'édifice par l'achèvement de la nef (1190-1208) puis par l'érection de la façade occidentale avant 1231[1]. Le , un incendie endommagea la cathédrale surtout dans sa partie ouest. Suite à ce sinistre, une restauration de la tour nord s'imposa. La salle capitulaire et les chapelles du bas-côté nord furent édifiées peu après. La présence de trous d'évacuations bouchés à l'emplacement des arc-boutants atteste de leur ajout ultérieurement, sans doute lié à l'incendie de 1293 qui aurait affaibli la structure et causé un écart de 30 centimètres entre la base et le sommet des piliers[2].

Durant, d'une part, la Révolution française, et d'autre part, la Première Guerre mondiale où elle fut bombardée, la cathédrale subit des dommages considérables. Aussi, au lendemain du conflit, un important travail de reconstruction fut indispensable et s'étala sur vingt années, jusqu'en 1938.

Depuis septembre 2013 la communauté Saint Médard (traditionalistes) a obtenu qu'une messe en latin y soit célébrée le dimanche soir à 18 heures.

Aperçu général[modifier | modifier le code]

Plan et élévation[modifier | modifier le code]

Le chevet de la cathédrale Notre-Dame de Noyon.

Son plan est en croix latine.

Le chœur est composé de trois travées rectangulaires et d'un rond-point semi-circulaire. Il est entouré d'un bas-côté ou collatéral qui le borde au nord, à l'est et au sud. Le chœur se termine par cinq chapelles rayonnantes également circulaires. En outre, au nord comme au sud du chœur, s'ouvrent de chaque côté deux chapelles latérales de plan carré.

La façade ouest comporte un porche à trois portes ajouté au XIVe siècle, et deux tours qui n'ont jamais été terminées, leurs portions les plus hautes datent du XIIIe siècle ; ses motifs décoratifs ont été grandement abimés.

L'élévation de la nef comme celle du chœur est à quatre niveaux : grandes arcades, tribunes, triforium et fenêtres hautes.

Sur les bas-côtés nord de la nef s'ouvrent six chapelles latérales, sur le bas-côté sud, elles sont au nombre de trois et beaucoup plus vastes. Les arc-boutants de la cathédrale furent reconstruits au XVIIIe siècle.

Dimensions[modifier | modifier le code]

La nef et ses tribunes.

La tour nord est haute de 66 mètres (contre 69 mètres pour Notre-Dame de Paris). Remaniée suite au grand incendie du 19 juillet 1293, elle a une élévation plus importante que la tour sud et une décoration plus complexe. Les flèches prévues initialement n'ont jamais été construites.

La longueur totale hors œuvre de la cathédrale, d'est en ouest, est de 103,11 mètres. La longueur dans œuvre est de 91,33 mètres.

La hauteur des voûtes de la nef est de 22,73 mètres. Celle des collatéraux ou bas-côtés de la nef est de 8,77 m. Les bas-côtés du chœur s'élèvent à 8 mètres, et les chapelles du chœur à 8,10 mètres.

La largeur de la nef entre les axes des colonnes vaut 10,23 m, tandis que celle de chaque collatéral est de 4,75 mètres. La largeur totale dans œuvre du sanctuaire, sans les chapelles latérales, est de 19,76 mètres.

La largeur de la façade occidentale est de 32,8 mètres.

Le transept a une longueur de 48,6 mètres. Sa largeur dans œuvre est de 9,6 mètres.

Intérieur[modifier | modifier le code]

La nef.
Plan au sol.

La nef[modifier | modifier le code]

La nef est constituée de onze travées, incluant celle de la façade ouest, qui à l'intérieur forme une sorte de petit transept. Son élévation est à quatre niveaux : grandes arcades s'ouvrant sur les collatéraux nord et sud, tribunes, triforium et fenêtres hautes.

L'arc en plein cintre a été maintenu dans les deux niveaux supérieurs, c'est-à-dire dans les arches du triforium, et les baies des fenêtres hautes. Il en va de même pour les fenêtres des bas-côtés. Par contre les arcs aigus ogivaux apparaissent au niveau des deux étages inférieurs, celui des grandes arcades et celui des tribunes.

La construction de la nef daterait des années 1180 – 1205. On remarque une alternance entre des piles fortes formées de colonnes en faisceaux, et des piles faibles constituées de colonnes monocylindriques. Cette disposition indique que le premier choix des maîtres d'œuvre est de construire un voutement sexpartite. Ce choix a été abandonné pour des problèmes techniques d'équilibre des charges. L'alternance des piles a été conservée par une volonté esthétique[3].

Les tribunes comportent des baies géminées à remplage orné d'un oculus trilobé. Elles sont bordées d'une belle balustrade en fer forgé.

Au-dessus, un triforium aveugle est composé de quatre petites arcades par travée. Enfin,le niveau des fenêtres hautes est composé de doubles baies.

Six chapelles latérales ont été ajoutées au bas-côté nord au XIIIe siècle. Les trois grandes chapelles latérales du bas-côté sud datent des XIVe, XVe et XVIe siècles. La chapelle située au centre (du XVIe) appelée Chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours est particulièrement riche en décorations. C'est un superbe exemple d'architecture du règne de François Ier.

Le transept[modifier | modifier le code]

Les deux bras du transept se terminent par des absides semi-circulaires. Chacun de ces bras ou croisillons du transept s'ouvre à l'est par un porche.

La croisée du transept[modifier | modifier le code]

À l'entrée du chœur, après les deux piles de la croisée du transept, sont élevées deux piles tout aussi épaisses, ce qui fait que la première travée du chœur repose sur quatre piles extrêmement fortes. En regard de cette travée, les maçonneries des bas-côtés sont également très fortes (c'est là que se trouvent des escaliers menant aux tribunes du chœur). Cela peut paraître excessif et inutile. La raison en est que deux tours ont été commencées reposant sur ces supports solides, mais elles ne furent jamais terminées.

Le chœur[modifier | modifier le code]

Comme la nef, l'élévation du chœur est à quatre niveaux : les grandes arcades s'ouvrant sur le déambulatoire sont surmontées par les tribunes, puis le triforium et enfin les fenêtres hautes.
Le chœur ayant été construit bien avant la nef, ces quatre niveaux présentent quelques différences avec cette dernière. Au niveau des travées rectangulaires, les tribunes s'ouvrent par deux arcades ogivales non surmontées d'un oculus trèflé. Ce nombre se réduit à une seule arcade pour la partie arrondie de l'abside.
Le triforium comporte entre cinq et trois petites arcades ; elles sont de type roman, comme dans la nef.
Enfin les fenêtres hautes ne comportent qu'une seule baie par travée, de type roman elles aussi.

Les tombeaux des évêques ont été détruits dans la cathédrale pendant la Révolution française.

Extérieur[modifier | modifier le code]

Mobilier[modifier | modifier le code]

Le quartier cathédral[modifier | modifier le code]

Bibliothèque du chapitre.

Du coin du nord-ouest de la nef court la galerie occidentale d'un joli cloître érigée en 1230 ; et à côté du cloître se situe l'ancien réfectoire (aujourd'hui salle capitulaire) construit à la même époque, avec son entrée ornée de statues d'évêques et d'autres sculptures.

La bibliothèque du chapitre (XVIe siècle).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thiebaut Jacques, Les cathédrales gothiques en Picardie, CRDP d'Amiens, 1987 (ISBN 2-86615-001-5) p. 39-40.
  2. Christine Le Goff et Gary Glassman, Les cathédrales dévoilées, 2010, 90 min, voir arte.tv/cathedrales
  3. Thiebaut Jacques, Les cathédrales gothiques en Picardie, CRDP d'Amiens, 1987 (ISBN 2-86615-001-5) p. 66.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maryse Bideault et Claudine Lautier, Île-de-France Gothique 1 : Les églises de la vallée de l'Oise et du Beauvaisis, Paris, A. Picard,‎ 1987, 412 p. (ISBN 2-7084-0352-4), p. 246-270
  • Eugène Lefèvre-Pontalis, « Histoire de la cathédrale de Noyon », Comité archéologique et historique de Noyon - Comptes-rendus et mémoires lus aux séances, Noyon, Imprimerie H. Copillet, vol. 17,‎ 1901, p. 3-138 (ISSN 11583487, lire en ligne)
  • Sophie Pawlak, L’ancien réfectoire des chanoines de la cathédrale Notre-Dame de Noyon, p. 105-116, Société française d'archéologie, Bulletin monumental, 2008, no 166-2 ( Lire en ligne )

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]