Plâtre

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Plâtre
Plâtre
Identification
Synonymes

sulfate de calcium hémihydraté

No CAS 10034-76-1
No E E516
SMILES
InChI
Apparence poudre blanche hygroscopique
Propriétés chimiques
Formule brute HCaO4.5SCaSO4 • 0.5H2O
Masse molaire[1] 145,148 ± 0,01 g/mol
H 0,69 %, Ca 27,61 %, O 49,6 %, S 22,09 %,
Propriétés physiques
fusion Devient anhydre à 163 °C;
Devient insoluble dans l'eau >700 °C
Solubilité 2,3 g·l-1 dans l'eau à 20 °C
Masse volumique 2,79 à 20 °C
Pression de vapeur saturante négligeable
Précautions
Directive 67/548/EEC


Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le plâtre est un matériau de construction ignifuge. Il est utilisé sous forme de pâte constituée d'un mélange de poudre et d'eau, ou préparé sous forme de plaques.

La molécule qui constitue la poudre de plâtre – le sulfate de calcium semi hydraté (CaSO4(H2O)1/2, un minéral appelé hémihydrate ou bassanite ou encore sulfate de chaux – réagit rapidement avec l'eau – de formule chimique H2O – pour donner un matériau relativement dur après séchage, semblable au minerai de gypse d'origine – le sulfate de calcium dihydraté (CaSO4(H2O)2). De nombreux adjuvants peuvent aussi entrer dans la composition du plâtre.

Par métonymie, le terme « plâtre » désigne en médecine (traumatologie, orthopédie) une immobilisation d'un membre.

Utilisations du plâtre[modifier | modifier le code]

Plâtres de sculpture[modifier | modifier le code]

Plâtre dans un bac en plastique
Plâtre gâché avec de l'eau dans un bac en plastique

Il existe plusieurs variétés de plâtre de qualités très différentes. Les sculpteurs préfèrent du plâtre à grains très fins qui permet de reproduire le plus fidèlement possible tous les détails du modèle. Le plâtre de synthèse est plus conseillé car il est très dur au point qu'il est difficile de le rayer avec l'ongle. Il offre une grande précision et une grande finesse dans la reproduction. Sec, il peut se polir à l'aide d'un simple chiffon doux.

Certains plâtres sont proposés déjà teintés : couleur chair, bis, imitant la pierre ou d'autre matière anciennes. On peut également employer des colorants : de la gouache ou tout autre colorant acrylique, à ajouter uniquement à l'eau.

Mise en œuvre[modifier | modifier le code]

Dans le domaine de la construction des bâtiments, la mise en oeuvre du plâtre est réalisée par différents métiers du bâtiment :

Conservation et test[modifier | modifier le code]

Le plâtre doit impérativement se conserver dans un endroit sec ou alors il devient inutilisable. Pour le tester, il faut gâcher une petite quantité et observer le temps nécessaire à la prise et à la solidité, une fois durci.

Le gâchage[modifier | modifier le code]

C'est l'opération qui consiste à mélanger soigneusement le plâtre à l'eau jusqu'à obtenir une substance consistante, crémeuse et douce.

Propriétés du plâtre[modifier | modifier le code]

Le plâtre offre une souplesse qui a permis aux bâtiments de traverser les siècles, et son intérêt est tel, que les réparations modernes faites au ciment provoquent des "points durs" dans les murs, ce qui aboutit souvent à des fissures qui fragilisent la construction.

Résistance au feu[modifier | modifier le code]

Le plâtre est un matériau incombustible, classé M0 (Voir Classement de réaction et de résistance au feu). L'eau contenue dans le plâtre (ou dihydrate de sulfate de calcium CaSO4(H2O)2), en se vaporisant au cours d'un incendie, absorbe ainsi la chaleur et retarde la montée en température. Au cours d'un incendie, le plâtre ne libère pas de produit toxique, mais seulement de la vapeur d'eau.

Si Paris a échappé aux grands incendies depuis la fin du Moyen Âge, c'est que le plâtre y a fait son apparition dans les constructions, pour protéger les structures en bois[2]. Un an après le Grand incendie de Londres, l'ordonnance du 18 août 1667 rend obligatoire à Paris de recouvrir le bois des maisons avec du plâtre pour qu'elles résistent au feu.

Résistance thermique[modifier | modifier le code]

Le plâtre est un mauvais conducteur de la chaleur et donc un bon isolant thermique. Cette propriété est due à la structure poreuse du plâtre, qui résulte du départ de l'eau lors du séchage. L'isolation thermique est caractérisée par le coefficient de conductivité thermique λ=0,35 W/m.K pour le plâtre en moyenne.

Plus précisément, λ varie avec la masse volumique et la teneur en eau, c'est pourquoi le λ du plâtre peut varier de 0,3 W/m.K à 0,6 W/m.K pour des masses volumiques comprises entre 800 et 1 300 kg·m-3[3].

Résistance mécanique[modifier | modifier le code]

Variation de la résistance en fonction du temps
Durée [jours] Traction [MPa] Compression [MPa]
1 4 5
2 7 12
4 8 28

La dureté du plâtre varie d'environ 55 à 80 sur l' échelle de dureté Shore. Elle dépend de la proportion d'eau utilisée lors du gâchage, de la qualité de cette eau et du plâtre et de la température et vitesse de séchage.

Recyclabilité, recyclage[modifier | modifier le code]

Le plâtre est un matériau théoriquement totalement et indéfiniment recyclable ; une fois nettoyé et sec, il retrouve les caractéristiques du gypse - la roche originelle - ; il peut alors être recuit pour être refabriqué, à condition que les déchets de plâtre soient correctement triés et ne contiennent pas trop d'additifs[4] (certains plâtres sont colorés ou rendus étanches, ou contenaient un ralentisseur de prise... De plus, ce matériaux très absorbant a pu retenir et fixer des produits issus des colles, peintures, solvants, liquides, etc. avec lequel il aurait été en contact ; certains de ces produits pouvant être des inhibiteurs chimiques.

En Europe, Une directive du 19 Décembre 2002 du Conseil de l'Union européenne a introduit des critères et des procédures d'admission des déchets dans les décharges, dont concernant le gypse[5] qui précise que "les matériaux à base de gypse non dangereux doivent être éliminés uniquement dans des décharges pour déchets non dangereux dans des cellules dans lesquels aucun déchet biodégradable n'est admis ;.
Parallèlement, la Commission encourage les conditions d’une économie circulaire pour le plâtre avec un projet dénommé « Gypsum to Gypsum » (projet de 3,5 millions d’euros co-financé pour 3 ans par la Commission via le programme pour l’environnement Life + avec 17 partenaires démolisseurs, déconstructeurs, recycleurs et industriels (Eurogypsum, l’association européenne des producteurs de produits de plâtre) et avec les universités de Madrid et d’Athènes en soutien scientifique et technique)[6].

En France en 2003 seule une faible part du déchet de plâtre, de panneaux ou carreaux de plâtre[7] étaient recyclée, le reste partant en décharge ou étant parfois utilisé comme amendement sur les champs.
Dix ans plus tard en 2013-2014 selon la filière des industries plâtrières, environ 50.000 tonnes de déchets de plâtre issus de la déconstructions sont annuellement recyclées en France et collectées par environ 140 entreprises de collecte (Chiffre donné pour 2014). Ceci nécessite aussi une pédagogie constante auprès des artisans entreprises de pose et de démolition[8]. Le recyclage a nettement progressé grâce à la mise en place d'une filière ad hoc en 2008[9]. Il aurait été multiplié par 5 en 4 ans depuis la signature en 2008 d'une « Charte de gestion des déchets du plâtre » mais pour atteindre les objectifs de 2020 pour l'Europe, il faut encore multiplier par 5 la quantité de plâtre recyclée (pour passer à 245.000 tonnes en 2020, le gisement potentiel étant estimé à 350.000 t/an pour la France par les industriels)[8]. Recycler est devenu moins cher que mettre en décharge[8] ; En 2013/2014, trois sites de Placo (Vaujours, Cognac et Chambéry) ajoutent ainsi et 10.000 à 15.000 tonnes de ces déchets à leur 40.000 tonnes de déchets interne, permettant d'incorporer 20-25 % de recyclat dans le placo neuf (de même dans le groupe Siniat)[8].

Ne pas gaspiller et recycler le plâtre permet d'entrer dans une économie circulaire et de transition écologique, de limiter les émissions nocives et les lixiviats polluants des décharges de classe II ou III et d'allonger la durée de vie des carrières encore disponibles ou accessibles (la ressource française étant surtout localisée en région parisiennes, de moins en moins accessible à cause de l'urbanisation[8]).

Histoire du plâtre[modifier | modifier le code]

Çatal Höyük, 6000 avant J.-C., enduits plâtre reconstitués

Dans le bassin parisien, le gypse s’est formé il y a environ trente-huit millions d’années par sédimentation au cours de l'évaporation de lagunes d'eau de mer.

La fabrication de liants par calcination de la pierre (four à calcination) serait aussi ancienne que l'art du potier. Au néolithique déjà, l’homme s’est aperçu que certaines pierres constituant le foyer s’effritaient à cause de la chaleur en produisant une poudre se solidifiant une fois humide. Dans la ville de Çatal Höyük, fondée en 7000 avant J.-C. des enduits de plâtre ornaient déjà les murs.

L' Égypte antique, se servait du plâtre pour assembler les pierres des édifices et pour réaliser des enduits (Vallée des Rois).

Les Romains se servaient du plâtre pour les enduits et les sculptures. Pline l'Ancien en signale de multiples utilisations domestiques : pour fermer de façon étanche les couvercles des récipients destinés à la conservation[10], en badigeon pour conserver les pommes[11], en additif pour adoucir les vins[12].

Par leurs conquêtes, les romains vont largement diffuser le plâtre dans tout l'Empire. Les murs des habitations sont enduits de plâtre et de chaux, les plafonds faits de bois et de plâtre. Il peut servir dans la maçonnerie pour unir les pierres les unes aux autres. Les artisans romains développent aussi son emploi comme revêtement extérieur : les tons d'ocre rouge proviennent d'un mélange de briques finement broyées, de pouzzolane, de plâtre et d'eau. Le stuc, fait de plâtre et de poudre de marbre, est utilisé avec éclat pour l'ornementation des édifices.

L'invasion de la Gaule par Jules César donne au plâtre racine dans cette région du monde. Les Romains apportent aux populations celtes de nouveaux procédés de construction en maçonnerie et en plâtre. À Lutèce, sur les bords de la Seine, les huttes de la tribu des Parisii font place à des édifices plus solides. Le site est privilégié par la nature, car la colline de Montmartre regorge de gypse. Dalles, carreaux de plâtre, colonnes, sarcophages… plusieurs vestiges des IIe et IIIe siècle de notre ère témoignent d'un « premier âge du plâtre » à Paris.

Au Moyen Âge, l’homme s’aperçoit que le plâtre résiste mieux au feu que le bois, car c'est un produit ignifuge. Donc il l’utilise comme enduit de protection (anti-feu). Au Moyen Âge, puis sous l'Ancien Régime, les petites carrières et plâtrières furent nombreuses mais elles fonctionnaient de manière intermittente. L'habitat local fit largement appel au plâtre. En Savoie, ce plâtre paysan (gypse cuit) était appelé "greya".

Les plâtrières dites Carrières d'Amérique, à Paris, photographiées Henri Le Secq en 1852. Elles étaient situées à l'emplacement de l'actuel parc des Buttes-Chaumont.

Au XVIIIe siècle, Paris devient la ville du plâtre grâce à ses gisements souterrains et un édit de Louis XIV en 1667 rendra même le matériau ignifuge obligatoire en tant qu’enduit intérieur et extérieur, pour éviter les propagations d’incendies afin d'éviter à Paris le sort funeste de Londres lors du Grand incendie de Londres (1666). Au XIXe siècle vient l’invention du four à plâtre industriel, ce qui permet d’augmenter la production. Aujourd’hui, le plâtre est commun en France.

Les travaux de Lavoisier vers 1764 ont permis de mieux comprendre la chimie du gypse. Il met en évidence la perte d'une quantité d'eau constante lors de la transformation du gypse en plâtre ou en anhydrite, jetant les bases de la méthode d'analyse thermogravimétrique. Il explique le mécanisme de la prise du plâtre, montrant que ce plâtre (CaSO4, 1/2 H2O) reprend son eau perdue lors de la cuisson pour reformer du gypse (CaSO4, 2H2O) lors de la phase de solidification (prise). Il analysa également différent variétés de gypse et détermina leur solubilité dans l'eau. Il communique ses travaux sur le gypse à l'Académie Royale des Sciences en 1765 et 1766. Par ses travaux Lavoisier a mis en place les fondations de la physico-chimie du gypse et du plâtre, encore utilisées de nos jour par l'industrie du plâtre

En 1788, Goethe, dans sa description du Carnaval de Rome, décrit la fabrication du confetti, tel qu'il existait à l'époque. Il était fait de billes de plâtre, réalisées à l'aide d'un entonnoir. C'est seulement à partir de 1891, que ce confetti commença à être remplacé par sa variante moderne, en papier, que nous connaissons.

Le plâtre est proposé au XIXe siècle pour la conservation de la viande.

Le plâtre est largement exploité dans la moitié nord de de la région parisienne. Le « plâtre de Paris » acquiert sa renommée.

Parmi ces nombreuses exploitations, celle de Cormeilles-en-Parisis. En 1832, une carrière à plâtre est créée par Pierre Étienne Lambert à Cormeilles. À partir de 1882, Jules-Hilaire Lambert industrialise la production. Dans les années 1930, avec les Frères Lambert, le cycle d'exploitation de la carrière de Cormeilles est complet. Cette carrière est alors la seule en France à alimenter à la fois la fabrication du plâtre, de briques, de chaux hydraulique, et de ciment artificiel par l'emploi des matières de « découvertes » : argiles, calcaires, marnes. De 1930 à 1980, la carrière Lambert est la plus grande carrière d'Europe à ciel ouvert (Plâtres Lambert). Au début du XXIe siècle, la carrière et la plâtrière de Cormeilles-en-Parisis sont exploitées par la société Placoplatre

Du gypse au plâtre[modifier | modifier le code]

Paire de meules utilisée pour broyer le gypse après cuisson. Berzé-la-Ville

Le plâtre s'obtient par cuisson et broyage de la « pierre à plâtre », le gypse, sulfate de calcium à deux molécules d'eau (CaSO4(H2O)2). Au cours des temps géologiques, ce minéral s'est déposé dans les bassins sédimentaires en formant d'épaisses couches plus ou moins profondes. L'extraction du gypse se fait dans des carrières à ciel ouvert ou en galeries souterraines. Concassé, cuit dans des fours, il est enfin broyé finement pour obtenir le plâtre en poudre. Cette poudre blanche a la propriété de durcir très rapidement lorsqu'on la mélange à l'eau : c'est le phénomène de la prise.

La chute de l'Empire romain et les invasions barbares entraînent pour de longs siècles le déclin des constructions en pierre au profit de bâtiments en bois largement utilisés par les peuples du Nord et de l'Est de l'Europe.

Si aux premiers temps de l'Occident médiéval le plâtre régresse, il connaît au Sud de la Méditerranée un remarquable épanouissement, favorisé par les conquêtes arabes. La civilisation musulmane a en effet abondamment utilisé le gypse et marqué sans doute l'un des sommets de l'art du plâtre ; dans un univers où le bois est rare, celui-ci permet de multiplier les motifs décoratifs des mosquées, madrasas (écoles religieuses) et palais. Sans doute trouve-t-on sa plus belle illustration dans l'Alhambra de Grenade où galeries, murs et plafonds s'ornent d'une profusion d'arabesques géométriques. Une exubérance très ciselée que l'on doit aux qualités plastiques du plâtre.

Au Moyen Âge, les grands bâtisseurs que sont les moines de Cluny et de Cîteaux remettent à l'honneur l'emploi du plâtre, dont l'usage se répand à nouveau.

La profession plâtrière s'organise et codifie son activité dans la capitale. Le Livre des métiers, commandé par Louis IX au prévôt de Paris, est le texte fondateur de nombre de corporations au XIIIe siècle. Le mot plâtrier désigne alors celui qui réalise l'extraction et la cuisson du gypse, c'est-à-dire le fabricant.


Exploitation des mines de gypse[modifier | modifier le code]

Les mines de gypse peuvent être exploitée de deux manières, selon la structure du gisement.

Lorsque celui-ci se trouve à un niveau trop profond, on privilégie une exploitation souterraine. Il s’agit d’extraire les couches inférieures en creusant des galeries, qui sont ensuite comblées par des matériaux inertes une fois l’exploitation terminée. Mais cette méthode permet seulement d’exploiter un tiers du gypse, qui se déploie en plusieurs couches.

L’exploitation à ciel ouvert, dans les carrières, permet d’extraire ces différentes couches.

Lorsqu’un gisement est épuisé, la plâtrière est réhabilitée pour recréer un ensemble le plus proche possible de l’état initial du terrain.

Le plâtre artificiel provient de centrales thermiques. La désulfuration est l’élimination du dioxyde de soufre dans les rejets gazeux. Pour ce faire, on utilise de la chaux humide. Il en résulte la formation de cristaux de gypse qui serviront à la fabrication du plâtre synthétique utilisable dans la construction de bâtiments ou l'industrie (fabrication de moules...) ; Très résistant, il peut toutefois être source de problèmes de corrosion, de l'acier notamment[13] lorsqu'en contact avec certains métaux.

Fabrication du plâtre[modifier | modifier le code]

Le Four à plâtre, 1821-1822, Théodore Géricault, Musée du Louvre, Paris.

Le plâtre est réalisé à partir du gypse, roche sédimentaire appelée pierre à plâtre que l'on retrouve sous forme d'albâtre ou de cristaux de sélénite. La pierre est généralement extraite de mines ou de carrières souterraines puis cuite et ensuite cassée, broyée et moulue pour donner la poudre blanche du plâtre.

Sa fabrication nécessite plusieurs étapes :

  • Extraction du gypse à l’aide d’explosifs, quand il s’agit de gisement à ciel ouvert : « des carrières ».
  • Acheminement depuis la carrière à l’aide de camions : le gypse subit un concassage, afin de réduire la dimension de ses grains.
  • Le gypse est transporté à l’aide d’un tapis vers le criblage. Cette opération consiste à ne sélectionner que les grains de diamètre inférieur à 40 mm.
  • Le gypse ainsi sélectionné est stocké en tas dans un local couvert avant d’être homogénéisé car le gypse extrait n’est pur qu’à 90 %. Aussi il sera mélangé à l’aide d’une machine composée de râteaux qui va mélanger les couches de gypse.
  • Toujours à l’aide de tapis, le gypse est conduit dans un four où il sera placé dans un moulin où, à l’aide d’une vis sans fin, il est broyé et écrasé (comme dans un moulin à café).
  • Il sera cuit à 150 °C. Ce four permet de faire remonter le gypse cuit par le haut du four, tandis que les impuretés plus lourdes, restent au fond.
  • Après refroidissement à 60 °C il devient du semi-hydrate (le gypse a perdu une molécule d’eau et demi).

D'autres types de four existent (fours culée, fours droits, fours marmite, sur-cuiseur, autoclaves, …) qui donnent différentes qualités.

Le plâtre est ensuite mélangé dans un malaxeur avec différents ajouts (souvent quelques parties pour mille) :

  • de l’amidon, pour améliorer l’adhésion entre le plâtre et le carton,
  • des adjuvants,
  • des retardateurs pour modifier les temps de prise du plâtre…

Fabrication d’une plaque de plâtre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : plaque de plâtre.

La chaîne de fabrication des plaques de plâtre s'étale sur 350 à 450 m, selon la vitesse moyenne de la chaîne. Cette distance permet à la plaque de plâtre de perdre une partie de son humidité et de devenir semi-rigide avant de passer dans le four, appelé sécheur. Les plaques de plâtre sont constituées de deux plaques de carton qui prennent en sandwich du plâtre.

Le carton utilisé dans la fabrication des plaques est livré en rouleaux de 11 km ce qui représente un poids de 3 tonnes. L’épaisseur est de 0,1 mm. Ils sont changés toutes les deux heures environ.

Suivant l’utilisation de la plaque de plâtre, il existe différents types de carton avec des classements au feu de M0 à M1.

Procédé de fabrication :

  • À l’aide d’un tapis on place la première plaque de carton, puis on vient étaler le plâtre à l’aide de trois sorties.
  • Le plâtre est préalablement mélangé avec de l’eau dans un malaxeur et sa température est maintenue à 70 °C.
  • Le deuxième carton est ensuite posé et on laisse la plaque sécher.
  • Enfin, après refroidissement, les plaques sont coupées aux dimensions voulues, puis elles sont stockées sur des palettes de manutention.

Plâtre et environnement[modifier | modifier le code]

Les impacts et enjeux environnementaux du plâtre[14] sont liés aux activités extractives de gypse, puis à sa fabrication du produit, son transport, son utilisation et son éventuel traitement ou recyclage en fin de vie (et in fine l'écobilan du plâtre produit par les industriels[15]). Le plâtre est réputé être un facteur de régulation de l'humidité de l'air intérieur, mais il peut aussi être source de très faibles quantités de radon[16], nettement plus significatives lorsque du « laitier de phosphate » (déchet de l'industrie du phosphate) a été recyclé dans les matériaux constituant de panneaux de plâtre[17] (Selon Métivier (1998), « On estime que le phosphogypse contenu dans les plâtres et ciments délivre, par inhalation du radon qu'il relargue, une dose efficace annuelle de l'ordre de 0,6 mSv, liée à la présence d'environ 900 Bq/kg de 226Ra dans le phosphogypse »[18]). Certains guides de bio-construction recommandent l'utilisation de plâtre ou de panneaux de plâtres sans phosphogypse ni radon[19].

Le plâtre est aussi source d'hydrogène sulfuré toxique s'il est mis en décharge avec des ordures ménagères ou matières organiques en décomposition[20]

Du plâtre artificiel peut aussi être synthétisé à partir de déchet industriel (gypse synthétique, parfois dit désulfogypse ou FGD gypsum pour les anglophones) issu de certains procédés de lavage de fumée et désulfuration de certains gaz)[14].

Diverses tentatives d'utiliser le phosphogypse qui est un déchet industriel abondant comme minerai pour la fabrication de ciment[21] ou de plâtre se sont soldées par des échecs, ce produit est radioactif, trop humide et contient trop d'impureté, son utilisation consomme plus d'énergie que l'utilisation de gypse naturel[14]. Il est cependant plus facilement utilisé dans les plaques de plâtres[22].

Toutes ces activités sont aussi plus ou moins sources d'émissions de gaz à effet de serre.

Fin 2013, la Commission européenne a ajouté ce secteur dans la liste des « secteurs et sous-secteurs considérés comme exposés à un risque important de fuite de carbone »[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. http://www.creargos.com/articles/338/581/le-platre-et-la-resistance-au-feu.htm
  3. Une vie de plâtre, bulletin de l'union des physiciens n°790
  4. http://www.terrevivante.org/203-le-platre.htm
  5. Section 2.2.3 de l'annexe de la directive
  6. Présentation du projet Life Gypsum to Gypsum - Life + Project par l'association platrière Eurogypsum et portail du projet
  7. Bachelerie L. (2003). Gérer les déchets de carreaux de plâtre. Bâtiment information, (57), résumé Inist-CNRS)
  8. a, b, c, d et e Batiactu (2014), Brève Le recyclage du plâtre, une filière bien rodée
  9. La filière de collecte et de recyclage des déchets plâtre de chantiers sur l’ensemble du territoire français fête ses 5 ans, Communiqué de presse sept. 2013
  10. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XV, 18, 4 ; XX, 39, 1
  11. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XV, 18, 5
  12. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XIV, 24, 1; 25, 5 et XXIII, 24, 2
  13. Verdu, P., Garcés, P., & Climent, M. A. (1997). Metallic corrosion in contact with synthetic gypsum pore solutions and gypsum. ZKG international, 50(6), 340-345 (résumé Inist-CNRS).
  14. a, b et c Daligand D. (2002). Plâtre. Ed. Techniques Ingénieur ; voir chap 7.6 "Plâtre et environnement" (et sous-chapitres).
  15. Fourtier D. (2003). Écobilan sur la plaque de plâtre en France. Ciments, bétons, plâtres, chaux, (861), 36-38.(résumé Inist-CNRS)
  16. Tedjani, A. (), Détermination de la concentration en uranium et l’émanation du radon à partir de certains matériaux de construction, Mémoire de magistère (Physique), Université de mantouri, Constantine, (PDF, 75 pp).
  17. Dumont, R. S., & Figley, D. A. CBD-247-F. Infiltration du radon dans les maisons.
  18. Métivier H. (1998). Sources d’irradiation par les rayonnements ionisants. Ed. Techniques Ingénieur.
  19. Boschetti, Bruno (1998), La bio-construction: une démarche environnementale pour un habitat de qualité ; (lien.
  20. Kintz, P. (2012). Ordures ménagères et plâtre: le mauvais mélange propice à la formation d’hydrogène sulfuré. In Annales de Toxicologie Analytique (Vol. 24, No. 2, pp. 109-111). EDP Sciences (résumé)
  21. CHARFI F. (1999) : Substitution du gypse naturel par le phosphogypse dans la fabrication du ciment, Thèse de Doctorat, Faculté des Sciences de Tunis, juillet 1999.
  22. FELFOUL, H. S., CLASTRES, P., OUEZDOU, M., & CARLES-GIBERGUES, A. Proprietes et perspectives de valorisation du phosphogypse l’exemple de la Tunisie ; Proceedings of International Symposium on Environmental Pollution Control and Waste Management 7-10 January 2002, Tunis (EPCOWM’2002), p.510-520(PDF, 11pp)
  23. Décision de la Commission du 18 décembre 2013 modifiant les décisions 2010/2/UE et 2011/278/UE en ce qui concerne les secteurs et sous-secteurs considérés comme exposés à un risque important de fuite de carbone ; Texte du 18/12/2013, paru au Journal Officiel des Communautés européennes le 14/01/2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • G. Rondeau, S. Rondeau et M. Pons, Techniques et pratique du staff, Éditions-Eyrolles.com
  • J. Festa, Techniques et pratique du plâtre, Éditions-Eyrolles.com
  • J. C. Bidaux, Plâtre : murs, formes et volumes, Éditions-Eyrolles.com
  • L'Encyclopédie des métiers : la plâtrerie, le staff et le stuc, édition les Compagnons du Devoir, librairie-compagnons.com
  • Georges Barthe (dir.), Le Plâtre, l'art et la matière, colloque de Cergy-Pontoise, Groupe de recherche sur le plâtre dans l'art, Créaphis, 2002, www.grpa.fr.st
  • Collectif, "Gypseries, gypiers des villes, gypiers des champs", colloque de Digne-les-Bains, Créaphis, 2005
  • Vincent Farion, Si la carrière m'était contée. La plâtrière et les usines Lambert, le quartier et ses habitants à Cormeilles-en-Parisis (1832-2008), édition Musée du Plâtre, 2008. www.museeduplatre.fr
  • Jacques Hantraye, L'Ascension de la famille Lambert de Cormeilles-en-Parisis; Volume 1 : Aux origines de la pluriactivité (vers 1650-1836), édition Musée du Plâtre, 2007. www.museeduplatre.fr
  • Jacques Hantraye, L'Ascension de la famille Lambert de Cormeilles-en-Parisis; Volume 2 : Les mutations de l'exploitation agricole et l'essor de l'activité platrière (1836-1882), édition Musée du Plâtre, 2008. www.museeduplatre.fr

Lien externe[modifier | modifier le code]