Pierre de Montreuil

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Statue de Pierre de Montreuil sur la façade de l'Hôtel de Ville de Paris

Pierre de Montreuil (et non Pierre de Montereau)[1] est un architecte français, né vers 1200 et mort le 17 mars 1267 à Paris. Sa vie est assez mal connue et les sources divergent quant à ses œuvres, mais il est généralement admis qu'il est l'un des plus grands architectes de la période du gothique rayonnant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après une période de formation qui n'est pas documentée, il est appelé vers 1239 par l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés à Paris pour y réaliser un nouveau réfectoire. Remarqué pour son talent, il travaille ensuite dans la basilique de Saint-Denis aux alentours de 1247, où il succède à un architecte anonyme que les historiens de l'architecture gothique appellent, par convention, le Maître de 1231.

Sur la base d'une mention du XVIIe siècle[2], on lui a longtemps attribué la réalisation, entre 1243 et 1248, de la Sainte-Chapelle, sur la demande de Louis IX. Cette attribution est aujourd'hui rejetée par l'essentiel des chercheurs[3]. Située sur l'Île de la Cité, elle représente un modèle de l'art gothique, privilégiant les ouvertures et les vitraux, et réduisant les murs à un minimum.

Vers 1250, il construit la Chapelle de la Vierge dans l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, une grande chapelle à vaisseau unique ainsi que le réfectoire de l'abbaye. Ces deux bâtments sont aujourd'hui détruits. Vers 1258, il succède à Jean de Chelles comme architecte de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Il y construit notamment le bras sud du transept et la porte rouge[4]. On lui a encore attribué, sans preuve, la chapelle du château de Saint-Germain-en-Laye, et le réfectoire du Prieuré Saint-Martin-des-Champs à Paris (aujourd'hui bibliothèque du Conservatoire national des arts et métiers).

Sa tombe ainsi que celle de son épouse furent placées à Saint-Germain-des-Prés, dans la chapelle qu'il avait bâtie. Son épitaphe, gravée sur sa tombe, indiquait son titre de doctor lathomorum, c'est-à-dire instructeur des maçons, selon la traduction proposée par Robert Branner, ou, mieux, docteur ès pierres. Cette chapelle ainsi que le réfectoire de Saint-Germain-des-Prés furent détruits en 1794.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marcel Aubert, Bulletin de la société nationale des Antiquaires de France, p. 115-119
  2. Germain de Brice, Description nouvelle de la ville de Paris, Paris, 1698, p. 366
  3. Stephan Gasser, « L'architecture de la Sainte-Chapelle. État de la question concernant sa datation, son maître d'œuvre et sa place dans l'histoire de l'architecture », dans La Sainte-Chapelle de Paris, Royaume de France ou Jérusalem céleste ?, Turnhout, 2008, p. 157-180, plus particulièrement p. 166-170
  4. Henri Stein, « Pierre de Montereau et la cathédrale de Paris », dans Mémoires de la société nationale des Antiquaires de France, vol. LXXI, 1911, p. 14-28