Primatiale Saint-Jean de Lyon

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Primatiale Saint-Jean de Lyon
Image illustrative de l'article Primatiale Saint-Jean de Lyon
Présentation
Nom local Cathédrale Saint-Jean
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Archidiocèse de Lyon
Début de la construction 1175
Fin des travaux 1480
Style dominant roman et gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1862)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Rhône
Commune Lyon
Coordonnées 45° 45′ 39″ N 4° 49′ 38″ E / 45.7607, 4.827345° 45′ 39″ Nord 4° 49′ 38″ Est / 45.7607, 4.8273  

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La primatiale Saint-Jean-Baptiste-et-Saint-Étienne (dite aussi, plus simplement, cathédrale Saint-Jean) est le siège épiscopal de l'archidiocèse de Lyon (France). Elle a rang de cathédrale et de primatiale : l'archevêque de Lyon (le titulaire actuel étant Mgr Philippe Barbarin cardinal-prêtre de la Trinité des Monts) a le titre de Primat des Gaules.

Originellement, l'église a été consacrée sous le vocable de Saint-Étienne, tandis que son baptistère était consacré sous celui de Saint-Jean-Baptiste, mais, comme cela est fréquent (un exemple célèbre étant l'archibasilique Saint-Jean-de-Latran), le vocable du baptistère s'est ensuite appliqué dans la désignation courante.

Construite de 1175 à 1480, elle mélange le style roman et le gothique. Elle abrite une horloge astronomique du XIVe siècle.

Au cœur du quartier médiéval et renaissance du Vieux Lyon dont elle est un des éléments marquants, elle est classée monument historique depuis 1862.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant l'actuel édifice[modifier | modifier le code]

Construction de la cathédrale actuelle[modifier | modifier le code]

Plan du complexe épiscopal mérovingien.

La cathédrale s'élève sur l'emplacement de l'ancien complexe épiscopal d'époque mérovingienne dont on a pu se faire une idée assez précise grâce aux écrits de Sidoine Apollinaire et aux fouilles menées sur le site lui-même.

L'emplacement de l'édifice : une source de conflits[modifier | modifier le code]

Un conflit entre l'archevêque et le chapitre éclate au moment de la construction de la nouvelle cathédrale : les chanoines ont élu comme archevêque Dreux de Beauvoir, clunisien. Le pape impose alors à Lyon un cistercien, Guichard de Pontigny. Tout oppose les deux hommes : l'un est rallié à l'empereur et à l'antipape Victor IV, l'autre est l'homme du pape ; le premier aime le faste et la liturgie pompeuse de Cluny, l'autre l'austérité bernardine ; Dreux est issu du chapitre lyonnais et fait tout pour le favoriser, Guichard est au contraire envoyé par le pontife pour réformer le chapitre et lui redonner une simplicité plus proche de sa vocation initiale[2].

L'extension programmée de la cathédrale doit logiquement se faire à l'ouest, du côté de la colline, pour plusieurs raisons. Premièrement, le terrain du côté de la Saône, à l'est, est en pente continue et ne se prête guère à l'établissement d'une vaste plateforme qu'il faut nécessairement remblayer. Plus grave, ce terrain oriental n'est composé que d'alluvions déposées par la rivière le long du mur de protection construit au IVe siècle, et accumulées là depuis huit cents ans. Enfin, ces terres ne sont pas entièrement vierges, car elles sont empruntées par une voie de communication nord-sud, qu'un bâtiment plus vaste couperait. Pour toutes ces raisons, l'extension est prévue à l'ouest par Guichard. Mais le chapitre s'y oppose. Si les raisons officieuses sont évidentes (conflit ouvert du chapitre avec un archevêque qui déplaît), elles ne peuvent servir officiellement. Un atrium gallo-romain est situé sous l'actuel parvis[note 1]. Cette cour à portique, dont restait au XIIe siècle la galerie orientale, passe alors pour avoir eu à l'époque paléo-chrétienne une fonction funéraire. Les chanoines se fondent sur cette présence de tombeaux chrétiens pour décréter qu'il est impossible de construire la nouvelles cathédrale plus à l'est[2].

La construction du chevet, prouesse technique et difficultés[modifier | modifier le code]

Gravure de Nicolas Langlois, montrant Lyon à la fin du XVIIe siècle. La très faible distance entre le chevet de la cathédrale et la Saône y est bien visible.

Guichard plie : le chevet de la nouvelle église est donc situé à une vingtaine de mètres plus à l'est que l'ancien. Juridiquement, par contre, ce décalage ne présente aucune difficulté : en effet, les terrains gagnés sur le fleuve, nommés « créments » ou « lônes », relèvent juridiquement de la puissance publique. Or celle-ci est représentée par l'archevêque, en vertu de la bulle d'or de 1157. En 1175, l'opération de renforcement de la berge, très coûteuse, est lancée : il s'agit de renforcer le terrain instable par des pieux plantés dans les alluvions, afin d’accueillir le nouveau chevet[2], construit en réutilisant les grandes pierres de choin provenant du forum romain[3].

La construction de la cathédrale, d'ailleurs, est ralentie pour partie par le manque de ressources, mais aussi pour partie par ce conflit latent entre archevêché et chapitre, et dure tout le XIIIe siècle[4]. Par exemple, la tour nord, dite « Saint-Thomas » est construite en priorité, car les chanoines ont besoin des cloches qu'elle abrite pour marquer leurs temps de prière quotidiens. Aussi les chanoines pèsent de leur influence et de leur financement pour qu'elle soit bâtie dès l'épiscopat de Pierre de Savoie (1308-1322). La tour sud, dite « de la Madeleine », privée de ce financement et de cette réclamation, n'est terminée qu'un siècle plus tard, et elle ne comporte pas de cloche[5].

Des accidents ont également lieu : le différentiel de résistance entre le terrain renforcé, mais encore trop meuble, et les assises pierreuses du quartier ancien, provoquent une catastrophe à une date inconnue, durant la première moirtié du XIIIe siècle : sous le poids des chouins, le terrain s'affaisse ; le chœur est brisé, l'abside pivote vers le sud en arrachant les maçonneries. La fracture remonte jusqu'au clair-étage du chœur et à la croisée du transept. Des réparations entreprises immédiatement permettent de sauver la rose orientale, mais le choc est tel quel les murs des chapelles latérales, épais d'un mètre quarante, sont brisés. Cet accident et cette faiblesse du sol nécessite encore des réparations au XVe siècle et jusqu'en 1989[2].

La construction a commencé à partir du XIIe siècle par le mur du cloître sur une crypte plus ancienne[6].

Suite de la construction[modifier | modifier le code]

Gravure du XVIe siècle, dite « anonyme Fabriczi », qui montre le quartier Saint-Jean et en particulier la cathédrale.

Les parties basses de l'abside, les deux chapelles latérales et le transept sont construits entre 1165 et 1180 en style roman.

La voûte de l'abside puis du transept en style gothique, les deux tours orientales, les quatre premières travées de la nef et leur voûte sont achevés entre le XIIe siècle et premier tiers du XIIIe siècle.

Au milieu du XIIIe siècle, les verrières du chœur et les deux rosaces du transept sont achevées.

Entre la fin du XIIIe siècle et le premier tiers du XIVe siècle, les quatre dernières travées et la partie inférieure de la façade sont achevées. La fin du XIVe siècle voit l'achèvement de la voûte des dernières travées et de la rosace de la façade en 1392.

Au XVe siècle, la partie haute de la façade et les tours sont terminée. La statue de Dieu le Père est placée au sommet du pignon en 1481.

La chapelle des Bourbons (du nom des archevêques qui en ont ordonné la construction), de style gothique flamboyant, est construite entre la fin du XVe siècle et le début XVIe siècle.

Les destructions[modifier | modifier le code]

En 1562, La cathédrale est dévastée par les troupes calvinistes du baron des Adrets.

Les verrières médiévales de la grande nef et du tympan du grand portail sont détruites au XVIIIe siècle sur l'ordre des Chanoines. Pendant la Révolution française, la cathédrale subit quelques dégradations.

Entre 1791 et 1793, l'évêque Lamourette ordonne la modification du chœur. Il fait notamment détruire le jubé. Avant cette restauration, le siège de l'évêque était situé au fond de l’abside de la cathédrale[7].

Les restaurations du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La cathédrale en 1890, après la restauration d'Antoine Desjardins. La plus visible des différences par rapport à l'état initial et l'état actuel est le rehaussement de la charpente, qui donne aux toitures cette forte pente.

Destructions et restaurations des XXe et XXIe siècles[modifier | modifier le code]

Le chœur est restauré dans sa disposition médiévale entre 1935 et 1936.

Lors de la libération de Lyon en septembre 1944, une partie des vitraux ont été détruits.

La façade est ravalée en 1982 et en 2011.

Évènements importants[modifier | modifier le code]

La cathédrale Saint Jean fut le théâtre du couronnement du Pape Jean XXII en 1316 (Jacques Duèse) et Richelieu y reçut sa barrette de cardinal.

Par ailleurs elle accueille temporairement les restes de Saint Louis, rapporté de Tunis par son fils Philippe III le Hardi en direction de la Basilique Saint-Denis en 1271.

Le 13 décembre 1600, la cathédrale abrite le mariage d'Henri IV et de Marie de Médicis (après avoir obtenu du pape l'annulation de son précédent mariage avec la reine Marguerite).

L'empereur Napoléon Ier et Joséphine, puis le pape Pie VII, sont reçus par le cardinal Joseph Fesch (frère utérin de la mère de Napoléon) en 1805.

Le 5 octobre 1986, le pape Jean-Paul II rentre dans la primatiale où sont rassemblés des centaines de malades venus de toute la région. Pendant 45 minutes, il s’adresse à chacun personnellement.

Le 23 mars 2013 l'horloge astronomique vieille de six siècles est endommagée à coups de barre de fer par un déséquilibré qui invoque le fait que la magnificence de l'horloge empêcherait les croyants de se concentrer sur leur prière[8].

Conciles[modifier | modifier le code]

Le Ier concile de Lyon (treizième concile œcuménique) se tient dans la cathédrale en juin et juillet 1245. Le maître-autel est consacré par le pape Innocent IV.

Le IIe (quatorzième concile œcuménique) se déroule en mai et juillet 1274. Le pape Grégoire X tente de réunir les Églises latines et grecques. Les délégués grecs professent la foi catholique. Le docteur de l'Église saint Bonaventure meurt pendant ce concile après y avoir joué un grand rôle.

Architecture[modifier | modifier le code]

La façade[modifier | modifier le code]

Elle est en partie composée de blocs provenant d'anciens monuments romains s'étant effondrés au IXe siècle, en particulier de l'ancien forum. Elle est très marquée par la fin du XVe siècle, à savoir un gothique des plus flamboyants.

Les 300 médaillons de façade racontent différents épisodes de l'Ancien et du Nouveau Testament. Au XVIe siècle, le baron des Adrets, alors calviniste (il changea de camp par la suite), détruisit toutes les statues des saints dans les niches de la façade et décapita tous les anges des trois portails.

L'intérieur[modifier | modifier le code]

Il est possible d'y observer la chronologie de construction : l'abside et le chœur sont romans et plus l'on s'avance vers la façade, plus le style est gothique.

Les vitraux, tels que la rosace centrale et celles du transept datent des alentours de 1390 et sont dans des tons bleu-violet caractéristiques. La couleur des vitraux a été adaptée à leur position : les plus au sud ont des couleurs froides pour compenser la chaleur du soleil, alors que ceux au nord ont des couleurs plus chaudes.
Au nord, le vitrail des fonts baptismaux fabriqué par Lucien Bégule en 1886 a été offert en hommage de l'artiste à l’Archevêque Caverot[9].

L'abside est la partie la plus ancienne, datant du XIIe siècle et est donc intégralement romane.

La nef est couverte de voûtes sexpartites.

La chapelle des Bourbons est pleinement représentative du gothique flamboyant : fines nervures, clefs pendantes, éléments végétaux tels que vigne, houx, gui, chardon, chou, etc.

À l'entrée du chœur des chanoines, c'est-à-dire à l'extrémité des stalles, se trouvent les statues sculptées par Blaise en 1776 et 1780 des deux saints patrons de la cathédrale : saint Étienne diacre et martyr et saint Jean Baptiste.

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L'horloge astronomique[modifier | modifier le code]

L'horloge astronomique.

La première date de 1379 (sa première référence officielle est de 1383), elle fut remaniée plusieurs fois[10].

Elle indique la date, les positions de la Lune, du Soleil et de la Terre, ainsi que le lever des étoiles au-dessus de Lyon. Puisqu'il s'agit d'une horloge, c'est le Soleil qui tourne autour de la Terre. La date donnée sera exacte jusqu'en 2019.

Au-dessus de l'horloge, une série d'automates se mettent en mouvement plusieurs fois par jour. Ce sont des animaux et une scène représentant l'Annonciation. Le mouvement a été refait dans les années 1930 par un horloger du nom de Désiré Richard.

Le 23 mars 2013, veille du dimanche des Rameaux, l'horloge astronomique a été sérieusement endommagée. Un homme de 28 ans a détruit plusieurs parties de l’œuvre à coup de barre de fer avant que des témoins n'interviennent pour l'arrêter. Il aurait expliqué son acte « par le fait que la magnificence de l’horloge empêcherait les croyants de se concentrer sur leur prière »[11].

Les tableaux[modifier | modifier le code]

De nombreux tableaux ornent la primatiale :

Les sculptures[modifier | modifier le code]

Les vitraux[modifier | modifier le code]

L'ensemble de la cathédrale est ornée de vitraux parmi lesquels peuvent être cités :

  • Vitrail des Deux Adams
  • Vitrail de saint Stéphane
  • Vitrail de saint Pierre
  • Vitrail de David
  • Vitrail d'Isaïe
  • Vitrail de Daniel
  • Vitrail d'Ézéchiel
  • Vitrail de saint Philippe
  • Vitrail des rois mages
  • Vitrail du Christ et de la Vierge
  • Vitrail de l'Histoire du Christ
  • Vitrail représentant la descente de croix
  • Vitrail de saint Étienne
  • Vitrail de Jean-Baptiste

Chiffres-clefs[modifier | modifier le code]

La manécanterie (chapelle et trésor) de la Cathédrale Saint-Jean de Lyon.
  • Longueur totale intérieure : 80 m
  • Longueur du chœur : 20 m
  • Largeur de la nef centrale : 19,30 m
  • Largeur totale des nefs : 26 m
  • Hauteur du chœur : 24,30 m
  • Hauteur de la nef : 32,50 m
  • Hauteur des tours (façade) : 44 m
  • Horloge astronomique :
    • hauteur : 9,35 m
    • largeur : 2,20 m

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il est mentionné par Sidoine Apollinaire et a été partiellement mis à jour lors de fouilles en 1996[2].
  2. Ce tableau provient du couvent des Mathurins, à Paris, que Louis Petit fit orner de 1610 à 1647 de tableaux.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00117785 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a, b, c, d et e Reveyron, Durand & Repellin 2011, « Un chantier médiéval à étapes : XIIe ‑ XVe siècle »Le projet de Guichard de Pontigny (1165-1182), p. 56-57.
  3. Bruno Voisin, La Saône au cœur de Lyon : deux mille ans d'histoire qui ont fait la ville, Libel,‎ 29 août 2014, 176 p. (ISBN 978-2917659373, lire en ligne), « Unification de la ville et densification des rives : le bassin de Saône du XIIe au XIVe siècle », p. 71.
  4. Franck Thénard-Duvivier, Images sculptées au seuil des cathédrales : Les portails de Rouen, Lyon et Avignon (XIIIe ‑ XIVe siècle), Presses universitaires de Rouen et du Havre,‎ 2012, 348 p. (ISBN 9782877755238, lire en ligne), « La cathédrale Saint-Jean de Lyon », p. 71.
  5. Reveyron, Durand & Repellin 2011, « Un chantier médiéval à étapes : XIIe ‑ XVe siècle » , p. 61-62.
  6. Régis Neyret, Le livre de Lyon : Lugdunoscopie, Éditions Lyonnaises, 1995 (ISBN 978-2910979003)
  7. Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, t. II, Paris,‎ 1854, 544 p. (lire en ligne), « Cathédrale », p. 280.
  8. « Un homme fracasse l’horloge du XIVe sièclede la cathédrale Saint-Jean », sur Le Progrès (consulté le 25 mars 2013).
  9. Vitrail des fonts baptismaux de Lucien Bégule
  10. http://cathedrale-lyon.cef.fr/visite/horloge.html
  11. E. C., « Un homme fracasse l’horloge du XIVe siècle de la cathédrale Saint-Jean », Le Progrès,‎ 24 mars 2013 (ISSN 2102-6807, lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]