Primatiale Saint-Jean de Lyon

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Primatiale Saint-Jean de Lyon
Image illustrative de l'article Primatiale Saint-Jean de Lyon
Présentation
Nom local Cathédrale Saint-Jean
Culte Catholique romain
(rite lyonnais)
Type Cathédrale
Rattachement Archidiocèse de Lyon
Début de la construction 1175
Fin des travaux 1480
Style dominant roman
gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1862)[1]
 Patrimoine mondial (1998, 2011, au titre du Site historique de Lyon)[2]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Rhône
Commune Lyon (5e)
Coordonnées 45° 45′ 39″ N 4° 49′ 38″ E / 45.7607, 4.827345° 45′ 39″ Nord 4° 49′ 38″ Est / 45.7607, 4.8273  

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La primatiale Saint-Jean-Baptiste-et-Saint-Étienne (dite aussi, plus simplement, cathédrale Saint-Jean) est le siège épiscopal de l'archidiocèse de Lyon (France). Elle a rang de cathédrale et de primatiale : l'archevêque de Lyon (le titulaire actuel étant Mgr Philippe Barbarin, cardinal-prêtre de la Trinité des Monts) a le titre de Primat des Gaules.

Originellement, l'église a été consacrée sous le vocable de Saint-Étienne, tandis que son baptistère était consacré sous celui de Saint-Jean-Baptiste, mais, comme cela est fréquent (un exemple célèbre étant l'archibasilique Saint-Jean-de-Latran), le vocable du baptistère s'est ensuite appliqué dans la désignation courante. Au Moyen Âge, elle est située au centre d'un complexe ensemble d'église et d'autres bâtiments ecclésiaux, le groupe cathédral, qui comprend entre autres les églises Saint-Étienne et Sainte-Croix, détruites à la Révolution, ainsi que l'actuelle manécanterie.

Construite de 1175 à 1480, elle mélange le style roman et le gothique. Elle abrite une horloge astronomique du XIVe siècle.

Située au cœur du quartier médiéval et renaissant du Vieux Lyon dont elle est un des éléments marquants, elle est classée monument historique depuis 1862.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant l'actuel édifice[modifier | modifier le code]

Le nom de « cathédrale », c'est-à-dire église de l'évêque, ne commence à être donné qu'au Xe siècle. Avant, si l'église d'un diocèse possède une prééminence particulière, on parle plutôt de « domus divina » ou de « maxima ecclesia ». C'est le cas à Lyon, qui est une des premières villes de Gaule équipées d'un tel édifice, avec Trèves, Tours, Auxerre ou Clermont[3].

L'édifice de Patient[modifier | modifier le code]

La première « maxima ecclesia » est construite en 469 par Patient ou Patiens, évêque de Lyon entre 449 et 494, qui fait rénover l'église voisine Saint-Étienne ; il semblerait, d'après le témoignage de Sidoine Apollinaire, qu'elle était déjà dédiée à Saint-Jean-Baptiste, alors que son baptistère était dédié à Saint-Étienne. La « maxima ecclesia » est décrite ainsi : « Lédifice élevé brille, et il n'est déporté ni sur la gauche ni sur la droite, mais par le sommet de sa façade, il regarde de Levant au moment de l'équinoxe. [...] Au bâtiment est joint un triple portique, fier de ses colonnes en marbre d'Aquitaine. À son imitation, un second portique ferme l'atrium, et l'espace central est enveloppé d'une forêt de pierre par ses colonnes éloignées. [...] D'un côté, c'est le bruit de la route, de l'autre, c'est la Saône qui fait écho... »[4]. Cette église est détruite ou du moins fortement endommagée par les invasions sarrasines entre 725 et 737[5].

L'église de Leidrade[modifier | modifier le code]

Une nouvelle église est bâtie par Leidrade, dernier évêque de Lyon[note 1] au début du IXe siècle. Ce nouvel évêque, bavarois, est nommé expressément par Charlemagne pour restaurer une Église en déshérence, dont lui-même dit, dans un courrier adressé à l'empereur : « cette Église s'était alors trouvée appauvrie sous bien des aspects, spirituellement comme matériellement, dans ses célébrations, ses bâtiments et toutes les autres responsabilités de son clergé »[note 2]. Leidrade s'attaqua aux deux chantiers qu'ils jugeait prioritaires : tout d'abord, dans la lignée du cinquième concile d'Aix-la-Chapelle (817) réglant certains aspects de la vie des religieux, à la formation du clergé cathédral ; d'autre part, à la restauration ou la reconstruction des édifices religieux. En priorité, il fallait rebâtir la « maxima ecclesia ». Une de actions que l'évêque mène est particulièrement parlante sur l'état du culte lyonnais avant son arrivée : il fait bâtir une palissade (« maceria ») autour de son église, afin que les animaux n'y pénètrent pas[6].

Leidrade en dit : « maximam ecclesiam que est in honoremsanctis Johannis Baptistea novo operuerim et maceria ex parte erexerim » (« J'ai ainsi recouvert à neuf la grande église de cette cité dédiée à Saint Jean-Baptiste et j'ai relevé en partie les murs de clôture »). Les textes médiévaux et les fouilles récentes indiquent un édifice assez important pour les techniques architecturales d'alors, doté d'une nef de probablement plus de dix mètres de largeur. Elle était tout entière contenue dans l'actuelle cathédrale. Il est probable que c'est à cette époque que le baptistère, tombé en désuétude depuis que le baptême est donné essentiellement à des enfants, est remplacé par l'église Saint-Étienne, que Leidrade restaure également[7].

Sous Leidrade, grâce au concours de Charlemagne, la cathédrale s'enrichit de reliques des saints Cyprien (évêque de Carthage), Spérat (martyr sicilien) et Pantaléon de Nicomédie (médecin à la cour de l'empereur Maximien) ; enrichie matériellement, a « grande église » gagne surtout un prestige spirituel considérable. Devenant de ce fait une église du peuple, elle se fait iconographique, afin de transmettre par l'Évangile par la décoration, de manière pédagogique. Ces décorations consistent en de nombreuses et vastes mosaïques, la plupart réalisées sous Agobard[8].

L'édifice carolingien de Leidrade reçoit un clocher au XIe siècle, offert par le doyen Fredaldus, mais on ne sait pas s'il s'agit d'un clocher-porche ou d'une tour de croisée. Entre 1064 et 1083, le doyen Richo conduit le réfection du toit et la consolidation d'un mur qui est doublé. Enfin, l'église désormais nommée cathédrale est décorée d'autres mosaïques (sur le sol de l'abside) et de plaques de marbre (sur les bancs du clergé) par l'archevêque Gaucerand[9].

Construction de la cathédrale actuelle[modifier | modifier le code]

Plan du complexe épiscopal mérovingien.

La cathédrale s'élève sur l'emplacement de l'ancien complexe épiscopal d'époque mérovingienne dont on a pu se faire une idée assez précise grâce aux écrits de Sidoine Apollinaire et aux fouilles menées sur le site lui-même.

L'emplacement de l'édifice : une source de conflits[modifier | modifier le code]

Un conflit entre l'archevêque et le chapitre éclate au moment de la construction de la nouvelle cathédrale : les chanoines ont élu comme archevêque Dreux de Beauvoir, clunisien. Le pape Alexandre III impose alors à Lyon un cistercien, Guichard de Pontigny. Tout oppose les deux hommes : l'un est rallié à l'empereur et à l'antipape Victor IV, l'autre est l'homme du pape ; le premier aime le faste et la liturgie pompeuse de Cluny, l'autre l'austérité bernardine ; Dreux est issu du chapitre lyonnais et fait tout pour le favoriser, Guichard est au contraire envoyé par le pontife pour réformer le chapitre et lui redonner une simplicité plus proche de sa vocation initiale[10].

L'extension programmée de la cathédrale doit logiquement se faire à l'ouest, du côté de la colline, pour plusieurs raisons. Premièrement, le terrain du côté de la Saône, à l'est, est en pente continue et ne se prête guère à l'établissement d'une vaste plateforme qu'il faut nécessairement remblayer. Plus grave, ce terrain oriental n'est composé que d'alluvions déposées par la rivière le long du mur de protection construit au IVe siècle, et accumulées là depuis huit cents ans. Enfin, ces terres ne sont pas entièrement vierges, car elles sont empruntées par une voie de communication nord-sud, qu'un bâtiment plus vaste couperait[note 3]. Pour toutes ces raisons, l'extension est prévue à l'ouest par Guichard. Mais le chapitre s'y oppose. Si les raisons officieuses sont évidentes (conflit ouvert du chapitre avec un archevêque qui déplaît), elles ne peuvent être officiellement déclarées. Un atrium gallo-romain est situé sous l'actuel parvis[note 4]. Cette cour à portique, dont restait au XIIe siècle la galerie orientale, passe alors pour avoir eu à l'époque paléo-chrétienne une fonction funéraire. Les chanoines se fondent sur cette présence de tombeaux chrétiens pour décréter qu'il est impossible de construire la nouvelles cathédrale plus à l'ouest[10].

La construction du chevet, prouesse technique et difficultés[modifier | modifier le code]

Gravure de Nicolas Langlois, montrant Lyon à la fin du XVIIe siècle. La très faible distance entre le chevet de la cathédrale et la Saône y est bien visible.

Guichard plie : le chevet de la nouvelle église est donc situé à une vingtaine de mètres plus à l'est que l'ancien. Juridiquement, par contre, ce décalage ne présente aucune difficulté : en effet, les terrains gagnés sur le fleuve, nommés « créments » ou « lônes », relèvent juridiquement de la puissance publique. Or celle-ci est représentée par l'archevêque, en vertu de la bulle d'or de 1157. En 1175, l'opération de renforcement de la berge, très coûteuse, est lancée : il s'agit de renforcer le terrain instable par des pieux plantés dans les alluvions, afin d’accueillir le nouveau chevet[10], construit en réutilisant les grandes pierres de choin provenant du forum romain[12].

La construction de la nouvelle cathédrale est un chantier complexe : en effet, elle doit être effectuée tout en maintenant en permanence le culte dans la cathédrale existante. Au fur et à mesure, l'ancien édifice est donc déposé pendant que le nouveau est élevé sur le même emplacement (ce qui est appelé chantier homotopique). Le processus est à ses débuts facilité par la largeur de la nouvelle cathédrale, qui englobe complètement l'ancienne. Dans un second temps, lorsqu'il s'agit d'élever les colonnes supportant la structure, et notamment dans la nef, en revanche, la cathédrale présente durant le chantier un aspect hybride, résultant de la juxtaposition des deux bâtiments sur un seul site. La cathédrale en chantier, malgré son inachèvement, accueille toutefois le Premier et le deuxième concile de Lyon en 1245 et 1274, le couronnement de Jean XXII en 1316 ; entre 1244 et 1251, c'est l'église du pape (alors Innocent IV), qui demeure à Lyon durant près de sept ans[13].

La construction de la cathédrale, d'ailleurs, est ralentie pour partie par le manque de ressources, mais aussi pour partie par ce conflit latent entre archevêché et chapitre, et dure tout le XIIIe siècle[14]. Par exemple, la tour nord du tansept, dite « Saint-Thomas » est construite en priorité, car les chanoines ont besoin des cloches qu'elle abrite pour marquer leurs temps de prière quotidiens. Aussi les chanoines pèsent de leur influence et de leur financement pour qu'elle soit bâtie dès l'épiscopat de Pierre de Savoie (1308-1322). La tour sud, dite « de la Madeleine », privée de ce financement et de cette réclamation, n'est terminée qu'un siècle plus tard, et elle ne comporte pas de cloche[15].

Des accidents ont également lieu : le différentiel de résistance entre le terrain renforcé, mais encore trop meuble, et les assises pierreuses du quartier ancien, provoquent une catastrophe à une date inconnue, durant la première moitié du XIIIe siècle : sous le poids des choins, le terrain s'affaisse ; le chœur est brisé, l'abside pivote vers le sud en arrachant les maçonneries. La fracture remonte jusqu'au clair-étage du chœur et à la croisée du transept. Des réparations entreprises immédiatement permettent de sauver la rose orientale, mais le choc est tel quel les murs des chapelles latérales, épais d'un mètre quarante, sont brisés. Cet accident et cette faiblesse du sol nécessite encore des réparations au XVe siècle et jusqu'en 1989[10].

La construction a commencé à partir du XIIe siècle par le mur du cloître sur une crypte plus ancienne[16].

Les matériaux utilisés[modifier | modifier le code]

Intérieur de la primatiale. Au fond, les voûtes romanes en pleine cintre du triforium sont bien visibles, tandis que les voûtes de la nef sont clairement gothiques.

Les pierres utilisées aux débuts de la construction sont des choins[note 5], pris directement sur les édifices romains (en particulier le théâtre et l'odéon) et descendus de la colline de Fourvière par la montée du Gourguillon. Ces grosses pierres constituent le chœur et le chevet de la cathédrale. Face à l'épuisement des ressources antiques, d'une part, et au changement de style imposé par Renaud de Forez, d'autre part, la pierre de Lucenay, extraite dans les Monts d'Or[note 6], est employée : il s'agit d'un calcaire de dureté moyenne, mais qui durcit avec le temps. Ces pierres sont chargées près d'Anse sur des bateaux qui descendaient la Saône et déchargeaient au sud du cloître cathédral[18].

Le choix de ces carrières répond bien sûr à une logique de simplicité — aller chercher les matériaux les plus solides et les plus faciles à amener au chantier — mais aussi à certains intérêts : en effet, le site gallo-romain comme la carrière de Lucenay sont propriété du chapitre cathédral, qui a pu peser dans le choix des pierres à utiliser[18].

Aux débuts de la construction, c'est un édifice roman qui est envisagé par Guichard de Pontigny. En conséquence, le choin est poli et non taillé, technique appréciée dans l'architecture romane mais considérée comme obsolète à l'époque du gothique. Ces pierres sont utilisées dans le chœur jusqu'au niveau du triforium, mais dans le transept et les murs gouttereaux des premières travées des bas-côtés seulement jusqu'à une hauteur de quatre mètres. Les quatre piliers d'angle de la croisée du transept sont en choin jusqu'au niveau du clair-étage[18]. Au même moment, la construction est amorcée côté ouest, sur la future façade de l'édifice, qui est située un peu plus à l'ouest que la façade existante. Mais ce chantier avance logiquement beaucoup plus lentement, et le choin est abandonné alors que les éléments construits (quatre piles) ne sont construites que sur environ deux mètres. L'exception est la pile engagée du bas-côté sud, construite jusqu'au chapiteau en choin, afin d'assurer un contreventement efficace du cloître qu'elle jouxte (c'est-à-dire à l'emplacement de l'actuelle manécanterie )[19].

Le passage du roman au gothique[modifier | modifier le code]

Plan au sol de la cathédrale, dressé par Lucien Bégule d'après les relevés de l'architecte Tony Desjardins. Les différentes époques de construction y sont bien visibles.

Si les deux premiers archevêques (Guichard de Pontigny et Jean de Bellême) qui mènent le chantier ont prévu un édifice roman, leur successeur Renaud de Forez prévoit de construire en s'inspirant notamment des cathédrales gothiques de Genève et de Lausanne. La future cathédrale Saint-Jean s'adapte donc en cours de réalisation. Au moment de la transition, le sanctuaire est élevé, mais pas encore voûté, sauf les chapelles latérales du chœur[20]. En effet, les constructeurs de l'édifice roman ont procédé par étapes : élevant les murs du sanctuaire jusqu'à la hauteur des premières baies, ils abandonnent ensuite cette partie de l'église pour travailler sur la chapelle méridionale du chœur, bâtie jusqu'à la voûte ; ensuite, c'est le tour de la chapelle septentrionale d'être réalisée. Il semblerait que la raison de ces changements ne soit pas d'abord constructive (attendre que le jeu des éléments s'atténue par tassement pour stabiliser la construction) mais d'abord liturgique, la chapelle du sud ayant une importance particulière[21].

L'ancien évêque de Poitiers Jean Belles-mains préside aux travaux de voûtement des chapelles ainsi qu'à la mise en place de la galerie du triforium, toujours de style roman, qui passe au-dessus de l'abside, du chœur et des deux chapelles adjacentes. C'est alors que sont déployées les premières croisées d'ogives et que le choin fait place à la pierre de Lucenay : l'ogive est déployée pour la première fois dans les chapelles, mais la technique n'en est pas encore maîtrisée : les voûtains ne s'appuient pas sur les ogives, celles-ci traversent la maçonnerie et dépassent dans les combles. Une des hypothèses justifiant ces procédés de construction mal maîtrisés serait que Jean, évêque de Poitiers, aurait amené avec lui lors de sa nomination à Lyon des artisans et maîtres ayant l'habitude de travailler selon les procédés en vigueur en Poitou et en Anjou. Or, la cathédrale de Poitiers est de style gothique angevin, très éloigné des standards alors développé en Île-de-France, où les ogives sont portantes et non bombées[22].

Au moment du basculement au style gothique, la cathédrale est un bâtiment composite, comprenant une large abside romane, encore non voûtée, des chapelles voûtées en ogives selon une technique encore immature, et une petite nef carolingienne datant de Leidrade, entourée des bases de colonnes des premières (à l'ouest) et dernières (à l'est) travées de la nouvelle nef. Il est facile de dater quels travaux sont effectués en premier, la production des divers éléments concernés étant en effet facile à rapprocher de ce qui se fait dans les deux modèles imités (Genève et Lausanne). Le premier chantier est la couverture complète du sanctuaire, afin de le mettre hors d'eau pour que le culte puisse y être célébré. Concomitamment, les murs fermant, au sud et au nord, les collatéraux sont élevés jusqu'au triforium. Les colonnes supportant la nef centrale, pour leur part, s'élèvent beaucoup plus lentement, la proximité de l'ancienne église gênant leur construction[23].

Plan, dressé en 1936 par l'architecte Gabriel Mortamet, représentant le chœur de la primatiale, surimposé au plan de l'ancienne basilique.

Dans un second temps, les piliers amenés à supporter la voûte centrale sont élevés, à commencer par les travées les plus proches du chœur. Les chapiteaux cessent de ressembler aux modèles helvétiques pour prendre des formes inspirées de ce qui est réalisé dans le Bassin parisien vers 1240. Le chœur, à l'inverse de ce qui est observable au Mans, est plus bas que la nef[24], ce que l'architecte compense en réalisant une rosace donnant de la croisée du transept vers l'est, au-dessus du chœur. Le chantier est mené en parallèle depuis le chœur et depuis la façade. C'est à cette époque que la nef acquiert sa forme caractéristique, du fait de ce double chantier : un décalage apparaît, ce qui oblige les constructeurs à le compenser par une double brisure de l'axe de l'édifice ; cette déviation est encore visible aujourd'hui, surtout dans le triforium beaucoup plus étroit. Dès le XIIIe siècle, des explications exégétiques (notamment de Guillaume de Mende) viennent donner un sens symbolique à cet incident de construction : la double brisure de l'axe évoquerait l'inclinaison de la tête du Christ sur la croix, telle que le rapporte l'Évangile selon Jean[25]. Ces explications, pour intéressantes qu'elles soient sur un plan symboliques, ne justifient pas sur un plan technique cette brisure, qui n'est imputable qu'à une erreur initiale de construction[26]

La finition du transept et les travées de la nef[modifier | modifier le code]

Gravure du XVIe siècle, dite « anonyme Fabriczi », qui montre le quartier Saint-Jean et en particulier la cathédrale.

Au XIIIe siècle, le financement de la cathédrale se fait plus fluctuant. Durant l'épiscopat de Philippe Ier de Savoie, peu intéressé à la construction de la cathédrale, la situation s’améliore pourtant : en effet, c'est à cette période (1244-1251) que le pape Innocent IV est installé à Lyon. Selon l'adage romain, « ubi papa, ibi Roma » (« Là ou est le pape se trouve Rome ») : en tant qu'éphémère capitale de la chrétienté, Lyon se doit d'avoir une cathédrale digne de ce nom. Innocent finance la construction par la vente d'indulgences, mais surtout par une grande compagne pontificale de quête menée en France, en Bourgogne et en Angleterre. La révolte bourgeoise de 1267-1270 interrompt les travaux. Le chapitre, le cardinal Jean de Talaru et Philippe de Thurey fournissent le financement à la fin du XIIIe siècle[15].

Ces apports permettent, dans un premier temps, de bâtir la rosace sud du transept (1235-1240) et celle du nord (1240-1250). Puis le triforium est achevé et le clair-étage construit. Le long de la nef, trois types de baies sont posées. Le premier type est mis en place sur la façade nord de la quatrième travée double. Le deuxième type (celui que paient les interventions financières du pape) sur la façade sud de la même quatrième travée, la troisième travée et la moitié est de la deuxième travée. Le troisième type est déployé dans la moitié ouest de la deuxième travée et correspond aux fenêtres à remplages[15].

La première travée double de la nef est, quant à elle, bâtie entre 1308 et 1415, c'est-à-dire que sa seule construction est aussi longue que la construction de tout le reste de l'édifice. Le maître d'œuvre de la finition de la façade est Jacques de Beaujeu : c'est notamment lui qui réalise la grande rosace de la façade occidentale, dont les vitraux sont conçus et réalisés par Henri de Nivelle. Il travaille également à la construction du cloître du chapitre à partir de 1419. Le décor sculpté de la façade, pour sa part, est encore plus tardif, et mis en place en 1481. Les trois sculptures qui ornent le pignon, posée à la même date, sont des œuvres d'Hugonin de Navarre. Elles représentent respectivement Dieu le Père (statue du sommet du pignon), Marie et l'archange Gabriel (statues du pied du pignon)[15].

Les chapelles funéraires latérales sont bâties durant le XVe siècle. Celles s'ouvrant sur le bas-côté méridional sont, depuis la plus orientale vers la plus occidentale : la chapelle Saint-Raphaël (construite avec le soutien du doyen Claude de Feugère en 1494 et remaniée au XVIIIe siècle), celle du Saint-Sépulcre (d'une longueur de deux travées du collatéral, élevée par l'archevêque Philippe de Thurey en 1401), enfin celle des Bourbons, de style gothique flamboyant, également longue de deux travées. Cette dernière est élevée par Charles II de Bourbon, primat des Gaules et cardinal, et est conçue comme une chapelle funéraire à l'attention de sa famille. Les travaux, commencés en 1480, s'achève au début du siècle suivant, menés par le cardinal puis par son frère le duc Pierre II de Bourbon[27]. La chapelle des Bourbons est ornée de vitraux réalisés par le maître verrier Pierre de Paix, qui succède à Jean Prévost dans le poste de verrier attitré de la primatiale[28].

Du côté septentrional, les chapelles sont (d'est en ouest) : celle de l'Annonciade, bâtie en 1496 par le custode Pierre de Semur ; la chapelle Saint-Michel, financée par le custode Jean de Grôlée en 1448 (longue d'une travée et demie) ; enfin, la chapelle dédiée aux saints Jean-Baptiste, Austregille et Denis[27].

La période classique, des guerres de religions à la Révolution[modifier | modifier le code]

La cathédrale Saint-Jean au XVIIe siècle, gravure d'Israël Sylvestre.

Les guerres de Religion : dégâts et reconstructions[modifier | modifier le code]

En 1562, durant les guerres de religion, la cathédrale est dévastée par les troupes calvinistes du baron des Adrets. Le jubé est abattu, de nombreuses statues détruites. La priorité pour les chanoines est la reconstruction du jubé. Devant l'absence de moyens et le peu d'assurance dans l'avenir, un ouvrage provisoire de maçonnerie est bâti en 1573. Ce n'est qu'en 1581 que le chapitre fait appel à Jean Valette pour reconstruire un jubé dans le goût de l'époque (le portique est d'un style imitant l'ordre corinthien). Comme le précédent, ce jubé ne se contente pas d'être un simple mur posé entre les deux piliers de la deuxième travée de la nef : ses sept arcades, longues de 10,4 mètres supportent une tribune large de 2,6 mètres et haute de 3,9 mètres. Sur ces sept arcades, seule celle du centre permet le passage : les autres abritent des petits autels dédiés aux deux saints votifs de la cathédrale, Étienne et Jean-Baptiste. Les escaliers menant à la tribune son situés du côté des chanoines. La tribune ne sert pas qu'à contempler le chœur durant la liturgie canoniale, elle sert également de lieu d'exposition du Saint Sacrement pour l'adoration eucharistique[29].

Les aménagements et restaurations durant l'absolutisme[modifier | modifier le code]

C'est aussi durant cette période que sont construites les deux dernières chapelles du côté septentrional : celle de Notre-Dame et celle de Saint-Antoine. D'importants travaux de consolidations sont également menés par les chanoines, nécessités par des infiltrations venues de la galerie extérieure et qui menacent la partie inférieure de la façade[30]. En effet, la particularité de la façade de Saint-Jean est de comporter une galerie, située juste au-dessus des trois portails, large d'environ un mètre et demi et parcourant la totalité de la construction. Cette galerie s'appuie sur un mur inférieur épais de trois mètres, dont l'étanchéité n'est alors assurée que par des dalles de pierres légèrement inclinées, jointoyées avec un ciment artisanal et peu étanche. Les infiltrations d'eau qui se produisent immanquablement provoquent fissures et descellements. Le 23 novembre 1697, les chanoines confient la restauration et la sécurisation de la façade à l'architecte autoproclamé Jean Saquin, qui s'offre le concours d'Hodet et Dondain, sous la direction de Chavagny. Leurs efforts sont insuffisants et, en 1706, le chapitre fait appel à Jean de la Monce. Celui-ci préconise une réfection totale en deux tranches, tout en respectant le style gothique, considération très rare à l'époque : « la reconstruction se fera tout à neuf lesdits plafonds frizes architraves seront profilés suivant son ordre gothique et tels qu'ils sont actuellement avec sculpture et ornement »[30].

Entre 1752 et 1756, une autre modification de la façade est réalisée. Le linteau de l'ancien portail central était soutenu par un meneau portant une statue de Jean le Baptiste. Or les tympans des trois portails ainsi que cette statue avaient été fortement endommagés par la guerre en 1562, les portes défoncées. Le chapitre décide de mettre à profit ces destructions pour réaménager l'entrée principale : ce qu'il reste de la statue est déposé, le meneau est supprimé et remplacé par un arc surbaissé qui soutient le linteau ; les nouvelles portes sont également installées[31].

Au milieu du XVIIIe siècle, un autre grand chantier est mené à l'intérieur de l'édifice : le blanchiment de toutes les surfaces, que des siècles de combustion de cierges ont noircies. Les deux tiers de ce blanchiment sont assumés financièrement par l'archevêque. L'opération de ravalement est confié à des blanchisseurs italiens ou savoyards d'origine italienne, qui se sont spécialisés dans ce type d'opération. Le brossage de la suie est effectué avec des balais de « petit houx », sans endommager ni les[...] où il y en avait anciennement ni les statues ni les vitraux. Dans un second temps, le cahier des charges des chanoines précise que « les lunettes [voûtains situés entre les nervures] seront blanchies en couleur de pierre neuve en donnant aussi une couleur un peu plus foncée aux arêtes ou liernes des voûtes. De plus, feront revivre la dorure tant des clefs desdites voûtes que des autres endroits ». En bref, les chanoines commandent une restauration à l'identique de la cathédrale médiévale[32].

Les troubles révolutionnaires et les hâtives restaurations sous l'Empire[modifier | modifier le code]

Entre 1791 et 1793, l'évêque Lamourette ordonne la modification du chœur. Il fait notamment détruire le jubé. Avant cette restauration, le siège de l'évêque était situé au fond de l’abside de la cathédrale[33].

Pendant le siège de Lyon, en 1793, la cathédrale est endommagée ; elle est ensuite utilisée comme temple du Culte de la Raison et de l'Être suprême. Elle est surtout fortement délaissée et se dégrade rapidement. Des premiers travaux sont réalisés sous l'Empire, en particulier pour préparer le passage de Pie VII venant assister au sacre de Napoléon. Ces premiers travaux, terminés en novembre 1804, sont exécutés sous la direction de Toussaint-Noël Loyer, puis de Claude-Ennemond Cochet et de Louis Flachéron. Ils consistent en la réfection d pavé des trois nefs, la construction d'un nouvel autel, l'installation de stalles et de grilles, venant les unes et les autres de l'abbaye de Cluny détruite par les révolutionnaires[34].

Les restaurations du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Photographie en noir et blanc de la façade d'une cathédrale, vue de biais. Entre les deux tours de façade, un haut pignon triangulaire, que la toiture située derrière n'épouse pas.
Vue de la façade de la cathédrale entre 1838 et 1843 (photographie d'Hippolyte Leymarie) : le hiatus entre le pignon haut et la toiture basse y est bien visible.

L'état des lieux et les premiers travaux : 1815-1848[modifier | modifier le code]

Des débuts de la Restauration à l'avènement de la Deuxième République, une certaine latitude est laissée à l'archevêque pour ce qui est du choix de l'architecte diocésain. Sa mission est d'ailleurs également à géométrie variable, se calquant plus ou moins sur celle d'architecte des bâtiments civils et palais nationaux. Cette période correspond à peu près au mandat d'Antoine-Marie Chenavard, nommé le 28 janvier 1819 est révoqué en février 1842. Comme nombre de ses contemporains (il est né en 1787), Chenavard est un fervent adepte du classicisme qui se laisse peu à peu imprégner par l'engouement pour l'architecture médiévale. Mais, durant les premières années de son mandat, fort occupé sur d'autres chantiers importants de la région, l'architecte se désintéresse de Saint-Jean. Les seules réalisations de ces premières années sont des travaux mobiliers (aménagement de la chapelle du Sacré-Cœur), qui ne suscitent guère l'approbation des contemporains : Chenavard y mêle styles antique et roman. Il n'aborde les travaux importants qu'en février 1832, rédigeant un devis concernant la réfection de la couverture du chevet et des sculptures qui le couronnent, la reprise des arcs-boutants, enfin la réfection du dallage du parvis. Les tuiles creuses couvrant le chœur sont remplacées par un mastic bitumineux plus étanche permettant de mettre fin aux nombreuses infiltrations. Les travaux, exécutés entre 1832 et 1836, permettent d'alléger la couverture de près de cent vingt mètres cubes de gravats[35].

Le second chantier lancé par Chenavard, en septembre 1836, est la restauration des vitraux du chœur, réclamée depuis 1824 par l'administrateur apostolique Jean-Paul-Gaston de Pins. Il envisage la réfection des sept fenêtres basses (sous le triforium), et la reprise des fenêtres hautes. C'est cette dernière qui pose problème, ainsi que le remplacement des vitraux de la rosace orientale (située au-dessus de la croisée du transept). Même si l'architecte affirme faire des copies exactes des vitraux endommagés, et ne remplacer les verrières manquantes par de nouveaux ouvrages qu'avec la plus grande prudence, sa proposition suscite méfiance. Ainsi, le ministre des Cultes écrit-il : « on pourrait croire que M. Chenavard n'attache pas plus de prix à ces anciennes verrières qu'à des panneaux de verre blanc ». À la suite de ce courrier, les travaux sur les vitraux sont aussitôt ajournés[35]. Le maître-verrier choisi, Émile Thibaud, de la manufacture de Clermont-Ferrand, avait en effet pris de larges libertés avec la composition et l'iconographie des verrières. Ainsi, pour la verrière de saint Cyprien (baie no 6), interprétant faussement les images, l'artiste représente les saints Pothin et Irénée. La faiblesse du nuancier de couleurs de l'œuvre restaurée et un style beaucoup plus sec que le style médiéval originel sont également reprochés à Émile Thibaud[36].

En avril 1838, l'architecte entreprend, sans autorisation, les badigeonnage des voûtes des nefs. Un enduit de couleur rouge avait été appliqué à la fin du XVIIIe siècle sur les voûtes, nervures et encadrements des fenêtres hautes. L'intention d'Antoine Chenavard est de le faire disparaître, tout en masquant des taches de salpêtre et en colmatant des lézardes. Mais la teinte jaune qu'il choisie suscite la réprobation générale, et l'administration fait immédiatement cesser les travaux. Le cardinal de Bonald, nommé évêque de Lyon en 1839, grand amateur de l'architecture médiévale et fervent partisan du néogothique, préconise le limogeage de Chenavard et son remplacement par Pierre Bossan, en invoquant l'agenda chargé de l'architecte diocésain ; le préfet du Rhône accède à son désir le 9 mars 1842 et démet Chenavard du chantier de l'édifice, ce qui entraîne sa démission le jour même. Le seul chantier dont la cathédrale actuelle garde le souvenir visible est la chaire, réalisée en 1839, et dont le style oscille entre gothique flamboyant et Renaissance[35].

Tout l'échec de la restauration de la cathédrale en cette première moitié du XIXe siècle n'est pas à mettre sur le compte de Chenavard. Le manque de crédits est, lui aussi, criant. La réfection totale des toitures du comble est ainsi reportée indéfiniment, ainsi que celle de la couverture de l'abside. À résumer les actions de cette période, on peut dire qu'elle consiste surtout à effacer les traces du XVIIIe siècle, sans pour autant restituer à la cathédrale son aspect pré-révolutionnaire (le jubé, par exemple, n'est jamais reconstruit)[35].

La « cathédrale idéale » de Tony Desjardins[modifier | modifier le code]

À partir du 10 décembre 1845, l'architecte Tony (Antoine) Desjardins, nouvel architecte diocésain (qui est aussi, à partir de 1854, architecte en chef de la ville de Lyon), étudie avec Pierre Bossan une restauration de la cathédrale. Un premier devis pour une restauration générale est accepté par le conseil des bâtiments civils le 6 août 1846 ; un second document, sorti le 12 janvier 1847, propose le phasage des travaux en deux tranches : le chœur et les chapelles latérales[37].

Le projet de Desjardins n'est pas une simple restauration : il s'agit de donner à la cathédrale une esthétique gothique harmonisée, incluant des transformations de l'apparence de celle-ci, et donc d'achever ce que le Moyen Âge n'a pas compléter. En particulier, Saint-Jean est dotée en façade d'un haut pignon triangulaire, derrière lequel la charpente de la toiture forme un triangle beaucoup plus bas, surbaissé. Le projet de Tony Desjardins est de réaliser une toiture qui soit dans l'alignement du pignon. D'autres « embellissements » sont projetés : réfection des chéneaux d'écoulement des eaux pluviales, de manière à couvrir les murs des basses-nefs ; remplacer la balustrade du chevet, ainsi que le couronnement de l'abside. Mais, en ce qui concerne ces derniers, ils sont tous rejetés systématiquement par l'administration des Bâtiments civils, qui exige que Desjardins se cantonne à « la restauration pure et simple de ce qui existe ». Le devis de 1849 est estimé par l'architecte à 503 782,25 francs, approuvé par Félix Esquirou de Parieu, ministre de l'Instruction publique et des Cultes, le 8 avril 1850. Cette charpente est réalisée entre 1855 et 1861[37].

Un autre des projets de Tony Desjardins, dans la lignée d'Eugène Viollet-le-Duc et de sa « cathédrale idéale », est de doter Saint-Jean d'une flèche au-dessus de la croisée du transept et de deux autres sur les clochers qui flanquent le chœur. L'idée est de faire ressembler Saint-Jean aux cathédrales gothiques du Bassin parisien[38],[37].

Les travaux de la « cathédrale idéale » : 1849-1862[modifier | modifier le code]

La cathédrale en 1890, après la restauration de Tony Desjardins. La plus visible des différences par rapport à l'état initial et l'état actuel est le rehaussement de la charpente, qui donne aux toitures cette forte pente.

Mgr Bonald, alors archevêque de Lyon, soutient voire inspire le projet, « son intention [étant], plus tard, de remplacer par des flèches l'ignoble chapeau des deux tours ». Ces tours n'auraient pas été construites en maçonnerie de pierre : comme on l'a vu, les tours orientales sont construites sur des alluvions, ce qui les rend inaptes à porter le poids considérables de l'ajout : les tours auraient été des charpentes couvertes en ardoise. Le comité des inspecteurs des édifices diocésains approuve également l'exécution de ces travaux. Il faut dire également qu'une certaine compétition entre diocèses, entre cathédrales, et donc entre architectes, existe. Cependant, cet engouement pour des formes idéalisées de l'architecture médiévale a aussi ses opposants. Ils finissent par obtenir gain de cause : la cathédrale est ensuite classée à l'inventaire des monuments historiques (en 1862). En effet, les opposants aux divers projets espèrent figer la cathédrale dans la configuration d'alors et empêcher tous travaux supplémentaires. Le rehaussement de la toiture, lui aussi, est jugé avec sévérité. Léon Vaudoyer, membre du comité des inspecteurs des édifices diocésains, estime que face à ce hiatus, deux solutions seulement étaient possibles : démolir le pignon isolé et le remplacer par une décoration quelconque, « une galerie par exemple réunissant les deux clochers, ou une simple balustrade », option considérée comme irrecevable, ou laisser le pignon avec la toiture en l'état[37].

Les divers travaux ont leurs thuriféraires comme leurs contempteurs ; les premiers, au sein notamment de la Revue du Lyonnais, estiment que « le style des deux tours exige absolument des flèches ou des terrasses au lieu de ces horribles toits à chapeaux qui les surmontent actuellement ». Les seconds, parmi lesquels on compte Joseph Bard ou l'architecte Charles Savy, sont très critiques ; le premier dénonce en 1846 l'engouement excessif pour l'architecture médiévale de ceux qui « poussent jusqu'au fanatisme et à la superstition, jusqu'au délire l'amour effréné du gothique » ; le second estime en 1861 que le choix effectué à Lyon est le mauvais, et qu'il aurait mieux valu imiter ce qui s'est fait à Saint-Maurice à Vienne ; il s'inquiète de ce que « la toiture aiguë que l'on vient d'élever si inconsidérément sur la grande nef va nécessiter forcément le relèvement de tous les clochers ». Savy finit même par interpeller Viollet-le-Duc, qui, selon lui, a trahi l'esprit de son propre manifeste de 1843. Eugène Jouve, journaliste du Courrier de Lyon, publie deux articles les 5 et 7 octobre 1856, où il se demande s'il n'aurait pas été préférable de relever la voûte du chœur au niveau de celle de la nef, mais en admettant que ces lourdes modifications auraient nécessité le remplacement des fenêtres hautes par de vastes baies gothiques semblables à celles de la nef[37].

Outre ces modifications d'aspect que l'on peut effectivement trouver contestables, et de toute manière ne correspondant pas à l'aspect médiéval de la cathédrale, l'aspect le plus criticable de ces travaux est qu'ils sont réalisés au détriment de l'entretien normal de l'édifice, en particulier de ses parties hautes[37]. Dans les années 1880, la pénurie budgétaire redirige la totalité des investissements publics vers l'espace urbain ; la restauration des édifices religieux est laissée aux fabriques paroissiales, et seuls les travaux urgents peuvent donc être réalisés. Ainsi, en 1855, le verrier Antoine Lusson crée des vitraux dans la cathédrale[39] En 1879, de nouvelles grilles sont installées devant la façade principale, puis devant les chapelles latérales. Le 13 juin 1881, la restauration de la partie supérieure de la façade, proposée par l'architecte Paul Abadie est approuvée, pour un devis de 56 863,25 francs ; ce dernier en profite pour toiletter les deux tours occidentales, ainsi que la grande rosace de la façade. Mais en 1887, les crédits étant épuisés, les travaux s'arrêtent[40].

La réfection de la galerie extérieure est entreprise en 1890, par Paul, fils de Tony Desjardins, travaux poursuivis entre 1894 et 1896 par Henri Révoil. Ce dernier, de son côté, insiste auprès de l'archevêché pour poursuivre la restauration de la façade, travaux qui débutent en 1888. Il poursuit ce chantier par un travail sur le porche et le parvis en 1896 ; en 1897, il plaide pour la restauration de la tour sud ; entre 1901 et 1905, il conduit la nouvelle couverture d'ardoise de la nef[40]. Cela n'empêche pas les projets d'embellissements : un nouveau projet de flèche se fait jour en 1884 sous le crayon de l'architecte Jules-Henry Monnier, puis en 1899 sous celui de Rogatien Le Nail ; enfin, Joseph Berger tente au début du XXe siècle de reconstituer le tombeau du cardinal de Bourbon et la chapelle du même nom. Mais rien n'est réalisé hors les restaurations[37].

Destructions et restaurations des XXe et XXIe siècles[modifier | modifier le code]

Travaux de 1936 dans la primatiale, mettant à jour les fondations de l'ancienne basilique.

Dans la nuit du 12 au 13 novembre 1930, le glissement de terrain connu sous le nom de catastrophe de Fourvière, qui fait une quarantaine de victimes dans la rue Tramassac, attire soudainement l'attention des pouvoirs publics sur le quartier Saint-Jean : les travaux d'assainissement du XIXe siècle n'ont que peu touché ce quartier ; des projets d'embellissement et de mise en valeur de la primatiale sont envisagés. Les premières démolitions commencent en 1931 le long du bas-côté septentrional, puis suspendus jusqu'en 1936. Puis les anciennes écuries du palais Saint-Jean, qui touchaient à l'abside, sont démolies pour dégager le chevet[41].

Durant ce siècle, la toiture de la nef continue de faire polémique : l'architecte Jean Gélis, ayant restauré la tour de la Madeleine entre 1931 et 1938, dégagé le bas-côté sud et remis à neuf la rosace en en 1936, propose en décembre 1937 au préfet du Rhône le remplacement des ardoises par des tuiles, surtout dans un but d'harmonisation : « il y a lieu de regretter cette toiture, dont les dimensions et la couverture en ardoises font tache au milieu d'un des plus beaux paysages de Lyon, composé de toitures basses à lignes horizontales... ». Il se trouve que le faîtage est en mauvais état ; se fondant sur cette dégradation, Gélis peut faire démolir le comble en 1940 et le reconstruire suivant l'ancienne pente entre 1941 et 1942[42].

Le chœur est restauré dans sa disposition médiévale entre 1935 et 1936. Lors de ces travaux très lourds, des fouilles sont effectuées sous le transept et exhument les fondations de l'ancienne basilique

Lors de la libération de Lyon en septembre 1944, une partie des vitraux ont été détruits.

La façade est ravalée en 1982 et en 2011.

Les restaurations des sculptures continuent de nos jours. En particulier, en 2005, quatre gargouilles du chevet sont remplacées ; elles avaient été posées en 1989-1990, mais les fixations des projecteurs mis en place par la ville de Lyon les avaient endommagées. En 2010, le tailleur de pierre Emmanuel Fourchet réalise une gargouille située à une douzaine de mètres de hauteur, qui fait beaucoup parler d'elle : en effet, il a pris la décision de sculpter cet élément à l'effigie du chef de chantier de la cathédrale, Ahmed Benzizine, elle est ornée de la double inscription « Dieu est grand » et « الله أَكْبَر » (Allahu akbar)[43]. Les jeunesses identitaires lyonnaises qui s'emparent du fait pour prétendre qu'« à Lyon, les musulmans se paient le luxe de s'approprier nos églises, en toute tranquillité et avec la complicité des autorités catholiques »[44]. Au contraire, l'imam Kamel Kabtane, recteur de la grande mosquée de Lyon n'y voit qu'« un clin d'œil, un de plus, à l'amitié islamo-chrétienne à Lyon » et rappelle qu'« en 1875, lors de la consécration de Notre-Dame de Fourvière, l'émir Abd el-Kader était présent »[45]. Le recteur de la cathédrale, le père Michel Cacaud, estime quant à lui que les critiques sont le fait d'un « manque de culture »[46] et que certaines de gargouilles de l'édifice « pourraient scandaliser beaucoup plus »[47]. Le père Vincent Feroldi, délégué épiscopal aux relations avec les musulmans pour le diocèse de Lyon, rappelle que la présence d'inscriptions arabes sur les églises françaises est une tradition attestée, comme en témoigne par exemple celle en caractères coufiques sur l’une des portes de la cathédrale du Puy : « Voilà ce qu’Allah a voulu »[48].

Évènements importants[modifier | modifier le code]

La cathédrale Saint Jean fut le théâtre du couronnement du Pape Jean XXII en 1316 (Jacques Duèse) et Richelieu y reçut sa barrette de cardinal.

Par ailleurs elle accueille temporairement les restes de Saint Louis, rapporté de Tunis par son fils Philippe III le Hardi en direction de la Basilique Saint-Denis en 1271.

Le 13 décembre 1600, la cathédrale abrite le mariage d'Henri IV et de Marie de Médicis (après avoir obtenu du pape l'annulation de son précédent mariage avec la reine Marguerite).

L'empereur Napoléon Ier et Joséphine, puis le pape Pie VII, sont reçus par le cardinal Joseph Fesch (frère utérin de la mère de Napoléon) en 1805.

Le 5 octobre 1986, le pape Jean-Paul II rentre dans la primatiale où sont rassemblés des centaines de malades venus de toute la région. Pendant 45 minutes, il s’adresse à chacun personnellement.

Le 23 mars 2013 l'horloge astronomique vieille de six siècles est endommagée à coups de barre de fer par un déséquilibré qui invoque le fait que la magnificence de l'horloge empêcherait les croyants de se concentrer sur leur prière[49].

Conciles[modifier | modifier le code]

Le Ier concile de Lyon (treizième concile œcuménique) se tient dans la cathédrale en juin et juillet 1245. Le maître-autel est consacré par le pape Innocent IV.

Le IIe (quatorzième concile œcuménique) se déroule en mai et juillet 1274. Le pape Grégoire X tente de réunir les Églises latines et grecques. Les délégués grecs professent la foi catholique. Le docteur de l'Église saint Bonaventure meurt pendant ce concile après y avoir joué un grand rôle.

Architecture[modifier | modifier le code]

La façade[modifier | modifier le code]

Elle est en partie composée de blocs provenant d'anciens monuments romains s'étant effondrés au IXe siècle, en particulier de l'ancien forum. Elle est très marquée par la fin du XVe siècle, à savoir un gothique des plus flamboyants.

Les trois cents médaillons de façade racontent différents épisodes de l'Ancien et du Nouveau Testament. Au XVIe siècle, le baron des Adrets, alors calviniste (il changea de camp par la suite), détruisit toutes les statues des saints dans les niches de la façade et décapita tous les anges des trois portails.

Les trois portails de cette façade comptent 328 bas-reliefsen « éperon », situé sur les piliers saillants[24].

L'intérieur[modifier | modifier le code]

Il est possible d'y observer la chronologie de construction : l'abside et le chœur sont romans et plus l'on s'avance vers la façade, plus le style est gothique.

Les vitraux, tels que la rosace centrale et celles du transept datent des alentours de 1390 et sont dans des tons bleu-violet caractéristiques. La couleur des vitraux a été adaptée à leur position : les plus au sud ont des couleurs froides pour compenser la chaleur du soleil, alors que ceux au nord ont des couleurs plus chaudes.
Au nord, le vitrail des fonts baptismaux fabriqué par Lucien Bégule en 1886 a été offert en hommage de l'artiste à l’Archevêque Caverot[50].

L'abside est la partie la plus ancienne, datant du XIIe siècle et est donc intégralement romane.

La nef est couverte de voûtes sexpartites.

La chapelle des Bourbons est pleinement représentative du gothique flamboyant : fines nervures, clefs pendantes, éléments végétaux tels que vigne, houx, gui, chardon, chou, etc.

À l'entrée du chœur des chanoines, c'est-à-dire à l'extrémité des stalles, se trouvent les statues sculptées par Blaise en 1776 et 1780 des deux saints patrons de la cathédrale : saint Étienne diacre et martyr et saint Jean Baptiste.

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L'horloge astronomique[modifier | modifier le code]

L'horloge astronomique.

La première date de 1379 (sa première référence officielle est de 1383), elle fut remaniée plusieurs fois[51].

Elle indique la date, les positions de la Lune, du Soleil et de la Terre, ainsi que le lever des étoiles au-dessus de Lyon. Puisqu'il s'agit d'une horloge, c'est le Soleil qui tourne autour de la Terre. La date donnée sera exacte jusqu'en 2019.

Au-dessus de l'horloge, une série d'automates se mettent en mouvement plusieurs fois par jour. Ce sont des animaux et une scène représentant l'Annonciation. Le mouvement a été refait dans les années 1930 par un horloger du nom de Désiré Richard.

Le 23 mars 2013, veille du dimanche des Rameaux, l'horloge astronomique a été sérieusement endommagée. Un homme de 28 ans a détruit plusieurs parties de l’œuvre à coup de barre de fer avant que des témoins n'interviennent pour l'arrêter. Il aurait expliqué son acte « par le fait que la magnificence de l’horloge empêcherait les croyants de se concentrer sur leur prière »[52].

Les tableaux[modifier | modifier le code]

De nombreux tableaux ornent la primatiale :

Les sculptures[modifier | modifier le code]

Les vitraux[modifier | modifier le code]

L'ensemble de la cathédrale est ornée de vitraux parmi lesquels peuvent être cités :

  • Vitrail des Deux Adams
  • Vitrail de saint Stéphane
  • Vitrail de saint Pierre
  • Vitrail de David
  • Vitrail d'Isaïe
  • Vitrail de Daniel
  • Vitrail d'Ézéchiel
  • Vitrail de saint Philippe
  • Vitrail des rois mages
  • Vitrail du Christ et de la Vierge
  • Vitrail de l'Histoire du Christ
  • Vitrail représentant la descente de croix
  • Vitrail de saint Étienne
  • Vitrail de Jean-Baptiste

Chiffres-clefs[modifier | modifier le code]

La manécanterie (chapelle et trésor) de la Cathédrale Saint-Jean de Lyon.
  • Longueur totale intérieure : 80 m
  • Longueur du chœur : 20 m
  • Largeur de la nef centrale : 19,30 m
  • Largeur totale des nefs : 26 m
  • Hauteur du chœur : 24,30 m
  • Hauteur de la nef : 32,50 m
  • Hauteur des tours (façade) : 44 m
  • Horloge astronomique :
    • hauteur : 9,35 m
    • largeur : 2,20 m

Vie liturgique[modifier | modifier le code]

La cathédrale dans le diocèse[modifier | modifier le code]

La cathédrale, est, étymologiquement, le lieu de la cathèdre, c'est-à-dire le siège de l'évêque. Mais celui-ci n'est pas présent en permanence dans son église. Le recteur est le prêtre responsable de la cathédrale en tant que monument et en tant que première église du diocèse. L'actuel recteur de la primatiale Saint-Jean est le père Michel Cacaud[53]. La cathédrale est aussi une des deux églises de la paroisse Saint-Jean-Saint-Georges, qui, comme son nom l'indique, compte outre la primatiale l'égliseSaint-Georges[note 8].

Les messes en temps ordinaire[modifier | modifier le code]

Deux messes sont célébrées chaque dimanche à Saint-Jean, à huit heures et demie et dix heures et demie, la première animée par l'un des chantres des chœurs, la seconde à l'orgue et par l'un des quatre chœurs. En semaine, les messes, à neuf heures du matin et à sept heures du soir, sont animées par les chanoines du chapitre[54].

Les autres temps liturgiques[modifier | modifier le code]

La cathédrale vit aussi au rythme de la Liturgie des Heures : trois offices y sont dits quotidiennement. Les laudes et tierce sont également chantés par les chanoines ; quant aux vêpres, depuis 2004, elles sont chantées à six heures et demie chaque soir par la Communauté du Chemin Neuf[54].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Son successeurAgobard est le premier archevêque de la ville, qui n'est dès lors plus suffragante de Vienne.
  2. Il est probable que Leidrade, juge et partie, exagère l'état de décrépitude des églises lyonnaises à son arrivée afin de mieux s'attribuer le mérite de leur remise en état ; cependant, son action constructrice et réformatrice est indéniable[6]
  3. Cette voie de passage le long de la rivière est aujourd'hui souterraine, située trois mètres en-dessous de la cour de l'archevêché. Elle a été pour partie (sous la cathédrale) remblayée, et pour partie voûtée entre les XIIIe et XVe siècles : en effet, à l'époque du chantier, seule l'emprise même de la cathédrale avait été surélevée, et deux escaliers permettaient d'atteindre le chœur depuis l'ancien niveau du sol, au sud (cloître) et au nord (Saint-Étienne)[11].
  4. Il est mentionné par Sidoine Apollinaire et a été partiellement mis à jour lors de fouilles en 1996[10].
  5. Calcaire compact, légèrement cristallin, à grain fin, qui comporte parfois quelques lentilles ou rognons de silex disposés en lits horizontaux. Pierre du Bathonien, probablement extraite par les Romains à Trept, Montalieu-Vercieu ou Villebois[17]
  6. Contrairement à la quasi-totalité du sous-sol des Monts d'Or, il ne s'agit pas de pierres dorées, mais d'un calcaire blanc, sans entroque.
  7. Ce tableau provient du couvent des Mathurins, à Paris, que Louis Petit fit orner de 1610 à 1647 de tableaux.
  8. Cette dernière est utilisée par les fidèles attachés au rite tridentin.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00117785 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. « Site historique de Lyon », sur http://whc.unesco.org/, UNESCO,‎ 2011 (consulté le 1er novembre 2014).
  3. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Jean-François Reyanud & François Richard, « Le groupe épiscopal de Lyon : IVe ‑ XVe siècle »la première « ecclesia » de lugdunum après la paix de l'église — l'« ecclesia » au cœur de la cité réduite, p. 30-31.
  4. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Jean-François Reyanud & François Richard, « Le groupe épiscopal de Lyon : IVe ‑ XVe siècle »la première « ecclesia » de lugdunum après la paix de l'église — Les grands évêques métropolitains de Lugdunum, p. 32-35.
  5. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Jean-François Reyanud & François Richard, « Le groupe épiscopal de Lyon : IVe ‑ XVe siècle »la « maxima ecclesia », noyau dur de la « renovatio » carolingienne, p. 37.
  6. a et b Reveyron, Durand & Repellin 2011, Marie-Céline Isaïa, « Naissance et renaissance de la cathédrale médiévale » — Leidrade et la renaissance épiscopale de Lyon, p. 325.
  7. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Jean-François Reyanud & François Richard, « Le groupe épiscopal de Lyon : IVe ‑ XVe siècle »la « maxima ecclesia », noyau dur de la « renovatio » carolingienne — Un groupe épiscopal fort de trois églises, p. 37-38.
  8. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Marie-Céline Isaïa, « Naissance et renaissance de la cathédrale médiévale » — Reliques, récits, symboles, p. 325.
  9. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Jean-François Reyanud & François Richard, « Le groupe épiscopal de Lyon : IVe ‑ XVe siècle »un groupe épiscopal en perpétuelle évolution — Transformations majeures à Saint-Jean, Saint-Étienne et Sainte-Croix, p. 37-38.
  10. a, b, c, d et e Reveyron, Durand & Repellin 2011, Nicolas Reveyron & Chislaine Macabéo, « Un chantier médiéval à étapes : XIIe ‑ XVe siècle »le projet de guichard de pontigny (1165-1182), p. 56-57.
  11. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Nicolas Reveyron & Chislaine Macabéo, « Un chantier médiéval à étapes : XIIe ‑ XVe siècle »le projet de guichard de pontigny (1165-1182) — Modifications du réseau viaire, p. 58.
  12. Bruno Voisin, La Saône au cœur de Lyon : deux mille ans d'histoire qui ont fait la ville, Libel,‎ 29 août 2014, 176 p. (ISBN 978-2917659373, lire en ligne), « Unification de la ville et densification des rives : le bassin de Saône du XIIe au XIVe siècle », p. 71.
  13. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Nicolas Reveyron & Chislaine Macabéo, « Un chantier médiéval à étapes : XIIe ‑ XVe siècle »les grandes lignes du chantier, p. 48.
  14. Franck Thénard-Duvivier, Images sculptées au seuil des cathédrales : Les portails de Rouen, Lyon et Avignon (XIIIe ‑ XIVe siècle), Presses universitaires de Rouen et du Havre,‎ 2012, 348 p. (ISBN 9782877755238, lire en ligne), « La cathédrale Saint-Jean de Lyon », p. 71.
  15. a, b, c et d Reveyron, Durand & Repellin 2011, Nicolas Reveyron & Chislaine Macabéo, « Un chantier médiéval à étapes : XIIe ‑ XVe siècle »des savoie aux bourbons (XIVe ‑ XVe siècle) — Les grands travaux du XIIIe siècle, p. 61-64.
  16. Régis Neyret, Le livre de Lyon : Lugdunoscopie, Éditions Lyonnaises, 1995 (ISBN 978-2910979003)
  17. Yves-François Le Lay, « Lyon, ville de choin », sur http://perso.ens-lyon.fr/yves-francois.le-lay/, Géographie sociale de l'environnement,‎ 16 janvier 2014 (consulté le 2 novembre 2014).
  18. a, b et c Reveyron, Durand & Repellin 2011, Nicolas Reveyron & Chislaine Macabéo, « Un chantier médiéval à étapes : XIIe ‑ XVe siècle »les grandes lignes du chantier — Le passage du roman au gothique, inscrit dans la pierre, p. 49.
  19. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Nicolas Reveyron & Chislaine Macabéo, « Un chantier médiéval à étapes : XIIe ‑ XVe siècle »les grandes lignes du chantier — Le passage du roman au gothique, inscrit dans la pierre, p. 55.
  20. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Nicolas Reveyron & Chislaine Macabéo, « Un chantier médiéval à étapes : XIIe ‑ XVe siècle »renaud de forez et l'ouverture du chantier gothique, p. 59.
  21. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Nicolas Reveyron & Chislaine Macabéo, « Un chantier médiéval à étapes : XIIe ‑ XVe siècle »le projet de guichard de pontigny (1165-1182) — Une priorité : le sanctuaire, p. 58.
  22. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Nicolas Reveyron & Chislaine Macabéo, « Un chantier médiéval à étapes : XIIe ‑ XVe siècle »les travaux de jean bellesmains (1182-1193), p. 59-60.
  23. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Nicolas Reveyron & Chislaine Macabéo, « Un chantier médiéval à étapes : XIIe ‑ XVe siècle »renaud de forez et l'ouverture du chantier gothique — Un pilier depuis les bases jusqu'aux premiers chapiteaux, p. 59.
  24. a et b Fabrice Mrugala, « Cathédrale Saint-Jean de Lyon » (consulté le 30 novembre 2014).
  25. Jn 19,30.
  26. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Nicolas Reveyron & Chislaine Macabéo, « Un chantier médiéval à étapes : XIIe ‑ XVe siècle »les grandes lignes du chantier — La disparition progressive de la vieille cathédrale, p. 56.
  27. a et b Reveyron, Durand & Repellin 2011, Nicolas Reveyron & Chislaine Macabéo, « Un chantier médiéval à étapes : XIIe ‑ XVe siècle »des savoie aux bourbons (XIVe ‑ XVe siècle) — Le mécénat des Bourbons, p. 65.
  28. Albert Châtelet, « De Jean Porcher à François Avril et Nicole Reynaud : l'enluminure en France entre 1440 et 1520 », Bulletin Monumental, Persée, vol. 152, no 2,‎ 1994, p. 215-226 (DOI 10.3406/bulmo.1994.3460, lire en ligne).
  29. Reveyron, Durand & Repellin 2011, François-Régis Cottin, « Les métamorphoses de la période classique : XVIIe ‑ XVIIIe siècle »Le nouveau chœur et son jubé, p. 71.
  30. a et b Reveyron, Durand & Repellin 2011, François-Régis Cottin, « Les métamorphoses de la période classique : XVIIe ‑ XVIIIe siècle »La grande galerie extérieure, p. 71-72.
  31. Reveyron, Durand & Repellin 2011, François-Régis Cottin, « Les métamorphoses de la période classique : XVIIe ‑ XVIIIe siècle »Transformation du grand portail, p. 73.
  32. Reveyron, Durand & Repellin 2011, François-Régis Cottin, « Les métamorphoses de la période classique : XVIIe ‑ XVIIIe siècle »Blanchiment de l'intérieur, p. 73.
  33. Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, t. II, Paris,‎ 1854, 544 p. (lire en ligne), « Cathédrale », p. 280.
  34. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Philippe Dufieux, « La primatiale à l'épreuve du siècle de l'Histoire — De la cathédrale idéale à sa renaissance romane (1819-1942) », p. 75.
  35. a, b, c et d Reveyron, Durand & Repellin 2011, Philippe Dufieux, « La primatiale à l'épreuve du siècle de l'Histoire — De la cathédrale idéale à sa renaissance romane (1819-1942) »la primatiale à l'âge troubadour, p. 76-79.
  36. Martine Callias Bey, Nicole Blondel et Véronique Chaussée, « Le vitrail archéologique : fidélité ou trahison du Moyen Âge ? », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, Persée, vol. 93, no 4,‎ 1986, p. 379 (DOI 10.3406/abpo.1986.3232, lire en ligne).
  37. a, b, c, d, e, f et g Reveyron, Durand & Repellin 2011, Philippe Dufieux, « La primatiale à l'épreuve du siècle de l'Histoire — le mythe de la cathédrale idéale », p. 81-83.
  38. Philippe Dufieux, Le mythe de la primatie des Gaules : Pierre Bossan (1814-1888) et l'architecture religieuse en Lyonnais au XIXe siècle, Lyon, Presses universitaires de Lyon,‎ 2004, 311 p. (ISBN 9782729707262, lire en ligne), p. 280.
  39. Catherine Brisac Didier Alliou, « La peinture sur verre au XIXe siècle dans la Sarthe », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, Persée, vol. 93, no 4,‎ 1986, p. 389-394 (DOI 10.3406/abpo.1986.3234, lire en ligne).
  40. a et b Reveyron, Durand & Repellin 2011, Philippe Dufieux, « La primatiale à l'épreuve du siècle de l'Histoire — au tournant du siècle », p. 85.
  41. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Philippe Dufieux, « La primatiale à l'épreuve du siècle de l'Histoire — l'aménagement mobilier au xixe siècle », p. 88 & 89.
  42. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Philippe Dufieux, « La primatiale à l'épreuve du siècle de l'Histoire — le rétablissement du « presbyterium » », p. 93 & 94.
  43. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Didier Repellin, « Paroles de bâtisseurs — une gargouille nommée ahmed », p. 133.
  44. AFP, « À Lyon, une gargouille s'appelle Ahmed », Le Figaro,‎ 6 septembre 2010 (ISSN 0182-5852, lire en ligne).
  45. « Lyon : Ahmed, la nouvelle gargouille de la cathédrale Saint-Jean », leparisien.fr,‎ 6 septembre 2010 (lire en ligne).
  46. Gilles Klein, « L'affaire de la gargouille Ahmed - Arrêt sur images », @rrêt sur images,‎ 6 septembre 2010 (lire en ligne).
  47. « Ahmed, la gargouille qui réveille les traditionnalistes lyonnais », France info,‎ novembre = jour = 2 2011 (lire en ligne).
  48. Vincent Feroldi, « Que de gargouillis autour d’une gargouille ! - Le site de l'Église Catholique dans le Rhône et le Roannais », Archidiocèse de Lyon,‎ 8 septembre 2010 (consulté le 30 novembre 2014).
  49. « Un homme fracasse l’horloge du XIVe sièclede la cathédrale Saint-Jean », sur Le Progrès (consulté le 25 mars 2013).
  50. Vitrail des fonts baptismaux de Lucien Bégule
  51. http://cathedrale-lyon.cef.fr/visite/horloge.html
  52. E. C., « Un homme fracasse l’horloge du XIVe siècle de la cathédrale Saint-Jean », Le Progrès,‎ 24 mars 2013 (ISSN 2102-6807, lire en ligne).
  53. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Michel Cacaud, « Une année à la cathédrale », p. 483.
  54. a et b Reveyron, Durand & Repellin 2011, Michel Cacaud, « Une année à la cathédrale — (sc) », p. 484.

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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