Primatiale Saint-Jean de Lyon

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Primatiale Saint-Jean de Lyon
La primatiale, vue de l'ouest (en face de la façade principale) et depuis le sommet d'une colline, donc de haut : les toitures sont visibles derrière la façade. En arrière-plan, la Saône.
La primatiale vue depuis Fourvière
Présentation
Nom local Cathédrale Saint-Jean
Culte Catholique romain
(rite lyonnais)
Type Cathédrale
primatiale
Rattachement Archidiocèse de Lyon
Début de la construction 1175
Fin des travaux 1480
Architecte ...
Jacques de Beaujeu (façade)
Autres campagnes de travaux Henri de Nivelle (vitraux)
...
Antoine-Marie Chenavard (rest.)
Tony Desjardins (rest.)
Paul Desjardins (rest.)
Lucien Bégule (vitraux)
Style dominant roman
gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1862)[1]
 Patrimoine mondial (1998, 2011, au titre du Site historique de Lyon)[2]
Site web http://cathedrale-lyon.cef.fr/
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Métropole de Lyon
Commune Lyon
Arrondissement 5e
Coordonnées 45° 45′ 39″ N 4° 49′ 38″ E / 45.7607, 4.827345° 45′ 39″ Nord 4° 49′ 38″ Est / 45.7607, 4.8273  [3]

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Primatiale Saint-Jean de Lyon

La primatiale Saint-Jean-Baptiste-et-Saint-Étienne (dite aussi, plus simplement, cathédrale Saint-Jean) est le siège épiscopal de l'archidiocèse de Lyon (France). Elle a rang de cathédrale et de primatiale : l'archevêque de Lyon (le titulaire actuel étant Mgr Philippe Barbarin, cardinal-prêtre de la Trinité des Monts) a le titre de Primat des Gaules.

Elle est située dans le cinquième arrondissement de Lyon, au cœur du quartier médiéval et Renaissance du Vieux Lyon dont elle est un des éléments marquants. Au Moyen Âge, elle faisait partie d'un complexe ensemble d'église et d'autres bâtiments ecclésiaux, le groupe cathédral, qui comprend entre autres les églises Saint-Étienne et Sainte-Croix, détruites à la Révolution, ainsi que l'actuelle manécanterie.

Originellement, l'église a été consacrée sous le vocable de Saint-Étienne, tandis que son baptistère était consacré sous celui de Saint-Jean-Baptiste, mais, comme cela est fréquent (un exemple célèbre étant l'archibasilique Saint-Jean-de-Latran), le vocable du baptistère s'est ensuite appliqué dans la désignation courante. La première cathédrale dont l'existence est attestée (et que les sources de l'époque se contentent d'appeler « maxima ecclesia », c'est-à-dire la « grande église ») est bâtie par Patient. La seconde, plus grande et datée du IXe siècle, est l'œuvre de Leidrade.

L'édifice actuel est un projet de longue haleine, porté dans sa conception par trois archevêques successifs au moment où l'architecture occidentale bascule du roman au gothique : Guichard de Pontigny envisage et entame la construction d'une église romane, Jean Belles-mains entame la transformation de l'édifice en un ouvrage gothique dont les ressorts techniques ne sont pas encore pleinement maîtrisés, enfin Renaud de Forez transforme le projet, grâce à l'évolution des savoirs-faire, pour donner à la cathédrale l'aspect qui est le sien aujourd'hui. La construction s'étale sur trois siècles, de 1175 à 1480. Le site contraint, entre colline et rivière, ainsi que les luttes politiques s'exerçant entre les différentes puissances régentant Lyon au Moyen Âge central, ont empêché la cathédrale de disposer d'un terrain aussi vaste et aussi favorable que ses concepteurs l'auraient souhaité. Par ailleurs, l'absence du savoir-faire particulier des bâtisseurs de cathédrale du Bassin Parisien, est une des causes de la la relative modestie des dimensions et de l'ornementation de Saint-Jean.

Fortement endommagée par les guerres de religion en 1562, puis par la Révolution française et le siège de Lyon en 1793, la primatiale est restaurée au XIXe siècle. Les premières restaurations sont assez modestes et fortement empreintes de classicisme ; mais cette politique change vigoureusement avec l'arrivée d'un nouvel architecte, Tony Desjardins, qui donne un élan inédit à la restauration. De son point de vue, non seulement les travaux doivent rendre à l'église son aspect médiéval, mais cet aspect est à sublimer pour faire de Saint-Jean une « cathédrale idéale » reflétant l'esprit gothique du XIIIe siècle. Ces travaux de modification de l'aspect de la cathédrale comprennent un relèvement de la charpente et l'ajout de flèches. Devant les critiques virulentes, ils ne sont pas tous réalisés. Au XXe siècle, les travaux d'embellissement et de réparation se poursuivent, mais la guerre interrompt les travaux. En septembre 1944, le retrait des troupes allemandes s'accompagne de sabotages, qui touchent indirectement l'édifice, brisant la plupart de ses vitraux. La remise en état des verrières, puis des façades et de l'aménagement intérieur, constitue l’essentiel des actions menées durant la seconde partie du XXe siècle et le début du XXIe.

La primatiale est classée monument historique depuis 1862. Outre cette protection, elle est intégrée depuis le 12 mai 1964 dans le premier secteur sauvegardé de France. Enfin, le 5 décembre 1998, elle est reconnue patrimoine mondial au titre de sa localisation dans le site historique de Lyon.

Lieu de culte et de prière, la cathédrale est la première église de l'archidiocèse de Lyon, mais aussi une des églises paroissiales du Vieux Lyon. Par ailleurs, c'est un lieu touristique fort prisé, pour sa localisation, pour les animations particulières qui y sont organisées, notamment durant la fête des Lumières, enfin pour son horloge astronomique du XIVe siècle.

Sommaire

Titre et dédicace[modifier | modifier le code]

La cathédrale est dédiée à Saint-Jean-Baptiste, cousin de Jésus, prophète et martyr. Toutefois, sa dédicace complète est « Saint-Jean-Baptiste-Saint-Étienne », car elle reprend la dédicace de l'église voisine, ancien baptistère de la cathédrale et de la cité, dédiée à Saint Étienne, l'un des sept premiers diacres, également martyr[4].

Elle est non seulement cathédrale, c'est-à-dire lieu de la cathèdre (siège de l'évêque), mais également primatiale des Gaules, ce qui signifie un rang métropolitain (aujourd'hui simplement honorifique) sur toutes les autres cathédrales de France des quatre provinces ecclésiastiques de 1079 (Lyon, Rouen, Tours et Sens). Cette prééminence est fondée sur l'ancienneté de l'adoption du christianisme à Lyon, sur le martyr de nombreux et célèbres chrétiens, ainsi que sur l'importance théologique des écrits de l'un d'entre eux, saint Irénée[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant l'actuel édifice[modifier | modifier le code]

Photographie couleur montrant une tour de l'actuelle cathédrale prise à travers une arche, un des seuls restes de l'église Saint-Étienne
La cathédrale Saint-Jean vue à travers une des arches de l'ancien baptistère Saint-Étienne.

Le nom de « cathédrale », c'est-à-dire église de l'évêque, ne commence à être donné qu'au Xe siècle. Avant, si l'église d'un diocèse possède une prééminence particulière, on parle plutôt de « domus divina » ou de « maxima ecclesia ». C'est le cas à Lyon, qui est une des premières villes de Gaule équipées d'un tel édifice, avec Trèves, Tours, Auxerre ou Clermont[6].

L'édifice de Patient[modifier | modifier le code]

La première « maxima ecclesia » est construite en 469 par Patient ou Patiens, évêque de Lyon entre 449 et 494, qui fait rénover l'église voisine Saint-Étienne ; il semblerait, d'après le témoignage de Sidoine Apollinaire, qu'elle était déjà dédiée à Saint-Jean-Baptiste, alors que son baptistère était dédié à Saint-Étienne. La « maxima ecclesia » est décrite ainsi : « Lédifice élevé brille, et il n'est déporté ni sur la gauche ni sur la droite, mais par le sommet de sa façade, il regarde de Levant au moment de l'équinoxe. [...] Au bâtiment est joint un triple portique, fier de ses colonnes en marbre d'Aquitaine. À son imitation, un second portique ferme l'atrium, et l'espace central est enveloppé d'une forêt de pierre par ses colonnes éloignées. [...] D'un côté, c'est le bruit de la route, de l'autre, c'est la Saône qui fait écho... »[7]. Cette église est détruite ou du moins fortement endommagée par les invasions sarrasines entre 725 et 737[8].

L'église de Leidrade[modifier | modifier le code]

Ruines d'une église situées dans un jardin. En arrière-plan, la façade nord de la cathédrale actuelle
Restes de l'église Saint-Étienne dans le jardin archéologique Girard Desargues.

Une nouvelle église est bâtie par Leidrade, dernier évêque de Lyon[note 1] au début du IXe siècle. Ce nouvel évêque, bavarois, est nommé expressément par Charlemagne pour restaurer une Église en déshérence, dont lui-même dit, dans un courrier adressé à l'empereur : « cette Église s'était alors trouvée appauvrie sous bien des aspects, spirituellement comme matériellement, dans ses célébrations, ses bâtiments et toutes les autres responsabilités de son clergé »[note 2]. Leidrade s'attaqua aux deux chantiers qu'ils jugeait prioritaires : tout d'abord, dans la lignée du cinquième concile d'Aix-la-Chapelle (817) réglant certains aspects de la vie des religieux, à la formation du clergé cathédral ; d'autre part, à la restauration ou la reconstruction des édifices religieux. En priorité, il fallait rebâtir la « maxima ecclesia ». Une de actions que l'évêque mène est particulièrement parlante sur l'état du culte lyonnais avant son arrivée : il fait bâtir une palissade (« maceria ») autour de son église, afin que les animaux n'y pénètrent pas[9].

Leidrade en dit : « maximam ecclesiam que est in honoremsanctis Johannis Baptistea novo operuerim et maceria ex parte erexerim »[note 3]. Les textes médiévaux et les fouilles récentes indiquent un édifice assez important pour les techniques architecturales d'alors, doté d'une nef de probablement plus de dix mètres de largeur. Elle était tout entière contenue dans l'actuelle cathédrale. Il est probable que c'est à cette époque que le baptistère, tombé en désuétude depuis que le baptême est donné essentiellement à des enfants, est remplacé par l'église Saint-Étienne, que Leidrade restaure également[10].

Sous Leidrade, grâce au concours de Charlemagne, la cathédrale s'enrichit de reliques des saints Cyprien (évêque de Carthage), Spérat (un des martyrs scillitains) et Pantaléon de Nicomédie (médecin à la cour de l'empereur Maximien) ; enrichie matériellement, la « grande église » gagne surtout un prestige spirituel considérable. Devenant de ce fait une église du peuple, elle se fait iconographique, afin de transmettre par l'Évangile par la décoration, de manière pédagogique. Ces décorations consistent en de nombreuses et vastes mosaïques, la plupart réalisées sous Agobard[11].

L'édifice carolingien de Leidrade reçoit un clocher au XIe siècle, offert par le doyen Fredaldus, mais on ne sait pas s'il s'agit d'un clocher-porche ou d'une tour de croisée. Entre 1064 et 1083, le doyen Richo conduit le réfection du toit et la consolidation d'un mur qui est doublé. Enfin, l'église désormais nommée cathédrale est décorée d'autres mosaïques (sur le sol de l'abside) et de plaques de marbre (sur les bancs du clergé) par l'archevêque Gaucerand[12].

Construction de la cathédrale actuelle[modifier | modifier le code]

Plan noir et blanc à grande échelle, représentant la cathédrale actuelle (en traits fins) sur laquelle se surimposent en traits gras les emprises des trois églises anciennes
Plan du complexe épiscopal mérovingien.

La cathédrale s'élève sur l'emplacement de l'ancien complexe épiscopal d'époque mérovingienne dont on a pu se faire une idée assez précise grâce aux écrits de Sidoine Apollinaire et aux fouilles menées sur le site lui-même.

L'emplacement de l'édifice : une source de conflits[modifier | modifier le code]

Un conflit entre l'archevêque et le chapitre éclate au moment de la construction de la nouvelle cathédrale : les chanoines ont élu comme archevêque Dreux de Beauvoir, clunisien. Le pape Alexandre III impose alors à Lyon un cistercien, Guichard de Pontigny. Tout oppose les deux hommes : l'un est rallié à l'empereur et à l'antipape Victor IV, l'autre est l'homme du pape ; le premier aime le faste et la liturgie pompeuse de Cluny, l'autre l'austérité bernardine ; Dreux est issu du chapitre lyonnais et fait tout pour le favoriser, Guichard est au contraire envoyé par le pontife pour réformer le chapitre et lui redonner une simplicité plus proche de sa vocation initiale[13].

L'extension programmée de la cathédrale doit logiquement se faire à l'ouest, du côté de la colline, pour plusieurs raisons. Premièrement, le terrain du côté de la Saône, à l'est, est en pente descendante vers la rivière et ne se prête guère à l'établissement d'une vaste plateforme qu'il faut nécessairement remblayer. Plus grave, ce terrain oriental n'est composé que d'alluvions déposées par la rivière le long du mur de protection construit au IVe siècle, et accumulées là depuis huit cents ans ; c'est donc un terrain sans assise rocheuse et peu stable. Ensuite, ces terres ne sont pas entièrement vierges, car elles sont empruntées par une voie de communication nord-sud, qu'un bâtiment plus vaste couperait[note 4]. Enfin, le déplacement vers l'est entraîne celui du sanctuaire, dont l'emplacement est généralement fixé à demeure dans une église catholique, même en cas de reconstruction. Pour toutes ces raisons, l'extension est prévue à l'ouest par Guichard. Mais le chapitre s'y oppose. Si les raisons officieuses sont évidentes (conflit ouvert du chapitre avec un archevêque qui déplaît), elles ne peuvent être officiellement déclarées. Un atrium gallo-romain est situé sous l'actuel parvis[note 5]. Cette cour à portique, dont restait au XIIe siècle la galerie orientale, passe alors pour avoir eu à l'époque paléo-chrétienne une fonction funéraire. Les chanoines, se fondant sur cette présence de tombeaux chrétiens, avaient choisi de se faire enterrer là. Ils décrètent en conséquence qu'il est impossible de construire la nouvelles cathédrale plus à l'ouest[13].

Afin d'apaiser les tensions, mais aussi d'éviter toute contestation ultérieure du chantier de la cathédrale, Guichard de Pontigny fait construire la chapelle Saint-Thomas en 1192 au sommet de Fourvière. Celle-ci, si elle a pour vocation première la dévotion à Thomas Becket, se voit également attribuer une fonction honorifique d'ensevelissement des chanoines ne pouvant être enterrés ailleurs. Ainsi, toute contestation de l'emplacement de la primatiale par des chanoines voulant se faire inhumer à l'emplacement de l'actuelle façade se voit vouée à l'échec[15].

Par ailleurs, Guichard se soumet à l'étiquette en acceptant la construction d'un édifice somptueux, richement décoré, ainsi que l'exige sa position d'archevêque d'un diocèse aussi important. Mais, fidèle à son idéal cistercien de simplicité et de pauvreté, et sur le modèle de ce qu'avait coneillé Saint Bernard à Eugène III, il se fait aménager une pièce, qu'il appelle « chambre cistercienne »[note 6], où il retrouve le dépouillement qu'il a connu durant sa vie monacale[16].

La construction du chevet, prouesse technique et difficultés[modifier | modifier le code]

gravure montrant Lyon vue depuis un pont sur la Saône, en direction de l'amont. À gauche, le chevet de la cathédrale, très près de la Saône. Au second plan, un autre pont de pierre et l'église Saint-Nizier à sa droite. Au fond, les pentes de la Croix-Rousse
Gravure de Nicolas Langlois, montrant Lyon à la fin du XVIIe siècle. La très faible distance entre le chevet de la cathédrale et la Saône y est bien visible.

Guichard accepte néanmoins le déplacement du chantier et ses nouveaux impératifs techniques : le chevet de la nouvelle église est donc situé à une vingtaine de mètres plus à l'est que l'ancien. Juridiquement, par contre, ce décalage ne présente aucune difficulté : en effet, les terrains gagnés sur le fleuve, nommés « créments » ou « lônes », relèvent juridiquement de la puissance publique. Or celle-ci est représentée par l'archevêque, en vertu de la bulle d'or de 1157. En 1175, l'opération de renforcement de la berge, très coûteuse, est lancée : il s'agit de renforcer le terrain instable par des pieux plantés dans les alluvions, afin d’accueillir le nouveau chevet[13], construit en réutilisant les grandes pierres de choin provenant du forum romain[17].

La construction de la nouvelle cathédrale est un chantier complexe : en effet, elle doit être effectuée tout en maintenant en permanence le culte dans la cathédrale existante. Au fur et à mesure, l'ancien édifice est donc déposé pendant que le nouveau est élevé sur le même emplacement (ce qui est appelé chantier homotopique). Le processus est à ses débuts facilité par la largeur de la nouvelle cathédrale, qui englobe complètement l'ancienne. Dans un second temps, lorsqu'il s'agit d'élever les colonnes supportant la structure, et notamment dans la nef, en revanche, la cathédrale présente durant le chantier un aspect hybride, résultant de la juxtaposition des deux bâtiments sur un seul site. La cathédrale en chantier, malgré son inachèvement, accueille toutefois le Premier et le deuxième concile de Lyon en 1245 et 1274, le couronnement de Jean XXII en 1316 ; entre 1244 et 1251, c'est l'église du pape (alors Innocent IV), qui demeure à Lyon durant près de sept ans[18].

La construction de la cathédrale, d'ailleurs, est ralentie pour partie par le manque de ressources, mais aussi pour partie par ce conflit latent entre archevêché et chapitre, et dure tout le XIIIe siècle[19]. Par exemple, la tour nord du tansept, dite « Saint-Thomas » est construite en priorité, car les chanoines ont besoin des cloches qu'elle abrite pour marquer leurs temps de prière quotidiens. Aussi les chanoines pèsent de leur influence et de leur financement pour qu'elle soit bâtie dès l'épiscopat de Pierre de Savoie (1308-1322). La tour sud, dite « de la Madeleine », privée de ce financement et de cette réclamation, n'est terminée qu'un siècle plus tard, et elle ne comporte pas de cloche[20].

Des accidents ont également lieu : le différentiel de résistance entre le terrain renforcé, mais encore trop meuble, et les assises pierreuses du quartier ancien, provoquent une catastrophe à une date inconnue, durant la première moitié du XIIIe siècle : sous le poids des choins, le terrain s'affaisse ; le chœur est brisé, l'abside pivote vers le sud en arrachant les maçonneries. La fracture remonte jusqu'au clair-étage du chœur et à la croisée du transept. Des réparations entreprises immédiatement permettent de sauver la rose orientale, mais le choc est tel quel les murs des chapelles latérales, épais d'un mètre quarante, sont brisés. Cet accident et cette faiblesse du sol nécessite encore des réparations au XVe siècle et jusqu'en 1989[13].

Les matériaux utilisés[modifier | modifier le code]

Photographie en noir et blanc montrant la galerie du triforium au fond de l'abside, vue de face et à niveau. Le caractère roman de l'arcature est clairement visible sur les arcs en plein cintre.
Photographie de Lucien Bégule montrant le triforium roman de l'abside, entouré des deux frises bichromatiques.

Les pierres utilisées aux débuts de la construction sont des choins[note 7], pris directement sur les édifices romains (en particulier le théâtre et l'odéon) et descendus de la colline de Fourvière par la montée du Gourguillon[23]. Les Romains les avaient quant à eux extraites de carrières situées dans le sud du Jura[24].

Ces très grosses pierres[note 8] constituent le chœur et le chevet de la cathédrale[23]. Pour des raisons à la fois techniques et esthétiques, le choin monte à des hauteurs variables : dans l'abside, jusqu'au rouleau inférieur de l'arc des lancettes, mais parfois jusqu'à la ligne des clefs de celles-ci ; dans les chapelles et sur le mur oriental du transept, jusqu'à la hauteur de l'appui des verrières[22]. Face à l'épuisement des ressources antiques, d'une part, et au changement de style imposé par Renaud de Forez, d'autre part, la pierre de Lucenay, extraite dans les Monts d'Or[note 9], est employée : il s'agit d'un calcaire de dureté moyenne, mais qui durcit avec le temps. Ces pierres sont chargées près d'Anse sur des bateaux qui descendaient la Saône et déchargeaient au sud du cloître cathédral[23]. Quelques zones présentent des pierres provenant de carrières plus méridionales, tirés des ruines romaine; et, plus rarement encore, quelques pierres dorées sont incorporées au bâti[22].

Le choix de ces carrières répond bien sûr à une logique de simplicité — aller chercher les matériaux les plus solides et les plus faciles à amener au chantier — mais aussi à certains intérêts : en effet, le site gallo-romain comme la carrière de Lucenay sont propriété du chapitre cathédral, qui a pu peser dans le choix des pierres à utiliser[23]. Mais le réemploi de pierres va plus loin : certaines des pierres utilisées pour construire le chevet de la cathédrale sont des pierres empruntées à la maxima ecclesia qui a précédé l'actuel édifice[25]. Dans certains autres cas, les pierres de l'église de Leidrade sont utilisées pour la construction de la manécanterie[26].

Aux débuts de la construction, c'est un édifice roman qui est envisagé par Guichard de Pontigny. En conséquence, le choin est poli et non taillé, technique appréciée dans l'architecture romane mais considérée comme obsolète à l'époque du gothique. Ces pierres sont utilisées dans le chœur jusqu'au niveau du triforium, mais dans le transept et les murs gouttereaux des premières travées des bas-côtés seulement jusqu'à une hauteur de quatre mètres. Les quatre piliers d'angle de la croisée du transept sont en choin jusqu'au niveau du clair-étage[23]. Au même moment, la construction est amorcée côté ouest, sur la future façade de l'édifice, qui est située un peu plus à l'ouest que la façade existante. Mais ce chantier avance logiquement beaucoup plus lentement, et le choin est abandonné alors que les éléments construits (quatre piles) ne sont construites que sur environ deux mètres. L'exception est la pile engagée du bas-côté sud, construite jusqu'au chapiteau en choin, afin d'assurer un contreventement efficace du cloître qu'elle jouxte (c'est-à-dire à l'emplacement de l'actuelle manécanterie)[27].

Le passage du roman au gothique[modifier | modifier le code]

Coupe longitudinale sur la primatiale : le chœur est situé à gauche, la façade à droite. Le niveau des voûtes, plus haut dans les parties récentes, à partir du transept, est l'un des marqueurs de l'amélioration des techniques. Un autre est la forme des voûtes de l'arcature du triforium : en plein cintre dans le chœur, à croisée d'ogives dans la nef.
Coupe longitudinale dressée par Tony Desjardins montrant l'intérieur de la primatiale. Les différentes époques, du chœur vers la façade (de gauche vers la droite) y sont bien visibles.

Si les deux premiers archevêques (Guichard de Pontigny et Jean de Bellême) qui mènent le chantier ont prévu un édifice roman, leur successeur Renaud de Forez prévoit de construire en s'inspirant notamment des cathédrales gothiques de Genève et de Lausanne. La future cathédrale Saint-Jean s'adapte donc en cours de réalisation. Au moment de la transition, le sanctuaire est élevé, mais pas encore voûté, sauf les chapelles latérales du chœur[28]. En effet, les constructeurs de l'édifice roman ont procédé par étapes : élevant les murs du sanctuaire jusqu'à la hauteur des premières baies, ils abandonnent ensuite cette partie de l'église pour travailler sur la chapelle méridionale du chœur, bâtie jusqu'à la voûte ; ensuite, c'est le tour de la chapelle septentrionale d'être réalisée. Il semblerait que la raison de ces changements ne soit pas d'abord constructive (attendre que le jeu des éléments s'atténue par tassement pour stabiliser la construction) mais d'abord liturgique, la chapelle du sud ayant une importance particulière[29].

L'ancien évêque de Poitiers Jean Belles-mains préside aux travaux de voûtement des chapelles ainsi qu'à la mise en place de la galerie du triforium, toujours de style roman, qui passe au-dessus de l'abside, du chœur et des deux chapelles adjacentes. C'est alors que sont déployées les premières croisées d'ogives et que le choin fait place à la pierre de Lucenay : l'ogive est déployée pour la première fois dans les chapelles, mais la technique n'en est pas encore maîtrisée : les voûtains ne s'appuient pas sur les ogives, celles-ci traversent la maçonnerie et dépassent dans les combles. Une des hypothèses justifiant ces procédés de construction mal maîtrisés serait que Jean, évêque de Poitiers, aurait amené avec lui lors de sa nomination à Lyon des artisans et maîtres ayant l'habitude de travailler selon les procédés en vigueur en Poitou et en Anjou. Or, la cathédrale de Poitiers est de style gothique angevin, très éloigné des standards alors développé en Île-de-France, où les ogives sont portantes et non bombées[30].

Au moment du basculement au style gothique, la cathédrale est un bâtiment composite, comprenant une large abside romane, encore non voûtée, des chapelles voûtées en ogives selon une technique encore immature, et une petite nef carolingienne datant de Leidrade, entourée des bases de colonnes des premières (à l'ouest) et dernières (à l'est) travées de la nouvelle nef. Il est facile de dater quels travaux sont effectués en premier, la production des divers éléments concernés étant en effet facile à rapprocher de ce qui se fait dans les deux modèles imités (Genève et Lausanne). Le premier chantier est la couverture complète du sanctuaire, afin de le mettre hors d'eau pour que le culte puisse y être célébré. Concomitamment, les murs fermant, au sud et au nord, les collatéraux sont élevés jusqu'au triforium. Les colonnes supportant la nef centrale, pour leur part, s'élèvent beaucoup plus lentement, la proximité de l'ancienne église gênant leur construction[31].

Plan en noir et blanc montrant le chœur et la croisée du transept de la cathédrale, à l'intérieur duquel un chevet rond d'église apparaît, très légèrement décalé vers la droite.
Plan, dressé en 1936 par l'architecte Gabriel Mortamet, représentant le chœur de la primatiale, surimposé au plan de l'ancienne basilique.

Dans un second temps, les piliers amenés à supporter la voûte centrale sont élevés, à commencer par les travées les plus proches du chœur. Les chapiteaux cessent de ressembler aux modèles helvétiques pour prendre des formes inspirées de ce qui est réalisé dans le Bassin parisien vers 1240. Le chœur, à l'inverse de ce qui est observable au Mans, est plus bas que la nef[32], ce que l'architecte compense en réalisant une rosace donnant de la croisée du transept vers l'est, au-dessus du chœur. Le chantier est mené en parallèle depuis le chœur et depuis la façade. C'est à cette époque que la nef acquiert sa forme caractéristique, du fait de ce double chantier : un décalage apparaît, ce qui oblige les constructeurs à le compenser par une double brisure de l'axe de l'édifice ; cette déviation est encore visible aujourd'hui, surtout dans le triforium beaucoup plus étroit. Dès le XIIIe siècle, des explications exégétiques (notamment de Guillaume de Mende) viennent donner un sens symbolique à cet incident de construction : la double brisure de l'axe évoquerait l'inclinaison de la tête du Christ sur la croix, telle que le rapporte l'Évangile selon Jean[33]. Ces explications, pour intéressantes qu'elles soient sur un plan symboliques, ne justifient pas sur un plan technique cette brisure, qui n'est imputable qu'à une erreur initiale de construction[34].

La construction s'étageant sur trois cents ans, de nombreux changements de maître d'œuvre ont lieu. Malheureusement, la plupart ne nous sont pas connus. En revanche, on peut déterminer avec précision leur nombre et l'endroit où ils ont dirigé le chantier. Ainsi, il est probable que plusieurs architectes ont travaillé sur le projet roman de Guichard de Pontigny, dans l'abside, le chœur et les chapelles latérales à ce dernier[16]. En revanche, l'évolution de la construction vers un édifice gothique inspiré des églises de l'ouest de la France, sous la conduite de Jean Belles-mains, est probablement menée par un seul maître d'œuvre[35]. À partir du moment où, sous la conduite de Renaud de Forez, le projet se tourne résolument vers une réalisation gothique, au moins cinq architectes de conception se succèdent. Les deux premiers œuvrent sur le transept : le premier lance le chantier gothique, réalise l'essentiel du transept, raccorde les éléments de son programme aux bâti roman déjà en place, notamment dans les collatéraux[36]. Le second réalise les clairs-étages des travées ultimes du transept[37]. Le suivant conçoit la nef, avec ses voûtes sexpartites imposées par l'emplacement et les dimensions des colonnes déjà en place, qu'avait voulues l'architecte de Renaud de Forez[38] ; son successeur réalise le clair-étage de la nef[39]. Enfin, le seul dont le nom nous soit parvenu, Jacques de Beaujeu, réalise les premières travées de la nef et conduit l'exécution de la façade[20].

Le gothique rayonnant mis en œuvre dans la finition du transept et les travées de la nef[modifier | modifier le code]

Gravure montrant la ville de Lyon prise depuis les premières hauteurs de Fourvière (actuel Chemin-Neuf) : la cathédrale y domine une masse de maisons. Au seonc plan, la Saône puis la Presqu'Île
Gravure du XVIe siècle, dite « anonyme Fabriczi », qui montre le quartier Saint-Jean et en particulier la cathédrale.

Au XIIIe siècle, le financement de la cathédrale se fait plus fluctuant. Durant l'épiscopat de Philippe Ier de Savoie, peu intéressé à la construction de la cathédrale, la situation s’améliore pourtant : en effet, c'est à cette période (1244-1251) que le pape Innocent IV est installé à Lyon. Selon l'adage romain, « ubi papa, ibi Roma » (« Là ou est le pape se trouve Rome ») : en tant qu'éphémère capitale de la chrétienté, Lyon se doit d'avoir une cathédrale digne de ce nom. Innocent finance la construction par la vente d'indulgences, mais surtout par une grande compagne pontificale de quête menée en France, en Bourgogne et en Angleterre. La révolte bourgeoise de 1267-1270 interrompt les travaux. Le chapitre, le cardinal Jean de Talaru et Philippe de Thurey fournissent le financement à la fin du XIIIe siècle[20].

Ces apports permettent, dans un premier temps, de bâtir la rosace sud du transept (1235-1240) et celle du nord (1240-1250)[20]. Remplaçant les triplets de lancettes prévus initialement, ces rosaces permettent à l'édifice d'entrer dans le style gothique rayonnant. Puis le triforium est achevé et le clair-étage construit. Le long de la nef, trois types de baies sont posées, différant par la longueur de la lancette centrale, la taille et la forme des roses qui en forment la partie supérieure (voir ci-dessous)[39]. Le premier type est mis en place sur la façade nord de la quatrième travée double. Le deuxième type (celui que paient les interventions financières du pape) sur la façade sud de la même quatrième travée, la troisième et la moitié est de la deuxième. Le troisième type est déployé dans la moitié ouest de la deuxième travée et correspond aux fenêtres à remplages[20].

La première travée double de la nef est, quant à elle, bâtie entre 1308 et 1415, c'est-à-dire que sa seule construction est aussi longue que la construction de tout le reste de l'édifice. Le maître d'œuvre de la finition de la façade est Jacques de Beaujeu : c'est notamment lui qui réalise la grande rosace de la façade occidentale, dont les vitraux sont conçus et réalisés par Henri de Nivelle. Il travaille également à la construction du cloître du chapitre à partir de 1419. Le décor sculpté de la façade, pour sa part, est encore plus tardif, et mis en place en 1481. Les trois sculptures qui ornent le pignon, posée à la même date, sont des œuvres d'Hugonin de Navarre. Elles représentent respectivement Dieu le Père (statue du sommet du pignon), Marie et l'archange Gabriel (statues du pied du pignon)[20].

Le déploiement du gothique flamboyant[modifier | modifier le code]

Les chapelles funéraires latérales sont bâties durant le XVe siècle. Celles s'ouvrant sur le bas-côté méridional sont, depuis la plus orientale vers la plus occidentale : la chapelle Saint-Raphaël (construite avec le soutien du doyen Claude de Feugère en 1494 et remaniée au XVIIIe siècle), celle du Saint-Sépulcre (d'une longueur de deux travées du collatéral, élevée par l'archevêque Philippe de Thurey en 1401), enfin celle des Bourbons, de style gothique flamboyant, également longue de deux travées. Cette dernière est élevée par Charles II de Bourbon, primat des Gaules et cardinal, et est conçue comme une chapelle funéraire à l'attention de sa famille. Les travaux, commencés en 1480, s'achèvent au début du siècle suivant, menés par le cardinal puis par son frère le duc Pierre II de Bourbon[40]. La chapelle des Bourbons est ornée de vitraux réalisés par le maître verrier Pierre de Paix, qui succède à Jean Prévost dans le poste de verrier attitré de la primatiale[41].

Du côté septentrional, les chapelles sont (d'est en ouest) : celle de l'Annonciade, bâtie en 1496 par le custode Pierre de Semur ; la chapelle Saint-Michel, financée par le custode Jean de Grôlée en 1448 (longue d'une travée et demie) ; enfin, la chapelle dédiée aux saints Jean-Baptiste, Austregille et Denis[40].

La période classique, des guerres de religions à la Révolution[modifier | modifier le code]

Gravure représentant la façade occidentale de la cathédrale, vue de face. Le parvis est planté de quelques arbres ; les bâtiments qui entourent l'église sont très bas.
La cathédrale Saint-Jean au XVIIe siècle, gravure d'Israël Sylvestre.

Les guerres de Religion : dégâts et reconstructions[modifier | modifier le code]

En 1562, durant les guerres de religion, la cathédrale est dévastée par les troupes calvinistes du baron des Adrets. Le jubé est abattu, de nombreuses statues détruites, particulièrement sur la façade occidentale[42]. La priorité pour les chanoines est la reconstruction du jubé. Devant l'absence de moyens et le peu d'assurance dans l'avenir, un ouvrage provisoire de maçonnerie est bâti en 1573. Ce n'est qu'en 1581 que le chapitre fait appel à Jean Valette pour reconstruire un jubé dans le goût de l'époque (le portique est d'un style imitant l'ordre corinthien). Comme le précédent, ce jubé ne se contente pas d'être un simple mur posé entre les deux piliers de la deuxième travée de la nef : ses sept arcades, longues de 10,4 mètres supportent une tribune large de 2,6 mètres et haute de 3,9 mètres. Sur ces sept arcades, seule celle du centre permet le passage : les autres abritent des petits autels dédiés aux deux saints votifs de la cathédrale, Étienne et Jean-Baptiste. Les escaliers menant à la tribune sont situés du côté des chanoines. La tribune ne sert pas qu'à contempler le chœur durant la liturgie canoniale, elle sert également de lieu d'exposition du Saint Sacrement pour l'adoration eucharistique[43].

Les aménagements et restaurations durant l'absolutisme[modifier | modifier le code]

C'est aussi durant cette période que sont construites les deux dernières chapelles du côté septentrional : celle de Notre-Dame et celle de Saint-Antoine. D'importants travaux de consolidations sont également menés par les chanoines, nécessités par des infiltrations venues de la galerie extérieure et qui menacent la partie inférieure de la façade[44]. En effet, la particularité de la façade de Saint-Jean est de comporter une galerie, située juste au-dessus des trois portails, large d'environ un mètre et demi et parcourant la totalité de la construction. Cette galerie s'appuie sur un mur inférieur épais de trois mètres, dont l'étanchéité n'est alors assurée que par des dalles de pierres légèrement inclinées, jointoyées avec un ciment artisanal et peu étanche. Les infiltrations d'eau qui se produisent immanquablement provoquent fissures et descellements. Le 23 novembre 1697, les chanoines confient la restauration et la sécurisation de la façade à l'architecte autoproclamé Jean Saquin, qui s'offre le concours d'Hodet et Dondain, sous la direction de Chavagny. Leurs efforts sont insuffisants et, en 1706, le chapitre fait appel à Jean de la Monce. Celui-ci préconise une réfection totale en deux tranches, tout en respectant le style gothique, considération très rare à l'époque : « la reconstruction se fera tout à neuf lesdits plafonds frizes architraves seront profilés suivant son ordre gothique et tels qu'ils sont actuellement avec sculpture et ornement »[44].

Gravure du dix-neuvième siècle représentant une procession traversant le transept de la cathédrale devant le jubé
Gravure de Jean-Baptiste Marduel (XIXe siècle représentant la cathédrale telle qu'elle était au XVIIe : une procession du chapitre cathédral travesrse le transept devant le jubé reconstruit en 1572.

Entre 1752 et 1756, une autre modification de la façade est réalisée. Le linteau de l'ancien portail central était soutenu par un meneau portant une statue de Jean le Baptiste. Or les tympans des trois portails ainsi que cette statue avaient été fortement endommagés par la guerre en 1562, les portes défoncées. Le chapitre décide de mettre à profit ces destructions pour réaménager l'entrée principale : ce qu'il reste de la statue est déposé, le meneau est supprimé et remplacé par un arc surbaissé qui soutient le linteau ; les nouvelles portes sont également installées[45].

Au milieu du XVIIIe siècle, un autre grand chantier est mené à l'intérieur de l'édifice : le blanchiment de toutes les surfaces, que des siècles de combustion de cierges ont noircies. Les deux tiers de ce blanchiment sont assumés financièrement par l'archevêque. L'opération de ravalement est confié à des blanchisseurs italiens ou savoyards d'origine italienne, qui se sont spécialisés dans ce type d'opération. Le brossage de la suie est effectué avec des balais de « petit houx », sans endommager ni les[...] où il y en avait anciennement ni les statues ni les vitraux. Dans un second temps, le cahier des charges des chanoines précise que « les lunettes [voûtains situés entre les nervures] seront blanchies en couleur de pierre neuve en donnant aussi une couleur un peu plus foncée aux arêtes ou liernes des voûtes. De plus, feront revivre la dorure tant des clefs desdites voûtes que des autres endroits ». En bref, les chanoines commandent une restauration à l'identique de la cathédrale médiévale[46].

Un autre « chantier » du XVIIIe siècle consiste en l'achèvement de l'œuvre de destruction entamée par le baron des Adrets : les tympans des portails principaux sont systématiquement martelés afin d'ôter de la façade ses vestiges moyenâgeux[42]

Les troubles révolutionnaires et les hâtives restaurations sous l'Empire[modifier | modifier le code]

Entre 1791 et 1793, l'évêque Lamourette ordonne la modification du chœur. Il fait notamment détruire le jubé. Avant cette restauration, le siège de l'évêque était situé au fond de l’abside de la cathédrale[47].

Pendant le siège de Lyon, en 1793, la cathédrale est endommagée ; elle est ensuite utilisée comme temple du Culte de la Raison et de l'Être suprême. Elle est surtout fortement délaissée et se dégrade rapidement. Des premiers travaux sont réalisés sous l'Empire, en particulier pour préparer le passage de Pie VII venant assister au sacre de Napoléon. Ces premiers travaux, terminés en novembre 1804, sont exécutés sous la direction de Toussaint-Noël Loyer, puis de Claude-Ennemond Cochet et de Louis Flachéron. Ils consistent en la réfection du pavé des trois nefs, la construction d'un nouvel autel, l'installation de stalles et de grilles, venant les unes et les autres de l'abbaye de Cluny détruite par les révolutionnaires[48].

Lors de la signature du Concordat en 1801, la cathédrale est en très mauvais état : les verrières ont pour la plupart disparu, l'étanchéité de la couverture est déficiente, l'eau pénètre par les baies et la voûte, les sculptures du portail sont délabrées ; enfin, le groupe cathédral est privé des Saint-Étienne et Sainte-Croix, démolies. Le palais archiépiscopal est de même en piteux état, en particulier en ce qui concerne les toitures. L'état du bâtiment est si mauvais que Saint-Nizier est provisoirement utilisée comme cathédrale[49].

Les restaurations du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Photographie en noir et blanc de la façade de la cathédrale, vue de biais. Entre les deux tours de façade, un haut pignon triangulaire, que la toiture située derrière n'épouse pas.
Vue de la façade de la cathédrale entre 1838 et 1843 (photographie d'Hippolyte Leymarie) : le hiatus entre le pignon haut et la toiture basse y est bien visible.

L'état des lieux et les premiers travaux : 1815-1848[modifier | modifier le code]

Des débuts de la Restauration à l'avènement de la Deuxième République, une certaine latitude est laissée à l'archevêque pour ce qui est du choix de l'architecte diocésain. Sa mission est d'ailleurs également à géométrie variable, se calquant plus ou moins sur celle d'architecte des bâtiments civils et palais nationaux. Cette période correspond à peu près au mandat d'Antoine-Marie Chenavard, nommé le 28 janvier 1819 est révoqué en février 1842. Comme nombre de ses contemporains (il est né en 1787), Chenavard est un fervent adepte du classicisme qui se laisse peu à peu imprégner par l'engouement pour l'architecture médiévale. Mais, durant les premières années de son mandat, fort occupé sur d'autres chantiers importants de la région, l'architecte se désintéresse de Saint-Jean. Les seules réalisations de ces premières années sont des travaux mobiliers (aménagement de la chapelle du Sacré-Cœur), qui ne suscitent guère l'approbation des contemporains : Chenavard y mêle styles antique et roman. Il n'aborde les travaux importants qu'en février 1832, rédigeant un devis concernant la réfection de la couverture du chevet et des sculptures qui le couronnent, la reprise des arcs-boutants, enfin la réfection du dallage du parvis. Les tuiles creuses couvrant le chœur sont remplacées par un mastic bitumineux plus étanche permettant de mettre fin aux nombreuses infiltrations. Les travaux, exécutés entre 1832 et 1836, permettent d'alléger la couverture de près de cent vingt mètres cubes de gravats[50].

Le second chantier lancé par Chenavard, en septembre 1836, est la restauration des vitraux du chœur, réclamée depuis 1824 par l'administrateur apostolique Jean-Paul-Gaston de Pins. Il envisage la réfection des sept fenêtres basses (sous le triforium), et la reprise des fenêtres hautes. C'est cette dernière qui pose problème, ainsi que le remplacement des vitraux de la rosace orientale (située au-dessus de la croisée du transept). Même si l'architecte affirme faire des copies exactes des vitraux endommagés, et ne remplacer les verrières manquantes par de nouveaux ouvrages qu'avec la plus grande prudence, sa proposition suscite méfiance. Ainsi, le ministre des Cultes écrit-il : « on pourrait croire que M. Chenavard n'attache pas plus de prix à ces anciennes verrières qu'à des panneaux de verre blanc ». À la suite de ce courrier, les travaux sur les vitraux sont aussitôt ajournés[50]. Le maître-verrier choisi, Émile Thibaud, de la manufacture de Clermont-Ferrand, avait en effet pris de larges libertés avec la composition et l'iconographie des verrières. Ainsi, pour la verrière de saint Cyprien (baie no 6), interprétant faussement les images, l'artiste représente les saints Pothin et Irénée. La faiblesse du nuancier de couleurs de l'œuvre restaurée et un style beaucoup plus sec que le style médiéval originel sont également reprochés à Émile Thibaud[51].

En avril 1838, l'architecte entreprend, sans autorisation, les badigeonnage des voûtes des nefs. Un enduit de couleur rouge avait été appliqué à la fin du XVIIIe siècle sur les voûtes, nervures et encadrements des fenêtres hautes. L'intention d'Antoine Chenavard est de le faire disparaître, tout en masquant des taches de salpêtre et en colmatant des lézardes. Mais la teinte jaune qu'il choisie suscite la réprobation générale, et l'administration fait immédiatement cesser les travaux. Le cardinal de Bonald, nommé évêque de Lyon en 1839, grand amateur de l'architecture médiévale et fervent partisan du néogothique, préconise le limogeage de Chenavard et son remplacement par Pierre Bossan, en invoquant l'agenda chargé de l'architecte diocésain ; le préfet du Rhône accède à son désir le 9 mars 1842 et démet Chenavard du chantier de l'édifice, ce qui entraîne sa démission le jour même. Le seul chantier dont la cathédrale actuelle garde le souvenir visible est la chaire, réalisée en 1839, et dont le style oscille entre gothique flamboyant et Renaissance[50].

Tout l'échec de la restauration de la cathédrale en cette première moitié du XIXe siècle n'est pas à mettre sur le compte de Chenavard. Le manque de crédits est, lui aussi, criant. La réfection totale des toitures du comble est ainsi reportée indéfiniment, ainsi que celle de la couverture de l'abside. À résumer les actions de cette période, on peut dire qu'elle consiste surtout à effacer les traces du XVIIIe siècle, sans pour autant restituer à la cathédrale son aspect pré-révolutionnaire (le jubé, par exemple, n'est jamais reconstruit)[50].

La « cathédrale idéale » de Tony Desjardins[modifier | modifier le code]

À partir du 10 décembre 1845, l'architecte Tony (Antoine) Desjardins, nouvel architecte diocésain (qui est aussi, à partir de 1854, architecte en chef de la ville de Lyon), étudie avec Pierre Bossan une restauration de la cathédrale. Un premier devis pour une restauration générale est accepté par le conseil des bâtiments civils le 6 août 1846 ; un second document, sorti le 12 janvier 1847, propose le phasage des travaux en deux tranches : le chœur et les chapelles latérales[52].

Le projet de Desjardins n'est pas une simple restauration : il s'agit de donner à la cathédrale une esthétique gothique harmonisée, incluant des transformations de l'apparence de celle-ci, et donc d'achever ce que le Moyen Âge n'a pas compléter. En particulier, Saint-Jean est dotée en façade d'un haut pignon triangulaire, derrière lequel la charpente de la toiture forme un triangle beaucoup plus bas, surbaissé. Le projet de Tony Desjardins est de réaliser une toiture qui soit dans l'alignement du pignon. D'autres « embellissements » sont projetés : réfection des chéneaux d'écoulement des eaux pluviales, de manière à couvrir les murs des basses-nefs ; remplacer la balustrade du chevet, ainsi que le couronnement de l'abside. Mais, en ce qui concerne ces derniers, ils sont tous rejetés systématiquement par l'administration des Bâtiments civils, qui exige que Desjardins se cantonne à « la restauration pure et simple de ce qui existe ». Le devis de 1849 est estimé par l'architecte à 503 782,25 francs, approuvé par Félix Esquirou de Parieu, ministre de l'Instruction publique et des Cultes, le 8 avril 1850. Cette charpente est réalisée entre 1855 et 1861[52].

Un autre des projets de Tony Desjardins, dans la lignée d'Eugène Viollet-le-Duc et de sa « cathédrale idéale », est de doter Saint-Jean d'une flèche au-dessus de la croisée du transept et de deux autres sur les clochers qui flanquent le chœur. L'idée est de faire ressembler Saint-Jean aux cathédrales gothiques du Bassin parisien[53],[52].

Les travaux de la « cathédrale idéale » : 1849-1862[modifier | modifier le code]

Photographie, prise sous le même angle que la gravure « anonyme Fabriczi » (depuis le milieu de la montée du Chemin-Neuf). La cathédrale y domine tout le Vieux Lyon, plus encore qu'au Moyen Âge avec sa toiture alignée avec le haut pignon de façade.
La cathédrale en 1890, après la restauration de Tony Desjardins. La plus visible des différences par rapport à l'état initial et l'état actuel est le rehaussement de la charpente, qui donne aux toitures cette forte pente.

Mgr Bonald, alors archevêque de Lyon, soutient voire inspire le projet, « son intention [étant], plus tard, de remplacer par des flèches l'ignoble chapeau des deux tours ». Ces tours n'auraient pas été construites en maçonnerie de pierre : comme on l'a vu, les tours orientales sont construites sur des alluvions, ce qui les rend inaptes à porter le poids considérables de l'ajout : les tours auraient été des charpentes couvertes en ardoise. Le comité des inspecteurs des édifices diocésains approuve également l'exécution de ces travaux. Il faut dire également qu'une certaine compétition entre diocèses, entre cathédrales, et donc entre architectes, existe. Cependant, cet engouement pour des formes idéalisées de l'architecture médiévale a aussi ses opposants. Ils finissent par obtenir gain de cause : la cathédrale est ensuite classée à l'inventaire des monuments historiques (en 1862). En effet, les opposants aux divers projets espèrent figer la cathédrale dans la configuration d'alors et empêcher tous travaux supplémentaires. Le rehaussement de la toiture, lui aussi, est jugé avec sévérité. Léon Vaudoyer, membre du comité des inspecteurs des édifices diocésains, estime que face à ce hiatus, deux solutions seulement étaient possibles : démolir le pignon isolé et le remplacer par une décoration quelconque, « une galerie par exemple réunissant les deux clochers, ou une simple balustrade », option considérée comme irrecevable, ou laisser le pignon avec la toiture en l'état[52].

Les divers travaux ont leurs thuriféraires comme leurs contempteurs ; les premiers, au sein notamment de la Revue du Lyonnais, estiment que « le style des deux tours exige absolument des flèches ou des terrasses au lieu de ces horribles toits à chapeaux qui les surmontent actuellement ». Les seconds, parmi lesquels on compte Joseph Bard ou l'architecte Charles Savy, sont très critiques ; le premier dénonce en 1846 l'engouement excessif pour l'architecture médiévale de ceux qui « poussent jusqu'au fanatisme et à la superstition, jusqu'au délire l'amour effréné du gothique » ; le second estime en 1861 que le choix effectué à Lyon est le mauvais, et qu'il aurait mieux valu imiter ce qui s'est fait à Saint-Maurice à Vienne ; il s'inquiète de ce que « la toiture aiguë que l'on vient d'élever si inconsidérément sur la grande nef va nécessiter forcément le relèvement de tous les clochers ». Savy finit même par interpeller Viollet-le-Duc, qui, selon lui, a trahi l'esprit de son propre manifeste de 1843. Eugène Jouve, journaliste du Courrier de Lyon, publie deux articles les 5 et 7 octobre 1856, où il se demande s'il n'aurait pas été préférable de relever la voûte du chœur au niveau de celle de la nef, mais en admettant que ces lourdes modifications auraient nécessité le remplacement des fenêtres hautes par de vastes baies gothiques semblables à celles de la nef[52].

Photographie en noir et blanc de l'intérieur de la primatiale, vu de l'abside vers la façade. Le chœur est bordé de deux rangs de stalles de chaque côté, le grand orgue est situé dans la chapelle nord (à droite) et la cathèdre de pierre, située face à ce dernier, est de style néogothique.
La cathédrale à la fin du XIXe siècle, vue depuis l'abside. On remarque les stalles des chanoines, placées dans le chœur ; le grand orgue, dans la chapelle nord ; et le trône néo-gothique qui a remplacé la cathèdre, face à l'orgue. L'autel est avancé jusqu'à la croisée du transept.

Outre ces modifications d'aspect que l'on peut effectivement trouver contestables, et de toute manière ne correspondant pas à l'aspect médiéval de la cathédrale, l'aspect le plus criticable de ces travaux est qu'ils sont réalisés au détriment de l'entretien normal de l'édifice, en particulier de ses parties hautes[52]. Dans les années 1880, la pénurie budgétaire redirige la totalité des investissements publics vers l'espace urbain ; la restauration des édifices religieux est laissée aux fabriques paroissiales, et seuls les travaux urgents peuvent donc être réalisés. Ainsi, en 1855, le verrier Antoine Lusson fils crée des vitraux dans la cathédrale[54]. En 1879, de nouvelles grilles sont installées devant la façade principale, puis devant les chapelles latérales. Le 13 juin 1881, la restauration de la partie supérieure de la façade, proposée par l'architecte Paul Abadie est approuvée, pour un devis de 56 863,25 francs ; ce dernier en profite pour toiletter les deux tours occidentales, ainsi que la grande rosace de la façade. Mais en 1887, les crédits étant épuisés, les travaux s'arrêtent[55].

La réfection de la galerie extérieure est entreprise en 1890, par Paul, fils de Tony Desjardins, travaux poursuivis entre 1894 et 1896 par Henri Révoil. Ce dernier, de son côté, insiste auprès de l'archevêché pour poursuivre la restauration de la façade, travaux qui débutent en 1888. Il poursuit ce chantier par un travail sur le porche et le parvis en 1896 ; en 1897, il plaide pour la restauration de la tour sud ; entre 1901 et 1905, il conduit la nouvelle couverture d'ardoise de la nef[55]. Cela n'empêche pas les projets d'embellissements : un nouveau projet de flèche se fait jour en 1884 sous le crayon de l'architecte Jules-Henry Monnier, puis en 1899 sous celui de Rogatien Le Nail ; enfin, Joseph Berger tente au début du XXe siècle de reconstituer le tombeau du cardinal de Bourbon et la chapelle du même nom. Mais rien n'est réalisé hors les restaurations[52].

Destructions et restaurations des XXe et XXIe siècles[modifier | modifier le code]

Photographie en noir et blanc prise depuis le triforium, montrant le sol de la croisée du transept, éventré afin de réaliser des fouilles archéologiques.
Travaux de 1936 dans la primatiale, mettant à jour les fondations de l'ancienne basilique.

Durant l’entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 12 au 13 novembre 1930, le glissement de terrain connu sous le nom de catastrophe de Fourvière, qui fait une quarantaine de victimes dans la rue Tramassac, attire soudainement l'attention des pouvoirs publics sur le quartier Saint-Jean : les travaux d'assainissement du XIXe siècle n'ont que peu touché ce quartier ; des projets d'embellissement et de mise en valeur de la primatiale sont envisagés. Les premières démolitions commencent en 1931 le long du bas-côté septentrional, puis suspendus jusqu'en 1936. Puis les anciennes écuries du palais Saint-Jean, qui touchaient à l'abside, sont démolies pour dégager le chevet[56].

Le chœur est restauré dans sa disposition médiévale entre 1935 et 1936, sur proposition de la commission des Monuments Historiques, après deux années de négociation auprès des autorités diocésaines. Le siège épiscopal est ôté et transporté dans a chapelle des Bourbons ; le lourd plancher couvrant le sol du chœur est retiré. Lors de ces travaux très lourds, des fouilles sont effectuées sous le transept ; elles exhument les fondations de l'ancienne basilique. Un des buts avoués de ces fouilles est la tentative faite de retrouver les restes de l'ancien chapitre, la chaire d'Innocent IV, mais surtout la tête de Saint Irénée. De ce point de vue, les fouilles sont un échec complet. Les restes retrouvés sont des fragments de mosaïque et les gradins circulaires du presbyterium. Un nouveau dallage est posé et l'autel est rétabli dans sa configuration d'avant 1789[57]. La pierre beige utilisée pour le nouveau maître-autel est assortie à celle du sol (pierre de Comblanchien), mais l'ambon et le siège de la présidence ne sont pas traités[58].

Durant ce siècle, la toiture de la nef continue de faire polémique : l'architecte Jean Gélis, ayant restauré la tour de la Madeleine entre 1931 et 1938, dégagé le bas-côté sud et remis à neuf la rosace en en 1936, propose en décembre 1937 au préfet du Rhône le remplacement des ardoises par des tuiles, surtout dans un but d'harmonisation : « il y a lieu de regretter cette toiture, dont les dimensions et la couverture en ardoises font tache au milieu d'un des plus beaux paysages de Lyon, composé de toitures basses à lignes horizontales... ». Il se trouve que le faîtage est en mauvais état ; se fondant sur cette dégradation, Gélis peut faire démolir le comble en 1940 et le reconstruire suivant l'ancienne pente entre 1941 et 1942[57].

La Seconde guerre mondiale et ses conséquences[modifier | modifier le code]

Lors de la libération de Lyon en septembre 1944, la cathédrale est relativement plus épargnée que la moyenne des édifices français. Les seuls gros dommages subis sont liés à la démolition systématique des ponts par les troupes allemandes en retraite. Les 1er et 2 septembre, celles-ci font sauter tous les ponts, y compris le pont Tilsitt[59]. L'explosion met à mal de nombreux édifices. En particulier, toutes les verrières de Saint-Jean sont plus ou moins endommagées. Fort heureusement, la plupart des vitraux anciens avaient été ôtés, mis en caisses et placés dans les caves du château de Bagnols, dans le Beaujolais. Ne sont ainsi détruits que les vitraux à motifs géométrique, placés dans les grandes fenêtres de la nef, les vitraux imagés de la fin du XIXe siècle situés dans les chapelles latérales (entre autres plusieurs vitraux de Lucien Bégule), ainsi que les meneaux en pierre de deux chapelles situées du côté méridional de la nef. Le choix fait de protéger les vitraux est en tout cas judicieux, car les planches obstruant les fenêtres sont totalement arrachées par l'explosion ; même les portes et la toiture sont abîmées[60].

La remise en état de l'édifice est particulièrement longue. Il faut l'intervention énergique du cardinal Gerlier pour que le sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts accepte de lancer des travaux, prévus pour être exécutés en deux temps : la réparation des baies hautes, prévue pour durer quelques mois, et la création d'un nouvel ensemble pour les chapelles latérales et les bas-côtés, lancé en 1956 par André Donzet, architecte en chef des Monuments Historiques du Rhône. Le programme de vitraux s'accorde avec la dédicace particulière de chaque chapelle, à l'exception de la chapelle des Bourbons, où les nouvelles verrières doivent mettre en scène les deux premiers évêques de Lyon[61].

Les années 1970[modifier | modifier le code]

Images juxtaposées. À gauche, dessin en noir et blanc, carton de vitrail figuratif (représentant entre autres le baptême de Clovis, l'Annonciation et le péché originel). À droite, photographie en couleur de la même verrière, dont le vitrail est constitué de formes abstraites.
À gauche, carton de l'un des vitraux réalisés dans la cathédrale au XIXe siècle par Lucien Bégule. À droite, photographie de la même verrière, où l'un des vitraux non-figuratifs réalisés par Jean-Jacques Grüber remplace le vitrail précédent, détruit en 1944.

Les travaux de création et de mise en place des nouveaux vitraux prennent beaucoup de retard. Alors que les réparations de la tour nord et de la couverture sont en cours en 1963, celles des verrières sont encore en suspens. Cinq baies sont réalisées en 1969 et 1970 dans les ateliers de Jean-Jacques Grüber, d'après les dessins de sa fille Jeanette Weiss-Grüber. En 1973, le cardinal Renard fait remarquer que nombre de traces de la guerre sont encore visibles sur la cathédrale, et en particulier qu'en de nombreux endroits des planches disjointes tiennent lieu de fermeture des baies à la place des vitraux non encore remplacés. Il fait le vœu de profiter des commémorations prévues pour le septième centenaire du deuxième concile de Lyon pour rafraîchir la primatiale. C'est également à cette date que Jean-Gabriel Mortamet devient architecte en chef des Monuments historiques. En 1974, deux verrières, dessinées par Charles Marq, sortent de l'atelier de Jacques Simon et viennent enrichir la chapelle des Bourbons. En 1975, Mortamet lance le chantier de nettoyage des façades de l'édifice, ainsi que celui de la restauration des tour sud et la reprise des maçonneries de la tour nord[62].

Depuis le 12 mai 1964, André Malraux avait créé dans le Vieux Lyon le premier secteur sauvegardé de France ; cet acte mettait un frein aux divers travaux de rénovation urbaine lourde prévus dans le secteur, dont les plus radicaux impliquaient le passage d'une bretelle d'autoroute à travers le quartier (le projet Navigation »)[63]. À la suite de cette protection inédite, de nombreux projets voient le jour pour redorer l'image du quartier. L'un d'entre eux correspond au dégagement de la partie nord de la primatiale, à la faveur de l'agrandissement du palais de justice (finalement non réalisé). L'architecte des Bâtiments de France lance alors une étude visant au dégagement des vestiges de Sainte-Croix par la démolition des immeubles situés rue de la Bombarde. De 1972 à 1977, sept campagnes de fouilles sont menées sous les immeuble détruits ou en voie de l'être ; en parallèle, trois sondages sont réalisés dans l'abside de Saint-Jean, et un à l'extérieur ; les trouvailles faites permettent la reconstitution et la datation des édifices successifs du groupe épiscopal, ainsi que du mur jouxtant la Saône[64]. Le choix fut fait de mettre en valeur les restes de deux petites églises du groupe cathédral en les insérant dans le jardin archéologique Girard Desargues[65].

Les années 1980[modifier | modifier le code]

Chevet de la cathédrale. En arrière-plan, au sommet de la colline, la basilique Notre-Dame-de-Fourvière
Le chevet de la cathédrale, principal centre d'activitédes chantiers de restauration de la fin des années 1980.

À partir de 1977, l'État s'investit en lançant des campagnes de nettoyage des façades, en commençant par le bas-côté septentrional. Un finanement spécial est proposé par le premier ministre (et futur maire de Lyon) Raymond Barre. Les travaux se déroulent de 1980 à 1982, à la suite de quoi le chantier s'attaque aux deux tours côté Saône ; à l'occasion de la pose des échafaudages en vue du blanchiment des pierres, d'autres équipes sont dépêchées sur place pour nettoyer et restaurer les vitraux des bas-côtés[64]. En 1981, le conservateur régional des monuments historiques coupe la ville de de Lyon en deux circonscriptions distinctes. Jean-Gabriel Mortamet reste en charge de la fin de la restauration de la façade occidentale, puis Didier Repellin lui succède en 1982[66]. À l'occasion de la visite de Jean-Paul II à Lyon du 4 au 7 octobre 1986, d'autres travaux sont effectués dans la cathédrale. En particulier, l'éclairage est revu. Les lustres de Paul Desjardins avaient été remplacés par des suspensions hémisphériques en acier galvanisé ; les années 1980 voient la pose d'un éclairage plus artistique tentant de rendre l'aspect médiéval des lieux, en recherchant le rendu qu'obtenaient les maîtres verriers médiévaux en recomposant une lumière blanche à travers leurs vitraux colorés[67].

Dans le cadre de la loi-programme proposée par François Léotard le 21 avril 1988[68], concernant « la restauration et la mise en valeur des monuments classés ou inscrits », deux grands chantiers de restuaration de cathédrales sont lancés : Reims et Lyon. Quatorze millions de francs son consacrés à la restauration du chevet de la primatiale ; celui-ci est recouvert d'échafaudages de janvier 1989 à décembre 1990. Un blanchiment par gommage[note 10] est utilisé sur la plus grande surface possible, le remplacement de certaines pierres trop abîmées ou dangereuses décidé là où il est nécessaire (bandeaux, gargouilles, contreforts). Pour refaire les gargouilles et remplacer les pierres manquantes, une nouvelle carrière est utilisée, celles datant de la construction étant inexploitées. C'est la pierre d'Anstrude[70] extraite à Bierry-les-Belles-Fontaines, dans l'Yonne, qui est utilisée. Pour les pierres dont l'état de dégradation est moins inquiétant, un ragréage est pratiqué. Enfin, tous les joints ayant été faits en ciment, matériau nuisible à la bonne conservation de la pierre, sont ôtés[note 11] et remplacés par de la chaux grasse[69]. Ce chantier est également l'occasion pour les archéologues d'étudier en détail les marques lapidaires laissées aux XIIe et XIIIe siècles par les tailleurs de pierre qui ont réalisé le chevet[22].

À l'occasion de ce chantier, la rosace orientale (celle qui est située à la croisée du transept, au-dessus du chœur) est déposée intégralement (son manque d'accessibilité rendant impossible toute intervention sur place) et nettoyée et restaurée par Jean Mauret, maître verrier de Bourges. Les couvertures de tuiles creuses qui couvraient originalement les bas-côtés sont restaurées. La toiture en cuivre recouvrant la grande sacristie est également refaite à neuf. Mais c'est surtout la forme que prend ce chantier qui est originale. D'une part, la cathédrale lyonnaise est jumelée avec la cathédrale épiscopalienne de New York, Saint John the Divine, dont la construction est inachevée. Un échange d'ouvriers français et américains se fait, afin que les constructeurs et les restaurateurs s'enseignent mutuellement, mais aussi que la présence d'invités stimule l'inventivité et le perfectionnisme des travailleurs[71]. D'autre part, l'atelier de taille de pierre est installé sur le trottoir et ouvert au public par le truchement d'une grande baie vitrée. Les visiteurs peuvent donc regarder les tailleurs de pierre à l'œuvre, suivre l'évolution des œuvres et s'approprier le chantier. Des visites sont également organisées dans le chantier, dont neuf mille personnes profitent. Le chantier initié par la loi Léotard dure deux années ; la réception officielle des travaux a lieu le 8 décembre 1990, lors de la fête des Lumières[69].

Les années 1990[modifier | modifier le code]

En 1992, un concours est organisé par la DRAC Rhône-Alpes, sur proposition de l'archevêque Mgr Decourtray et de la commission diocésaine d'art sacré pour un réaménagement de l'église sous plusieurs aspects (type de chaises, mode d'éclairage de la nef, des bas-côtés et des chapelles latérales, ambon, autel, etc.) ; les architectes d'intérieur Andrée Putman et Olivier Gagnère sont mis en concurrence. C'est la première qui remporte le concours. En 1993, elle effectue une proposition d'aménagement qui est reçue de manière enthousiaste par le cardinal. La proposition repense l'aménagement intérieur de manière globale, aussi bien en ce qui concerne le mobilier liturgique ou les bancs qu'en ce qui touche au mobilier non-liturgique d'accueil du public. Des essais de nettoyage des élévations de l'abside et du chœur sont effectués en 2010. Ils révèlent notamment que ces élévations sont constitués d'une pierre marbrière d'excellente facturecomportant des frises de scagliola de mortier rouge ; André Putman, tenant compte de ce matériau brillant, décide de remplacer que le nouveau maître-autel sera réalisé en albâtre, afin de correspondre aux objectifs visuels du cahier des charges. Le maître-autel en place jusque là est déplacé dans la chapelle de semaine[58].

Les restaurations et travaux du début du XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Façade occidentale de la cathédrale, photographie prise de nuit. La façade est illuminée de multiples couleurs, les contours de ces dernières épousant les reliefs de l'édifice.
La façade de la cathédrale illuminée durant la fête des Lumières un 8 décembre. La cathédrale est un des lieux emblématiques de cette fête à partir des années 2000.

En parallèle, les travaux de restauration des extérieurs se poursuivent. La façade méridionale fait l'objet du chantier allant de 2003 à janvier 2005 ; durant ce chantier, l'ensemble de la façade est restauré, depuis les festons en partie haute jusqu'au pied des baies du mur gouttereau, y compris les couvertures des bas-côtés, les arcs-boutants, les remplages et les pinacles. À partir de 2005, ce sont les couvertures des chapelles Saint-Vincent et des Bourbons qui sont refaites, y compris le remplacement de plusieurs sculptures particulièrement dégradées. En 2007-2008, la tour sud de la façade principale, la manécanterie et la rosace centrale font l'objet des travaux, et le tour de l'édifice se termine en 2009-2011 avec le chantier de la façade septentrionale. Enfin, en 2011, une nouvelle campagne de nettoyage de la façade occidentale est menée. Lors de celle de 1980, les techniques de nettoyage n'étaient pas suffisamment avancées pour nettoyer les statues sans les endommager. Par ailleurs, comme cela a été fait en 1988-1990 sur le chevet, tous les joints en ciment sont ôtés et remplacées par des joints de chaux grasse. Cette restauration intégrale des façades, menée donc de 1981 à 2011, est prise intégralement en charge par l'État, qui y consacre plus de dix millions d'euros[58].

Les restaurations des sculptures continuent de nos jours. En particulier, en 2005, quatre gargouilles du chevet sont remplacées ; elles avaient été posées en 1989-1990, mais les fixations des projecteurs mis en place par la ville de Lyon les avaient endommagées. En 2010, le tailleur de pierre Emmanuel Fourchet réalise une gargouille située à une douzaine de mètres de hauteur, qui fait beaucoup parler d'elle : en effet, il a pris la décision de sculpter cet élément à l'effigie du chef de chantier de la cathédrale, Ahmed Benzizine, elle est ornée de la double inscription « Dieu est grand » et « الله أَكْبَر » (Allahou akbar)[72]. Les jeunesses identitaires lyonnaises qui s'emparent du fait pour prétendre qu'« à Lyon, les musulmans se paient le luxe de s'approprier nos églises, en toute tranquillité et avec la complicité des autorités catholiques »[73]. Au contraire, l'imam Kamel Kabtane, recteur de la grande mosquée de Lyon n'y voit qu'« un clin d'œil, un de plus, à l'amitié islamo-chrétienne à Lyon » et rappelle qu'« en 1875, lors de la consécration de Notre-Dame de Fourvière, l'émir Abd el-Kader était présent »[74]. Le recteur de la cathédrale, le père Michel Cacaud, estime quant à lui que les critiques sont le fait d'un « manque de culture »[75] et que certaines de gargouilles de l'édifice « pourraient scandaliser beaucoup plus »[76]. Le père Vincent Feroldi, délégué épiscopal aux relations avec les musulmans pour le diocèse de Lyon, rappelle que la présence d'inscriptions arabes sur les églises françaises est une tradition attestée, comme en témoigne par exemple celle en caractères coufiques sur l’une des portes de la cathédrale du Puy[77], dont la signification est discutée ; la signification plus plausible étant السيادة هي الله (« Allah est souverain »)[78].

Évènements importants[modifier | modifier le code]

Conciles[modifier | modifier le code]

Les deux conciles œcuméniques de Lyon se sont tenus au XIIIe siècle dans la primatiale encore inachevée. Lors de ces deux conciles, le pape était présent. Le premier concile de Lyon (treizième concile œcuménique) se tient dans la cathédrale en juin et juillet 1245. Le maître-autel est consacré durant ce concile par le pape Innocent IV. À l'époque, celui-ci demeure à Lyon (1244-1251), où il est sous la protection de l’archevêque Philippe Ier de Savoie, et où la proximité de la France lui permettrait de se réfugier en cas d'attaque de l'empereur Frédéric II[79] ; les frais du concile sont entièrement payés par l'archevêque lyonnais[80].

Le deuxième concile (quatorzième concile œcuménique) se déroule de mai à juillet 1274, avec six semaines d'assemblées. Le pape Grégoire X tente de réunir les Églises latines et grecques. Environ 8 000 personnes arrivent dans la ville (qui compte alors de dix à douze mille âmes seulement, ce qui pose de redoutables problèmes logistiques), dont à peu près 1 500 délégués qui assisteront aux séances. Les délégués grecs professent la foi catholique. À la suite de l'ambassade de Jean de Plan Carpin auprès d'Ögödei, une délégation de Tatars est présente pour que ses membres reçoivent le baptême[81]. Le docteur de l'Église saint Bonaventure meurt pendant ce concile après y avoir joué un grand rôle.

Visites pontificales[modifier | modifier le code]

En dehors du long séjour d'Innocent IV de 1244 à 1251, et de la présence de Grégoire X pour le deuxième concile, la cathédrale Saint Jean est encore le théâtre du couronnement du pape Jean XXII (Jacques Duèse) en 1316 ; s'il a lieu dans cette ville, ce sont surtout pour des raisons politiques liées à la succession du trône de France[82].

En 1804, contraint par la force d'aller assister au Sacre de Napoléon à Paris, Pie VII fait halte à l'aller comme au retour à Lyon, où il est reçu par Mgr Fesch. Le 19 novembre, il est accueilli par une foule considérable dans la primatiale ; le lendemain, il y célèbre une messe avant d'aller bénir la foule rassemblée sur la place Bellecour, enfin reçoit des délégations particulières au palais archiépiscopal, et repart le 21. Le 16 avril 1805, revenant vers Rome, il s'arrête quatre jours à Lyon, où il reste jusqu'au 20 ; son principal acte fut la restauration du culte dans la chapelle Saint-Thomas de Fourvière, point de départ d'une dévotion populaire très forte à Notre-Dame de Fourvière[83].

Le 5 octobre 1986, le pape Jean-Paul II rentre dans la primatiale où sont rassemblés des centaines de malades venus de toute la région. Un tiers de la place disponible dans l'édifice a été aménagé pour recevoir . Pendant trois quarts d'heure, il s’adresse à chacun personnellement[84].

Autres visiteurs notables[modifier | modifier le code]

En 1248, en partance pour la septième croisade, le roi de France Louis IX rencontre à Lyon le pape Innocent IV, qui y séjourne alors (voir ci-dessus)[85]. La primatiale accueille encore temporairement son corps, rapporté de Tunis par son fils Philippe III le Hardi en direction de la basilique Saint-Denis en avril 1271[86].

Le , la cathédrale abrite le mariage d'Henri IV et de Marie de Médicis célébré par le légat du pape (après avoir obtenu du pape l'annulation de son précédent mariage avec la reine Marguerite)[87],[88].

L'empereur Napoléon Ier et Joséphine sont reçus par le cardinal Joseph Fesch (frère utérin de la mère de Napoléon) en 1805.

Architecture[modifier | modifier le code]

Plan en couleurs de la cathédrale, dans lequel chaque couleur est associée à une époque de construction. La légence montre l'évolution du chantier d'est en ouest, du sanctuaire vers la façade.
Plan au sol de la cathédrale, dressé par Lucien Bégule d'après les relevés de l'architecte Tony Desjardins. Les différentes époques de construction y sont bien visibles.

La primatiale est une église, orientée est-sud-est, à trois nefs (nef centrale et deux bas-côtés), dont la nef comporte quatre travées doubles (c'est-à-dire huit travées pour les bas-côtés, et quatre seulement pour la nef ; mais chaque travée de celle-ci est dotée d'un pilier central qui porte l'ogive orthogonale). La cathédrale est en outre dotée d'un transept qui dépasse le collatéral de la largeur d'une travée. En revanche, comme la plupart des églises du Lyonnais, elle ne comporte pas de déambulatoire, seulement deux chapelles latérales contiguës au chœur. Ce dernier, long de deux travées, est prolongé par une abside heptagonale (un demi-dodécagone).

L'édifice, construit en calcaire blanc, est en outre doté de quatre tours dépourvues de flèches : deux surplombent la façade, les deux autres, plus massives, sont situées sur les travées extrêmes de la croix du transept. La particularité la plus visible de la façade est d'être surmontée d'un haut pignon triangulaire, plus haut que les tours de façade, et qui n'épouse pas la charpente assez basse de l'édifice. La façade de la cathédrale est prolongée au sud par celle de la manécanterie ; entre ce dernier bâtiment et le palais archiépiscopal s'étend un cloître de forme rectangulaire. La manécanterie et ce cloître ne sont pas dans l'axe de la cathédrale, mais, plus ancien, ils s'alignent avec l'édifice carolingien qui le précède, désaxé vers le sud[89].

Dimensions[modifier | modifier le code]

La primatiale est un édifice de dimensions relativement modestes, ce qui s'explique à plusieurs titres. Tout d'abord, le conflit entre Guichard et le chapitre ôte à l'archevêque tout l'espace disponible à l'ouest, du côté de la colline, et le force à construire sa cathédrale sur les berges e la Saône, qui constitue donc une limite technique infranchissable. Cette double contrainte longitudinale limite nécessairement la longueur intérieure de l'édifice à 80 mètres (dont vingt mètres pour le chœur)[90].

Ensuite, concernant la hauteur et la largeur de l'édifice, la conception évolutive de l'édifice en explique certaines limitations techniques. Notamment, l'obligation de poursuivre en gothique un travail entamé en style roman limite les possibilités techniques. Par exemple, la nef doit avoir la même largeur que le chœur, dont les dimensions sont limitées par les possibilités techniques de la voûte romane prévue initialement (et déjà assez vaste pour une voûte en cul-de-four). Cela explique sa largeur de 13,3 mètres seulement[91],[note 13], ainsi que la faible hauteur des voûtes du chœur (24,3 mètres). La largeur totale des trois nefs (nef centrale et collatéraux) est de 26 mètres[90].

D'autre part, les premières expérimentations gothiques (notamment, la construction de piles en prévision de l'installation de voûtes sexpartites) contrarient l'exécution d'un projet plus en phase avec les techniques déployées dans le nord de la France. La hauteur des voûtes, sans être faible, est de 32,5 mètres (les cathédrales de Bourges ou de Chartres, contemporaines, ont une voûte plus élevée de cinq mètres)[90].

Enfin, le choix fait de ne pas construire de flèches sur les tours limite la hauteur de celles-ci à 44 mètres[90].

L'extérieur[modifier | modifier le code]

La façade occidentale[modifier | modifier le code]

Elle est en partie composée de blocs provenant d'anciens monuments romains s'étant effondrés au IXe siècle, en particulier de l'ancien forum. Elle est très marquée par la fin du XVe siècle, à savoir un gothique des plus flamboyants.

Les portails[modifier | modifier le code]

Les trois portails de cette façade comptent 328 bas-reliefs en « éperon », situé sur les piliers saillants[92] (trois cent vingt dans les portails et huit consoles libres). Au XVIe siècle, le baron des Adrets, alors calviniste (il changea de camp par la suite), détruisit toutes les statues des saints dans les niches de la façade et décapita tous les anges des trois portails. Son travail de destruction fut parachevé au XVIIIe siècle par des martelages visant à faire disparaître ces décorations jugées moyenâgeuses[42].

Le parvis[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Place Saint-Jean (Lyon).

Le parvis correspond à la place Saint-Jean. Celle-ci est semi-piétonnière et ornée d'une fontaine en son centre

Les façades nord et sud[modifier | modifier le code]

Le chevet[modifier | modifier le code]

Les tours[modifier | modifier le code]

Seules deux des quatre tours possèdent des cloches. Les cloches dites « civiles » sont au nombre de trois, et situées dans la tour nord de la façade occidentale, celle sur laquelle une horloge est accrochée[93].

Dans la tour nord du transept, sont suspendues les cloches à la volée de la primatiale. Elles sont au nombre de six : la Grosse Cloche ou Anne-Marie ; la Deuxième ou Gabrielle ; le Tiers Sainct ou Blandine ; Séral ou Quart Sainct ; la Cinquième ou Pothin ; le Schiule ou Rappiau (« Rappel »)[94]. Anne-Marie, coulée en 1622 par Pierre Recordon, mesure 2,19 mètres de diamètres, pèse 7 700 kilogrammes et sonne un la bémol 2. Gabrielle, coulée en 1805 par Frèrejean Cadet, mesure 1,62 mètre de diamètre, pèse 2 379 kilogrammes et sonne un si bémol 2. Blandine, attribuée à Chevalier, mesure 1,38 mètre de diamètre, pèse 1 533 kilogrammes et sonne d'ordinaire un do 3 ; elle est hors service en 2014. Séral, coulée en 1671 par Léonard Dupont , mesure 1,08 mètre de diamètre, pèse 697 kilogrammes} et sonne un fa 3. Pothin, coulée en 1820 par Chevalier, mesure 96 centimètres de diamètre, pèse 535 kilogrammes et sonne un sol 3 ; comme Blandine, elle est hors service en 2014. Enfin, Rappiau, coulée par un fondeur inconnu, mesure 83 centimètres de diamètres et sonne un la bémol 3[93].

En 1789, le clocher comportait huit cloches : non seulement Anne-Marie, mais aussi trois cloches de Léonard Dupont (1671), dont il ne reste que Séral, et trois cloches de Ducret père et fils, datant de 1768[93].

L'ornementation : statues, bas-reliefs et gargouilles[modifier | modifier le code]

Le cloître situé immédiatement au sud de la cathédrale, derrière la manécanterie, est orné, sur son côté septentrional (c'est-à-dire la façade de la primatiale) d'un ensemble de statues du XIIIe siècle. La porte donnant sur la galerie occidentale, reconstruite au XVe siècle, présente un décor de feuilles très réaliste, à dater probablement entre 1275 et 1300. Cette porte dite « de la Vierge à l'Enfant » remplace un autre ouvrant, roman Son nom est dû à la statuaire : une statue de Marie y est effectivement scuptée sur le tympan : elle y est assise sur un trône, tenant une fleur de lys, que montre Jésus assis sur ses genoux. L'ensembe est entouré et encensé par deux anges agenouillés aux ailes déployées. Les statues sont colorées, présentant une dominante de bleue, couleur associée à Notre-Dame ; la fraîcheur de la couleur indique une reprise postérieure[89]. Dans le cloître encore, les culées des arcs-boutants comportent chacune une niche abritant une statue protégée par un dais polygonal ; quatre d'entre elles portent des statues typiques de l'école rémoise du milieu du XIIIe siècle ; les deux autres des statues sculptées au début du XXe. En ce qui concerne les anciennes, elles représentent le roi David, le sacrifice d'Isaac, un homme en manteau et un chevalier en cotte de mailles, ces deux derniers ayant perdu la tête. Il est néanmoins probable que ce dernier soit saint Maurice, fort honoré dans la région. Une des deux statues récentes représente Jean-Marie Vianney. Enfin, les pinacles des culées sont elles aussi ornées de petites statues[95].

Contrairement aux cathédrales de Reims ou de Strasbourg, dans laquelle une identité sculpturale est discernable, les styles présents sur la primatiale de Lyon sont très éclectiques. Il est probable que maintes statues aient été réalisées par des artistes de passage. Les anges du portail ont des ressemblances avec ceux des cathédrales champenoises, par exemple[96]. Au Moyen Âge, l'apprentissage des sculpteurs était effectué sur le tas. Les artisans commençaient à travailler sur le chantier très jeunes, entre douze et quatorze ans. Pendant les deux premières années, leur tâche exclusive consistait en dégrossissage du matériau à la broche, puis la réalisation d'une surface place. Ainsi, il ne commençaient à réellement sculpter qu'après plusieurs années d'expérience sur le projet. Encore dans les années 1960 ou 1970, les blocs de cinq à huit tonnes étaient déplacés uniquement au cric et aux leviers, et les blocs arrivaient sur chantier non taillés. Au début du XXIe siècle, des engins permettent de simplifier les opérations de bardage, et les blocs arrivent sur chantier préparés aux bonnes dimensions, les faces déjà nettoyées[97].

L'intérieur[modifier | modifier le code]

Photographie couleur de l'intérieur de la cathédrale, du portail vers le chœur
Intérieur de la primatiale. Vue générale de la nef et des bas-côtés, vers le chœur et l'abside, en arrière-plan. La différence de niveau entre les voûtes plus basses du sanctuaire et celles du transept est bien visible, ainsi que la rosace ornant le rattrapage entre les deux.

Le chœur et l'abside[modifier | modifier le code]

Le chœur de la primatiale, photographie couleur en contre-plongée. L'élévation montre le passage du roman (arcature aveugle de l'abside, triforium) vers le gothique, en haut (verrières hautes en sept loges).
L'abside de la primatiale. Les sept loges sont bien visibles en haut, séparées par des ogives se rejoignant toutes à la clef monumentale.

L'abside de la primatiale est de forme polygonale à sept pans et vient clore un chœur de deux travées, le long duquel sont placées deux chapelles à chevet plat. Le sanctuaire compte trois niveaux d'élévations romanes : l'arcature d'arcs pendants qui l'entoure, les fenêtres inférieures trilobées, enfin le triforium. Au-dessus du triforium a été élevé un quatrième niveau, celui du clair-étage, gothique à croisées d'ogives. Le projet initial de Guichard prévoyait un cul-de-four sur l'abside et deux voûtes d'arêtes sur le chœur ; l'inspiration architecturale de ce projet est à rechercher dans le courant inspiré durant la renaissance du XIIe siècle par la gigantesque église de Cluny III. On retrouve en particulier cette tendance clunisienne dans les motifs de marbre coloré, dans l'inspiration byzantine des décors[16]. La réalisation du triforium à l'initiative de Jean Belles-mains change la perspective de la future abside : il ne s'agit dés lors plus de réaliser de cul-de-four, mais une rangée de baies et une voûte d'ogives. La solution trouvée par l'architecte de Renaud de Forez est la mise en place d'une galerie à loges, solution technique déployée ailleurs mais improvisée ici pour des raisons structurelles. En effet, les contreforts romans ne sont pas aussi adaptés que les arcs-boutants au contrebutement des ogives. Chaque loge est voûté d'un berceau brisé dont le plan horizontale est rectangulaire, mais qui couvre un espace trapézoïdal, c'est-à-direplus large à son extrémité (extérieure) que la voûte qui le couvre. Le hiatus est résolu par l'ajout de consoles intermédiaires, d'une part, et par l'édification de colonnes « en délit » (dressées à courte distance des éléments qu'elle soutiennent) à l'extérieur[98]. Dans le chœur, les baies hautes qui constituent le clair-étage sont regroupées en deux groupes de trois de chaque côté, donnant sur la galerie externe. Les ouvertures donnant sur l'extérieure ne sont dans l’alignement des baies, mais agrandies en partie haute, pour ne pas faire obstacle à la lumière zénithale. L'arc des baies externes de chaque groupe de trois est monolobé, ce qui est une pratique qu'on trouve seulement dans le monde germanique aux XIIe et XIIIe siècles. On peut y voir un hommage indirect à Guichard, car on retrouve notamment cette forme dans les abbayes cisterciennes de Maulbronn et de Sulejów ; ou c'est simplement un calcul géométrique et de report de charges qui a déterminé le choix de cette forme[36].

Le diamètre de l'abside est de 12,5 mètres, ce qui, d'une part, le place dans la moyenne supérieure des édifices romans contemporains de la région, et qui correspond d'autre part à la largeur de l'abside de l'église de Patient, au Ve siècle. Les chapelles latérales du chœur comptent également deux travées, la première d'entre elles communiquant avec celui-ci, l'autre en étant séparée par un mur. Les colonnes engagées séparant les deux travées, côté chœur comme côté chapelles, sont réduites à leur fonction portante, sans fioriture, afin de maximiser l'espace disponible dans le chœur[99].

Le parement intérieur de l'abside est constitué de choin (voir ci-dessus), sous forme d'orthostates, c'est-à-dire que les choin sont placés verticalement, afin de montrer une plus grande surface unie. Chaque pierre de choin forme le fond d'un un arc pendant, délimité par des pilastres cannelés, dont elle épouse les dimensions (un mètre sur deux). Les joints étant ainsi masqués, les constructeurs ont donné l'illusion d'une seule et immense pierre courbe formant tout le fond de l'abside. Outre le choin, l'autre pierre calcaire abondamment utilisée pour l'abside est le marbre. Il a été décidé d'utiliser pour les bases des colonnes un marbre blanc d'un grain très fin, qui tranche visuellement avec le marbre coloré employé pour bâtir les pilastres et les arcatures, ainsi que les supports du triforium[24].

Le triforium du chœur et de l'abside est conçu comme la galerie d'un cloître, avec une opposition en les séries de colonnes du premier et de la seconde. Les pilastres du chœur alternent base rectangulaire et circulaire, faces lisses ou à cannelures, ces dernières droites, brisées, ondulantes ou en chevron, avec une mise en symétrie des deux côtés. Le motif produit par les colonnes du triforium du chœur forme un chiasme ABACA-ACABA. En regard, le triforium de l'abside, aux colonnes régulières, à base rectangulaire et cannelures droites) apparaît beaucoup plus classique[35].

Le transept[modifier | modifier le code]

Photographie en noir et blanc montrant le transept de la cathédrale vu depuis le triforium sud.
Le transept photographié depuis le triforium sud (emplacement de l'actuel orgue de tribune) par Lucien Bégule.

Le transept de l'édifice actuel est conçu par l'architecte de Renaud de Forez, dont le nom ne nous est pas parvenu. Celui-ci, tout en respectant le style recherché par l'archevêque, à la ressemblance des édifices de Genève et Lausanne, a dû composer avec la partie existante, d'une part, et respecter le cahier des charges spécifiques adopté sur ce chantier : mise en place d'une galerie extérieure à mi-hauteur et installation des verrières dans le parement intérieur[98]. Le transept est donc un espace de transition architecturale entre le chœur, à base nettement romane, et la nef, entièrement gothique[38]. Par ailleurs, l'architecte montre, dans la manière dont les pierres sont appareillées au-dessus des arcs, qu'il n'est pas seulement un bon technicien mais aussi un connaisseur de l'architecture antique. À l'extrados (la jonction entre le mur et l'arc), les arcs ne dessinent pas une courbe, mais un escalier, ou par endroits une suite de crossettes, ou encore un carré simple. Tous ces types d'arcs ont été utilisé dans la primatiale, mais l'architecte a encore expérimenté d'autres formules, nouvelles celles-ci : arcs au carré à clef passante en trapèze inversé ou en rectangle[36].

Un second architecte, toujours anonyme, œuvre lui aussi sur le transept. Son domaine d'action est très localisé : le clair-étage des deux travées extrêmes. Néanmoins, son style est clairement distinct, quoiqu'en évolution constante ; les innovations qu'il apporte sont particulièrement importantes. La première est la transformation de la galerie extérieure en galerie intérieure, à l'instar de ce qui est pratiqué dans les églises bourguignonnes et du nord de la France, et au contraire de ce qui est réalisé à Chartres. Ici, sur le modèle de Notre-Dame de Dijon, la mise en place, au niveau du clair-étage, de la galerie, rejette les verrières au droit du parement extérieur, ce qui détache visuellement la voûte de son support. Le second changement est décoratif : le triplet oriental de ces travées suit un dessin extrêmement épuré, dépourvu de moulures et d'ornement, suivant ce qui se fait dans l'architecture cistercienne. En revanche, le triplet occidental est structuré par des colonnes dont les chapiteaux sont à crochets très saillants, représentant des figures et des feuilages, là encore suivant une tradition sculpturale présente en Bourgogne[37].

La finition du transept, vers 1230-1240, est l'œuvre très probablement d'un dernier architecte, tant le parti suivi est différent de ce qui se fait à l'époque dans la région. Les extrémités nord et sud du transept, alors inachevées, sont ornées, à la place des triplets prévus, de deux grandes rosaces, les premières qui aient été installées au sud de la Loire. Ce choix esthétique implique des changements techniques : la voûte est rehaussée de 80 centimètres environ pour donner à la verrière un diamètre maximal[39].

La nef et les bas-côtés[modifier | modifier le code]

La voûte de la nef, vue en contre-plongée. Les travées divisées en six parties par trois ogives sont bien visibles. À gauche, le transept et la rosace permettant d'effectuer le raccord avec la voûte plus basse du chœur.
La voûte à travées sexpartites de la nef. À gauche, le raccord avec la voûte plus basse du chœur, orné de sa rosace.

C'est très probablement encore un autre maître d'œuvre encore qui travaille sur la nef dans les années 1200-1210. Son nom ne nous est pas parvenu non plus. Sa conduite directe du chantier va vraisemblablement du transept à la quatrième travée double ; mais il est difficile de le dire, car il semble que son projet ait été scrupuleusement respecté par ses successeurs. Commençant le chantier, il installe les piles de la travée la plus orientale, tout en voûtant déjà les bas-côtés. Comme on l'a vu plus haut, les structures des collatéraux étaient déjà élevées, prévues pour accueillir une voûte romane. Plus au fait que ses prédécesseurs de l'art de raccorder les deux styles, ou plus habile, l'architecte du début du XIIIe siècle crée un type d'ogive par bas-côté et taille les ogives en un biseau peu esquissé pour qu'elles s'adaptent bien aux supports. Par contre, pour voûter la nef, il choisit une technique assez ancienne, alors déjà abandonnée dans les grands édifices du Bassin Parisien : la voûte sexpartite, dans laquelle chaque travée de voûte est portée par six supports, quatre dits « forts » aux extrémités, portant les ogives diagonales et deux dits « faibles », portant l'ogive centrale orthogonale à la nef. La voûte est réalisée bien plus tard, alors qu'il ne dirige plus le chantier ; toutefois, même après son départ, elle est rendue nécessaire par l'alternance, qu'il a créée, de supports forts et faibles[38].

C'est probablement l'architecte des rosaces du transept qui œuvre sur les verrières hautes des travées de la nef, de style rayonnant (ou, en tout cas, c'est dans la continuité de son style) : les hautes verrières de la nef sont ainsi composées de triplets surmontées chacun de trois roses polylobées, formant un triangle équilatéral. Trois types de verrières sont mises en place. Dans le premier type, les lancettes, de hauteur égale, sont surmontées des trois roses ; la rose supérieure est plus vaste et les deux autres sont flanquées d'oculi, également trilobés. Dans le second type, la lancette centrale est plus haute, les deux roses inférieures sont agrandies aux mêmes dimensions que celle qui les surmonte, et les oculi sont supprimés. Le dernier type est présent dans la partie occidentale de la deuxième travée double, bâtie vers 1270-1280 ; la technique du remplage est utilisée ; les roses sont nettement plus vastes que dans les deux premiers types ; celles du bas sont à cinq lobes ; celle du haut, plus vaste encore, est à sept[39].

Les chapelles latérales[modifier | modifier le code]

Photographie en noir et blanc montrant les deux verrières de la chapelle des Bourbons, vues depuis la galerie
Les deux verrières de la chapelle des Bourbons, à la fin du XIXe siècle, avec leurs vitraux détruits en 1944.

Comme on l'a vu, les chapelles latérales sont au nombre de huit : trois du côté méridional (à droite de la nef) et cinq du côté septentrional.

Du côté droit, la chapelle la plus proche du transept est la chapelle Saint-Raphaël, nommée d'après l'archange éponyme. Bâtie en 1495, elle correspond à une travée du bas-côté (c'est-à-dire une demi-travée de la nef). Elle communiquait autrefois avec le cloître du Chapitre. Aujourd'hui, elle est utilisée pour conserver des pierres sculptées provenant des déposes effectuées lors des chantiers de restauration. La chapelle suivant, en allant vers la façade, est celle du Saint-Sacrement. À sa construction, dirigée par Jacques de Beaujeu, à partir de 1401, elle avait été dédiée au Saint-Sépulcre, mais elle est parfois également nommée « Saint Vincent de Paul » ; le cœur de « Monsieur Vincent » y était en effet conservé jusqu'en 1953, quand le cardinal Gerlier le rend aux filles de la Charité. Elle abrite notamment le tombeau du cardinal Coullié, archevêque de Lyon en 1893, mort en 1912[100].

La chapelle la plus spectaculaire de la primatiale est la dernière du côté méridional (la plus proche de la façade. Elle est dite « des Bourbons » car construite par le cardinal Charles II de Bourbon. À cet effet, il fait venir des artistes de la cour de Moulins (chef-lieu du duché de Bourbon, qui connaissent parfaitement les ressorts du gothique « technologique », notamment la mise en œuvre de clefs pendantes. L'originalité des clefs réalisées à l'entrée de la chapelle des Bourbons réside dans le bouton terminal qui reçoit les ogives factices : il n'est pas sculpté dans le claveau, mais taillé en tenon venant s'ajuster sur le bas du claveau taillé en mortaise. La décoration de la chapelle est de style gothique flamboyant, ce qui s'illustre dans la richesse du décor ornant murs, colonnes et ogives, ou encore la balustrade de la galerie qui surmonte la chapelle[101].

Côté gauche, cinq chapelles ont été bâties. La première en partant du transept est la chapelle du curé d'Ars, autrefois nommée chapelle de l'Annonciade, bâtie à la fin du XVe siècle. La suivante est la chapelle du Sacré-Cœur (autrefois dédiée à Saint-Michel), bâtie en 1448, la seule longue d'une travée et demie. Ensuite, après le passage qui mène au jardin archéologique, viennent la chapelle Saint-Joseph, qui date du XVe siècle, la chapelle Sainte-Anne (anciennement Notre-Dame), du XVIIe siècle, enfin la chapelle des fonts baptismaux (précédemment nommée Saint-Antoine), datée de 1623, sous laquelle se trouve le tombeau des archevêques de Lyon. En dehors de celle du Sacré-Cœur, toutes correspondent à une seule travée de bas-côté (une demi-travée de nef)[100].

L'ornementation[modifier | modifier le code]

Les vitraux[modifier | modifier le code]
Deux verrières en lancette, chacune comportant sept médaillons étagés verticalement.
Deux des verrières basses de l'abside.

Les vitraux, tels que la rosace centrale et celles du transept datent des alentours de 1390 et sont dans des tons bleu-violet caractéristiques. La couleur des vitraux a été adaptée à leur position : les plus au sud ont des couleurs froides pour compenser la chaleur du soleil, alors que ceux au nord ont des couleurs plus chaudes.
Au nord, le vitrail des fonts baptismaux fabriqué par Lucien Bégule en 1886 a été offert en hommage de l'artiste à l’Archevêque Caverot[102].

L'ensemble de la cathédrale est ornée de vitraux parmi lesquels peuvent être cités :

Les sculptures et le traitement des surfaces[modifier | modifier le code]

Le surfaçage de la pierre répond à une esthétique en vigueur depuis l'Antiquité. Cinq types de traitement sont appliquées au matériau : le bossage, les tailles grenue (bosses et creux légers) et fine (traces denses du marteau de taille), le polissage et la sculpture. Le choix présidant à la préférence pour l'un ou l'autre des traitements dépend de la localisation de la surface à traiter. Ainsi, la taille grenue est utilisée pour l'enveloppe du chevet, le polissage pour le parement intérieur, la taille fine pour l'ébrasement externe des lancettes de l'abside et un bossage irrégulier au socle qui porte le chevet. Un même bloc peut être traité de différentes manières sur ses faces, si ces faces font partie d'éléments architecturaux dont le traitement varie. Ainsi, toutes les assises du socle du chevet, qui constituent le soubassement, sont ornées de bossages, sauf la dernière, légèrement en retrait, qui est lisse et s'achève par un angle abattu pour s'articuler avec le parement mural, considéré comme plus noble, encore en retrait[103].

Les chapiteaux sont ornés de crochets dont la figuration des motifs évolue avec le temps. La figuration très simplifiée de la fin du XIIe siècle fait place au siècle suivant à un traitement rappelant plus la nature et techniquement plus audacieux (la saillie étant plus protubérante). Enfin, au XIVe siècle, ces formes réalistes tendront à s'effacer au profit de l'élégance seule. Cette tendance n'est d'ailleurs pas observable qu'à Lyon : les modèles se diffusent très vite dans toute l'Europe[104].

Dans le chœur et l'abside[modifier | modifier le code]

Chaque colonne de l'abside est posée sur un haut piédestal portant une base attique classique (à deux tores sparées par une scotie, ce qui est généralement une manière, là encore, de pratiquer un jeu de contrastes, à la manière d'un clair-obscur[105]) ornée d'une tête d'animal, ou parfois humaine. Les chapiteaux des colonnes de l'abside, en revanche, sont décorés de sept scènes de l'enfance du Christ : ce sont les seules scènes narratives scuptées du sanctuaire. En effet, les chapiteaux des lancettes, eux, portent un décor de feuilles lisses ou dentelées, où loge parfois un e figure animal ou humaine. Les colonnes des chapelles latérales du chœur portent quant à elles des scuptures en ronde-bosse qui s'insèrent mal dans la continuité : leur rôle est avant tout de masquer la jonction maladroite entre la colonnes romane et le départ de l'ogive gothique[106].

La caractéristique la plus originale de la décoration du chœur et de l'abside est formée par les incrustations sur marbre blanc. Elle est a été formée de manière à ce que le motif décoratif apparaisse en blanc sur fond rouge-ocre. La technique employée était une taille dite « d'épargne » autour de la figure recherchée ; puis le fond entourant celle-ci était remplie d'un ciment brun ; les détails secondaires (yeux, bouche, cheveux) étaient gravés suivant la même technique dans un second temps. Cet élément a été déployé pour habiller trois types d'objets présents dans le sanctuaire : les abaque des petits chapiteaux (banc des prêtres, lancettes de l'abside et baies des chapelles latérales), les chapiteaux des arcatures trilobées du chœur, enfin trois bandeaux horizontaux placées à différentes hauteur. Le premier sert d'architrave à l'arcature aveugle courant dans le chœur, l'abside et les chapelles ; le deuxième est situé juste sous le triforium ; enfin, le troisième surmonte ce dernier[107]. Très sales, ces incrustations ont été nettoyées lors du chantier de réaménagement du chœur, commencé en 1990 et achevé en 2011 ; c'est la découverte de ce marbre blanc qui convainc Andrée Putman de changer l'autel en place pour le remplacer par un autel en albâtre[58].

Les sept colonnes du fond de l'abside ont des chapiteaux sculptés. Ce sont les seuls du sanctuaire offrant une composition iconographique. Six d'entre eux représentent des scènes relatives à la naissance de Jésus, le septième, au centre, figurant un Christ pantocrator[108]. Trois de ces chapiteaux représentent chacun l'un des rois mages, se dirigeant vers la crèche de Bethléem. Le premier lance son cheval au galop, suivant l'étoile. Le second est interpellé par le diable (qui joue ici son propre rôle ainsi, par métonymie, que celui d'Hérode. Le troisième, enfin, franchit la porte de la ville, tout en indiquant du geste le détour du retour pour éviter Jérusalem[109]. Les trois autres chapiteaux évoquent la naissance elle-même : Le premier est une Vierge à l'Enfant adorée par les mages ; le second montre à la fois Joseph dans le doute, Marie prête à accoucher et la sage-femme paralysée ; le troisième montre le premier bain de Jésus. Les personnages du chapiteau de la Vierge à l'Enfant ainsi que ceux du troisième roi mage n'ont plus de tête, probablement marqués par les destructions révolutionnaires ou du baron des Adrets[110].

La dernière marche d'accès à la cathèdre, tout au fond de l'abside, est gravée d'une tête barbue soufflant dans deux cors. Les interprétations diffèrent à son sujet. Selon Lucien Bégule, il s'agirait d'une allégorie d'un passage de l'épître aux Romains : « Leur voix a retenti par toute la Terre »[111]. Selon Catherine Brisac, ce serait une figure de la terre elle-même[112].

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Les orgues[modifier | modifier le code]

Comme beaucoup de cathédrales dans lesquelles une alternance entre une liturgie quotidienne rassemblant un petit nombre de personnes et des cérémonies solennelles impliquant une grande foule, la primatiale Saint-Jean comporte deux orgues, un grand à la tribune (mais situé dans le transept méridional, non sous la rosace occidentale), et un petit dans le transept septentrional, à côté de l'horloge[113].

L'orgue de tribune[modifier | modifier le code]
L'orgue de tribune vu depuis la croisée du transept

L'orgue de tribune actuel date de 1841 ; il a été réalisé par la manufacture Daublaine Callinet dans un buffet de style néo-gothique, dessiné par Pierre Bossan et remanié par Tony Desjardins. À l'époque, il était placé dans la chapelle nord attenant au chœur. Dès 1852, des travaux sont à entreprendre ; ils sont réalisés par Pierre-Alexandre Ducroquet, qui a entretemps repris la manufacture Daublaine Callinet. Une seconde restauration date de 1960 ; cette fois, c'est la société Merklin & Schütze qui effectue les réparations. Mais l'état de l'instrument est si mauvais qu'un reconstruction partielle, toujours par Merklin, est nécessaire en 1875. S'ensuivent des travaux du même entrepreneur en 1881 et 1883, ainsi que par son gendre Charles Michel Merklin. Un relevage est effectué en 1905 par Francisque Pic. Des travaux supplémentaires ont lieu en 1921 et 1923, exécutés par Charles Michel et son associé Kuhn. Une nouvelle reconstruction, toujours par la même firme, est réalisée en 1935-1936 : l'orgue est déplacé dans le transept méridional[114] ; l'entreprise Merklin effectue ensuite des travaux de 1943 à 1972, puis René Micolle en 1984[113].

Composition de l'orgue

Les trois claviers de l'orgue comptent cinquante-six touches chacun, et le pédalier trente[113].

I. Positif II. Grand-Orgue III. Récit Pédale
Principal 8' Flûte 16' Flûte 8' Soubasse 32'
Flûte 8' Bourdon 16' Cor de nuit 8' Flûte 16'
Bourdon 8' Montre 8' Gambe 8' Soubasse 16'
Prestant 4' Principal 8' Voix céleste 8' Flûte 8'
Quinte 2 2/3' Flûte 8' Flûte 4' Bourdon 8'
Doublette 2' Bourdon 8' Nazard 2 2/3' Quinte 5 1/3'
Tierce 1 3/5' Prestant 4' Quarte 2' Prestant 4'
Larigot 1 1/3' Flûte 4' Tierce 1 3/5' Flûte 4'
Plein jeu III Doublette 2' Piccolo 1' Fourniture
Cromorne 8' Grosse fourniture Cornet V Bombarde 16'
Trompette 8' Plein jeu IV Basson 16' Basson 16'
Soprano 4' Cymbale IV Basson-hautbois 8' Trompette 8'
Cornet V Voix humaine 8' Clairon 4'
Bombarde 16' Trompette 8'
Trompette 8' Clairon 4'
Clairon 4'
L'orgue du transept nord[modifier | modifier le code]

L'orgue du transept septentrional a été construit en 1974 à Leer[113], par le facteur allemand Jürgen Ahrend, pour l’église de la Réconciliation, située à Taizé. En 1979, il en est démonté et entreposé dans une grange ; en 1981, il est remonté dans l'abbatiale de Payerne ; enfin, en 1996, il est installé à Saint-Jean[115].

Composition de l'orgue

Les trois claviers de l'orgue comptent cinquante-et-une touches chacun, et le pédalier vingt-sept[113].

I. Positif II. Grand-Orgue III. Récit Pédale
Bourdon 8' Montre 16' Bourdon 8' Soubasse 16'
Prestant 4' Bourdon 8' Prestant 4' Flûte 8'
Nazard 2 2/3' Prestant 4' Cornet Flûte 4'
Doublette 2' Nazard 2 2/3' Trompette 8' Trompette 8'
Tierce 1 3/5' Quarte de nazard 2'
Fourniture Doublette 2'
Cromorne 8' Tierce 1 3/5'
Cornet
Fourniture
Cymbale
Voix humaine 8'
Trompette 8'
Clairon 4'

L'horloge astronomique[modifier | modifier le code]

L'horloge astronomique.

La première date de 1379 (sa première référence officielle est de 1383), elle fut remaniée plusieurs fois[116]. L'actuel appareil mesure 9,35 mètres de hauteur et 2,2 mètres de largeur[90].

Elle indique la date, les positions de la Lune, du Soleil et de la Terre, ainsi que le lever des étoiles au-dessus de Lyon. Puisqu'il s'agit d'une horloge, c'est le Soleil qui tourne autour de la Terre. La date donnée sera exacte jusqu'en 2019.

Au-dessus de l'horloge, une série d'automates se mettent en mouvement plusieurs fois par jour. Ce sont des animaux et une scène représentant l'Annonciation. Le mouvement a été refait dans les années 1930 par un horloger du nom de Désiré Richard.

Le 23 mars 2013, veille du dimanche des Rameaux, l'horloge astronomique a été sérieusement endommagée. Un homme de 28 ans a détruit plusieurs parties de l’œuvre à coup de barre de fer avant que des témoins n'interviennent pour l'arrêter. Il aurait expliqué son acte « par le fait que la magnificence de l’horloge empêcherait les croyants de se concentrer sur leur prière »[117].

Les tableaux[modifier | modifier le code]

De nombreux tableaux ornent la primatiale :

Vie liturgique[modifier | modifier le code]

La cathédrale dans le diocèse[modifier | modifier le code]

La cathédrale, est, étymologiquement, le lieu de la cathèdre, c'est-à-dire le siège de l'évêque. Mais celui-ci n'est pas présent en permanence dans son église. Le recteur est le prêtre responsable de la cathédrale en tant que monument et en tant que première église du diocèse. L'actuel recteur de la primatiale Saint-Jean est le père Michel Cacaud[118]. La cathédrale est aussi une des deux églises de la paroisse Saint-Jean-Saint-Georges, qui, comme son nom l'indique, compte outre la primatiale l'église Saint-Georges[note 15].

Les messes en temps ordinaire[modifier | modifier le code]

Deux messes sont célébrées chaque dimanche à Saint-Jean, à huit heures et demie et dix heures et demie, la première animée par l'un des chantres des chœurs, la seconde à l'orgue et par l'un des quatre chœurs. En semaine, les messes, à neuf heures du matin et à sept heures du soir, sont animées par les chanoines du chapitre[119].

Les autres temps liturgiques[modifier | modifier le code]

La cathédrale vit aussi au rythme de la liturgie des Heures : trois offices y sont dits quotidiennement. Les laudes et tierce sont également chantés par les chanoines ; quant aux vêpres, depuis 2004, elles sont chantées à six heures et demie chaque soir par la communauté du Chemin Neuf[119].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Son successeur Agobard est le premier archevêque de la ville, qui n'est dès lors plus suffragante de Vienne.
  2. Il est probable que Leidrade, juge et partie, exagère l'état de décrépitude des églises lyonnaises à son arrivée afin de mieux s'attribuer le mérite de leur remise en état ; cependant, son action constructrice et réformatrice est indéniable[9]
  3. « J'ai ainsi recouvert à neuf la grande église de cette cité dédiée à Saint Jean-Baptiste et j'ai relevé en partie les murs de clôture ».
  4. Cette voie de passage le long de la rivière est aujourd'hui souterraine, située trois mètres en-dessous de la cour de l'archevêché. Elle a été pour partie (sous la cathédrale) remblayée, et pour partie voûtée entre les XIIIe et XVe siècles : en effet, à l'époque du chantier, seule l'emprise même de la cathédrale avait été surélevée, et deux escaliers permettaient d'atteindre le chœur depuis l'ancien niveau du sol, au sud (cloître) et au nord (Saint-Étienne)[14].
  5. Il est mentionné par Sidoine Apollinaire et a été partiellement mis à jour lors de fouilles en 1996[13].
  6. « in camera nostra apud Lugdunum, scilicet camera que appellatur cistercii »[16].
  7. Calcaire compact, légèrement cristallin, à grain fin, qui comporte parfois quelques lentilles ou rognons de silex disposés en lits horizontaux. Pierre du Bathonien, probablement extraite par les Romains à Trept, Montalieu-Vercieu ou Villebois[21]. Les documents d'époque nomment cette pierre « chaon »[22].
  8. Les longueurs moyennes des pierres de choin sont comprise en cinquante et cent quarante centimètres, mais peuvent aller jusqu'à deux mètres et demi, pour des hauteurs comprises entre quarante et soixante centimètres[24].
  9. Contrairement à la quasi-totalité du sous-sol des Monts d'Or, il ne s'agit pas de pierres dorées, mais d'un calcaire blanc, sans entroque.
  10. Procédé consistant en la projection à base pression de poudre de verre et d'alumine, décrassant la pierre sans la détériorer[69].
  11. Ce qui représente plusieurs dizaines de kilomètres de reprise de joints[69].
  12. Gravure réalisée d’après le dixième tableau du cycle de Marie de Médicis de Rubens.
  13. Le site de l'archidiocèse indique par erreur une largeur de 19,3 mètres, ce qui ne correspond pas au plan, qui montre bien que la largeur de la nef est de dimensions comparables à celles du chœur.
  14. Ce tableau provient du couvent des Mathurins, à Paris, que Louis Petit fit orner de 1610 à 1647 de tableaux.
  15. Cette dernière est utilisée par les fidèles attachés au rite tridentin.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00117785 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. « Site historique de Lyon », sur http://whc.unesco.org/, UNESCO,‎ 2011 (consulté le 1 novembre 2014).
  3. Primatiale Saint-Jean de Lyon sur Structurae..
  4. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Nicolas Reveyron, « Un chantier au cœur de la ville », p. 19.
  5. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Bruno Dumons, « La primatie des Gaules : XIXee siècle »Un privilège aux origines controversées, p. 30-31.
  6. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Jean-François Reyanud & François Richard, « Le groupe épiscopal de Lyon : IVe ‑ XVe siècle »la première « ecclesia » de lugdunum après la paix de l'église — l'« ecclesia » au cœur de la cité réduite, p. 30-31.
  7. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Jean-François Reyanud & François Richard, « Le groupe épiscopal de Lyon : IVe ‑ XVe siècle »la première « ecclesia » de lugdunum après la paix de l'église — Les grands évêques métropolitains de Lugdunum, p. 32-35.
  8. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Jean-François Reyanud & François Richard, « Le groupe épiscopal de Lyon : IVe ‑ XVe siècle »la « maxima ecclesia », noyau dur de la « renovatio » carolingienne, p. 37.
  9. a et b Reveyron, Durand & Repellin 2011, Marie-Céline Isaïa, « Naissance et renaissance de la cathédrale médiévale » — Leidrade et la renaissance épiscopale de Lyon, p. 325.
  10. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Jean-François Reyanud & François Richard, « Le groupe épiscopal de Lyon : IVe ‑ XVe siècle »la « maxima ecclesia », noyau dur de la « renovatio » carolingienne — Un groupe épiscopal fort de trois églises, p. 37-38.
  11. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Marie-Céline Isaïa, « Naissance et renaissance de la cathédrale médiévale » — Reliques, récits, symboles, p. 325.
  12. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Jean-François Reyanud & François Richard, « Le groupe épiscopal de Lyon : IVe ‑ XVe siècle »un groupe épiscopal en perpétuelle évolution — Transformations majeures à Saint-Jean, Saint-Étienne et Sainte-Croix, p. 37-38.
  13. a, b, c, d et e Reveyron, Durand & Repellin 2011, Nicolas Reveyron & Ghislaine Macabéo, « Un chantier médiéval à étapes : XIIe ‑ XVe siècle »le projet de guichard de pontigny (1165-1182), p. 56-57.
  14. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Nicolas Reveyron & Ghislaine Macabéo, « Un chantier médiéval à étapes : XIIe ‑ XVe siècle »le projet de guichard de pontigny (1165-1182) — Modifications du réseau viaire, p. 58.
  15. Bernard Gauthiez 1994, « La datation des édifices en jeu », p. 31.
  16. a, b, c et d Reveyron, Durand & Repellin 2011, Nicolas Reveyron, « Architecture et décors : de la Renaissance XIIe au gothique technologique »l'œuvre romane, p. 139.
  17. Bruno Voisin, La Saône au cœur de Lyon : deux mille ans d'histoire qui ont fait la ville, Libel,‎ , 176 p. (ISBN 978-2917659373, lire en ligne), « Unification de la ville et densification des rives : le bassin de Saône du XIIe au XIVe siècle », p. 71.
  18. Reveyron, Durand & Repellin 2011, Nicolas Reveyron & Ghislaine Macabéo, « Un chantier médiéval à étapes : XIIe ‑ XVe siècle »les grandes lignes du chantier, p. 48.
  19. Franck Thénard-Duvivier, Images sculptées au seuil des cathédrales : Les portails de Rouen, Lyon et Avignon (XIIIe ‑ XIVe siècle), Presses universitaires de Rouen et du Havre,‎ , 348 p. (ISBN 9782877755238, lire en ligne), « La cathédrale Saint-Jean de Lyon », p. 71.
  20. a, b, c, d, e et f Reveyron, Durand & Repellin 2011, Nicolas Reveyron & Ghislaine Macabéo, « Un chantier médiéval à étapes : XIIe ‑ XVe siècle »des savoie aux bourbons (XIVe ‑ XVe siècle) — Les grands travaux du XIIIe siècle, p. 61-64.
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  22. a, b, c et d Nicolas Reveyron 1995, 1. Caractéristiques de l'ensemble monumental étudié, p. 153.
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

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Autres ouvrages utilisés dans l'article[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]