Charles de La Fosse

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Charles de La Fosse

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Charles de La Fosse par Gaspard Duchange (1707) d'après Hyacinthe Rigaud[1]

Naissance 15 juin 1636
Paris, Drapeau de la France France
Décès 13 décembre 1716 (à 80 ans)
Paris, France
Nationalité Drapeau : France Français
Activités Peintre
Maîtres Charles Le Brun
Influencé par Giorgione, Titien, Bassano, Paul Véronèse, Le Tintoret, Pierre Paul Rubens

Charles de La Fosse, né le 15 juin 1636 à Paris, où il est mort le 13 décembre 1716 (à 80 ans), est un peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d’un joaillier, qui lui vit du goût pour la peinture, La Fosse fut placé par lui à l’école de Le Brun, dont il devint l’un des disciples les plus connus et dont le classicisme l’influença. Les progrès rapides du jeune La Fosse furent tels que Le Brun, en grand observateur, découvrit bientôt, par la singularité de ses premiers essais, ce qu’il deviendrait un jour et présagea dans quelle partie de la peinture il devait paraître avec plus de succès. Il lui fit obtenir une pension de Louis XIV pour aller en Italie en 1662, où il étudia surtout les maîtres dont les ouvrages étaient plus en rapport avec le germe de talent qu’il avait reçu de la nature. Il passa deux ans à Rome et trois à Venise, où il se passionna pour les œuvres du Giorgione, du Titien, des Bassano, de Véronèse, du Le Tintoret, dont il chercha à découvrir les grands principes et les effets qu’ils ont su répandre dans leurs ouvrages. À la vue de leurs œuvres, La Fosse se fit une méthode de couleur et de clair-obscur qu’il mit ensuite en pratique dans toutes ses productions.

Ayant appris la peinture à fresque, il revint en France avec une technique presque inconnue jusqu’à lui et il se tourna vers un langage baroque privilégiant les trouvailles chromatiques. Chargé de plusieurs grands ouvrages pour les palais, il fit une rapide fortune et marqua cette époque comme un des peintres les mieux doués de son pays. La Fosse, dont le genre de talent semblait devoir appartenir à l’école vénitienne ou flamande, est celui des artistes du XVIIe siècle, qui, le premier, ait deviné les secrets de l’effet et de la couleur. Peignant indifféremment à l’huile et à fresque, il pourrait, « sans son défaut de proportion dans les figures, la dureté des draperies et l’emphatique de ses compositions, compter comme un maître dans l’art ». Ce peintre était né spécialement pour les grandes machines ; c’est dans les dômes, dans les plafonds que brillent surtout ses talents et sa capacité à percer les voûtes et y transporter le soleil dans tout son éclat. De La Fosse est celui de tous les peintres de l’école française qui a le plus de ressemblance avec Véronèse, dont il rappelle le goût dans ses grandes ordonnances.

Clytia changée en héliotrope, huile sur toile, 1688, Grand Trianon.

Chargé de peindre dix tableaux pour la chapelle des Gonfalons à Lyon ; il n’en fit que deux : la Visitation et l’Adoration des Rois. Louis XIV lui commanda quelques toiles pour les châteaux de Trianon et de Marly. Les principales églises de Paris furent aussi décorées des tableaux de La Fosse, qui peignit ensuite à fresque la chapelle du Mariage à l’entrée de l’église Saint-Eustache, pour faire pendant à la chapelle du Baptême, que décorait Mignard avec lequel il entra en lutte. Il représenta Adam et Ève, et le Mariage de la Vierge, peintures dont on vantait le coloris, et qui furent détruites, comme celles de Mignard, lors de la construction du nouveau portail de Saint-Eustache. La Fosse peignit encore à fresque le dôme et le chœur de l’église des religieuses de l’Assomption ; mais ce travail fut jugé inférieur à ses précédents ouvrages.

En 1673, l’Académie de peinture le reçut parmi ses membres pour son tableau de l’Enlèvement de Proserpine. En 1699, il devint professeur et recteur de cette Académie. La renommée ayant porté le nom de La Fosse au-delà des frontières, celui-ci visita par deux fois Londres, où il fut appelé, par un amateur distingué, Lord Montaigu, ancien ambassadeur en France, pour y décorer son palais. Il passa plus de deux ans en compagnie des décorateurs Jacques Rousseau (1630-1693) et Monnoyer, peignant deux plafonds, l’Apothéose d’Isis et l’Assemblée des Dieux. Charles II en fut si émerveillé qu’il offrit de grands avantages à La Fosse s’il voulait se fixer en Angleterre ; mais Le Brun étant mort, Jules Hardouin-Mansart, qui venait d’achever le dôme des Invalides et était devenu le directeur des travaux ordonnés par Louis XIV, rappela La Fosse auprès de lui, le logea dans sa maison, et lui demanda des esquisses pour la décoration des Invalides. Voulant encore ajouter à la magnificence de ce monument, La Fosse peignit à fresque l’intérieur du dôme. Cochin a gravé d’après lui ces peintures, en 22 planches.

Dôme de L'hôtel des Invalides Paris par Charles de La Fosse (vue verticale)

Mansart mourut à son tour, et La Fosse dut partager avec les Boullogne et Jouvenet les peintures de l’hôtel des Invalides ; celle du dôme, où il représente Saint Louis déposant sa couronne et son épée entre les maint de Jésus-Christ, assis au milieu d’une gloire et accompagné de la Vierge fut l’ouvrage capital de La Fosse. Dans les quatre pendentifs, il figura les quatre évangélistes avec leurs attributs et entourés d’anges. En 1771, Doyen restaura ces peintures fort endommagées par le temps. La Fosse peignit en outre sur toile, au château de Versailles, la voûte du chœur de la chapelle, où il représenta la Résurrection ; les plafonds de la salle de Diane, représentant l’Arrivée de Jason à Colchos et Alexandre chassant aux lions, et comme dessus de cheminée, le Sacrifice d’Iphigénie ; les plafonds de la salle du trône, représentant Auguste faisant construire le port de Misène ; Vespasien dirigeant les travaux du Colisée ; Coriolan fléchi par les larmes de Véturie sa mère ; Alexandre rendant à Parus ses États ; au centre, Apollon environné des Saisons et des figures allégoriques de la France, de la Magnanimité et de la Magnificence.

À la mort de Mansart, La Fosse s’était retiré chez le célèbre amateur Pierre Crozat, qui voulut le loger toute sa vie dans son hôtel, dans la galerie duquel il peignit un plafond représentant la Naissance de Minerve, ouvrage qu’il termina en 1707. « L’on ne sauroit assez admirer, dit Germain Brice, avec quel art il a su tirer avantage de la place qu’il avoit à peindre ; son ciel est peint avec tant de vérité et d’harmonie que la voûte semble effectivement percée en cet endroit-là. » Ce plafond fut transporté sur toile en 1786, lors de la démolition de l’hôtel de Crozat, devenu l’hôtel de Choiseul, rue de Richelieu.

À la mort de La Fosse chez Crozat, sa veuve continua d’occuper l’appartement de l’attique qu’il habitait. Son neveu était le poète tragique Antoine de La Fosse et son beau-frère le paysagiste Jean Forest.

Quelques œuvres[modifier | modifier le code]

Le Lever du Soleil, 1678, Musée des Beaux-Arts, Rouen.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Clémentine Gustin-Gomez, Charles de La Fosse, 1636-1716 : le maître des Modernes, Paris, Faton, 2006, Catalogue raisonné en deux volumes (ISBN 9782878440836)
  • Jean Chrétien Ferdinand Hoefer, Nouvelle Biographie générale, t. XVII-XVIII, Paris, Firmin-Didot, 1861, p. 806-7.
  • Charles Lecarpentier, Galerie des peintres célèbres, avec des remarques sur le genre de chaque maître, Paris, Treuttel et Wurtz, 1821, p. 102-6.

Liens externes[modifier | modifier le code]