Jude (apôtre)
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Jude (ou Judas), fils de Jacques (Ἰούδας Ἰάκωβος), est un des douze disciples choisis par Jésus qui apparait dans le nouveau testament sans que les traditions synoptiques s'accordent sur son identité. Les évangiles selon Marc[N 1] et selon Matthieu[N 2] font apparaître un frère de Jésus de Nazareth nommé « Jude », tandis que l'évangile attribué à Luc[N 3] présente un « Jude » comme apôtre de Jésus[1] que Marc[N 4] et Matthieu[N 5] nomment, eux « Thaddée »[2].
Sommaire |
Nouveau Testament [modifier]
Le nom « Jude (ou Judas), fils de Jacques »[3] (Ἰούδας Ἰάκωβος) n'apparaît que dans les listes des douze de selon Luc (Luc 6:16[N 3], Actes 1:13[N 6]). Dans selon Marc c'est « Thaddée » (Θαδδαῖος, Marc 3:18[N 4]) et dans selon Matthieu c'est, selon les manuscrits, « Thaddée », « Lebbée » ou « Thaddée, appelé aussi Lebbée » (Λεββαῖος ὁ ἐπικληθεὶς Θαδδαῖος, Matthieu 10:3[N 5]). Le nom « Thaddée » est peut-être un surnom. En conséquence, les deux listes sont traditionnellement harmonisée dans « Jude Thaddée », une dénomination tardive faite de la combinaison des noms qui ne désignent probablement pas la même personne[4] et qui ne figure d'ailleurs ni dans Matthieu ou Marc, ni dans Luc[5]. Dans Jean on trouve « Judas, non pas l’Iscariot » (Ἰούδας οὐχ ὁ Ἰσκαριώτης, Jean 14:22[N 7])[6].
Il n'est nullement avéré qu'il s'agisse du même personnage[7] dans la mesure où les trois noms utilisés (Judas, Thaddée, Lebbée) sont sémitiques alors que lorsqu’un personnage porte plusieurs noms, ils sont habituellement juif et grec, voire juif et latin[3]. Les Juifs palestiniens de cette période portent souvent deux noms, l'un juif, l'autre grec. On dénombre sept autres individus de cette période portent le nom Thaddée dans sa forme sémitique abrégée Taddai[8].
En tout état de cause, bien que portant le même nom, cet apôtre est à distinguer de Judas l’Iscariote : il est vraisemblable que le nom de « Judas », par trop entaché de la mauvaise réputation due à Judas l’Iscariote, se soit progressivement estompé dans la plupart des traditions chrétiennes au profit de la graphie « Jude », de la même manière, on parle encore de nos jours de l’« Épître de Jude » plutôt que de l’« Épître de Judas »[9].
Les différentes traditions [modifier]
Bien que l'évangile selon Luc le distingue de l'apôtre Thomas, la tradition du christianisme syriaque identifie Jude avec ce dernier et le désigne comme « frère jumeau de Jésus », pour un personnage qui revêt une grande importance dans la tradition chrétienne de Syrie orientale[1]. À la suite de certains Pères de l'Église dès le IVe siècle, les traditions latines puis catholiques proposent une autre tradition concernant ce Jude, frère de Jésus[réf. nécessaire]. Il aurait été évangélisateur de l'Arménie.
Une épître de Jude pseudépigraphique lui est attribuée[10].
Selon les traditions de l'Église catholique romaine, il faut le distinguer de Jude, frère de Jésus, qui serait l'auteur de l'Épître de Jude[11],[12].
Dans la tradition orthodoxe, Jude est l'un des douze Apôtres ainsi que le "frère" (c'est-dire "cousin", ou "parent", selon la terminologie des langues hébraïque et araméenne) de Jésus. Il aurait aussi avec l'aide de saint Barthélémy évangélisé l'Arménie où il est fête avec ce saint.
Culte [modifier]
Il est reconnu comme étant le saint de l'espoir, puisque c'était un être bon. C'est le saint protecteur des causes désespérées pour les catholiques, à l'instar de Sainte Rita de Cascia.
Il est le saint patron des causes perdues, celui qui continue quand plus rien ne retient, à part l'espoir et la foi d'aller au bout de ces espoirs.
Il est honoré le 28 octobre avec son frère Simon le Zélote.
Iconographie [modifier]
Jude Thaddée est traditionnellement représenté portant l'image de Jésus à la main ou près de sa poitrine.
Attribut : la massue. Souvent placé aux côtés de Simon avec qui il prêche en Syrie et en Mésopotamie, il porte la massue avec laquelle il fut achevé lors de son martyre en Perse ou près de Beyrouth.
Notes [modifier]
Références [modifier]
- Claudio Moreschini et Enrico Norelli, Histoire de la littérature chrétienne antique grecque et latine, vol. 1, éd. Labor et Fides, 2000, p. 96
- François Amiot, Charles Augrain et Robert Tamisier, Le Nouveau Testament, éd. Médiaspaul, p. 684
- Eric Fuchs et Pierre Reymond, La deuxième épître de saint Pierre : L'épître de saint Jude, éd. Labor et Fides, 1988, p. 145
- (en) Mark Guscin, The Image of Edessa, Leiden-London, Brill, 2009, 226 p. (ISBN 9789004171749), p. 168
- Jesus? p43 "Matthieu et Marc donnent la liste complète où on trouve les mêmes noms39, à ceci près qu'un certain Thaddée devient Lebbée dans certains manuscrits40, et qu'il se transforme en « Jude fils de Jacques » dans le texte de Luc"
- (en) Stephen J. Patterson, « Understanding the Gospel of Thomas Today », dans Stephen J. Patterson, Hans-Gebhard Bethge et James M. Robinson, The Fifth Gospel. The Gospel of Thomas Comes of Age, éd. T&T Clark, 2011, p.31
- (en) Mark Guscin, The Image of Edessa, Leiden-London, Brill, 2009, 226 p. (ISBN 9789004171749), p. 168
- Richard Bauckham Jesus and the eyewitnesses: the Gospels as eyewitness testimony, 2006, Wm. B. Eerdmans Publishing, p. 100 : « in this case the possibility that the same individual bore both names is well supported by what we know of names in Jewish Palestine at this period. The name Thaddaeus (Greek Thaddaios) is an example of a Greek name wich has been fist turned into Semitic shortened version Taddai, and has then been Graecized again as Thaddaios. Besides our Thaddaeus, seven other individuals of this period are known to have borne the name in this Semitic shortened form ».
- (en) Stephen J. Patterson, « Understanding the Gospel of Thomas Today », dans Stephen J. Patterson, Hans-Gebhard Bethge et James M. Robinson, The Fifth Gospel. The Gospel of Thomas Comes of Age, éd. T&T Clark, 2011, p.31
- Claudio Moreschini et Enrico Norelli, Histoire de la littérature chrétienne antique grecque et latine, vol. 1, éd. Labor et Fides, 2000, pp. 152-153
- cf. TOB : Introduction à l'épître de saint Jude
- Pour justifier cette position qui apparaît au IVe siècle, on analyse la lettre de Jude, en faisant remarquer que celui-ci ne se présente pas comme faisant partie des apôtres et s'en distingue au verset 17.
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Thaddée d'Édesse
- Jude (Évangiles)
- Jésus de Nazareth
- Liste des apôtres
- Proches de Jésus
- Liste des saints catholiques
Bibliographie [modifier]
- Moïse de Khorène, « Histoire de l'Arménie », Livre II chapitres 35-36, sur remacle.org ;
- Léroubna d'Édesse, « Histoire d'Abgar », sur remacle.org ;
- Liz Trotta, ancienne rédactrice en chef du Washington Post: Saint Jude (traduit en français aux éditions le Jardin des Livres).
Liens externes [modifier]
- Saint Jude sur le site nominis.cef.fr
- Saint Jude sur le site fr.orthodoxwiki.org