Pau

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Pau
En haut à gauche : le boulevard des Pyrénées et le pic du Midi d'Ossau En haut à droite : le palais Beaumont et le pic du Midi de Bigorre En bas : le château de Pau
En haut à gauche : le boulevard des Pyrénées et le pic du Midi d'Ossau
En haut à droite : le palais Beaumont et le pic du Midi de Bigorre
En bas : le château de Pau
Blason de Pau
Blason
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Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Aquitaine
Département Pyrénées-Atlantiques
Arrondissement Pau (chef-lieu)
Canton chef-lieu de 4 cantons
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Pau-Pyrénées
Maire
Mandat
François Bayrou (MoDem)
2014-2020
Code postal 64000
Code commune 64445
Démographie
Gentilé Palois, Paloise
Population
municipale
78 506 hab. (2012)
Densité 2 491 hab./km2
Population
aire urbaine
240 794 hab. (2012)
Géographie
Coordonnées 43° 18′ 06″ N 0° 22′ 07″ O / 43.3017, -0.368643° 18′ 06″ Nord 0° 22′ 07″ Ouest / 43.3017, -0.3686  
Altitude Min. 165 m – Max. 245 m
Superficie 31,51 km2
Localisation

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Site web pau.fr

Pau (prononcé [ˈpo ]) est une commune du sud-ouest de la France, préfecture du département des Pyrénées-Atlantiques en région Aquitaine. La ville est située au cœur de l'ancien État souverain du Béarn, dont elle est la capitale depuis 1464. Bordée par le gave de Pau, la cité se situe à 100 kilomètres de l'océan Atlantique et à 50 kilomètres de l'Espagne. Cette position lui confère un panorama exceptionnel sur la chaîne des Pyrénées ainsi que sur les coteaux de Jurançon, l'appellation des Horizons Palois vise à protéger cette vision en particulier depuis le boulevard des Pyrénées.

L'archéologie permet d'affirmer que le site est au moins habité depuis l'époque gallo-romaine. Néanmoins, il faut attendre la première moitié du XIIe siècle pour trouver les premières évocations de Pau en tant que cité. La ville tient son origine de la construction de son château vraisemblablement à partir du XIe siècle par les vicomtes de Béarn, pour protéger le gué qui est alors un point stratégique pour accéder aux vallées béarnaises puis à l'Espagne. La ville tient ainsi son nom de la palissade (pau en béarnais) qui fixait les limites du château primitif. Le village qui se construit autour du château profite de sa position stratégique ainsi que de la protection des vicomtes de Béarn pour largement se développer au cours des siècles suivants. Pau devient la capitale du Béarn en 1464, devenant ainsi le centre politique, culturel et économique de ce petit État qui n'aura de cesse de défendre son indépendance face à ses voisins français, anglais et espagnols.

La ville et son château prennent une nouvelle dimension en devenant le siège des rois de Navarre au XVIe siècle. Pau devient de ce fait un centre politique et intellectuel de premier plan sous le règne d'Henri d'Albret et de son épouse Marguerite. L'histoire de Pau est durablement marquée par la naissance de leur petit fils, Henri de Bourbon, le 13 décembre 1553 dans leur château. Il accède au trône de France en 1589 sous le titre d'Henri IV. L'image de la cité est depuis largement associée à celle de ce monarque rendu célèbre pour sa volonté d'en finir avec les interminables guerres de religion. Avec la fin de l'indépendance béarnaise en 1620, Pau perd de son influence mais reste tout de même à la tête d'une province largement autonome jusqu'à la Révolution. C'est au cours de ce même XVIIIe siècle que naît un autre palois célèbre, Jean-Baptiste Bernadotte devint maréchal d'Empire puis roi de Suède et de Norvège de 1818 à sa mort en 1844.

La Belle Époque marque un nouvel essor pour la capitale béarnaise avec l'afflux massif de riches touristes étrangers (anglais notamment, mais aussi russes, espagnols et américains), ces derniers viennent y passer l'hiver pour profiter des bienfaits du climat palois décrits par le médecin écossais Alexander Taylor. Pau se transforme largement avec la construction de nombreuses villas et palaces pour accueillir ces riches hivernants, la ville se dote également de tous les éléments de modernité nécessaire à leur confort (bains, casino, funiculaire, gare). C'est à cette même période que Pau devient l'une des capitales mondiales de l'aéronautique naissante sous l'influence des frères Wright, les têtes couronnées s'y pressent alors pour observer les vols de la première école de pilotage organisée au monde.

Avec la fin du tourisme de villégiature au cours du XXe siècle, l'économie paloise — et celle de son agglomération — s'est peu à peu orientée vers l'industrie aéronautique puis vers celle de la pétrochimie avec la découverte majeure du gisement de gaz de Lacq en 1951. Pau est aujourd'hui une commune d'environ 80 000 habitants, la principale de l'aire urbaine de Pau et de la communauté d'agglomération de Pau-Pyrénées. La ville joue un rôle moteur pour le Béarn mais également pour une large frange du bassin de l'Adour. Capitale administrative, elle bénéficie d'un tissu économique dense en matière d'activités de services. Pau joue également le rôle de capitale culturelle avec de nombreux événements, notamment sportifs. Le patrimoine palois s'étale sur plusieurs siècles, sa diversité et sa qualité lui ont valu l'obtention du label de Ville d'art et d'histoire en 2011.

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Carte montrant le territoire de la commune et les localités limitrophes.
Frontières de Pau avec les communes limitrophes. Le trait rouge indique la position de l'autoroute A64.

Pau se situe à près de 100 kilomètres de l'océan Atlantique (la plage de Capbreton se situe à 95 km[Note 1]) et à 25 kilomètres des premiers contreforts des Pyrénées[Note 2]. L'Espagne — éloignée de cinquante kilomètres à vol d'oiseau[Note 3] — est facilement accessible via Gan puis Oloron-Sainte-Marie, par le col du Somport (1 631 mètres), et via Gan puis Laruns, par le col du Pourtalet (1 794 mètres). Sa localisation au pied des Pyrénées lui confère un vaste panorama sur la chaîne des Pyrénées en particulier depuis le boulevard des Pyrénées. Ce panorama unique fera dire à Lamartine à propos de Pau : « Pau est la plus belle vue de terre du monde comme Naples est la plus belle vue de mer »[1].

Communes limitrophes de Pau
Buros
Montardon
Morlaàs
Lons
Billère
Pau Bizanos
Idron
Gelos
Jurançon

Relief et géologie[modifier | modifier le code]

La capitale béarnaise se situe au cœur de la vallée du gave de Pau, celle-ci est encadrée par de puissantes collines sur environ 75 km de Montaut à l'est, jusqu'à Orthez à l'ouest. Entre le gave de Pau et le gave d'Oloron plus au sud, les collines qui forment l'entre deux gaves n'excèdent pas 400 mètres d'altitude[2]. Au sud de Pau, l'orientation nord-sud est imposée par les vallées étroites et profondes des différents affluents du gave de Pau (le Souste, le Neez, les Hiès, la Juscle, etc.). Au nord de la ville, les collines des landes du Pont-Long sont plus douces et tournées vers la Gascogne avec plusieurs affluents directs ou indirects de l'Adour (l'Ayguelongue, le Luy de Béarn, le Luy de France, le Gabas, etc.). À l'approche de Pau par l'est, la vallée du gave se resserre progressivement entre le Pont-Long et les coteaux de Jurançon[Note 4]. L'agriculture cède également sa place à l'urbanisation de l'agglomération paloise.

Pau occupe la position d'un gué au-dessus du gave, celui-ci est un torrent pyrénéen qui peut s'avérer être difficile à traverser lors de ses nombreuses crues violentes. Celles-ci sont l'occasion de l'accumulation sur ses berges de galets ainsi que de la création d'îlots provisoires couverts d'une végétation fournie. Au-dessus de la plaine alluviale se dresse un abrupt presque vertical, le rebord de ce plateau prend la forme d'un éperon à l'ouest car la rivière du Hédas découpe une lanière en pointe avant de se jeter dans le gave. Le rebord méridional est lui creusé par un étroit ravin appelé bie cabe (« la rue en creux » en béarnais).

La superficie de la commune est de 3 151 hectares ; son altitude varie entre 165 et 245 mètres[3].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le château vu du gave à Gelos.

La ville, située à une altitude moyenne de 200 mètres, est traversée par le gave de Pau[4] — gave est le nom donné à un torrent dans les Pyrénées — prenant sa source au cirque de Gavarnie et principal affluent de l'Adour, dans lequel il se jette après avoir parcouru 175 kilomètres. Les terres de la commune sont également arrosées par le Luy de Béarn[5], affluent du Luy, et par ses tributaires, l'Aygue Longue et l'Uzan, ainsi que par le Soust, la Herrère, l'Ousse et l'Ousse des Bois, affluents du gave de Pau. L'Aygue Longue est à son tour rejoint sur le territoire de Pau par les ruisseaux le Bruscos et le Lata, tout comme l'Ousse l'est par le ruisseau Merdé. Le ruisseau le Lau[6], qui alimente quant à lui le canal du Moulin, est également présent sur la commune.

Climat et végétation[modifier | modifier le code]

Sa situation géographique, non loin des Pyrénées, confère à la ville un climat contrasté, de type océanique chaud. Les températures inférieures à −10 °C sont rares et celles inférieures à −15 °C exceptionnelles ; il faut constater tout de même −15 °C en février 1956 et −17,5 °C en janvier 1985. La neige tombe environ quinze jours par an (0,45 m en 1987), de novembre à avril.

En été, les maximales sont de l'ordre de 20 °C à 30 °C, et atteignent très rarement des températures supérieures à 35 °C. Certains jours d'hiver, le foehn, vent chaud, peut faire monter la température à plus de 20 °C et dès que le vent cesse, la neige peut tomber.

La pluviométrie est forte, de l'ordre de 1 100 mm par an (à comparer avec Paris, 650 mm, Bordeaux, 900 mm, Toulouse, 650 mm), l'ensoleillement tourne autour de 1 850 heures par an, soit un peu moins que pour sa voisine des Hautes-Pyrénées Tarbes (1 940 heures de soleil par an). Les brouillards sont peu fréquents et ne persistent guère au-delà de midi. C'est surtout l'absence de vent qui caractérise le climat de la région paloise : les vents forts sont très rares ; en général, ils sont nuls ou très faibles.

Ce climat a permis à Pau de devenir, à la fin du XIXe siècle, un lieu de villégiature hivernale prisé par la bourgeoisie anglaise, russe et brésilienne. En 1842 le médecin britannique Alexander Taylor attribuait, en effet, des vertus curatives « sédatives » au climat palois[7].

Relevé météorologique de Pau et sa région pour la période 1981-2010.
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2,1 2,5 4,8 6,9 10,7 13,8 15,6 15,5 12,6 9,6 5,3 2,8 8,6
Température moyenne (°C) 6,6 7,4 10 11,9 15,7 18,8 20,7 20,7 18,2 14,8 9,8 7,2 13,5
Température maximale moyenne (°C) 11 12,2 15,2 16,9 20,6 23,6 25,8 26 23,8 19,9 14,3 11,6 18,4
Record de froid (°C) −15 −17,5 −8,9 −6 −1,3 3,6 1,5 1,7 −1 −2,4 −9,6 −12,6 −18,8
Record de chaleur (°C) 24,5 27,8 31 30,8 34,1 38,1 39,2 39,9 36,3 34 27,1 27,2 41,2
Précipitations (mm) 94,4 83,3 85,4 112,1 98,7 77 56,7 67,5 78,9 99,7 116,9 98,2 1 068,9
Source : Le climat à Pau (en °C et mm, moyennes mensuelles 1981/2010 et records depuis 1956)[8].


Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Voies de communication routières[modifier | modifier le code]

Pau se trouve à l'intersection de deux autoroutes. L'autoroute A64 - E80 (sous son appellation européenne) dite la Pyrénéenne, rejoint Toulouse à l'est en h 0[9] et Bayonne à l'ouest en h 12[9]. L'autoroute A65 - E7 (sous son appellation européenne) dite A'Liénor - autoroute de Gascogne, relie Pau à Bordeaux en h 7[9] via l'autoroute A62 entre Bordeaux et Langon, point de raccordement des deux autoroutes. Son inauguration a eu lieu le 16 décembre 2010. Il s’agit, en juillet 2014, de l’autoroute A65 la plus chère de France, avec 14,67 centimes/km à débourser[10].

Pau était traversée par plusieurs routes nationales déclassées par la suite : la route nationale 117 (Bayonne-Toulouse) devenue RD 817, la route nationale 637 (Pau-Montgaillard) devenue RD 937, la route nationale 643 (Pau-Auch) devenue RD 943 et la route nationale 645 (Pau-Sault-de-Navailles) devenue RD 945. La route nationale 134 existe toujours pour relier le sud de Pau au col du Somport.

Transport en commun[modifier | modifier le code]

Réseau urbain[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Idelis.

La Société des transports de l'agglomération paloise ou IDELIS, dessert Pau mais aussi Billère, Jurançon, Gelos, Mazères-Lezons, Lescar, Lons, Bizanos, Gan, Ousse, Sendets, Lée, Idron, Artigueloutan, Uzein, Morlaàs, Serres-Castet et Aressy. 12,3 millions de voyages sont effectués chaque année sur ce réseau qui est composé de 19 lignes urbaines et de 28 circuits scolaires[11].

Les correspondances avec les lignes de bus Idelis peuvent se faire principalement au Pôle Bosquet et aussi aux halles, place de Verdun, gare SNCF et à Auchan. La ville est engagée dans un projet de BHNS (Bus à haut niveau de service) pour une première ligne « Gare » - « Hôpital ». Les travaux ont démarré à la fin de 2014[12].

Le funiculaire, inauguré en 1908, assure, à titre gratuit, la liaison entre le quartier de la gare, soit la ville basse, et le boulevard des Pyrénées, soit la ville haute. Il faillit s'arrêter définitivement en 1970, il était alors considéré comme vétuste et « ringard »[13]. Il fut finalement conservé après une lourde rénovation qui aboutit en 1978. Il transporte en moyenne 500 000 passagers[14] par an, et fonctionne tous les jours.

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]
Gare SNCF de Pau.
Article détaillé : Gare de Pau.

Deux projets de construction ferroviaire sont à l'étude : le prolongement et la rénovation de la ligne Réseau ferré de France actuelle en ligne à grande vitesse TGV[15] depuis Bordeaux vers l'Espagne via l'est des Landes (qui mettrait Pau à environ trois heures de Paris) et la réouverture de la liaison transfrontalière Pau-Canfranc (Espagne) qui relierait Pau à Saragosse[16].

Transport aérien[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Aéroport de Pau-Pyrénées.

L'aéroport international de Pau-Pyrénées, situé à 12 km sur la commune d'Uzein, est relié directement aux aéroports Paris Charles-de-Gaulle et Paris-Orly (9 allers-retours par jour), à Lyon (3 allers-retours par jour), Marseille (9 liaisons par semaine), ainsi qu'à Bastia, Ajaccio, Naples et Bari pendant l'été. En 2014, il a enregistré 621 492 passagers, soit une baisse de 3,73 % par rapport à 2013, ce qui le place à la troisième place en Aquitaine après les aéroports de Bordeaux et Biarritz.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

La mairie de Pau distingue six zones[17] :

  • Centre ville délimité notamment par le boulevard d'Alsace-Lorraine au nord, par l'avenue Édouard VII à l'est et la rue d'Étigny puis le gave au sud ;
  • XIV Juillet composé pour l'essentiel de la rive gauche du gave, délimité par la rue d'Étigny au nord et par la rue Marca à l'est ;
  • Dufau-Tourasse délimité par le boulevard d'Alsace-Lorraine au sud, l'avenue des Lilas à l'est et le boulevard Tourasse au nord ;
  • Pau Sud délimité par l'avenue Édouard VII à l'ouest et l'avenue des Lilas puis le boulevard de la Paix au nord ;
  • Le Hameau délimité par l'allée Condorcet puis l'avenue de Buros à l'ouest ainsi que par le boulevard Tourasse puis le boulevard de la Paix au sud ;
  • Pau Nord délimité par le cours Léon Bérard, l'allée Condorcet et le boulevard de la Paix au sud et par l'avenue de Buros à l'est.

Centre ville[modifier | modifier le code]

Le développement du castelnau[modifier | modifier le code]
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Il s'agit du cœur de la ville de Pau, cette zone est composée de différents quartiers typiques dont le quartier du château, le quartier du Hédas, le quartier des Halles, le Triangle ou encore la cité Paul Doumer. L'urbanisation du centre ville de Pau s'étend principalement du XIe siècle à la première moitié du XXe siècle, ce mouvement a été façonné par des contraintes topographiques très caractéristiques de la commune qui ont largement affecté voire freiné son développement au cours des siècles. Le château fut implanté à l'angle sud-ouest d'un éperon rocheux délimité en contrebas par le gave (au sud) et par le Hédas (au nord). Cet éperon s'élargit ensuite vers l'est au sein d'un plateau, permettant l'implantation d'un village protégé par le château et ces frontières naturelles. Cette configuration explique que le développement urbain de la ville s'est dans un premier temps déroulé vers l'est, puis vers le nord lorsque le Hédas fut franchi avec la construction de différents ponts au XVIIe siècle.

Le castelnau médiéval s'installa au sein d'un triangle dont la base atteint 250 mètres[18] à l'endroit où fut implanté le premier mur de protection du faubourg à l'est à partir de 1384[19]. Les lourds travaux entrepris au XIVe siècle par Fébus pour renforcer les défenses du château ont permis un large essor du castelnau primitif qui sera désormais nommé borg major puis borg vielh. Deux portes furent aménagées au sein du mur d'enceinte : la porte du Moulin (toujours existante) en contrebas côté gave et la porte deu Miey[Note 5] ("du milieu" en béarnais) qui fut détruite en 1793 mais qui était déjà insérée dans le tissu urbain en 1468[18]. Au XIVe siècle, la future capitale béarnaise était composée de quatre rues[Note 6] et de 128 foyers. Le bourg neuf ou borguet[21] se développe ensuite au XVe siècle puisque le mur d'enceinte est déplacé plus à l'est, la porte d'Arribère[Note 7] remplace dans sa fonction la porte deu Miey comme extrémité est de la cité.

La résidence royale[modifier | modifier le code]
Ancien camp Batalher.

À partir du début XVIe siècle le mouvement de croissance de la cité vers l'est s'accentue. Désormais capitale du Béarn, la ville fait construire un hôpital à l'est de la jonction de la porte d'Arribère et de la côte de la Fontaine[Note 8] et fait déplacer les boucheries ainsi que le cimetière à l'est des murs[18]. Un faubourg se constitua également au sud de la porte de la Monnaie, à la place du camp Batalher célèbre pour la pratique des duels judiciaires[22]. Ce même XVIe siècle offrit à Pau le titre de résidence royale, les souverains de Navarre achevèrent la transformation du château forteresse en un palais Renaissance avec de grands parcs et jardin. Le présence de la cour entraîna également des transformations dans l'aspect de la ville avec les constructions successives d'un nouveau pont[Note 9] sur le gave, d'un hôtel de ville[Note 10] et d'un palais de justice[Note 11]. L'hygiène fut une nouvelle préoccupation pour les jurats palois, avec la rédaction d'un premier règlement visant à imposer le nettoyage des rues, l'arrêt du déversement des latrines dans la rue et l'interdiction de l'élevage d'animaux à l'intérieur de l'enceinte[18]. En 1568, Jeanne d'Albret tenta également d'imposer le remplacement du chaume par des tuiles en ardoises ainsi que le pavage des rues mais les guerres de religion retardèrent le projet.

À la fin du XVIe siècle, la cité paloise est toujours entièrement contenue dans les mêmes bornes que celles qui prévalaient deux siècles auparavant. Quatre portes[21] existent alors : la toujours porte du Moulin ainsi que la porte de Gassion en contrebas côté sud, la porte du Portalet au niveau de l'actuel hôtel de Gassion et la porte d'Arribère. La place Reine-Marguerite est aménagée au niveau de cette dernière porte en 1590 pour accueillir les premières halles de la ville, il s'agit de la plus ancienne place paloise[23]. De nouvelles fortifications plus légères furent édifiées entre 1632 et 1646[18] pour protéger les faubourgs construits progressivement à l'est du borguet, la porte-Neuve[Note 12] verrouillait Pau en direction de Tarbes.

L'ouverture de la ville[modifier | modifier le code]

L'ouverture totale de la ville vers l'est, avec la fin de la ville fortifiée, coïncide avec le franchissement du ravin du Hédas à la moitié du XVIIe siècle[Note 13]. La cité paloise va dès lors se désenclaver à l'est et au nord avec l'installation de nombreux ordres religieux notamment. Ces derniers profitent du rétablissement du culte catholique en Béarn à partir de 1620 pour investir la cité. La ville éclate alors en plusieurs pôles d'urbanisation, la vieille ville originelle (borg vielh et borguet) était séparée de ces extensions par des coupures végétales et agricoles[18]. Les jésuites, les cordeliers, les ursulines ou encore les orphelines[Note 14] établirent de nouvelles bornes de croissance pour la ville au XVIIe siècle.

Au milieu du XVIIIe siècle, l'ouverture de la ville marque une nouvelle étape avec la construction du pont Royal vers l'actuel quartier du XIV Juillet. Ce pont était pour la première fois entièrement réalisé en maçonnerie et d'une largeur suffisante pour supporter le trafic et permettre un réel développement vers le sud de la ville. Ce XVIIIe siècle fut également marqué par l'ouverture du pont Bordenave d'Abère en 1786, il permit de relier la vieille ville à la route de Bordeaux au nord par dessus le Hédas. Néanmoins, il n'existait pas de liaison directe entre le nouveau pont Royal et la route de Bordeaux sans passer par la vieille ville (par la côte du Moulin). Un projet urbain particulièrement complexe fut mis en place par l'ingénieur Louis Pollart afin de créer un axe entre les deux voies. L'actuelle rue Marca ne fut ouverte qu'à la Révolution par une décision du [18].

La ville climatique[modifier | modifier le code]
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Au lendemain de la Révolution, la vente des biens nationaux entraîne des changements profonds dans la physionomie de la ville. Les parcs du château sont ainsi utilisés pour divers projets urbanistiques, la basse-plante permet en partie la réalisation de la place Gramont de 1817 à 1840 tandis que la haute-plante voit s'installer la caserne Bernadotte à partir de 1830 ainsi que le nouveau cimetière de la ville. Certains édifices religieux changent également de fonction, le couvent de la Foy est transformé en hôtel de Préfecture, le couvent Notre-Dame[Note 15] reçoit la mairie jusqu'en 1808 et le collège royal des jésuites est transformé en école centrale puis en lycée à partir de cette même année 1808[24]. Dans la première moitié du XVIIIe siècle, la capitale béarnaise poursuit également son expansion vers le nord avec la création de la rue Serviez qui enjambe le Hédas par un nouveau pont construit en 1802. Par la suite, cette rue sera allongée pour être reliée à la route de Bordeaux dès 1840 sous la demande d'un groupe d'habitants du quartier des Cultivateurs[Note 16]. Cette nouvelle liaison prit le nom de Montpensier en la mémoire du prince Antoine d'Orléans, fils de Louis Philippe et duc de Montpensier, qui vînt inaugurer la statue d'Henri IV place Royale en 1843[Note 17].

C'est au milieu du XVIIIe siècle que la capitale béarnaise commence à accueillir un nombre croissant[Note 18] de touristes étrangers qui viennent profiter du climat prétendument sédatif de Pau en hiver. Ce tourisme climatique s'accompagne de plusieurs aménagements dans la ville : système de numérotation des maisons, réseau d'éclairage à l'huile puis au gaz dès 1840, des trottoirs sont aménagés et multiplication du nombre des fontaines décidée dès 1835[18]. Le boulevard du Nord (nommé Alsace-Lorraine désormais) est créé autour de 1870[18] pour densifier le tissu urbain sur son côté intérieur, il occupa ce rôle jusque vers 1925. L'axe constitué par la rue Serviez et la nouvelle rue Montpensier profite de cette volonté, le premier quartier anglais voit le jour autour de l'actuelle église Saint Andrew's et de l'ancien Grand Hôtel. Pau devient alors une station de séjour de renommée mondiale avec près de 5 000 hivernants dans les années 1880[18]. C'est sous cette influence que plusieurs décisions importantes sont prises à cette époque concernant l'aménagement urbain de la cité, la première d'entre elles fut la création du boulevard du Midi de 1854 à 1871 et l'achat du domaine de Beaumont en 1878. Le boulevard du Midi sera l'amorce du futur boulevard des Pyrénées construit de 1893 à 1899 pour relier la vieille ville à la ville neuve, il fera également de Pau une véritable ville belvédère.

Les dernières grandes modifications[modifier | modifier le code]

Le centre-ville de Pau prend sa forme actuelle dès la première moitié du XXe siècle avec la réalisation de plusieurs projets d'envergure, dont notamment la création du palais des Pyrénées et sa jonction au boulevard du même nom par le boulevard d'Aragon. À l'orée des années 1930, le maire Alfred de Lassence souhaite recentrer la ville autour de la place Clemenceau[25] en remplacement de la place Royale. L'équipe municipale répond ainsi favorablement à la proposition de l'entrepreneur Henri Lillaz, il souhaite bâtir sur cette place un édifice précurseur des centres commerciaux modernes pour y installer des commerces de luxe. Un accord fut trouvé dès avril 1929[18] pour une ouverture l'année suivante, le tout nouveau palais des Pyrénées prit la place de l'ancien couvent des Ursulines et de la nouvelle halle[Note 19]. Cette construction entraîna d'autres changements dans le centre-ville palois puisque l'accord entre le maire et M. Lillaz prévoyait en contrepartie que ce dernier devrait édifier une bibliothèque et un musée à ses frais. Ce fut chose faite dès 1930, avec la construction de deux bâtiments de style art déco au nord[Note 20] du lycée Louis-Barthou.

La construction du palais des Pyrénées entraîna également le percement du boulevard d'Aragon pour relier ce nouveau centre de la ville au boulevard des Pyrénées. Dès 1928 le boulevard d'Aragon est achevé, permettant la construction successive de plusieurs immeubles de standing dont le palais d'Aragon et le palais d'Ossau. Par la suite, le centre-ville est traversé par diverses opérations d'urbanisme mais qui visent à renouveler plutôt qu'à bouleverser les équilibres obtenus dans les années 1930. La cité Paul Doumer[Note 21] est construite dès 1932, l'opération taudis[Note 22] se tient de 1953 à 1962, tandis que plusieurs équipements voient le jour comme le théâtre de verdure en 1952 ou le Foirail en 1964.

XIV Juillet[modifier | modifier le code]

Cette zone de Pau est essentiellement composée par la partie de la ville située rive gauche du gave (également nommée quartier de la Croix du Prince), mais aussi par la zone entourant les parcs du Château rive droite. L'urbanisation de la rive gauche du gave débute à partir de 1740 avec la fin de la construction du pont Royal (actuel pont du XIV juillet), cet espace était alors compris dans les frontières de la commune de Jurançon. Dès 1794 la municipalité paloise envisage d'annexer ce quartier, mais ce n'est que le [27] que la zone est transférée à Pau malgré les protestations jurançonnaises. Le quartier du XIV Juillet (nom donné depuis 1881) est alors composé de 504 habitants, sur 48 hectares. Avec la proximité du gave, de la ligne ferroviaire et de la route vers les vallées béarnaises et l'Espagne qui le traverse, le quartier se développe rapidement au cours du XIXe siècle. De petites industries[27] s'installent telles que des moulins et des scieries hydrauliques, des tanneries, des abattoirs et des savonneries[Note 23].

L'isolement géographique du quartier ainsi que cette présence industrielle historique explique la typologie du quartier, ce dernier est resté toujours très populaire avec une relative vie de village. Depuis les années 1970, le quartier a subi de nombreuses mutations avec la fermetures des usines, une certaine paupérisation des habitants et la fermeture de plusieurs commerces à cause de la concurrence des grandes surfaces de périphéries[29]. L'emblème du quartier, le stade de la Croix du Prince, attend quant à lui toujours un nouveau souffle après le départ des rugbymen de la Section paloise au début des années 1990[30].

Dufau-Tourasse[modifier | modifier le code]

Les résidences Carlitos en 1966

La zone Dufau-Tourasse comprend plusieurs grands-ensembles de logements, dont les résidences Carlitos et le quartier Saragosse, ainsi que la cité administrative de Pau. Le nord-est de Pau n'a présenté aucun obstacle naturel à son urbanisation, ainsi un plan d'urbanisme est défini dès 1928 par Léon Jaussely. Ce plan vise notamment à prolonger la rue Carnot afin de créer un nouvel axe vecteur de développement d'une ville verte. Si le plan Jaussely est abandonné en 1933[18], l'idée d'une voie prolongeant la rue Carnot vers le forêt de Bastard est maintenue. Ce nouvel axe prendra la forme de la coulée verte qui distribue l'ensemble de la zone Dufau-Tourasse puis toute la partie septentrionale de la ville jusqu'à la rocade nord construite à partir de 1968.

L'ensemble Dufau-Tourasse est le plus important plan de logements collectifs construit dans la ville dans le cadre des ZUP des années 1960. Cette opération concernait 35 hectares de terrains achetés par la ville, dont 22 réservés à la construction de 2 000 logements[31]. André Remondet, lauréat du grand-prix de Rome en 1936, est chargé de la conception du plan-masse par le ministère de la Construction. Il organise celui-ci autour de l'axe nord-sud constitué par l'avenue Dufau[Note 24] et par plusieurs axes est-ouest : avenue de Saragosse, boulevard Tourasse, boulevard Jean Sarrailh. Remondet combine des barres linéaires avec d'autres en zig-zag afin de rompre la monotonie des îlots[32]. L'axe principal nord-sud est composé de bâtiments de cinq niveaux, tandis que les quatre points cardinaux de la zone sont équipés des bâtiments les plus élevés[Note 25]. Les équipements publics du quartier (église Saint-Pierre, école Jean-Sarrailh notamment) sont en grande partie situés sur l'ancienne pépinière de la ville[32]. La cité administrative a, quant à elle, été réalisée progressivement entre les années 1970 et 1980, les terrains ont longtemps été convoités pour la réalisation d'un grand hôpital[32] qui sera finalement construit plus au nord de la ville.

Pau Sud[modifier | modifier le code]

La zone Pau Sud est composée du quartier huppé du Trespoey ainsi que celui nommé Le Buisson[33] en limite de Bizanos et par le quartier Saint-Cricq. Cette zone est notamment marquée par la présence de villas suburbaines construites à la grande période du tourisme climatique palois. L'avenue Trespoey ainsi que les allées de Morlàas sont toujours imprégnées de cet urbanisme guidé par les théories de l'hygiénisme urbain[34]. Cette mode issue de la Belle Époque voulait que les rues et avenues soient aérées et que les espaces bâtis soient en retrait des voies dans de grandes parcelles[18]. Outre les réserves foncières indispensables à ce concept, la géographie du quartier Trespoey était particulièrement appréciée des riches hivernants. Le quartier est traversé par une ligne de crête surplombant le gave et qui offre une vue remarquable sur la chaîne des Pyrénées.

Le Hameau[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une vaste zone composée par les quartiers du Laü, Berlioz et de l'Ousse des Bois. Le quartier Berlioz est notamment marqué par la présence de logements issus du mouvement Castor, celui-ci s'est déroulé de 1953 à 1956 sous le nom « Les Chalets Pyrénées »[35]. Outre des espaces résidentiels, la zone du Hameau est caractérisée par la présence d'un très important tissu économique. Le centre scientifique et technique Jean-Féger du groupe Total est la tête de proue d'une zone d'activité en plein essor[36]. La plaine du Hameau constitue un point central pour le monde sportif palois avec de nombreux terrains disponibles et le stade du Hameau pour les grands événements rugbystiques notamment.

Le quartier de l'Ousse des Bois est, quant à lui, l'un des grands ensembles de la ville de Pau construit dans les années 1960, ce dernier était à l'origine composé de 880 logements pouvant accueillir jusqu'à 5 000 habitants[31]. Il était à l'origine prévu pour accueillir les ouvriers recrutés après la découverte du gisement de Lacq, mais à partir des années 1970 il devint l'un des quartiers utilisé pour l'accueil des immigrés : pieds noirs, portugais, espagnols puis maghrébins. En proie à de grosses difficultés sociales puis à plusieurs émeutes dans les années 1990, un vaste projet de rénovation est lancé à partir de 1999 pour transformer le quartier. L'idée est notamment de casser l'effet « barre » et de mieux intégrer le quartier dans la ville[33]. Près de 45 millions d'euros sont ainsi engagés lorsque survient le dispositif ANRU en 2006 qui donne un second souffle au projet avec 20 millions d'euros supplémentaires. Au total, 335 logements ont été démolis tandis que 130 logements ont été reconstruits en type pavillonnaire[37].

Pau Nord[modifier | modifier le code]

Enfin la zone Pau Nord est composée des quartiers résidentiels Lartigue, des Lilas, Barincou, Touquet et Trianon. Cette zone comprend également de nombreux grands équipements palois comme l'hippodrome (1842, rénové entre 1969 et 1971), le campus (1962-1977), le centre hospitalier (1975-1988), le Palais des Sports (1991) , le Zénith (1992) et le complexe de Pelote (2006). La partie de cette zone située au nord de l'autoroute A64 n'est que très peu urbanisée, elle est occupée par le domaine hippique de Sers ainsi que par la forêt de Bastard. Cette dernière est une ancienne forêt royale de 300 hectares[38] située sur la lande du Pont-Long. La plaine des Sports est traversée par un antique[Note 26] axe est-ouest nommé le Cami Salié (chemin du sel en béarnais), il s'agit du chemin historique allant du plateau de Ger vers Salies-de-Béarn et sa production de sel.

Logement[modifier | modifier le code]

Immeubles le long du boulevard des Pyrénées.

En 2011, le nombre total de logements dans la commune était de 50 246 alors qu'il était de 48 546 en 2006[40].

Parmi ces logements, 84,9 % étaient des résidences principales, 1,3 % des logements secondaires et 13,9 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 14,8 % des maisons et 84,0 % des appartements[40].

La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants était de 39,4 %, en hausse sensible par rapport à 2006 (37,9 %). La part de logements HLM loués vides était de 16,7 % contre 16,2 %, leur nombre étant en légère diminution (7 107 contre 7 149[40]).

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de Pau.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La tradition (qui confine à la légende) veut que la plaine du Pont-Long était la propriété de fait (et non de droit) des ossalois. Ces derniers auraient ainsi accordé l'emplacement de l'éperon rocheux surplombant le gave aux vicomtes de Béarn pour y bâtir une forteresse. Le toponyme serait une déformation du mot « pal » (pieu) car pour délimiter l'étendue du domaine accordé, trois pieux auraient été plantés[41] (voir l'article Héraldique). Les spécialistes s'accordent néanmoins pour une autre explication au nom de la ville, il proviendrait simplement du mot béarnais pau qui signifie palissade et qui entourait le château primitif. En tout état de cause, l'origine du nom de la ville provient toujours d'une idée de protection et de délimitation.

Selon Michel Grosclaude[42] et d'autres onomasticiens, le nom vient de la racine pré-indoeuropéenne *pal, indiquant un rocher escarpé, comme c'est le cas pour de nombreux toponymes. Le pieu ou pal, du latin palum, a aussi la même base très ancienne mais ce n'est pas sous cette signification que s'est formé le nom de Pau, on se comparera plutôt au col de Pau en vallée d'Aspe (1 942 m, Lescun—Aragon) qui n'a rien à voir avec la ville.

Son nom béarnais est Pau (prononcé paw).

Les origines[modifier | modifier le code]

Ancienne gravure représentant le château d'Henri IV à Pau (1834).

Avant le Xe siècle, il ne reste pas de trace d'occupation du site sur lequel est aujourd'hui bâtie la ville. Néanmoins, des fouilles archéologiques ont permis la découverte de vestiges gallo-romains (des thermes ou une villa) de grande importance[41] sur le territoire de la commune limitrophe de Jurançon. La situation privilégiée de cet emplacement stratégique suppose qu'il fut occupé de longue date avant la création du château malgré l'absence de preuves formelles.

La ville est ainsi construite sur un emplacement aux qualités très particulières. Le gave de Pau, qui descend des Pyrénées, était une rivière assez difficile à franchir, et sur une distance d'environ 50 km, seuls trois gués existaient : celui de Nay à l'est, celui d'Orthez à l'ouest et celui de Pau, situé stratégiquement entre les deux. Il servait notamment au passage des bergers en transhumance entre les montagnes d'Ossau et les pâturages de la plaine du Pont-Long. L'extrémité nord d'un éperon rocheux, en forme de pointe, surplombe ici ce gué de presque 80 mètres. En résumé, c'est un emplacement naturel idéal pour contrôler le passage et les arrivants des Pyrénées, et un petit poste de surveillance y fut construit vers l'an mille, simple fort entouré d'une palissade. Il possède alors la caractéristique d'être situé à égale distance de Lescar, siège des évêques, et de Morlaàs, capitale des vicomtes de Béarn.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Jusqu'au XIIe siècle, ce fort s'est consolidé et quelques maisons s'y sont accolées, le tout constituant un petit hameau. Les seigneurs de Béarn accordent alors le statut de Viguerie (petite circonscription administrative au Moyen Âge) à ce nouveau village qui continue doucement de s'étendre. En 1188, Gaston VI de Béarn y réunit sa cour majour, ancêtre du conseil souverain.

Au XIIIe siècle, nouvelle reconnaissance de l'importance et de l'agrandissement de Pau, qui devient un Castelnau, avec un bailli nommé par les vicomtes béarnais. À cette époque, les Anglais sont installés dans le Sud-Ouest, tandis que la souveraineté du Béarn est transmise à la puissante famille des comtes de Foix. L'allégeance de ces derniers va, selon les intérêts politiques du moment, au roi d'Angleterre ou au royaume de France.

Gaston Fébus (descendant des comtes de Foix et une des premières figures emblématiques du Béarn) est très attaché à l'indépendance de son petit pays. Il entame de grands travaux pour renforcer les places fortes du Béarn, notamment le château de Pau dans lequel il s'installe finalement. Il y fait ajouter un donjon en briques rouges (désormais nommée tour Gaston-Fébus), une enceinte fortifiée extérieure avec la tour de la Monnaie.

En 1464, Gaston IV de Foix-Béarn, après avoir épousé l'Infante Éléonore d'Aragon, transfère sa cour d'Orthez à Pau[43]. Pau devient ainsi la quatrième capitale historique du Béarn, après Lescar, Morlaàs et Orthez. La ville est dotée d'une charte communale ; des foires s'y déroulent, tout comme les États de Béarn. Il fait transformer les courtines du château en logis.

Renaissance et époque moderne[modifier | modifier le code]

En 1512, elle devient capitale des rois de Navarre réfugiés au nord des Pyrénées après la prise de Pampelune par les Espagnols ; elle est dotée en 1520 d'un conseil souverain et d'une chambre des comptes.

En 1527, Henri d'Albret, roi de Navarre et vicomte souverain du Béarn, épouse Marguerite d'Angoulême, sœur de François Ier : elle fait transformer le château dans le style Renaissance et fait créer de magnifiques jardins.

En 1553, sa fille, Jeanne d'Albret, y accouche d'Henri III de Navarre en chantant un cantique béarnais à la Sainte-Vierge, afin que le futur Henri IV ne soit « ni peureux, ni rechigné ». La légende dit que les lèvres du futur monarque furent baptisées avec du vin de Jurançon et de l'ail.

Les troupes de Charles IX prennent la ville, mais Jeanne d'Albret la reprend en 1569. Elle y massacre les chefs catholiques faits prisonniers à Orthez.

Catherine de Bourbon, sœur d'Henri IV, y gouverne le Béarn à sa place.

En 1619, Pau se révolte. Louis XIII l'occupe et après avoir reçu la soumission de la place forte de Navarrenx prononce par l'édit du 20 octobre 1620 le rattachement du Béarn et de la Navarre à la France ; il transforme ainsi le conseil souverain du Béarn en Parlement de Navarre, regroupant les cours de Pau et de Saint-Palais.

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Pau compte une nouvelle enceinte en 1649, puis une université en 1722.

Le , elle est déclarée, après Navarrenx, nouveau chef-lieu du département des Basses-Pyrénées. Ce statut lui est enlevé le au profit d'Oloron-Sainte-Marie, puis définitivement rendu le .

Pau est la seule ville d'Europe qui peut se targuer d'avoir vu naître deux rois à l'origine d'une dynastie, laquelle règne toujours en ce XXIe siècle : Henri IV de France né en 1553 (maison capétienne de Bourbon en Espagne) et Charles XIV Jean de Suède, né en 1763 (Suède).

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Napoléon Ier manifeste son intérêt et contribue à sauver le château, un temps devenu prison. En 1838, Louis-Philippe le fait restaurer avec hardiesse, s'attachant à mettre en valeur les caractères médiéval et Renaissance. Napoléon III ajoute une double tour encadrant une fausse entrée, à l'ouest.

Panorama du château et du gave de Pau, vers 1870.

Après la Monarchie de juillet, Pau devient, entre 1830 et 1914, une des stations climatiques et sportives les plus réputées d'Europe occidentale. En 1842, le médecin écossais Alexander Taylor (1802-1879) y préconise la cure hivernale[7]. Le succès de son ouvrage est important et Pau devient un lieu de villégiature prisé des Britanniques[Note 27]. En 1876, on recense à Pau 28 908 habitants. Les Anglais s'y installent et profitent du premier golf du continent, de la chasse au renard (Pau fox hunt) et des courses tenues sur l'hippodrome du Pont-Long. À partir des années 1870 le boulevard du Midi est progressivement prolongé vers l'Ouest et vers l'Est pour constituer l'actuel boulevard des Pyrénées, le somptueux palais d'hiver — doté d'un palmarium — et des hôtels de renommée internationale — le Gassion et le France — offrent un cadre luxueux et majestueux aux concerts et réceptions qui s'y déroulent.

L'usine des tramways au début du XXe siècle.

À partir de 1894, Pau est desservi par un réseau de tramways à chevaux. Quelques années plus tard, la traction électrique est mise en service par la Société béarnaise des tramways urbains. Le réseau comprend trois lignes, pour une longueur de 7 km. Il disparaîtra en 1931. La ville de Pau est desservie également par le chemin de fer de Pau-Oloron-Mauléon (POM), dont la gare principale se trouve place de la République. Trois lignes desservent Monein, Pontacq et Lembeye. La traction à vapeur est utilisée sur ce réseau, qui disparaît en décembre 1931.

En même temps que la ville-haute prospère du fait de la venue des riches touristes européens, la ville-basse se spécialise dans l'industrie. De nombreuses petites structures se développent progressivement aux pieds du château, la production se concentre sur le textile et l'agro-alimentaire. Plusieurs d'entre elles ont marqué ce tissu industriel, comme les teintures Courriades[44], la minoterie Heïd ou encore l'usine des tramways[45].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, Pau est toujours une ville de villégiature courue par la noblesse européenne pour y passer la saison hivernale. La bonne société anglaise, américaine, russe, espagnole ou prussienne se côtoie au sein de la cité béarnaise. De nombreux équipements publics sont issus de cette période, avec notamment le funiculaire de Pau pour relier la gare à la ville haute. À côté de ces aménagements publics, les visiteurs étrangers fortunés font construire des villas pour améliorer les conditions de leurs séjours. Tout d'abord réalisées au centre-ville, ces demeures s'écartent de plus en plus pour profiter du grand air et de la vue si prisée sur les Pyrénées. Entre 1850 et 1910, de nombreuses résidences sont ainsi construites et évoquent toujours aujourd'hui le faste de cette période. Cette période dorée du tourisme climatique palois s'arrête brusquement lors du déclenchement de la guerre 14-18.

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L'histoire de Pau est également marquée par l'aéronautique. Les premiers vols en ballon ont lieu à Pau en 1844 et les premiers vols en avion, à partir de 1909, année au cours de laquelle les frères Wright transfèrent à Pau (sur la lande du Pont-Long, commune de Lescar) la première école d'aviation qu'ils avaient ouverte initialement au Mans (département de la Sarthe) pour y former les 3 élèves pilotes qu'ils s'étaient engagés à former en France. Pau accueille les seuls sept constructeurs mondiaux d'avions jusqu'en 1914 et devient la capitale mondiale de l'aviation. L'école militaire d'aviation, qui forme les as de la Première Guerre mondiale, puis l'école de chasse de France, s'y installent. Y volent les Français Thénault, Simon, Codos, Bellenger, Garros, Nungesser, Guynemer, les Béarnais Artigau et Macé parmi tant d'autres et côté Américains Lufbery, Thaw, Chapman, les frères Prince, Mc Connell, parmi les plus illustres.

Pau a également abrité les 18e RI, 1er et 18e RCP (régiment de chasseurs parachutistes) qui furent stationnés dans la ville. Tous participèrent aux différents conflits du XXe siècle. Le 18e RCP fut dissous en 1961, pour avoir contribué au putsch des généraux d'Alger. Il avait auparavant participé au mouvement de mai 1958 qui mit fin à la IVe République. Le 1er RCP était toujours en caserne en 1983 au camp d'Idron lorsque l'un de ses éléments fut frappé à Beyrouth par l'attaque de l'immeuble Drakkar, qui fit parmi ses troupes cinquante-huit victimes.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'occupation allemande se traduit par l'installation de la Gestapo au sein de la villa Saint-Albert (aujourd'hui détruite) à partir de décembre 1942 et par l'utilisation de la caserne Bernadotte comme prison[Note 28] jusqu'au 10 août 1944. La résistance fut particulièrement active à Pau et dans son agglomération, l'entrepôt des résistants était situé rue Solférino[46]. L’hôtel Continental recueillit également de nombreux réfugiés, dont des juifs traqués par Vichy et les nazis, même lorsque les militaires de la Wehrmacht réquisitionnent deux étages de l'hôtel[47]. Un total de 21 palois[48] furent honorés du titre de Juste parmi les nations. La ville de Pau fut libérée le 24 août 1944, mais le lendemain une découverte particulièrement macabre fut réalisée par un petit groupe de résistants. Ces derniers trouvèrent ce que l'on appellera le charnier du Pont-Long[49], constitué de quatre fosses et renfermant 45 corps de prisonniers et de résistants[Note 29].

À partir de 1947, durant les quatre mandats du maire Louis Sallenave, la ville de Pau connaît un fort développement. En 1957, l'exploitation du gisement de gaz de Lacq, découvert en 1951, donne un nouvel essor à toute la région avec le développement industriel du Béarn et de la région de Lacq (principaux employeurs : SNPA, EDF, Péchiney, Rhône-Poulenc, pour les plus importants), la population de la ville doublant en 20 ans. La renommée et le prestige de la ville augmentent grâce à la conférence des états indochinois de juin à novembre 1950[50],[51], à des visites de chefs d'État comme le président Charles de Gaulle en février 1959 ou le premier secrétaire Nikita Khrouchtchev en déplacement à Lacq en 1960. La capitale béarnaise est par la suite particulièrement marquée par la figure haute en couleur d'André Labarrère[52],[53], maire de 1971 à 2006, qui fut un édile bâtisseur et proche des citoyens avec son surnom de toque manettes ("qui serre les mains" en béarnais).

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Comme beaucoup de villes-centres[54] de France, la capitale béarnaise est confrontée à de nombreux défis en ce début de XXIe siècle parmi lesquels la concurrence fiscale et commerciale de son agglomération ou encore la paupérisation d'une partie de ses habitants[55].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Deuxième ville d'Aquitaine, Pau est la préfecture des Pyrénées-Atlantiques et le chef-lieu de quatre cantons depuis la réforme de 2014 :

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Voici ci-dessous le partage des sièges au sein du conseil municipal de Pau[56] :

Groupe Président Effectif Statut
MoDem - UDI - UMP François Bayrou 40 majorité
PS David Habib 9 opposition

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des maires de Pau.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1947 1971 Louis Sallenave Centre droit pas de cumul des mandats
1971 2006 André Labarrère PS Député de 1967 à 1968, puis de 1973 à 2001,
Sénateur de 2001 à 2006,
Président de la Communauté d'agglomération de Pau-Pyrénées,
Ministre de 1981 à 1986,
Président du conseil régional d'Aquitaine de 1979 à 1981,
Vice-président de l'Assemblée nationale de 1973 à 1974,
Président de l'Association des Eco-Maires de 1989 à 1999
2006 2008 Yves Urieta PS Président de la Communauté d'agglomération de Pau-Pyrénées
2008 2014 Martine Lignières-Cassou PS Députée de la 1ère circonscription des Pyrénées-Atlantiques
Présidente de la Communauté d'agglomération de Pau-Pyrénées
2014 en cours François Bayrou MoDem Président de la Communauté d'agglomération de Pau-Pyrénées
Ancien ministre de l'Education nationale
Ancien président du Conseil général
Les données manquantes sont à compléter.

André Labarrère meurt le d'un cancer. Lui succède Yves Urieta, élu par le conseil municipal le . Entre-temps, l'intérim a été assuré par Martine Lignières-Cassou, première adjointe et députée de la première circonscription des Pyrénées-Atlantiques.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

L'hôtel de France, siège de la communauté d'agglomération

La ville de Pau fait partie de cinq structures intercommunales[57] :

  • la communauté d'agglomération de Pau-Pyrénées ;
  • le syndicat d'aménagement hydraulique du bassin de l'Ousse ;
  • le syndicat d'énergie des Pyrénées-Atlantiques ;
  • le syndicat intercommunal du centre de loisirs de Narcastet ;
  • le syndicat intercommunal de défense contre les inondations du gave de Pau.

Pau accueille le siège de dix groupements intercommunaux :

  • l’agence publique de gestion locale ;
  • la communauté d'agglomération de Pau-Pyrénées ;
  • le syndicat d'énergie des Pyrénées-Atlantiques ;
  • le syndicat intercommunal de défense contre les inondations du gave de Pau ;
  • le syndicat mixte Aéropolis ;
  • le syndicat mixte d’études de la liaison routière Pau - Oloron ;
  • le syndicat mixte des transports urbains Pau - Portes des Pyrénées ;
  • le syndicat mixte du bassin du gave de Pau ;
  • le syndicat mixte du Grand Pau ;
  • le syndicat mixte pour le traitement des déchets ménagers et assimilés du bassin est.

Historique des logos[modifier | modifier le code]

Impôts locaux[modifier | modifier le code]

Les taux applicables aux impôts locaux pour 2014 étaient les suivants :

  • Taxe d'habitation : 22,26 % ;
  • Foncier bâti : 24,85 % ;
  • Foncier non bâti : 52,01 % ;

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Pau est jumelée avec les villes suivantes[58] :

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Population de Pau et de l'agglomération[modifier | modifier le code]

La population municipale de Pau s'élève au recensement de 2010 (populations légales au 1er janvier 2013) à 81 166 habitants. La communauté d'agglomération de Pau Pyrénées compte environ 150 000 habitants et constitue, par le nombre, la deuxième agglomération d'Aquitaine après la Communauté urbaine de Bordeaux et devant la Communauté d'agglomération Côte Basque-Adour. Les villes de Billère, Lons et Lescar sont les trois premières villes de l'agglomération après Pau (elles comptent environ 35 000 habitants à elles trois).

La ville est historiquement très liée au Royaume-Uni et reste prisée des britanniques en vacances. Pau leur doit le premier terrain de golf créé hors d'Écosse, situé en fait à Billère. Les espagnols sont aussi très présents dans la ville ainsi que les portugais (consulats d'Espagne et du Portugal à Pau).

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 78 506 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 30],[Note 31].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
8 756 8 465 9 293 11 444 11 285 12 607 13 841 16 170 16 196
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
18 671 21 881 24 563 27 300 28 908 29 971 30 624 33 111 33 012
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
34 268 35 044 37 149 35 665 37 711 38 962 40 451 46 158 48 320
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2012 -
59 937 74 005 83 498 83 790 82 157 78 732 83 903 78 506 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[59] puis Insee à partir de 2004[60].)
Histogramme de l'évolution démographique

L'unité urbaine (2010) regroupe 197 611 habitants et l'aire urbaine (2011) 240 898 habitants. Pau est la ville la plus peuplée du département des Pyrénées-Atlantiques et la deuxième de la région Aquitaine après Bordeaux.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Premier et second degrés[modifier | modifier le code]

Au 1er septembre 2014[61], Pau compte 13 écoles maternelles et 26 écoles élémentaires ou primaires, parmi lesquelles 18 établissements publics et 8 écoles primaires privées, dont une calendreta. Trois collèges publics, le collège Clermont, le collège Jeanne d'Albret et le collège Marguerite de Navarre, et cinq collèges privés, les collèges Immaculée Conception, Saint-Dominique, Sainte-Ursule, Saint-Maur et Calendreta permettent de débuter l'enseignement de second degré. Le second cycle du second degré est assuré par quatre lycées publics, le lycée Louis-Barthou (enseignement général et technologique), le lycée Saint-Cricq (enseignement général et technologique), le lycée Saint-John-Perse (enseignement général et technologique) et le lycée professionnel Honoré Baradat, auxquels s'ajoutent cinq autres lycées privés, le lycée Immaculée Conception (enseignement général et technologique), le lycée Saint-Dominique (enseignement général et technologique), les lycées professionnels Beau Frêne, Montpensier et Saint-Vincent de Paul.

Le lycée Louis-Barthou est le plus ancien de la ville, il fut fondé en 1622 sous Louis XIII[24] et accueilli d'illustres élèves comme Lautréamont, Louis Barthou, Saint-John Perse, Pierre Bourdieu, Daniel Balavoine ou encore Henri Emmanuelli. Outre l'enseignement général et technologique qu'il propose, celui-ci abrite également des classes préparatoires littéraires, économiques et commerciales (ECS), et scientifiques (MP, PC, PSI, BCPST).

Enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Université[modifier | modifier le code]

La ville de Pau possède une longue tradition universitaire puisqu'une université a été créée à Pau en 1722. Aujourd'hui Pau est la deuxième ville étudiante d'Aquitaine. La ville comptait 12 151 étudiants lors de l'année scolaire 2012-2013[62]. Elle possède une université pluridisciplinaire (droit, économie, sciences, sciences humaines), un IUT, un IAE, plusieurs écoles d'ingénieurs, écoles de commerce et écoles d'art.

L'Université de Pau et des Pays de l'Adour (UPPA) compte (année universitaire 2014-2015) 12 107 étudiants[63] répartis sur cinq sites : Pau (65% des effectifs) , Anglet (8%), Bayonne (17%), Mont-de-Marsan (3%) et Tarbes (6%). Son implantation dépasse ainsi le strict cadre de l'académie de Bordeaux et empiète quelque peu sur celui de l'académie de Toulouse. L'UPPA compte 24 laboratoires de recherche et 764 enseignants (dont 550 à Pau).

Grandes écoles et autres établissements[modifier | modifier le code]
Centres de recherche[modifier | modifier le code]

L'université compte 24 équipes de recherche dont 8 équipes associées au CNRS, une équipe associée au CNRS ainsi qu'au groupe Total et une équipe associée avec l'INRA[64]. Quelques groupements d'équipes de recherche publique et/ou privée :

  • l'Institut de recherche sur les sociétés et l'aménagement (IRSAM) ;
  • l'IRMAPE, le centre de recherche en management et sur les organisations du Groupe ESC Pau ;
  • l'Institut de biologie environnementale Aquitaine Sud (IBEAS) ;
  • propriétés psychosensorielles des matériaux (2psm) fondé par l'école des mines d'Alès et l'université de Pau ;
  • l'Institut pluridisciplinaire de recherche en environnement et matériaux (IPREM), regroupant 4 équipes du CNRS. Le nouveau bâtiment a été inuaguré en 2006 sur la technopole Helioparc ;
  • l'École des Mines de Paris, qui dispose au sein de la technopole Hélioparc d'un centre d'essai de forage (héritier du Banc de Forage conçu par les équipes de la SNPA puis de ELF Aquitaine dans les années 1970-1997) pour la conception et l'optimisation des outils de coupe ;
  • l'Institut pluridisciplinaire de recherche appliquée dans le domaine du génie pétrolier (IPRA) ;
  • l'Institut français du pétrole (IFP) bureau de partenariat avec les PME-PMI ;
  • le centre scientifique et technique Jean-Féger, centre de recherche et développement du groupe Total (auparavant ELF Aquitaine), haut lieu de la recherche pétrolière en Europe, regroupant plus de 2 700 salariés ;
  • Centre de recherche et d'analyse juridiques (C.R.A.J. - EA 1929), structure fédérative regroupant en son sein la plupart des enseignants chercheurs de droit privé de l'UPPA autour de plusieurs unités de recherche: l’Observatoire de jurisprudence (O.D.J.), l'Observatoire de droit comparé sur la famille et les personnes (O.F.A.P), l'Unité de recherche en droit des obligations et des affaires (U.D.A.) et l'Unité de recherche en droit pénal et sciences criminelles (Unité de Sciences Criminelles Comparées Jean Pinatel / U.J.P.).

Santé[modifier | modifier le code]

Pau concentre une grande partie des services hospitaliers de l’agglomération paloise et du Béarn[65]. L'équipement hospitalier propose des services de médecine, d’obstétrique, de chirurgie et de soins psychiatriques. Le dispositif du centre hospitalier de Pau est composé de l’hôpital François-Mitterrand, du centre Hauterive (rééducation fonctionnelle, unité de SSR et médecine nucléaire) et du centre Jean-Vignalou pour la gérontologie. L'offre sanitaire paloise se complète de plusieurs cliniques, dont notamment la polyclinique de Navarre[Note 32], la clinique Princess et la clinique des Jeunes Chênes.

Sports et équipements sportifs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sport à Pau.

Ville depuis toujours très sportive, Pau est dotée de nombreuses infrastructures importantes et de plusieurs clubs de sport de haut niveau. Elle était surnommée la reine des sports[66] à la Belle Époque, tandis qu'à la même époque James Gordon Bennett junior décrit la ville comme étant « le centre du sport mondial » (Pau is the hub of the Sporting world)[67] dans l'International Herald Tribune.

Rugby[modifier | modifier le code]

Le rugby est apparu à Pau dès 1899 avec le Stade palois, celui-ci fut par la suite incorporé à la Section paloise qui est le grand club omnisports de la ville. La Section paloise débute cette pratique en 1905 à la place de la barrette. Il est l'un des plus anciens et des plus prestigieux clubs de rugby français. La Section paloise a remporté trois titres de champion de France (1928, 1946 et 1964), trois Coupes de France (1939, 1952, 1997) et un Challenge Européen (2000). Le club figure dans l'élite, Top 16 puis Top 14, jusqu'en 2006. Après deux finales d'accession pour le Top 14 perdues en 2012 et 2013, il est de retour dans le Top 14 en 2015. L'équipe professionnelle évolue depuis 1990 au stade du Hameau, tandis que les équipes de jeunes jouent toujours dans le mythique stade de la Croix du Prince.

Basket-ball[modifier | modifier le code]

L'Élan béarnais Pau-Orthez est l'un des plus prestigieux clubs français en matière de basket-ball. Il compte neuf titres de champion de France (1986, 1987, 1992, 1996, 1998, 1999, 2001, 2003 et 2004), trois coupes de France (2002, 2003, 2007), trois Tournois des As (1991, 1992, 1993), une Semaine des As (2003) et un titre de vainqueur de la Coupe Korać en 1984 (Coupe d'Europe). Il forme avec le CSP Limoges le duo incontournable de l'élite française. Le club évolue depuis 1991 au sein du palais des sports, l'une des plus grandes salles de France avec 7 856 places assises. Elle est la plus grande salle de basket-ball en France. Siège de l'Élan béarnais, il servit également aux épreuves de Coupe Davis, aux championnats du monde de handball ou au championnat de France de gymnastique.

Escrime[modifier | modifier le code]

La Section paloise est l'un des clubs les plus renommés de France. Depuis sa création, dans le quartier du Hédas, de nombreux champions olympiques et mondiaux sont issus du club. Depuis 1959, la Section assure la continuité de cette discipline olympique avec à son actif, trois médailles mondiales, plusieurs places de finalistes en coupe du monde et 26 titres de champion de France. Sont enseignées les six disciplines : l'épée, le fleuret et le sabre pour les hommes et pour les femmes, sous la houlette des maîtres d'armes Alain Coicaud, Laurent Vicenty et Michel Salesse. La Section est classée première des clubs du Sud-Ouest aux trois armes et parmi les meilleurs clubs français. La saison 2005-2006 fut un cru exceptionnel qui vit plusieurs compétiteurs palois, menés notamment par Julien Médard, Timothé Lallement et Romain Miramon, gagner des titres nationaux et internationaux en individuel et en équipe.

Automobile[modifier | modifier le code]

Le Grand Prix automobile de Pau ainsi que le Grand Prix historique sont organisés sur le Circuit urbain de Pau une fois par an. La première édition a eu lieu en 1901 au sein du Grand Prix du Sud-Ouest, mais la première édition du Grand Prix en tant qu'épreuve à part entière eu lieu en 1933. Le tracé du circuit n'a plus bougé depuis 1935. Tout au long de son histoire, le Grand Prix a accueilli de nombreuses figures marquantes du sport automobile comme Jim Clark et Juan Manuel Fangio. Désormais le Grand Prix se déroule lors d'une manche du championnat d'Europe de Formule 3.

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Cyclisme[modifier | modifier le code]

Pau est derrière Bordeaux la ville de province ayant été le plus de fois ville-étape dans l'histoire du Tour de France. La ville recevra le Tour pour la 67ème fois[68] en 2015. La capitale béarnaise profite notamment de sa situation géographique pour se placer comme le véritable camp de base des étapes pyrénéennes. Afin de marquer cet attachement au Tour, la ville a décidé d'installer sur le stade Tissié (siège de l'ancien Véloce-Club béarnais) une exposition permanente[69] dédiée aux champions de la Grande Boucle.

Hippisme[modifier | modifier le code]

L'hippodrome du Pont-Long est le deuxième centre hippique de France, derrière Chantilly et devant Maisons-Laffite pour la course d'obstacle. Il s'y dispute vingt-huit réunions d'obstacles et de plat par an. Le parcours de steeple-chase est l'un des plus redoutables d'Europe. Le centre d'entraînement de Sers abrite six cents chevaux. De plus, le Concours complet international de Pau, nommé les Étoiles de Pau, se déroule chaque année au domaine de Sers. Il s'agit de la seule épreuve de ce niveau (CCI****) en France.

Autres sports[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • le football : exercé notamment par le Pau Football Club, qui a évolué en championnat national de 1998 à 2008, maintenant en CFA. Il a accueilli de nombreux joueurs ayant accompli une carrière professionnelle aboutie par la suite. André-Pierre Gignac, Tino Costa, Aurélien Chedjou, Julien Escudé, Édouard Cissé ou encore Xavier Gravelaine ont porté les couleurs du Pau FC durant leur carrière. Après avoir cohabité avec le rugby au stade du Hameau, le Pau FC disposera de son propre stade[70] à partir de la saison 2016-2017 sur la plaine du Hameau ;
  • le canoë-kayak : le club universitaire palois Pyrénées-Eaux-Vives (CUPPEV) est un club qui compte quatre champions de très haut-niveau avec Patrice Estanguet, médaillé de bronze au Jeux olympiques 1996, Tony Estanguet, le frère cadet de Patrice, triple champion olympique (2000, 2004 et 2012) et triple champion du monde (2006, 2009 et 2010), Fabien Lefèvre, double champion du monde (2002 et 2003) et deux fois médaillé aux Jeux olympiques (2004 et 2008) et Julien Billaut, champion du monde en 2006. La pratique est possible sur le gave de Pau et également sur le stade d'eaux-vives de Pau-Pyrénées qui a ouvert en 2008. C'est un bassin artificiel alimenté par le gave de Pau. Il accueille en particulier le pôle élite de l'équipe de France de kayak ainsi que le pôle espoir. Il accueillera les championnats du monde de canoë-kayak en 2017[71] ;
  • le golf : au sein des deux golfs situés près de Pau, le golf d'Artiguelouve et le Pau Golf Club, situé à Billère. Créé par des Écossais en 1856, il fut le premier du continent européen et l'un des plus anciens du monde. Il offre un parcours de 18 trous et son club-house de style victorien abrite un restaurant et un bar à l'ambiance britannique ;
  • la pelote basque : pratiqué notamment au sein du complexe de pelote inauguré en 2006, il est constitué d'un jaï-alaï, d'un mur à gauche et d'un trinquet et d'un fronton place libre. C'est la plus grande installation de pelote basque en Europe (2 600 places). La Section paloise est un club phare dans le domaine ;
  • la course à pied : avec le Marathon de Pau, dont le départ a lieu chaque année depuis le palais Beaumont et La Féminine de Pau, course pédestre organisée deux fois par an depuis 2012 ;
  • des événements fréquents comme la Coupe Davis de tennis (quatre fois), des rencontres des équipes nationales féminines et masculines de handball et de basket, les championnats de France de gymnastique, les championnats de France de saut en parachute...
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Médias[modifier | modifier le code]

Presse écrite[modifier | modifier le code]

La région est couverte par 3 quotidiens locaux dépendant du Groupe Sud-Ouest :

Télévision[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]

  • France Bleu Béarn, qui fournit un programme commun national que reprennent les programmes locaux des stations en régions ;
  • NRJ Pyrénées, radio nationale musicale avec une plage horaire réservée pour la programmation locale (16 à 20 heures) ainsi que des flashs d'informations le matin ;
  • Virgin Radio Pyrénées, radio nationale musicale avec une plage horaire réservée pour la programmation locale (16 à 20 heures) ainsi que des flashs d'informations le matin ;
  • RFM Béarn, radio nationale musicale avec une plage horaire réservée pour la programmation locale (13 à 17 heures) ainsi que des flashs d'informations le matin ;
  • Atomic, une programmation pop, rock et dance en Béarn et Bigorre ;
  • 100 % Radio, programmation musicale généraliste et information locale ;
  • Radio Inside, programmation pop, rock et dance ;
  • RPO (Radio Pau Ousse) ;
  • Ràdio País, radio associative consacrée à la culture occitane ;
  • EIPM (Euro Info Pyrénées Métropole), radio associative consacrée à la musique jazz ;
  • La voix du Béarn, radio de proximité, à caractère social, éducatif et culturel.

Personnalités liées à Pau[modifier | modifier le code]

De nombreuses personnalités ont eu un attachement particulier à la ville de Pau, notamment celles appartenant à la liste ci-après (classement par année de naissance) :

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Économie[modifier | modifier le code]

Revenus de la population et fiscalité[modifier | modifier le code]

En 2011, le revenu fiscal médian par ménage était de 22 636 €, ce qui plaçait Pau au 28 361e rang parmi les 31 886 communes de plus de 49 ménages en métropole[76].

En 2011, 47,1 % des foyers fiscaux n'étaient pas imposables[77].

Emploi[modifier | modifier le code]

En 2011, la population âgée de 15 à 64 ans s'élevait à 51 795 personnes, parmi lesquelles on comptait 66,2 % d'actifs dont 55,9 % ayant un emploi et 10,3 % de chômeurs[78].

On comptait alors 49 601 emplois dans la zone d'emploi, contre 49 340 en 2006. Le nombre d'actifs ayant un emploi résidant dans la zone d'emploi étant de 29 627, l'indicateur de concentration d'emploi est de 167,4 %, ce qui signifie que la zone d'emploi offre près de deux emplois pour un habitant actif[78].

Entreprises et commerces[modifier | modifier le code]

Pau est le deuxième pôle économique d'Aquitaine, après Bordeaux. Ville universitaire, elle concentre plusieurs centres industriels et centres de recherche importants, dans les domaines du génie pétrolier et des géosciences, de la pétrochimie et de la chimie, de l'agroalimentaire, de la mécanique, de l'aéronautique et de l'informatique.

Pau bénéficie de sa situation centrale dans la région des « Pays de l'Adour » et de sa situation entre deux bassins importants de population : Bayonne/Anglet/Biarritz (160 000 hab.) et le bassin de Tarbes/Lourdes (110 000 hab.) ainsi que des bassins secondaires plus diffus : le sud des Landes/Dax (90 000 hab.) et les bassins d'Auch (40 000 hab.), d'Orthez/Lacq (30 000 hab.) et d'Oloron (20 000 hab.).

Le tableau ci-dessous détaille le nombre d'entreprises implantées à Pau selon leur secteur d'activité[79] :

Structure de l’économie à Pau au 1er janvier 2013.
Nombre d’établissements concernés
TOTAL 5 915
Industrie 290
Construction 351
Commerce, transport et services divers 4 171
Administration publique, enseignement, santé, et action sociale 1 103
Champ : activités marchandes hors agriculture.

Le tableau ci-dessous détaille les établissements actifs par secteur d'activité au regard du nombre de salariés[80] :

Établissements actifs par secteur d'activité au 31 décembre 2012.
Total  % 0
salarié
1 à 9
salariés
10 à 19
salariés
20 à 49
salariés
50 salariés
ou plus
Ensemble 9 106 100,0 5 909 2 556 299 207 135
Agriculture, sylviculture et pêche 67 0,7 62 4 0 0 1
Industrie 320 3,5 162 118 23 12 5
Construction 576 6,3 457 85 19 9 6
Commerce, transports, services divers 6 465 71,0 4 066 2 064 180 99 56
dont commerce et réparation automobile 1 394 15,3 785 551 35 16 7
Administration publique, enseignement, santé, action sociale 1 678 18,4 1162 285 77 87 67
Champ : ensemble des activités.

Artisanat et industrie[modifier | modifier le code]

Moteur d'hélicoptère Arrius

Pau a connu un essor économique important fondé sur la découverte du gisement géant de gaz naturel de Lacq. Découvert en 1951 (par l'ingénieur Jean Féger), il était alors le plus grand gisement terrestre de gaz d'Europe et a permis à la France d'être autosuffisante en gaz pendant presque trente ans[81]. C'est à Lacq qu'est née en 1941 la SNPA, Société Nationale des Pétroles d'Aquitaine, devenue après fusion en 1976 avec Elf, le groupe Elf Aquitaine puis Total lors de son intégration dans le groupe TotalFinaElf[Note 33]. Des groupes pétroliers et para-pétroliers (Total, TIGF, Schlumberger, Halliburton) et chimiques (Arkema, Air liquide) sont installés à Pau ou dans les environs (à Lacq avec le parc chimique Chemparc mais aussi à Pardies et Artix).

Le bassin de Pau et de Lacq s'est aussi orienté vers la chimie fine et les nouveaux matériaux. Une haute technologie des matériaux composites et des nanomatériaux s'est petit à petit développée en Béarn avec la Soficar[Note 34] et Arkema. Se sont également développés récemment les investissements autour des énergies nouvelles et d'autres énergies : les bio-carburants (bioéthanol pour la société AB Bioenergy France, investissement de 190 M€[84]), la biomasse (cellulose) et la production d'électricité à partir de gaz (site de production de la SNET, investissement de 400 M€[85]). À terme, ces activités de chimie fine et de spécialités, permettront d’assurer la reconversion des activités traditionnelles d'extraction sur le bassin de Lacq.

Pau fait partie du pôle de compétitivité mondial dans le secteur de l'aéronautique Aerospace Valley avec Toulouse et Bordeaux. L'industrie aéronautique est représentée par des grands groupes industriels (Turboméca, Messier-Bugatti-Dowty, Exameca, MAP...), et un nombre important de sous-traitants. Avec Biarritz/Bayonne (Dassault Aviation) et Tarbes (EADS, Socata, Tarmac Aerosave), la zone des Pays de l'Adour est une région fortement orientée vers l'aéronautique (12 000 emplois)[Note 35]. Pau accueille également le centre de maintenance des hélicoptères Tigre de l'armée de Terre (ALAT). La zone aéroportuaire en particulier (aéropole Pau Pyrénées) est en pleine expansion[86] et regroupe des sous-traitants aéronautiques et automobiles.

Le secteur de l'industrie pharmaceutique est en essor[87] et est représenté par les sociétés Pierre Fabre, Boiron, Sanofi, Finorga. Un pôle bio-santé regroupant des industriels de la pharmacie et de la biologie s'est créé en 2006 autour des entreprises Pierre Fabre et DBI. L'économie paloise repose aussi sur l'industrie agroalimentaire dans les domaines du maïs[88], des produits transformés (produits laitiers, conserveries, viandes) et de l'industrie viticole (Euralis, Sodiaal, Savencia Fromage et Dairy, Michaud, Miot). Avec 400 chercheurs, Pau est le premier centre de recherche européen sur la maïsiculture. Le secteur de l'électronique et de l'électromécanique compte également plusieurs sites industriels dans l'agglomération paloise (Legrand, Arelec, Aquitaine Electronique, Siemens).

Activités de services[modifier | modifier le code]

Pau concentre également les sièges régionaux de nombreuses sociétés de services en tant que capitale de la région « Pays de l'Adour » : secteurs bancaire (Crédit agricole Pyrénées Gascogne, Banque Pouyanne), assurance (MIF, MSA) ou encore BTP (Groupe MAS, Cancé).

Les NTIC ont connu un important développement avec le déploiement de la fibre optique dans l'agglomération et l'implantation de sociétés spécialisées dans l'informatique, les réseaux et le traitement de l'image. Les technopôles Helioparc (proche de l'Université, 1 000 emplois), Pau Cité Multimédia (700 emplois) ou les @LLEES (Villa Ridgway édifiée en 1905, ancien siège d'Elf) concentrent un grand nombre de SSII et d'écoles d'ingénieurs en informatique. Pau est la troisième ville d'Europe, après Stockholm et Milan[89], à avoir développé un réseau de très haut débit (THD) en fibre optique[Note 36] : le projet a coûté 20 millions d'euros et s'est étalé sur cinq ans[90]. Ce réseau a encouragé l'installation de sociétés françaises et étrangères spécialisées en imagerie, services ou conception en ligne.

Pau, regroupe toutes les fonctions et sièges administratifs d'une agglomération à vocation régionale : Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, cour d'appel pour les départements des Pyrénées-Atlantiques, des Landes et du Gers, centre hospitalier régional, chambre de commerce et d'industrie Pau Béarn[Note 37], chambre des métiers des Pyrénées-Atlantiques, chambre d'agriculture des Pyrénées-Atlantiques, SDIS 64, université de Pau et des Pays de l'Adour etc.

La ville de Pau abrite plusieurs corps de l'armée : le 5e régiment d'hélicoptères de combat (RHC), l'école des troupes aéroportées (ETAP), l'état major de la brigade force spéciale terre, ainsi que sa composante aérienne DAOS, et le bureau central d'archives administratives militaires (caserne Bernadotte). Le secteur de la Défense représente un peu plus de 2 000 emplois directs sur Pau.

Le centre Jean-Féger[modifier | modifier le code]

Le centre scientifique de Total à Pau est le 1er centre de recherche pour l’exploration et la production de gaz et de pétrole en Europe[91], et le 6e centre de recherche en France tous secteurs confondus[92]. Il concentre plus de 2 700 personnes, dont environ 900 docteurs et ingénieurs en géosciences, résultant de la fusion des moyens d’ELF Aquitaine et de Total[93]. La recherche en géosciences repose aussi sur des partenariats université/entreprises notamment avec la Fédération de recherche appliquée au génie pétrolier (IPRA)[Note 38]. La recherche et l'ingénierie en géosciences sont également présentes au d'une multitude de sociétés spécialisées, pour la plupart présentes sur le site de la technopole Hélioparc.

Activités de services liées au tourisme[modifier | modifier le code]

Vue depuis le boulevard des Pyrénées

La ville de Pau est située à 45 minutes des Pyrénées et de ses stations de ski. C'est un lieu de passage pour les touristes des Pyrénées amateurs de nature et également un lieu de découvertes pour les adeptes d'un tourisme plus urbain et culturel[94]. Pau est la porte d'entrée vers les trois vallées des Pyrénées béarnaises : Vallée d'Ossau, Vallée d'Aspe et Vallée de Barétous qui accueillent les touristes des sports d'hiver (stations de ski de Gourette, d'Artouste, du Somport, de La Pierre Saint-Martin), des stations thermales (Eaux-Bonnes, Eaux-Chaudes) et du tourisme vert (sports d'eaux vives, tourismes culturel et gastronomique).

Pau est également une ville de congrès, de colloques et de tourisme d'affaires avec des infrastructures qui permettent d'accueillir des événements nationaux et internationaux : le centre de congrès du Palais Beaumont, le parc des expositions et des hôtels 4 étoiles (hôtel Parc Beaumont, hôtel Villa Navarre). La ville, ancienne station climatique, accueille un casino (casino de Pau).

Culture locale[modifier | modifier le code]

La ville de Pau est marquée par une identité culturelle forte, avec la présence d'une école bilingue français-occitan (calandreta Paulina) (90 élèves) à Pau et une dans l'agglomération à Lescar (60 élèves), par une pratique vivante du béarnais et par le succès des groupes culturels béarnais. La ville a cependant reçu de tous temps des influences étrangères importantes (Anglais, Espagnols, Russes, Brésiliens) et reste encore aujourd'hui très ouverte sur l'extérieur (forte communauté étudiante anglaise, présence de Néerlandais, de Portugais, d'Espagnols, de Marocains...). Les bandas, les bodegas (débits de boissons à l'animation typique) et les groupes de chant béarnais sont nombreux parmi lesquels Nadau, Lo Cèu de Pau, Balaguera.. La ville accueille, depuis 2005, le festival Hestiv'oc qui est le grand festival de l'Occitanie.

L'association des Palois et des Béarnais à Paris, La Garbure, a été fondée vers 1890 par un pharmacien béarnais monté à la capitale pour ouvrir une boutique boulevard Haussmann. L'histoire de cette association, qui n'a déposé et ne déposera aucun statut, ne se transmet qu'oralement... Mais l'esprit initial reste le même : réunir deux ou trois fois par an les « expatriés » dans une ambiance amicale pour parler du pays autour d'un bon repas. Sans enjeu, sans dimension politique, même si des hommes politiques comme Louis Barthou, François Bayrou et d'autres n'ont jamais négligé cette « caisse de résonance » qui réunit aussi des célébrités du spectacle, de l'information et de la gastronomie.

Langue[modifier | modifier le code]

Le béarnais, langue d'État avant 1789, est un dialecte gascon de l'occitan. Pour l'anecdote, il existait un dictionnaire anglais-béarnais à l'usage des Britanniques qui venaient en villégiature à Pau. Le mot caddie a été formé au golf de Pau (Billère) à partir du béarnais capdèth (cadet), selon le garçon qui portait des clubs de golf.

L'Ostau Bearnés[95] est un organisme palois qui regroupe toutes les associations qui pratiquent ou enseignent la langue.

Centres et équipements culturels[modifier | modifier le code]

  • le Zénith : très moderne et doté de 6 800 places (ou jusqu'à 4 500 places assises), il accueille des artistes nationaux et internationaux au sein d'opéras, concerts, cabarets, spectacles de cirque et sur glace. Il est situé près du Palais des Sports, boulevard du Cami Salié ;
  • le Palais Beaumont, auditorium, lieu de résidence de l'Orchestre symphonique de Pau-Pays de Béarn, centre de congrès qui fait partie du groupement des HCCE (Historic Conference Centres of Europe) ;
  • la médiathèque intercommunale André Labarrère, place Marguerite Laborde, est l'œuvre de l'architecte Daniel Rubin et a ouvert ses portes en juin 2012. Elle a été voulue comme la tête de pont d'un réseau de 10 médiathèques sur l'agglomération Pau-Pyrénées. Un auditorium de 120 places, une salle d'exposition de 198 m2, l'espace Actualités ou l'espace Interlude ont également été aménagés au sein de la structure.
  • le parc des expositions de Pau : situé à l'ouest de la ville, à cheval sur Pau et Billère, il accueille 450 000 visiteurs et 200 manifestations par an[96]. La Foire de Pau est l’événement majeur du parc, elle s'y déroule chaque année depuis 1949 ;
  • le cinéma Le Méliès[97] : aménagé dans une ancienne église, ce cinéma classé Art et essai offre une programmation riche et diversifiée avec les trois labels « Jeune public » « Recherche et découverte » et « Patrimoine et répertoire ». Il est doté de deux salles (306 et 100 places), Le cinéma propose des soirées thématiques et des événements en partenariat avec divers acteurs culturels (Cin'es'pace, un été au ciné...) et organise tous les ans un festival (Festival international du film de Pau) ;
  • les deux cinémas du groupe CGR: le Méga CGR situé à proximité de l'université qui est équipé de 12 salles numériques et 3D, et le CGR Saint-Louis en centre ville qui est équipé de 7 salles numériques. Rénové en octobre 2012[98], le CGR Saint-Louis propose une programmation intermédiaire entre l'art et essai et les films commerciaux avec notamment plusieurs films par semaine exploités à la fois en VF (Version Française) et en VOSTF (Version Originale Sous-titrée Français) ;
  • Les Abattoirs : pôle culturel intercommunal (PCI) à Billère : anciens abattoirs rénovés en centre culturel d'art contemporain (Le Bel ordinaire[99]), le centre héberge une salle de concert (l'Ampli), des halls d'exposition, une scène de théâtre et des studios d'enregistrement. Équipement culturel public, le PCI met au cœur de ses missions le soutien à la création artistique contemporaine et la coopération culturelle territoriale. L’une des spécificités du projet est de permettre aux structures culturelles, associations, artistes, habitants d’adhérer au projet et ainsi d’être impliqués dans son développement et sa mise en œuvre ;
  • La Centrifugeuse[100] : la Centrifugeuse est le service culturel de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour mais aussi une salle de concerts, de spectacles et un espace d'exposition situé à la Maison de l'Étudiant sur le campus. Toute l'année, une programmation internationale éclectique et de qualité y est proposée.

Musées[modifier | modifier le code]

Cinq musées sont à découvrir dans la capitale béarnaise. Le musée national du château de Pau a été créé en 1929 et est abrité dans le lieu qui vit naître le futur Henri IV le 13 décembre 1553. À la fois véritable forteresse médiévale, palais Renaissance, résidence royale, ce musée situé au cœur de la ville est visité en moyenne par 100 000 personnes par an. Les visiteurs aiment s'attarder devant l'énorme carapace de tortue, légendaire berceau du bon roi Henri IV... Les conservateurs successifs se sont attachés à réunir tableaux, objets d'art et documents ayant trait au temps d'Henri IV. À l'intérieur, un décor simple et chaud aux murs lambrissés, rehaussés de filets d'or, des plafonds à caissons et de superbes tapisseries des Gobelins, abrite une des plus belles collections de France. La salle à manger surprend toujours les visiteurs par sa grande table pouvant recevoir 100 couverts tandis que diverses œuvres d'art tapissent les murs des grands salons aux couleurs vives.

Le musée des beaux-arts de Pau a, quant à lui, été inauguré en 1864 sous l'initiative de la Société béarnaise des amis des arts. Ce musée n'abritait qu'une collection de vingt-cinq pièces, complétée en 1872 par la donation du collectionneur béarnais Louis La Caze. Il fut le premier musée, en 1878, à exposer une œuvre importante de Degas, Le bureau du coton à la Nouvelle-Orléans. Il présente des œuvres anciennes et contemporaines du XVe au XXe siècle, avec peintures des écoles anglaise, espagnole, flamande, hollandaise, italienne et française : Brueghel, Degas, Le Greco, Guillaumin, Jordaens, Lhote, Morisot, Nattier, Ribera, Rubens, Van Loo, Zurbaran et des artistes régionaux Eugène Devéria (1805-1865) et Victor Galos (1828-1879). On y trouve une importante collection de sculptures du XIXe siècle, avec des œuvres de Jean Arp ou d'Émile Gilioli. De nombreuses estampes relatives à la région, dont la célèbre aquarelle de Gustave Doré Cirque de Gavarnie, ainsi que des œuvres contemporaines de Jesús-Rafael Soto, Victor Vasarely ou d'artistes de l'école hyperréaliste de Pau complètent le tableau.

Le musée Bernadotte est situé dans une modeste maison de tonnelier qui a vu naître et grandir Jean-Baptiste Jules Bernadotte, devenu maréchal de France puis roi de Suède en 1818 et fondateur de l'actuelle famille régnante de ce pays. Il renferme une collection d’œuvres et d'objets ayant trait à l'histoire de ce célèbre béarnais, il permet également de se rendre compte des conditions de vie classique d'une famille du XVIIIe siècle à Pau.

Avec ces trois principaux musées de la ville, deux autres espaces sont présents à Pau. Dont en premier lieu le musée de la résistance et de la déportation, situé depuis 2007 dans la villa Lawrence. Elle est également le siège actuel du Cercle anglais qui perpétue la tradition britannique dans la ville[101]. Et d'autre part le musée des parachutistes, ouvert en 1984 sur la plaine du Pont-Long près de l'ETAP.

Outre ces cinq musées, plusieurs autres espaces communaux proposent des expositions temporaires : le palais Beaumont, le Pavillon des Arts, le péristyle de l'hôtel de ville, la médiathèque André-Labarrère, la salle Nouste-Henric, la chapelle de la Persévérance, la cité des Pyrénées ou encore l'hôtel du département.

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Théâtres et formations orchestrales[modifier | modifier le code]

L'orchestre de Pau Pays de Béarn (OPPB) est dirigé depuis 2002 par Fayçal Karoui. Cet orchestre symphonique se produit dans l'auditorium Alfred de Vigny du palais Beaumont, mais aussi en France et à l'étranger (Saragosse, Nantes pour La Folle Journée,la Roque d'Anthéron, Ravenne, Venise, Paris pour le Festival Présences). En 2012 l'orchestre s'est déplacé à Nantes, Bilbao et Tokyo pour « les Folles Journées » de ces trois villes. L'Ensemble Orchestral de Pau (EOP) complète l'offre orchestrale dans la capitale béarnaise, il se produit depuis 1958[102].

Plusieurs scènes théâtrales sont présentes à Pau. Le théâtre Saint-Louis est le théâtre historique de Pau, il se situe près de la place Royale et dans l'enceinte de la mairie. Le théâtre Monte-Charge[103], Espaces Pluriels[104] (scène conventionnée danse-théâtre au théâtre Saragosse) et le Tam-Tam théâtre[105] (créé en 1998 dans une ancienne écurie) s'ajoutent à ce site majeur. Plusieurs compagnies théâtrales exercent également à Pau, comme la compagnie l'Auberge Espagnole[106], l'Art Scène[107], les Explorateurs[108], Printemps théâtre[109] et le Chat Bus[110].

Festivals[modifier | modifier le code]

Le procès de Sent Pançard pendant le Carnaval Biarnés

La ville de Pau abrite de nombreux festivals tout au long de l'année, parmi lesquels :

  • le carnaval Biarnés[111], qui se déroule sur une dizaine de jours au mois de février avant le carême. Le carnaval béarnais symbolise le retour d'exil de sa Majesté Sent Pançard et de sa cour à travers les villages béarnais puis la capitale paloise. Sent Pançard reflète tous les maux et les vices de la société ;
  • Hestiv'Òc[112], « festival des musiques et cultures du Sud » créé en 2005. Sur quatre jours durant le week-end du 15 août, plusieurs centaines d'artistes et 60 000 festivaliers[113] se rassemblent dans les rues de Pau pour des spectacles gratuits afin de partager et diffuser la culture occitane ;
  • l'Été à Pau[114], festival musical organisé tous les étés au théâtre de verdure du parc Beaumont. Les concerts sont gratuits pour le public, plusieurs têtes d'affiche sont venues comme Barbara, James Brown, Jacques Higelin, I Muvrini, Catherine Ringer, Thomas Dutronc, Les Tambours du Bronx, Pony Pony Run Run et C2C[115] ;
  • CulturAmerica[116], festival créé en 1992 et qui mêle lors de chaque édition débats, théâtre, musique, cinéma et ateliers éducatifs autour du thème de l'Amérique latine[117] ;
  • Les idées mènent le Monde[118], rencontre littéraires dont la première édition a eu lieu en 2014 au Palais Beaumont sur le thème du bonheur et a attiré 20 000 visiteurs[119] sur trois journées ;
  • Un aller-retour dans le noir[120], salon du polar créé en 2008, il vise à présenter toute la richesse de la littérature noire et policière au travers de rencontres, débats, projections et lectures ;
  • Urban session[121], créé en 2000 et porté par la MJC des Fleurs autour des danses hip-hop ;
  • Accès(s)[122] créé en 2000, il vise à présenter les démarches artistiques liées aux technologies électroniques et numériques, dans le champ des arts plastiques, de la vidéo, de la musique et du spectacle vivant ;
  • le festival international du Film de Pau (1re édition en novembre 2010), porté par le cinéma Le Mélies ;
  • le festival Emmaüs Lescar-Pau qui mêle concerts et conférences-débats, il est organisé à Lescar depuis 2007 par la communauté Emmaüs Lescar-Pau[123] ;
  • Tremplin Salsa[124], concours international de salsa créé en 2008 ;
  • Image montagne[125] créé en 1988 pour faire rencontrer le public avec le monde de l'alpinisme et du film de montagne.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Pau offre des spécialités gastronomiques du sud-ouest et des plats typiquement béarnais ou palois :

  • la garbure, potage roboratif à base de chou, de haricots blancs, de confit d'oie, de jambon ou de lard ;
  • la poule au pot, sorte de pot-au-feu dans lequel une poule farcie est bouillie ;
  • le confit, magret et autres plats dérivés du canard ou de l'oie ;
  • la ventrèche, tranche de poitrine de porc séchée, mangée nature ou accompagnée d'un œuf sur le plat ;
  • la broye, bouillie épaisse et salée de farine de maïs, additionnée de petit lait ou de graisse d'oie, consommée en tranches frites à la poêle ou en cubes, avec du café au lait ;
  • la palombe, nom régional donné au pigeon ramier, oiseau migrateur qui traverse la région du Sud-Ouest, cuisinée en sauce ou rôtie ;
  • le jambon de Bayonne est en réalité un jambon d'origine essentiellement béarnaise, fabriqué à partir de porcs des vallées d'Ossau et d'Aspe. Ce jambon était historiquement salé à Salies-de-Béarn puis exporté via l'Adour depuis le port de Bayonne d'où l'appellation jambon de Bayonne. Le porc, et en particulier le porc noir, n'a été introduit dans le Pays basque que dans les années 1960 pour faire face à une grave crise agricole ;
  • le fromage des Pyrénées, au lait de brebis des montagnes, dont le plus connu est l'ossau-iraty (AOC). Ce fromage peut être dégusté en particulier avec de la confiture de cerises, dont la réputée confiture de cerises noires d'Itxassou ;
  • le greuil(h), petit lait de brebis recuit, mangé froid et nature, souvent sucré et allongé d'un peu de café ou salé (équivalent de la ricotta) ;
  • les merveilles, beignets croustillants faits traditionnellement pour le Mardi Gras, à partir d'une pâte épaisse à base de farine de blé, d'œufs, de sucre et de matière grasse, étirée au rouleau, entaillée puis frite ;
  • le miel des coteaux de Jurançon et de Saint-Faust. Le Béarn est l'une des premières régions productrices de miel. Il est utilisé dans les sauces, desserts et marié aux produits à base de canard (magret au miel) ;
  • les Coucougnettes du Vert Galant, noisette enrobée d'une fine couche de chocolat le tout dans de la pâte d'amande, élu meilleur bonbon de France en 2000 ;
  • les vins blancs de Jurançon et de Pacherenc, ainsi que les vins rouges de Madiran et de l’appellation Bellocq-Béarn.

Héraldique et devise[modifier | modifier le code]

Blason de Pau
  • Selon Paul Raymond (archiviste) dans son Dictionnaire topographique Béarn-Pays basque (p. 133) les armes de Pau se blasonnent ainsi :
    • D'azur à la barrière de trois pals aux pieds fichés d'argent, sommée d'un paon rouant d'or, accompagnée en pointe et intérieurement de deux vaches affrontées et couronnées du même ; au chef aussi d'or chargé d'une écaille de tortue au naturel surmontée d'une couronne royale fermée d'azur rehaussée d'or, accompagnée à dextre de la lettre H capitale et à senestre du chiffre IV romain aussi d'azur
Blason de Foix Béarn
  • Remarques
    • Ces armes sont des armes parlantes de forme « rébus » (pau signifie « palissade » en béarnais), et de forme « à-peu-près » (le paon se dit pavon ou pau [paw]).
    • De la vicomté de Foix-Béarn dont Pau dépendait, ses armes s'inspirent des trois pals de Foix et des deux vaches du Béarn.
    • Dans le blasonnement, l'expression (accompagné...)"du chiffre IV romain" est fautive (IV est un nombre composé de deux chiffres romains) Meilleurs serait : (accompagné...) « d'un IV en chiffres romains ».
  • Devise
    • La devise de Pau est en latin : Urbis palladium et gentis (« Protectrice de la ville et de son peuple »)
Blason de Pau
  • Selon Malte-Brun dans La France illustrée de 1882, elles se blasonnent ainsi:
    • d'azur à trois pals fichés et alézés d'argent, réunis par une fasce de même, le pal du milieu surmonté d'un paon faisant la roue en chef, et deux vaches affrontées d'argent en pointe.
  • Remarques
    • Le chef, ajouté en 1829, n'est pas évoqué dans sa France Illustrée datant pourtant de 1882.
    • Les vaches ici ne sont pas couronnées, donc plus proches de celles des armes des seigneurs du Béarn, également non couronnées.
    • Le paon n'a pas de couleur précisée. Il était probablement « au naturel ». On le trouve parfois blasonné ainsi pour le blason actuel.
Ancien blason de Pau
  • Toujours selon Paul Raymond dans son Dictionnaire topographique Béarn-Pays basque (p. 133) les anciennes armoiries étaient
    • d'argent à trois pals de gueules avec un paon rouant du même perché sur celui du milieu.
  • Selon des notes de Gaston du Breuille (de Pau, 1896) Les anciennes armoiries concédées, en 1482, par François-Phoebus, roi de Navarre, étaient :
    • d'argent, à trois pals de gueules, au paon rouant d'azur perché sur le milieu.
  • Remarques:
    • Ces blasonnements sont certainement incomplets ou défectueux, car on voit mal comment un paon (ou quoi que ce soit) pourrait être posé sur un pal qui par définition va jusqu'au sommet de l'écu. La contradiction pour la couleur du paon est secondaire ("De gueules" - "du même" que les pals- pour Raymond ou « d'azur » pour Du Breuille)
    • Toutefois A. Fourcade dans son Album pittoresque et historique des Pyrénées (p. 9), décrit en langage profane ces armoiries: trois pals, sur l'un desquels, savoir celui du milieu, est perché un paon faisant la roue. octroyées par François-Phoebus ( mais en 1442 cette fois !)
    • Il semble donc qu'en fait il ne s'agit pas de « pal-pièce honorable », mais d'un meuble « pieux », qui préfigure déjà, à la couleur près, les pals alaisés au pied fiché qui composent la barrière du blason actuel.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

On trouve à Pau un patrimoine bâtit s’étalant du XIe au XXIe siècle, que l'on peut découvrir à travers de nombreux sites et monuments dont le plus célèbre est son château. Le centre-ville de Pau est caractérisé par son développement historique et progressif vers l'est, contraint en cela par la géographie des lieux. Ce n'est qu'à partir du XVIIe siècle que le franchissement du Hédas permet à la cité de s'étendre vers le nord. Cette particularité explique la typologie du patrimoine du centre-ville, qui se distribue essentiellement le long de deux axes orientés ouest/est : la rue Joffre et le boulevard des Pyrénées.

Le patrimoine de la ville s'est très fortement enrichi au XIXe siècle avec le développement du tourisme climatique, nombre de touristes fortunés venant de l'Europe entière sont ainsi venus passé l'hiver à Pau pour profiter des bienfaits supposés du climat sédatif décrit par Alexander Taylor. Il en résulte aujourd'hui un ensemble de nombreuses villas, palaces et parcs.

Pau compte 10 monuments[126] et 18 objets[127] répertoriés à l'inventaire des monuments historiques.

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

Jusqu'au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le patrimoine civil de Pau est dominé par la figure de son château qui fut à l'origine de la création de la cité au XIIe siècle. Celui-ci est toujours le symbole de la ville et attire près de 100 000 visiteurs chaque année. Le patrimoine de Pau ne se résume néanmoins pas à ce seul édifice, aussi majestueux soit-il, d'autres monuments reflètent la riche histoire de ce petit castelnau devenu capitale d'un État indépendant puis cité royale. La ville se renouvelle sans cesse et offre un patrimoine particulièrement diversifié du Moyen Âge, à la Renaissance en passant par la Belle Époque et jusqu'à nos jours.

Le château de Pau domine le gave. Ses deux tours les plus anciennes datent du XIIe siècle, mais le début de sa construction date plus surement du XIe siècle. Le donjon quadrangulaire en brique a été élevé par Sicard de Lordat au XIVe siècle. À la même époque fut construite la tour de la Monnaie, d'abord tour de guet défensive voulue en contrebas du château par Gaston Fébus, puis un temps dite tour du Moulin[Note 39], la tour de la Monnaie doit aujourd'hui son nom à Henri d’Albret qui, en 1554, en fait un atelier monétaire[Note 40]. La forteresse ainsi constituée fut transformée en palais Renaissance par Marguerite d'Angoulème puis restaurée sous Louis-Philippe et Napoléon III. En résumé, le château fut donc forteresse des vicomtes du Béarn, château fort de Fébus, berceau du bon roi Henri IV (Nouste Enric) et résidence royale à la Renaissance.

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L'annexion du Béarn à la couronne de France en 1620, par Louis XIII, entraîne la mise en place de différentes institutions visant à marquer ce nouveau rattachement. Ainsi, à proximité du château, le Parlement de Navarre est instauré pour édicter les textes de loi (en béarnais) de la nouvelle province du Béarn ainsi que de la Basse-Navarre et de la Soule. Il s'établit, en réalité, dans un plus ancien palais de justice qui avait été construit dès 1585 notamment en lieu et place de la maison de l'évêque de Lescar. Incendié en 1716, il est rebâti mais très vite abandonné au profit du palais de justice actuel. Le conseil départemental s'y est depuis installé et y tient toujours ses sessions. Afin de compléter le rattachement du Béarn à la France, le rétablissement du culte catholique est une nécessité de premier plan. Un collège de jésuites est construit à l'appel de Louis XIII probablement entre 1622 et 1645. Devenu lycée Louis-Barthou, il abrite toujours certains bâtiments d'origine, ces derniers ont été bâtis dans le pure style béarnais avec des toits en ardoise à forte pente et des murs en galets du gave.

La maison natale de Bernadotte est un témoignage architectural plus modeste, mais excessivement intéressant pour reconstituer la vie des familles de notables palois au XVIIIe siècle. Elle abrite aujourd'hui un musée en particulier incontournable pour les touristes suédois. Jean-Baptiste Bernadotte, sous-officier français né à Pau, devint général de Napoléon puis roi de Suède sous le nom de Charles XIV Jean et roi de Norvège sous le nom de Charles III Jean.

XIXe siècle et Belle Époque[modifier | modifier le code]

Le XIXe siècle, et particulièrement la Belle Époque, furent une période faste pour la constitution du patrimoine civil actuel de ÉPau. Le tourisme climatique emmena avec lui la construction de nombreuses demeures luxueuses pour agrémenter le séjour des riches hivernants européens, mais plus globalement un véritable renouveau de la ville s'est opéré avec la construction de nombreux nouveaux équipements publics pour leur accueil et également pour accompagner la forte poussée démographique de la cité[Note 41].

L'accueil des riches touristes européens fut notamment assuré par deux palaces en directe concurrence, l'hôtel de Gassion et l’hôtel de France qui sont situés sur le boulevard des Pyrénées. L'hôtel de Gassion est situé entre le château de Pau et l'église Saint-Martin, il abrite des appartements désormais. L'hôtel de France est lui situé à l’est de la place Royale, il abrite actuellement les services de la communauté d'agglomération de Pau-Pyrénées et est le second centre décisionnel palois. Le tourisme climatique a également permis de laisser comme héritage un ensemble de villas de prestige. Les riches touristes anglais, américains et russes ont construit des villas afin de rendre leurs séjours toujours plus confortables lors de la saison hivernale. Ces bâtisses, de style anglais, ont principalement été construites à la fin du XIXe siècle. Ces villas ont désormais divers usages : hôtel de charme (villa Navarre, manoir anglo-normand édifié entre 1865 et 1870[128]), salle de réception (villa Saint Basil's édifiée en 1889), appartements (Palais Sorrento en 1888), résidence du préfet (villa Sainte Hélène) etc.

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Les services municipaux successifs ont tout fait pour capter et maintenir cette riche clientèle à Pau. Ils ont ainsi construits différents équipements visant à améliorer le séjour de leurs hôtes. Le premier d'entre eux fut la gare dès 1864 pour l'ouverture de la ligne et 1871 pour l'inauguration du bâtiment de style Eiffel. Un funiculaire fut ensuite installé en 1908, afin d'assurer la liaison entre la ville-haute, centre historique, et la gare en contrebas. Le Palais Beaumont, originellement dénommé palais d'Hiver, voit lui le jour en 1900 afin de divertir les hivernants et les palois par des jeux, des spectacles, des fêtes et des rencontres. Mélangeant les styles architecturaux, il est plusieurs fois remanié et doit être réhabilité en 1996 après un demi-siècle d'oubli. Il accueille désormais un casino et surtout un centre de congrès, théâtre de diverses manifestations tels des séminaires, des salons...

L'importance démographique prise par la ville au cours du XIXe siècle implique la réalisation de différents équipements afin de lui fournir les moyens nécessaires à sa bonne gouvernance. Les services municipaux déménagèrent ainsi dans l'actuel hôtel de ville à partir de 1878. Le bâtiment, situé au nord de la place Royale, est en réalité un ancien théâtre datant de 1862, le projet visant à y édifier l'église Saint-Louis lancé en 1685 et relancé en 1788 n'ayant jamais abouti. Ainsi, s'explique la statue de Thalie, muse de la Comédie au front étoilé, qui orne son fronton. L'actuel palais de justice a été édifié en 1847 sur l'emplacement de l'ancien couvent des Cordeliers. La place de la Libération participe aujourd'hui à la majesté de ce bâtiment dont la façade est classiquement ornée de colonnes elles-mêmes surplombées d'un fronton en marbre blanc. C'est tout naturellement également qu'est édifiée progressivement de 1825 à 1875 une caserne à Pau, ville préfectorale proche de la frontière. La caserne Bernadotte, où sont aujourd'hui situées les archives nationales de l'armée de Terre, a ainsi accueilli dès 1830, deux régiments. L'actuelle place de Verdun devenue parking et anciennement dénommée place Napoléon, était, à cette époque, une zone d'exercices close.

Après la 1re Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Palais des Pyrénées

Le déclenchement de la 1re Guerre mondiale marque le déclin brutal du tourisme climatique palois. Durant la période de l'entre-deux-guerres plusieurs projets d'envergures voient malgré tout le jour afin de relancer cette activité autrefois prospère. Le palais des Pyrénées (ou palais du Commerce et des Fêtes) fut construit en 1930, dans un style art déco, afin de signaler par un édifice-phare[25] la création de ce nouveau quartier en centre-ville[Note 42]. Ce véritable centre-commercial avant l'heure proposait de nombreuses activités[Note 43], dont près de 80 commerces. Le retour à l'esprit originel du lieu commence en 1951 avec la destruction de la couverture de l'allée centrale, les palois retrouvant la vue sur les Pyrénées. Quatre immeubles sont ensuite construits par surélévation en 1957. C'est, cependant, en 2006 qu'il apparaît, agrémenté d'auvents de verre et d'acier, sous son apparence actuelle. C'est à cette même période de l'entre-deux-guerres qu'est construit le palais d'Aragon qui symbolisa l'échec de la reconquête touristique de Pau. Construit sur le boulevard des Pyrénées de 1929 à 1931 sous les plans de Georges Wybo, il ne devint jamais le palace prévu mais se transforma après de nombreuses péripéties[Note 44] en un immeuble d'appartements.

Le début des années 1960 voit la population de Pau s'accroître de manière très importante, à la fois sous l'effet du baby-boom et de l'exploitation du gisement de gaz de Lacq en 1965. Cette période est marquée par l'émergence de plusieurs éléments caractéristiques du patrimoine architectural palois de la seconde moitié du XXe siècle. Le nord de la ville est notamment aménagée par la coulée verte, voulue par le prix de Rome André Remondet, qui distribue entre autres l'ensemble Dufau-Tourasse[Note 45], la Cité Administrative[Note 46] et le campus [Note 47].

Au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Le début du XXIe siècle est marqué par l'inauguration en 2001 aux pieds du Parlement de Navarre originel, de l'hôtel du département des Pyrénées-Atlantiques, édifice de verre sur lequel se reflètent certaines bâtisses du boulevard des Pyrénées. Il regroupe aujourd'hui la totalité des services administratifs qui lui sont liés. Il a reçu en 2002 le prix d'architecture AMO[129]. L'aménagement des archives communautaires de l'agglomération de Pau-Pyrénées dans l'ancienne Usine des Tramways[Note 48] en 2011, ainsi que la réalisation de la médiathèque André Labarrère en 2012 sont également des éléments incontournables du patrimoine palois contemporain.

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

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Le patrimoine religieux de Pau est relativement récent puisque ses deux principales églises datent du XIXe siècle. Malgré son statut de capitale économique et politique du Béarn depuis 1464, la capitale religieuse de l'État resta Lescar avec notamment sa cathédrale Notre-Dame siège de l'ancien diocèse de Lescar. Pau n'était pas dépourvu d'édifices religieux avant le XIXe siècle, l'église primitive Saint-Martin datant du XVe siècle, mais il s'agissait de réalisations modestes qui ne purent survivre au temps et à la croissance très importante de la cité. Pour l'anecdote, au XVe siècle furent construits les abattoirs et le temple protestant de Pau, les cagots travaillèrent aux deux constructions[130].

Deux églises majeures sont présentes en centre-ville. Réalisée d'après les plans de l’architecte Émile Boeswillwald, la construction de l'église Saint-Martin, d'influence néogothique, débute en 1863 pour se terminer en 1871. L'église Saint-Jacques est construite par une souscription populaire des palois en réponse au chantier de l'église Saint-Martin, cette dernière étant vue comme le projet des touristes. Également d'influence néogothique, faisant suite à l'ancienne chapelle du couvent des Cordeliers, elle fut achevée en 1868. Elle a retrouvé ses deux flèches en 2012[131], qui avaient été enlevées en 2001 en raison de leur fragilisation par la tempête de 1999.

D'autres églises remarquables ont été battit par la suite à Pau. Coiffée d’une monumentale statue de la Vierge à l’enfant, l'église Notre-Dame, d'inspiration art déco, s'élève, dans la première moitié du XXe siècle, en continuité avec l'ancienne église vouée au pèlerinage qui la préfigure. L'église Saint-Joseph, œuvre de l'architecte Jacques Laffillée, est construite en 1935. De style néo-byzantin, elle est reconnaissable du fait de ses coupoles et de par son clocher en ciment armé haut de 50 mètres. Quant à l'église Saint-Pierre, elle a été édifiée en 1970 par l'architecte prix de Rome André Remondet. En grande partie recouverte d'ardoises, elle marie sa structure moderne avec les bâtiments de béton qui l'entourent.

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La chapelle du couvent des Réparatrices

La cité paloise accueille également quelques chapelles notables, dont celle de l'ancien couvent des Réparatrices, qui abrite aujourd'hui l'École Nationale de Musique et de Danse et allie ainsi architecture ancienne et architecture contemporaine. La chapelle Saint-Louis-de-Gonzague, à l'architecture classique, accompagne l'implantation d'un collège de Jésuites (actuel Lycée Louis-Barthou). Commencée dans les années 1660, elle n'est achevée qu'en 1851. Ancien lieu de culte des Ursulines de Pau, la chapelle de Notre-Dame-du-bout-du-Pont construite en 1872 a une histoire particulière puisqu'elle a été déplacée en 1932. Le couvent des Ursulines devait, en effet, être démoli pour laisser place au Palais des Pyrénées sur l'actuelle Place Clemenceau. La chapelle a été démontée pierre par pierre (chacune étant numérotée) puis réédifiée sur son emplacement actuel, de l'autre côté du gave de Pau.

La venue de nombreux hivernants anglais au XIXe siècle a entraîné la construction de plusieurs lieux de cultes anglicans comme la Christ Church, bâtie sur la rue Serviez de 1837 à 1841 et depuis devenue un temple réformé. De même, l’église anglicane Saint Andrew est ouverte au culte en 1888. Son presbytère est connu pour être façonné selon le goût local, la façade étant parsemée de galets du gave. Le cinéma Le Mélies a été aménagé dans un ancien lieu de culte, une église presbytérienne écossaise. Le tourisme climatique explique également l'existence d'une église russe orthodoxe à Pau, l'église Saint Alexandre Nevsky. Une synagogue datant de 1880[132], ainsi qu'une mosquée plus récente sont également présentes à Pau.

Patrimoine environnemental[modifier | modifier le code]

Parcs et jardins[modifier | modifier le code]

Pau est aussi une ville verdoyante : plus de 750 hectares[133] sont occupés par les espaces verts, avec de nombreuses espèces rares et exotiques. Grâce à un climat doux et plutôt humide, les jardins ont pu être agrémenté de plantes provenant de régions plus exotiques comme les palmiers à chanvre, ou palmiers de Chine (Trachycarpus fortunei), originaires des montagnes chinoises, mais aussi des séquoias géants (Sequoiadendron giganteum) et des magnolias à grandes fleurs lauriers-tulipiers (Magnolia grandiflora) d'origine américaine. Cela vaut à Pau d'être classée « 4 fleurs » par les Villes et Villages Fleuris[134]. Dans certains quartiers, par exemple Trespoey, les villas baignent dans la végétation. Différents parcs et jardins aménagés dans la cité :

  • Parc Beaumont avec lac, rivière et cascade, nombreux massifs de fleurs, vaste rocaille et roseraie. Les 12 ha du parc en forme de ballon de rugby abritent 110 essences d'arbres. Certains sujets sont « remarquables » par leur taille, leur âge ou leur rareté : cyprès chauve de Louisiane, plaqueminier de Virginie, Séquoia géant... ;
  • Parc Lawrence, parc aux arbres centenaires, qui abrite une des nombreuses villas anglaises du XIXe siècle de Pau. ;
  • Domaine national du château de Pau, composé d'un jardin Renaissance avec plantes médicinales et d'un parc ;
  • Sentiers du Roy, reliant la ville haute à la ville basse ;
  • Jardins Johanto, sur les contreforts du boulevard des Pyrénées, avec ses nombreux et vigoureux palmiers ;
  • Jardins contemporains de l'Hôtel du département, ville basse ;
  • Berges du gave de Pau à Billère et Jurançon, en aval du Pont d'Espagne et du Stade d'eaux vives ;
  • Square Besson, proche du Conservatoire de musique et de danse avec notamment des séquoias sempervirens ;
  • Jardin de Kofu, petit jardin japonais inauguré en 2005 avec des plans fournis par les jardiniers de la ville de Kofu ;
  • Parc en ciel, inauguré en 2013 dans le quartier du Hameau.
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Horizons Palois[modifier | modifier le code]

Cette notion d'Horizons Palois fait référence à la volonté de protection des éléments majeurs qui structurent la vue si particulière depuis Pau sur son environnement naturel. La vue depuis les hauteurs de Pau englobe les saligues du gave de Pau puis les coteaux de Jurançon et enfin la chaîne des Pyrénées. 17 sites ont ainsi été inscrits en 1944 au titre des Horizons Palois, afin de les protéger de toute construction ou altération pouvant détériorer le panorama extraordinaire qui est notamment visible depuis le boulevard des Pyrénées et le château. La ville de Pau a engagé depuis plusieurs années une réflexion autour d'une candidature des Horizons au titre du patrimoine mondial de l'Unesco[135]. Il s'agirait ainsi d'accentuer la protection du panorama mais également d'améliorer la renommée de ce site auprès du grand public.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L’orthodromie considérée, séparant Pau de Capbreton, est indiquée par Lionel Delvarre, « Orthodromie entre Pau et Capbreton », sur le site Lion 1906 (consulté le 17 mai 2015).
  2. La commune d'Arudy marque l'entrée dans la vallée d'Ossau.
  3. L’orthodromie considérée, séparant Pau d'Urdos, au pied du col du Somport, est indiquée par Lionel Delvarre, « Orthodromie entre Pau et Urdos », sur le site Lion 1906 (consulté le 18 mai 2015).
  4. La vallée du gave de Pau s'élargit ensuite après Lescar
  5. Emplacement qui correspond à l'intersection des actuelles rues Maréchal-Joffre, rue Bordenave-d'Abère et rue Gassion. Elle était appelée « Porte du Basque » jusqu'à la seconde moitié du XVe siècle, puis elle prit le nom de porte de l'Horloge à partir de 1552 car un cadran y fut ajouté[20]
  6. La bie Cabe (actuelle rue du Moulin), la rue Longue (actuelle rue du Château), la Rue (actuelle rue du Parlement), la rue de Castegmedo (en partie l'actuelle rue Sully)
  7. Actuellement située à la bordure est de la place Reine-Marguerite.
  8. Actuellement rue René Fournets.
  9. En remplacement d'une passerelle reposant sur des piles de bois, qui était régulièrement détruite par les crues du gave. Dès 1524 une solution technique fut proposée, mais la réalisation n'arriva totalement qu'entre 1592 et 1593 avec le financement de Catherine de Bourbon.
  10. Donnant sur l'actuelle place des États.
  11. Actuel Parlement de Navarre.
  12. Située vers l'actuel bâtiment de la banque de France.
  13. La pont de la rue Samonzet est terminé en 1640 par exemple.
  14. Emplacements correspondant respectivement au lycée Louis-Barthou, à l'église Saint-Jacques et à la place Clemenceau pour les deux derniers ordres.
  15. Détruit en 1838 pour la construction de la nouvelle halle, sur l'actuelle place Clemenceau.
  16. De la rue des Cultivateurs, actuelle rue Carnot.
  17. Cette visite donna également son nom au quartier de la Croix du Prince, rive gauche du gave.
  18. 200 à 300 personnes vers 1830, 1 000 vers 1850
  19. Ce qui fit des halles de la place de la République le seul marché central de Pau.
  20. Sur les vestiges de l’ancien asile d’aliénés[26].
  21. Premier grand ensemble palois.
  22. Notamment dans le quartier du Hédas.
  23. « Comme la célèbre savonnerie Roussille qui donna l'expression longtemps utilisé des palois « ça sent Roussille[28] » les jours où l'odeur des effluves de l'usine s'échappaient jusqu'à la ville haute »
  24. Qu'il double avec la cours Lyautey pour créer un espace boisé au centre de la nouvelle artère.
  25. Trois barres de quinze niveaux au sud, à l'est et à l'ouest. Une tour de vingt niveaux était prévue au nord, elle fut finalement remplacée par l'actuelle maison de l'Agriculture.
  26. « Le Cami Salié est évoqué dès 1 500 ans avant Jésus[39] les jours où l'odeur des effluves de l'usine s'échappaient jusqu'à la ville haute »
  27. Un des fonds les plus riches de la bibliothèque de Pau est le Fonds anglais (9 000 vol.), hérité de l’ancienne English Library de Pau. De nombreuses éditions du XIXe siècle aux cartonnages et illustrations remarquables. Ce fonds doit faire l’objet d’un catalogue complet et d’une mise en valeur par le biais de publications et d’expositions.
  28. Utilisée à la fois par les SS et la Gestapo, elle était dotée de 4 cellules individuelles et d'une grande cellule collective, la prison pouvait accueillir jusqu'à une cinquantaine de prisonniers en même temps.
  29. Les deux premières fosses renfermaient 38 corps mutilés de prisonniers torturés, la troisième les corps de 6 résistants tués près de Monein et dans la dernière le corps de Jean Mathie.
  30. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  31. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  32. La polyclinique Marzet, située boulevard Alsace-Lorraine, a été rachetée par la polyclinique de Navarre en 2013. Le nouvel ensemble compte 400 lits et emploi près de 700 personnes.
  33. À Lacq, on parle désormais de la SNEAP, Société Nationale Elf Aquitaine Production)[82]
  34. Repris entièrement par le groupe Toray Industries en 2012, qui a investi également près de 100 millions d'euros pour se développer sur la zone[83]
  35. Les entreprises de cette région interviennent sur les programmes Airbus A380 / A300 / A330 / A320 (trains d'atterrissage, fibres de carbone, mécano-soudé, aérostructures), Eurocopter (moteurs, pièces d'usinage), Boeing (trains d'atterrissage) et Embraer.
  36. Pau devrait, à terme, être entièrement connectée à un réseau de fibre optique Pau Broadband Country de la communauté d'agglomérations Pau-Pyrénées qui permet un débit de 10 à 100 mégabits par seconde (et 1 gigabit par seconde pour certaines entreprises) et des applications de types téléphonie sur IP, services en ligne, webTV.
  37. La chambre de commerce et d'industrie de Pau Béarn gère l'aéroport Pau-Pyrénées, le groupe ESC Pau, l'hôtel consulaire, le CNPC et l'IPC de Pau.
  38. Constituée d’équipes mixtes de recherche CNRS/université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA) et Total (L'IPRA représente 130 enseignants, chercheurs et allocataires, un budget annuel d'1,5 million d’euros et 6 Masters scientifiques).
  39. Le canal la longeant actionnant dès le XVe siècle la minoterie du château
  40. On y battit monnaie jusqu'à la Révolution
  41. La population paloise fut quasiment multipliée par quatre durant le XIXe siècle
  42. Profitant de la démolition de l'ancien marché couvert, le maire Alfred de Lassence décida de doter la ville d'un nouveau centre au niveau de la place Clemenceau
  43. Une salle des fêtes, un cinéma, un casino, un dancing, un mini-golf...
  44. Alors que l'aile sud était en construction en 1929, le crack boursier entraîna la mise en faillite de la Société des hôtels et casinos de Pau et de ce fait la démission du maire Alfred de Lassence. L'aménagement des appartements se poursuivra jusqu'à l'après deuxième Guerre mondiale
  45. Construit dans le cadre des ZUP pour accueillir 2 000 logements ainsi que divers équipements publics comme l'église Saint-Pierre et l'école Jean-Sarrailh
  46. Constituée notamment des Archives départementales en 1971, de la Direction départementale des Pyrénées-Atlantiques et de la Maison de l'Agriculture au début des années 1980
  47. Construit progressivement de 1962 à 1977 sur une vingtaine d'hectares avec des bâtiments de faible hauteur dans un parc arboré et gazonné
  48. Fondée en 1899 pour produire le courant nécessaire à la circulation des rames du tramway palois, le réseau fut remplacé en 1931 par des autobus qui utilisèrent les lieux comme dépôt jusqu'en 1985

Références[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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