Aste-Béon

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Aste-Béon
Aste-Béon
Le village d'Aste.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Pyrénées-Atlantiques
Arrondissement Oloron-Sainte-Marie
Canton Oloron-Sainte-Marie-2
Intercommunalité Communauté de communes de la Vallée d'Ossau
Maire
Mandat
Jean-Michel Barrabourg
2014-2020
Code postal 64260
Code commune 64069
Démographie
Gentilé Astois/Béonnais
Population
municipale
239 hab. (2016 en diminution de 17,59 % par rapport à 2011)
Densité 13 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 01′ 24″ nord, 0° 24′ 42″ ouest
Altitude Min. 438 m
Max. 1 800 m
Superficie 19,05 km2
Localisation

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Aste-Béon (en béarnais Aste-Bion ou Aste-Bioû) est une commune française, située dans le département des Pyrénées-Atlantiques en région Nouvelle-Aquitaine.

Le gentilé est Astois et Béonnais[1].

Elle est composée de la réunion de deux villages distants de deux kilomètres : Aste et Béon.

Façade sud du château de Béon.
Maison dans le village d'Aste.
L'église Saint-Jean-Baptiste, à Béon.
Église de Béon : claveau sculpté primitif représentant les quatre évangélistes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Elle se situe au cœur de la vallée d'Ossau.

Accès[modifier | modifier le code]

La commune est desservie par la route départementale 240.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Située dans le bassin versant de l'Adour, la commune est traversée par le gave d'Ossau (affluent du gave d'Oloron) et par ses affluents, les ruisseaux le Lamay et l'Arrigast.

Lieux-dits et hameaux[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes d’Aste-Béon[2]
Bielle Castet
Gère-Bélesten Aste-Béon
Laruns Louvie-Soubiron

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme Aste est mentionné en 1385[4] (censier de Béarn[5]) et apparaît sous la forme Asta (1487[3], notaires d'Ossau[6]). Son origine est basque, de aitz/as, « pointe rocheuse »[4].

Le toponyme Béon apparaît sous les formes Beoo (1328[4], traité d’Ossau-Val de Tena, 1374[3], contrats de Luntz[7] et 1385[4], censier de Béarn[5]), Beo de la Bag d'Ossau (1427[3], contrats de Carresse[8]), Sent Felix de Béon (1654[3], insinuations du diocèse d'Oloron[9]) et Béon sur la carte de Cassini (fin XVIIIe siècle[4]. Il vient peut-être d'une racine oronymique pré-indo-européenne *ben[4].

Son nom béarnais est Aste-Bion[10] ou Aste-Bioû[11].

Le Port de Béon désigne un hameau, déjà mentionné en 1756 par le dénombrement d'Aste[12] sous la graphie le parsan du Port.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1385, Aste comptait 18 feux et dépendait du bailliage d'Ossau[3].

À cette même date, Béon comptait également 18 feux et relevait du même bailliage. Le fief de Béon dépendait de la vicomté de Béarn.

Les forges de Béon[modifier | modifier le code]

Durant la deuxième moitié du XVIIIe siècle, Jean-Joseph d'Augerot, greffier en chef du Parlement de Navarre, envisage d'exploiter le gisement de fer (magnétite[13]) situé sur les hauteurs d'Aste. Il en envoie un échantillon en Espagne pour tester les qualités du minerai, l'essai s'avère fructueux. Il demande et obtient une concession d'exploitation de la mine d'Aste ainsi que le droit de bâtir une forge (arrêt du conseil du 6 décembre 1768[14]). Sa construction se déroule de 1769 à 1770[14], il s'agit d'une forge de type catalan, elle se situe sur la route de Castet, en aval de Béon[15], son emplacement est visible sur le cadastre napoléonien[16]. Un canal alimentant la forge depuis les eaux du gave est construit en 1775[17]. Le travail de la forge est assuré par des ouvriers venus d'Espagne, la production est de 900 quintaux (selon Hubert Bourgin[14]) voire de 2200 quintaux (selon le Bulletin de la Société académique des Hautes-Pyrénées[18]) mais le minerai d'Aste est malheureusement inadapté, la qualité du fer produit est cassant et la mine est abandonnée au profit de mines plus lointaines[19] (mines de Pons à Laruns[20], de Rebenacq, de Castet, de Louvie-Juzon, ...[21]) . La forge consommait une importante quantité de bois, ce qui décima une grande partie des forêts voisines[22]. La forge ne produisit jamais de bons produits, elle est rachetée à la fin du XVIIIe siècle par le marquis d'Angosse qui la ferme définitivement[23]. En 1894, la forge en ruine est encore visible[22].

Emigration[modifier | modifier le code]

En 1894, Fernand Butel rédigea une intéressante étude sociologique sur la commune d'Aste-Béon[22], il indiquait que, de 1853 à 1894, 80 personnes (un sixième de la population) avaient quitté la commune pour émigrer vers l'Argentine. Ce phénomène s'expliquait, selon lui, par le mode de transmission des propriétés agricoles en vallée d'Ossau : l'ainé de la famille prenait seul la succession de son père sur l'exploitation familiale, les cadets (fille ou garçon) étant dédommagés par une compensation financière. Auparavant, les cadets allaient louer leur service en Espagne ou au Portugal, mais à partir de 1850, des agences spécialisées font miroiter les gains potentiels d'une émigration vers l'Amérique, les Pyrénées Atlantiques (alors Basses Pyrénées) perdirent alors 64 000 habitants.

Arrivés en Argentine, la plupart des immigrants venus d'Aste-Béon travaillent au sein d'élevages de moutons dont ils sont propriétaires ou salariés. Ils envoient fréquemment de l'argent à leur famille restée au village, pour rembourser le prix du voyage qu'on leur a avancé, pour contribuer à la dot d'une fille lors d'un mariage ou pour participer à la reconstruction de l'église du village (église Saint-Jean d'Aste)[22].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1995 2001 Jean Vertut    
2001 2014 Augustin Médevielle UMP  
2014 En cours Jean-Michel Barrabourg    

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La commune fait partie de trois structures intercommunales[24] :

La commune fait partie du Pays d'Oloron et du Haut-Béarn.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[25]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[26].

En 2016, la commune comptait 239 habitants[Note 1], en diminution de 17,59 % par rapport à 2011 (Pyrénées-Atlantiques : +2,65 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
473244483323520610564597605
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
604588606465475471482443414
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
400410371356331344324271275
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
267235196211159231246282244
2016 - - - - - - - -
239--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[27] puis Insee à partir de 2006[28].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de la commune est historiquement orientée vers l'agriculture et l'élevage. La commune fait partie de la zone d'appellation de l'ossau-iraty. Le musée attire les visiteurs et le tourisme vert se développe.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

Le château de Béon remonte au XIVe siècle[29]. Il fut remanié au XVIIe siècle avant d'être laissé à l'abandon jusqu'aux années 1980. Durant toute son histoire, il demeura la possession de la maison de Béon, jusqu'à sa lente extinction au XIXe siècle. Inscrit au monuments historiques depuis mars 2005, il est aujourd'hui complètement restauré.

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Jean-Baptiste d'Aste[30], à Aste, tient ses origines de la fin du XIXe siècle et est référencée à l'Inventaire général du patrimoine culturel. Elle recèle un calice[31], classé à titre d'objet. L'église de Béon date, quant à elle, des XIIe et XIVe siècles.

Patrimoine environnemental[modifier | modifier le code]

La réserve naturelle de nidification des vautours fauves, créée par arrêté ministériel du 11 décembre 1974, se situe sur le territoire des communes d'Aste-Béon, Bielle, Bilhères et Castet. Le musée qui lui est associé, dénommé la Falaise aux Vautours[32], se trouve à l'entrée du village d'Aste-Béon.

Le Pène de Béon culmine à 1 251 mètres[2].

La commune est traversée du nord au sud par le GR de Pays du tour de la vallée d'Ossau[2],[33].

Équipements[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Brigitte Jobbé-Duval, Dictionnaire des noms de lieux : Pyrénées-Atlantiques, Paris, Archives et Culture, , 167 p. (ISBN 978-2-35077-151-9, notice BnF no FRBNF42089597)
  2. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x et y Géoportail - IGN, « Géoportail » (consulté le 15 avril 2012)
  3. a b c d e et f Paul Raymond, Dictionnaire topographique du département des Basses-Pyrénées, Paris, Imprimerie Impériale, , 208 p. (notice BnF no FRBNF31182570, lire en ligne).
  4. a b c d e et f Michel Grosclaude (préf. Pierre Bec), Dictionnaire toponymique des communes du Béarn, Pau, Escòla Gaston Febus, , 416 p. (ISBN 9782350680057, notice BnF no FRBNF35515059), n° 152.
  5. a et b Censier de Béarn, Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, manuscrit de 1385.
  6. Notaires d'Ossau, aux Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques.
  7. Contrats retenus par Luntz, notaire de Béarn, aux Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques.
  8. Contrats retenus par Carresse, notaire de Béarn, manuscrits du XVe siècle, aux Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques.
  9. Manuscrits du XVIIe siècle, aux Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques.
  10. Ostau Bearnes, « Toponymie des communes béarnaises selon la graphie classique » [PDF] (consulté le 26 janvier 2019).
  11. Institut béarnais et gascon, « Toponymie des communes béarnaises selon la graphie moderne » [PDF] (consulté le 26 janvier 2019).
  12. Manuscrits du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle - Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques
  13. « Les magnétites d'Aste-Béon », sur http://mineraux3btarbes.canalblog.com, (consulté le 14 mars 2019)
  14. a b et c Bourgin, Hubert et Bourgin, Georges, L'industrie sidérurgique en France au début de la révolution, Paris, Imprimerie nationale, , 618 p. (lire en ligne), p. 350
  15. Voir à ce sujet l'article Forges de la vallée de l’Ouzom.
  16. Plan parcellaire de la commune d'Aste-Béon (1813)
  17. Docteur Barthé, « Contribution à la géologie de la vallée d'Ossau », Bulletin de la Société des sciences, lettres et arts de Pau, 2e série, vol. 30,‎ , p. 226 (lire en ligne)
  18. Comte de Roquette-Buisson, « Les vallées Pyrénéennes », Bulletin de la Société académique des Hautes-Pyrénées,‎ , p. 274 (lire en ligne)
  19. Palassou, Pierre-Bernard, Essai sur la minéralogie des Monts-Pyrénées, Paris, Didot jeune, , 346 p. (lire en ligne), p. 101
  20. Baron de Dietrich, Description des gîtes de minerai et des bouches à feu de la France, vol. I, Paris, Didot, , 597 p. (lire en ligne), p. 391-395
  21. Cenac Moncaut, Les richesses des Pyrénées françaises et espagnoles, Paris, Guillaumin et Cie, , 256 p. (lire en ligne), p. 137-140
  22. a b c et d Butel, Fernand, Une vallée pyrénéenne : la vallée d'Ossau, Pau, Société de publicité catholique de Basses Pyrénées, , 210 p. (lire en ligne), p. 65-66 ; 147-161
  23. L. Lebondidier, « Les premières ascensions au Pic du Midi d'Ossau », Bulletin pyrénéen, no 227,‎ janvier-février-mars 1938, p. 21-22 (lire en ligne)
  24. Cellule informatique préfecture 64, « Base communale des Pyrénées-Atlantiques - Intercommunalité » (consulté le 25 mai 2014)
  25. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  26. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  27. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  28. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  29. « Le château de Béon », notice no PA64000053, base Mérimée, ministère français de la Culture
  30. « L'église Saint-Jean-Baptiste », notice no IA64000527, base Mérimée, ministère français de la Culture
  31. « Le calice de l'église Saint-Jean-Baptiste », notice no PM64000057, base Palissy, ministère français de la Culture
  32. Site de La Falaise aux Vautours
  33. Le GRP sur le site de la communauté de communes

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]