Mâchefer

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Le mâchefer est le résidu solide de la combustion du charbon ou du coke dans les fours industriels ou bien encore de celle des déchets urbains dans les usines d'incinération.

Le mâchefer est un déchet industriel spécial ou d'incinération qui peut être source de pollution lorsqu'il est en contact avec l'eau. Il a été néanmoins souvent utilisé pour les terrassements de chantiers publics et privés, ici en fond de couche routière.

Usages[modifier | modifier le code]

Bien que potentiellement source de pollution (par les métaux lourds notamment, mais parfois aussi par des dioxines, furanes ou autres polluants), il est souvent réutilisé par les travaux publics comme remblai de tranchée ou sous-couche de chaussée en substitution de matériaux plus nobles, tels que le sable.

Risques[modifier | modifier le code]

Les mâchefers issus du traitement des déchets sont plus ou moins pollués et doivent être recyclés avec précaution. Jusque dans les années 1990, il était d'usage, dans les usines d'incinération d'ordures ménagères, d'incorporer les suies produites par le filtrage des fumées dans les mâchefers. Ceux-ci bénéficiaient ainsi des qualités de liant hydraulique des suies (effet de prise comparable à celui du ciment). En France, l'arrêté du 25 janvier 1991 relatif aux installations d'incinération de résidus urbains (point 2 de l'article 14 de l'annexe de l'arrêté[1]) interdit que les suies soient désormais mélangées aux mâchefers.

Législations[modifier | modifier le code]

Aspect du mâchefer métallurgique de type clinker à la sortie d'un four.

En France, 3 millions de tonnes de déchets sont annuellement produits par l’incinération, dont 2 Mt de mâchefers réutilisés dans les travaux publics, et 1 Mt envoyé en décharge de déchets non dangereux[2].

Une circulaire du ministère de l'environnement du [3] détermine les différentes catégories de mâchefers et leur aptitude à réutilisation. On prend en compte la teneur en imbrûlés et le risque de transfert des polluants internes par dissolution (phénomène de lixiviation).

  • Les mâchefers sont considérés comme valorisables (catégorie V) si leur teneur en imbrûlés est inférieure à 5 % et s'ils sont faiblement lixiviables (ils contiennent peu de métaux lourds facilement solubles).
  • Les mâchefers intermédiaires (catégorie M, comme maturation) ne respectent pas tous les critères de la catégorie précédente mais doivent pouvoir les atteindre après quelques semaines de stockage ; c'est le temps généralement nécessaire à l'accomplissement d'un phénomène de carbonatation qui « emprisonne » les molécules polluantes au sein du matériau.
  • Les autres mâchefers doivent être mis en stockage permanent (catégorie S).

La caractérisation des machefers doit être effectuée par un laboratoire accrédité Cofrac ISO/CEI 17025.

En zone dite "vulnérable" (aux inondations en particulier), dans les réserves naturelles l'utilisation de mâchefers ou cendres d'incinération peut être interdite. En forêt, le label PEFC demandé par l'ONF comporte une recommandation de ne pas importer tout type de déchets en forêt.

En 2011, le ministère de l’écologie doit produire deux textes sur les mâchefers issus de l’incinération des ordures ménagères et ne pouvant faire l’objet d’une valorisation pour des raisons techniques[2], ce qui inquiète les ONG environnementales[2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Référence[modifier | modifier le code]

  1. Arrêté ministériel du 25 janvier 1991
  2. a, b et c Célia Fontain, «Il faut mieux évaluer la toxicité des mâchefers», 9 juin 2011
  3. Circulaire DPPR/SEI/BPSIED n° 94-IV-1 du 9 mai 1994 relative à l'élimination des mâchefers d'incinération des résidus urbains

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif Dunod ; Mâchefers d'incinération des ordures ménagères Etat de l'art et perspectives ; éditions Dunod ; 07/07/2008