Pic du Midi de Bigorre
| Pic du Midi de Bigorre | |||
Vue du versant sud du pic du Midi de Bigorre. | |||
| Géographie | |||
|---|---|---|---|
| Altitude | 2 876 m[1] | ||
| Massif | Massif du Pic-du-Midi-de-Bigorre (Pyrénées) | ||
| Coordonnées | 42° 56′ 11″ nord, 0° 08′ 34″ est[1] | ||
| Administration | |||
| Pays | |||
| Région | Occitanie | ||
| Département | Hautes-Pyrénées | ||
| Ascension | |||
| Voie la plus facile | Téléphérique du Pic-du-Midi-de-Bigorre | ||
| Géologie | |||
| Roches | Schiste, calcaire | ||
| Type | Pic pyramidal | ||
| Géolocalisation sur la carte : Pyrénées
Géolocalisation sur la carte : Hautes-Pyrénées
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Le pic du Midi de Bigorre est situé dans les Hautes-Pyrénées, et atteint une altitude de 2 876 mètres. Il est connu entre autres pour la présence de l'observatoire du Pic du Midi regroupant observations astronomiques et météorologiques, et d'un émetteur de télécommunications, installés à son sommet.
Toponymie
[modifier | modifier le code]Le sommet est appelé pic de Mieidia de Bigòrra en occitan gascon (pic de mieydie de Bigorre dans la graphie félibréenne[2]), midi signifiant « sud ».
Il a précédemment été nommé « montagne d'Arizes », toponyme signifiant « eau », en relation avec le vallon d'Arizes à ses pieds. Il est appelé « pic de Midi de Bagnères », puis « pic de Midi de Bigorre » à la fin du XIXe siècle. Le choix de ce nouveau nom renvoie peut-être à une tradition alpine qui désigne des sommets situés au sud de leur principal point d'observation en utilisant le nom « midi ».
Géographie
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Topographie
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Il est situé dans les Pyrénées françaises, dans le département des Hautes-Pyrénées, à la limite des communes de Sers et de Bagnères-de-Bigorre, se référant comme la ville à l'ancien comté de Bigorre. Étant situé très en avant de la chaîne, le pic est connu pour son panorama sur la chaîne de montagnes franco-espagnole. Ce dernier est parmi les plus importants de France métropolitaine puisque, par temps clair, il est possible de voir l'essentiel des sommets de la chaîne pyrénéenne de la côte basque à Biarritz jusqu'aux Pyrénées ariégeoises (massif de Tabe), comprenant notamment le pic du Midi d'Ossau, le Balaïtous, le Vignemale, l'Aneto, le pic de Maubermé et le mont Valier, ainsi que les crêtes de la montagne Noire et les agglomérations de Tarbes, Auch, Toulouse ou Montauban[réf. souhaitée].
La proximité du pic vis-à-vis de la plaine a longtemps fait croire qu'il était, avec le pic du Canigou, l'un des plus hauts sommets des Pyrénées jusqu’aux travaux trigonométriques de MM. Rebout et Vidal entre 1786 et 1789 ainsi qu'aux travaux barométriques de M. Ramond[3].
Géologie
[modifier | modifier le code]Ce sommet pyrénéen est principalement constitué de métasédiments, en l'occurence des schistes dévoniens avec des intercalations de marbre. Ces roches ont été fortement déformées lors de l'orogenèse varisque et présentent des couches sub-verticales. La présence de sillimanite indique des conditions métamorphiques de haute température et de basse pression.
Le pic du Midi de Bigorre chevauche le dome migmatitique du Chiroulet. Ces migmatites se sont formées en contexte tardi-orogénique avec la fusion partielle de métasédiment il y a environ 302-290 Ma[4]. On trouve également des pegmatites à la base du pic.
Climat
[modifier | modifier le code]Les conditions atmosphériques y sont assez pures et stables. Il peut y neiger en été. Le relevé des températures moyennes et des précipitations pour l'année 1980 nous donne un aperçu des conditions climatiques qui y règnent. Celles-ci sont assez rudes compte tenu de la déperdition de chaleur avec l'altitude.
Le général de Nansouty prétend relever une température de −45 °C durant l'hiver 1874-1875[5][source insuffisante].
Une période de cent jours sans gel a été observée en 2018, ce qui constitue un record pour cette station[6].
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | −10,2 | −6,9 | −10 | −9,4 | −6,5 | −0,4 | 2,1 | 5,9 | 3,9 | −3,5 | −6,4 | −10,5 | −4,3 |
| Température moyenne (°C) | −8,2 | −4,8 | −7,4 | −6,9 | −4,1 | 1,8 | 5,1 | 8,4 | 6,1 | −0,9 | −3,8 | −8 | −1,9 |
| Température maximale moyenne (°C) | −6,1 | −2,3 | −4,6 | −4,5 | −1,7 | 4,2 | 7,7 | 11,1 | 8,9 | 1,5 | −1,5 | −5,2 | 0,6 |
| Précipitations (mm) | 57 | 35 | 139 | 65 | 121 | 0 | 37 | 32 | 34 | 95 | 102 | 123 | 840 |
Biodiversité
[modifier | modifier le code]La présence d’Armeria alpina et de Geranium cinereum est relevée en 1863[7] puis celle de Gnaphalium supinum, Galium cespitosum, Vicia pyrenaica, Oxytropis pyrenaica, Iberis spathulata, Biscutella cichoriifolia et Gregoria vitaliana en 1868[8].
Histoire
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Le pic est connu depuis l'Antiquité. Les plus anciens témoignages sur le pic du Midi se retrouvent dans les récits de la mythologie pyrénéenne, qui est un mélange des panthéons locaux et grecs. Ainsi les Pyrénées seraient le tombeau de Pyrène, morte de trop avoir aimé Héraclès. Celui-ci lui fit le plus beau et le plus grand des tombeaux : les Pyrénées. De leurs amours était né Python, serpent mythique qui garde le tombeau de la belle Pyrène, sa tête se trouve à Gavarnie et sa queue au pic du Midi de Bigorre, que les strates de gneiss permettent, parfois, d'imaginer.
En même temps que les habitants du Haut-Adour vénéraient le dieu solaire Abellio, le pic du Midi de Bigorre devenait pour eux un élément essentiel de leur espace vécu. Au pied de la montagne, dans le val d'Arizes vivaient les légendaires pâtres de 999 ans, Milharis et Béliou.
Au-delà de ces légendes, la pointe de flèche découverte par le général de Nansouty aux environs du col de Sencours prouve que le pic du Midi de Bigorre était déjà fréquenté au Néolithique[9].
Dès le tout début du XVIIIe siècle, le sommet du pic est connu pour être un lieu d'observations astronomiques. On sait que François de Plantade[10] monte au pic à plusieurs reprises : il étudie pour la première fois de façon scientifique la couronne solaire lors de l'éclipse de 1706. Il remonte en 1741 pour y effectuer des mesures barométriques dans le but de dresser une carte des diocèses du Languedoc. Le , gravissant à nouveau la montagne, il meurt au col de Sencours (2 379 m), à près de 71 ans, sextant au poing, en s'exclamant : « Ah ! que tout ceci est beau ! »[11].
Ces mesures sont suivies, dès 1774, par celles de Monge et d'Arcet qui montent au pic pour y étudier la pression atmosphérique.
Le , quatre alpinistes trouvent la mort dans un accident à la suite d'une avalanche dans un couloir jugé « dangereux » du pic du Midi[12].
Voies d'accès
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Vers 1858, il fallait trois heures de cheval ou quatre heures de chaise pour atteindre le pic depuis le chemin du Tourmalet[13]. Une auberge était déjà présente près du sommet.
S´il est possible d'accéder au pic à pied, par des sentiers de randonnée, un téléphérique double existe depuis 2001 au départ de La Mongie. Ce téléphérique est composé de deux tronçons :
- le premier tronçon, entre La Mongie (1 785 m) et le Taoulet (2 341 m), comporte deux pylônes ;
- le deuxième tronçon, entre le Taoulet et le pic du Midi (2 872 m), ne comporte qu'un seul pylône, près de la gare d'arrivée. Il présente une travée de câble de 2 550 m de long (3e rang français) entre le Taoulet et ce pylône.

Astronomie
[modifier | modifier le code]Observatoire astronomique
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L'observatoire du Pic du Midi est un haut lieu d'observation et de recherche consacré à la météorologie puis à l'astronomie depuis 1873[14].
L'astronomie est encore à l'heure actuelle le domaine d'investigations scientifiques le plus important au pic du Midi. L'observatoire est rattaché à l'observatoire Midi-Pyrénées. C'est une UFR de l'université Toulouse-III-Paul-Sabatier
Réserve internationale de ciel étoilé
[modifier | modifier le code]Initiée officiellement en 2009 durant l'année mondiale de l'astronomie, la réserve internationale de ciel étoilé du pic du Midi (RICE) a été labellisée en 2013 par l'International Dark-sky Association. Au moment de sa création, c'est la sixième au monde et la première en Europe.
La RICE a pour objectif de limiter le phénomène exponentiel qu'est la pollution lumineuse[15], afin de préserver la qualité de la nuit. Cogérée par le syndicat mixte pour la valorisation touristique du pic du Midi, le parc national des Pyrénées et le Syndicat départemental d'énergie 65, ces orientations d'actions principales sont l’éducation du public sur les impacts et conséquences de ces pollutions ainsi que la mise en place d’un éclairage responsable sur le territoire haut-pyrénéen.
Elle s'étend sur 3 000 km2, soit 65 % du département des Hautes-Pyrénées. La RICE comprend 251 communes déployées autour du pic du Midi de Bigorre et se distingue en deux zones :
- une zone cœur, exempte de tout éclairage permanent et témoin d'une qualité de nuit exceptionnelle ;
- une zone tampon, dans laquelle les acteurs du territoire reconnaissent l'importance de l'environnement nocturne et s'engagent à le protéger.
Dynamique sur le territoire, la RICE est notamment initiatrice du programme « Ciel étoilé »[16], programme de reconversion de 40 000 points lumineux de son territoire, du programme « Gardiens des étoiles », programme de suivi métrologique de l'évolution des pollutions lumineuses, mais encore du programme Adap'Ter[17], et projet d'identification des trames nocturnes.
Télévision et radio
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En 1926-1927 sont installées au pic du Midi de Bigorre deux pylônes de 25 m de haut qui supportent une antenne de radiodiffusion[18].
Un émetteur analogique est installé et commence ses émissions le [18] pour la seule et unique chaîne de télévision de la Radiodiffusion-télévision française (RTF).
En 1959 débute la construction du bâtiment interministériel dessiné par Pierre Debeaux et d'un nouvel émetteur : une antenne de 103 m de haut et une portée de 300 à 400 km, ce qui lui permet de couvrir un septième de la France métropolitaine[19]. Les travaux sont pharaoniques, une partie de la montagne est arrasée sur 13 m de hauteur, le pied de l'antenne étant scellé dans un bloc de béton de 800 tonnes. À partir de 1963, le Pic du Midi diffuse en analogique d'abord des signaux VHF en 819 lignes puis les signaux UHF en 625 lignes[18].
À partir du 8 novembre 2011, l'antenne ne diffuse plus que la TNT, FM et DAB+. L'émetteur est également utilisé pour la téléphonie mobile[18].
Références
[modifier | modifier le code]- « Carte IGN classique » sur Géoportail.
- ↑ Simin Palay, Escole Gastoû Febus, Dictionnaire du gascon et du béarnais modernes, Paris, CNRS, , 3e éd. (1re éd. 1932-1934), 1053 p. (ISBN 2-222-01608-8).
- ↑ Johann von Charpentier, Essai sur la constitution géognostique des Pyrénées, Levrault, 1823 [lire en ligne].
- ↑ (en) Baptiste Lemirre, Bryan Cochelin, Stéphanie Duchêne, Michel de Saint Blanquat et Marc Poujol, « Origin and duration of late orogenic magmatism in the foreland of the Variscan belt (Lesponne — Chiroulet — Neouvielle area, French Pyrenees) », Lithos, (DOI 10.1016/j.lithos.2019.03.037, lire en ligne).
- ↑ « Pic du Midi », sur agmauran.pagesperso-orange.fr (consulté le )
- ↑ « Cent jours sans gel au pic du Midi: un nouveau record historique », sur lepoint.fr, Le Point magazine, (consulté le ).
- ↑ Claude-Casimir Gillet, Jean Henri Magne, Nouvelle flore française: descriptions succinctes et rangées par tableaux dichotomiques des plantes qui croissent spontanément en France et de celles qu'on y cultive en grand, Garnier Frères, 1863 [lire en ligne]
- ↑ Alexandre Bautier, Flores partielles de la France comparées, volumes 1 à 2, P. Asselin, 1868 [lire en ligne].
- ↑ « Nous pouvons affirmer que nos ancêtres préhistoriques ont chassé l'isard jusqu'à la cime du Pic du Midi », général de Nansouty in Bulletin de la Société Ramond, 1879, p.12
- ↑ François-Alexandre Aubert de La Chesnaye des Bois, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France, vol. 11, éditeur Vve Duchenne, 1776, Archive de Bibliotheque cant. et univ. Lausanne, lire en ligne.
- ↑ François Boissier de Sauvages, « Éloge de M. de Plantade », Assemblée publique de la société royale des sciences, tenue dans la grande salle de l'Hôtel de ville de Montpellier, le 21 novembre 1743, éditeur Jean Martel, 1743, lire en ligne.
- ↑ « Avalanche Pyrenées - Néouvielle, secteur Pic du Midi de Bigorre, Couloir Nord-Ouest », sur www.data-avalanche.org, (consulté le )
- ↑ Adolphe Laurent Joanne, Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la Méditerranée, Librairie de L. Hachette et Cie, 1858, 683 pages [lire en ligne].
- ↑ « Observatoire du pic du Midi », sur obs-mip.fr (consulté le )
- ↑ Pic du Midi, préparez votre nuit au sommet.
- ↑ Ciél étoilé - SDE65.
- ↑ Atténuer la pollution lumineuse, parc national des Pyrénées.
- D.D., « Pic du midi : un exploit technique », sur ladepeche.fr, (consulté le )
- ↑ Papillault Rémi et Aubaret Claire, Ministère de la culture, « Observatoire du Pic du Midi ; bâtiment interministériel du Pic du Midi », sur pop.culture.gouv.fr, (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Bases de données et dictionnaires
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- Site officiel
- Ressources relatives à la géographie :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :