Jura (département)

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Jura
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Jura (département)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Franche-Comté
Création du département
Chef-lieu
(Préfecture)
Lons-le-Saunier
Sous-préfectures Dole
Saint-Claude
Président du
conseil départemental
Clément Pernot ( Les Républicains)
Préfet Jacques Quastana
Code Insee 39
Code ISO 3166-2 FR-39
Code Eurostat NUTS-3 FR432
Démographie
Gentilé Jurassiens
Population 260 932 hab. (2012)
Densité 52 hab./km2
Géographie
Superficie 4 999 km2
Subdivisions
Arrondissements 3
Circonscriptions législatives 3
Cantons 17
Intercommunalités 25
Communes 544

Le département du Jura (prononcé [ ʒy.ʁa ]) est un département français dont le nom vient du massif du Jura. C'est un des quatre départements de la région de Franche-Comté, dont la préfecture est Lons-le-Saunier. Les habitants du Jura sont les Jurassiens. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 39.

Histoire et héraldique[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le territoire du département actuel du Jura a été habité dès le néolithique, de 4000 à 750 av. J.-C environ, en particulier par les civilisations palafittes des lacs de Chalain et de Clairvaux-les-Lacs[1]. Dans l’Antiquité, à partir du Ve siècle av. J.-C., le territoire est occupé par un peuple gaulois les Séquanes. Après la conquête de Jules César, la civilisation gallo-romaine se développe dans le Jura essentiellement au nord-ouest de la rivière d'Ain, entre Lons-le-Saunier et Salins-les-Bains (par exemple Grozon et Tourmont) d'une part et dans la plaine agricole de Dole. Le premier plateau apparaît peu occupé : on repère cependant le secteur de Champagnole (Saint-Germain-en-Montagne et Mont Rivel) et le secteur d'Orgelet-Chavéria non loin duquel existe du1er au IIIe siècle un centre de pèlerinage séquane important à Villards d'Héria. (près de Moirans-en-Montagne)[2].

Les invasions germaniques successives affaiblissent les peuplements gallo-romains et créent une longue période d'instabilité où divers royaumes alamans, burgondes puis francs tentent de s'établir. C'est à cette époque, aux IVe et Ve siècles, que le christianisme s’introduit dans le Jura avec saint Romain et saint Lupicin (1ère moitié du Ve) et plus tard saint Oyand, mort entre 512 et 514 ou saint Colomban qui participent à l’essor du monachisme dans la région. Naissent alors l'abbaye de Saint-Claude (monastère de Condat fondé par saint Oyand et vivifié par le pèlerinage lié à saint Claude), l’abbaye de Baume-les-Messieurs (à l’origine de Cluny) et au VIIe siècle l’ abbaye de Château-Chalon.

Après une nouvelle période troublée (expéditions guerrières des Vikings et des Sarrasins), Rodolphe Ier se fait élire à la fin du IXe siècle (en l’an 888) roi de la « Bourgogne jurane », qui sera rattachée à l’empire germanique : c’est la naissance de la Haute Bourgogne qui est érigée en comté héréditaire par Othon-Guillaume/Otte-Guillaume à l'extrême fin du Xe siècle en 995 : le Jura actuel est la partie sud de ce territoire qui deviendra la Franche-Comté (première mention tardive, en 1366).

Le Moyen-Age voit à partir du XIe siècle la création des fiefs des seigneurs jurassiens dominés par les Chalon, branche cadette des ducs de Bourgogne que Jean Ier de Chalon (1190-1267), surnommé l’Antique ou le Sage, sire de Salins met au premier plan. On édifie alors de nombreux châteaux-forts comme le Château de Mirebel ou de Nozeroy, et plus au sud, les châteaux de Présilly et d'Oliferne. Ces châteaux seront pour la plupart démolis au cours des guerres du XVIe-XVIIe siècles. Dans le même temps, aux XIe-XIIIe siècles, de nombreuses fondations religieuses sont établies par les Cisterciens, les Clunisiens ou les Chartreux. De taille diverse ces établissements monastiques participent à la mise en valeur du territoire jurassien, comme l'abbaye Notre-Dame d'Acey, située dans la vallée de l'Ognon au nord de Dole, l'abbaye de Balerne à proximité de Champagnole, ou la Chartreuse de Bonlieu, à côté des anciennes et puissantes abbaye de Baume-les-Messieurs abbaye de Château-Chalon ou abbaye de Saint-Claude. Cette dernière se transformera au XVIIIe siècle en conservant ses possessions et ses droits de mainmorte. La Révolution fermera ces monastères le plus souvent peu occupés et seulement source de rentes pour des abbés commendataires : ils seront vendus comme « biens nationaux » et pour une grande part démolis[3].

Le Jura suit pendant des siècles le destin de la Franche-Comté rattachée à l'Empire germanique puis au duché de Bourgogne de 1318 à 1493, la capitale de la province est alors Dole où s'installent un Parlement (1422) et une Université (1423). La province redevient terre d'Empire en 1477 ce qui provoque l'entrée des armées du roi de France Louis XI en 1479. Le traité de Senlis rétablit la paix en 1493 et la province prospère pendant un siècle sous les Habsbourg (maison d'Autriche et d'Espagne) et l'administration de Nicolas Perrenot de Granvelle puis de son fils le cardinal Granvelle.

Un siècle plus tard Henri IV déclare en1595 la guerre à l'Espagne et envahit la Franche-Comté puis se retire mais les tensions demeurent avec le royaume de France et débouchent avec Louis XIII et Richelieu sur la guerre de Dix Ans qui dévaste la région entre 1634 et 1644. En 1674 Louis XIV entreprend de nouveau, sans grande opposition cette fois, la conquête de la province qui devient définitivement française à la suite du Traité de Nimègue en 1678.

Au XVIIIe siècle, l’Église catholique réorganise son administration et crée en 1742 le petit diocèse de Saint-Claude qui sera redéfini après la Révolution en 1822 pour coïncider avec le département du Jura créé en 1790. C'est à cette époque révolutionnaire que Rouget de Lisle compose et écrit ce qui deviendra « la Marseillaise » et l'hymne national français.

L'histoire du département du Jura se fond dès lors dans l'histoire de la France avec par exemple les occupations étrangères en 1815 et 1871. En 1940 le département est de nouveau occupé et partagé par la Ligne de démarcation imposée par les Allemands. La libération n'interviendra qu'en septembre 1944 par les armées alliées débarquées en Provence et secondées par des mouvements de Résistance importants.

Des personnalités jurassiennes comme Louis Pasteur dans le domaine scientifique ou Jules Grévy président de la IIIe République naissante de 1879 à 1887 retiennent l'attention au XIXe siècle comme le jurassien d'adoption d'Edgar Faure homme politique de la IVe et de la Ve République.

Article détaillé : Histoire du département du Jura.

Blason[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
« Coupé, au premier d'azur semé de billettes d'or au lion couronné du même, armé et lampassé de gueules, issant de la partition et brochant sur le tout, au second recoupé émanché de gueules et d'argent. »

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte39JURA.PNG

Généralités[modifier | modifier le code]

Le département du Jura fait partie de la région Franche-Comté. Il est limitrophe des départements du Doubs, de la Haute-Saône, de la Côte-d'Or, de Saône-et-Loire et de l'Ain, ainsi que du canton de Vaud (Suisse).

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Climat du département du Jura.

Transports[modifier | modifier le code]

Le département du Jura dispose du réseau de bus JuraGo aussurant des liaisons scolaires et interurbaines. Les plus gros axes étant entre la préfecture, Lons-le-Saunier, et Saint-Claude, Dole et Morez.

Il y a également deux lignes de chemins de fers :

  • La ligne du Revermont, avec des liaisons Belfort - Besançon - Lons-le-Saunier - Bourg-en-Bresse - Lyon.
  • La ligne des Hirondelles.

Infrastructure[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie du département du Jura.

Artisanat[modifier | modifier le code]

L'artisanat est une composante essentielle du département puisque 4 700 entreprises, 16 000 actifs composent l'artisanat jurassien. Première entreprise du département, l'artisanat emploie plus de 1000 apprentis chaque année. Le CFA du Jura forme 752 apprentis dans les domaines du bâtiment, de la boulangerie, la pâtisserie, la boucherie, la charcuterie, la coiffure, la mécanique automobile, la vente, ...

Tourisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tourisme dans le Jura.

Le tourisme tient une place importante dans l'économie du département qui gère à travers des régies les domaines de Chalain et de Vouglans organisés autour des activités aquatiques comme la baignade, la voile ou la pêche sur ces deux grands plans d'eau (lac naturel pour le lac de Chalain et lac de retenue pour le lac de Vouglans). Le département compte trois sites inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco : les Salines de Salins-les-Bains et les deux sites palafittiques de Clairvaux et Chalain.

Le tourisme vert se développe aussi, comme les gîtes ruraux, dans presque toutes les communes où les sentiers de randonnée se multiplient ainsi que des activités sportives (VTT - spéléologie - équitation...).

Le tourisme d'hiver est également important au-dessus de 800 mètres avec le ski de fond (Foncine-le-Haut ...) ou ski de piste dans la station des Rousses.

En 2010, la médiane du revenu fiscal des ménages par unité de consommation du département s'élevait à 18 207 euros, cachant des disparités importantes de Montagna-le-Reconduit (13 254) à Prémanon (28 817). Comité Départemental du Tourisme du Jura - www.jura-tourism.com

Les résidences secondaires[modifier | modifier le code]

Selon le recensement général de la population du 1er janvier 2008, 10,8 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires.

Ce tableau indique les principales communes du Jura dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux. Ces communes se situent dans le secteur sud-est du département, le Haut-Jura, riche en sites touristiques et pistes de ski, non loin de la Suisse.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Vignoble du Jura[modifier | modifier le code]

Le département possède l’un des plus petits vignobles français par la surface avec 1 850 hectares, il est parmi les plus originaux par la personnalité typique et l'excellence de sa production viticole. Il est largement réputé pour ses vins blancs dont son cépage Savagnin, qui donne notamment le Vin jaune. On trouve également des vins singuliers comme les vins liquoreux que sont le Macvin ou le Vin de paille.

La Percée du vin jaune[4] est devenue le plus gros évènement du département. La Pressée du vin de paille a lieu depuis 2008. La culture du vin et du terroir y sont mêlés à une fête populaire.

Article détaillé : Vignoble du Jura.

Démographie[modifier | modifier le code]

Les habitants du Jura sont les Jurassiens.

Évolution démographique du département entre 1872 et 2005 (source:INSEE)

Réserves naturelles[modifier | modifier le code]

Le département du Jura possède quatre réserves naturelles :

Culture[modifier | modifier le code]

  • Estivales des Orgues du Jura. Ce festival, qui réunit des concerts vocaux et instrumentaux avec l'orgue, a lieu chaque année au mois d'août. Les concerts ont lieu dans les belles églises du Jura sur les orgues classées M.H. La programmation propose aux touristes et au public local de (re-)découvrir des artistes de renom. Renseignements sur le site ou à l'office de tourisme du Haut-Jura (Morez).
  • Festival de Bouche à Oreille. Organisé en Petite Montagne, ce festival se déroule tous les ans durant la deuxième quinzaine du mois de juillet et change de lieu chaque soir. C'est un festival pour la bouche : des soirées de découverte de la gastronomie locale et jurassienne, un buffet campagnard fourni par les producteurs locaux précède chaque concert ou spectacle. L'oreille ce sont des concerts : de chanson, de rock, de musique classique, d'accordéon, et musiques traditionnelles. Le bouche à oreille, ce sont des conteurs, des spectacles et des animations, alliant musique, gastronomie et convivialité.
  • Festival de musique du Haut-Jura. Au mois de juin, le Haut-Jura devient, à travers les hauts lieux d'un patrimoine architectural exceptionnel, un haut lieu de la musique ancienne et baroque dont le rayonnement et la connaissance sont servis par de brillants ensembles avec leurs meilleurs interprètes.
  • Le Festival Polizic à Poligny, propose le quatrième samedi de septembre une programmation grand public et ouverte à tous.

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conseil départemental du Jura.

Administration[modifier | modifier le code]

Quelques préfets du Jura :

  • Les Archives départementales du Jura sont situées à Montmorot ( impasse des archives B.p. 14 39570) aux anciennes salines de Montmorot, à la limite de la ville de Lons-le-Saunier. Elles recueillent, conservent, classent et communiquent au public les archives du département. Contrairement à la majorité des Archives Départementales de France, aucun document, en particulier ceux de l'état civil, n'est accessible en ligne, via internet.

Personnages célèbres[modifier | modifier le code]

Personnages historiques et hommes politiques[modifier | modifier le code]

Sportifs[modifier | modifier le code]

Artistes, hommes de lettres[modifier | modifier le code]

- Jean Duraffourg, peintre.

Scientifiques et industriels[modifier | modifier le code]

Quelques maisons typiques du Jura[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Habitation traditionnelle du Jura.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Chalain et Clairvaux (Jura) et les sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes [1]
  2. La civilisation gallo-romaine dans le Jura, Musée d'archéologie du Jura, p. 1 à 55
  3. Sur les chemins de la perfection : moines et chanoines dans le diocèse de Besançon vers 1060-1220, René Locatelli - 1992 [2]
  4. [3]
  5. Décret de la réserve naturelle.
  6. Sur le site de l'Inventaire National du Patrimoine National.
  7. Sur le site de l'Inventaire National du Patrimoine Naturel.
  8. Fiche, sur le site des Réserves Naturelles.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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