Louis-Philippe Ier

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Louis-Philippe Ier
Illustration.
Louis-Philippe Ier par Vernet, 1832.
Titre
Roi des Français

(17 ans, 6 mois et 15 jours)
Président du Conseil Lui-même
Jacques Laffitte
Casimir Perier
Duc de Dalmatie
Comte Gérard
Duc de Bassano
Duc de Trévise
Duc de Broglie
Adolphe Thiers
Comte Molé
Duc de Dalmatie
Adolphe Thiers
Duc de Dalmatie
François Guizot
Comte Molé
Adolphe Thiers
Prédécesseur Lui-même (lieutenant-général du royaume)
Charles X (roi de France)
Successeur Jacques Dupont de l’Eure (Gouvernement provisoire de 1848)
Président du Conseil des ministres français
(de facto)[N 1]

(3 mois et 2 jours)
Monarque Lui-même
Gouvernement Ministère provisoire du 1er août 1830
Gouvernement Louis-Philippe Ier
Prédécesseur Duc de Mortemart
Successeur Jacques Laffitte
Lieutenant-général du royaume de France

(9 jours)
Monarque aucun
Prédécesseur Comte d’Artois
Successeur aucun
Biographie
Dynastie Maison d’Orléans
Nom de naissance Louis-Philippe d’Orléans
Date de naissance
Lieu de naissance Palais-Royal, Paris
(Royaume de France Royaume de France)
Date de décès (à 76 ans)
Lieu de décès Claremont House, Surrey
(Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni)
Sépulture Chapelle royale de Dreux
Père Louis-Philippe d’Orléans
Mère Marie-Adélaïde de Bourbon
Conjoint Marie-Amélie de Bourbon-Siciles
Enfants Ferdinand-Philippe d'Orléans
Louise d'Orléans
Marie d'Orléans
Louis d'Orléans
Françoise d'Orléans
Clémentine d'Orléans
François d'Orléans
Charles d'Orléans
Henri d'Orléans
Antoine d'Orléans
Héritier Ferdinand-Philippe d'Orléans
(1830-1842)
Philippe d'Orléans
(1842-1848)
Religion Catholicisme
Résidence Palais-Royal
(1830-1831)

Palais des Tuileries
(1831-1848)

Claremont House
(1848-1850)

Signature de Louis-Philippe Ier

Louis-Philippe Ier
Monarques de France

Louis-Philippe Ier, né le à Paris en France et mort le à Claremont au Royaume-Uni, est le dernier roi français. Il règne de 1830 à 1848 sur la France, avec le titre de « roi des Français ». Bien moins traditionaliste que ses prédécesseurs, il incarna un tournant majeur dans la conception et l'image de la royauté en France.

Premier prince du sang sous la Restauration, le prince Louis-Philippe a, au cours de sa vie, porté successivement les titres de duc de Valois (1773-1785), duc de Chartres (1785-1790) et enfin celui de duc d’Orléans (1814-1830) avant d’accéder à la couronne en 1830, son cousin Charles X ayant été renversé par les « Trois Glorieuses », des 27, 28 et 29 juillet 1830.

Dix-huit ans à la tête d’un royaume en profondes mutations sociales, économiques et politiques, Louis-Philippe – par la monarchie de Juillet – a tenté de pacifier une Nation profondément divisée avec les armes de son époque : mise en place d’un régime parlementaire, accession de la bourgeoisie aux affaires manufacturières et financières, permettant un essor économique de première importance en France (révolution industrielle).

La branche cadette des Bourbons, la maison d’Orléans, accède alors au pouvoir. Louis-Philippe n’est pas sacré roi de France mais intronisé roi des Français. Son règne, commencé avec les barricades de la révolution de 1830, s’achève en 1848 par d’autres barricades, qui le chassent pour instaurer la Deuxième République. La monarchie de Juillet, qui a été celle d’un seul roi, marque en France la fin de la royauté. Elle fait suite à la monarchie dite « conservatrice » que constitue la Restauration entre 1814 et 1830. La monarchie de Juillet est dite « libérale », et le monarque doit renoncer à la monarchie absolue de droit divin (absolutisme). L’idéal du nouveau régime est défini par Louis-Philippe répondant à la fin de janvier 1831 à l’adresse que lui envoie la ville de Gaillac : « Nous chercherons à nous tenir dans un juste milieu, également éloigné des excès du pouvoir populaire et des abus du pouvoir royal »[1]. Cependant, la chute du régime qu’il a fait naître a pour principales causes d'une part la paupérisation des « classes laborieuses » (paysans et ouvriers) et d'autre part le manque de compréhension de la part des élites de la monarchie de Juillet pour les aspirations de l’ensemble de la société française.

Après une agitation, le roi remplace le ministre François Guizot par Adolphe Thiers qui propose la répression. Reçu avec hostilité par la troupe stationnée au Carrousel, devant le palais des Tuileries, le roi se résout à abdiquer en faveur de son petit-fils, Philippe d'Orléans (1838-1894), en confiant la régence à sa bru, Hélène de Mecklembourg-Schwerin, mais en vain. La Deuxième République est proclamée le 24 février devant la colonne de la Bastille.

Louis-Philippe, qui se voulait être le roi citoyen à l'écoute du pays réel, appelé au trône et lié au pays par un contrat dont il tirait sa légitimité, n'a pas su — ou voulu — comprendre que le peuple français désirait élargir le corps électoral, pour les plus frileux politiquement en baissant le cens, pour les plus progressistes en établissant le suffrage universel.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Naissance et éducation[modifier | modifier le code]

Portrait de Louis-Philippe d'Orléans, duc de Chartres, à l'âge de seize ans en 1789.

Louis-Philippe d'Orléans est né au Palais-Royal à Paris le 6 octobre 1773 et il est ondoyé le même jour par André Gautier, docteur en Sorbonne et aumônier du duc d'Orléans, en présence de Jean-Jacques Poupart, curé de l'église Saint-Eustache à Paris et confesseur du roi[2]. Petit-fils de Louis-Philippe d'Orléans, duc d'Orléans, il est le fils de Louis Philippe Joseph d'Orléans, duc de Chartres (1747-1793), (connu plus tard sous le nom de « Philippe Égalité ») et de Louise Marie Adélaïde de Bourbon, Mademoiselle de Penthièvre (1753-1821). Il est titré duc de Valois de sa naissance à la mort de son grand-père en 1785, puis, son père ayant relevé le titre de duc d'Orléans, duc de Chartres.

Le , Louis-Philippe d'Orléans, est baptisé le même jour que son frère Antoine d'Orléans, dans la chapelle royale du château de Versailles par l'évêque de Metz et grand aumônier de France Louis-Joseph de Montmorency-Laval en présence d'Aphrodise Jacob, curé de l'église Notre-Dame de Versailles : son parrain est le roi Louis XVI et sa marraine est la reine Marie-Antoinette[3].

Son éducation est dans un premier temps confiée à la marquise de Rochambeau, nommée gouvernante et à Madame Desroys, sous-gouvernante[4]. À l'âge de cinq ans, le jeune duc de Valois passe entre les mains du Chevalier de Bonnard nommé sous-gouverneur en décembre 1777[4]. À la suite des intrigues de la comtesse de Genlis, proche du duc et de la duchesse de Chartres, Bonnard est congédié au début de l'année 1782, alors que la comtesse de Genlis est nommée Gouvernante des enfants royaux. Cette dernière, adepte d’une pédagogie rousseauiste et moralisatrice, subjugue Louis-Philippe qui confie dans ses Mémoires[5] qu'en dépit de sa sévérité, il a été adolescent quasiment amoureux d’elle[6].

Le partisan de la Révolution[modifier | modifier le code]

Comme son père le duc d'Orléans, Louis-Philippe, devenu duc de Chartres en 1785, est un partisan de la Révolution française. Sous l'influence de sa gouvernante, Madame de Genlis, il entre au club des Jacobins et soutient notamment la formation de la Constitution civile du clergé[4].

Entamant une carrière militaire, le duc de Chartres prend le commandement le , du 14e régiment de dragons avec le grade de colonel. Il est promu maréchal de camp le , puis il participe à la tête de la 4e brigade en tant que lieutenant-général aux batailles de Valmy, Jemappes où il joue un rôle non négligeable en évitant la retraite du centre lors du premier assaut, et Neerwinden (son titre de lieutenant-général au service des armées républicaines lui vaut d'ailleurs son inscription sur l’arc de triomphe de l'Étoile)[7].

Le duc de Chartres à Valmy, 1792, Éloi Firmin Féron, 1848, Ministère des Armées (France). Le duc de Chartres (futur roi Louis-Philippe Ier) et son frère le duc de Montpensier rendant compte de la bataille de Valmy au maréchal de Rochambeau, près du moulin de Saint-Sauve le .

Il tente de persuader son père de ne pas participer au procès de Louis XVI. Philippe Égalité vote cependant la mort du roi. Portant le poids de la responsabilité du régicide de son père, il sera regardé avec hostilité par les émigrés royalistes[8].

Il rejoint la Belgique en à la suite de son chef, le général Dumouriez, après sa tentative de putsch contre la Convention.

Le proscrit[modifier | modifier le code]

Il est proscrit par le gouvernement révolutionnaire, accusé de collusion avec le « traître » Dumouriez. Pendant la Terreur, son père est jugé et exécuté le . Il passe en Suisse où il exerce le métier de professeur au collège de Reichenau dans les Grisons sous le nom de Chabaud-Latour mais sa fausse identité est démasquée, l'obligeant encore à émigrer. Les années suivantes, toujours sous un nom d'emprunt, il visite les pays scandinaves, part pour une expédition en Laponie qui le conduit jusqu'au cap Nord. « Premier Français à gagner le cap Nord, il en garde fierté et envoie en 1838, une frégate porter sur les lieux son buste[9] en bronze[10] ».

En 1796, le Directoire consent à la libération des deux jeunes frères de Louis-Philippe à la condition que celui-ci s'embarque aux États-Unis avec eux. Ils s'installent à Philadelphie, puis effectuent un périple « authentiquement aventureux[11] » de quatre mois au nord-est du pays. Entre le printemps 1798 et l'automne 1799, ils séjournent à La Havane avant d'en être chassés par le gouvernement espagnol, désireux de se rapprocher du Directoire. L’arrivée au pouvoir de Bonaparte ne met pas fin à son exil durant l’Empire, et Louis-Philippe et ses frères s'installent en Angleterre en janvier 1800[4].

Portrait de Louis-Philippe d'Orléans, alors colonel-général des Hussards, pendant la Restauration.

En 1809, Louis-Philippe met fin à de vagues projets de mariage avec la fille du roi Georges III, Élisabeth de Hanovre, qui rencontrent de nombreuses difficultés[12]. Il se réfugie en Sicile et épouse Amélie de Bourbon (1782-1866), princesse des Deux-Siciles et fille du roi Ferdinand Ier des Deux-Siciles (elle est la nièce de Marie-Antoinette, sœur de sa mère et donc cousine de Louis XVII et de Madame Royale). Le couple s'installe alors à Palerme, au palais d'Orléans, et ils ont dix enfants.

Par deux fois en 1808 et 1810, Louis-Philippe tente de prendre les armes en Espagne contre les armées napoléoniennes mais voit ses projets contrariés par le refus du gouvernement britannique[4].

Prince du sang (1814-1830)[modifier | modifier le code]

Après l’abdication de Napoléon Bonaparte en 1814, Louis-Philippe rentre vivre en France, où il reçoit le titre de duc d’Orléans que portait son père, et se voit restituer le Palais-Royal.

Sous la Restauration, les règnes de Louis XVIII et de Charles X, la popularité de Louis-Philippe grandit. Il incarne une opposition mesurée à la politique des ultras du royalisme et ne rejette pas l'intégralité de la Révolution française. Opposition qui s'illustre notamment par sa réprobation de la Terreur blanche et son exil volontaire en Angleterre entre 1815 et 1817[4].

Louis-Philippe prend garde à se conduire modestement et bourgeoisement, envoyant ses fils au lycée Henri-IV. Néanmoins, cette « comédie des manières simples » ne correspond qu’imparfaitement au caractère de Louis-Philippe, qui possède l'« orgueil de sa race » et est entiché de sa naissance[13]. Au lendemain de la mort de Louis XVIII, il obtient ainsi le rang d'altesse royale accordé par Charles X. De même, grâce au nouveau roi, il est le plus grand des indemnisés de la loi du milliard aux émigrés de 1825[8].

La Révolution de 1830 et l'ascension[modifier | modifier le code]

Les « Trois Glorieuses »[modifier | modifier le code]

Le combat devant l’Hôtel de ville le 28 juillet 1830. Jean-Victor Schnetz. Paris, musée du Petit Palais.

Après une longue période d’agitation ministérielle, parlementaire et journalistique, le roi Charles X tente par un coup de force constitutionnel de freiner les ardeurs des députés libéraux par ses ordonnances de Saint-Cloud du . En réponse, des Parisiens se soulèvent, dressent des barricades dans les rues, et affrontent les forces armées, commandées par le maréchal Marmont, au cours de combats qui font environ 200 morts chez les soldats et près de 800 chez les insurgés[14],[N 2]. L'émeute se transforme rapidement en insurrection révolutionnaire.

Pendant la nuit du 28 au 29 juillet, de nouvelles barricades ont été élevées. Le jeudi 29, à l’aube, Marmont a dû se concentrer sur une bande qui va du Louvre à l’Étoile en passant par les Tuileries et les Champs-Élysées.

Pendant ce temps le nombre des combattants parisiens augmentait sans cesse. Les gardes nationaux et les citoyens qui avaient des armes se réunirent le plus régulièrement possible afin d'organiser la défense et l'attaque. Les élèves de l’École polytechnique se réunirent en uniforme sur la place de l'Odéon, et partirent de là pour attaquer la caserne Babylone, enlever un convoi de munitions que l'on envoyait à la Garde pour ensuite se répandre dans Paris en combattant comme ils l'entendaient, chacun de son côté. Le gouverneur des Invalides fit prévenir le duc de Raguse que toute la population du Gros-Caillou était en armes et se portait sur l'École Militaire, d'où elle pouvait couper les communications des troupes royales avec Saint-Cloud par le pont d'Iéna.

Dans la matinée, le 5e et le 53e régiments de ligne, qui tiennent la place Vendôme, passent aux insurgés[N 3]. Le 50e de ligne se trouvait alors dans les rues de Castiglione et de Rivoli fut pressé d'imiter l'exemple. Le colonel Maussion, qui le commandait, se porta auprès de 2 pièces de canon qu'il avait fait mettre en batterie à l'entrée de la rue Castiglione et menaça de faire feu si l'on s'avançait, et parvint à contenir la foule. Le 15e léger et le 50e de ligne furent envoyés au Champs-Élysées afin de les isoler du peuple.

Le roi Charles X.

Sur les onze heures, une colonne nombreuse d'insurgés s'avançait par la rue de Richelieu. Elle s'arrêta à la hauteur du passage Saint-Guillaume, et de là fit un feu assez vif sur tout ce qui se trouvait devant elle. Les défections entraînent l’effondrement du dispositif militaire : pour colmater la brèche, Marmont doit dégarnir le Louvre et les Tuileries. Les Parisiens rassemblés sur la place Saint-Germain-l'Auxerrois ne voyant plus personne occuper la colonnade, et apprenant que les Suisses avaient quitté le Louvre, s'en étaient fait ouvrir les portes. Les Suisses, après avoir riposté par un feu de bataillon, s'étaient portés en désordre sur le Carrousel alors qu'une partie des Parisiens débouchait à leur suite, tandis que l'autre gagnait les Tuileries. Les troupes royales se replient alors jusqu'à la place Louis XV et continuant leur repli, elles tombent sur une barricade avenue de Marigny avant d'apprendre qu'une forte colonne, composée des habitants de Neuilly, Courbevoie, et villages circonvoisins, se dirigeait sur le bois de Boulogne afin d'en occuper les portes, et de couper sa communication avec Saint-Cloud. Le général Saint-Chamans, qui était à la barrière de l'Étoile, se dirigea sur ce rassemblement, qui se dissipa après quelques coups de canon. Pendant ce temps le 15e léger, le 50e de ligne et le 1er régiment de la Garde furent dirigés sur Saint-Cloud par le quai de Chaillot tandis que le reste des troupes royales refluaient en désordre à travers les Champs-Élysées jusqu’à la barrière de l'Étoile ou elles prirent position et occupèrent une partie du faubourg du Roule. Dans la soirée, l’insurrection est maîtresse de Paris et les débris de l’armée royale ont pris position du pont de Neuilly au pont de Sèvres afin de protéger Saint-Cloud ou était située la résidence royale.

Abdication de Charles X et hésitation[modifier | modifier le code]

Le troisième et dernier jour de l’insurrection, le , Charles X cède aux insurgés : il renvoie le ministre Polignac, et nomme Casimir Louis Victurnien de Rochechouart de Mortemart, un modéré, comme chef du gouvernement. Mais lorsque celui-ci arrive face aux révolutionnaires, le 30, il est déjà trop tard : Charles X est déjà déchu, et la commission municipale, devenue gouvernement provisoire annonce déjà que « Charles X a cessé de régner sur la France ».

Le 2 août, Charles X, retiré à Rambouillet, abdique, et convainc son fils - le dauphin - de contresigner cette abdication. Il confie à son cousin le duc d’Orléans la tâche d’annoncer que son abdication se fait donc au profit de son petit-fils le duc de Bordeaux (futur « comte de Chambord »), faisant du duc d’Orléans le régent (cf. « Abdication de Charles X »).

Rien n’ayant été prévu, commence alors une course entre différentes idées de successeur. Certains hurlent le nom de Napoléon, d’autres avancent aux cris de la République, dont La Fayette serait l’espoir, mais ces deux solutions font peur. Aussi, bien que les Bourbons semblent définitivement ne plus avoir d’avenir, d’autres, tel que Thiers, sont partisans d’une alternative royaliste orléaniste, en faveur du duc d’Orléans, assez populaire, et la France hésite.

Thiers, comme beaucoup de députés, ne croit pas que l’instauration d’un régime républicain stable soit possible : il va tout faire alors, avec d’autres tels que Mignet, pour doubler les républicains sur la ligne, en faveur de la cause orléaniste. Reste à convaincre ledit prince. Thiers y parvient, sans grande difficulté[15], par l’intermédiaire de la sœur du duc d’Orléans, Madame Adélaïde. Les députés nomment alors le duc d’Orléans Lieutenant-général du royaume, titre qu’il accepte le 31 juillet.

Lieutenance-générale[modifier | modifier le code]

Lecture à l'hôtel de ville de Paris de la déclaration des députés et de la proclamation du duc d'Orléans, lieutenant général du royaume (), François Gérard (1770–1837), 1836, Musée de l'Histoire de France (Versailles).

Le 31 juillet 1830, les députés libéraux présents dans la capitale sont parvenus, avec la complicité de La Fayette, à dompter l'insurrection républicaine qui avait chassé Charles X et s'était rendue maîtresse de la capitale, en proclamant Louis-Philippe d'Orléans lieutenant général du royaume.

En France, le titre de lieutenant général du royaume a été attribué, à de rares périodes de l'histoire, à des princes qui ont exercé l'autorité royale en cas d'absence ou d'empêchement du roi légitime. Ainsi, lors de la Première Restauration en 1814, le comte d'Artois, qui avait précédé Louis XVIII à Paris, avait-il pris le titre de lieutenant général du royaume. Au sortir des journées de juillet, la formule est choisie car elle n'insulte pas l'avenir. En évitant de dire de qui Louis-Philippe tient ses pouvoirs – de Charles X ? de la Chambre des députés ? – on évite aussi d'entrer trop vite dans des querelles d'ordre constitutionnel pour s'accorder sur ce qui, à cet instant, apparaît comme le plus grand dénominateur commun entre factions rivales et aspirations contradictoires : la personne de Louis-Philippe.

Le jour même, Louis-Philippe a envoyé au Havre le capitaine de vaisseau Dumont d'Urville avec l'ordre d'affréter les deux plus grands paquebots américains qu'il pourrait trouver et de les conduire à Cherbourg[16]. Le préfet maritime de Cherbourg est destinataire d'une dépêche secrète qui lui indique la destination des paquebots et lui recommande que « S.M. le roi Charles X et sa famille soient environnés des marques du plus grand respect tant à Cherbourg qu'à bord des bâtiments ». Enfin, Louis-Philippe a désigné les commissaires chargés d'accompagner le roi sur le chemin de l'exil : Odilon Barrot, le maréchal Maison, Auguste de Schonen et le duc de Coigny[17].

Avènement d'un nouveau régime[modifier | modifier le code]

Rentré à Rambouillet, le général de Girardin rapporte à Charles X la réponse de Louis-Philippe. Sur le conseil de Marmont, le roi va tenter une dernière manœuvre en abdiquant au profit de son petit-fils pour essayer de sauver la dynastie.

Mais le lieutenant-général refuse d'introniser le jeune duc de Bordeaux, et ainsi enterre le règne virtuel d'« Henri V »[18]. Par la suite, Louis-Philippe a invoqué trois raisons différentes pour avoir refusé de reconnaître la double abdication de Charles X et de son fils :

  • les révolutionnaires ne voulaient plus des Bourbons et il était impossible de prétendre leur en imposer un, quel qu'il soit (« Je me serais fait chasser avec eux ») : de fait, Louis-Philippe, élevé au trône « quoique Bourbon », aura eu du mal à échapper lui-même à ce rejet[19] ;
  • le jeune duc de Bordeaux aurait été sous l'influence de sa famille, en particulier sa mère, la fantasque duchesse de Berry ;
  • enfin, la santé délicate du duc de Bordeaux (« À la moindre colique, on m'aurait accusé de l'avoir empoisonné »).

Le 3 août, le lieutenant général accorde, sur sa cassette personnelle, une pension de 1 500 francs à l'auteur de La Marseillaise, Rouget de Lisle. Il promeut au grade de sous-lieutenant tous les élèves de l'École polytechnique qui se sont battus durant les Trois Glorieuses et décerne des décorations aux étudiants des facultés de droit et de médecine qui s'y sont distingués. De manière plus contestable, il nomme le baron Pasquier, qui a servi tous les régimes précédents, à la présidence de la Chambre des pairs, accorde au duc de Chartres le droit de siéger à la Chambre des pairs[20] et au duc de Nemours la grand-croix de la Légion d'honneur. Le 6 août, il décide que le coq gaulois ornera la hampe des drapeaux de la garde nationale[21].

Au Palais du Luxembourg, les pairs ne peuvent que constater leur absence de prise sur le cours des événements. Chateaubriand fait un magnifique discours dans lequel il se prononce en faveur de Henri V et contre le duc d'Orléans[22]. Par 89 voix sur 114 présents (sur les 308 pairs ayant voix délibérative), la Chambre haute adopte la déclaration des députés avec un léger changement concernant les nominations de pairs faites par Charles X, pour lesquelles elle s'en remet à la haute prudence du prince lieutenant général.

Roi des Français[modifier | modifier le code]

Article connexe : Monarchie de Juillet.

Intronisation[modifier | modifier le code]

Les modalités de la cérémonie d'intronisation du nouveau roi sont arrêtées le dimanche 8 août :

  • Louis-Philippe voudrait régner sous le nom de Philippe VII. Cette position est défendue avec ardeur par la duchesse d'Orléans et soutenue par les doctrinaires, partisans de la continuité entre la Restauration et la monarchie de Juillet (V. supra). Mais elle est rejetée par les révolutionnaires modérés et, a fortiori, par les républicains. Ceux-ci obtiennent gain de cause, grâce à l'appui de La Fayette : le nouveau roi portera donc le nom de Louis-Philippe Ier.
  • Les expressions « Par la grâce de Dieu... » et « L'an de grâce... », quoique défendues par le duc de Broglie, sont écartées comme trop réminiscentes de l'Ancien Régime et mal accordées au nouveau dogme de la souveraineté nationale, source de la légitimité de la nouvelle monarchie ; il en va de même du terme de « sujets », remplacé par celui de « concitoyens »[23].
  • Pour les armoiries, la gauche voudrait que Louis-Philippe renonce aux fleurs de lys des armes de France. Mais le roi refuse catégoriquement. Il ne prend pas les pleines armes de France que portait Charles X, mais conserve celles de la maison d'Orléans, de France au lambel d'argent, qui figureront désormais sur le sceau officiel de l'État[24].
Louis-Philippe prêtant serment devant les Chambres, le 9 août 1830 d'Ary Scheffer, musée Carnavalet.

La cérémonie de proclamation officielle de la monarchie de Juillet se déroule le au Palais Bourbon, dans la salle provisoire des délibérations de la Chambre des députés[25], pavoisée de drapeaux tricolores. Trois tabourets ont été placés devant le trône, à côté duquel sont disposés, sur des coussins, les quatre symboles de la royauté : la couronne, le sceptre, le glaive et la main de justice. Dans l'hémicycle, on a installé à droite les quelque quatre-vingt-dix pairs présents, en costume de ville, à la place des députés légitimistes qui boudent la cérémonie, tandis que le centre et la gauche sont occupés par les députés. Aucun des diplomates accrédités à Paris ne paraît dans les tribunes réservées au corps diplomatique.

À deux heures de l'après-midi, Louis-Philippe, escorté de ses deux fils aînés, le duc de Chartres et le duc de Nemours, paraît sous les acclamations. Tous trois sont en uniforme, sans autre décoration que le grand cordon de la Légion d'honneur. Le duc d'Orléans salue l'assemblée et prend place sur le tabouret central, devant le trône, ayant ses fils de part et d'autre puis, ayant fait asseoir, il se couvre, conformément aux anciens usages monarchiques. Le président de la Chambre des députés, Casimir Perier, donne lecture de la déclaration du 7 août, après quoi le président de la Chambre des pairs, le baron Pasquier, apporte l'acte d'adhésion de la chambre haute. Louis-Philippe déclare alors accepter sans restriction ni réserve « les clauses et engagements [de ces deux actes] [...] et le titre de roi des Français » et qu'il est prêt à jurer de les observer. Le garde des sceaux, Dupont de l'Eure, lui présente la formule de serment, inspirée de celle de 1791, que Louis-Philippe, se découvrant et levant la main droite, prononce d'une voix forte :

« En présence de Dieu[26], je jure d'observer fidèlement la Charte constitutionnelle, avec les modifications exprimées dans la déclaration ; de ne gouverner que par les lois ; de faire rendre bonne et exacte justice à chacun selon son droit, et d'agir en toutes choses dans la seule vue de l'intérêt, du bonheur et de la gloire du peuple français. »

L'assemblée acclame alors le nouveau roi tandis que trois maréchaux et un général d'Empire viennent lui présenter les attributs de la royauté : la couronne pour Macdonald, le sceptre pour Oudinot, le glaive pour Mortier et la main de justice pour Molitor. Montant sur le trône, Louis-Philippe s'y assoit et prononce un bref discours avant de rentrer au Palais-Royal en compagnie de ses fils, sans escorte et en distribuant force poignées de main sur le chemin.

Suscitant l'enthousiasme des partisans du nouveau régime[27], la cérémonie est l'objet des sarcasmes de ses adversaires[28]. Elle marque le point de départ officiel de la monarchie de Juillet : en une dizaine de jours, l'insurrection populaire a donc été confisquée au profit du duc d'Orléans par Thiers, Laffitte et leurs amis, avec la bénédiction de La Fayette. Le nouveau régime, fruit d'un compromis bâtard, mécontente aussi bien les républicains, qui lui reprochent son absence de ratification populaire, que les légitimistes, qui n'y voient qu'une usurpation. Mais, au fond, la monarchie de Juillet n'est pas si mal accordée à l'état de l'opinion. Le peuple qui s'est révolté contre les Bourbons ne l'a pas fait pour établir la république, et la petite poignée d'activistes qui a attisé l'incendie le sait bien ; il s'est soulevé aiguillonné avant tout, comme l'a bien vu Thiers, par la haine du « parti prêtre », que Charles X et Polignac avaient paru installer au pouvoir. Quant à la bourgeoisie des villes et aux anciennes notabilités de l'Empire, ils ont cherché, à la faveur du mouvement, à prendre leur part d'un pouvoir qu'ils jugeaient de plus en plus confisqué, sous la Restauration, au profit d'une aristocratie réduite à sa fraction ultra. De ce double point de vue, la monarchie de Juillet, qui s'affiche résolument laïque et va faire la part belle à la bourgeoisie, répond aux aspirations du pays.

L’installation du nouveau régime[modifier | modifier le code]

Sous les ricanements des légitimistes[29], le « roi-citoyen » distribue force poignées de main à la foule ; devant le Palais-Royal, ce sont en permanence des attroupements qui réclament à tout bout de champ Louis-Philippe pour lui faire chanter La Marseillaise ou La Parisienne. Mais, comme l'a bien compris le chansonnier Béranger[30], le roi joue un rôle de composition et ne tarde pas à jeter le masque.

Louis-Philippe Ier, roi des Français (le roi est représenté à l'entrée de la galerie des Batailles qu'il a fait aménager au château de Versailles).

Les révolutionnaires se retrouvent au sein de clubs populaires, se réclamant des clubs de la révolution de 1789, dont plusieurs prolongent des sociétés secrètes républicaines[31]. On y réclame des réformes politiques ou sociales, et l'on y demande la condamnation à mort des quatre ministres de Charles X qui ont été arrêtés alors qu'ils cherchaient à quitter la France (voir l'article Procès des ministres de Charles X). Les grèves, les manifestations se multiplient et aggravent le marasme économique.

Pour relancer l'activité, le gouvernement fait voter, à l'automne 1830, un crédit de 5 millions pour financer des travaux publics, prioritairement des routes[32]. Puis, face à la multiplication des faillites et à la montée du chômage, surtout à Paris, le gouvernement propose d'accorder une garantie de l'État aux prêts aux entreprises en difficulté dans une enveloppe de 60 millions ; en définitive, la Chambre vote au début octobre un crédit de 30 millions destiné à des subventions[33].

Le 27 août, la monarchie de Juillet doit affronter son premier scandale avec la mort du dernier prince de Condé, retrouvé pendu à l'espagnolette de la fenêtre de sa chambre au château de Saint-Leu. Louis-Philippe et la reine Marie-Amélie sont accusés sans preuve par les légitimistes de l'avoir fait assassiner pour permettre à leur fils, le duc d'Aumale, institué son légataire universel, de mettre la main sur son immense fortune[34].

Les partisans de « Henri V », qui contestent la légitimité de l'accession au trône de Louis-Philippe, font partie des légitimistes qu'on désigne comme les henriquinquistes. En effet, les « vrais » légitimistes considèrent que Charles X est toujours roi et que son abdication est nulle, Louis-Philippe étant considéré comme un usurpateur. Sa légitimité est non seulement remise en cause par le comte de Chambord, mais aussi par les Républicains. Louis-Philippe gouverne donc au centre regroupant la tendance royaliste (orléaniste) et libérale[35].

Le 29 août, Louis-Philippe passe en revue la Garde nationale de Paris qui l'acclame. « Cela vaut mieux pour moi que le sacre de Reims ! », s'écrie-t-il en embrassant La Fayette. Le 11 octobre, le nouveau régime décide que des récompenses seront accordées à tous les blessés des « Trois Glorieuses » et crée une médaille commémorative pour les combattants de la révolution de Juillet. En octobre, le gouvernement présente un projet de loi destiné à indemniser à concurrence de 7 millions les victimes des journées de Juillet[36].

Le 13 août, le roi a décidé que les armes de la maison d'Orléans (de France au lambel d'argent) orneront désormais le sceau de l'État. Les ministres perdent les appellations de Monseigneur et la qualification d’Excellence pour devenir Monsieur le ministre. Le fils aîné du roi est titré duc d'Orléans et prince royal ; les filles et la sœur du roi sont princesses d'Orléans[37].

Sont adoptées et promulguées des lois revenant sur des mesures impopulaires prises sous la Restauration. La loi d'amnistie de 1816, qui avait condamné à la proscription les anciens régicides, est abrogée, à l'exception de son article 4, qui condamne au bannissement les membres de la famille Bonaparte. L'église Sainte-Geneviève est de nouveau retirée au culte catholique le 15 août et retrouve, sous le nom de Panthéon, sa vocation de temple laïc dédié aux gloires de la France. Une série de restrictions budgétaires frappent l’Église catholique[38], cependant qu'est abrogée, le 11 octobre, la « loi du sacrilège » de 1825, qui punissait de mort les profanateurs d'hosties consacrées[39].

Le ministère Laffitte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gouvernement de Jacques Laffitte.

« Si le chef doit être M. Laffitte, confie Louis-Philippe au duc de Broglie, j'y consens pourvu qu'il soit lui-même chargé de choisir ses collègues, et je préviens d'avance que, ne partageant pas son opinion, je ne saurais lui promettre de lui prêter secours »[40]. On ne saurait être plus clair ; pourtant, la formation du cabinet donne lieu à de longues tractations et Laffitte, trompé par les marques d'amitié que lui prodigue le roi, croit que ce dernier lui accorde une véritable confiance.

Le procès des ex-ministres de Charles X se déroule du 15 au 21 décembre devant la Chambre des pairs, cernée par l'émeute qui réclame leur mort. Condamnés à la détention perpétuelle, assortie de la mort civile pour Polignac, les ministres échappent au lynchage grâce à la présence d'esprit du ministre de l'Intérieur, Montalivet, qui parvient à les mettre en sécurité au fort de Vincennes. La Garde nationale maintient le calme dans Paris, affirmant son rôle essentiel de milice bourgeoise du nouveau régime.

Les émeutes qui ont lieu à Paris les 14 et vont provoquer la chute du ministère. Elles trouvent leur origine dans la célébration, le 14, d'un service funèbre organisé à Saint-Germain-l'Auxerrois par les légitimistes en mémoire du duc de Berry. La cérémonie religieuse prend en réalité un tour nettement plus politique, celui d'une manifestation en faveur du « comte de Chambord ». Les révolutionnaires y voient une provocation intolérable, envahissent l'église et la mettent à sac. Le lendemain, la foule saccage une nouvelle fois l'archevêché, déjà dévasté lors des « Trois Glorieuses », avant de piller plusieurs églises. Le mouvement s'étend à la province où des séminaires et des palais épiscopaux sont pillés dans plusieurs villes.

20 francs or Louis-Philippe,1847.

Le gouvernement s'abstient de réagir énergiquement. Le préfet de la Seine, Odilon Barrot, le préfet de police, Jean-Jacques Baude, le commandant de la Garde nationale de Paris, le général Mouton, restent passifs[41]. Et quand le gouvernement prend enfin des mesures, c'est pour faire arrêter l'archevêque de Paris, Mgr de Quélen, le curé de Saint-Germain-l'Auxerrois, et d'autres prêtres accusés, avec quelques notables royalistes, de s'être livrés à des provocations[réf. nécessaire].

Pour calmer les esprits, Laffitte, appuyé par le prince royal, propose au roi une étrange parade : supprimer les fleurs de lys sur le sceau de l'État. Louis-Philippe tente de se dérober, mais il finit par signer l'ordonnance du qui substitue aux armes de la maison d'Orléans un écu portant un livre ouvert avec les mots Charte de 1830. Il faut ensuite faire gratter les fleurs de lys sur les carrosses du roi, sur les bâtiments officiels, etc. Louis-Philippe s'est fait violence, mais pour Laffitte, c'est une victoire à la Pyrrhus : de ce jour, le roi est résolu à se débarrasser de lui sans plus attendre.

Le ministère Casimir Perier[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gouvernement Casimir Perier.

Le , Laffitte est donc remplacé par la principale figure du parti de la résistance, Casimir Perier. La formation du nouveau ministère a donné lieu à de délicates tractations avec Louis-Philippe, peu soucieux d'affaiblir son pouvoir et qui se méfie de Perier. Mais Perier a fini par imposer ses conditions, qui tournent autour de la prééminence du président du Conseil sur les autres ministres et la possibilité pour lui de réunir, en l'absence du roi, des conseils de cabinet[42]. Perier a en outre exigé que le prince royal, qui professe des idées libérales avancées, cesse de participer au Conseil des ministres. Pour autant, Perier ne veut pas l'abaissement de la couronne, dont il souhaite au contraire rehausser le prestige, contraignant par exemple Louis-Philippe à quitter sa demeure familiale, le Palais-Royal, pour s'installer dans le palais des rois, les Tuileries ().

Le , Perier prend la parole devant la Chambre des députés pour présenter une sorte de déclaration de politique générale : « Il importe, dit-il, que le cabinet nouvellement constitué vous fasse connaître les principes qui ont présidé à sa formation, et qui dirigent sa conduite. Il faut que vous votiez en connaissance de cause, et que vous sachiez à quel système de politique vous prêtez appui »[43]. Les principes qui ont présidé à la formation du gouvernement sont ceux de la solidarité ministérielle et de l'autorité du gouvernement sur l'administration. Les principes que le gouvernement entend mettre en œuvre sont, sur le plan intérieur, « les principes mêmes de notre révolution » : « le principe de la révolution de Juillet […] ce n'est pas l'insurrection, […] c'est la résistance[44] à l'agression du pouvoir »[43], et, sur le plan extérieur, « une attitude pacifique et le respect du principe de non-intervention »[43].Dans la deuxième quinzaine de mai 1831[45], Louis-Philippe, accompagné du maréchal Soult, effectue un voyage officiel en Normandie et en Picardie, où il est chaleureusement accueilli. Du 6 juin au 1er juillet, avec ses deux fils aînés, le prince royal et le duc de Nemours, ainsi que le comte d'Argout, il effectue une tournée dans l'Est de la France, où les républicains et les bonapartistes sont nombreux et actifs. Le roi s'arrête successivement à Meaux, Château-Thierry, Châlons, Valmy, Verdun, Metz[46], Nancy[47], Lunéville, Strasbourg, Colmar, Mulhouse, Besançon et Troyes. Le voyage est un succès et donne à Louis-Philippe l'occasion d'affirmer son autorité[48].

La révolte des canuts à Lyon.

Le , à Saint-Cloud, Louis-Philippe a signé une ordonnance qui dissout la Chambre des députés, fixe la date des élections au 5 juillet et convoque les chambres pour le 9 août. Le 23 juin, à Colmar, une nouvelle ordonnance a avancé cette date au 23 juillet[49].

Les élections générales ont lieu sans incident, selon la nouvelle loi électorale du . Le résultat déçoit Louis-Philippe et Casimir Perier : près de la moitié des députés sont de nouveaux élus, dont on ignore comment ils voteront. Le 23 juillet, le roi ouvre la session parlementaire ; le discours du trône développe le programme du gouvernement Casimir Perier : stricte application de la Charte au dedans, stricte défense des intérêts et de l'indépendance de la France au dehors. Les deux chambres tiennent leur première séance le 25 juillet[50]. Le 1er août, Girod de l'Ain, candidat du gouvernement, est porté à la présidence de la Chambre des députés contre Laffitte[51], mais Casimir Perier, estimant n'avoir pas obtenu une majorité suffisamment nette, présente aussitôt sa démission.

Louis-Philippe, très embarrassé, sonde Odilon Barrot, qui se dérobe en faisant observer qu'il ne dispose que d'une centaine de voix à la Chambre. Les 2 et 3 août, lors de l'élection des questeurs et secrétaires, la Chambre élit en revanche des candidats ministériels comme André Dupin et Benjamin Delessert[52]. En définitive, l'invasion de la Belgique par le roi des Pays-Bas, le 2 août, contraint Casimir Perier à reprendre sa démission pour répondre à la demande des Belges d'une intervention militaire française[53].

« Illustres épées » et « talents supérieurs »[modifier | modifier le code]

En octobre 1832, Louis-Philippe appelle à la présidence du Conseil un homme de confiance, le maréchal Soult, première incarnation de la figure politique dite de l'« illustre épée », que la monarchie de Juillet reproduira à l'envi. Soult peut s'appuyer sur un triumvirat constitué des trois principales figures politiques du moment : Adolphe Thiers, le duc de Broglie et François Guizot, ce que le Journal des débats appelle « la coalition de tous les talents » et que le roi des Français finira par appeler avec rancœur un « Casimir Perier en trois personnes »[54].

Dans une circulaire adressée aux hauts fonctionnaires civils et militaires ainsi qu'aux hauts magistrats, le nouveau président du Conseil résume sa ligne de conduite en quelques mots : « Le système politique adopté par mon illustre prédécesseur sera le mien. […] L'ordre au-dedans et la paix au-dehors seront les gages les plus sûrs de sa durée »[55].

Le remaniement ministériel du coïncide avec le retour d'une situation quasi-insurrectionnelle dans plusieurs villes du pays. Déjà, à la fin du mois de février, la promulgation d'une loi soumettant à autorisation l'activité des crieurs publics a suscité, pendant plusieurs jours, des escarmouches avec la police parisienne.

Par la loi du , le gouvernement a décidé de durcir la répression des associations non autorisées, afin de contrer la principale des associations républicaines, la Société des droits de l'homme. Le jour du vote définitif de ce texte par la Chambre des pairs, le 9 avril, éclate la seconde insurrection des canuts lyonnais. Adolphe Thiers, ministre de l'Intérieur, abandonne la ville aux insurgés et la reprend le 13 avril, faisant 100 à 200 morts de part et d'autre.

Les républicains cherchent à étendre l'insurrection à d'autres villes de province, mais leur mouvement fait long feu à Marseille, Vienne, Poitiers et Châlons. Les troubles sont plus sérieux à Grenoble et surtout à Saint-Étienne le 11 avril, mais partout, l'ordre est rapidement rétabli. C'est en définitive à Paris que l'agitation prend le plus d'ampleur.

Thiers, qui a prévu des troubles dans la capitale, y a concentré 40 000 hommes, que le roi passe en revue le 10 avril. À titre préventif, il a fait arrêter 150 des principaux meneurs de la Société des droits de l'homme, et interdire son organe, le virulent quotidien La Tribune des départements. Malgré tout, dans la soirée du 13, des barricades commencent à se dresser. Avec le général Bugeaud, qui commande les troupes, Thiers dirige personnellement les opérations de maintien de l'ordre. La répression est féroce. La troupe, ayant essuyé des coups de feu tirés du no 12 de la rue Transnonain[56], le chef de détachement fait enlever la maison d'assaut ; tous les occupants — hommes, femmes, enfants, vieillards — sont massacrés à la baïonnette, ce qu'immortalise une célèbre lithographie d'Honoré Daumier.

Le premier ministère Thiers (février - septembre 1836)[modifier | modifier le code]

Le roi va profiter de la crise ministérielle pour se débarrasser des doctrinaires, c'est-à-dire non seulement le duc de Broglie, mais également Guizot, replâtrer le ministère avec quelques créatures du Tiers Parti pour donner à celui-ci l'illusion d'une inflexion à gauche, et mettre à sa tête Adolphe Thiers dans le dessein de le détacher définitivement des doctrinaires[57] et de l'user jusqu'à ce que sonne l'heure du comte Molé, que le roi a résolu depuis longtemps d'appeler à la présidence du Conseil. Entortillé dans des tractations alambiquées, ce plan est mis en œuvre comme Louis-Philippe l'entend : le nouveau ministère est constitué le .

Article détaillé : Gouvernement Adolphe Thiers (1).

Le jour même, Thiers s'exprime devant la Chambre des députés : il justifie la politique de résistance menée jusqu'alors[58], mais il reste fort vague sur son programme, se bornant à promettre « des jours meilleurs » et à récuser les « systèmes ».

À la Chambre, qui ajourne aisément, le 22 mars, la proposition de conversion des rentes — preuve, s'il en était besoin, que le sujet n'avait été qu'un prétexte — le débat sur les fonds secrets, marqué par un discours remarqué de Guizot et une réponse fuyante du garde des sceaux, Sauzet, est conclu par un vote largement favorable au gouvernement[59].

Portrait du duc d'Orléans, par Dominique Ingres, 1842.

Si Thiers a accepté la présidence du Conseil et pris le portefeuille des Affaires étrangères, c'est parce qu'il espère pouvoir négocier le mariage du duc d'Orléans avec une archiduchesse d'Autriche : depuis l'attentat de Fieschi, le mariage de l'héritier du trône, qui vient d'avoir vingt-cinq ans, est l'obsession de Louis-Philippe, et Thiers se verrait bien, tel un nouveau Choiseul, en artisan d'un spectaculaire renversement d'alliances en Europe. Mais la tentative se solde par un échec : Metternich et l'archiduchesse Sophie, qui domine la cour de Vienne, rejettent une alliance avec la famille d'Orléans, qu'ils estiment bien peu assurée sur son trône.

L'attentat d'Alibaud contre Louis-Philippe, le 25 juin, vient d'ailleurs justifier leurs craintes. À l'échec sur le plan international vient ainsi s'ajouter pour Thiers, un échec sur le plan intérieur, avec la résurgence de la menace républicaine, à telle enseigne que l'inauguration de l'arc de triomphe de l'Étoile, le 29 juillet, qui aurait dû être l'occasion d'une grande cérémonie de concorde nationale, au cours de laquelle la monarchie de Juillet se serait réchauffée à la gloire de la Révolution et de l'Empire, se déroule en catimini, à sept heures du matin et hors la présence du roi.

Pour restaurer sa popularité et se venger de l'Autriche, Thiers caresse l'idée d'une intervention militaire en Espagne, que réclame la reine-régente Marie-Christine, confrontée à la rébellion carliste. Mais Louis-Philippe, conforté par Talleyrand et Soult, s'y oppose résolument, ce qui entraîne la démission de Thiers. Cette fois, le gouvernement est tombé non à la suite d'un vote hostile de la Chambre — le Parlement n'est pas en session — mais en raison d'un désaccord avec le roi sur la politique étrangère, preuve que l'évolution parlementaire du régime reste alors tout à fait incertaine.

Mariage de sa fille[modifier | modifier le code]

Quand se précipitent les négociations en vue de son mariage avec le roi des Belges, la princesse ne cache pas sa répugnance devant ce qu'elle appelle alors « un sacrifice de raison, un sacrifice pour l'avenir très pénible ».

Plus âgé qu'elle de vingt-deux ans, le premier roi des Belges est un luthérien austère, veuf depuis 14 ans de la Princesse Charlotte, héritière du trône d'Angleterre qu'il avait aimée profondément. Enfant, elle l'a vu dîner à Twickenham ou à Neuilly, et elle a gardé de lui le souvenir d'un homme froid et morose. Comme elle le décrit à son amie Antonine de Celles, son fiancé lui « est aussi indifférent que l'homme qui passe dans la rue ».

La famille royale belge vers 1848.

Ce mariage, qui déplaît tant à la princesse, inspire à Alfred de Musset, ancien condisciple de classe des frères de la princesse, l'intrigue de la pièce « Fantasio ».

Le , Louise, 20 ans, épouse Léopold Ier, roi des Belges, 42 ans.

La cérémonie n'est pas célébrée à Paris mais à Compiègne[60], Monseigneur Gallard, évêque de Meaux, bénit le couple royal selon le rite catholique, puis le pasteur Goepp, de la confession d'Augsbourg, renouvelle la bénédiction selon le rite luthérien. Pour des raisons politiques, les enfants du couple sont toutefois élevés dans la religion de leurs sujets, qui est aussi celle de leur mère.

Pour rehausser l'éclat de la cérémonie du mariage civil, le roi Louis-Philippe choisit pour la princesse des témoins prestigieux : le duc de Choiseul, l'un de ses aides de camp, Barbé-Marbois, Premier président de la Cour des comptes, Portalis, Premier président de la Cour de cassation, le duc de Bassano, le maréchal Gérard et trois députés, Alphonse Bérenger, André Dupin et Benjamin Delessert. En revanche, il a dû essuyer l'humiliation d'un refus, celui du duc de Mortemart, qui a accepté d'être nommé, en 1830, ambassadeur à Saint-Pétersbourg, mais qui, de cœur, reste fidèle à la monarchie légitime.

Léopold Ier, qui n'a jamais oublié Charlotte, mais considère sa seconde femme comme une amie très chère, passe régulièrement la soirée dans les salons de la reine, au château de Laeken; Louise lit alors à haute voix les ouvrages récents. Dans la journée, elle s'occupe de ses enfants:

Le mariage du duc d'Orléans[modifier | modifier le code]

La duchesse d'Orléans tenant son fils, Philippe, comte de Paris (portrait par Franz Xaver Winterhalter, 1839; château de Versailles).

Lorsque Molé monte à la tribune le 18 avril, les députés l'attendent donc de pied ferme. « Messieurs, annonce le président du Conseil, le roi nous a chargés de vous communiquer un événement également heureux pour l'État et pour sa famille… »[61] Il s'agit du futur mariage du prince royal avec la princesse Hélène de Mecklembourg-Schwerin. L'annonce de cette nouvelle coupe court à toute critique et à tout débat. Les députés ne peuvent qu'entériner l'augmentation de la dotation du duc d'Orléans[62], et la dot de la reine des Belges, qui leur est représentée aussitôt[63], d'autant que Molé leur précise que « S.M. a décidé que la demande présentée pour le prince son second fils [le duc de Nemours] serait ajournée »[61].

Fort de ce début habile, le gouvernement se tire sans encombre du débat sur les fonds secrets, malgré les attaques d'Odilon Barrot[64]. Une ordonnance du 8 mai, bien accueillie par les Chambres, décrète une amnistie générale pour tous les condamnés politiques. Parallèlement, les crucifix sont rétablis dans les tribunaux et l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, fermée depuis 1831, est rendue au culte. Pour bien montrer que l'ordre est rétabli, le roi passe la Garde nationale en revue sur la place de la Concorde.

Le mariage du duc d'Orléans est célébré avec faste au château de Fontainebleau le .

Quelques jours plus tard, le 10 juin, Louis-Philippe inaugure le château de Versailles, qu'il a fait restaurer depuis 1833 pour y installer un musée d'histoire dédié « à toutes les gloires de la France », et où, dans le cadre d'une politique de réconciliation nationale, les gloires militaires de la Révolution et de l'Empire, et même celles de la Restauration, voisinent avec celles de l'Ancien Régime.

Le deuxième ministère Thiers (mars - octobre 1840)[modifier | modifier le code]

La chute du ministère Soult impose au roi de faire appel à la principale figure de la gauche, Adolphe Thiers, pour former le nouveau gouvernement. Il y a d'autant moins d'alternative à droite que Guizot, nommé ambassadeur à Londres en remplacement de Sébastiani, vient de partir pour le Royaume-Uni.

Thiers caricaturé par Honoré Daumier.

Pour Thiers, c'est l'heure de la revanche : il compte profiter de ce retour aux affaires pour laver l'affront de 1836 et engager définitivement le régime dans la voie du parlementarisme, avec un roi qui « règne mais ne gouverne pas », selon sa célèbre formule, et un ministère émanant de la majorité de la Chambre des députés et responsable devant elle. Ce n'est évidemment pas la conception de Louis-Philippe. Se noue ainsi la dernière manche d'une partie décisive entre les deux conceptions de la monarchie constitutionnelle et les deux lectures de la Charte qui se sont affrontées depuis 1830.

Le ministère est formé le 1er mars 1840. Thiers a feint d'offrir la présidence du Conseil au duc de Broglie, puis au maréchal Soult, avant de « se dévouer » et de la prendre lui-même, conjointement avec les Affaires étrangères. L'équipe est jeune, 47 ans en moyenne, et son chef n'a lui-même que 42 ans, ce qui lui fait dire en riant qu'il a constitué un cabinet de « jeunes gens ».

Article détaillé : Gouvernement Adolphe Thiers (2).

D'emblée, les relations sont difficiles avec le roi, qui prend (ou feint de prendre) le retour de Thiers comme une véritable « humiliation ». Louis-Philippe met Thiers dans l'embarras en suggérant qu'on donne le bâton de maréchal à Sébastiani, qui rentre de son ambassade de Londres : le chef du gouvernement est partagé entre son désir de faire plaisir à l'un de ses amis politiques et sa crainte que cette première mesure ne paraisse guidée par le même favoritisme qu'il avait reproché naguère aux « ministères du château ». Il décide donc d'attendre et le roi, selon Charles de Rémusat, « n'insiste pas et prend la chose sèchement, comme un homme qui s'y attend et qui n'est pas fâché de constater dès le premier pas la résistance de ses ministres à ses vœux les plus naturels »[65].

Au Parlement, en revanche, Thiers marque des points dans le débat sur les fonds secrets commencé le 24 mars, où il obtient la confiance par 246 voix contre 160.

Héritage napoléonien[modifier | modifier le code]

Le transfert des cendres de Napoléon à bord de La Belle Poule, le 15 octobre 1840 (tableau par Eugène Isabey).

En même temps qu'il flatte la bourgeoisie conservatrice, Thiers caresse le désir de gloire d'une grande partie de la gauche. Le , le ministre de l'Intérieur, Rémusat, annonce à la Chambre des députés que le roi a décidé que les restes mortels de Napoléon Ier seront inhumés aux Invalides. Avec l'accord du gouvernement britannique, le prince de Joinville ira les chercher à Sainte-Hélène sur un navire de guerre, la frégate la Belle-Poule, et les ramènera en France.

L'annonce suscite un effet immense dans l'opinion, qui s'enflamme aussitôt de ferveur patriotique. Thiers y voit l'achèvement de l'entreprise de réhabilitation de la Révolution et de l'Empire qu'il a conduite avec son Histoire de la Révolution française et son Histoire du Consulat et de l'Empire, tandis que Louis-Philippe — qui ne s'est laissé que difficilement convaincre de tenter une opération dont il mesure les risques — cherche à capter à son profit un peu de la gloire impériale en s'appropriant l'héritage symbolique de Napoléon comme il s'est approprié celui de la monarchie légitime à Versailles.

Voulant profiter du mouvement de ferveur bonapartiste, le prince Louis-Napoléon débarque à Boulogne-sur-Mer, le , en compagnie de quelques comparses parmi lesquels un compagnon de Napoléon Ier à Sainte-Hélène, le général de Montholon[66], avec l'espoir de rallier le 42e régiment de ligne. L'opération est un échec total : Louis-Napoléon et ses complices sont arrêtés et incarcérés au fort de Ham. Leur procès se tient devant la Chambre des pairs du 28 septembre au 6 octobre, dans une indifférence générale[67]. Le prince, défendu par le célèbre avocat légitimiste Berryer, est condamné à l'emprisonnement perpétuel[68].

En Algérie, face aux raids meurtriers lancés par Abd el-Kader en représailles à la suite de la chevauchée des Portes de Fer réalisée par le maréchal Valée et le duc d'Orléans à l'automne 1839, Thiers pousse en faveur d'une colonisation de l'intérieur du territoire jusqu'aux limites du désert. Il convainc le roi, qui voit dans l'Algérie un théâtre idéal pour permettre à ses fils de couvrir sa dynastie de gloire, du bien-fondé de cette orientation et le persuade d'envoyer sur place, comme gouverneur général, le général Bugeaud[69].

L'influence de Guizot[modifier | modifier le code]

En appelant au pouvoir Guizot et les doctrinaires, c'est-à-dire le centre droit après le centre gauche de Thiers, Louis-Philippe est sans doute loin de penser que cette combinaison va durer jusqu'à la fin de son règne. Sans doute imagine-t-il plutôt qu'au bout de quelques mois, il pourra revenir à Molé. Or, l'équipe ainsi constituée va se révéler soudée autour de la forte personnalité de Guizot et celui-ci ne va pas tarder à gagner la confiance du roi jusqu'à devenir son Premier ministre préféré, lui faisant oublier Molé.

Conseil des ministres au palais des Tuileries : le maréchal Soult présente à Louis-Philippe la loi de Régence, le . Guizot se tient à gauche.(tableau de Claude Jacquand (1803-1878), dit Claudius Jacquand, 1844).

Guizot, qui a quitté Londres[70] le 25 octobre, est arrivé le lendemain à Paris. Il a subordonné son retour aux affaires à la possibilité de composer le ministère comme il l'entend. Avec habileté, il se borne à prendre pour lui-même le portefeuille des Affaires étrangères et laisse la présidence nominale du ministère au maréchal Soult : ceci satisfait le roi et la famille royale sans gêner en rien Guizot sur l'essentiel, car le maréchal vieillissant est prêt, pour peu qu'on lui donne quelques satisfactions de détail, à le laisser gouverner comme il l'entend. Le centre gauche ayant refusé de rester au gouvernement, celui-ci ne comprend que des conservateurs, du centre ministériel au centre droit doctrinaire.

La colonne de Juillet est érigée en mémoire des Trois Glorieuses. La question d'Orient est réglée par la Convention des Détroits en 1841, ce qui permet un premier rapprochement franco-britannique. Cela favorise la colonisation de l'Algérie conquise par Charles X.

Le gouvernement est orléaniste, ainsi que la Chambre. Celle-ci est divisée entre :

  • la gauche dynastique d'Odilon Barrot, qui réclame l'élargissement du cens à la petite bourgeoisie, tendance du journal Le Siècle ;
  • le centre gauche d'Adolphe Thiers, qui veut limiter le pouvoir du Roi, dirige le journal Le Constitutionnel ;
  • les conservateurs, dirigés par Guizot et Mathieu Molé, veulent préserver le régime, et défendent leurs idées dans Le Journal Des Débats et La Presse.

Guizot s'appuie sur le parti conservateur et une opposition divisée, situation accentuée par la dissolution de la Chambre qui renforce les partisans du roi. Ainsi, il considère que toute réforme s'avère être un danger et est inutile. Aussi refuse-t-il toute réforme qui abaisserait le cens, et accepte encore moins l'idée du suffrage universel direct. Selon lui, la monarchie doit favoriser la « classe moyenne », les notables. Ceux-ci sont réunis par la propriété foncière, une « morale » liée à l'argent, le travail et l'épargne. « Enrichissez-vous par le travail et par l'épargne et ainsi vous serez électeur ! »[citation nécessaire] Guizot s'acharne à favoriser les propriétaires et à conserver le régime. Il est aidé par le décollage économique du pays de 1840 à 1846. Avec un rythme de croissance de 3,5 % par an, les revenus agricoles augmentent, ainsi que le pouvoir d'achat, qui entraîne une hausse de la production industrielle. Le réseau des transports connaît une croissance spectaculaire. En 1842, une loi organise le réseau ferré national, qui passe de 600 à 1 850 km.

La crise de la monarchie[modifier | modifier le code]

Louis-Philippe et sa famille en compagnie de la reine Victoria et du prince Albert.

En 1846, la récolte est très mauvaise. L'augmentation des prix du blé, qui atteindra un record durant l'été 1847, base de l'alimentation, provoque la disette et ce dernier ne peut être remplacé par la pomme de terre car il y a à l'époque beaucoup de maladies liées à la pomme de terre. Pour pallier les disettes, le gouvernement fait importer du blé de la Russie impériale, ce qui rend la balance commerciale négative. Le pouvoir d'achat baisse. Le marché de consommation intérieur ne progresse plus, entraînant une crise industrielle de surproduction. Immédiatement les patrons s'adaptent en renvoyant leurs ouvriers. Aussitôt, on assiste à un retrait massif de l'épargne populaire, le système bancaire est en crise. Les faillites se multiplient, les cours de la Bourse chutent. Les grands travaux stoppent. La spéculation trop grande sur le marché des chemins de fer provoque un éclatement de la « bulle financière » et ruine des épargnants. À cette crise économique s'ajoute une crise politique. En 1847, le roi, qui a 75 ans, devient de plus en plus autoritaire et oublie qu'il n'est là que pour représenter la continuité de l'État et, selon une fameuse formule de Thiers, qu'il n'est là que pour régner et non pas pour gouverner. Guizot, lui, est en totale confiance et n'entend pas les protestations qui viennent pourtant parfois de son propre camp. Quelques députés du parti de la résistance proposent à Guizot de légères réformes dont le gouvernement pourrait se contenter et qui contenteraient la gauche orléaniste, exclue du pouvoir depuis 1840, mais Guizot reste inflexible et refuse de changer de ligne politique. Il se met ainsi à dos une partie de l'oligarchie bourgeoise, pourtant base fondatrice du régime, et mène le régime vers sa chute désormais inévitable.

Réception donnée aux Tuileries en 1847 en présence de toute la famille royale.

Pour ne rien arranger, la France est également dans une situation internationale assez épineuse en particulier avec le Royaume-Uni. À la suite de l'affaire Pritchard où les Français violèrent l'aire d'influence britannique, Guizot, pacifiste convaincu, multiplie les discussions pour éviter une guerre. L'Entente cordiale est signée entre les deux pays en 1843, lors de la rencontre entre la reine Victoria et Louis-Philippe au château d'Eu. Ce traité d'amitié lui est fortement reproché, en effet, la majeure partie de la population est alors anti-britannique et trouve en Guizot un anglophile convaincu, l'image de l'homme d'État est écorchée.

Les manifestations ouvrières se développent. Un phénomène se développe, les ouvriers cassent des machines car ils les tiennent pour responsables de leur perte de travail : c'est le luddisme. En 1847, émeutes du Buzançais. À Roubaix, 60 % des ouvriers sont au chômage. Les affaires de corruption (affaire Teste-Cubières) et les scandales (affaire Choiseul-Praslin) entachent le régime.

Les associations étant encadrées et les rassemblements publics interdits à partir de 1835, l'opposition est bloquée. Pour contourner cette loi, les opposants suivent les enterrements civils de certains d'entre eux, qui se transforment en manifestations publiques. Les fêtes de famille et les banquets servent également de prétexte aux rassemblements. La campagne des banquets, à la fin du régime, se déroule dans toutes les grandes villes de France. Louis-Philippe durcit son discours et interdit le banquet de clôture le 14 janvier 1848. Le banquet, repoussé au 22 février, va provoquer la révolution de 1848.

Dernières années du règne[modifier | modifier le code]

Louis-Philippe caricaturé en Gargantua (1831) en forme de poire par Honoré Daumier qui accentue sa bedaine et ses rouflaquettes, et qui le profilera aussi en rat ou perroquet[71].

À partir de 1842 commence l'installation en Côte d'Ivoire, par le traité de Grand-Bassam[72]. Les troupes françaises s'emparent d'abord de la zone lagunaire.

En 1843, par l'intermédiaire de Rochet d'Héricourt, un traité d'amitié et de commerce est signé avec le souverain du Choa Sahlé Sellassié.

En signe d'Entente cordiale entre la France et le Royaume-Uni, le roi Louis-Philippe reçoit la reine Victoria dans son château d'Eu, à deux reprises en 1843 et 1845, tandis qu'il rend visite à la souveraine britannique au château de Windsor en 1844.

Victor Hugo mentionne dans Choses vues que ce roi graciait volontiers les condamnés à mort sous son règne, geste qu'il admire et interprète comme une conséquence pour lui d'avoir vu son cousin Louis XVI et son père décapités par la guillotine[réf. nécessaire].

Pendant quelques années, Louis-Philippe règne plutôt modestement, évitant l'arrogance, la pompe et les dépenses excessives de ses prédécesseurs. En dépit de cette apparence de simplicité, les soutiens du roi viennent de la moyenne bourgeoisie. Au début, il est aimé et appelé le « Roi Citoyen », mais sa popularité souffre quand son gouvernement est perçu comme de plus en plus conservateur et monarchique. Il est régulièrement raillé, caricaturé, brocardé et les doutes sur ses talents de monarque bourgeois se cristallisent dans ce mot de Victor Hugo : « Le roi actuel a une grande quantité de petites qualités[73]. »

Le soutien donné d'abord au parti du « Mouvement » dirigé par Adolphe Thiers fait place au conservatisme incarné par François Guizot. Sous sa conduite, les conditions de vie des classes populaires se détériorent, les écarts de revenus augmentant considérablement. Une crise économique en 1846-1848 et les scandales liant des personnalités du gouvernement (affaire Teste-Cubières, affaire Choiseul-Praslin), joints aux actions du parti républicain qui organise la campagne des Banquets, amènent le peuple à une nouvelle révolution contre le roi lorsque celui-ci interdit le banquet du 22 février 1848, entraînant la démission de Guizot le 23 février[6].


Abdication et exil[modifier | modifier le code]

Abdication de Louis-Philippe Ier.
Portrait de Louis-Philippe, par Ary Scheffer, au château de Chantilly.

Dans la semaine précédant la révolution, le roi ne prend pas conscience de la gravité des événements qui se préparent. Le prince Jérôme Napoléon essaie, lors d’une visite aux Tuileries, de l’en avertir. Il raconte la scène à Victor Hugo, qui la rapporte dans ses carnets à la date du 19 février. Le roi se contente de sourire et de dire :

« Mon prince, je ne crains rien. » Et il ajoute : « Je suis nécessaire[74]. »

Devant le déroulement de l’insurrection, Louis-Philippe abdique[75] le 24 février 1848 en faveur de son jeune petit-fils, le Comte de Paris, « Louis-Philippe II » (son fils et héritier, le prince royal Ferdinand-Philippe, étant mort dans un accident à Neuilly-sur-Seine en 1842) :

« J'abdique cette Couronne que la voix nationale m'avait appellée [sic] à porter, en faveur de mon petit fils le Comte de Paris. Puisse t'il [sic] réussir dans la grande tâche qui lui echeoit aujourd hui.

Louis Philippe

24 Fev.r 1848 »

Craignant de subir le même sort que Louis XVI et Marie-Antoinette, il se déguise et quitte Paris pour Dreux, où il passe la nuit.

Cependant la Chambre des députés, quoique prête, de prime abord, à accepter son petit-fils comme roi, doit faire face à des insurgés qui envahissent le palais Bourbon. Suivant l’opinion publique, elle décide de confier le pouvoir à un gouvernement provisoire qui, dans la soirée, à l’hôtel de ville de Paris, proclame la Deuxième République dans des circonstances controversées.

Voyageant dans une voiture banale sous le nom de « Mr. Smith », le roi déchu embarque le 2 mars au Havre sur un paquebot en direction de l'Angleterre où il s'installe avec sa famille au château de Claremont (Surrey) mis à disposition par la reine Victoria.

Testament de Louis-Philippe déposé le 4 septembre 1850. Archives nationales de France.

Louis-Philippe meurt le 26 août 1850 dans son lieu d'exil et est inhumé dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge. En 1876, son corps ainsi que celui de sa femme la reine Marie-Amélie, morte le 24 mars 1866, sont ramenés à la chapelle royale Saint-Louis, nécropole familiale que sa mère a fait construire en 1816 à Dreux, et qu'il a lui-même fait agrandir pendant son règne.

Famille[modifier | modifier le code]

Frères et sœurs[modifier | modifier le code]

Fiancée[modifier | modifier le code]

1804 : Élisabeth du Royaume-Uni (1770-1840), fille du roi George III ; le mariage n'aboutit pas.

Épouse[modifier | modifier le code]

1809 : Marie-Amélie de Bourbon-Siciles, princesse des Deux-Siciles (1782-1866), fille du roi Ferdinand Ier des Deux-Siciles et de l'archiduchesse Marie-Caroline d'Autriche.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Enfants[modifier | modifier le code]

Nom Portrait Naissance Mort Notes
Ferdinand-Philippe Ferdinand-Philippe d'Orléans, prince royal 3 septembre 1810 13 juillet 1842 Prince royal et duc d’Orléans, épouse Hélène de Mecklembourg-Schwerin, dont postérité.
Louise Louise d'Orléans 3 avril 1812 11 octobre 1850 Première reine des Belges, épouse Léopold Ier de Belgique, dont postérité.
Marie Marie d'Orléans 12 avril 1813 6 janvier 1839 Épouse Alexandre de Wurtemberg, dont postérité.
Louis Louis d'Orléans, duc de Nemours 25 octobre 1814 26 juin 1896 Duc de Nemours, épouse Victoire de Saxe-Cobourg-Kohary, dont postérité.
Françoise Françoise d'Orléans 28 mars 1816 20 mai 1818
Clémentine Clémentine d'Orléans 3 juin 1817 16 février 1907 Épouse Auguste de Saxe-Cobourg, dont postérité.
François François d'Orléans, prince de Joinville 14 août 1818 16 juin 1900 Prince de Joinville, épouse Françoise du Brésil, dont postérité.
Charles Charles d'Orléans, duc de Penthièvre 1er janvier 1820 25 juillet 1828 Duc de Penthièvre.
Henri Henri d'Orléans, duc d'Aumale (18 ans) 16 janvier 1822 7 mai 1897 Duc d’Aumale, épouse Marie-Caroline de Bourbon-Siciles, dont deux fils morts avant lui.
Antoine Antoine d'Orléans, duc de Montpensier 31 juillet 1824 4 février 1890 Duc de Montpensier, épouse Louise-Ferdinande de Bourbon, dont postérité.

Titulature et décorations[modifier | modifier le code]

Titulature[modifier | modifier le code]

  • 6 octobre 1773 - 18 novembre 1785 : Son Altesse sérénissime Louis-Philippe d'Orléans, prince du sang, duc de Valois
  • 18 novembre 1785 - 23 juin 1790[76],[77] : Son Altesse sérénissime Louis-Philippe d'Orléans, prince du sang, duc de Chartres
  • 14 septembre 1791 - 15 septembre 1792[78],[79] : Louis-Philippe, prince français[80],[81],[82],[83]
  • 6 avril 1814 - 21 septembre 1824 : Son Altesse sérénissime Louis-Philippe d'Orléans, premier prince du sang, duc d'Orléans
  • 21 septembre 1824 - 9 août 1830 : Son Altesse royale Louis-Philippe d'Orléans, premier prince du sang, duc d'Orléans[84]
  • 9 août 1830 - 24 février 1848 : Sa Majesté le roi des Français
  • 24 février 1848 - 26 août 1850 : Louis-Philippe d'Orléans, comte de Neuilly[85]

Décorations[modifier | modifier le code]

Drapeau de la Belgique Belgique
Ordre de Léopold Grand-croix de l'ordre de Léopold (1833)
Drapeau du Danemark Danemark
Ordre de l'Éléphant Chevalier de l'ordre de l'Éléphant (30 avril 1846)
Drapeau du Royaume des Deux-Siciles Royaume des Deux-Siciles
Ordre de Saint-Janvier Chevalier de l'ordre de Saint-Janvier
Drapeau de l'Espagne Royaume d'Espagne
Ordre de la Toison d'Or Chevalier de l'ordre de la Toison d'Or (1834)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Ordre du Saint-Esprit Chevalier des ordres du Roi (2 février 1789)
Ordre national de la Légion d'honneur Grand-croix (3 juillet 1816)[86] puis 4e grand-maître (9 août 1830) de l’ordre royal de la Légion d'honneur
Ordre royal et militaire de Saint-Louis Grand-croix de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis (10 juillet 1816)[87]
Ordre de la Croix de Juillet Grand-maître de l’ordre de la Croix de Juillet (13 décembre 1830)
Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
Ordre de la Jarretière Chevalier de l'ordre de la Jarretière (11 octobre 1844)
Drapeau de la Tunisie Tunisie
Nichan ad-Dam ou ordre du Sang Chevalier de l'ordre du Sang[88]

Hommages[modifier | modifier le code]

Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Nord, première et deuxième colonnes.

Représentations[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guy Antonetti, Louis-Philippe, Paris, Fayard, , 992 p. (ISBN 978-2-21-359222-0, présentation en ligne).
  • V. Bajou, Louis-Philippe et Versailles, La Martinière, catalogue de l'exposition, château de Versailles-Somogy, 2018.
  • Alexandre Dumas Histoire de la vie politique et privée de Louis-Philippe, édition Dufour et Mulat, 1852[89].
  • J.-P. Babelon, Louis-Philippe, l'homme et le roi, Archives nationales, 1975.
  • Jules Bertaut, Louis-Philippe intime, Paris, Grasset, 1936.
  • Marguerite Castillon du Perron, Louis Philippe et la révolution Française, Librairie Académique Perrin, édition définitive, Pygmalion, Paris, 1963.
  • Laure Hillerin, La duchesse de Berry, l’oiseau rebelle des Bourbons, Flammarion, collection Grandes Biographies, 2010 (ISBN 978-2-08-122880-1). Présentation en ligne : « La duchesse de Berry, de Laure Hillerin », sur www.duchessedeberry.fr (consulté le 4 juillet 2016).
  • Victor Hugo, Choses vues.
  • Daniel Manach, La Descendance de Louis-Philippe Ier roi des Français, introduction de Guy Coutant de Saisseval, éditeur Christian, 223 pages, 1988[90].
  • Daniel Manach, La Descendance de Louis-Philippe Ier roi des Français, Préface de Dominique Paoli, éditeur Christian et Éditions Généalogiques de la Voûte, 398 pages, 2014.
  • Munro Price, Louis Philippe, le prince et le roi. La France entre deux révolutions, Paris, Éditions de Fallois, 2009.
  • Arnaud Teyssier, Louis Philippe. Le dernier roi des Français, Paris, Perrin, 2010, 450 p., (ISBN 978-2-262-03271-5).

Iconographie[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Dessins, tableaux 
Sculptures, médailles, statues 
  • 1830 - buste en plâtre ; commande du Préfet de Lyon à qui l'auteur Jean-François Legendre-Héral dit dans une lettre du 27 septembre 1830 qu'il vient d'achever le buste et se propose d'en faire tirer des copies en fonction des commandes[91].
  • 1831 - statue par Philippe Joseph Henri Lemaire, exposée au Salon de 1831.
  • 1831 - buste en marbre et une réplication (Compiègne), par Louis-Denis Caillouette, exposée au Salon de 1831.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans un premier temps, le roi exerce lui-même la fonction.
  2. Bernard Sarrans, aide de camp de La Fayette à l'époque, avance le chiffre de 6 000 victimes chez les insurgés, dont 1 000 à 1 200 tués tandis que, selon lui, les pertes des troupes royales n'ont pu être déterminées (Bernard Sarrans le Jeune, Lafayette et la révolution de 1830, histoire des choses et des hommes de juillet, Paris, Thoisnier Desplaces, 1832, 2 vol., in-8).
  3. Selon Marmont, Casimir Perier serait venu en personne, par les Boulevards, parlementer avec les officiers et haranguer les soldats des deux régiments. Selon Bérard, c’est le général Gérard qui a envoyé le colonel Heymès — qui sera nommé aide de camp de Louis-Philippe après la révolution — amener le 53e à la cause de l’insurrection.

Références[modifier | modifier le code]

  1. La ville de Gaillac a présenté le une adresse martiale, déclarant s'en remettre au gouvernement du roi « du soin d’assurer le développement des conquêtes de juillet ». Louis-Philippe répond qu’il faut « éviter tout ce qui pourrait provoquer la guerre » et qu’ainsi « la France pourra jouir en paix des avantages qu’elle a si glorieusement conquis », mais il ajoute : « Toutefois, il faut s’entendre sur ces avantages. Il ne faut pas croire qu’ils consistent dans une extension de toutes les libertés, au-delà des bornes que l'ordre public et l’esprit de nos institutions ont posées. Sans doute la révolution doit porter ses fruits, mais cette expression n’est que trop souvent employée dans un sens qui ne répond ni à l’esprit national, ni aux besoins du siècle, ni au maintien de l’ordre public. C’est pourtant cela qui doit tracer notre marche. Nous chercherons à nous tenir dans un juste milieu, également éloigné des excès du pouvoir populaire et des abus du pouvoir royal. » La formule enchanta les caricaturistes et les humoristes et finit par s’identifier complètement au régime. Cet idéal du juste milieu est précisé par Louis-Philippe en septembre 1833, en réponse à un discours du président du tribunal de commerce de Bernay ; après avoir condamné aussi bien « un passé contraire à la dignité de l’homme et à l’esprit éclairé du siècle » (la monarchie absolue) que « les théories politiques peu compatibles avec nos mœurs et dont nos souvenirs se rappellent encore la malheureuse application » (la république révolutionnaire), le roi indique : « Notre révolution de 1830 a eu pour but la défense de l’ordre légal, et de même qu’elle a triomphé de la violation des lois, de même elle a réduit à l’impuissance ceux qui voulaient nous attirer dans les voies de l’anarchie et du désordre. » (Antonetti 2002, p. 713).
  2. Les registres paroissiaux de Paris ayant disparu en 1871 pendant les incendies de la Commune de Paris, cette indication se trouve dans l'acte de baptême du 12 mai 1788, Registre des baptêmes (1788) de la paroisse Notre-Dame de Versailles, Archives départementales des Yvelines.
  3. Registre des baptêmes (1788) de la paroisse Notre-Dame de Versailles, Archives départementales des Yvelines.
  4. a b c d e et f Guy Antonetti, Louis-Philippe, Fayard.
  5. Louis-Philippe Ier, Mes Mémoires commencés à Twickenham en 1802, Plon, , 340 p..
  6. a et b Anne Martin-Fugier, Louis-Philippe et sa famille : 1830-1848, Librairie Académique Perrin, , 294 p. (ISBN 2262038937).
  7. Alain Decaux et André Castelot, Dictionnaire d'histoire de France, Perrin, , p. 611.
  8. a et b Michel de Grèce, Mémoires insolites, Pocket, , 218 p. (ISBN 2266159593).
  9. Statue détruite en 1944, le général de Gaulle en offre une nouvelle.
  10. Arnaud Teyssier, Louis Philippe. Le dernier roi des Français, Perrin, p.62.
  11. Arnaud Teyssier, op. cit., p. 66-67.
  12. Notamment l'hostilité du roi et l'âge de la princesse.
  13. Emmanuel de Waresquiel, Talleyrand : Le Prince immobile, Fayard, 2003, p. 572.
  14. Jean-Claude Caron, La France de 1815 à 1848, Cursus Armand Collin, 2013, lire en ligne sur Google Livres.
  15. François de Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, p. Livre XXXIII, chapitre V
  16. Les contrats d'affrètement sont signés au Havre dès le 4 août et le lendemain, les deux navires appareillent pour Cherbourg.
  17. Ce dernier a été désigné par le duc de Mortemart à la demande du lieutenant général.
  18. Une certaine historiographie légitimiste a soutenu que la duchesse d'Orléans, saisie de remords, aurait supplié son mari de reconnaître « Henri V ». Non seulement rien ne l'atteste, mais plusieurs indications permettent de penser le contraire (V. Guy Antonetti, Op. cit., p. 598).
  19. Le Palais-Royal cherche alors à le faire passer non pour Bourbon mais pour Valois, en jouant sur le fait qu'il a porté, dans son enfance, le titre de duc de Valois et que le seul duc d'Orléans à être jamais monté sur le trône, Louis XII – roi populaire surnommé « le père du peuple » – appartenait à cette maison. Dans le même temps, des libelles mettent en doute la filiation du duc de Bordeaux, « cet enfant dont la naissance fut un mystère d'iniquité, et qui, s'il était le petit-fils de Charles X, serait marqué du signe de la réprobation universelle » (Le Constitutionnel, 4 août 1830).
  20. Cette nomination s'affranchit de l'article 31 de la Charte de 1814 selon lequel : « Les princes ne peuvent prendre séance à la Chambre [des pairs] que de l'ordre du roi, exprimé pour chaque session par un message, à peine de nullité de tout ce qui aura été fait en leur présence. »
  21. L'emblème remplacera ensuite la fleur de lys sur tous les autres drapeaux. « Tout ce que nous voyons maintenant, c'est une aurore, s'exclame Victor Hugo. Rien n'y manque, pas même le coq. »
  22. « Si j'avais le droit de disposer d'une couronne, je la mettrais volontiers aux pieds de M. le duc d'Orléans, mais je ne vois de vacant qu'un tombeau à Saint-Denis et non pas un trône. Quelles que soient les destinées qui attendent M. le lieutenant général du royaume, je ne serai jamais son ennemi s'il fait le bonheur de ma patrie. Je ne demande qu'à conserver la liberté de ma conscience, et le droit d'aller mourir partout où je trouverai indépendance et repos. Je vote contre le projet de déclaration. » Auparavant, Chateaubriand a dénoncé les fautes politiques commises par Charles X (« Inutile Cassandre, j'ai assez fatigué le trône et la pairie de mes avertissements dédaignés ; il ne me reste plus qu'à m'asseoir sur les débris d'un naufrage que j'ai tant de fois prédit... ») et justifié l'insurrection populaire (« Jamais défense ne fut plus juste, plus héroïque que celle du peuple de Paris. Il ne s'est pas soulevé contre la loi, mais pour la loi... »). Dans les Mémoires d'outre-tombe, Chateaubriand écrit avec exagération : « Je conserve mon discours parce qu'il résume ma vie, et que c'est mon premier titre à l'estime de l'avenir. » (XXXIV, 7 – éd. M. Levaillant et G. Moulinier, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1951, tome II, p. 465) et rapporte que, son discours prononcé : « Je descendis de la tribune, je sortis de la salle, je me rendis au vestiaire, je mis bas mon habit de pair, mon épée, mon chapeau à plumet ; j'en détachai la cocarde blanche, je la baisai, le la mis dans la petite poche du côté gauche de la redingote noire que je revêtis et que je croisai sur mon cœur. Mon domestique emporta la défroque de la pairie, et j'abandonnai, en secouant la poussière de mes pieds, ce palais des trahisons, où je ne rentrerai de ma vie. » (Op. cit., p. 473)
  23. En janvier 1832, le ministre de l'Instruction publique et des Cultes, Montalivet, défendant devant la Chambre des députés le projet de loi sur la liste civile, déchaînera une tempête de protestations en utilisant le mot sujets plutôt que celui de citoyens et la formule roi de France au lieu de roi des Français. Voir l'article : Camille de Montalivet.
  24. C'est un choix surprenant au regard des précédents historiques. Lors de l'accession d'une branche cadette, le nouveau roi a toujours pris les pleines armes de France, à l'instar de Philippe VI en 1328, Louis XII en 1498, François Ier en 1515 ou Henri IV en 1589. Ce n'est toutefois que partie remise, puisque Jacques Laffitte forcera Louis-Philippe, quelques mois plus tard, à abandonner les fleurs de lys.
  25. L'hémicycle du Palais-Bourbon est en effet en cours de reconstruction, celle-ci s'étant étalée de 1828 à 1832.
  26. C'est la seule référence à Dieu dans une cérémonie pour le reste entièrement laïque.
  27. « Rien de plus simple et pourtant de plus solennel que cette séance. Le prince fut imposant de calme, de dignité. » (Cuvillier-Fleury, Op. cit., tome I, p. 265)
  28. « Rien au monde n'est plus ridicule que ce couronnement du nouveau souverain [...] Le discours du roi des Français est digne de lui : c'est lâche au-delà de toute expression. » (Apponyi)
  29. Les salons du faubourg Saint-Germain s'amusent de pochades où Fipp Ier, roi des épiciers, explique à son fils Grand Poulot que la politique consiste à serrer la main du premier venu. Alfred de Vigny rapporte comment, de service de garde au Palais-Royal au début de 1831, il a vu au milieu de la foule « un homme au chapeau gris, à l'habit brun, au large parapluie sous le bras, qui donnait de tous côtés des poignées de main hasardées » et qui dut « nager pendant un quart d'heure à travers les chapeaux pour traverser la cour du palais », arrivant enfin « en mauvais état, son gilet déboutonné, ses manches arrachées et son chapeau défoncé » (Antonetti 2002, p. 625).
  30. Pour l'attirer au Palais-Royal, on lui explique qu'on peut s'y rendre sans façon et qu'on peut même y porter des bottes : « Bien, bien, répond-il, des bottes aujourd'hui, et des bas de soie dans quinze jours ! » (Antonetti 2002, p. 625).
  31. Il y a par exemple la Société des amis du peuple, installée au manège Pellier, rue Montmartre.
  32. « Les routes sont la mort-aux-rats de la guerre civile », dit Louis-Philippe à Guizot, qui a les travaux publics dans son portefeuille (Antonetti 2002, p. 628).
  33. Celles-ci profitent surtout à de gros entrepreneurs dévoués au nouveau régime, comme l'imprimeur Firmin Didot.
  34. L'explication la plus communément admise aujourd'hui est que le prince aurait été victime de jeux sexuels un peu poussés avec sa maîtresse, la baronne de Feuchères. Voir les articles : Louis VI Henri de Bourbon-Condé et Sophie Dawes.
  35. Gabriel de Broglie, La monarchie de Juillet, Fayard, , 464 p. (ISBN 9782213662503).
  36. 500 orphelins, 500 veuves, 3 850 blessés.
  37. Et non filles de France, puisqu'il n'y a plus de roi de France ni de maison de France.
  38. Suppression des 8 000 demi-bourses de 150 francs qui avaient été accordées aux écoles secondaires catholiques (30 septembre), suppression des indemnités versées aux prêtres auxiliaires (13 octobre), suppression des traitements des cardinaux résidentiels (Croÿ, archevêque de Rouen ; Latil, archevêque de Reims ; d'Isoard, archevêque d'Auch ; Rohan-Chabot, archevêque de Besançon), considérés comme dignitaires d'un État étranger (21 octobre), suppression du secours annuel de 5 000 francs accordé depuis 1817 à la Congrégation des pères du Saint-Esprit (27 octobre).
  39. Ce texte hautement symbolique n'avait toutefois jamais été appliqué.
  40. Antonetti 2002, p. 633-634.
  41. Cette passivité indigne Guizot, mais aussi des républicains comme Armand Carrel qui écrit dans Le National du 16 février : « C'est au peuple qu'on rend compte des arrestations carlistes. Pour calmer l'émeute, on s'humilie devant elle ; on lui jure qu'on est gouverné par elle, qu'on obéit à ses inspirations. » (Antonetti 2002, p. 649).
  42. Sous l'Ancien Régime, le Conseil du roi de France se réunissait hors de la présence du roi dans diverses formations, judiciaires ou administratives. Les secondes étaient destinées en principe à préparer le travail avec le roi. Mais, dans un gouvernement parlementaire, le conseil de cabinet, réuni par le président du Conseil en dehors de la présence du roi, tend à affirmer l'unité du ministère vis-à-vis des Chambres. Le conseil des ministres, tenu en présence du roi, tend alors à devenir une chambre d'enregistrement du travail du gouvernement, préparé dans le conseil de cabinet.
  43. a b et c Antonetti 2002, p. 656.
  44. De là vient la formule parti de la résistance.
  45. Le roi est de retour au château de Saint-Cloud le 28 mai.
  46. À Metz, le maire, comme prévu, fait au nom du conseil municipal un discours très politique dans lequel il exprime le vœu que soit abolie l'hérédité de la pairie et que la France intervienne en Pologne. Louis-Philippe répond : « Vous me parlez de ce que tous les conseils municipaux de France ont proclamé : ils n'ont rien proclamé ; il n'est pas dans leurs attributions de le faire, ni de prendre des délibérations sur des sujets de haute politique. Ce droit est réservé aux chambres. Ainsi je n'ai pas à répondre à cette partie de votre discours. Ceci s'applique également à ce que vous me dites des relations diplomatiques de la France avec les puissances étrangères, sur lesquelles les conseils municipaux n'ont pas davantage le droit de délibérer. » Le capitaine de la garde nationale Voishaye, ancien avocat général qui a été destitué pour s'être affilié à l'Association nationale, évoque lui aussi l'hérédité de la pairie. Le roi l'interrompt, lui arrache les feuillets de son discours et s'écrie : « C'est assez ! La garde nationale ne doit pas s'occuper de questions politiques. Cela ne la regarde pas : elle n'a point d'avis à donner. – Sire, ce n'est pas un avis qu'elle donne, c'est un vœu qu'elle exprime. – La garde nationale n'a point de vœu à former. La force armée ne délibère pas : les délibérations lui sont interdites. Je ne veux pas en entendre davantage. » Dans une lettre à la reine Marie-Amélie, Louis-Philippe se montre très satisfait de son coup d'autorité : « Toi qui me connais, tu me vois levant mon bras droit tendu, et le baissant lentement, en disant d'un ton solennel : La force armée ne délibère pas ! » (Antonetti 2002, p. 658-659).
  47. À Nancy, Louis-Philippe rapporte que : « La pluie commençait comme je montais à cheval dans la cour de la préfecture, et je demandai mon manteau. Il n'y était pas. Je partis, voyant la foule, et la garde nationale, et les troupes sous les armes bordant la haie, ce qui eut un grand succès. Mais lorsque plus loin, la pluie étant devenue très forte, le piqueur me rejoignit avec mon manteau sur une place où, malgré cela, il y avait un monde énorme, je lui dis de le remporter, et je fis un geste qui marquait de l'emporter parce que les soldats n'ayant pas de manteaux, je n'en voulais non plus. L'intelligence française saisit ma pensée comme l'éclair, et alors les cris de Bravo le roi, Vive le roi partirent dans les rangs et dans la foule avec des transports inouis. » (Antonetti 2002, p. 659).
  48. « Mon voyage développe et raffermit tellement l'esprit des populations et celui des troupes que je conçois mal que les anarchistes ou républicains mettent tout en œuvre pour l'entraver, mais j'espère que […] je pourrai l'achever, et ce sera un grand pas de fait pour la compression de leur mauvais esprit. Inde ira. » (Louis-Philippe à Casimir Perier, Phalsbourg, , cité par (Antonetti 2002, p. 660) « Tout ce que les émeutistes, anarchistes et surtout républicains avaient préparé et organisé ici est tombé à plat, et ce succès, bien apprécié par tous spectateurs de l'autre côté du Rhin, y retentit déjà. […] Les ministres de Prusse et d'Autriche à Carlsruhe sont venus me complimenter par ordre de leurs cours. Je voudrais que tu eusses entendu le grand-duc [de Bade] quand nous avons traversé les rues de Strasbourg pleines de monde. […] Il disait : Vous êtes le pacificateur de l'Europe. » (Louis-Philippe à Marie-Amélie, Strasbourg, , cité par Antonetti 2002, p. 660).
  49. On a craint qu'un coup de force ne soit tenté par l'opposition à la date anniversaire de l'installation de la monarchie de Juillet, et l'on a préféré que, dans une telle hypothèse, les chambres soient en session.
  50. La réunion de la Chambre des pairs est l'occasion d'une scène dont la signification et les ressorts demeurent mal élucidés. Lorsque le prince royal entre dans la salle des séances, il la trouve décorée de quarante drapeaux pris aux Autrichiens en 1805 et envoyés par Napoléon Ier au Sénat de l'Empire. Le grand référendaire, le marquis de Sémonville, place les trophées sous la garde du prince et l'invite à « en conquérir de nouveaux si l'honneur national l'y convie ». Le duc d'Orléans prononce alors un discours patriote et belliqueux, bien différent de celui que le roi a prononcé devant la Chambre des députés.
  51. Au premier tour de scrutin, sur 355 votants, Girod de l'Ain obtient 171 voix soit 7 de moins que la majorité absolue et Laffitte 168. Au second tour, sur 358 votants, Girod de l'Ain recueille 181 voix, une de plus que la majorité absolue, contre 176 à Laffitte. Dupont de l'Eure obtient la première vice-présidence avec 182 voix sur 344 votants tandis que Dupin, candidat du gouvernement, n'en obtient que 153.
  52. Qui obtient une forte majorité contre un concurrent d'extrême gauche, Eusèbe de Salverte.
  53. Le 4 août à 14 heures, Casimir Perier fait publier un supplément au Moniteur, qui est affiché à la Bourse, dans lequel il annonce l'agression hollandaise, la demande des Belges et l'intervention militaire de la France : « Dans de telles circonstances, conclut-il, le ministère reste : il attendra la réponse des chambres au discours de la couronne. » (Antonetti 2002, p. 662).
  54. « Quand ces trois messieurs sont d'accord entre eux, constate Louis-Philippe, je ne peux plus faire prévaloir mon avis. C'est Casimir Perier reconstitué en trois personnes ! » (Antonetti 2002, p. 701).
  55. Antonetti 2002, p. 701. La suite de la circulaire recommande de se garder des « folles espérances » du « parti du gouvernement déchu » (les carlistes) tout comme de « l'anarchie [qui] a été vaincue dans Paris les 5 et 6 juin » (Ibid.).
  56. Cette rue correspondait à la moitié nord de la rue Beaubourg.
  57. Le roi en espère un surcroît de liberté de manœuvre : il conserve la hantise du « Casimir Perier en trois personnes », c'est-à-dire de la coalition des « talents supérieurs » ligués pour l'empêcher d'imposer ses vues. Mais c'est un jeu dangereux car, en séparant le centre droit du centre gauche, Louis-Philippe peut certes espérer briser le Tiers Parti, mais il risque aussi de disloquer sa majorité parlementaire au risque de provoquer des crise gouvernementales à répétition. Par ailleurs, comme le duc de Broglie l'en a d'ailleurs prévenu, lorsqu'il le renverra, Thiers se trouvera inévitablement rejeté encore plus à gauche, et se muera en opposant particulièrement dangereux.
  58. « Pour sauver une révolution, il faut la préserver de ses excès. Quand ces excès se sont produits dans la rue ou dans l'usage abusif des institutions, j'ai contribué à les réprimer par la force et par la législation. » (Antonetti 2002, p. 752).
  59. 251 pour et 99 contre, vraisemblablement issus du centre droit, mécontent que le ministère, par l'organe de Sauzet, n'ait pas clairement soutenu le discours de fermeté de Guizot.
  60. L'archevêque de Paris, le légitimiste Mgr de Quélen, ayant argué de la mixité du mariage – le roi des Belges est de confession luthérienne – pour interdire sa célébration dans une cathédrale.
  61. a et b Antonetti 2002, p. 780.
  62. La dotation annuelle est portée de 1 à 2 millions et il est en outre alloué une allocation unique d'un million pour dépenses de mariage et frais d'établissement. Ces dispositions sont adoptées le 22 avril par 307 voix pour et 49 contre.
  63. Elle est adoptée, à hauteur d'un million, le 27 avril par 239 voix pour et 140 contre.
  64. Il obtient la confiance par 250 voix contre 112 au début mai.
  65. Antonetti 2002, p. 811.
  66. Personnage pour le moins douteux, fils adoptif du non moins douteux marquis de Sémonville, Charles-Tristan de Montholon est un agent double que le gouvernement français a employé, à Londres, pour surveiller le prince Louis-Napoléon. Mais Montholon a trompé Thiers en lui faisant croire que l'opération aurait lieu à Metz.
  67. L'opinion publique se passionne bien davantage pour le procès, devant la cour d'assises de Tulle, de Mme Lafarge, accusée d'avoir empoisonné son mari, et condamnée aux travaux forcés à perpétuité le 19 septembre.
  68. Sur 312 pairs, 160 s'abstiennent et 152 votent l'emprisonnement perpétuel. « On ne tue pas les fous, soit ! mais on les enferme », affirme Le Journal des débats (Antonetti 2002, p. 818).
  69. Bugeaud ne sera effectivement nommé que le , quelques mois après la chute de Thiers.
  70. Où il avait été envoyé comme ambassadeur de France.
  71. Jean-Luc Guichet, Usages politiques de l'animalité, éditions l'Harmattan, 2008 sur Google Livres.
  72. « 10 février 1842: Traité de Grand-Bassam en Côte d'Ivoire », sur www.herodote.net (consulté le 4 juillet 2016).
  73. Victor Hugo, Choses vues 1847-1848, Paris, Gallimard, , 505 p. (ISBN 2-07-036047-4), p. 248
  74. Victor Hugo, Choses vues 1847-1848, Paris, Gallimard, , 505 p. (ISBN 2-07-036047-4), p. 262
  75. https://books.google.fr/books?id=myOAAgAAQBAJ&pg=PA169 (note 17).
  76. 23 juin 1790 : promulgation du décret abolissant notamment les titres de prince, de duc et d'altesse.
  77. S.A.S. Mgr le duc d'Orléans (père de Louis-Philippe) devient monsieur d'Orléans (1790), puis prince français (1791), puis monsieur Égalité (1792).
  78. Monnier, « Citoyens et citoyenneté sous la Révolution française: Actes du colloque international de Vizille, 24 et 25 septembre 2004 », Société des études robespierristes,
  79. Guillon, « « Citoyen » et « citoyenne », des mots de par la loi ? »,
  80. 26 août 1791 : l'Assemblée nationale constituante décrète que les membres de la famille du roi n'auront plus de nom patronymique, et ne porteront que leur nom de baptême suivi de la dénomination de prince français. Le texte sera ensuite amendé pour éviter le mot « baptême », et fera partie de l'article VI de la section III du chapitre II du titre III de la constitution, signée par le roi le 14 septembre.
  81. 14 septembre 1791 : le roi prête serment à la constitution, et le président Jacques-Guillaume Thouret (après s'être rassis) déclare à Louis XVI que la couronne de France est « la plus belle couronne de l'univers », et que la nation française « aura toujours [besoin] de la monarchie héréditaire ».
  82. 14 septembre 1791 : le roi signe la constitution. Elle sera ensuite sous la sauvegarde du député Jean-Henry d'Arnaudat (ancien conseiller au parlement de Navarre), qui dormira avec jusqu'au lendemain.
  83. 16 septembre 1791 : la constitution est publiée dans la Gazette nationale.
  84. Saint-Hilaire, « Vie anecdotique de S. A. R. le Duc d'Orléans[Louis-Philippe]: jusqu'à ce jour », Monsut,
  85. Finances, « Compte de la liquidation de la liste civile et du domaine privé du roi Louis-Philippe, rendu par M. Vavin, liquidateur général, le 30 décembre 1851 »,
  86. « Ordre de la Légion d'honneur - Textes officiels antérieurs à 1962 », sur www.france-phaleristique.com (consulté le 22 avril 2019)
  87. « Ordre royal et militaire de Saint-Louis », sur www.france-phaleristique.com (consulté le 22 avril 2019)
  88. http://www.beaussant-lefevre.com, « Nichan ad-Dam, ou ordre du Sang, institué vers 1840, important bijou en », sur http://www.beaussant-lefevre.com (consulté le 5 mai 2019)
  89. (notice BnF no FRBNF36318006).
  90. (notice BnF no FRBNF34994223).
  91. Archives Municipales de Lyon : liste des bustes.
  92. Voir la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales « Archives nationales »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur www.archives-nationales.culture.gouv.fr.