Basse-Terre

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Basse-Terre
Basse-Terre
Rue Maurice-Marie-Claire et la Soufrière.
Blason de Basse-Terre
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Guadeloupe
Département Guadeloupe
(préfecture)
Arrondissement Basse-Terre
(chef-lieu)
Canton Basse-Terre
(bureau centralisateur)
Intercommunalité Communauté d'agglomération du sud Basse-Terre
(siège)
Maire
Mandat
Marie-Luce Penchard
2014-2020
Code postal 97100
Code commune 97105
Démographie
Gentilé Basse-Terrien(ne)s
Population
municipale
10 443 hab. (2015 en diminution de 12,35 % par rapport à 2010)
Densité 1 807 hab./km2
Population
aire urbaine
52 279 hab. (2014)
Géographie
Coordonnées 16° 00′ 00″ nord, 61° 44′ 00″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 164 m
Superficie 5,78 km2
Localisation

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Basse-Terre

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Basse-Terre
Liens
Site web ville-basseterre.fr

Basse-Terre (en créole : Bastè) est une commune française, située dans le département de la Guadeloupe sur la côte sous-le-vent de l'île dont elle constitue le chef-lieu. Principal centre administratif de l'île, Basse-Terre abrite la préfecture, le conseil régional, le conseil général, le diocèse de la Guadeloupe, le palais de justice et la cour d'appel de l'archipel. C'est l'une des villes-centres d'une agglomération de plus de 51 000 habitants – qui sont appelés les Basse-Terriennes et Basses-Terriens –, l'unité urbaine de Basse-Terre.

Fondé par le gouverneur Charles Houël en 1650 comme place-forte pour le commerce, le bourg est développé par les ordres religieux des Capucins tout au long du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle puis par l'établissement du fort Saint-Charles qui permet de contrôler tout le sud de l'île et le port de Basse-Terre. Peu à peu, la ville devient au XIXe siècle le centre administratif et économique de l'île, mais touchée par des séries de cyclones destructeurs (dont celui de 1928) et sous la menace de La Soufrière, elle perd ce statut au profit du développement de Pointe-à-Pitre dans la seconde partie du XXe siècle, tout en gardant un certain nombre de prérogatives historiques dans le domaine du judiciaire et de l'administration.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Son nom vient du vocabulaire de marine en usage au XVIIe siècle et qui désignait une terre ou un littoral abrité des vents, par opposition à la Capesterre « Le Cap à l'est de la Terre ».

Localisation[modifier | modifier le code]

En rouge le territoire communal de Basse-Terre.

La ville de Basse-Terre est située au sud-ouest de l'île de Basse-Terre, et au pied du volcan de la Soufrière, cernée de plusieurs cours d'eau – dont les principaux sont Le Galion, la rivière aux Herbes et la rivière des Pères – et est exposée à une houle entravant ses relations commerciales.

Les communes les plus proches sont : Baillif à 2,4 km, Gourbeyre à 4,5 km et Saint-Claude à 4,5 km.

Communes limitrophes de Basse-Terre
Baillif Saint-Claude
Basse-Terre
Gourbeyre

Quartiers et lieux-dits[modifier | modifier le code]

Les différents quartiers de Basse-Terre sont : Azincourt (également à Saint-Claude), Bas-du-Bourg, le Carmel, Desmarais (également à Saint-Claude), Guillaud, Morne-Chaulet, Morne-à-Vaches (également à Saint-Claude), Petit-Paris, Pintade, Rivière-des-Pères, la Rue-Maillan, Saint-François, Sur-le-Morne, Versailles.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Panorama à 360º du front de mer de Basse-Terre, le long du boulevard du Général-de-Gaulle.

La commune s'est organisée, au fil des siècles, le long d'une rue principale, jadis nommée Grand'Rue. La rivière aux Herbes sépare deux noyaux primitifs d'habitations qui aujourd'hui correspondent aux quartiers du Carmel et de Saint-François. La ville s'est développée sur une étroite bande littorale comprise entre la mer des Caraïbes et les premiers mornes de la longue dorsale montagneuse qui partage l'île en deux. Elle est encadrée par le massif volcanique de la Soufrière au nord-est et les Monts Caraïbes et le morne Houëlmont au sud-est. La ville proprement dite s'étend sur 5,78 km2 qui s'étirent sur plus de 3 km en dépit d'un relief accidenté et entrecoupé de nombreuses ravines.

Territoire communal[modifier | modifier le code]

Les limites de la commune ont varié au cours des siècles. Le décret colonial du 20 septembre 1837 entérine la création des communes (remontant au 12 novembre 1789) et fixe les pouvoirs du maire et du conseil municipal. Le territoire de Basse-Terre était jusque-là scindé en deux : l'intra-muros qui correspond à la partie urbaine et sa proche périphérie et l'extra-muros qui s'étendait jusqu'aux pentes de la Soufrière (malgré cette terminologie, la ville n'a jamais été entourée de murailles). En 1837, deux nouvelles communes, issues de découpage de l'extra-muros de Basse-Terre, les futurs Saint-Claude et de Gourbeyre voient le jour. Une délibération du conseil municipal du 15 mars 1839 précise les limites de la commune. Le 16 octobre 1953, la commune est agrandie et englobe les quartiers du bord de mer de Rivière-des-Pères et de Pintade, trop éloignés de Saint-Claude, ainsi que les sections Thillac, Morne-à-Vaches, Desmarais, Guillard et Delille.

Logement[modifier | modifier le code]

Le nombre total de logements, pour la commune de Basse-Terre est de 5 540. Ils sont composés à 82,1 % de résidences principales contre 83 % au niveau national. Le nombre de résidences secondaires est estimé à 0,5 % et le nombre de logements vacants à 16 % ce qui est supérieur à la moyenne nationale qui atteint quant à elle les 8 %[1].

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Le rond-point central de Basse-Terre, à l'intersection du boulevard du Général-de-Gaulle et du boulevard du Gouverneur-Éboué.

Transports routiers[modifier | modifier le code]

Bien que située à l'extrémité sud-est de l'île, Basse-Terre est un nœud routier important où convergent les trois principales routes nationales deGuadeloupe :

Transports maritimes[modifier | modifier le code]

Basse-Terre possède une gare maritime qui accueille les croisiéristes et des compagnies qui desservent les îles des Saintes.

Transports aériens[modifier | modifier le code]

Basse-Terre est accessible par les airs grâce à l'aérodrome de Baillif, code AITA : BBR, code OACI : TFFB) : 18 m d'altitude, avec une piste à usage restreint ne pouvant accueillir que de petits avions à hélices.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines amérindiennes[modifier | modifier le code]

Avant que Basse-Terre ne devienne une ville française, une commune, elle a d'abord été un village d'Amérindiens horticulteurs et potiers. En effet ,l’abondance en eau douce, véhiculée par une dizaine de ravines et 3 rivières (rivière du Galion, rivière aux Herbes et rivière des Pères), est une de ses richesses naturelles qui favorisa l’installation des hommes bien avant l’arrivée des Français[2].

Localisé dans l'actuel centre-ville de Basse-Terre, ce village amérindien, daté du Ier au Ve siècle (bien que des opinions puissent dater des objets jusqu'à 800 ans avant notre ère), est fondé par les premières sociétés d'agriculteurs huecans et cédrosans-saladoïdes. Cinq fenêtres ouvertes dans la ville lors d'interventions archéologiques conduites depuis 2000 par l'Inrap dans le secteur de la cathédrale Notre-Dame de Guadeloupe, de la place Saint-François, de la gare maritime, et des rues Schoelcher et Christophe-Colomb, délimitent l'emprise de ce grand village. D'après Dominique Bonnissent, conservatrice régionale de l'archéologie de Guadeloupe et chercheuse associée à l'UMR 8096 "Archéologie des Amériques", il s'étend de la rivière aux Herbes au sud à la gare maritime au nord, entre le rivage marin et le pied des premiers reliefs du massif de la Soufrière. D'un diamètre de près de 250 m et d'une superficie d'environ 5 ha, ce village apparaît comme l'un des plus vastes de Guadeloupe à cette époque. Les aires d'habitats sont révélées par des trous de poteaux marquant l'emplacement des carbets et par des sépultures de plusieurs sujets inhumés dans des fosses, en position fœtale, avec parfois des céramiques déposées en offrande[3].

Une sépulture de chien apparaît également caractéristique de cette période. Dans le périmètre des habitats, de nombreux dépotoirs concentrent les rejets issus des activités artisanales et vivrières. Le corpus des céramiques, qui est très varié, évolue au cours des siècles : les décors sont modelés et incisés au Huécan puis sont ornés d'englobe rouge et de motifs peints en blanc au Cédrosan-saladoïde. Si de nombreux outils en pierre, en coquille et en corail illustrent le quotidien, le village se singularise par un atelier de fabrication d'éléments de parures, de perles et de pendeloques sur coquille et sur roches semi-précieuses (améthyste, turquoise, jadéite, cornaline, cristal de roche et jaspe rouge) dont les provenances illustrent les réseaux d'échange avec les autres îles et le continent. D'abondants ossements de poissons, de tortues et d'autres reptiles, de petits rongeurs, d'oiseaux, des coquillages,d'espèces marines et fluviatiles et de très nombreux restes de crabes de terre documentent les pratiques alimentaires[3].

Entre 2000 et 2002, devant l’importance de ces découvertes pour la Basse-Terre, une campagne de fouilles a été organisée afin de caractériser les deux types d’occupation. Trois zones de fouilles ont été ouvertes, représentant une superficie d’environ 30 m2 et une séquence stratigraphique de 2,50 m. L’occupation amérindienne correspond à des niveaux dépotoirs caractéristiques des occupations de zone d’habitat. Ces niveaux, très riches en mobilier, contiennent des rejets de faune consommée, malacofaune et faune vertébrée, de l’industrie lithique et sur coquillage et une forte proportion de céramique. Deux phases d’occupation ont pu être identifiées : une phase ancienne huecan-saladoïde, correspondant aux premières migrations d’horticulteurs-potiers dans les Petites Antilles, et une phase cedrosan-saladoïde, plus récente. Les niveaux sont conservés de façon inégale selon les secteurs car partiellement détruits par le creusement des sépultures de la période coloniale. Une importante série de vases permet d’établir un référentiel typologique supplémentaire pour la phase huecan-saladoïde, très mal documentée dans l’aire caribéenne. L’excellent état de conservation de la faune permettra de caractériser les ressources alimentaires exploitées durant ces phases anciennes[4].

En 2015, outre la case 24, Rue Schoelcher datant du XXe s. qui figurait sur le terrain avant sa démolition, elle a permis de reconnaître deux phases distinctes, l’une coloniale et l’autre amérindienne. En ce qui concerne la période précolombienne, cette phase est illustrée par un niveau de dépotoir datant de la période Cedrosan-Saladoïde (0-600 environ) qui se traduit par une accumulation, sur une trentaine de centimètres de hauteur, de lentilles de pinces de crabe, de coquillages (burgos, lambis), de corail (cervi cornis), de vertèbres de poisson, de fragments de meules et d’une très forte proportion de fragments de céramique dont certains portent des décors peints ou incisés ainsi que des modelages zoomorphes (adornos)[5].

Aujourd'hui, les pièces archéologiques sont conservés au dépôt archéologique de l'État.

Naissance du bourg de Basse-Terre (1635-1650)[modifier | modifier le code]

En 1635, partie de la compagnie de Saint-Christophe-et-Niévès, une expédition cherchait un lieu d'implantation durable à la Guadeloupe. L'opération est confiée à Charles Liènard de l'Olive et à Jean du Plessis d'Ossonville, qui s'associent à quatre missionnaires et 550 colons. Le débarquement se fait le 28 juin 1635, à la Pointe Allègre, bien loin de Basse-Terre même. C'est la famine qui fait venir la troupe vers le sud, dans les environs de l'actuelle commune de Vieux-Fort au début de l'année 1636. Après avoir cohabité pendant plusieurs mois avec les Amérindiens, les rapports entre Amérindiens et colons se dégradent assez vite ; L'Olive entame alors une guerre meurtrière contre les locaux. En 1660, un traité les contraint à se retirer en Dominique et à Saint-Vincent. La guerre obligea à bâtir un fort, aujourd'hui Fort l'Olive à Vieux-Fort. En 1640, Aubert succède à L'Olive au gouvernement de l'île, et très vite il délaisse le site pour s'installer sur la rive gauche du Galion, ce qui correspond à l'actuelle marina de Rivière-Sens, à Gourbeyre. En 1643, Charles Houël, remplace Aubert et en 1650, il délaisse le site de la marina pour bâtir sur l'éperon rocheux dominant la rade de Basse-Terre, sur la rive droite du Galion, un fort du nom de "Chasteau de la Basseterre", Des religieux élèvent la première église, aujourd'hui l'église Notre-Dame-du-Mont-Carmel, peu de temps après et la ville s'organise autour de la chapelle, et ce depuis le fort jusqu'à la rivière aux Herbes.

Naissance du bourg de Saint-François (vers 1680)[modifier | modifier le code]

Vers 1680, sur la rive droite de la rivière aux Herbes, des Capucins bâtissent une chapelle dédiée à saint-François d'Assise, là où se trouve l'actuelle cathédrale Notre-Dame-de-Guadeloupe et autour de ce lieu de culte naît un second foyer de peuplement. Ainsi la rivière aux Herbes sépare deux bourgs distincts : Basse-Terre et Saint-François. En réalité, les habitants affluent vers le nouveau bourg à cause des attaques des Anglais, qui incendient le bourg de Basse-Terre en 1691 (et de nouveau en 1703). À la suite de ces raids, les habitants pensent que c'est le fort même qui attire les envahisseurs et par conséquent se déplacent vers le bourg de Saint-François. Un pont de pierre est construit en 1739, en remplacement d'un gué et d'un pont en bois traversant la rivière aux Herbes.

Occupation anglaise (1759-1763) et timide renouveau (1763-1789)[modifier | modifier le code]

Le mouillage de Basse-Terre en 1776.

La ville est prise par les Anglais le 23 janvier 1759 qui la dévastent et comme l'île même, elle subit l'occupation jusqu'au 10 février 1763. La colonie connaît un regain d'activité, malgré la fondation de Pointe-à-Pitre vers 1764, bourg mieux placé par rapport à la houle, et malgré un incendie en septembre 1782 ; elle est même redessinée partiellement à partir de 1787.

Période révolutionnaire (1789-1802)[modifier | modifier le code]

La Révolution atteint l'île et donc Basse-Terre à partir de septembre 1789. Les Anglais reprennent la ville le 22 avril 1794 aux mains du gouverneur Collot et Victor Hugues, envoyé par la Convention nationale depuis Paris pour à la fois reprendre la colonie en main et abolir l'esclavage, les en déloge à coups de canon en décembre 1794 et y installe la guillotine. La ville est le théâtre d'opérations militaires réalisées par le général Richepanse, envoyé par Napoléon Bonaparte pour rétablir l'esclavage, contre Louis Delgrès en 1802. Delgrès se replie dans le fort Saint-Charles le 20 mai 1802 et l'abandonne le 22 mai.

Renouveau difficile (1802-1870)[modifier | modifier le code]

Basse-Terre est occupée du 6 février 1810 au 30 mai 1814, et de nouveau du 10 août 1815 à juillet 1816. Pendant plus de vingt ans, la ville souffre des séquelles de ces agitations. Ce n'est qu'après quatre cyclones (en 1816, 1821, 1825 et 1844) que Basse-Terre songe à se réhabiliter par la construction et l'aménagement du Champ d'Arbaud, la construction de l'hôpital militaire (actuel lycée Gerville-Réache), la construction d'un évêché, l'assainissement et l'agrandissement de la cité par la création de nouveaux quartiers tels que Trianon, Versailles, Petite Guinée, Petit-Paris, mais la situation demeure inchangée, aggravée de plus par l'épidémie de choléra en 1865.

Regain d'activité (1870-1976)[modifier | modifier le code]

À partir de 1870, la commune commence à se reprendre et inaugure en 1889 son hôtel de ville. Elle sera la première ville à être électrifiée en 1913. L'impulsion arrive avec Ali Tur, après le cyclone de septembre 1928 et sont bâtis le palais de justice, le palais du conseil général et un marché dans les années 1930. Un port est construit (car jadis des quais en bois servaient de port) de 1961 à 1964, le boulevard est tracé en 1962 pour la déserte du port ; il est prolongé en 1964 et de nouveau en 1965; c'était jadis une grève de galets et de sable noir qui longeait le littoral. La houle cyclonique ravage à maintes reprises l'aménagement de ce boulevard : en 1989 avec Hugo, en 1995 avec le cyclone Marilyn, en 1999 avec Lenny, en 2008 avec Omar.

Depuis 1976[modifier | modifier le code]

En 1976, 73 600 habitants de la commune furent évacués (15 août-18 novembre 1976) en raison de la forte activité de la Soufrière. Certains évacués ne revinrent pas. Son activité économique, notamment portuaire, est transférée à Jarry au centre de l'île. Depuis vingt ans, le centre-ville se dépeuple au profit de zones périurbaines ou des communes limitrophes telles Baillif, Saint-Claude et Gourbeyre, malgré les tentatives de renouveau.

Démographie[modifier | modifier le code]

Le nombre total de ménages à Basse-Terre est de 4 549. Depuis 1982, la population de la commune reste stable.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1961, premier recensement postérieur à la départementalisation de 1946. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[6],[Note 1].

En 2015, la commune comptait 10 443 habitants[Note 2], en diminution de 12,35 % par rapport à 2010 (Guadeloupe : -1,33 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1961 1967 1974 1982 1990 1999 2006 2011 2015
13 97815 69015 45713 65614 00312 41012 83411 73010 443
De 1961 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Insee de 1968 à 2006[7] puis à partir de 2006[8])
Histogramme de l'évolution démographique

Évolution de la pyramide des âges de la ville de Basse-Terre, comparaison entre l'année 1999 et 1990[9] :

Pyramide des âges en 1999 en nbre d'individus.
HommesClasse d’âgeFemmes
256 
75 à plus
521 
496 
60 à 74
841 
1 273 
40 à 59
1 652 
1 806 
20 à 39
1 880 
1 856 
0 à 19
1 796 
Pyramide des âges en 1990 en nb d'individus.
HommesClasse d’âgeFemmes
198 
75 à plus
361 
519 
60 à 74
825 
1 119 
40 à 59
1 449 
2 154 
20 à 39
2 450 
2 594 
0 à 19
2 413 

Politique[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

L'hôtel de ville de Basse-Terre, place de la Liberté.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1790 1792 Jean Baptiste Louis Thirus de Pautrizel   Militaire
1792 ... La Graët    
1821 1828 Baudet    
1828 1829 Baudet    
1831 1837 Duperron    
1837 1843 Jean Rémi Terrail    
1843 1846 Charles Le Dentu    
1847 1848 Aristide Lignières    
1848 1848 J. L. Rousseau    
1848 1848 Lomont Bernard    
1848 1850 P. H. Laurichesse    
1850 1850 Pothonier    
1850 1852 P. H. Laurichesse    
1853 1854 Puech    
1854 1863 Rullier    
1863 1869 A. Eggimann    
1869 1871 Aristide Lignères    
1871 1876 Emile Le Dentu    
1876 1883 Richard Jean-Romain    
1883 1884 Hildebert Bernus    
1884 1888 Auguste Silvie    
1888 1893 Hildebert Bernus    
1893 1894 J. Cascon    
1897 1902 Wilfrid Montout    
1897 1900 Delmance Demonchy    
1911 1925 Arnaud Lignières    
1925 1933 Georges Favreau    
1933 1938 Maurice Marie-Claire    
1938 1944 Maurice Martin    
1945 1951 Joseph Pitat SFIO Médecin, président du Conseil général (1945-1949)
1951 mai 1953 Annibal Waneybergue SFIO Conseiller municipal et payeur hors classe des colonies en retraite[10]
mai 1953 mars 1959 Élie Chaufrein PCF  
mars 1959 mars 1971 Gaston Feuillard CNIP Gaulliste Avocat, député (1958-1973)
mars 1971 juin 1995 Jérôme Cléry PCG Médecin, conseiller général du canton de Basse-Terre-1 (1970-1994)
juin 1995 mars 2001 Lucette Michaux-Chevry RPR Avocate, présidente du Conseil régional (1992-2004), sénatrice (1995-2011)
mars 2001 septembre 2001 Pierre Martin DVD  
septembre 2001 mars 2008 Guy Georges DVD Commerçant - Conseiller général
mars 2008 mai 2014 Lucette Michaux-Chevry UMP Avocate, Ancienne Ministre, sénatrice (1995-2011)
mai 2014 en cours Marie-Luce Penchard UMP Administratrice territoriale, Ancienne Ministre de l'Outremer, Conseillère régionale

Jumelages[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Basse-Terre

Les armes de Basse-Terre se blasonnent ainsi : De gueules chargé d’un soleil d’or non figuré ; au chef d’azur à trois fleur de lys d’or[12].

Les fleurs de lys symbolisent l'appartenance à la France tandis que le soleil symbolise l’île tropicale.

Société et services publics[modifier | modifier le code]

Instances judiciaires et administratives[modifier | modifier le code]

Le palais de justice.

La commune de Basse-Terre accueille le Palais de justice — dont le bâtiment construit en 1934 par l'architecte Ali-Georges Tur est classé depuis 2007 aux monuments historiques[13] — qui abrite la Cour d’appel de Basse-Terre, un tribunal d’instance, un Tribunal de Grande Instance ainsi qu'un Tribunal Administratif et également un Conseil des prud’hommes. L'ordre des avocats du barreau de la Guadeloupe est établi également sur la commune. Basse-Terre bénéficie de la présence d'une Chambre des huissiers, d'une Chambre des notaires et d'une Chambre de Commerce. La préfecture est également présente et la ville est le siège de la communauté d'agglomération du Sud Basse-Terre. Elle possède un commissariat de police ainsi qu'une maison d'arrêt.

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune accueille différents établissements d'enseignement secondaires :

  • Le lycée d'enseignement général et technologique Gerville-Réache ;
  • Le lycée d'enseignement général et technologique Rivière-des-Pères ;
  • Les lycées privés d'enseignement général et technologique et d'enseignement professionnel Les Persévérants ;
  • Les lycées privés d'enseignement général et technologique et d'enseignement professionnel Pensionnat-de-Versailles.
  • Le collège Joseph-Pitat

Santé[modifier | modifier le code]

Les institutions médicales de Basse-Terre sont, après celles de Pointe-à-Pitre et son CHU, les plus importantes de l'île. Le centre hospitalier de la Basse-Terre possède, en 2012, 235 lits organisés en quatre pôles (urgences, chirurgie, médecine interne élargie, obstétrique-pédiatrie) et fonctionne avec un personnel de 850 médecins, agents hospitaliers et administratifs[14]. La ville dispose également d'un centre médico-social.

Culture[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Les équipements sportifs de la commune sont :

  • Palais des sports de Rivière-des-Pères (1 600 places)
  • Stade de Rivière-des-Pères (4 000 places, dont 1 000 assises)
  • Piscine intercommunale de Rivière-des-Pères
  • Stade Félix-Éboué
  • Salles multisports

Ils sont utilisés par les clubs sportifs basse-terriens :

Médias[modifier | modifier le code]

La ville de Basse-Terre accueille des antennes de la chaine de télévision Guadeloupe 1re et de la station de radio Guadeloupe 1re.

Économie[modifier | modifier le code]

La superficie de la commune, très réduite depuis la fin du XIXe siècle, et son relief montagneux ne lui permettent pas de développer une activité agricole à grande échelle. Seule la distillerie Bologne, productrice de rhum, demeure notable et est l'un des fleurons de la production locale, partagé avec la commune de Baillif. La ville, chef-lieu du département, accueille les principales administrations mais également la chambre de commerce et d'industrie de Basse-Terre, le secteur tertiaire est donc très important.

Le développement du secteur économique passe par l'amélioration de l’accueil des croisiéristes et des passagers dans le port de Basse-Terre[15]. La première pierre de la gare maritime est posée le 27 décembre 2013. La gare moderne d’une capacité de 100 personnes avec des espaces billetterie et restauration est inaugurée le 2 octobre 2015[16].

La construction d'un hôtel Première classe du Groupe Louvres Hôtels, visant la clientèle d'affaires, est également programmée[17],[18].

Emploi[modifier | modifier le code]

Le taux de chômage, en 1999, pour la commune fut de 36,3 %. la population active totale est de 5 608 individus[19].

Répartition des emplois par domaine d'activité

  Agriculteurs Artisans, commerçants, chefs d'entreprise Cadres, professions intellectuelles Professions intermédiaires Employés Ouvriers
Basse-Terre 1 % 7 % 6,9 % 21,4 % 46,9 % 16,9 %
Moyenne Nationale 2,4 % 6,4 % 12,1 % 22,1 % 29,9 % 27,1 %
Sources des données : INSEE[19]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Basse-Terre est classée Ville d'Art et d'Histoire depuis 1995[20].

Monuments civils[modifier | modifier le code]

  • Le fort Delgrès (ancien fort Saint-Charles), construit par Charles Houël en 1649 ; par la suite, nombre de gouverneurs y apportèrent des agrandissements ainsi que de conséquentes modifications. Plusieurs fois pris et repris. Il eut plusieurs noms : fort Houël (1650-1794), fort Mathilde par les Anglais (1794), fort Richepanse (30 mars 1803-1810), de nouveau fort Mathilde (1810-1814 et 1815-1816), de nouveau fort Richepanse (1816-1960), fort Saint-Charles (1960) et fort Delgrès (depuis 1989). Classé monument historique par arrêté du 21 novembre 1977[21].
  • Le musée Gerty-Archimède ouvert depuis 1984 dans la maison où vécut l'avocate et femme politique Gerty Archimède.
  • L'hôtel de ville a été construit en 1889. Pour les fêtes du Tricentenaire du rattachement des Antilles à la France, Georges Rohner a réalisé six tableaux pour décorer le bâtiment, entre 1934 et 1936[22].
  • Le palais de justice, ensemble des bâtiments du palais de justice construit par Ali Tur[23]. Il sert de tribunal et y abrite la cour d'appel et le tribunal de grande instance. Il est classé aux monuments historiques par arrêté du 15 décembre 1997.
  • L'horloge du marché, se trouvant à l'intérieur du marché aux épices de la ville et datant de 1932, est l'œuvre de l'architecte Ali Tur[23],[24]
  • Lycée général et technologique Gerville-Réache, construit dans le 1er quart du XIXe siècle, il abritait un hôpital militaire qui fut ensuite converti dans les années 1950 en lycée. Classé par arrêté du 15 janvier 1979.
  • Conseil régional de la Guadeloupe, bâti récemment (1991-1993), il abrite les bureaux des conseillers régionaux et du Président de l'exécutif régional.
  • Conseil général de la Guadeloupe, bâti sur le site de l'ancien palais du Vieux Gouvernement, classé depuis 1997 aux Monuments historiques[25].
  • La préfecture de la Guadeloupe, sur le site de l'ancien hôpital militaire détruit en 1794 par un incendie, il devint un quartier d'artillerie que l'on nommait jadis « caserne d'Orléans » au XIXe siècle. L'édifice actuel fut élevé par Ali Tur entre 1932 et 1935[23] et était appelé « palais d'Orléans » ou « palais du Gouverneur ». Ce ne fut qu'en 1951 que l'administration préfectorale s'y installa. Classé par arrêté du 15 décembre 1997.
  • Un certain nombre de maisons du centre-ville datant de la fin du XVIIIe siècle ont été inscrites ou classées aux monuments historiques : maison Chapp, maison Coquille, maison Liensol, maison Matis. C'est également le cas du lycée Gerville-Réache.
  • Le boulevard Maritime : la promenade des Anglais tropicale…

Monuments religieux[modifier | modifier le code]

  • La cathédrale Notre-Dame-de-Guadeloupe, elle succède à une chapelle de bois construite au XVIIIe siècle, elle portait alors le nom d'église Saint-François. Ce n'est qu'en 1877 qu'elle fut consacrée à Notre-Dame-de-Guadeloupe. La cathédrale est classée aux Monuments historiques (MH) le 17 juin 1975[26]. Ses bâtiments annexes sont le siège du diocèse de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre.
  • Le clocher de la cathédrale, construit en 1837 puis rénové récemment, est séparé et situé à l'arrière de la cathédrale sans. Il a été classé MH le 19 mai 2006.
  • L'église Notre-Dame du Mont-Carmel, élevée par les premiers colons, et plus exactement par des religieux au XVIIe siècle, elle signe la fondation même de Basse-Terre. Elle a été classée MH le 20 avril 2006.
  • Le monastère Saint-Antoine, fondé en 1897 comme hospice de charité et propriété de la congrégation Saint-Vincent-de-Paul. Il a été inscrit aux MH en 2007.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Emmanuelle Desmoulins, Dominique Bonnissent, Hubert Maheux et Thomas Romon, Basse-Terre, patrimoine d'une ville antillaise, Pointe-à-Pitre, Service de l'inventaire général - Ministère de la Culture, Ed.Jasor, , 252 p. (ISBN 2912594561 et 9782912594563) Sommaire [PDF]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Données INSEE compulsée par Linternaute - Logement à Basse-Terre
  2. « Basse-Terre - 11 049 Hab. », sur fr.guadeloupe-tourisme.com (consulté le 21 avril 2018)
  3. a et b Fondation Clément, Patrimoine de la Guadeloupe, Paris, Éditions Hervé Chopin, , 608 p. (ISBN 9782357203556), Page 197
  4. « Cathédrale de Basse-Terre », sur Inrap.fr, (consulté le 21 avril 2018)
  5. « 24, Rue Schoelcher », sur Inrap.fr, (consulté le 21 avril 2018)
  6. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee
  7. Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2013 - Recensements harmonisés - Séries départementales et communales
  8. pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015
  9. Recensement de l'INSEE en 1999 - Population totale par sexe et âge
  10. « Cote 19800035/338/45488 », base Léonore, ministère français de la Culture
  11. Protocole d'Amitié - amisdelinde
  12. http://www.ville-basseterre.fr/
  13. Notice no PA00105888, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  14. Présentation du Centre hospitalier de la Basse-Terre sur son site officiel.
  15. D'importants travaux prévus sur le port dans France-Antilles du 19 mars 2011.
  16. Basse-Terre se transforme autour de son port
  17. Projets hôteliers en Guadeloupe
  18. Bientôt 260 nouvelles chambres
  19. a et b Données démographiques d'après l'INSEE compulsées par linternaute
  20. Site des villes et pays d'art et d'histoire - Basse-Terre
  21. Notice no PA00105850, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  22. Marie-Emmanuelle Desmoulins, L’intermède guadeloupéen de Georges Rohner : l’ensemble de la mairie de Basse-Terre (1934-1936), In Situ - Revue des patrimoines, no 6, 2005 (lire en ligne)
  23. a, b et c Michèle Robin-Clerc, Note descriptive de l’œuvre d’Ali Tur, Basse-Terre, Conseil régional de Guadeloupe, (lire en ligne), p. 7-8.
  24. Horaires et infos complémentaires concernant le Marché
  25. Notice no PA00105889, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  26. Notice no PA00105849, base Mérimée, ministère français de la Culture.