Georges Laplace

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Georges Laplace
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Georges Laplace est un préhistorien français né le et décédé le à Pau (Pyrénées-Atlantiques). Il a apporté des contributions substantielles en archéologie préhistorique concernant le Paléolithique supérieur Européen, les méthodes de fouille et l'analyse des industries lithiques préhistoriques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu de l'École normale d'instituteurs de Lescar (actuel Lycée Jacques-Monod) en 1938, il participe à la campagne contre l'Allemagne en 1939-1940. Il devient instituteur en 1941 mais reprend la lutte en 1943 dans les rangs de l'ORA comme lieutenant chargé de l'instruction et d'opérations dans le Vercors, le Dauphiné et la Savoie, puis sur le front des Alpes dans les rangs de la 25e Division alpine en 1944.

À partir de 1947, il entreprend des études supérieures aux universités de Toulouse et Bordeaux et obtient une licence ès lettres. En 1950, il entre au CNRS comme attaché de recherche sous la tutelle d'H.-V. Vallois[1]. Il poursuit des recherches de terrain en Algérie, en Tunisie, et dans les Pyrénées aux côtés de J. M. de Barandiarán y Ayerbe. De 1956 à 1958, il est membre de l'École française de Rome, sur proposition de H. Breuil et R. Lantier et présente, en 1959, son mémoire de l'École française de Rome à l'Institut de France. Revenu en France, il soutient son doctorat d'État ès sciences naturelles en 1961 : Recherches sur l'origine et l'évolution des complexes leptolithiques[2].

En 1968, il fonde le Centre de recherches d'Arudy (renommé en 1973 Centre de palethnologie stratigraphique « Eruri », contraction de paléo-ethnologie, en référence à la paletnologia italienne)[3]. À partir de 1971, il assure un enseignement à l'université de Pau. Il devient directeur de recherche honoraire au CNRS en 1983.

Il fait don de ses collections particulières au Musée national de Préhistoire des Eyzies en 1993.

Le 18 mai 1999, il est nommé au grade de Chevalier de la Légion d'honneur.

Méthode de fouille[modifier | modifier le code]

En collaboration avec Louis Méroc, à partir de 1948, Georges Laplace a mis au point une méthode d'enregistrement de la position des vestiges au sein d'un gisement archéologique encore largement utilisée aujourd'hui[4],[5]. Elle est basée sur l'utilisation de coordonnées cartésiennes dans un repère orthonormé :

  • la zone fouillée est subdivisée en carrés de 1 m de côté (carroyage) au sein desquels les pièces sont repérées par deux coordonnées (x et y) comprises entre 0 et 100 cm ;
  • la troisième dimension (z) correspond à l'altitude des pièces et est mesurée par rapport à un niveau de référence.

Parallèlement, une attention toute particulière est portée à la compréhension et à l'enregistrement de la stratigraphie du gisement.

La typologie analytique[modifier | modifier le code]

Dans le domaine de la typologie des industries lithiques, la typologie analytique est une approche dans laquelle les types d'objets ne sont pas établis a priori mais obtenus en combinant des critères de description élémentaires (dits « types primaires »)[6],[7]. Les ensembles d'objets décrits de cette manière sont ensuite analysés à l'aide de procédures statistiques empruntées aux statistiques descriptives, à la théorie de l'information et à l'Analyse des données. De 1969 à 1987, l'approche développée initialement par G. Laplace est enseignée et développée collectivement dans le cadre des « Séminaires de typologie », tenus annuellement au Centre de palethnologie stratigraphique d'Arudy. De nombreuses améliorations sont apportées et, à partir de 1973, l'approche est dénommée « typologie analytique et structurale » : la notion de structure fait référence à la formalisation mathématique, d'une part, de la composition typologique des ensembles d'objets lithiques associés aux couches archéologiques et, d'autre part, à la formalisation de l'évolution de ces compositions d'une couche à l'autre.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sébastien Plutniak, « L'innovation méthodologique, entre bifurcation personnelle et formation des disciplines : les entrées en archéologie de Georges Laplace et de Jean-Claude Gardin », Revue d'histoire des sciences humaines, vol. 31,‎ , p. 113-139 (ISSN 1622-468X, DOI 10.5281/zenodo.1164953, lire en ligne)
  2. Laplace Georges, Recherches sur l'origine et l'évolution des complexes leptolithiques, Paris, De Boccard, coll. « Mélanges d'archéologie et d'histoire », , 586 p. (lire en ligne)
  3. (en) Sébastien Plutniak, « The Professionalisation of Science – Claim and Refusal: Discipline Building and Ideals of Scientific Autonomy in the Growth of Prehistoric Archaeology. The Case of Georges Laplace's Group of Typologie Analytique, 1950s–1990s », Organon, vol. 49,‎ , p. 105-154 (ISSN 0078-6500, DOI 10.5281/zenodo.1164932, lire en ligne)
  4. Laplace, G. et Méroc, L. (1954) - « Application des coordonnées cartésiennes à la fouille d'un gisement », Bulletin de la Société Préhistorique Française, t. LI, p. 58-66.
  5. Laplace, G. (1971) - « De l'application des coordonnées cartésiennes à la fouille stratigraphique », Munibe, XXIII, p. 223-236.
  6. Laplace, G. (1972) - « La typologie analytique et structurale : base rationnelle d'étude des industries lithiques et osseuses », in: Banques de données archéologiques, Colloques nationaux du CNRS, p. 92-143.
  7. Laplace, G. (1974) - « De la dynamique de l'analyse structurale ou la typologie analytique », Rivista di Scienze Preistoriche, vol. XXIX, fasc. 1, p. 3-71.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]