Georges Guynemer

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Georges Guynemer
Guynemer en 1917
Guynemer en 1917

Naissance
Paris
Décès (à 22 ans)
Poelkapelle (Belgique)
Mort au combat
Origine Drapeau de la France France
Arme Aéronautique militaire
Grade Capitaine
Années de service 1914 – 1917
Conflits Première Guerre mondiale
Faits d'armes 53 victoires aériennes homologuées et
35 victoires probables
Distinctions Légion d'honneur (officier),
Médaille militaire,
Croix de Guerre avec ses 23 palmes,
Croix de Saint-Georges russe, Ordre de l'Étoile de Kara-Georges avec épées (Serbie) et la croix de Danilo Ier (Monténégro).

Georges Marie Ludovic Jules Guynemer, né le à Paris 16e [1] et mort le à Poelkapelle (Belgique), est l'un des pilotes de guerre français les plus renommés de la Première Guerre mondiale [2].

Capitaine dans l'aviation française, il remporta 53 victoires homologuées, plus une trentaine de victoires probables en combat aérien. Volant sur différents types de Morane-Saulnier, de Nieuport et de SPAD VII, SPAD XII canon et sur SPAD XIII sur lequel il fut abattu (S504), il connut succès et défaites (il fut abattu sept fois), affecté durant toute sa carrière à l'escadrille N.3, dite « escadrille des Cigognes », l'unité de chasse la plus victorieuse des ailes françaises en 1914-1918. Ses avions étaient habituellement peints en jaune et baptisés « Vieux Charles ». Sa postérité valut à Georges Guynemer de devenir le héros emblématique de l'École de l'Air, à Salon-de-Provence.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine familiale et enfance[modifier | modifier le code]

Par sa mère, Julie Noémi Doynel de Saint-Quentin, issue d'une famille aristocratique, Georges Guynemer est un descendant des rois de France Louis XIII et Louis XIV, par Bathilde d'Orléans (1750-1822), mère du duc d'Enghien[3]. Sa famille s'installe à Compiègne en 1903[4].

Baptisé le 27 octobre 1895[5] le jeune Georges Guynemer n'a pas une très bonne santé[6]. Seul fils après deux sœurs aînées[7], il est maigre et fragile, et son père, Paul Guynemer (1860-1922), ancien officier de Saint-Cyr, doit lutter pour que son seul fils, malade et dorloté, atteigne l'âge adulte. Il étudie au collège Stanislas à Paris, où exerce notamment comme professeur Henri de Gaulle, père du général de Gaulle.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Guynemer en février 1916.
Dessin de Louise Catherine Breslau.
Georges Guynemer.jpg
Guynemer décoré par le général Franchey d'Espèrey en juillet 1917.

Lorsque la guerre éclate, il se rend à Bayonne pour s'engager, mais les médecins militaires le trouvent trop chétif et le déclarent inapte.

Il est désespéré et supplie son père d'utiliser les relations qu'il a gardé dans l'Armée... Rien n'y fait ! Un matin, en voyant des avions militaires se poser dans une zone délimitée de la plage d'Anglet, il demande à un des pilotes comment s'engager dans l'aviation : il faut aller à l'école de Pau dont le chef est le capitaine Bernard-Thierry.

Le , il est engagé au titre du service auxiliaire comme élève mécanicien à Pau[8]. Il y approfondit sa connaissance des avions. Il veut devenir élève pilote, mais le personnel du service auxiliaire n'a pas le droit de voler.

Le capitaine finit par accepter de le prendre en situation irrégulière... Le , il devient élève pilote.

C'est Paul Tarascon[9] qui est chargé par le capitaine Bernard-Thierry de sa formation. Georges Guynemer effectue sa première sortie le lundi 1er février sur rouleur Blériot 10. Le 11 mars suivant l'élève pilote G.Guynemer effectue son premier vol (Blériot 6 cylindres 50 HP)[10].

Il reçoit son brevet de l'Aéro-Club le 11 mars et le brevet de pilote militaire (no 1832) le 26 avril[11].

Le 8 juin suivant, il est affecté à l'escadrille MS.3, seule unité dans laquelle il servira jusqu'à sa tragique disparition.

Dès son arrivée aux Cigognes, il casse beaucoup d'avions à l'atterrissage et hérisse son chef d'escadrille le capitaine Brocard[12], mais son instructeur Jules Védrines défend sa cause. Il récupère un Morane-Saulnier Type L, baptisé le « Vieux Charles »[13], ayant appartenu à Charles Bonnard, parti combattre en Serbie.

En , il est promu au grade de sergent et est décoré de la croix de Guerre. Ses premières sorties sont des missions d'observation pour renseigner sur les mouvements des troupes et le réglage de l'artillerie ; il y démontre un grand sang-froid qui permet à l'observateur de prendre des photographies.

Son avion est souvent touché par des éclats d'obus qui sont colmatés par des rustines de toile rouge, il en profite pour saluer sa famille en survolant la maison de Compiègne où elle a repris ses quartiers, son escadrille stationnant à Vauciennes.

Le 19 juillet, Guynemer remporte sa première victoire aérienne[14] à bord de son Morane-Saulnier "Parasol", en abattant un Aviatik C.I[15] au-dessus du village de Septmonts. Deux jours plus tard, le 21 juillet, il est décoré de la médaille militaire (ordre no 1161 "D") avec la citation suivante :

« Pilote plein d'entrain et d'audace, volontaire pour les missions les plus périlleuses. Après une poursuite acharnée, a livré à un avion allemand un combat qui s'est terminé par l'incendie et l'écrasement de ce dernier[16]. »

Le , l'escadrille MS3 est rebaptisée escadrille N3, après avoir été rééquipée avec des chasseurs Nieuport 10. Trois jours plus tard, le 8, en abattant au-dessus Beuvraignes Sud de Roye un LGV[17] il remporte sa troisième victoire.

À bord de ces avions plus performants, Guynemer va rapidement s'imposer comme l'un des meilleurs pilotes français. Le président Poincaré lui remet la croix de chevalier de la Légion d'honneur le 24 décembre, jour de sa majorité. Il est à nouveau cité à l'ordre de la VI° Armée (ordre no 2209 "D") en remplissant des missions spéciales qui consistaient à se poser derrière les lignes ennemies.

« Pilote de grande valeur, modèle de dévouement et de courage. A rempli depuis six mois deux missions spéciales exigeant le plus bel esprit de sacrifice, et livré treize combats aériens dont deux se sont terminés par l'incendie et la chute des avions ennemis[16]. »

Il devient un as en remportant sa cinquième victoire le , et est promu au grade de sous-lieutenant à titre temporaire le 4 mars 1916, puis à titre définitif le 12 avril de cette même année (ref Service Historique de l'Armée de Terre page 13 - Guynemer).

L'escadrille quitte la VIe armée le 12 mars pour se rendre sur le théâtre de la bataille de Verdun sous la férule du commandant de Rose qui regroupait toutes les escadrilles de chasse et devait imposer la suprématie des ailes françaises.

Le 13 mars il est blessé par des éclats au visage, deux balles dans le bras et est évacué à l'ambulance japonaise de l'hôtel Astoria[18].

Le 26 avril suivant G. Guynemer est de retour sur le front. Il combat ensuite sur la Somme de juin 1916 à février 1917. Le , aux commandes d'un SPAD VII, Guynemer devient le premier pilote allié à abattre un bombardier lourd allemand Gotha G. III[19].

Au cours du seul mois de mai 1917, il abat sept avions allemands[20]. La campagne de l'est terminée Guynemer rejoint le terrain de La Bonnemaison et se consacre pleinement à la mise au point de son Spad-Canon, sans avoir perdu de sa fougue... le 25 mai 1917, le capitaine Guynemer abat 4 avions (8h30, 8h31, 12h15 et 18h30).

Le capitaine Brocard, commandant de l'escadrille N3, décrit alors Guynemer comme « [sa] cigogne la plus brillante ».

En recompense de ce quadruplé il est nommé Officier de la Légion d'Honneur attribuée par ordre du GQG le [21],[22],la rosette remise par le général Franchet d'Espèrey sur le terrain de Bonnemaison[21],[22], le 15 juillet suivant devant son Avion " le Vieux Charles ", est accompagnée de la citation suivante :

« Officier d'élite, pilote de combat aussi habile qu'audacieux. A rendu au pays d'éclatants services tant par le nombre de ses victoires que par l'exemple quotidien de son ardeur toujours égale et de son ardeur toujours plus grande; Insouciant du danger, est est devenu pour l'ennemi par la sureté de ses méthodes et la précision de ses manœuvres, l'adversaire redoutable entre tous. A accompli le 25 mai 1917, in des plus brillant exploits, en abattant, en une seule minute deux avions ennemis et en remportant dans la même journée, deux nouvelles victoires. Par tous ses exploits, contribue à exalter le courage et l'enthousiasme de ceux qui, dans les tranchées, sont les témoins de ses triomphes : quarante cinq avions abattus, vingt citations, deux blessures. »

En juillet, il pilote un SPAD XII CI S 382, son « avion magique », "le pétadou" équipé d'un moteur Hispano-Suiza de 200 ch et armé à sa demande d'un canon hotchkiss de 37 mm tirant à travers le moyeu de l'hélice[23] et d'une mitrailleuse Vickers 303 (7,7 mm) avec bande de 400 cartouches. Bien que le canon promît une puissance de feu dévastatrice, il ne pouvait tirer qu'un seul coup à la fois et devait être rechargé manuellement en vol (capacité 12 obus). De plus, il avait un recul important lors du tir et remplissait la verrière de l'avion de fumée.

Le SPAD XII n'était pas un avion pour un pilote novice. Cependant, il sert à Guynemer à abattre un Albatros, le 27 juillet, au-dessus de Westroosebeke, et un DFW le lendemain. Ces deux succès lui permettent d'atteindre un total de 50 victoires aériennes homologuées.

Fin juillet 1917, G. Guynemer prend le commandement de l'escadrille des Cigognes[24], groupe de chasse de la 1re Armée (général Antoine) commandement qu'il assurera jusqu'au 7 août 1917[25].

Fort de son expérience acquise au combat, Guynemer collabore avec Bécherau sur la conception et la mise au point des nouveau chasseurs français aux usines du Buc...(Spad XII, Spad XIII). Il écrit à Louis Béchereau, l'ingénieur en chef de SPAD avec lequel il s'est lié d'amitié, pour lui demander d'augmenter la puissance du moteur de 150 ch qui équipe le SPAD VII, qu'il trouve insuffisant face aux Halberstadt allemands dont étaient équipés ses adversaires directs. Prenant ces remarques en considération, Béchereau va remotoriser le SPAD avec un moteur plus puissant de 180 ch qui redonnera la supériorité au chasseur français. Prenant toujours conseil auprès de Guynemer, SPAD développe un nouveau modèle, le SPAD XII de 200 ch, auquel succédera le SPAD XIII au moteur surcompressé développant 220 ch. Les nouveaux modèles sont prometteurs, mais les premières séries ont des problèmes de fiabilité du réducteur qu'il a fallu ajouter entre le moteur et l'hélice[26].

Le 9 ou le 10 septembre 1917 [27], au-dessus du terrain des Moëres, le moteur de l'avion de Guynemer se met à "ratatouiller". Il se pose chez les Belges. Le Spad s'est heureusement immobilisé devant le premier hangar où se trouve le Hanriot de Willy Coppens.

Guynemer, la mine soucieuse, semble fatigué et demande de l'aide au capitaine Fernand Jacquet qu'il connaît bien. Les mécaniciens travaillent pendant plus d'une heure sur le moteur déficient[28]. Willy Coppens obtient un autographe et pendant ce temps Carlo Verbessem réalise une des dernières photographies du célèbre pilote français et la colle dans son journal. Guynemer remercie, serre quelques mains et s'envole vers 16 heures[29].

Mort au combat[modifier | modifier le code]

Georges Guynemer.
Portrait par Lucien, musée de la Légion d'honneur, Paris.

Le , Guynemer ne rentre pas d'une mission de combat. La semaine précédente, les problèmes mécaniques s'étaient accumulés sur les deux avions qui lui étaient attribués. À h 30, avec le pilote Jean Bozon-Verduraz, Guynemer décolle à bord de son SPAD XIII no 2S.504. Il a reçu pour mission de patrouiller la zone Langemark. À h 25, près de Poelkapelle, Guynemer aperçoit un avion d'observation allemand Rumpler esseulé, et plonge dans sa direction. Bozon-Verduraz voit alors plusieurs Fokker au-dessus de lui, et une fois qu'il les eut dispersés, son chef n'était plus en vue. Il revint seul ; Guynemer, lui, ne revint jamais[30],[31].

Ni l'épave de son avion, ni son corps, ni ses effets personnels ne furent retrouvés, mais les Allemands annonceront qu'il avait été abattu par le lieutenant Kurt Wissemann de la Jasta 3, qui sera tué au combat dix-sept jours plus tard[32]. Pour expliquer sa disparition, on[Qui ?] les maitres d'école s'insprirant du Cantique de l'Aigle d'Edmond Rostand apprennent aux écoliers français de l'époque que Guynemer avait volé si haut qu'il ne pouvait pas redescendre :

« Gloire à celui qui part

« Et puis que plus jamais on ne voit reparaître...

« Rien ne l'a rapporté,

« Nul ne l'a vu descendre. Ah ! C'est qu'il est peut-être

« monté, monté, monté... »

Le capitaine Georges Guynemer est porté disparu au combat par son commandant d'escadrille, le commandant Brocard ; le 25 septembre 1917, il est officiellement porté disparu par le ministère de la Guerre[33]. Le rapport publié ce même 25 septembre (M.G.), n'est pas classé et la mort de Guynemer — telle que décrite par un de ses camarades de vol (dont l'identité n'a pas été divulguée pour des raisons de sécurité) — est devenue de notoriété publique :

« Dans la matinée du 11 septembre, le capitaine Guynemer, parti en reconnaissance dans la région des Flandres, s'est trouvé, au cours des péripéties d'une poursuite d'avion ennemi, séparé de son camarade de patrouille et n'a pas reparu depuis. Tous nos moyens d'investigation mis en jeu n'ont donné jusqu'à ce jour aucun renseignement complémentaire [34]. »

Des détails supplémentaires sont fournis par le commandant Brocard, dans un entretien au journal parisien Le Matin[35]:

« À 4 600 mètres de hauteur Guynemer aperçut un biplace ennemi auquel il livra aussitôt combat. Presque en même temps, le lieutenant Bozon-Verduraz vit quatre monoplans ennemis qui, à toute vitesse, accouraient vers le théâtre du duel aérien. Il se porta immédiatement à leur rencontre afin de détourner leur attention. Les avions tournoyèrent quelque temps, puis disparurent. Alors le lieutenant Bozon-Verduraz retourna vers l’endroit où il avait laissé Guynemer aux prises avec son adversaire. Mais il n’y avait plus rien. C’est tout, absolument tout. [L’affaire a eu lieu] à dix kilomètres au nord-est d’Ypres et à huit kilomètres environ à l’intérieur des lignes allemandes, ce qui ôte toute possibilité d’une chute dans la mer, distante d’au moins quarante kilomètres. »

La Gazette des Ardennes donne, le 27 septembre[36], les informations suivantes :

« Le 11 septembre 1917, à 10 heures du matin, un aviateur français s'abattit à environ 700 mètres au Nord-Ouest du cimetière situé au Sud de Poel-Cappelle. Le sous-officier allemand B... se rendit avec 2 hommes à l'endroit où s'était produite la chute. L'avion était un monoplace ; l'une de ses ailes était rompue. Le sous-officier B... détacha l'aviateur mort de son siège. Le cadavre avait reçu une balle dans la tête ; une jambe et une épaule était brisées mais sa figure était reconnaissable et ressemblait à la photographie qui se trouvait sur sa carte d'identité portant le nom Georges Guynemer. »

Un pilote allemand, sergent allemand du 413e régiment, abattu derrière les lignes canadiennes et capturé le soir du 29 septembre 1917[37] affirma quant à lui qu'il avait été témoin de l'accident et avait identifié le cadavre de Guynemer. Il certifia que le héros français était mort d'une balle dans la tête et souffrait d'autres blessures, dont une jambe cassée et un doigt arraché. Ce soldat affirma en outre que le corps et l'avion de Guynemer avaient été pulvérisés par des tirs de barrage de l'artillerie britannique avant que les Allemands n'aient pu retirer le corps pour l'enterrer[31]. L'édition illustrée de la Gazette des Ardennes publie le 11 octobre les reproductions du brevet et de la carte d'identité de pilote « trouvées sur l'infortuné et vaillant officier »[38].

Selon un communiqué de la Croix-Rouge américaine sur le front français du 18 octobre 1917, la mort du capitaine Georges Guynemer est « définitivement confirmée »[39]. Le rapport de la Croix-Rouge fournit des précisions qui s'avèreront largement imaginaires :

« Des informations reçues par la Croix-Rouge disent que Guynemer a été tué d'une balle dans la tête au nord de Poelcapelle, sur le front d'Ypres. Son corps a été identifié grâce à la photographie figurant sur sa licence de pilote trouvée dans sa poche. L'enterrement a eu lieu à Bruxelles en présence d'une garde d'honneur, composé de la 5e division prussienne. Telle est l'histoire racontée par un Belge, qui vient d'échapper aux Allemands. L'inhumation était sur le point d'avoir lieu à Poelcapelle, lorsque les bombardements précédant l'attaque britannique à Ypres ont commencé. L'escouade chargée de l'inhumation s'est retirée à la hâte, emportant le corps avec elle. Le général allemand se trouva être un passionné d'aviation et un grand admirateur des exploits du capitaine Guynemer. Sous ses ordres, le corps fut transporté à Bruxelles dans un wagon funéraire spécial. Là, le capitaine fut inhumé par des sous-officiers et couvert de couronnes florales envoyées par des aviateurs allemands. La garde prussienne rendit les honneurs à son arrivée et durant tout l'enterrement, qui fut accompagné de toute la pompe militaire possible. Le gouvernement français a été invité à faire inscrire au Panthéon, où de nombreux grands Français sont enterrés, une inscription destinée à perpétuer la mémoire du Capitaine Guynemer comme « un symbole de l'ambition et l'enthousiasme de l'armée ». Une résolution à cet effet a été déposée à la Chambre des députés par le député Lasies. »

D'après Bordeaux, le département des Affaires étrangères de Berlin, répondant à une demande de l'ambassade d'Espagne, transmit le 8 novembre :

« Le capitaine Guynemer est tombé après une lutte aérienne le 11 septembre dernier à dix heures du matin, près du cimetière d'honneur 11 au sud de Poelcapelle. D'après constatation médicale, la mort était causée par une balle dans la tête ; l'index de la main gauche avait été emporté. Le cadavre même n'a pu être mis à l'abri ni enterré, car depuis le 10 septembre l'endroit où il était tombé se trouvait sous le feu intense de l'artillerie anglaise, et toute approche pendant les jours suivants était impossible. Le service compétent du front communique que les coups de canon avaient bouleversé la campagne, et les aviateurs allemands n'ont pu découvrir le 12 septembre aucune trace du cadavre ni de l'appareil. »

D'après Jacques Mortane[34], le lieutenant allemand Menckoff, aux 39 victoires, descendu dans nos lignes par le lieutenant américain Avery, dont c'était le premier succès, donna le quelques précisions sur le dernier combat de Guynemer :

« Votre as surprit Wissemann à cinquante mètres à peine par derrière. Celui-ci le vit, alors qu'il semblait être trop tard. Il se croyait perdu, lorsqu'il s'aperçut avec joie que les deux mitrailleuses de Guynemer étaient enrayées. Le Français chercha à manœuvrer pour mettre sa vitesse à profit, mais il fut rejoint et abattu. Sans aucun doute, il était d'une classe bien supérieure. Wissemann l'avait échappé belle ce jour-là, mais pas pour longtemps. »

Au moment de sa mort, Guynemer avait totalisé 53 victoires homologuées et avait survécu sept fois après avoir été abattu, bien qu'il n'eût jamais embarqué de parachute. La variation des témoignages et la disparition de toute trace matérielle laissent planer un doute sur les circonstances exactes de sa mort : tué en plein ciel par une balle ennemie, tué dans l'écrasement de son avion ou finalement tué par des tirs d'artillerie dans le no man's land.

Grades[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Legion Honneur Officier ribbon.svg Medaille militaire ribbon.svg Croix de Guerre 1914-1918 ribbon.svg OrderStGeorge4cl rib.png ME Order of Danilo I Member BAR.svg Officer Ordre de Leopold.png BEL Croix de Guerre WW1 ribbon.svg Ord.MichaeltheBrave-ribbon.jpg Order of the Karađorđe's Star with Swords rib.png Dso-ribbon.png


Décorations française[modifier | modifier le code]

Décorations étrangères[modifier | modifier le code]

les Spad de Georges Guynemer[modifier | modifier le code]

  • Spad VII no 115, codé 2 (rouge) avec sur le fuselage la bande tricolore des as et une cigogne rouge (Vieux Charles) - septembre 1916.
  • Spad VII no 254, codé 2 (rouge) avec sur le fuselage une cigogne rouge (vieux Charles) - mai 1917, exposé aux Invalides en octobre 1917, actuellement au musée de l'Air et de l'Espace du Bourget.
  • Spad XII Canon no 382, codé 2 (noir) avec sur le fuselage une cigogne Blanche sur le fuselage (vieux Charles) " l'avion magique " - juillet 1917.
  • Spad XIII no 504, codé 2 (rouge) avec sur le fuselage une cigogne blanche sur bande Tricolore (Vieux Charles) - septembre 1917.
  • (sources Revue Icare « Guynemer et les Cigognes » 1987/3 - « Les Avions de Guynemer » de Ph. Osché)

Stationnement successifs[modifier | modifier le code]

1915.

  • 8 juin.....................Vauciennes (Oise).
  • 16 août..................Bruel-le-Sec.

1916.

1917.

Honneurs et postérité[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative, 89, rue de la Tour à Paris, où est né Georges Guynemer
Maison familiale à Compiègne, Oise

Guynemer s'inspirait de l'ancienne chevalerie lors de ses combats aériens. Ainsi Ernst Udet, qui deviendra l'as no 2 allemand, racontera[40] comment Guynemer l'avait épargné alors que sa mitrailleuse s'était enrayée[34],[41].

Le , la chambre des députés vote à l'unanimité la résolution suivante :

« La Chambre invite le Gouvernement à faire mettre au Panthéon une inscription destinée à perpétuer la mémoire du capitaine Guynemer, symboles des aspirations et des enthousiasmes de la nation. »

Le 25 octobre, le Sénat vote à son tour la résolution suivante[42] :

« Le sénat, s'associant à l'hommage rendu par le Gouvernement et la Chambre des députés pour glorifier, par une inscription au Panthéon, la mémoire du capitaine Guynemer, héros de l'air, salue en sa personne l'esprit de sacrifice, d'abnégation et d'énergie de tous les combattants de toutes les armées de la République qui, depuis plus de trois ans, sont tombés pour la patrie. »

Le , au camp de Saint-Pol-sur-Mer d'où il prit son dernier envol, la Ire Armée et le 2e groupe aéronautique sont rassemblés par le général Anthoine pour saluer sa mémoire au moment où ils quittent ce théâtre d'opération; à cette occasion sont décorés le capitaine Heurtaux et le sous-lieutenant Fonck; ce dernier (qui deviendra « l'as des as » en dépassant Guynemer de 21 victoires) est celui qui a abattu le lieutenant Wissemann qui revendiquait la victoire sur Guynemer.

« C'est pour affirmer devant nos drapeaux, pris à témoin, cette continuité assurée et nécessaire que je tiens à remettre, dans cette cérémonie même, sous l'égide de la mémoire de Guynemer, sous son invocation, à deux d'entre eux, à deux des plus rudes lutteurs, des distinctions qui sont à la fois le prix du passé et le gage de l'avenir ! »

« Élevons nos cœurs, unis en une pensée fraternelle d'admiration respectueuse et reconnaissante pour le héros que la première armée n'oubliera jamais, pour son héros dont elle était si fière, et dont la grande ombre planera toujours dans l'Histoire sur le souvenir de ses actions en Flandre. »

Dans les années 1920, les cinq as belges (Jacquet, Willy Coppens de Houthulst, Edmond Thieffry, André de Meulemeester et Jan Olieslagers) lui érigèrent une stèle commémorative à proximité du lieu présumé de sa chute à Poelkapelle.

L'École de l'Air de Salon-de-Provence a fait sienne la devise de Georges Guynemer : « Faire face », et l'Armée de l'air évoque son souvenir tous les 11 septembre par une prise d'armes sur ses bases aériennes dont deux portent son nom à Paris (état-major) et Dijon. À cette occasion est lue la dernière citation de Guynemer :

« Mort au champ d’honneur le 11 septembre 1917. Héros légendaire, tombé en plein ciel de gloire, après trois ans de lutte ardente. Restera le plus pur symbole des qualités de la race : ténacité indomptable, énergie farouche, courage sublime. Animé de la foi la plus inébranlable dans la victoire, il lègue au soldat français un souvenir impérissable qui exaltera l’esprit de sacrifice et provoquera les plus nobles émulations. »

— Général Paul Anthoine

Georges Guynemer eut une liaison avec la diva Yvonne Printemps. Dans la biographie qu'il lui consacra, Jules Roy laisse entendre que Guynemer aurait eu un fils d'une certaine Mme de Cornois, né en 1916[43].

Représentations et monuments[modifier | modifier le code]

Monument pour Georges Guynemer à Compiègne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de naissance no 16/1459/1894 (acte du 27 décembre précisant « né le 24 décembre courant »), « Registres d'actes d'état civil (1860-1902) », sur Archives numérisées de Paris (consulté le 18 novembre 2013)
  2. bien qu'il ne soit pas l'« As des as »
  3. Voir la revue Généalogie-Magazine.
  4. « http://www.histoire-compiegne.com/shc-guynemer.asp » (consulté le 18 octobre 2014)
  5. Extrait du régistre de baptème de la paroisse de Cuverville - Revue Icare No 122 1987/3, page 38 - Guynemer et les Cigognes
  6. "Tout petit il avait failli être emporté par une entérite et il prenait facilement froid" Yvonne de Villiers de la Noue - Georges Gyunemer et les Cigognes page 39.
  7. Paul et Diane Guynemer eurent trois enfants : Yvonne, Odette et Georges, Revue Icare No 122 1987/3, page 39 - Guynemer et les Cigognes
  8. Voir son feuillet matricule de recrutement militaire, classe 1914, bureau de Compiègne, numéro matricule 113, Archives départementales de l'Oise, Rp 1024 (http://ressources.archives.oise.fr/ark:/44803/wwrfzjznb7v6qk8v#).
  9. Paul Tarascon quitta Pau au mois d'avril 1915, c'est Jules Védrines qui assura la continuité de la formation de G. Guynemer - Revue Icare No 122 1987/3, page 51 - Guynemer et les Cigognes)
  10. (Revue Icare No 122 1987/3, page 51 - Guynemer et les Cigognes)
  11. Document indiquant que le Soldat Guynemer à bord d'un MS12, est parti d'Avord à 7h50 minutes et à attéri à Arvord à 8h 45 minutes le 26 avril 1915 - Icare No 122 1987/3, page 48 - Guynemer et les Cigognes)
  12. Brocard promu capitaine (le 22 mars 1915) accueille le caporal Guynemer sortant des écoles de Pau et Arvord
  13. Charles Bonnard avait pour mécanicien Charles Guerder et lorqu'il partit pour les Dardanelles, Guerder devint le mécanicien de G.Guynemer qui hérita du Vieux Charles et c'est avec cet avion que Guynemer remporta sa première victoire le 19 juillet 1915 ; dès lors Guynemer décida qu'il baptiserai ainsi tous ces futurs avions - Souvenirs de Pierre Roehr - Revue Icare - Guynemer et les Cigognes page 91 - No 122 1987/3
  14. . Parti en mission à bord d'un Morane Saulnier Parasol Georges Guynemer et son mécanicien Charles Guerder comme tireur (matricule 1013) abattent un Aviatik - Icare No 122 1987/3, page 65 - Guynemer et les Cigognes)
  15. Lt. Johannes né le 28 octobre 1892 et le sous-officier Auguste Strobel côte 150 - Les As Français de la Grande Guerre - D. Porret page 17
  16. a et b Guy Joly, « Georges Guynemer et René Fonck »,‎ (consulté le 17 février 2015)
  17. Vz.-fw Kurt Biesendahl et le Lt. Hans Reitter - Service Historique de l'Armée de l'Air - Les As Français de la Grande Guerre - D. Porret page 17
  18. Guynemer et les Cigognes 1967- Revue Icare page 34
  19. (en) Jon Guttman, « Georges Guynemer: France’s World War I Ace Pilot », sur Historynet, Aviation History,‎ (consulté le 18 novembre 2013)
  20. (en) « Georges Guynemer », sur The Aerodrome
  21. a et b « Guynemer officier de la Légion d'honneur », Le Matin,‎ , p. 2 (lire en ligne)
  22. a et b « Le porte-drapeau Guynemer montrant son appareil au Gal Franchet d'Espèrey », Le Miroir, no 191,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  23. Jean-Paul Rossignol & Daniel Gilberti, « Le canon d'aviation de 37 mm Semi Automatique Moteur Canon », sur Histavia21.net,‎ (consulté le 18 novembre 2013)
  24. En remplacement du capitaine A. Heurtaux blessé en combat aérien
  25. Service Historique de l'Armée de l'Air - Historique du groupe de Chasse 1/2 Les Cigognes page 31
  26. (en) Jon Guttman, SPAD XII/XIII aces of World War I, Osprey Publishing,‎ , 96 p. (lire en ligne), p. 6–7
  27. Roy, p. 299-302 place l'événement à la date du 10 septembre, sur la base de la citation de Bordeaux "le lendemain - lundi 10 septembre - il vole trois fois". Mais Le Miroir du 7 octobre 1917 illustre sa couverture d'une "dernière photographie qui ait été prise du capitaine-aviateur Guynemer" en la datant du 9 septembre. Carlo Verbessem date l'événement du dimanche 9 septembre.
  28. (en) « George Guynemer photographed carrying out repairs to faulty water pump on S.504 after landing at Les Moeres aerodrome 10 September 1917 », sur earlyaeroplanes (consulté le 2 avril 2014)
  29. Carlo Verbessem, Journal de guerre, p. 111, avec sa propre photo bien différente page 113
  30. Stephen Sherman, « Georges Guynemer Beloved French Ace, 53 victories », sur AcePilots.com,‎ (consulté le 18 novembre 2013)
  31. a et b (en) SPAD XII/XIII aces of World War I, p. 13
  32. « Le vainqueur de Guynemer a été tué », Le Matin, no 12275,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  33. (en) « Guynemer, Airman, Is Given Up As Dead », New York Times,‎ (lire en ligne)
  34. a, b et c Jacques Mortane, « Georges Guynemer tel que je l'ai connu », sur Hervé David (consulté le 18 février 2015)
  35. « Le sort de Guynemer », Le Matin, no 12266,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  36. « La mort de l'aviateur Guynemer », Gazette des Ardennes,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  37. Air Service Journal. 4 octobre 1917. "Captain Guynemer Missing", vol. I, no 13, p. 413
  38. « Autour de la mort du Capitaine Guynemer », Gazette des Ardennes - édition illlustrée, no 46,‎ , p. 3 (lire en ligne)
  39. Air Service Journal, 18 octobre 1917 : « Aerial Operations on the War Fronts. Guynemer Buried with Military Honors », vol. I, no 15, p. 475.
  40. Lire en ligne le récit qu'Ernst Udet fait de cet évènement.
  41. Ernst Udet dans la revue Connaissance de l'histoire, no 33, mars 1981, p. 46-47.
  42. Jacques Mortane, Relation des débats in Chasseurs de boches, L'édition française illustrée, Paris, 1917 pp. 288-310
  43. Roy 1986
  44. Site de l'institution
  45. Site du lycée
  46. Lycée professionnel Guynemer d'Oloron-Sainte-Marie
  47. « Mort au champ d'honneur le 11 septembre 1917. Héros légendaire, tombé en plein ciel de gloire, après trois ans de lutte ardente. Restera le plus pur symbole des qualités de la race : ténacité indomptable, énergie farouche, courage sublime. Animé de la foi la plus inébranlable dans la victoire, il lègue au soldat français un souvenir impérissable qui exaltera l'esprit de sacrifice et provoquera les plus nobles émulations. »
  48. a et b Localisation sur Open Street Map
  49. a et b (en) « Cité Guynemer - Berlin, Französischer Sektor », sites.google.com (consulté le 14 février 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

L'académicien Henry Bordeaux lui consacra une biographie largement diffusée. Jules Roy, ancien officier de l'Armée de l'air, en écrivit une nouvelle, Guynemer, l'ange de la mort, qui suscita des réactions contrastées [réf. nécessaire].

  • Georges Thomas, Guynemer, l'As des As, Collection Patrie no 45, 1918
  • Henry Bordeaux, Vie héroïque de Guynemer, le chevalier de l'air, Plon,‎ (lire en ligne).
  • Jules Roy, Guynemer : l'ange de la mort, Albin Michel,‎ , 353 p. (ISBN 2-226-02315-1, présentation en ligne).
  • Bernard Klaeylé, Philippe Osché et Christophe Cony (avec la participation de) (préf. Silvestre de Sacy), Guynemer, les avions d'un as, Paris, Éditions Lela presse,‎ (ISBN 2950948561 et 978-2-950-94856-4).
  • Alain Decaux, C'était le XXe siècle T1 : le regard de Guynemer, Pocket, 1999.
  • Guynemer fait d'ailleurs une brève apparition dans le roman le Fleuve de l’Éternité de Philip José Farmer.
  • Robert Sainte, L'Epi mûr : D'après le journal de guerre de Carlo Verbessem, pilote de chasse, juillet 1914 - décembre 1917, Bruxelles, Racine,‎ (ISBN 2-873-86148-7 et 9782873861483)
  • Service Historique de l'Armée de l'Air, Historique du Groupe de Chasse 1/2 " Les Cigognes " (1914-1945) Y. Brèche - P. Buffotot 1981.
  • Service Historique de l'Armée de l'Air, Les "As" Français de la Grande Guerre tome 1 - D. Porret - 1983.
  • Revue Icare No 122, Guynemer et les Cigognes, 1987/3
  • Albéric de Palmaert, Au temps des As, Éditions Ouest-France, 2014, (ISBN 978-2-7373-6510-2)

Liens externes[modifier | modifier le code]