Paul-Jean Toulet

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Paul-Jean Toulet
Description de l'image Paul-Jean Toulet.jpg.
Naissance
Pau (Basses-Pyrénées)
Décès (à 53 ans)
Guéthary (Basses-Pyrénées)
Activité principale
Écrivain, Poète
Auteur
Langue d’écriture français
Genres

Œuvres principales

  • Monsieur du Paur, homme public (1898)
  • Les Contrerimes (1921)

Paul-Jean Toulet, né à Pau (Basses-Pyrénées) le et mort à Guéthary (Basses-Pyrénées) le , est un écrivain et poète français, célèbre par ses Contrerimes, une forme poétique qu'il avait créée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Paul-Jean Toulet perd sa mère à sa naissance. Tandis que son père regagne l'île Maurice, il est confié à un oncle de Bilhères, dans la vallée d'Ossau. Il séjourne trois ans à l'île Maurice (1885-1888) puis un an à Alger (1888-1889), où il publie ses premiers articles. Il arrive à Paris en 1898.

C'est là qu'il se forme véritablement, sous la tutelle de Willy, dont il est l'un des nombreux nègres, notamment pour Maugis en ménage. Colocataire du futur Prince des Gastronomes Curnonsky, il fréquente les salons mondains et les boudoirs demi-mondains qu'il évoque dans Mon amie Nane. Il travaille beaucoup et se livre à divers excès, dont l'alcool et l'opium. Il collabore à de nombreuses revues, dont la Revue critique des idées et des livres de Jean Rivain et Eugène Marsan. De novembre 1902 à mai 1903, il effectue un voyage qui le mène jusqu'en Indochine.

Il quitte définitivement Paris en 1912 pour s'installer chez sa sœur, à Saint-Loubès, au château de la Rafette où leur tante maternelle vit avec son mari Aristide Chaline qui a racheté le château. Paul-Jean est un familier des lieux qui auront l'honneur de plusieurs Contrerimes. Puis à Guéthary, où il se marie. Ses dernières années sont assombries par la maladie. Pendant ce temps, un groupe de jeunes poètes, dont Francis Carco et Tristan Derème, prenant son œuvre en modèle, s'intitulent « poètes fantaisistes ».

Les fameuses Contrerimes, que l'auteur avait dispersées dans des revues et dans le corps de ses romans, sont réunies en 1916, mais ne sont publiées que quelques mois après sa mort.

Dans le domaine théâtral, Paul-Jean Toulet composa avec des amis (Martin et Cotoni) un à-propos en vers : La Servante de Molière dont nous n'avons pas le texte, mais qui fut représenté au Théâtre des Nouveautés d'Alger (alors que le poète y résidait), et qu'il s'amusa à éreinter lui-même dans Le Moniteur. Il fit également représenter une comédie en prose : Madame Josephe Prudhomme dont il était l'unique auteur. Enfin, Le Souper interrompu qui fut joué pour la première fois le 27 mai 1944 au théâtre du Vieux-Colombier, au même programme qu'une autre création, Huis clos de Jean-Paul Sartre.

Paul-Jean Toulet avait eu, dès 1902, un projet avec Claude Debussy autour de Comme il vous plaira (As you like it) de William Shakespeare. Debussy était désireux d'y revenir en 1917, mais la maladie du compositeur n'en a pas permis la réalisation[1].

Georges Bernanos évoque son souvenir dans les premiers mots de son premier roman Sous le soleil de Satan (« Voici l'heure du soir, qu'aima P.J Toulet... »). De manière un peu inattendue[2], Frédéric Beigbeder place deux œuvres de Paul-Jean Toulet (Mon amie Nane et Les Contrerimes) dans le "top-100" de ses livres préférés que constitue Premier bilan après l'Apocalypse.

Le groupe français Alcest a repris le texte de son poème Sur l'Océan Couleur de Fer sur le titre éponyme et paru sur l'album Écailles de Lune (2010).

Œuvres[modifier | modifier le code]

Publications posthumes
  • Les Contes de Béhanzigue (1920, édition augmentée en 1921)
  • Les Contrerimes (1921)
  • Le Souper interrompu (théâtre, 1922)
  • Les Trois Impostures (1922). Rééd. en 1929, Ed. Émile-Paul, Paris, ill. d'Hermine David.
  • Les Demoiselles La Mortagne (1923)
  • Notes d'art (1924)
  • Quatre contes (1925)
  • Notes de littérature (1926)
  • Le Carnet de Monsieur du Paur (1927)
  • Lettres à soi-même (1927, augmentée en 1950)
  • Un conte et des histoires (1927)
  • Journal et voyages (1934)
  • Vers inédits (1936)
  • Nostalgies (1949)
Traduction
Correspondance
  • Paul-Jean Toulet, Correspondance avec un ami pendant la guerre, Paris, Le Divan,‎
  • Lettres à Madame Bulteau (1924)
  • Conseils à son filleul (1927)
  • Correspondance de Claude Debussy et Paul-Jean Toulet (1929)
  • Lettres de Paul-Jean Toulet à Henri de Régnier (1955)
Publications en revues[3]
  • Chroniques dans La Vigie algérienne et dans le Charivari Oranais en 1889
  • Sonnets dans La Revue algérienne en 1889 et 1890
  • « Entr'Actes » dans La Revue Blanche en 1898 (repris dans Vers inédits)
  • Divers textes signés Maxy dans La Vie parisienne en 1900, 1902, 1903 et 1904 (repris dans Mon amie Nane)
  • Imogène et Sylvère ou Les Dangers de la Capitale en feuilleton dans La Vie parisienne en 1902 et signé Maxy (repris dans Les Tendres Ménages)
  • Divers textes dans La Vie parisienne de 1905 à 1907 (repris dans Les Demoiselles La Mortagne)
  • « Pensées sauvages » signées Pierre Bénigne dans La Vie parisienne de 1905 à 1907
  • « Propos d'Entr'Actes » signés Pierre Bénigne dans La Vie parisienne de 1905 à 1907
  • La Princesse de Colchide : publié en feuilleton dans Le Témoin à partir du 28 mai 1910 (repris dans Comme une fantaisie)
  • « Entr'Actes » dans Les Marges en 1912 (repris dans Notes de littérature)
  • Nombreux poèmes (dont des contrerimes) dans diverses revues à partir de 1910
  • etc.
Rééditions modernes
  • Les Contrerimes, édition de Michel Décaudin, Poésie/Gallimard, 1979
  • De nombreux titres en 10/18, 1985 et 1986
  • Œuvres complètes, édition présentée et annotée par Bernard Delvaille, éditions Robert Laffont, Bouquins, 1986
  • La jeune fille verte, Fleuron, 1995
  • Monsieur du Paur, homme public, Ombres, 1999
  • Mon amie Nane, La Table Ronde, 1999
  • Lettres à soi-même, Éditions du Sandre, 2005 (reproduit le texte de la première édition)
  • Paul-Jean Toulet et Claude Debussy, Correspondance, Paris, Éditions du Sandre, 2005, 132 p. (ISBN 2-914958-20-X))
  • Les Contrerimes, édition de Jean-Luc Steinmetz, GF, 2009 (contient en outre la section « Nouvelles contrerimes » des Vers inédits)
  • Touchante histoire de la jeune femme qui pleurait, Éditions de l'Arbre vengeur, 2010 (extrait de Quatre contes)
  • Carnet d'Indochine, Phileas Fogg, 2013 (extrait de Journal et voyages)

Bibliographie succincte[modifier | modifier le code]

  • Henri Martineau, La Vie de Paul-Jean Toulet, Paris, Le Divan, 1921.
  • Jacques Dyssord, L'Aventure de Paul-Jean Toulet Gentillomme de lettres, Paris, Bernard Grasset, 1928.
  • Pierre-Olivier Walzer, Paul-Jean Toulet, L'Œuvre, l'Écrivain, Paris, Aux Portes de France, 1949.
  • Pierre-Olivier Walzer, Paul-Jean Toulet, Seghers, « Poètes d'aujourd'hui », 1954.
  • Catalogue de l'exposition Paul-Jean Toulet à la Bibliothèque nationale de France, mai-juin 1968.
  • La Belle Époque à Pau. Lettres et arts, Collectif publié par l'Académie des lettres pyrénéennes, sous la direction de Louis Ducla et Michel Fabre, Pau, 1980.
  • Daniel Aranjo, Paul-Jean Toulet (1867-1920). Vol. 1. La vie, l'œuvre. Vol. 2. L'Esthétique, Pau, Marrimpouey, 1980.
  • Présence de Paul-Jean Toulet, ouvrage collectif conçu et réalisé par Michel Bulteau, La Table Ronde, 1985.
  • Pierre-Olivier Walzer, Paul-Jean Toulet, La Manufacture, « Qui êtes-vous », 1987 (réédition du volume Seghers avec quelques différences dans le choix de textes)
  • Alexis Ichas, Paul-Jean Toulet au bord du gave, Pau, Atlantica, 2003.
  • Frédéric Martinez, Prends garde à la douceur des choses, Paul-Jean Toulet, une vie en morceaux, ed. Tallandier, 2008.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Lesure, Debussy, Fayard, 2003, p. 403
  2. La fréquentation des œuvres de Toulet par Beigbeder est liée à leur origine commune : le poète était, comme Jammes ou Valéry, une des relations de ses grands-parents à Pau puis à Ghétary.
  3. P.-O. Walzer, Paul-Jean Toulet, Les Portes de France, 1949